18/08/2008 à 17h56

Pourquoi n’y a-t-il « aucune marge de manœuvre » économique ?

Pascal Riché | Cofondateur Rue89


Dans une grande surface niçoise (Eric Gaillard/Reuters).

Lorsque le chef du gouvernement (François Fillon, pour ceux qui l’auraient oublié) improvise en urgence une réunion des ministres en charge des dossiers économiques pour « analyser les causes de la dégradation de la conjoncture internationale » et lorsque l’un d’entre eux, Eric Woerth (Budget), explique qu’il faut garder « son sang froid » , il y a de quoi avoir la frousse. C’est le signe que la conjoncture ne va pas bien du tout. Nicolas Sarkozy avait promis d’aller « chercher la croissance avec les dents s’il le faut » , mais la plupart des économistes jugent qu’il n’a aucune marge de manœuvre. Ont-ils raison ? Le gouvernement doit débattre de la question jeudi, lors du conseil des ministres.

1

La France est-elle en récession ?

Selon la définition officielle, la France n’est pas encore en récession : un pays l’est lorsqu’il connaît un recul de son activité pendant deux trimestres consécutifs. L’activité française a reculé de 0,3% au deuxième trimestre après une hausse de 0,4% au premier trimestre. C’est un résultat décevant par rapport aux prévisions officielles. Le budget 2008 a été bâti sur une hypothèse de plus de 1,7% de croissance, mais rares sont aujourd’hui les conjoncturistes qui jugent que la croissance dépassera 1,3%. La Banque de France prévoit une croissance de 0,1% pour le troisième trimestre, ce qui signifierait que la récession serait évitée. Mais bien d’autres experts tablent sur un nouveau trimestre négatif. Les mauvaises nouvelles se sont enchaînées depuis plus d’un an, minant le pouvoir d’achat des ménages dans de nombreux pays :

  • envolée des prix du pétrole (une hausse de dix dollars du baril, sur un an, réduit la croissance d’environ 0,3 point) et des produits alimentaires. L’accélération de l’inflation qui en résulte affecte le pouvoir d’achat et grippe le moteur de la consommation des ménages ;
  • hausse de l’euro face au dollar, qui affecte la compétitivité des produits européens exportés ;
  • chute de la construction immobilière (aux Etats-Unis et dans d’autres pays européens) liée à la crise américaine des « subprimes » ;
  • crise prolongée des marchés financiers, qui incite les banques à brider le crédit ;

Dans cette conjoncture maussade, le chômage risque de remonter. Sa baisse était facilitée par la retraite des baby boomers : il peut reculer avec seulement 2% de croissance (contre plus de 3% dans les années 1990). Mais avec une croissance quasiment plate, il risque de repartir à la hausse.

2

La France est-elle logée à la même enseigne que les autres pays européens ?

Selon Eurostat (l’organisme de statistique de l’Union européenne), c’est toute la zone euro qui a connu un mauvais trimestre (-0,2% en moyenne, après +0,7% au premier trimestre). L’Allemagne a reculé de 0,5% (après une croissance de 1,3% au premier trimestre) et l’Italie de 0,3% selon Eurostat. Face à cette situation, les gouvernements suivent des stratégies bigarrées. Outre-Rhin, selon Der Spiegel, un plan de relance (baisses d’impôts et investissements publics) aurait été préparé en cas de besoin pour l’automne. L’information a été démentie par Angela Merkel, dont le gouvernement a décidé lundi de maintenir ses prévisions officielles et de rejeter toute idée de plan de relance. En revanche, en Espagne (+0,2% au premier trimestre et +0,1% au deuxième trimestre), le Premier ministre socialiste José Luis Zapatero a interrompu ses vacances et décidé d’injecter vingt milliards d’euros dans l’économie pour éviter que le pays n’entre en récession. Les principaux bénéficiaires de ce plan seront les PME et le secteur du logement social. L’Espagne, qui a connu une forte croissance ces dernières années, a reconstitué ses munitions budgétaires : elle peut creuser son déficit sans nuire à ses engagements européens.

3

Pourquoi dit-on qu’il n’y a « aucune marge de manœuvre » en France ?

La croissance a trois moteurs : la consommation, les investissements, les exportations. Pour ce qui est de l’évolution de ces dernières, ceux qui pilotent l’économie n’ont guère de prise sur leur évolution à court terme. Pour ce qui est des deux autres moteurs, ils disposent de deux leviers : la politique monétaire et la politique budgétaire. Aux Etats-Unis, lorsque le pays menace d’entrer en récession, les autorités appuient vigoureusement sur ces deux leviers : la Réserve fédérale (la banque centrale) baisse ses taux d’intérêt hardiment pour faciliter les emprunts (donc les investissements, l’esprit d’entreprise, le logement, etc.) ; de son côté, le gouvernement fédéral n’hésite pas à creuser le déficit (Reagan était allé jusqu’à 6% du PIB !) pour distribuer du pouvoir d’achat dans l’économie sous forme de dépenses publiques et/ou de réductions d’impôts. En Europe, ces deux leviers traditionnels sont grippés :

  • pas grand chose à espérer du côté de la politique monétaire, qui échappe aux dirigeants politiques depuis la fin des années 1990 : elle a été confiée à la Banque centrale européenne, qui est à la fois indépendante et ultrarigide. De par ses statuts, sa seule préoccupation doit être d’empêcher l’inflation. Elle n’a pas hésité à relever ses taux d’intérêt pour juguler celle-ci, alors que l’activité économique aurait besoin d’une baisse de ces taux ;
  • le gouvernement Fillon ne peut pas faire grand chose, car le déficit français atteint déjà la limite autorisée (3% du PIB). Alors que la France préside l’Union européenne jusqu’à la fin de l’année, on le voit mal jouer les mauvais élèves.

Jusque-là, sans jamais prononcer le mot rigueur (qui fâche) le gouvernement Fillon se distingue plutôt par sa volonté de couper dans les dépenses publiques, notamment dans la santé ou l’éducation. Mais pourra-t-il, dans cette conjoncture morose, annoncer sans ciller un projet de budget 2009 prévoyant pour la première fois une baisse des crédits (hors inflation), comme il l’envisage ? Ce serait prendre le risque d’encourager le plongeon. Faute de pouvoir jouer sur le budget, François Fillon doit donc jouer sur d’autres ressorts beaucoup moins efficaces : ce fut par exemple la loi sur la « modernisation » de l’économie, qui prévoit une augmentation des aides aux entrepreneurs, une libéralisation des règles concernant le commerce et quelques mesures pour attiser la concurrence. Le ministre du Budget, Eric Woerth, plaide ainsi :

« Notre plan de relance, c’est de privilégier les réformes de fond à une réponse court-termiste qui n’apporterait rien. »

C’est aussi une façon d’avouer son impuissance sur la capacité à agir sur la situation présente. Les ministres n’ont plus que leurs mains pour prier, pour que les rares brises favorables que l’on perçoit actuellement s’amplifient dans les semaines qui viennent : la récente baisse du prix du pétrole, le récent recul de l’euro, la stabilisation des taux d’intérêt. S’il était audacieux, le gouvernement pourrait décider de lancer un ambitieux projet de RSA (revenu de solidarité active) ou d’augmenter franchement l’allocation de rentrée scolaire, ou d’instaurer un chèque-transports généreux… Autant de mesures qui auraient un impact psychologique important. Mais pour les financer, le gouvernement ne pourrait compter sur le déficit : il lui faudrait trouver des financements ailleurs. Le moyen le plus efficace serait de taxer les revenus des ménages dont « la propension à consommer est faible » (comprendre : les riches qui, proportionnellement à leur revenu, épargnent beaucoup et consomment peu). Les socialistes suggèrent ainsi de revenir sur les cadeaux fiscaux faits par Nicolas Sarkozy à son arrivée au pouvoir. Mais pour ce dernier, ce serait reconnaître que le « paquet fiscal » était une bêtise.

4

Une solution européenne est-elle envisageable ?

C’est une solution dont rêvent de nombreux hommes politiques et économistes : un plan de relance général, fondé sur un emprunt public européen. Un tel plan aurait également l’avantage de constituer un signal fort, celui d’une Europe solidaire face aux mauvaises fortunes. Ancien ministre de l’Economie et des Finances, Laurent Fabius suggère ainsi à Nicolas Sarkozy de prendre l’initiative d’un « grand programme, en particulier énergétique, au niveau européen, pour éviter la récession » . Mais un tel projet, souvent caressé, jamais considéré sérieusement, donne des boutons aux grands argentiers orthodoxes qui, depuis des années, tiennent les rênes de la politique économique en Europe. Même si on peut le regretter, les chances de voir les Vingt-sept lancer un tel plan concerté cet automne sont minimes.

Photo : Dans une grande surface niçoise (Eric Gaillard/Reuters).

  • 28112 visites
  • 202 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • Carmagnole
    Carmagnole répond à Carmagnole
    retraité de l'Education (...)
    • Posté à 19h24 le 18/08/2008
    • Internaute 44234
      retraité de l'Education (...)

    La preuve qu’un gouvernement peut agir...
    « Le but politique que je propose n’est pas de maintenir stable le pouvoir d’achat,il est de l’augmenter.Le but est que demain soit mieux qu’aujourd’hui et que les enfants aient une vie meilleure que leurs parents.Le but,ce n’est pas la stagnation mais le progrès.Le but,ce n’est pas le minimum mais le maximum. »
    De qui cette déclaration « révolutionnaire et volontariste » ?
    « ENSEMBLE »...page 130...livre écrit par N.Sarkozy !
    Nous aurait-il menti sur « la capacité à agir sur la situation présente » de son Gouvernement ? ? ?

  • beerootfr
    beerootfr
    retraité baroudeur
    • Posté à 19h28 le 18/08/2008
    • Internaute 40978
      retraité baroudeur

    Cela fait 26 ans que la France est en déficit budgétaire : on vit au dessus de nos moyens.Et tous les gouvernements ont laissé faire sans rien corriger : aucune noisette de côté en cas de vaches maigres...

    Cela fait...x années que le déficit commercial est déficitaire : la France a perdu sa compétitivité...(les taxes, impôts, et charges nous disqualifient).

    L’euro a bon dos : les allemands ne se plaignent pas d’un euro fort. Eux ont su REFORMER courageusement et drastiquement à l’instar d’autres pays européens, comme l’Espagne... : ils peuvent voir venir.

    En France, on commence à réformer à doses homéopathiques : trop peu et surtout trop tard.TOUS les autres gouvernements depuis R. Barre n’ont rien glandé pour ne pas « froisser » l’électorat.

    Conclusion : il est évident que l’on n’a aucune marge de manoeuvre.

    Hurler au charron en donnant l’exemple du « cadeau fiscal » fait aux riches, dont d’ailleurs une bonne partie s’est boutée hors de France pour arrêter d’être plus que taxée, me fait doucement rigoler.
    Gageons que si on le supprime ce « cadeau fiscal », ça ne changera strictement rien : il n’est pas aussi « volumineux » que veut le faire croire le P.S...d’autant que la quasi totalité de l’impôt sur le revenu sert à rembourser l’intérêt de la dette (pas la dette !)

  • Le Yéti
    Le Yéti
    voyageur à domicile
    • Posté à 21h04 le 18/08/2008
    • Internaute 6095
      voyageur à domicile

    À BOUT DE SOUFFLE

    « Aux États-Unis, lorsque le pays menace d’entrer en récession, les autorités appuient vigoureusement sur ces deux leviers : la Réserve fédérale (la banque centrale) baisse ses taux d’intérêt hardiment pour faciliter les emprunts (donc les investissements, l’esprit d’entreprise, le logement, etc.) ; de son côté, le gouvernement fédéral n’hésite pas à creuser le déficit [...] pour distribuer du pouvoir d’achat dans l’économie sous forme de dépenses publiques et/ou de réductions d’impôts. »

    M’ouais. Sauf que ce petit jeu en apparence volontariste a ses limites et qu’on les voit nettement aujourd’hui, aux États-Unis même.

    1/ favoriser l’emprunt, c’est bien jusqu’au moment où vous vous trouvez en état de sur-endettement carabiné. Et là, ça coince drôlement pour les remboursements. À la base, la crise des sub-primes, c’est exactement ça : des ménages tellement sur-endettés qu’ils ne peuvent plus rembourser leurs emprunts immobiliers.

    2/ creuser les déficits, c’est pareil. Les réductions d’impôts ne bénéficient qu’aux ménages les plus imposés, ceux-là même qui ont déjà tout et peuvent difficilement consommer encore plus ; ceux-là qui sont plus soucieux de protéger leurs surplus financiers dans des paradis fiscaux que de participer à relancer la machine économique de leur pays.

    D’ailleurs, aucune de ses deux mesures, dont le gouvernement étatsunien a largement abusé pour éviter le pire depuis le début de l’année, n’a donné le moindre résultat. L’entrée en récession se concrétise de jour en jour et il en va de même dans la vieille Europe et en France où aucun des bons vieux remèdes traditionnels n’a le moindre effet. Ne peut plus avoir le moindre effet tant est flagrante l’absurdité suicidaire d’un système basé sur la croissance à tout va et le profit imbécile.

    La vérité est que la machine économique capitaliste (il n’y en a plus d’autres) est aujourd’hui à bout de souffle, et qu’elle ne tardera plus désormais à toucher le fond (fin 2008/juin 2009 au plus tard, je pense). Comme dans les années trente, avec toutes les graves incertitudes et conséquences qui accompagnent généralement ces périodes de dépression.

  • nipivime
    nipivime répond à SSerge
     ; -
    • Posté à 21h21 le 18/08/2008
    • Internaute 503
       ; -

    La dette en tant que telle n’est pas un problème. Du moins dans nos pays que, toujours (et quoi qu’on dise), les capitaux internationaux continueront à financer.

    s’il y a dette, c’est qu’ il y a eu dépense (et donc financement de l’économie) ou moins d’impôt (et donc moins de prélèvement). La première question me semble donc de savoir quelles étaient les raisons de ces dépenses et de ces moins-d’impôts, en espérant qu’il s’agissait de choix créateurs, à terme, de richesse. Et en n’oubliant pas que la dette n’est que de l’argent, et qu’elle peut donc être utilisée pour des projets pas « rémunérateurs », mais « moraux » (au sens simple, sans jugement, gardez vos nazages...), par exemple, la place de la France dans le monde, l’aide aux plus démunis, la culture, la justice, les droits de l’homme,...

    La deuxième question est toute autre : qui profite de cette dette. Car si dette il y a, l’Etat la rembourse. Avec intérêt. C’est ainsi, d’ailleurs, que se constitue l’épargne des Français : sans rémunération, il n y a que peu d’épargne (et qui n’a pas sont petit placement de père tranquille, en obligations ? Non ? Vous êtes certain ?) Or l’épargne sert aux entreprises à investir (par le biais des banques)...

    Donc, la dette est, quelque part, bonne pour l’économie puisqu’elle aide à l’épargne. Premier problème (enfin, d’aucuns n’y verront pas problème) : puisque plus on est riche, plus on épargne, eh bien, plus on est riche,, plus on profite de cette dette. Deuxième problème : avec l’ouverture internationale, ce sont aujourd’hui les épargnants d’autres pays qui profitent de la rémunération. C’est plutôt gênant parce que cela signifie qu’une partie de la richesse produite en France est, chaque année, distribuée à des non résident. C’est plutôt pas mal parce que, justement parce que les étrangers détiennent une partie de la dette, il n’ont aucun intérêt à une crise, et continuent donc à financer le pays. C’est le choix explicite des Etats-Unis depuis la Deuxième guerre mondiale...

  • Compte supprimé 16
    • Posté à 21h26 le 18/08/2008
    • Internaute 22243
      supprimé

    merci Pascal Riché pour cet article - instructif comme d’habitude.

    une question de béotien cependant :

    « envolée des prix du pétrole (une hausse de dix dollars du baril, sur un an, réduit la croissance d’environ 0,3 point) et des produits alimentaires. L’accélération de l’inflation qui en résulte affecte le pouvoir d’achat et grippe le moteur de la consommation des ménages ; »

    au 14/07/07 : le brut @ $75
    au 16/07/08 : le brut @ $144

    soit $69, autrement dit 6.9*0.3= 2.07 point de croissance.

    soit, ramené à l’année, de 2.1 point en 2007 à 0.03 en 2008... ? ? ?

    (je n’ai pas lissé sur l’année)

    est-ce bien l’ordre de grandeur ?

    si oui, comment peut-on viser une croissance supérieure à 1% sur l’année, alors que le cours du brut, même s’il tend à diminuer aujourd’hui, pourrait remonter, avec la demande, sur la fin de l’année ? ...

    cordialement,

  • Frère Maxence
    Frère Maxence
    Demandeur d'emploi
    • Posté à 21h58 le 18/08/2008
    • Internaute 50601
      Demandeur d'emploi

    La politique monétaire est effectivement déterminée par la BCE ; la marge de manoeuvre est donc nulle.

    Par contre sur le plan budgétaire, il y a des possibilités mais qui prendront du temps :

    1/ Suppresion des cadeaux fiscaux aux plus riches, et notamment des niches fiscales (il y en a plus de 400 ! ! !)

    2/ Réduction du train de vie de l’Etat et des collectivités locales à tous les niveaux (dépenses de fonctionnement, de communication, de prestige, avantages divers et Ô combien nombreux)

    3/ Supression de tous les comités ou commissions qui ne servent à rien

    4/ Réduction des effectifs dans les postes purement administratifs d’au moins 50% (il ne serait pas difficile d’augmenter la productivité...)

    5/ Augmentation de la TVA sur les produits de luxe

    Avec l’argent récupéré :

    6/ Baisse de la TVA sur les produits de première nécessité (avec obligation de répercuter sur le prix la totalité de la baisse)

    7/ Retour à la TIPP flottante

    8/ Versement de chèques chauffage

    9/ Développement des prêts à taux zéro pour l’achat d’un logement

    10/ Au niveau local, augmentation de l’aide sociale d’urgence (mais liée à une action d’insertion socioprofessionnelle)

    Après sur le plan structurel :

    1/ Encadrement du prix des loyers dans le privé (lutte contre la spéculation)

    2/ Favoriser réellement l’accès des TPE et des PME aux marches publics

    3/ Travailler sur la qualité des produits et des services de entreprises française (si les exportations sont faibles, c’est d’abord par manque de qualité)

    4/ Investissement massif dans la formation professionnelle

    Voilà, c’est un début, : -)

  • BrunoC
    BrunoC
    ( ° ) ( ° )
    • Posté à 22h17 le 18/08/2008
    • Internaute 49016
      ( ° ) ( ° )

    Si le personnel politique démocratiquement élu n’a pas de marge de manœuvre économique, peut-on dire que nous vivons en dictature économique ?

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 03h30 le 19/08/2008
    • Internaute 17943
      Author & Chief AtoZ Officer

    Oui pour une action concertee au niveau europeen, de preference a l’autisme actuel.

    Toutefois, une relance keynesienne au niveau europeen poserait probleme : il faudrait des projets suffisamment puissants pour avoir de l’effet mais comment arbitrer entre les pays et les regions ? et a la source pour le financement ? C’etait nettement plus facile pour FDR qui avait le controle de la plupart des leviers.

    Sur le long terme, les reformes sont le choix le plus sage, a condition qu’elles soient pertinentes (Lien ).

    Sur le court terme, l’irrationnel joue plus (ie reactions d’un public peu au fait des questions macro-economiques, importance de l’image et des symboles). Disposer d’une marge de manoeuvre est evidemment une bonne chose, mais ne doit pas dispenser le politique de se poser les bonnes questions. L’absence de vision des supposes experts laisse songeur (Lien ).

  • Arthur Rambo
    Arthur Rambo
    Artiste
    • Posté à 14h20 le 19/08/2008
    • Internaute 50835
      Artiste

    Encore une fois, on entend toujours les même personnes, Woerth qui « plaide », Fabius qui « suggère », mais bien sûr in fine, c’est nous qui trinquons.

    Nous sommes dans une « économie de petit vieux », en chassant le loup inflation, on entretient une économie de rente (l’inflation dévalorise les créances et le patrimoine). Alors les milliards empaquetés-cadeaux distribués dès l’été 2007, n’en parlons pas... Avec les dents qu’il disait !

    Alors si en plus la BCE mène une politique plus agressive contre l’inflation que la Bundesbank de la grande époque (Lien), alors que l’on connait pourtant le traumatisme des allemands de la crise des années 20 (où il valait mieux brûler ses billets que d’acheter du charbon avec dixit ma prof d’allemand de seconde), nous ne sommes pas sortis de l’auberge.

    Les Américains ont au moins une politique d’équilibrage macroéconomique un peu plus ouverte, avec une double cible explicite de production et d’inflation, et non seulement d’inflation comme imposé par l’article 105 de Maastricht.

Verbes thématiques