
RSA : du pragmatique pour une politique fiscale ambitieuse
Ce n'est pas un hasard si le projet de loi instaurant le revenu de solidarité active fait consensus auprès de l'opinion publique. Ni de droite, ni de gauche, le RSA est avant tout une mesure de bon sens qui dépasse largement les clivages politiques.
Quoi de plus valorisant en effet pour un individu que de s'émanciper de la tutelle sociale par les fruits de son travail ? En modernisant les dispositifs d'insertion, en facilitant le retour à l'activité, en garantissant un complément de revenu décent à des centaines de milliers de travailleurs pauvres, le RSA rompt clairement avec la logique d'assistanat, jusqu'alors marque de fabrique de nos politiques sociales.
Réforme sociale probablement la plus profonde depuis plusieurs décennies, le RSA n'est pas un coût pour la collectivité. Son expérimentation dans plus d'une trentaine de départements a d'ailleurs prouvé qu'il améliore notablement le quotidien de ses bénéficiaires, par des opportunités de retour à l'emploi plus fréquentes et plus rapides. A mon sens, la réforme portée par Martin Hirsch constitue un véritable investissement pour l'avenir.
Son financement fait aujourd'hui débat, notamment au sein de la majorité. La décision de taxer les revenus du capital (et non le capital lui-même) à hauteur de 1,1% constitue une réponse pragmatique dans un contexte économique difficile.
Face à l'état actuel de nos finances publiques et au manque de compétitivité de nos entreprises, pouvions-nous valablement envisager d'autres sources de financement ? Je ne le crois pas. Rappelons que ce prélèvement nouveau ne servira à financer qu'une partie du RSA (à hauteur de 1,5 milliard d'euros sur un coût total de 8,5 milliards) et non sa globalité, puisque l'essentiel des crédits qui lui sont alloués provient des aides actuelles (RMI, API, PRE, prime forfaitaire de retour à l'emploi, intéressement temporaire).
D'autant plus que les efforts engagés sur la révision générale des politiques publiques (RGPP) conjugués à la montée en puissance du dispositif devraient rapidement répondre aux besoins de financement, et rendre de facto la taxe caduque.
Mais la clarté affichée de son financement ne doit pas nous exonérer d'un nécessaire contrôle de la dépense publique ; en tant que parlementaires, nous sommes dans notre droit et nous devrons rapidement être en mesure de fournir une évolution annuelle du dispositif.
Cette avancée sociale n'est pas contradictoire avec l'objectif de Nicolas Sarkozy de ramener notre taux de prélèvements obligatoires aux standards européens d'ici la fin du quinquennat. La baisse de la pression fiscale demeure la ligne directrice de notre politique fiscale ; l'adoption de la loi TEPA en juillet 2007 ou la réforme en cours de la taxe professionnelle peuvent l'illustrer.
Mais cette refondation fiscale doit être menée avec intelligence et concertation. En ces temps de conjoncture difficile pour de nombreux français, nos marges de manoeuvre budgétaires se rétrécissent et là aussi, le pragmatisme s'impose. La fiscalité écologique participe de cette même logique dans laquelle l'outil fiscal est utilisé non pas pour générer des recettes supplémentaires, ce qui est au demeurant toujours une bonne chose pour le budget de l'Etat, mais pour financer des mesures relevant de l'intérêt général.
Veillons cependant à ce qu'elle soit développée avec parcimonie et qu'elle ne soit pas un frein à la relance du pouvoir d'achat. J'ajoute que l'instauration d'une TVA sociale, qui réorienterait le financement de notre protection sociale du travail vers la consommation, s'inscrirait également en ligne directe avec ce nouveau pacte fiscal.
En réussissant l'alchimie entre réhabilitation de la valeur travail, lutte contre la précarité et maintien d'une solidarité sociale, le RSA rompt avec un statut qui enferme l'individu plus qu'il ne le protège. Car je reste convaincu que c'est d'abord individuellement que se joue la revalorisation du travail.
- 3357 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque





















61
(Pour réagir, connectez-vous)
De Tyb
(par ici, par là) | 10H49 | 23/09/2008 |
« Veillons cependant à ce qu'elle soit développée avec parcimonie et qu'elle ne soit pas un frein à la relance du pouvoir d'achat. J'ajoute que l'instauration d'une TVA sociale, qui réorienterait le financement de notre protection sociale du travail vers la consommation, s'inscrirait également en ligne directe avec ce nouveau pacte fiscal. »
La contradiction fondamentale de ces deux phrases résume à elle seule l'intelligence « brillante » de ce texte.
Que dire du magnifique esprit critique qui s'y développe entièrement indépendant de tout parti-pris et de toute préconception rigide ?
Enfin il est vrai que quand on met en place le RSA pour encourager les rmistes à travailler pour un salaire de misère, plutôt que de tout simplement engager un mouvement général d'augmentation des salaires, seul à même d'augmenter le pouvoir d'achat, on en est plus à une bêtise prêt.
Parler d'augmentation du pouvoir d'achat à propos d'une taxe qui va toucher tout le monde avec le même impact et donc proportionnellement, plus fortement les plus pauvres n'est que la prochaine étape.
à Tyb
De Saheyus
Rêveur invétéré | 11H06 | 23/09/2008 |
N'ayant plus, après la lecture d'un tel article, la force de répondre (que voulez-vous, on est humain…), je me contenterais de déclarer que je n'aurais pas dit mieux que vous.
*gros soupir*
à Saheyus
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 15H55 | 23/09/2008 |
@ Saheyus
A moi aussi les bras m'en tombent mais en faisant un effort et en pensant que ce Monsieur le Député UMP à eu la gentillesse de s'adresser personellement aux riverains de la Rue 89 il convient par simple courtoisie, de lui répondre.
Aussi je vais, d'un pas décidé, m'y atteler.
A tout à l'heure.
De marie 75 3563
10H59 | 23/09/2008 |
il y avait longtemps qu'une action propagande ne nous avait été proposée : la semaine dernière je crois …
une video à voir pour se recaler les esprits :
http://www.LesMotsOntUnSens.com/sarkozy-congres-national-ump-quand-il-y-… :
à marie 75
De marie 75
3563
11H01 | 23/09/2008 |
http://www.lesmotsontunsens.com/sar…
j'espère que le liens vont marcher …
Sinon passer par bellaciao
De marie 75 3563
11H02 | 23/09/2008 |
réforme payée par les classes moyennes …
On ne touche pas aux gros revenus ! ! ! !
On arrête la démagogie poujadiste !
Merci !
à marie 75
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 22H25 | 23/09/2008 |
La démagogie poujadiste se nomme le poujadisme.
Poujade homme illustre du XX siècle pour son populisme fut le mentor de Le Pen.
De lesuperdidou
Saltimbanque | 11H22 | 23/09/2008 |
Ouette in si.
à lesuperdidou
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 15H57 | 23/09/2008 |
Simenon (Georges)
De karlM
11H25 | 23/09/2008 |
La logique d'assistanat…dans la bouche de l'élite qui vit sur le dos des citoyens, ça ne manque pas de sel.
De mechante langue
11H56 | 23/09/2008 |
Aux intervenants precédents : vous etes contre le principe du RSA ?
Mais que proposez vous concrétement ?
à mechante langue
De Saheyus
Rêveur invétéré | 12H11 | 23/09/2008 |
De supprimer le bouclier fiscal, dans un premier temps. Qu'ils le suppriment, on en reparlera ensuite (bon, on peut aussi parler de hausse généralisée des salaires, de salaire « plafond », vers 10000 euros, disons, pour ne pas trop choquer les pro-friqués, de suppression d'un certain nombre de dérogations et de cadeaux fiscaux, etc, mais commençons par le plus simple).
En fait, je pourrais même vous parler de supprimer la société de classe, mais vous risquez d'être vite paumé.
à mechante langue
De caro
délinquante avérée | 12H30 | 23/09/2008 |
ce qu'on propose ? Des salaires décents permettant de vivre. Le RSA est une autre forme d'assistanat (manière UMP), puisque ce n'est pas un salaire.
à caro
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H44 | 23/09/2008 |
Oui , et jamais de « coup de pouce » au SMIC , quand il s » agit d » un vrai salaire , meme bas ,avec des charges sociales, il n » y a plus personne à droite , pour revaloriser la dignité ..
Je ne peux plus les lire et les entendre ces gens la , Caro . Je craque !
à mechante langue
De lesuperdidou
Saltimbanque | 13H30 | 23/09/2008 |
Tuons les pauvres !
à lesuperdidou
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 15H55 | 23/09/2008 |
Et au travail les vieux !
à Blaise11
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 16H02 | 23/09/2008 |
Autant dire ; les vieux au Sénat, maison de retraite des politiques qui ont réussi, enfin, pour quelque temps encore.
à mechante langue
De romeotan
4 juin 1989 : je n'oublie pas. | 13H57 | 23/09/2008 |
la question n'est pas de savoir si on est pour ou contre le rsa, la question c'est son financement. Sinon ben j'ai une proposition. On allège les taxes de l'état sur les bas salaires et on augmente celle sur les hauts salaires, et on fait ça par tranche de smic. Et même si les caisses sont vides, ça ne coute rien à l'état !
à romeotan
De la champenoise
15H02 | 23/09/2008 |
Les taxes sont déjà baissées sinon exonérées sur les salaires jusqu'à 1,6 Smic, c'est même ce qui encourage le patronat à maintenir les salaires le plus bas possible. Ce qu'il faudrait c'est inverser la tendance, plus le salaire est haut plus les charges baissent.
à mechante langue
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 15H58 | 23/09/2008 |
Ca va venir, un peu de patience.
à mechante langue
De clive
16H16 | 23/09/2008 |
Apparemment la France est devenue un pays pauvre.
Je propose d'annuler sa dette.
un peu plus un peu moins…
à mechante langue
De Issue de l immigration
09H31 | 24/09/2008 |
Je ne suis certainement pas contre le système du RSA, on a eu la CGS, la RDS, maintenant le RSA. Ce qui est choquant, c'est que l'on demande toujours aux travailleurs de mettre la main au porte monnaie, mais qu'on ne touche surtout pas aux privilégiés. Ceux qui ont soutenu ouvertement le nouveau Président, Grandes Fortune, Patrons et Peoples n'ont qu'à mettre la main à la pâte. Qu'ils fassent des dons, des films, des albums, des livres dont les revenus alimenteraient le RSA.
De romeotan
4 juin 1989 : je n'oublie pas. | 12H23 | 23/09/2008 |
trés belle photo ! ^^ il me vient une chanson : » pa pi yion deux lumières… » ^^
Pour le texte je n'y trouve aucune information et comme je cherche des infos sur Rue89, ce texte ne m'intéresse pas beaucoup.
à romeotan
De Unstern
16H12 | 23/09/2008 |
@ Romeotan
Justement, sur la photo, c'est un député UMP dans son bureau ou bien c'est Bernadette Soubirous à la grotte de Lourdes ?
à Unstern
De romeotan
4 juin 1989 : je n'oublie pas. | 22H51 | 24/09/2008 |
^^
De BrunoC
( ° ) ( ° ) | 12H27 | 23/09/2008 |
« La baisse de la pression fiscale demeure la ligne directrice de notre politique fiscale »
Merci de le préciser.
De BrunoC
( ° ) ( ° ) | 12H29 | 23/09/2008 |
Le principe du RSA, si j'ai bien compris, c'est donner de l'argent aux entreprises pour qu'elles puissent payer des salariés précaires (en temps partiel).
J'ai du mal à voir en quoi ça peut être une mesure de gauche.
à BrunoC
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H47 | 23/09/2008 |
Oui , moi aussi . C'est marrant . C'est surement qu » on est trop cons pour comprendre , tous les deux , Brunoc .
De Sylap
Citoyen | 12H38 | 23/09/2008 |
« Quoi de plus valorisant en effet pour un individu que de s'émanciper de la tutelle sociale par les fruits de son travail ? “
C'est sûr qu'il vaut mieux avoir un travail, tout le monde est à peu près d'accord.
Cela dit, de là à croire que cela soit suffisant pour sortir les gens de la misère il y a un monde.
Notre brave député semble ignorer qu'il y a (de plus en plus) des travailleurs pauvres, que le smic ne permet qu'à peine de survivre, etc…
Concernant le sujet, il faudrait une étude (sérieuse, indépendante) pour savoir si les emplois trouvés par les bénéficiaires du RSA sont des cdi ou non. Quelle est la perspective d'avenir de ces postes, etc…
Bref je crois qu'il y a quand même du boulot (c'est la cas de le dire) avant de sortir les poncifs du genre ‘réhabilitation de la valeur travail’ à moins que cette réhabilitation ne concerne pas vraiment les salariés… (je suis mauvaise langue mais j'aime bien)
à Sylap
De la champenoise
15H04 | 23/09/2008 |
C'est sûr que chef d'entreprise + député, il ne connait pas les fin de mois difficiles …