
Décompter le temps de parole du Président : une erreur du PS

Je souhaite ici revenir sur le débat qui a eu lieu jeudi matin à l'Assemblée nationale, à l'occasion d'une proposition de loi présentée par le groupe socialiste. Le texte, rejeté par 111 voix contre 87, concernait le pluralisme dans les médias et avait pour ambition de décompter le temps de parole du président de la République avec celui du gouvernement.
Il est utile de rappeler qu'au-delà des médias, le pluralisme a été renforcé par le président de la République dès le début de son mandat. Depuis le mois de mai 2007, les personnalités de gauche ont bénéficié de l'ouverture au sein du gouvernement, au sein de commissions de travail, et même à la présidence de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. C'est là une démarche novatrice illustrant la volonté de Nicolas Sarkozy d'associer des personnes aux sensibilités politiques différentes dans le but de réformer intelligemment notre pays.
au sein des médias audiovisuels, c'est au CSA qu'il revient de garantir le pluralisme. Il s'agit d'une mission qu'il assure d'ailleurs avec constance et impartialité depuis plus de vingt ans.
Le Conseil d'Etat en désaccord avec les socialistes
Aux yeux de l'opposition, l'idée de prendre en compte le temps de parole du président de la République n'avait en réalité qu'un seul objectif : contraindre et réduire le temps de parole de Nicolas Sarkozy. Le CSA a pourtant rappelé à plusieurs reprises que la tradition républicaine était la non-imputation du temps de parole du président de la République ; position d'ailleurs confirmée en 2005 par le Conseil d'Etat qui, dans ses considérants, s'exprimait ainsi :
« En raison de la place […] qui est celle du chef de l'Etat dans l'organisation constitutionnelle des pouvoirs publics, le président de la République ne s'exprime pas au nom d'un parti ou d'un groupement politique. »
Quand le Président intervient, ce n'est en effet pas le gouvernement ou la majorité qui parle. Sur le plateau des Glières, quand Nicolas Sarkozy rend hommage à la Résistance, doit-on compter son temps de parole ? En réalité, que ce soit à l'extérieur comme à l'intérieur de notre pays, la parole du chef de l'Etat n'est pas une voix parmi d'autres. C'est pour cela que le Titre II de notre Constitution lui confère des responsabilités et des pouvoirs propres à sa fonction.
Le Parti socialiste justifie sa demande en évoquant l'« hyperprésidence ». Cela a-t-il vraiment un sens ? Les pouvoirs du président de la République n'ont pas changé, c'est sa personnalité qui a évolué. Car la volonté de Nicolas Sarkozy n'est pas de suivre la pente du pouvoir mais plutôt d'être présent sur tous les fronts, pour tenir ses engagements.
Le Web, nouvel eldorado du temps de parole
Par ailleurs, au-delà du caractère non conforme du texte à nos institutions, la proposition de loi socialiste n'a pas semblé tenir compte des évolutions de notre société. Elle oublie en premier lieu que le monde de l'audiovisuel est en perpétuelle mutation et cède chaque jour un peu plus sa place aux nouveaux médias, à l'instar du Web. Le temps de parole des acteurs de la vie politique n'étant pas comptabilisé sur le Net, chacun peut profiter d'un site d'information ou de son blog personnel pour véhiculer son message librement, sans être contraint par les exigences du CSA.
L'opposition oublie également une donnée statistique de taille. En 2004, l'offre télévisuelle de journaux sur les chaînes hertziennes nationales était de 2871 heures. En 2006, elle était de 14190 heures. Soit une offre presque cinq fois supérieure. Il est donc logique d'entendre et de voir davantage les personnalités politiques s'exprimer devant les caméras ou sur les ondes.
Sur un plan politique, certains socialistes ont profité de l'examen de cette proposition de loi pour clamer haut et fort que l'opposition était aujourd'hui « au pain sec et à l'eau »… Dire cela, c'est au fond négliger le travail du CSA et manquer de respect à la profession de journaliste. Car, dans notre pays, nul ne peut le nier, la presse est totalement libre. La satire, la discussion et la contestation y sont heureusement autorisées. D'ailleurs, personne n'y échappe, et encore moins le président de la République.
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De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 19H24 | 26/05/2008 |
« Quand le Président intervient, ce n'est en effet pas le gouvernement ou la majorité qui parle. »
Effectivement : c'est plutôt un ectoplasme de Laurence Parisot ou le porte-parole du CAC 40.
à Quinine
De marie 75
21H18 | 26/05/2008 |
godillot Riester ?
Garde à vous ! ! !
Fixe ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
à Quinine
De The last Puppet
Etudiant | 21H20 | 26/05/2008 |
Et quand le PS parle, que représente t-il aujourd'hui ?
Une flopée de combattants pour la présidence ?
à The last Puppet
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 21H49 | 26/05/2008 |
Ah, là, désolé, je ne peux pas vous aider : moi, je suis à gauche. Et même à l'extrême gauche.
à Quinine
De The last Puppet
Etudiant | 23H39 | 26/05/2008 |
Remarquez comment tout le monde est content, sur rue 89, de pouvoir dire que l'article d'un député UMP est « naze ».
Pourtant il fait débat…
Va savoir !
à The last Puppet
De nipivime
;- | 23H43 | 26/05/2008 |
Oui… c'est courageux de la part dudit député (et bravo à lui). Il n'empêche qu'il donne tellement l'impression de courir avec la meute, qu'il est difficile, une fois passé le coup de chapeau, de le lire sans secouer la tête.
à The last Puppet
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 01H54 | 27/05/2008 |
Un tel propos de député ne fait pas débat, il fait l'unanimité moins des poussières contre lui : en fait il n'aurait pas dû intervenir.
à The last Puppet
De Gallifrey
www.olivierpanza.com | 06H47 | 27/05/2008 |
Aujourd'hui le président se positionne comme chef du gouvernement, avec un premier porte parole, un porte parole aux affaires étrangeres, une porte parole a la justice, etc…
En tout cas, il fait museler le président qui parle trop. Il faudra lui dire que parler et promettre ne change rien.
Sur le vote : 111 voix contre 87 ! 198 voix ! sur 577 députés ! A quand le service minimum ?
http://olivierpanza.blog.ca/
à The last Puppet
De léo solo
08H52 | 27/05/2008 |
And, the puppet dit…
Sarko partout
info nulle part
à léo solo
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 09H12 | 27/05/2008 |
Inch'Allah que ce soit l'inverse…
à léo solo
De The last Puppet
Etudiant | 13H21 | 27/05/2008 |
Ah oui, la fameuse main mise de Sarko sur les médias.
: )
à Quinine
De marie 75
17H50 | 28/05/2008 |
Filer la parole à Riester : une erreur de Rue89
à marie 75
De ELCHEKATZO
La Revolte des Crabes | 12H26 | 29/05/2008 |
Si ça se trouve c'était de l'humour : p
à Quinine
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 00H00 | 27/05/2008 |
@ Quinine : Vous avez sans doute raison. Mais la solution est-elle de confondre Présidence et Gouvernement ? Si oui, changeons la République.
La Gauche devrait essayer une nouvelle tactique : quand la droite dit une bêtise, répondre par quelque chose d'intelligent.
Je viens de lire sur un autre fil la description d'un échange dans une classe. Je suis totalement dégouté.
Si on ne peut pas gérer mieux l'éducation, il faudrait se démettre. Et si on ne peut pas exiger cette démission il faudrait aussi se démettre. Le reste à l'avenant.
La classe politique française apparait unanimement lamentable. Veule et velléitaire. Et maintenant Sego et Delanoe qui font des ronds de jambe…
N'y a-t-il pas quelqu'un qui ait un projet à proposer ?
Pierre JC Allard
http://nouvellesociete.org/5175.html
à pierrejcallard
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 08H01 | 27/05/2008 |
Bonjour !
Ce n'est pas tellement la confusion entre gouvernement et présidence qui me gêne, ce sont plutôt les propos que tiennent l'un et l'autre et, surtout, la politique néfaste qu'ils veulent appliquer.
Pour le reste :
a) les inégalités dans la comptabilisation du temps de parole sont bien réelles : sous prétexte de s'adresser à tous les Français, Sarkozy endort le peuple et ressasse depuis un an ses slogans électoraux façon méthode Coué ;
b) il n'y a pas que le PS et l'UMP, en France : une partie de l'extrême gauche a un projet structuré, même si on n'est pas forcé de tout adopter en bloc, mais personne ne veut y prêter attention : le drame, dans ce pays, c'est que les gens poussent des hurlements d'horreur quand ils entendent les mots « extrême gauche » sans même savoir de quoi ils ont peur ; en revanche, ils s'accommodent relativement bien d'un gouvernement qui, par certains de ses comportements et sa démagogie, évoque irrésistiblement l'extrême droite, une extrême droite dont il a d'ailleurs pillé le fonds de commerce électoral et les électeurs.
à Quinine
De Hemenate
08H57 | 27/05/2008 |
« même si on n'est pas forcé de tout adopter en bloc, mais personne ne veut y prêter attention : le drame, dans ce pays, c'est que les gens poussent des hurlements d'horreur quand ils entendent les mots “extrême gauche” sans même savoir de quoi ils ont peur »
Le drame c'est les gens ? ? ? ; -)
à Hemenate
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 09H21 | 27/05/2008 |
Non, non, le drame, c'est pas les gens (quoiqu'il y ait certains beaufs et autres malfaisants naturels qui…, mais bon), le drame, c'est la disparition des idéologies, le leit-motiv du « Il n'y a pas d'autre solution » (sous-entendu : que celle que nous dictent la pensée unique et l'ultralibéralisme triomphants) et les clivages à l'emporte-pièce hérités de la Guerre froide, à l'époque où tout ce qui était tolérable était à l'ouest (et, singulièrement, chez les Américains), tandis que le mal absolu se trouvait à l'est.
PS : Le vote naze, c'est pas moi.
à Quinine
De Hemenate
09H51 | 27/05/2008 |
Je suis plutôt d'accord avec vous sur ce post.
Pourtant on peut constater par exemple un certain refroidissement de la population française envers les USA et « l'ultralibéralisme », sans pour autant assister à un développement significatif de l'extrême gauche.
Est-ce que ça ne montre pas un certain échecs des partis dits « d'extrême gauche » à : soit retravailler/adapter certaines notions de leurs idéologie (par exemple quand vous parlez de ne pas tout reprendre en bloc), soit faire passer certaines idées et pousser la population à la réflexion ?
A proposer une autre solution en somme ?
à Hemenate
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 11H38 | 27/05/2008 |
À mon avis, il n'y a pas forcément de lien entre l'anti-américanisme et l'anti-ultralibéralisme, d'une part, et le développement de l'extrême gauche, d'autre part : je crains fort que le mal ne soit fait, que la peur du rouge collectiviste avec panoplie complète (bombe et couteau entre les dents) ne soit bien ancrée dans le subconscient ou l'inconscient collectif et qu'il ne faille beaucoup de temps pour que l'image du révolutionnaire sanguinaire et destructeur ne s'estompe.
L'extrême gauche évolue déjà, du moins dans la plupart de ses courants, mais un double problème de communication se pose :
1) il y a la peur réflexe à laquelle je fais allusion un peu plus haut : extrême gauche = révolution sanglante = danger, qui pousse beaucoup de citoyens à ne pas même accepter les tracts distribués sur la voie publique ; ils préfèrent les bons de réduction de chez MacDo (pauvres et courageux militants) ; à l'opposé, il y a tous ceux qui pensent plutôt : « extrême gauche = doux rêveurs = utopistes = guignols », un peu sur le ton que l'on employait (et que l'on continue à employer) pour les Verts ; quoi qu'il en soit, dans un cas comme dans l'autre, le public n'est pas vraiment informé des programmes de l'extrême gauche ;
2) le second aspect du problème, c'est l'accès aux médias : si l'extrême gauche pouvait « causer dans le poste et à la télé » aussi longtemps et aussi fréquemment que les partis institutionnels du genre PS et UMP, je suis presque certain qu'elle ferait des scores beaucoup plus honorables encore qu'aujourd'hui ; c'est tout de même extraordinaire, pour parler comme Sarkozy, qu'un Besancenot en soit réduit à apparaître dans des talk-shows destinés aux familles bien comme il faut pour avoir l'occasion de s'exprimer.
à Quinine
De Hemenate
13H08 | 27/05/2008 |
Alors je ne voulais pas dire qu'il y avait forcément un lien entre anti-ultralibéralisme et développement de l'extrême gauche, je voulais simplement souligner qu'il y avait eut une évolution d'un côté et pas trop de l'autre alors que cela paraît justement possible.
Je suis tout à fait d'accord avec vous sur les clichés du militant d'extrême gauche.
Je pense que les partis concernés ont un sacré travail à faire là-dessus.
A mon avis ça passe par fixer une ligne claire, par exemple au niveau local certains adhérents de ces partis racontent des trucs qui me paraîssent abérrants et au niveau national pas de retour, pas de position claire, si bien qu'on se pose des questions sur la ligne des partis.
Par contre pour l'accès au média, si je suis d'accord en général, je trouve que Besancenot est l'exception, dans les 2 derniers mois, je l'ai vu au JT de Fr2 et au grand journal de Canal+
à Hemenate
De jojo1er
10H22 | 27/05/2008 |
Le drame, ce n'est pas les gens, relisez un peu le texte que vous citez…le drame c'est ce que font les gens et sur ce point au moins je rejoins quinine.
Jojo1er, les drames du copier-coller, pas besoin de le retaper…
à jojo1er
De Hemenate
10H51 | 27/05/2008 |
« le drame c'est ce que font les gens »
Ben oui c'est exactement ce que je sous-entendais.
Ce qui appelle une question, si le drame vient de ce que font les gens on fait quoi ? ? ?
On leur explique LA vérité ?
Ou on décide à leur place ?
Heureusement l'auteur initial à l'air d'avoir une position différente de la votre.
à Quinine
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 02H34 | 28/05/2008 |
@ Quinine : Est-ce que les idées sur ce lien vous semblent d'extreme gauche ?
http://nouvellesociete.org/5165.html
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 14H59 | 27/05/2008 |
J'ai vainement essayé de répondre point par point aux arguments développés par Franck Riester.
Sa naïveté est sidérante et j'en suis arrivé à douter de son bon sens.
Un seul exemple, sa citation du Conseil d'état qui prouve l'inverse de ce qu'il soutient. Et il ne s'en rend pas compte !
« En raison de la place […] qui est celle du chef de l'Etat dans l'organisation constitutionnelle des pouvoirs publics, le président de la République ne s'exprime pas au nom d'un parti ou d'un groupement politique. »
Il n'a pas compris que le conseil d'état est là pour dire ce qui doit être conformément à la constitution mais qu'en aucun cas ce conseil d'état est là pour juger les agissements de Sarkozy. Il parle du Président, pas de Sarkozy.
Et tout le reste de son article est du même tonneau.
Il semble penser que nous ne savons pas lire et décrypter les messages véhiculés par la langue française.
Au fond c'est peut-être le souhait de l'UMP ?
à Quinine
De Olaf
09H44 | 27/05/2008 |
Et quand le Président convoque à l'Elysée les maires d'arrondissement et députés de Paris, ce n'est pas en tant que chef de la majorité ? Et quand il réunit de manière hebdomadaire les ministres « politiques » du gouvernement, ce n'est pas en tant que chef de la majorité ? Et la plupart des propos qu'il tient lors de ses interventions télévisées ? Il est bien question d'hommages aux résistants ! Encore que le choix des thèmes mémoriels du Président se révèlent, à l'analyse, également très politique.
De léo solo
19H26 | 26/05/2008 |
Député Riester
avez-vous voté la loi ogm
autorisant la dissémination ?
Vous avez la parole.
Prenez votre temps, tout votre temps pour vous en expliquer.
à léo solo
De kawouede
19H53 | 26/05/2008 |
C'est bon ça, léo solo.
On pourrait même le tutoyer, entre citoyens, et vu la gravité de ce qu'il raconte.
à léo solo
De zénon denon 84
Bonne | 20H44 | 26/05/2008 |
Attention à ce que vous allez nous répondre !
à léo solo
De unagi
Fatalitas | 20H49 | 26/05/2008 |
Pour les ogm il n'a pas grand chose à dire, sur la modernisation du marché du travail… un spécialiste.
C'est du grand ump.
http://meze-ump.midiblogs.com/archive/2008/05/15/franck-riester-offre-ra…
à unagi
De dalun
22H39 | 26/05/2008 |
c'est vrai , vraiment naze !