
Voilà enfin la grande réforme que le paysage audiovisuel attendait
Si l'on excepte les décrets Tasca régissant les relations entre producteurs et diffuseurs, qui viennent d'ailleurs d'être renégociés avec succès, le cadre réglementaire organisant notre paysage audiovisuel était resté désespérément figé depuis 1986 et la privatisation de la première chaîne.
Pourtant, en deux décennies, que de changements ! Il fallait d'abord prendre en compte l'arrivée des chaînes de la TNT, que l'on appelle encore parfois les nouveaux entrants. Depuis 2005, elles redessinent les lignes de force de notre paysage audiovisuel, poussent les chaînes dites historiques à s'adapter, et profitent largement au téléspectateur qui bénéficie d'une offre enrichie.
Il fallait également prendre acte de la révolution numérique qui arrive aujourd'hui dans nos foyers. D'ici 2012, au terme d'un processus qui démarrera à Coulommiers le 4 février, l'ensemble du territoire national basculera à la télévision tout numérique. Cela signifie une qualité d'image et de son exceptionnelle désormais offerte à tous, que viendra par ailleurs enrichir la diffusion en haute définition.
Il fallait enfin agir face à la situation de sous-financement chronique du paysage audiovisuel français qui, à terme, menaçait la création française ; préserver ce vivier de documentaires, d'œuvres de fictions, de reportages, qui témoignent de la spécificité de notre modèle français, était un impératif. Nous le voyons bien, il est donc urgent d'agir. Car cette réforme, et c'est ma conviction, répond d'abord aux intérêts de l'ensemble du paysage audiovisuel, pour l'intérêt de tous.
Une nouvelle télévision publique capable d'informer le plus grand nombre
Urgent d'agir, cela l'est également pour France Télévisions. D'abord, parce qu'à l'heure de la convergence audiovisuelle, nous regarderons de plus en plus la télévision sur différents types de supports (télévision classique, téléphone mobile, télévision mobile personnelle, internet…). C'est tout le sens de la transformation du groupe France Télévisions, composé jusqu'alors de 49 sociétés indépendantes, en entreprise unique afin de répondre au mieux au défi du « global media ».
Ensuite, parce qu'il faut justement donner les moyens à France Télévisions d'entrer dans l'ère du numérique que prévoit la généralisation du Plan France Numérique 2012 annoncé en octobre dernier.
Mener cette réforme, c'est également et surtout recentrer France Télévisions sur sa mission de service public audiovisuel qui constitue son identité. La suppression de la publicité sur les chaînes du groupe France Télévisions doit permettre de répondre à cette exigence d'une nouvelle télévision publique, libérée de la pression de l'audimat.
Une nouvelle télévision publique capable d'informer, éduquer et divertir le plus grand nombre. Une nouvelle télévision publique audacieuse, permettant une première partie de soirée à 20h30, une deuxième partie à 22h15, offrant davantage de commentaires et de décryptages, davantage de nouveaux formats, davantage de créations et d'innovations. Une nouvelle télévision publique qui soit simplement au service de tous les Français.
Cessons d'opposer les chaînes publiques aux chaînes privées !
J'entends dire que France Télévisions n'aura pas les moyens de ses ambitions. Soyons sérieux, ce projet de loi apporte la garantie la plus solide qui soit : celle de l'Etat, qui apportera un financement public et pérenne. Ainsi, l'audiovisuel public ne dépendra plus seulement d'un financement par un marché publicitaire au rendement aléatoire.
Une des critiques formulée revient à dire que cette réforme ne servirait en définitive que les intérêts des chaînes privées. Cessons d'opposer les chaînes publiques aux chaînes privées ! Penser que la bonne santé des unes passait par l'affaiblissement des autres revient à profondément dénaturer ce projet de loi. Nous souhaitons renforcer l'audiovisuel français, public comme privé, et lui apporter davantage de financement.
C'est en ce sens que la règlementation publicitaire doit évoluer, comme le prévoit d'ailleurs la transposition de la directive Service média audiovisuel (SMA). L'introduction d'une deuxième coupure de publicité, l'augmentation du volume horaire de publicité ou encore le passage de l'heure glissante à l'heure d'horloge sont autant de dispositions destinées à assouplir une règlementation qui est déjà la plus encadrée d'Europe.
Sortir d'un système de nomination hypocrite que personne n'osait clarifier
Nous proposons en outre de sortir d'un système de nomination hypocrite que personne n'osait clarifier. Désormais, les présidents de France Télévisions et de Radio France seront nommés par décret présidentiel et, comme dans toute entreprise, ils devront chaque année rendre des comptes à celui qui les a désigné.
Ces nominations seront par ailleurs assorties de deux verrous : d'une part, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) devra donner un avis favorable et, d'autre part, il faudra un vote des deux commissions compétentes des assemblées. Saluons cet effort de transparence. Et qui peut dire que les journalistes ne sont pas libres dans notre pays ?
Ambitieuse pour le service public de l'audiovisuel, cette grande réforme l'est aussi pour l'ensemble de la télévision. Il serait dommage qu'à cause de l'obstruction systématique de quelques députés arqueboutés sur des positions caricaturales qui n'apportent de surcroît rien au débat, notre audiovisuel manque son rendez-vous avec la modernité et ne fasse pas la grande réforme dont il a plus que jamais besoin.
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De zartax
ermite | 19H23 | 16/12/2008 |
Sortir d'un système de nomination hypocrite que personne n'osait clarifier »
F Riester
En tout cas ni M Riester ni aucun des membres de l'UMP n'avait jusqu'à présent combattu cette hypocrisie.
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel est composé d'un Collège de neuf membres (les Conseillers) nommés par décret du président de la République. Trois sont désignés par le président de la République, trois par le président du Sénat et trois par le président de l'Assemblée nationale. Il nomme le Président de France télévision
Ainsi donc ce système serait hypocrite et le remède consiste à supprimer la nomination par le CSA au seul profit du Pt de la République, ce qui sous entend au passage que cette nomination est dans tous les cas effectuée par ledit Président et qu'en la matière le CSA serait une réunion de godillots.
On peut se demander alors pourquoi il faudrait changer sauf à penser qu'en l'absence de justification de fond (en dehors de la revendication de la vertu qui n'est pas un argument), la mesure vise tout autre chose ce qui nous le constaterons constituerait une plus grande hypocrisie.
Car enfin il sera toujours préférable pour la démocratie de ne pas attribuer à un seul un pouvoir aussi important dans un domaine capital pour la formation et l'information des citoyens et cette nécessité est valable quelle que soit la majorité.
Hypocrisie dites-vous, mais c'est une plaisanterie.
Je vous lis :
« Ces nominations seront par ailleurs assorties de deux verrous : d'une part, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) devra donner un avis favorable et, d'autre part, il faudra un vote des deux commissions compétentes des assemblées…. »
Donc le CSA qui auparavant ne jouait donc aucun rôle réel devra donner un avis favorable. Là cela devient franchement drôle .
Quant au vote des deux commissions des assemblées : vous oubliez de nous indiquer à quelle majorité, simple distraction sans doute.
Je vous lis toujours
« Il serait dommage qu'à cause de l'obstruction systématique de quelques députés arqueboutés(sic) sur des positions caricaturales…. »
Je vous rappelle quand même que le sondage effectué auprès des Français par un quotidien indique que 74% considèrent cette nomination comme une mauvaise chose. Ceux là sont donc aussi arque boutés sur une position caricaturale ! !
Vous savez bien que la disposition législative contestée, c'est bien celle là et que pour le reste tout le monde sera d'accord pour une télévision de qualité et publique ajouterais-je car ne vous déplaise, l'immense majorité des programmes des chaînes privées est depuis longtemps sortie des voies tracées par les cahiers des charges signés lors de leur constitution et moi, ce qui me réjouis, c'est de voir la perte d'audience de ceux qui ne voyaient dans le téléspectateur qu'un buveur de Coca machin.
De Alexander Doria
étudiant | 19H59 | 16/12/2008 |
Je m'incline en premier lieu devant ce texte mirifique, dont la prose poétique a visiblement été inspiréé par la présence rayonnante de notre Guide spirituel, le grand Sâr Kozy (bon, calmez-vous, c'est juste un entraînement, au cas je voudrais devenir député UMP : autant que je sache rédiger des tracts).
Trêve de plaisanterie, ce qui m'amuse dans le panagérique de Riester c'est cette phrase « Cessons d'opposer les chaînes publiques aux chaînes privées ! » : pour sûr avec la réforme Sarkozy, il n'y aura plus d'opposition : ce sera la même soupe à la grimace pour tout-le-monde. Les journalistes de TF1, qui depuis l'élection de l'ami de Bouygues, ne pouvaient plus se permettre de critiquer le château, serons rejoins par les journalistes de France 2 qui n'auront intérêt à fermer les ami de NS.
Autre petite remarque : concernant le « sous-financement chronique » de France 2, il me semble que si Riester, à en juger par la photo, mettait son budget coiffeur et tailleur au profit des chaînes publiques, il pourrait entretenir plus d'un journaliste. Seulement je le vois mal accomplir ces sacrifices, qu'il exige si volontiers des autres.
De marie 75
20H17 | 16/12/2008 |
le propos de cette demoiselle est tjrs là ?
L'ump a payé l'espace ?
De enozniwt
21H50 | 16/12/2008 |
D'une manière générale, parler de démocratie par le temps qui courent… On assiste dans tous les domaines à une parodie, une confiscation un déni de celle-ci.
S'il ne reste que la jeunesse pour faire reculer cette bande, alors soyons tous des lycéens !
Sur l'audiovisuel, entendre mme Albanel, dont on se demande bien à quoi elle sert, déclarer face à l'assemblée nationale, en gardant son sérieux que cette réforme est celle que les Français attendent , relève du plus haut comique. 74% seraient contre… Et encore, on ne m'a pas sondé.
Suppression de la pub, ok. Mais pas dans ces conditions de grâce. PDG nommé par la présidence. On voit dès aujourd'hui ce qu'il en est.
Si Patrick de Carolis avait eu un temps soit peu de c……., il aurait présenté sa démission et laissé le soin au laquais nommé par Sarkozy d'effectuer le job !
De MARCHOIS Bernard
Retraité | 11H09 | 17/12/2008 |
C'est bien que RUE89 ait publié cet article du député UMP Riester, car l'actualité ne nous donne pas souvent l'occasion de rigoler. Or, l'article du brave Riester est un vrai numéro de cirque. Evidemment pas le moindre commencement d'argument à ce qu'il ânonne. Brave petit soldat sarkoziste, il assure, impavide, que les chaînes privées ne seront pas favorisées et -sommet du burlesque- nous garantit que leCSA est indépendant. Vivement des articles de Lefebvre, Morano, Bertrand, Lagarde ou Alliot-Marie. Et j'en oublie…
De Bee
11H22 | 17/12/2008 |
Je me suis toujours demandé en écoutant ce genre d'ineptie, si mon interlocuteur, en l'occurrence Mr Riester, mais ça pourrait aussi bien être le petit Nicolas est complètement idiot, ou est-ce qu'il nous prend juste pour des idiots ?
Est-ce qu'il est pire de penser en lisant ce tract qu'on me prend pour un débile profond ou que son auteur pense réellement ce qu'il dit, et donc que l'on a élu des idiots.
Je ne sais pas ce que je préférerai penser, c'est un vaste débat.
Supprimer la publicité d'un côté, augmenter la publicité d'un autre, il faut être idiot pour ne pas voir à qui ça profite.
Un directeur de la télévision qui doit rendre des comptes au pouvoir en place, c'est du jamais vu.
Le discours est complètement contradictoire où on nous dit qu'on regroupe France Television pour la rendre plus performante et comme une vraie entreprise, que comme une vraie entreprise le patron doit rendre des comptes, mais dans le même temps on l'exclue de force de la concurrence et on la prive d'objectifs de rentabilités ou d'indépendance en la rendant complètement dépendante de l'état et en supprimant le besoin d'audimat.
Ainsi France Télévision ne dépendra plus d'un financement par la publicité aléatoire ? De qui se moque-t-on on lui substitue un financement politique encore plus aléatoire et dépendant du bon vouloir du pouvoir en place, qui non seulement nomme le patron mais décide des budgets en plus.
Le plus drôle est le passage où l'on nous dit qu'il ne faut pas opposer chaîne publique et chaîne privée. C'est d'ailleurs sur ce principe presque idéologique que se fonde cette réforme. Je vous remercie de votre franchise malgré vous, en effet il s'agit bien de supprimer la concurrence des chaînes, de faire 4 arte à but éducatifs et des chaînes privées à but commerciaux. Sauf que l'on ne peut pas ne pas oppose chaîne publique et privée pour une raison qu'un enfant de 5 ans vous dirait facilement, on ne peut pas regarder deux chaînes en même temps… A chaque instant les chaînes sont en concurrence de facto puisque chaque individu choisi sur quel bouton appuyer, nier cette opposition c'est faire preuve d'un aveuglement déconcertant.
Bref… c'est affligeant… je pense que jamais je n'aurai voté pour cette loi, même si j'avais l'étiquette UMP, c'est juste une question de respect pour ses électeurs.
De 101.7
Promeneur | 11H24 | 18/12/2008 |
Monsieur le député.
C'est bien beau de faire un article, ma foi fort bien tourné, mais très peu « ouvert » dans lequel vous omettez ou escamotez beaucoup de pans négatifs sur le sujet traité.
Mais ce serait bien que vous participiez au débat que vous initiez par vos écrits.
Les choses avancent en échangeant des idées, pas en faisant état de votre seul point de vue.