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Juriste et enseignant chercheur

Participation : la révolution du capitalisme n'aura pas lieu

Selon l'édition 2007 de l'enquête INSEE sur les salaires en France, le revenu salarial net moyen en euros constants a stagné entre 1978 et 2005 (voire régressé sur la période 2000-2005). Les causes en sont nombreuses.

Augmentation des contrats précaires (de 17 à 31%), part extrêmement importante des bas salaires (15% des salariés au salaire minimum, pour moins de 2% aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni) et du travail à temps partiel (de 8 à 18%) se combinent avec une explosion des hauts revenus (sur la période 1998-2005 : une croissance de 3,1% pour 90% des salaires, 8,4% pour les 10% supérieurs, 14% pour les 1%, 29% pour les 0,1% et 51% pour les 0,01% ! ! ! ).

Loin de s'inverser, cette tendance s'est au contraire accentuée ces dernières années : ainsi, selon Le Figaro et L'Expansion, les salaires des grands patrons ont augmentés de 58% pour la seule année 2007 (en incluant rémunération directe, bonus, stock-options, dividendes et jetons de présence) tandis que la progression moyenne des salaires du secteur privé (2,7%) fut à peine suffisante pour compenser l'inflation (2,6%)…

L'hyperinflation des dépenses contraintes

Selon la Fédération européenne des employeurs, la France arrive péniblement au 14° rang européen en ce qui concerne le salaire horaire médian brut, et la progression salariale nette entre 2000 et 2008 n'est que de 9,6% (19° rang européen), soit moins de la moitié de l'inflation sur la même période (plus de 20%).

Il en résulte un salaire net moyen de 16 100 euros pour les salariés du privé en 2005, soit 30% de moins que le salaire annuel d'un poste à temps complet.

Encore faut-il largement nuancer la signification de cette moyenne : l'écart de rémunération entre hommes et femmes reste de l'ordre de 20% et l'inflation explosive des produits de première nécessité (aliments, énergies, loyers, etc.) au cours des dernières années impacte les budgets des ménages de manière très différente selon leur revenu global.

L'augmentation, entre 2000 et 2006, de 85% du prix d'une baguette, de 29% pour les loyers du secteur privé, de 183% pour le lait, ou encore de 1770% pour le kilo de pommes de terre pèse bien évidemment plus lourd sur les revenus moyens ou modestes.

Là encore, la tendance récente a largement confirmé cette hyperinflation en ce qui concerne les dépenses contraintes (selon l'INSEE, 9,1% pour l'énergie et 4,7% pour l'alimentation sur un an en octobre 2008), très largement supérieure à la croissance des revenus.

Le salarié français, l'un des plus productifs au monde

La stagnation des salaires doit également être confrontée à une croissance du revenu global sur la période 1998-2005 marquée par de profondes inégalités : 4,6% pour plus de 31 millions des foyers fiscaux, 19,4% pour 350 000 foyers et 42,6% pour les 3 500 ménages les plus riches.

Ces pourcentages dissimulent de vertigineux écarts de croissance réelle : un revenu annuel de 17 000 euros en 1998 a augmenté de moins de 800 euros en huit ans. Un revenu de 1 000 000 d'euros a augmenté pour sa part de 425 000 euros, soit 530 fois plus vite !

Ainsi, les revenus des 10% de Français les plus riches représentent désormais 32,4% du revenu national du pays. Tandis que le salaire moyen par foyer croît de 5,6% sur cette période, les revenus fonciers augmentent de 17,6% et les revenus des capitaux mobiliers de plus de 31%. Quant au prix d'acquisition dans l'immobilier ancien, il a plus que doublé…

Le salarié français, qui offre à son employeur l'une des meilleures productivités mondiales (3° rang en valeur ajoutée par heure travaillée, 5° rang en valeur ajoutée seule) et une durée de travail hebdomadaire supérieure à la moyenne européenne (38 heures, pour 36,9 au Royaume-Uni ou 35,6 heures en Allemagne), est très mal rémunéré et souffre d'un handicap certain lorsque son revenu dépend essentiellement de son salaire, et non de sources immobilières ou boursières, voire d'aides sociales.

Or le revenu d'activité représente en moyenne 60 à 70% du revenu total disponible, et conditionne donc largement le pouvoir d'achat des ménages, « priorité nationale » selon le chef de l'Etat depuis octobre 2007… et un sondage CSA publié fin août 2007.

Les promesses de Nicolas Sarkozy

Au cours de sa campagne et après son investiture, Nicolas Sarkozy a fait de l'augmentation des revenus du travail son cheval de bataille. Tel est notamment le cas de l'investissement et surtout de la participation des salariés aux bénéfices de leur entreprise, toutes deux comptabilisées dans les revenus salariaux d'un point de vue statistique depuis l'année 2000.

Le candidat Sarkozy promettait ainsi à de nombreuses reprises d'étendre les mécanismes de participation des salariés aux bénéfices à l'ensemble des entreprises. Le président Sarkozy renouvelait cette promesse le 9 janvier 2008, faisant de l'épargne salariale la « pierre angulaire » du soutien au pouvoir d'achat et indiquant que les salariés devaient toucher « la part qui leur revient dans le succès des entreprises (…). Il n'est pas acceptable qu'une entreprise qui fait beaucoup de bénéfices ne récompense pas ses salariés. On en a parlé en 2007, nous le ferons en 2008 (…). Je ne suis prisonnier d'aucun lobby ».

Le 25 septembre 2008, le président de la République donnait à l'épargne salariale une vocation véritablement révolutionnaire afin de « réhabiliter la valeur travail » :

« La loi à venir sur la participation et l'intéressement s'inscrit exactement dans la perspective de rééquilibrage entre le capital et le travail.

Ne pas donner tous les bénéfices aux dirigeants et aux actionnaires, en destiner une part plus grande à ceux qui par leur travail ont créé la richesse, redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs sans alourdir les charges fixes de l'entreprise et ainsi remettre le capitalisme à l'endroit, voilà l'autre révolution qu'il nous faut entreprendre. »

Nicolas Sarkozy donnait corps à cette volonté en promettant d'appliquer à la participation aux bénéfices -en janvier puis en avril 2008- la règle des trois tiers, une idée très ancienne puisqu'elle remonte au Général de Gaulle : 1/3 du bénéfice après impôts aux actionnaires, 1/3 pour l'investissement, 1/3 pour les salariés.

13 millions de salariés auraient pu se partager 80 milliards d'euros

En 2005, 6,3 millions de français ont bénéficié de 12,65 milliards d'euros au titre de la participation (sur 8,3 millions de bénéficiaires potentiels, soit 54,1% des salariés du privé et moins de 11% des petites entreprises). La participation a représenté, au mieux, 10% des bénéfices après impôts.

L'application de la règle des trois tiers aboutirait à un quasi-quadruplement de ce montant. En étendant de plus la participation obligatoire aux bénéfices des entreprises, on doublerait presque le nombre des bénéficiaires.

Ainsi, en appliquant rétroactivement ces promesses à l'année 2005, la participation aurait concerné prêt de 13 millions de salariés du secteur privé, qui se seraient partagés 80 milliards d'euros.

A titre de comparaison, la masse salariale annuelle nette représentait, d'après l'ACOSS (Agence centrale des organismes de sécurité sociale), environ 390 milliards d'euros en 2005. La réforme de la participation aurait donc entraîné une augmentation des salaires proche de 25% pour 80% des salariés du secteur privé…

Lors de la séance sénatoriale du 27 octobre 2008, le sénateur Georges Dassault, rapporteur pour avis de la Commission des finances, proposait en conséquence un amendement (voté à l'unanimité par la Commission) destiné à imposer la règle des trois tiers au calcul de la participation.

Des engagements non tenus

La loi n°2008-1258 du 3 décembre 2008 en faveur des revenus du travail vient d'être publiée au Journal officiel. La révolution copernicienne maintes fois promise par le chef de l'Etat a-t-elle eut lieu ? La réforme de la redistribution des bénéfices des entreprises, par son extension à l'ensemble des salariés et par l'augmentation substantielle de son montant, constituerait en effet une véritable révolution en ce qui concerne la répartition des richesses dans notre pays.

L'amendement Dassault a disparu du texte législatif. Quant à l'extension des mécanismes de participation, l'article 11 en élargit effectivement le champ d'application… aux seuls chefs des petites entreprises. La seule « innovation » consiste à permettre aux salariés de débloquer immédiatement les sommes allouées au titre de la participation… qui demeure paradoxalement un mécanisme d'épargne.

Le déblocage immédiat supprime bien évidemment, en contrepartie, l'exonération de ces sommes perçues en ce qui concerne l'impôt sur le revenu. Le gouvernement bénéficie ainsi doublement de cette mesure : un peu de pouvoir d'achat supplémentaire au détriment de la future législation et des rentrées supplémentaires au titre de l'impôt. Un mécanisme « révolutionnaire » connu du président de la République, puisqu'il l'avait déjà pratiqué lorsqu'il se trouvait à Bercy.

Aucun des engagements présidentiels n'a donc été tenu.

Dans le même temps, le chef de l'Etat vient d'injecter -bien qu'il eut plusieurs fois affirmé que les « caisses étaient vides“- 360 milliards d'euros dans notre économie afin, notamment, de venir au secours d'établissements bancaires en difficultés (six banques bénéficient à elles seules de l'affectation de 10,5 milliards d'euros) après avoir engrangé pendant des années des profits colossaux (28 milliards d'euros pour la seule année 2006).

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2009 introduit également une nouvelle taxe de 2% sur les sommes versées au titre de l'intéressement, de la participation et des régimes de retraites supplémentaires…et incite donc les employeurs à ne pas favoriser l'épargne salariale, fut-ce à titre volontaire !

La ‘révolution visant à remettre le capitalisme à l'endroit’ n'a manifestement pas eu lieu…

45 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Homer555

à Vincent.Guillot Portrait de Vincent.Guillot De Homer555

travailleur plus qui à gagné moins | 20H20 | 18/12/2008 | Permalien

Oui m'enfin là vous voyez le mal partout. Je suis sur que l'auteur voulais faire une parenthèse avec « et non de sources immobilières ou boursières » ; voir les virgules.

La phrase est simplement mal tournée. Écrit correctement ça donne : « dépend essentiellement de son salaire, voire d'aide sociales et non de sources immobilières ou boursières ».

Portrait de Vincent.Guillot

à Homer555 Portrait de Homer555 De Vincent.Guillot

22H26 | 18/12/2008 | Permalien

Si la phrase est mal tournée, je ne vois pas le mal partout, je ne fais que lire ce qui est écrit !

Si le sens que vous lui donnez est le bon, j'acquiesce, sinon je persiste.

cordialement

Portrait de unpticon

De unpticon

passant | 16H00 | 18/12/2008 | Permalien

13 millions de gens 80 milliard d'euros…6150eu an/personne. ce serait mignon oui ! mais si c est pour être un bon mouton qui remercie son patron et pour ne plus pouvoir faire grève au nom de l'intérêt de tous : faire du biff…..je suis pas sûr que ce soit souhaitable.

http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/economie/20081028.OBS8105/le_se…

il faut se garder la possibilité de mordre la main qui nourrit et dans ce cas précis -comme pour la retraite par capitalisation- le revenu dont bénéficie le travailleur participe de l'effort des patrons et des actionnaires qui vise à faire grossir les marges et les rendements en permanence, et rarement au bénéfice du travailleur ! ! !

Portrait de Guilain

De Guilain

salope éthique | 16H41 | 18/12/2008 | Permalien

Bonjour,

il va falloir que j'étudie les chiffres en détails, parce qu'il y a deux mois, un article de Hugues Serraf disait exactement le contraire de ce que dit ici François Doutriaux.

http://www.com-vat.com/commvat/2008/10/pas-de-nouvelle.html :

« En vingt ans, relève l'OCDE, les inégalités de revenus et la pauvreté ont reculé en France. Mais apparemment, tout le monde s'en fout »

« Parmi les trente nations développées que fédère cette espèce d'INSEE sans frontières, la France est à peu près la seule (avec l'Irlande, la Grèce, l'Espagne et la Turquie) à pouvoir se vanter d'être devenue moins inégalitaire au cours des deux dernières décennies. »

Qui se goure ? L'OCDE ou l'INSEE ?

Portrait de freakfeatherfall

à Guilain Portrait de Guilain De freakfeatherfall

back to the primitive - fuck all yo... | 18H26 | 18/12/2008 | Permalien

honnêtement, un article de hughes serraf, c'est pas une référence : D

jvais jeter un oeil quand même…

EDIT :
1) l'étude de lOCDE n'est pas disponible, seulement des résumés/conclusions
2) l'OCDE compare les pays européens, je suis pas sûr de l'utilité, ya toujours mieux et pire ailleurs
3) « Inequality and poverty are below OECD average » dit la conclusion, et c'est le problème 2), TOUT est une comparaison entre les pays - moi je comprends que : les inégalités ne sont pas moindres en absolu, mais moindre que la moyenne des pays européens

je suis pas sûr de bien me faire comprendre ni d'avoir bien compris, je suis ni statisticien ni économiste, donc si un riverain veut se dévouer…

Portrait de Hugues Serraf

à Guilain Portrait de Guilain De Hugues Serraf

Chroniqueur | 19H55 | 18/12/2008 | Permalien

L'Insee est de toute manière à la source des chiffres de l'OCDE, qui ne fait que compiler les données que lui fournissent les instituts statistiques nationaux. Voici un lien vers la note de synthèse sur la France, issue du rapport complet : http://www.oecd.org/dataoecd/45/24/41525323.pdf

Il établit que sur vingt ans, entre 1985 et 2005, les inégalités illustrée par le coefficient de Gini se sont réduites entre déciles, pendant que la pauvreté diminuait.

Le rapport complet, extrêmement détaillé, est disponible en téléchargement pour les journalistes et confirme parfaitement les données de synthèse. On peut par ailleurs visionner une petite vidéo de Martine Durand, économiste à l'OCDE, datant de la publication de l'étude en octobre dernier, et fournissant quelques explications sur ce phénomène : http://www.viewontv.com/oecd/161008_growingUnequal/interview.php ? lang=fr…

J'encourage d'ailleurs les lecteurs qui aiment bien les chiffres à suivre les liens fournis par Candide, et qui ne disent effectivement pas ce qui est dit dans cet article même si ça ressemble davantage à ce que pas mal de gens aiment entendre.

 

 

 

 

 

Portrait de Numerosix

à Hugues Serraf Portrait de Hugues Serraf De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 21H57 | 18/12/2008 | Permalien

Indécile !

Portrait de freakfeatherfall

à Numerosix Portrait de Numerosix De freakfeatherfall

back to the primitive - fuck all yo... | 22H22 | 18/12/2008 | Permalien

indécile dans l'oeil l'empêche de voir…

Portrait de freakfeatherfall

à Hugues Serraf Portrait de Hugues Serraf De freakfeatherfall

back to the primitive - fuck all yo... | 22H16 | 18/12/2008 | Permalien

« la pauvreté illustrée par le coefficient de Gini diminuait »
le coefficient gini ne mesure pas la pauvreté, mais l'égalité, ce qui est très différent ! !

meilleurs coefficient gini : pologne, bulgarie, hongrie, etc… (pays où la richesse/pauvreté est la mieux distribuée)

« les inégalités se sont réduites entre déciles »
par pure mauvaise foi, je dirai que ce qui m'intéresse, c'est que les inégalités se réduisent ENTRE LES GENS, mais surtout, VERS LE HAUT ! ! ! !
Et ça il me semble que gini, il s'en fout…

Portrait de Hugues Serraf

à freakfeatherfall Portrait de freakfeatherfall De Hugues Serraf

Chroniqueur | 22H31 | 18/12/2008 | Permalien

Ma phrase n'était pas claire. Elle l'est maintenant.

Portrait de freakfeatherfall

à Hugues Serraf Portrait de Hugues Serraf De freakfeatherfall

back to the primitive - fuck all yo... | 22H39 | 18/12/2008 | Permalien

Tant qu'il y aura le mot « décile » elle sera pas claire pour moi !
J'ai beau wikipété, je comprends que dalle…

mais comme j'ai dit plus haut, je suis pas statisticien

Portrait de Hugues Serraf

à freakfeatherfall Portrait de freakfeatherfall De Hugues Serraf

Chroniqueur | 10H29 | 19/12/2008 | Permalien

Pour étudier l'échelle des revenus, les statisticiens découpent la population en dixièmes (des 10% les moins riches aux 10% les plus riches) et comparent les strates les unes avec les autres.

Portrait de promeneur90

De promeneur90

16H44 | 18/12/2008 | Permalien

bonjour, un hors sujet si je peux me permettre.
en ces temps d'arnaques financières, quelqu'un s'est-il penché sur le fond pour les retraite crée par L. Jospin

Portrait de metallo

De metallo

amiantable | 19H15 | 18/12/2008 | Permalien

Mais quel dommage qu'un nombre incalculable de « révolutionnaires » potentiels n'aient accès à ce genre de lecture et d'infos. Car s'ils savaient, les lycéens ne seraient plus seuls dans la rue ! Et encore, ça n'est qu'une infime partie de l'iceberg des mensonges, du « foutage de gueule » et de l'enfumage des despotes au pouvoir. Comment, mais comment informer le plus grand nombre et leur ouvrir les yeux face aux scandales et la désinformation qui tient lieu de « bible » à sarkolas le dictadent(merci cyp)et sa troupe subventionnée de larbins prêts à tout pour trouver mangeable, l'infâme bouillie qu'ils nous servent à longueur de journée. Leur clownerie n'a que trop durée, ne soyons pas les dindons de leur farce !

Portrait de zorbek

De zorbek

22H33 | 18/12/2008 | Permalien

« Le salarié français, qui offre à son employeur l'une des meilleures productivités mondiales… »

Ah oui, et pourquoi ? Parce qu'un salaire coute tellement cher à l'entreprise française (charge patronales etc ) que ceux qui travaillent sont sous pression constante de rendement maximum (quand leur travail ne peut être remplacé par des automates ou des asiatiques). Et ceux qui en paient le prix, ce sont les bas revenus qui se retrouvent au chômage : combien de petits boulots disparaissent parce que trop onéreux pour l'employeur ? Vous en connaissez encore beaucoup, des pompistes ?

Et aussi un truc dans ces stats que je trouve affolant , c'est le recours aux temporaires (15% en France vs 2% aux US). S'il y a un système à 2 vitesses beaucoup plus injuste que la répartition des salaires, c'est bien celui-là : des boulots indéboulonnables pour les uns, des expédients pour les autres (du moins ceux qui refusent le chômage), et ce sont généralement les premiers qui revendiquent le plus pour rendre leur boulot encore plus indéboulonnable…D'un autre coté, je dois bien reconnaitre que, en pleine crise économique, venir dire que faciliter les licenciements établira un peu plus de justice et d'égalité, c'est qc que j'ai du mal à avaler, même si ma raison me dit qu'à terme c'est la seule solution solidaire et rationnelle ( = qui ne soit pas un vœux pieux comme le sont 95% des commentaires) pour éviter ce système à 2 vitesses et véritablement combattre le chômage. Évidemment, ceux qui ont du boulot vont se mettre à hurler, peut-être moins ceux qui en cherchent…

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