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Juriste et enseignant chercheur

Participation : la révolution du capitalisme n'aura pas lieu

Selon l'édition 2007 de l'enquête INSEE sur les salaires en France, le revenu salarial net moyen en euros constants a stagné entre 1978 et 2005 (voire régressé sur la période 2000-2005). Les causes en sont nombreuses.

Augmentation des contrats précaires (de 17 à 31%), part extrêmement importante des bas salaires (15% des salariés au salaire minimum, pour moins de 2% aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni) et du travail à temps partiel (de 8 à 18%) se combinent avec une explosion des hauts revenus (sur la période 1998-2005 : une croissance de 3,1% pour 90% des salaires, 8,4% pour les 10% supérieurs, 14% pour les 1%, 29% pour les 0,1% et 51% pour les 0,01% ! ! ! ).

Loin de s'inverser, cette tendance s'est au contraire accentuée ces dernières années : ainsi, selon Le Figaro et L'Expansion, les salaires des grands patrons ont augmentés de 58% pour la seule année 2007 (en incluant rémunération directe, bonus, stock-options, dividendes et jetons de présence) tandis que la progression moyenne des salaires du secteur privé (2,7%) fut à peine suffisante pour compenser l'inflation (2,6%)…

L'hyperinflation des dépenses contraintes

Selon la Fédération européenne des employeurs, la France arrive péniblement au 14° rang européen en ce qui concerne le salaire horaire médian brut, et la progression salariale nette entre 2000 et 2008 n'est que de 9,6% (19° rang européen), soit moins de la moitié de l'inflation sur la même période (plus de 20%).

Il en résulte un salaire net moyen de 16 100 euros pour les salariés du privé en 2005, soit 30% de moins que le salaire annuel d'un poste à temps complet.

Encore faut-il largement nuancer la signification de cette moyenne : l'écart de rémunération entre hommes et femmes reste de l'ordre de 20% et l'inflation explosive des produits de première nécessité (aliments, énergies, loyers, etc.) au cours des dernières années impacte les budgets des ménages de manière très différente selon leur revenu global.

L'augmentation, entre 2000 et 2006, de 85% du prix d'une baguette, de 29% pour les loyers du secteur privé, de 183% pour le lait, ou encore de 1770% pour le kilo de pommes de terre pèse bien évidemment plus lourd sur les revenus moyens ou modestes.

Là encore, la tendance récente a largement confirmé cette hyperinflation en ce qui concerne les dépenses contraintes (selon l'INSEE, 9,1% pour l'énergie et 4,7% pour l'alimentation sur un an en octobre 2008), très largement supérieure à la croissance des revenus.

Le salarié français, l'un des plus productifs au monde

La stagnation des salaires doit également être confrontée à une croissance du revenu global sur la période 1998-2005 marquée par de profondes inégalités : 4,6% pour plus de 31 millions des foyers fiscaux, 19,4% pour 350 000 foyers et 42,6% pour les 3 500 ménages les plus riches.

Ces pourcentages dissimulent de vertigineux écarts de croissance réelle : un revenu annuel de 17 000 euros en 1998 a augmenté de moins de 800 euros en huit ans. Un revenu de 1 000 000 d'euros a augmenté pour sa part de 425 000 euros, soit 530 fois plus vite !

Ainsi, les revenus des 10% de Français les plus riches représentent désormais 32,4% du revenu national du pays. Tandis que le salaire moyen par foyer croît de 5,6% sur cette période, les revenus fonciers augmentent de 17,6% et les revenus des capitaux mobiliers de plus de 31%. Quant au prix d'acquisition dans l'immobilier ancien, il a plus que doublé…

Le salarié français, qui offre à son employeur l'une des meilleures productivités mondiales (3° rang en valeur ajoutée par heure travaillée, 5° rang en valeur ajoutée seule) et une durée de travail hebdomadaire supérieure à la moyenne européenne (38 heures, pour 36,9 au Royaume-Uni ou 35,6 heures en Allemagne), est très mal rémunéré et souffre d'un handicap certain lorsque son revenu dépend essentiellement de son salaire, et non de sources immobilières ou boursières, voire d'aides sociales.

Or le revenu d'activité représente en moyenne 60 à 70% du revenu total disponible, et conditionne donc largement le pouvoir d'achat des ménages, « priorité nationale » selon le chef de l'Etat depuis octobre 2007… et un sondage CSA publié fin août 2007.

Les promesses de Nicolas Sarkozy

Au cours de sa campagne et après son investiture, Nicolas Sarkozy a fait de l'augmentation des revenus du travail son cheval de bataille. Tel est notamment le cas de l'investissement et surtout de la participation des salariés aux bénéfices de leur entreprise, toutes deux comptabilisées dans les revenus salariaux d'un point de vue statistique depuis l'année 2000.

Le candidat Sarkozy promettait ainsi à de nombreuses reprises d'étendre les mécanismes de participation des salariés aux bénéfices à l'ensemble des entreprises. Le président Sarkozy renouvelait cette promesse le 9 janvier 2008, faisant de l'épargne salariale la « pierre angulaire » du soutien au pouvoir d'achat et indiquant que les salariés devaient toucher « la part qui leur revient dans le succès des entreprises (…). Il n'est pas acceptable qu'une entreprise qui fait beaucoup de bénéfices ne récompense pas ses salariés. On en a parlé en 2007, nous le ferons en 2008 (…). Je ne suis prisonnier d'aucun lobby ».

Le 25 septembre 2008, le président de la République donnait à l'épargne salariale une vocation véritablement révolutionnaire afin de « réhabiliter la valeur travail » :

« La loi à venir sur la participation et l'intéressement s'inscrit exactement dans la perspective de rééquilibrage entre le capital et le travail.

Ne pas donner tous les bénéfices aux dirigeants et aux actionnaires, en destiner une part plus grande à ceux qui par leur travail ont créé la richesse, redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs sans alourdir les charges fixes de l'entreprise et ainsi remettre le capitalisme à l'endroit, voilà l'autre révolution qu'il nous faut entreprendre. »

Nicolas Sarkozy donnait corps à cette volonté en promettant d'appliquer à la participation aux bénéfices -en janvier puis en avril 2008- la règle des trois tiers, une idée très ancienne puisqu'elle remonte au Général de Gaulle : 1/3 du bénéfice après impôts aux actionnaires, 1/3 pour l'investissement, 1/3 pour les salariés.

13 millions de salariés auraient pu se partager 80 milliards d'euros

En 2005, 6,3 millions de français ont bénéficié de 12,65 milliards d'euros au titre de la participation (sur 8,3 millions de bénéficiaires potentiels, soit 54,1% des salariés du privé et moins de 11% des petites entreprises). La participation a représenté, au mieux, 10% des bénéfices après impôts.

L'application de la règle des trois tiers aboutirait à un quasi-quadruplement de ce montant. En étendant de plus la participation obligatoire aux bénéfices des entreprises, on doublerait presque le nombre des bénéficiaires.

Ainsi, en appliquant rétroactivement ces promesses à l'année 2005, la participation aurait concerné prêt de 13 millions de salariés du secteur privé, qui se seraient partagés 80 milliards d'euros.

A titre de comparaison, la masse salariale annuelle nette représentait, d'après l'ACOSS (Agence centrale des organismes de sécurité sociale), environ 390 milliards d'euros en 2005. La réforme de la participation aurait donc entraîné une augmentation des salaires proche de 25% pour 80% des salariés du secteur privé…

Lors de la séance sénatoriale du 27 octobre 2008, le sénateur Georges Dassault, rapporteur pour avis de la Commission des finances, proposait en conséquence un amendement (voté à l'unanimité par la Commission) destiné à imposer la règle des trois tiers au calcul de la participation.

Des engagements non tenus

La loi n°2008-1258 du 3 décembre 2008 en faveur des revenus du travail vient d'être publiée au Journal officiel. La révolution copernicienne maintes fois promise par le chef de l'Etat a-t-elle eut lieu ? La réforme de la redistribution des bénéfices des entreprises, par son extension à l'ensemble des salariés et par l'augmentation substantielle de son montant, constituerait en effet une véritable révolution en ce qui concerne la répartition des richesses dans notre pays.

L'amendement Dassault a disparu du texte législatif. Quant à l'extension des mécanismes de participation, l'article 11 en élargit effectivement le champ d'application… aux seuls chefs des petites entreprises. La seule « innovation » consiste à permettre aux salariés de débloquer immédiatement les sommes allouées au titre de la participation… qui demeure paradoxalement un mécanisme d'épargne.

Le déblocage immédiat supprime bien évidemment, en contrepartie, l'exonération de ces sommes perçues en ce qui concerne l'impôt sur le revenu. Le gouvernement bénéficie ainsi doublement de cette mesure : un peu de pouvoir d'achat supplémentaire au détriment de la future législation et des rentrées supplémentaires au titre de l'impôt. Un mécanisme « révolutionnaire » connu du président de la République, puisqu'il l'avait déjà pratiqué lorsqu'il se trouvait à Bercy.

Aucun des engagements présidentiels n'a donc été tenu.

Dans le même temps, le chef de l'Etat vient d'injecter -bien qu'il eut plusieurs fois affirmé que les « caisses étaient vides“- 360 milliards d'euros dans notre économie afin, notamment, de venir au secours d'établissements bancaires en difficultés (six banques bénéficient à elles seules de l'affectation de 10,5 milliards d'euros) après avoir engrangé pendant des années des profits colossaux (28 milliards d'euros pour la seule année 2006).

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2009 introduit également une nouvelle taxe de 2% sur les sommes versées au titre de l'intéressement, de la participation et des régimes de retraites supplémentaires…et incite donc les employeurs à ne pas favoriser l'épargne salariale, fut-ce à titre volontaire !

La ‘révolution visant à remettre le capitalisme à l'endroit’ n'a manifestement pas eu lieu…

45 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué

De Juan Pablo de Tagéna - bloqué

12H41 | 18/12/2008 | Permalien

Bravo et merci pour cet article si clair , si intelligent et si objectif : vous , au moins, vous n'êtes pas animé par l'esprit partisan et vous respectez le lecteur ! Encore merci !

Portrait de clive

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De clive

12H52 | 18/12/2008 | Permalien

Laissez tomber
Pour être un « fatal flatteur » il ne faut pas se faire repérer

Couteau-sel-plaie : touilles et tritures bien, Roger Velu !

L'article – impeccablement implacable – dit une vérité chiffrée qui fait mal aux yeux des cafards comme la lumière du grand soleil.

Tu n'es qu'un cancre las…

Portrait de Cirdec

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De Cirdec

Cadre qui commence à comprendre com... | 14H58 | 18/12/2008 | Permalien

Encore ? C'est la deuxième fois que gagaétan se fait hacker son compte.

Portrait de déluge

De déluge

menuisier | 13H10 | 18/12/2008 | Permalien

Où l'on constate les mensonges que l'on nous assène à longueur de discours stigmatisant les Français et leur prétendu inadaptation à la mondialisation (en fait 3ème meilleurs productivité/individu), où l'on constate également la prédation opérée par une toute petite partie au déficit du plus grand nombre.

Je copie et j'archive.

Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué

à déluge Portrait de déluge De Juan Pablo de Tagéna - bloqué

13H14 | 18/12/2008 | Permalien

Ouais, mais les juristes-enseignants-chercheurs ( n'en jetez plus ! ), eux, ils ne connaissent pas la crise, ça boume pour eux, ils trouvent toujours un blogueur qui vient mordre à l'hameçon… Hi Hi Hi !

Portrait de déluge

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De déluge

menuisier | 13H21 | 18/12/2008 | Permalien

Tu es insignifiant de bêtise.

hi hi hi aussi.

Portrait de compte supprimé 24

à déluge Portrait de déluge De compte supprimé 24

| 13H25 | 18/12/2008 | Permalien

Normal : c'est Roger Velu !

Portrait de Amertume

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De Amertume

| 17H43 | 18/12/2008 | Permalien

Je consulte assez souvent Rue89 et j'ai décidé de m'enregistrer car j'en marre d'entendre M. JP de Tagena parler comme il le fait.

Je ne comprend pas bien.

Soit M. JP de Tagena est un chien de garde très bien entretenu financièrement par le système et il se donne alors le droit de polluer le débat systématiquement.

Soit M. JP de Tagena s'amuse en choisissant toujours l'opinion réactionnaire pour contredire toute opinion critique en se croyant plus intelligent que les autres.

Soit M. JP de Tagena est quelqu'un de viralement aigri qui n'ayant pas su comprendre la richesse des liens que les humains peuvent tisser entre eux préfère alors un monde oû les gens se fuient et s'ignorent, c'est-à-dire chacun pour soi.

Il y a certainement d'autres possibilités…

Si vous êtes dans le premier cas, sachez que mes sentiments pour vous navigue au voisinage de la sphère du mépris et il ne sera jamais possible de discuter.

En tout cas si vous n'êtes pas dans le premier cas, j'ai un peu de tristesse pour vous M. JP de Tagena car dans ce monde, il est beaucoup plus facile de tenir votre discours. C'est celui des puissants ! ! C'est triste de défendre les intérêt des capitalistes lorsqu'on ne possède pas d'actions. Regadrez la réalité, cette classe est constituée de parasites qui nous demande de travailler plus, alors qu'ils ne travaillent pas (je parle bien entendu des actionnaires). Cela implique qu'il faut piller les ressources des autres pays et ainsi donc les affamer, un traitement qu'ils ne réservent pas même à leurs chiens. Voyez un peu l'Idéal libéral que vous défendez : La Négation de toute Humanité ! !
Critiquez conséquement est beaucoup plus difficile qu'il n'y parait : quand on commence à tirer sur le fil des arnaques c'est une pelote de laine filandreuse gigantesque qui vient et effectivement on ne c'est plus oû donner de la tête dans ce monde de fou.

Mais S'il vous plait, reprenez vous et arretez de annonez les phrases toutes faites que nous ressassent les représentants de la bourgeoisie !

Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué

à Amertume Portrait de Amertume De Juan Pablo de Tagéna - bloqué

19H16 | 18/12/2008 | Permalien

Les actionnaires sont des gens qui prennent des risques et, à ce titre, je les respecte ! La bourgeoisie aussi est respectable. C'est encore dans ce milieu qu'on respecte le plus et le mieux la tradition française et le beau langage : je trouve cela hautement respectable !

Portrait de viva zebda

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De viva zebda

rameur | 20H32 | 18/12/2008 | Permalien

le beau langage a mis un navet sauce troll dans mon auge
pff pff un poil de cul de gaétan le brun

Portrait de coatl

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De coatl

SR | 12H58 | 19/12/2008 | Permalien

Quel risque prend-on à investir un excédent de revenu qu'on ne pourra de toute façon pas dépenser en consommation puisqu'on a déjà tout ?

Portrait de Homer555

De Homer555

travailleur plus qui à gagné moins | 13H39 | 18/12/2008 | Permalien

Une belle vulgarisation, analyse et croisement des chiffres, comparaison des promesses et des faits. Un bel arrêt sur image des rémunérations actuelles. En un mot : Magnifique ! Rien à redire, les faits parlent d'eux même.

Portrait de -Candide-

à Homer555 Portrait de Homer555 De -Candide-

Jardinateur | 19H41 | 18/12/2008 | Permalien

belle vulgarisation, certes, puisque vous plongez les deux pieds dedans.

Malheureusement il s'agit vraisemblablement d'un article démago, ou au mieux d'un « juriste, enseignant chercheur » très fâché avec le traitement des chiffres.

ainsi,
François Doutriaux nous dit que entre 1978 et 2005 le revenus moyens auraient stagné voire régressé « selon l'insee »
manque de bol quand on va sur le site de l'insee :
indice 100 en 1951, en euro constant, (donc inflation déduite) : on a
1975 : 279 (pour 40h travaillés)
2005 : 318 (pour 35h travaillés)
ce qui fait +14% ! (…et 27% sur une base 40h)
preuve sur
http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp ? ref_id=NATTEF04114

ensuite, tout est truffé d'inexactitudes :
par exemple,
François Doutriaux nous dit également que « selon Expansion »
les salaires des grands patrons ont augmentés de 58% pour la seule année 2007

manque de bol, le chiffre de l'expansion c'est 6.7% (ce qui est déjà trop)
http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/les-salaires-des…

En fait, le chiffre des « 57% » provient d'un autre article qui incluait les ventes d'actions/options acquises lors d'années *précédentes*. Ce qui n'a rien de surprenant vu que tous les spécialistes s'accordaient à dire qu'en 2007 les actions étaient largement au dessus de leur valeur théorique. Les patrons n'étant pas plus bête que les autres, ils en ont profité pour vendre les leurs.

Ensuite,
François Doutriaux nous dit que la progression salariale nette entre 2000 et 2008 n'est que de 9,6% (19° rang européen), soit moins de la moitié de l'inflation sur la même période (plus de 20%).

en comparant les « 9,6% » à l'inflation, on laisse croire que la perte serait de 20 moins 9.6% soit -10.4% pour les salariés. Ce qui est faux !
Le gain sur 2000-2008 est un gain absolu (en euro constant) sur le salaire net.
qu'il y ait eut 1% ou 200% d'inflation sur la période ne change rien.
c'est juste là pour noyer le poisson.

Je m'arrête là, mais je pourrais continuer encore tant cet article est médiocre.

J'entends déjà les sirènes crier : si tu es contre lui, tu es contre nous
va rejoindre gaétan & Co.

Il n'en est rien,
je rappelle que je suis de gauche, que j'ai ma carte du PS depuis presque 20 ans.
Mais je n'ai pas besoin d'avaler de la propagande à neuneu pour forger mes convictions. Fusse cette propagande dans le sens de ce que je défends.
Ce type d'article peut contribuer à conforter certaines personnes qui sont déjà de gauche, mais je doute très fort que ce manque d'intégrité puisse attirer un peu de ceux qui ne le sont pas encore et dont nous avons besoin.

On peut se faire plaisir (et les poupées sarko sont faites pour cela), mais s'enterrer dans l'excessif pour passer 10 ans de plus dans l'opposition : très peu pour moi.

Portrait de FabiendeMénilmontant

à -Candide- Portrait de -Candide- De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 21H25 | 18/12/2008 | Permalien

avoir sa carte au PS ne signifie pas, à mes yeux, être de gauche…

mais passons.

j'aurais préféré que notre cher chercheur -à force de chercher- trouve ceci :
http://www.insee.fr/fr/ppp/comm_presse/comm/dphcfps08.pdf
qui montre que la suppression de l'abattement de 20 % des salaires et la « simplification » (passage de six à quatre barèmes) profite aux salariés les plus riches (lire en page 8 de la note de synthèse).

peut-être ne fallait-il pas le dire. bien entendu, M. Sarkozy n'était pas président de la République lors de la mise en route de cette réforme… il n'était « que » ministre du Budget (et de l'Accueil de Brad Pitt).

Portrait de -Candide-

à FabiendeMénilmontant Portrait de FabiendeMénilmontant De -Candide-

Jardinateur | 03H54 | 19/12/2008 | Permalien

- Lénine qualifiait « de droite » tous ceux qui ne voulaient pas aller aussi loin que lui et de « gauchiste » (terme inventé par lui) ceux qui voulaient aller plus loin.
Chacun voit midi à sa porte.

« être de gauche » ne serait donc qu'une valeur qu'on ne puisse définir qu » « à ses yeux » ?

Pour ma part, je m'en tiens à l'usage généralement retenu. N'en déplaise à ceux qui voudraient faire de « la gauche » une marque déposée.
mais passons.

- L'article de l'insee que vous citez est en effet très intéressant.

(Je n'ai pas bien compris ce que Brad Pitt venait faire dans l'histoire)

Portrait de ron-ron

à -Candide- Portrait de -Candide- De ron-ron

14H15 | 19/12/2008 | Permalien

(Pour répondre rapidement au premier point :
Selon l'usage généralement retenu, Staline n'était pas communiste. Il n'empêche que tant d'un côté que de l'autre, c'était la vérité qu'on imposait. Il en est de même pour le socialisme.)

Portrait de marie 75

De marie 75

13H42 | 18/12/2008 | Permalien

je participe,
tu participes..
ILS RAMASSENT !

Portrait de pablico

à marie 75 Portrait de marie 75 De pablico

18H15 | 18/12/2008 | Permalien

c'est comme au casino, tu joues, tu mises, tu espères, mais la banque ramasse..

mais là, le jeu est obligatoire..pas au casino.

Portrait de clive

De clive

13H58 | 18/12/2008 | Permalien

Merci à M. Doutriaux pour cet article.

J'ai récemment assisté à quelques interviews « en salon feutré », Un ministre, un secrétaire d'état, entre autres, consacrés à la « refondation » du capitalisme.
Cette question de la redistribution et même celle des salaires n'a à aucun moment été évoquée. Ils raisonnent en vase clos, parlent investissement, rentabilité, nouveaux marchés, sur une échelle planétaire.
S'ils reconnaissent qu » « ils se sont fait peur », c'est en raison d » « excès » qui ne remettent en rien le modèle capitaliste en cause, seul système à « créer des richesses ».
Si la bulle spéculative s'est vue rattraper par le monde réel et l'économie réelle, ces membres de l » « élite » n'envisagent simplement pas que d'autres solutions que les leurs puissent exister et être viables, et n'ont toujours pas été rattrapés par une certaine réalité
Les seules allusions au reste des citoyens, c'est-à-dire des 70 ou 80 % (95% ? ), sont arrivées en fin de raisonnement, l'un parlant une fois « d'emploi » (comme une simple conséquence, et sans préciser quel type d'emploi et dans quel pays…), l'autre du « peuple » (comme d'une masse de gens qui ne comprennent pas les enjeux et qui ont peur de l'avenir…mais dont ils craignent que la colère prennent des formes « irrationnelles »…).
Et là pour le coup je n'ai entendu aucune promesse.

Le pire est que j'ai eu l'impression qu'ils étaient absolument sincères, « teintés dans la masse ».

Portrait de nayko

De nayko

Troubadour urbain | 13H56 | 18/12/2008 | Permalien

Des chiffres édifiants qui mériteraient de faire la une de tous les journaux ! (on peut rêver…). En résumé, depuis 20 ans, la productivité des français s'est accrue sans aucune augmentation en contrepartie et avec des dépenses quotidiennes qui explosent ! A qui profite le crime ? Aux délinquants en costume, qui eux, ne seront pas inquiété par notre charmant service de répression. Et on vient quand même nous expliquer qu'on est des feignants, qu'il faut travailler plus mdame Chabot, et que les français n'ont aucune raisons de se plaindre. Il faudrait imprimer cet article et le placarder sur les murs de toutes les villes !

Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué

De Juan Pablo de Tagéna - bloqué

14H14 | 18/12/2008 | Permalien

c'est bien ces économistes : ils comprennent toujours tout et même un peu plus que tout ! Heureusement qu'on les a et qu'on les engraisse….

Toi, tu engraisses tout le monde : t'as du suif et du suint à revendre, pardine !

Portrait de antinabot

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De antinabot

tuyauteur anancy | 14H47 | 18/12/2008 | Permalien

c est bizare personne n a demande a monsieur leclerc ce qu il a fait avecles marges arrieres n avait t il pas annoncer une baisse de 5 % sur les prix avant la fin de l annee ba j ai peu etre reve

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 15H41 | 18/12/2008 | Permalien

L'article est intéressant et utile… pour aussi loin qu'il aille (il contient des données qui valent naturellement la peine d'être connues). Le problème central est que la participation est un doux rêve utopique dans un système caractérisé par l'inexorable tendance à l'accumulation et la concentration du capital qui est la caractéristique sine qua non du capitalisme.

Admettons qu'il soit possible qu'une juste répartition des fruits de la croissance se fasse en France selon la règle des trois tiers évoquée dans l'article. Les entrepreneurs français auraient beau jeu de dénoncer une telle répartition face aux autres économies nationales où ce système n'est pas en vigueur, car leur propre survie serait menacée par les fonds autrement plus considérables accumulés par leurs concurrents. Les OPA sont là pour le prouver.

C'est d'ailleurs ce qu'ont fait ces entrepreneurs même en l'absence d'un régime de participation « égalitaire ». La concurrence sur les prix est tellement forte que la minimisation des salaires devient la règle que tout le monde applique. C'est vrai en Chine, à Dubaï, et dans d'autres pays émergents, tout comme en France et en Europe.

Plutôt que se battre pour obtenir de Sarkozy la mise en application de ses promesses inconsidérées (De Gaulle avait fait de même en son temps, mais on sait comment Pompidou a réglé son compte à cette idée en liquidant définitivement la part d'influence des gaullistes « de gauche » réclamant son application. Le limogeage de Chaban-Delmas, le premier ministre très populaire qui voulait promouvoir une « nouvelle société » fondée sur une meilleure répartition des revenus entre les acteurs sociaux, en est l'illustration par excellence), les salariés feraient mieux de se convaincre qu'une augmentation absolument légitime des salaires ne peut être obtenue que de haute lutte, et ce de façon continue et répétée dans le temps.

Le problème central est que les salariés ne disposent plus des formes d'organisation susceptibles de leur faire gagner ce combat du fait de la mondialisation et de la mise en concurrence de tous les salariés du monde. L'externalisation quasi-systématique des entreprises vers les zones à bas salaires démontre amplement l'impuissance des syndicats et autres formes d'auto-organisation nationales.à obtenir ce qui ne posait pas de problèmes de répartition insolubles il y a encore trois décennies.

La difficulté est donc politique : les salariés doivent être en mesure de défendre leurs intérêts au niveau mondial, mais c'est loin d'être le cas actuellement. C'est cette problématique que leurs syndicats devraient approfondir en priorité. Pour l'heure, on voit mal comment cela va pouvoir être réalisable avant une, voire plusieurs décennies.

PS -- Je n'ai pas développé d'arguments démontrant que la participation est un rêve dans un système capitaliste où toute entreprise consciente de la nécessité d'une meilleure répartition des revenus de la croissance se heurte inévitablement à la concurrence « sauvage » d'autres entreprises. La « participation » ne peut triompher que dans un système mondial uniforme où toutes les entreprises adoptent les mêmes règles. Appliquée rigoureusement, la participation aurait tôt fait de mettre fin au système inexorable d'accumulation capitaliste des profits. On ne serait plus alors dans un système capitaliste, mais dans un tout autre système, sans doute proche du socialisme. Je ne sache pas que Sarkozy puisse en être l'un des initiateurs.

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 15H42 | 18/12/2008 | Permalien

heu… hyperinflation, faut pas exagérer quand même, c'est le terme qu'on utilise pour parler de l'inflation de la République de Weirmar ou celle du Zimbabwe… on est heureusement pas encore arrivé à ce niveau là !

Enfin, c'est une bonne nouvelle, du moins pour moi. Ça signifie que je me suis plus que bien démerdé dans le début de ma vie professionnelle.
Faut que j'envoie cet article à ma grand-mère et que je lui dise qu'entre 1999 et 2008 j'ai fait +100% d'augmentation.. elle va être fier de moi : )
Et pourtant, j'ai jamais choisi les boulots qui payaient le plus et j'ai passé 1.5 année au chômage.
Lâchez la métallurgie, faites de l'informatique : D

Par contre, j'ai pas compris pourquoi mes impôts ont triplé… Ça sent l'arnaque…
Et les loyers à Paris, du moins les miens, ont grimpé de 20%
Bon, le prix de la bouffe je ne pourrais pas dire, j'ai jamais fait vraiment fait gaffe au prix. Par contre les clopes ont sacrément augmentés, l'alcool pas vraiment (faut dire qu'il y a de la marge dessus…), et à mon avis le shit est même moins cher.

Alors forcément, si tout grimpe de 20%, mais que les salaires n'augmentent que de 10%, ça va pas le faire…
Enfin, pour les autres, au pire moi je vais toucher mon RMI dans ce pays où un appart HLM de quatres pièces coûte 150€ par mois…

Aller, pour se remonter le moral, une petite chanson :
Y'en a marre, marre, des pauvres !
Eh les pauvres, arrêtez d'vous plaindre, vous gâchez l'bonheur des riches !
Y'en a marre, marre, des pauvres !
Heureusement les très très riches, tout l'monde peut crever, y s'en foutent !
Y'en a marre, marre, des pauvres !
Et pis c'est facile de se plaindre, quand on sait, qu'on est la majoritée !

Didier Super, Y'en a marre des pauvres

Portrait de SiDi

à Keldan Portrait de Keldan De SiDi

Kitten ! | 17H37 | 18/12/2008 | Permalien

HLM T4 : aux alentours de 400 € à Montpellier, et le RMI est à : 447.91 €… faudrait peut-être arrêter de dire que les pauvres sont des « privilégiés »… : )

Portrait de Keldan

à SiDi Portrait de SiDi De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 17H58 | 18/12/2008 | Permalien

Je t'assure, il existe des communes où ça vaut 150€, j'ai une copine qui habite là dedans.
Même les communes de 300 habitants au fin fond des montagnes qui toûchent des millions grâce à EDF sont obligées d'avoir des HLM, et quand le prix du terrain ne vaut rien, et que les loyers normaux sont déjà bas (gene 400 500€ pour un T4), ça donne des HLM à ce prix.
Par contre faut aimer vivre au milieu de nul part…

Enfin, déjà un T4 à 400€, ça fait rêver le parisien que je suis avec son studio à 600 € : D

Portrait de Vincent.Guillot

De Vincent.Guillot

15H52 | 18/12/2008 | Permalien

« Le salarié français, … est très mal rémunéré et souffre d'un handicap certain lorsque son revenu dépend essentiellement de son salaire, et non de sources immobilières ou boursières, VOIRE D AIDES SOCIALES. »

Alors ça c'est la meilleure !

Salop de pauvre, vous êtes la même engeance que la bourgeoisie qui nous opprime, vous ne le saviez pas ?

Portrait de Naradamuni

à Vincent.Guillot Portrait de Vincent.Guillot De Naradamuni

sans | 16H59 | 18/12/2008 | Permalien

J'avais remarqué aussi le « VOIRE D AIDES SOCIALES. »

Ressources sociales, immobilières et boursières ! !
Pédagogie de juriste enseignant : les cons osent tout ! !

Dommage…

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