07/06/2008 à 01h03

La politique des grands frères que dénonce Dati, c’était quoi ?

Guillemette Faure | Journaliste

La garde des Sceaux a reproché aux députés de l’opposition la politique menée par la gauche avec les jeunes de banlieue. Décryptage.



Banlieue parisienne, 2005 (Flore-Ael Surun).

Lundi devant l’Assemblée nationale, Rachida Dati a reproché aux députés de l’opposition « la politique des grands frères » menée, selon elle, par les gouvernements de gauche :

« Où étiez-vous lorsque vous avez créé la politique des grands frères, quand vous avez abandonné un nombre de jeunes filles dans ces quartiers difficiles entre les mains des grands frères ? “

Qui étaient ces inquiétants ‘ grands frères’ que la garde des sceaux fustige ainsi ? Retour d’un quart de siècle en arrière.

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C’était quoi exactement la politique des grands frères ?

‘ La politique des grands frères, ça n’a jamais existé’ , affirme, un rien provocateur Adil Jazouli, un sociologue qui planche sur les banlieues depuis 30 ans. On ne trouvera ‘ aucun texte’ , ‘ aucun fondement législatif’ à cette ‘ politique’ , comme la désigne la garde des Sceaux.

Plus qu’une politique, c’est en effet une idée, dans l’air du temps au début des années 1980, dans la foulée des émeutes des Minguettes, à une époque où l’on dévalorise les travailleurs sociaux.

Le principe de départ, résume Vincent Geisser, politologue au CNRS, co-auteur de ‘ Discriminer pour mieux régner , c’est que’ pour résoudre les problèmes des gens des quartiers, il faut passer par des gens qui parlent la même langue : les Arabes parlent aux Arabes, les Noirs parlent aux Noirs…”

Ces “ grands frères” (le terme apparaît vraiment à la fin des années 1980) sont comme leur nom l’indique des garçons, et des figures d’autorité. Thierry Mandon, maire PS de Ris-Orangis, se souvient de l’expérience qu’il en a faite à la fin des années 1990 avec une dizaine de jeunes, avec le souci d’offrir de nouveaux points de repères masculins :

“ Ça consistait à choisir des jeunes adultes disons à la vingtaine d’années dont on pensait qu’ils auraient plus d’influence sur les gamins de douze seize ans pour qu’ils ne fassent pas de bêtises, ils avaient l’autorité que les pères de familles n’avaient plus. Ils devaient avoir une autorité naturelle due à l’âge et à la connivence géographique.

‘ On l’a fait quand on s’est rendu compte qu’il y avait une féminisation croissante des services publics autour d’eux ; à l’école, il n’y a quasiment plus d’instituteurs, les assistantes sociales sont des femmes… Finalement le policier ou le pompier, c’est le premier homme qu’on voit. Et ça peut être la cause du défi à l’autorité dont ils sont victimes. Le grand frère devait rétablir une autorité de type masculin.’

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Quel était l’objectif ?

Il ne s’agissait pas vraiment d’insertion, souligne Manuel Boucher, sociologue et auteur de ‘ Turbulences comprendre les désordres urbains et leur régulation’ , mais de ‘ faire émerger des figures exemplaires, rémunérées pour leur rôle de pacification sociale, avec cette idée que les autres moyens sociaux n’étaient plus efficaces pour contenir les désordres urbains.’

‘ On a contractualisé des gens dans un rôle de sous-éducateur’ note le sociologue Vincent Geisser. Ce début d’institutionnalisation se fait via les politiques locales des villes et via les entreprises de transport comme la RATP.

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Les grands frères étaient-ils mis en place par des politiques de gauche ?

Le recours aux ‘ grands frères’ n’était ni de gauche ni de droite, ‘ c’était une politique des maires qui avaient des quartiers en difficultés’ , se souvient Thierry Mandon, qui cite l’exemple de Serge Dassault à Corbeil.

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Pourquoi parle t-on de la politique des grands frères au passé ?

Les grands frères se sont effacés de plusieurs manières. D’abord économiquement, avec la fin des emplois jeune de Jospin, qui était le principal mécanisme de financement des ‘ grands frères’ . Mais l’idée même vieillit. Comme le dit Eugène-Henri Moré, ingénieur conseil sur les questions de politique de la ville, ‘ les grands frères ont eu 30 ans et ont aspiré à travailler normalement.’ L’expérience s’est arrêtée naturellement. Le travail social s’est professionalisé, constate Vincent Geisser :

‘ Les grands frères ont été remplacés soit par rien, soit par du vrai. Grand frère, ça n’a jamais été un métier, ça a été une occupation.’

Les spécialistes des banlieues contestent les principes de départ. ‘ On n’était pas du tout dans une réponse sociale. On remettait la problématique sur les comportements. Il n’y avait pas de remise en cause du fonctionnement social des quartiers, on pensait qu’il suffisait de parler aux grands frères’ , note Eugène-Henri Moré, qui se souvient avoir immédiatement mesuré le problème que cela posait en termes d’inégalités hommes femmes, en l’” absence totale des jeunes filles » de la solution préconisée.

Autres effets pervers qu’on aurait dû anticiper selon lui, « du point de vue de la politique familiale, éliminer le père et le mère, c’était déjà les affaiblir » .

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S’agissait-il d’un deal avec les « caïds » , comme le suggère Dati ?

« L’intention n’a jamais été (comme le laisse entendre l’intervention de Rachida Dati) de passer des deals avec des caïds pour avoir la paix » insiste Eric Macé, sociologue. Mais des délinquants ont parfois été recrutés. Grâce à quoi, « c’était très facile pour les tenants d’une politique sécuritaire de délégitimer » les grands frères, résume Manuel Boucher. Mais au-delà de ces cas, pour Vincent Geisser, l’idée de départ était bancale :

« Demander à un jeune d’être du groupe et d’être une autorité externe, c’est ingérable. »

Remise en cause aussi, l’idée que l’appartenance à la communauté primait sur les compétences. A présent, revient l’idée du pro, note Eugene-Henri More : « L’écoute, le dialogue, ça doit s’appuyer sur des bases professionnelles. »

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Que reste-t-il de cette politique aujourd’hui ?

Aujourd’hui, l’idée des grands frères est passée de mode. « On est dans le tout répressif d’un côté, et le culte de l’élite des minorités. Entre les deux il n’y a plus rien » , regrette Eric Macé. Mais subsiste, selon les sociologues interrogés, une « ethnorationalisation des problèmes » , « qu’on trouve partout, à gauche comme à droite. »

« Cette politique est tellement banalisée qu’on ne l’appelle plus comme ça » , explique Vincent Geisser :

« L’éthnicisation des rôles sociaux est de plus en plus forte, les entreprises privées qui travaillent dans les quartiers, les entreprises de sécurité, les hypermarchés de banlieue… On a même ça en politique où il y a un côté “je veux mon caïd sur la liste’… Même l’UMP le fait…”

Le chercheur compte même la Mosquée parmi les grands frères d’aujourd’hui :

“ Rachida Dati oublie que Sarkozy a aussi poursuivi cette logique. Demander à une grande fédération musulmane de faire une fatwa (contre les violences dans les banlieues, comme l’a fait Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur pendant les émeutes de 2005), si c’est pas de la politique de grand frère… Aujourd’hui le grand frère est barbu…”

Rectifié le 9/6 à 11h20. Les émeutes de 2005 et non 2006. Vincent Geisser et non Geissert. Nos excuses à l’intéressé et aux internautes.

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  • Lapin Bleu
    Lapin Bleu
    Journaliste n°89910
    • Posté à 07h19 le 07/06/2008
    • Journaliste 42116
      Journaliste n°89910

    Salut à tous,

    Merci à toi Guillemette de vulgariser un concept le plus souvent connu des seules personnes concernées. De plus, ta vulgarisation n’enlève pas le détail.

    Je signale juste à ceux que cela intéresse que la politique des grands frères est largement abordée par notre confrère François Ruffin (journaliste à Amiens, spécialiste de l’investigation et des sujets de société, co-animateur du Fakir, complice de Daniel Mermet et son Là-bas si j’y suis, etc.), dans son livre-enquête « Quartier Nord » (sur la situation amiénoise). Les témoignages qu’il recueille sont très représentatifs de ce que tu résumes ici (« recrutement » de caïds, politique menée par la droite comme par la gauche, etc.).

    Voilà, voilou...

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  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 10h37 le 07/06/2008
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Merci, Guillemette, pour votre article.
    Pour travailler dans des quartiers dits « difficiles » avec des éducateurs de prévention (payés par le Conseil Général, l’état envoyant, lui, la BAC), j’ai constaté le vide laissé par la disparition des « grands frères » qui, eux, au moins mettaient du lien social. De même, beaucoup d’associations ont disparu, les subventions ayant été coupées. Ils ont été remplacés, parfois, par des « frères » veillant au respect du Ramadan et à la bonne tenue vestimentaire des filles.

    La violence ne vient pas seulement du manque de lien social, mais du manque d’avenir que ressentent ces jeunes, dont, parfois, les parents et grands parents sont au chômage. Dati se garde bien de parler du volet économique et du manque de perspective. Ce n’est pas par la répression, appelée « prévention » par ce gouvernement, et par le remplissage des prisons, que la paix reviendra dans les quartiers.

    L’ethnicisation va bon train avec sa cohorte de stigmatisation.

    Les filles s’en sortent mieux. Elles avaient besoin des grands frères pour que leurs propres frères leur fichent la paix. Elles n’ont pas besoin de ces faux frères qui veulent les voiler et les empêcher, par ce fait, de s’en sortir en trouvant un emploi.

    De plus en plus de jeunes sont obligés de survivre par l’économie parrallèle.

    La situation devient inextricable pour une génération de jeunes. Ce n’est certainement pas par des accusations criardes à la Dati que le gouvernement s’attaquera au fond du problème.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 10h40 le 07/06/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    LE VIDE ET LA NATURE

    La nature a horreur du vide, c’est bien connu. Les ghettos que nous avons laissés se développer autour de nos centres urbains, ce sont des vides que nous avons créés en les privant d’air et de communication avec notre petit monde douillet et frileux. Vide moral, vide social et économique, vide culturel, vide juridique...

    Alors, les « indigènes » ont naturellement essayé de combler ces vides eux-mêmes. À leur façon. Avec des règles qui n’étaient pas forcément les nôtres. Les « grands frères », ce sont les plantes sauvages dominantes, celles qui ont poussé sur le désastre de nos vides. Qui ont fait ce qu’ils ont pu pour gérer et organiser le chaos des jardins que nous avions abandonnés. À leur façon.

    Comme le dit Adil Jazouli, il n’y a jamais eu de politique des « grands frères ». Simplement, quand ça a commencé à sérieusement sentir le roussi, dès les années 90, nous nous sommes lâchement appuyés sur eux en espérant qu’ils feraient les débroussaillages à notre place.

    Bonnes ou mauvaises herbes, les « grands frères » ? Est-ce vraiment à nous de juger, nous qui sommes prudemment restés de notre côté de la barrière en coupant les ponts avec nos jardins périphériques ?

    (Saint-Denis, par Grand Corps Malade)

  • Axior
    Axior
    Citoyen
    • Posté à 13h49 le 07/06/2008
    • Internaute 26085
      Citoyen

    Parmi les causes de la disparition des grands frères, il y a aussi le comportement de la police de Sarkozy à leur égard, qui effectuait des contrôles sur eux systématiquement plusieurs fois par jour, les embarquant même parfois pour des nuits entières de garde à vue.

    Il faut admettre que malgré le travail considérable qui a été accompli par ces travailleurs sociaux d’un autre type, les effets bénéfiques ne se faisaient pas beaucoup sentir, car ce qu’ils arrivaient à construire était systématiquement démoli par des mesures de répression et de privations.

    La droite redoute une amélioration du tissu social dans les banlieues, elle a trop besoin de ces réserves de miséreux corvéables à merci, sortes d’enclos à esclaves où les jeunes désœuvrés ou poussés pour certains à la petite délinquance ne peuvent plus considérer que comme une grande faveur le fait d’être choisi, parfois, pour ramasser de la merde pendant quelques jours.

  • moré
    moré répond à raleuse13
    traitement des sols
    • Posté à 14h27 le 07/06/2008
    • Internaute 37875
      traitement des sols

    La politique des grand frères est une réflexion à posteriori sur la manière dont ont été appréhendé les problèmens sociaux dans les quartiers par les politiques de la ville et les acteurs locaux. Mais, il me semble que ce qui a motivé la politique des emplois jeunes, mais aussi la police de proximité en 1997 (accompagnée d’un recrutement plus ouverts d’adjoints de sécurité), c’était de rétablir le dialogue entre les quartiers et les acteurs institutionnels (mairie, police, école, justice). Il y avait aussi une double fonction à cette politique : donner une opportunité d’insertion professionnelle pour les jeunes et établir un lien culturel avec les jeunes habitants des quartiers populaires. Mais il n’y avait pas d’intention de se substituer aux parents.

    Parmi les postes d’emplois jeunes dans les quartiers, il y avait aussi des jeunes femmes peut-être en moins grand nombre, mais il ne faut pas croire que délibérement elles étaient exclues des postes pour des motifs machistes. Il y avait peut-être plus de candidats que de candidates pour certains postes. Et il est vrai que la filière culturelle et sociale dans les collectivités étant très féminisée, il y avait sans doute une volonté de rééquilibrage au profit des hommes.

    Rachida Dati décrit un des symptômes de la crise sociale et familiale dans les quartiers. Mais il n’y a pas de rapports de cause à effet entre une domination masculine dans les quartiers (à relativiser) et la politique de la ville menée sous Jospin notamment.

    Comme à son habitude, la droite déplace les problèmes pour éviter de les traiter. A cet égard, Rachida Dati a bien intégré sa famille politique qu’est l’ump

  • mathieu-s2
    • Posté à 17h46 le 07/06/2008
    • Internaute 18461

    Il est un peu facile de dire qu’il n’y a pas eu de « politique des grands frères » ;

    Et merci à Rue 89 d’avoir fait ce début balbutiant d’enquête et mise à plat ;
    Comme plusieurs messages sur le fil l’accréditent, il y a bien eu recrutement d’un nombre important « d’emploi-jeunes » sur des postes de « médiation sociale », par référence à cette « grand-fratenité »... .Ont été surtout concernées des entreprises de transports en commun et des villes.

    C’est bien une politique qui a été menée. Elle a pris fin... avec l’agonie du système des emplois-jeunes ? Ou, comme un contributeur le laisse penser, par ce qu’à trente ans on peut se chercher quelque chose d’un peu plus concret pour gagner sa vie...

    Un contributeur suggère que la finalité de la politique des « grands-frères » était de mettre un peu plus de masculin - de « mecs » ! - dans la médiation sociale... Parce que supposément le travail social serait illégitimement envahi de manière féminine...

    En tout cas, à Roubaix, le recrutement des « agents de médiation sociale » s’est fait d’abord avec un ratio H/F 50/50 ... et il n’a fallu que deux mois aux « mecs » pour se débarrasser des filles. Ils devaient avoir le même point de vue que le contributeur évoqué ci-dessus..
    Au nom, quand c’était verbalisé du fait que « il ya des situations quand même trop difficile pour les filles ». Ils ont su rendre les situations difficiles...

    Une fois débarrassés des filles, ils se sont pavanés dans les stations de métro et les quartiers, avec leurs gros anoraks de couleur vive. Et ils ont contribué à faire régner un ordre et un commerce qui restent liés de manière indélébile à « la politique des grands frères », qui a bien existé, et était une grave erreur politique.

    On peut se demander, d’ailleurs, sur quel imaginaire a pu naître l’idée que les « grands frères » auraient pu apporter quelque chose de spécifique ? Nos édiles regardaient-ils trop de séries télévisées ? ..

    Leur idée était, probablement, que les désordres liés à la jeunesse des « quartiers » étaient de simples « crise d’adolescence »... et que, nécessairement ceux qui auraient réussi à devenir « adultes » étaient en mesure de pacifier...De faire rentrer les gamins dans le droit chemin...

    Un peu bizarre : les pré ados prédéconnent, les ados sur-déconnent... Puis les jeunes adultes seraient des « repères »... alors que les pères et les mères seraient des ectoplasmes mous et décérébrés... Vraiment bizarre... Comment expliquer cette période de lucidité entre la délinquance et le zombisme ?

    C’était oublier que le rôle de beaucoup de « grands frères » était tout simplement la gestion, la régulation et la pacification de l’économie parallèle.

    Bref, les « grands frères », ce n’était pas une grande idée. Ca a bien été une politique. Espérons qu’on n’y reviendra pas...

    Ce n’est pas en disant qu’elle n’a pas fait les erreurs qu’elle a faites que la gauche sortira de la situation où elle est aujourd’hui...

    Et quant aux citoyens que nous sommes, ne nous laissons pas aveugler par des solidarités ou des inimitiés tactiques conjoncturelles. Madame Dati a eu un éclair de lucidité quand elle a incriminé le système des « grands frères », en en soulignant la complicité avec un fonctionnement communautariste et potentiellement maffieux.

    Pourquoi l’attaquer quand elle a raison,
    Elle déconne suffisamment souvent pour mieux cibler les coups.

  • mica
    • Posté à 08h28 le 08/06/2008
    • Internaute 39731

    Rachida a raison. A l’époque, il n’y avait pas encore cette polémique, un ami policier m’en parlait.Il me disait , » la consigne était, pas de vagues ». En language clair, laissez faire les caids. Et pour aider cela, la police de proximité se composait de deux agents, dont un stagiaire, rasant les murs et fermant les yeux. Pour ètre sùr de ne pas ètre génants,les patrouilles s’éffectuaient de 09h à 17 heures, ou nous ne pouvions rencontrer que des braves gens et des mêres de famille, les loubards roupillants. Le soir, ces petites frappes avaient toute liberté pour terroriser, dealer, violer, ect.Vous vous etonnez aprés, que cette police ait été bien acceptée par ces caids ? . Regardez la difference. Pourquoi les policiers sont caillassés maintenant ? . Parce qu’ils font leur boulot. Et cela, les gangsters,n’y ont ^pas été habitués. La gauche a donc, par làcheté, fait une politique d’autruche, en montrant aux Français un calme relatif dans les banlieux, calme honteusement acheté.

  • Le Yéti
    Le Yéti répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
    yetiblog.org
    • Posté à 17h32 le 08/06/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    Mon travail consiste précisément à rencontrer des profs et particulièrement ceux des zones dites sensibles (ZEP du Havre ou de Rouen, par exemple.) De plus, lorsque j’étais éditeur, un de mes premiers bouquins publiés s’intitulait Pensées de la cité (toujours disponible chez Librio), rédigé par trois jeunes des cités... avec la collaboration de deux profs de collège. Alors je pense connaître assez bien le problème des « banlieues ».

    Le problème de ces ghettos ne vient pas des « grands frères ». Il ne vient évidemment pas des profs non plus, qui ont été envoyés au casse-pipe dans ce merdier. Le problème se situe bien en amont, quand on a coupé ces quartiers de la société civile. Comme il est dit dans mon commentaire initial, la nature a horreur du vide. Plus de travail, plus d’avenir, plus de tissu social ? Eh bien, ils s’en sont recréés un à leur façon. Que leur façon ne soit pas toujours reluisante et nous heurte, nul ne songe à le nier. Mais c’est ainsi.

    On ne résout pas les problèmes en stigmatisant leurs conséquences (les grands « frères » sont une conséquence), mais en s’attaquant aux véritables causes. La « politique » qui consista à refiler le morceau aux « grands frères » fut une nouvelle illustration de la démission de ceux qui renoncent à soigner et se contentent de tenir à distance en se bouchant le nez.

    Ce faisant, on crée de véritables poudrières qui finiront FORCÉMENT un jour ou l’autre par nous sauter à la gueule. On en a déjà eu quelques prémisses au point que, pétant de trouille, nos autorités ont cru bon de décréter l’état d’urgence.

    (Pour le reste, cf. l’Lien de caro.)