
Géorgie et Afghanistan, tests de la politique étrangère de Sarkozy

A deux reprises cet été, les choix de politique extérieure de Nicolas Sarkozy ont été bousculés, soumis à rude épreuve. En Afghanistan et en Géorgie, les réalités géopolitiques ont été plus fortes que les options idéologiques du Président, qui tente toujours de concilier les deux.
Le Conseil européen extraordinaire convoqué lundi à Bruxelles, sous présidence française, ne devait rien changer à cet équilibrisme d'une diplomatie qui a encore du mal à trouver sa cohérence.
La guerre Russie-Géorgie a failli être l'heure de gloire de Nicolas Sarkozy, transformé en chef d'Etat-pompier au cœur de l'été. Une navette Tbilissi-Moscou et la paix était gagnée… ou presque. Le diable se nichant toujours dans les détails, c'est à l'arrivée une cote mal taillée qu'a obtenue le président en exercice du Conseil européen, mais au moins les armes s'étaient tues.
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La reconnaissance par Moscou, quelques jours plus tard, de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, étaient le signe d'une faille majeure de l'accord, l'absence de référence à l'intégrité territoriale de la Géorgie, et le signe que, pour la Russie, la diplomatie était la poursuite de la guerre par d'autres moyens.
En réunissant lundi un Conseil européen extraordinaire à Bruxelles consacré à la crise géorgienne, Nicolas Sarkozy n'avait pas d'autre ambition que de définir un consensus minimal à vingt-sept, pas vraiment de prendre des décisions. Les Vingt-sept sont divisés sur la question, et la France est elle-même en quête d'un point d'équilibre dans ses relations avec la Russie.
Début 2007, le candidat Sarkozy avait bombé le torse vis-à-vis de Vladimir Poutine, on allait voir ce qu'on allait voir avec le bourreau des Tchétchènes et le chef du pays qui avait vu l'assassinat d'Anna Politkovskaia.
Las, au G8 en Allemagne, à peine quelques semaines plus tard, on vit le nouveau Président de la France partager de joyeux moments avec le même Poutine, moment immortalisé par l'International Herald Tribune dans une série de photos hilarantes autour du Blackberry présidentiel…
Depuis, malgré l'infléchissement atlantiste marqué de la diplomatie française, et son rapprochement significatif avec Washington et Londres, Nicolas Sarkozy s'est montré extrêmement prudent vis-à-vis de la Russie.
Au point de s'être opposé, avec l'Allemagne, à l'entrée immédiate de la Géorgie et à l'Ukraine dans l'Otan, lors du sommet de l'Alliance atlantique à Bucarest en avril dernier - un refus qui aurait encouragé la Russie à durcir le ton, selon les plus « faucons ».
Aujourd'hui encore, Nicolas Sarkozy court le risque de se voir accuser de « mollesse » -un comble ! - par certains Européens, refusant de s'aligner sur la position de Gordon Brown, premier ministre Britannique qui appelle les Vingt-sept à « revoir totalement » les relations euro-russes, ou sur celle de la Pologne, particulièrement dure. La France exclut des sanctions, du moins pour l'instant, pas avant le sommet UE-Russie qui se tiendra à Nice le 14 novembre.
Cette voie étroite du « dialogue ferme » avec Moscou accompagné d'aucune mesure de rétorsion pour le geste provocateur de reconnaissance des deux Républiques dissidentes, risque fort d'être un plus petit dénominateur commun de courte durée pour une Europe divisée, aux intérêts géopolitiques, énergétiques et stratégiques différents.
Nicolas Sarkozy aura la dure tache de faire évoluer ce consensus minimal au fil du déroulement de la crise dans les prochains mois : il y joue la crédibilité de sa présidence européenne.
Autre crise de l'été qui met à mal les lignes de force de la politique étrangère de l'Elysée : la guerre d'Afghanistan, et les dix morts de l'embuscade de la mi-août.
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De nouveau, on se retrouve en terrain glissant. En pleine campagne électorale, le candidat Sarkozy avait estimé que la présence militaire française dans ce pays n'était pas « décisive ». Aujourd'hui, elle l'est devenue, le président affirmant que la France ne « cèderait pas » face aux terroristes, ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense déclarant même que le statut de « grande puissance » (sic) de la France se jouait sur le théâtre afghan.
Pourtant, c'est un jeu de billard à trois bandes que le président de la République a entamé en Afghanistan au printemps ; il s'y joue non pas tant l'avenir de ce pays trop complexe pour les schémas manichéens qu'on veut lui imposer, que l'avenir de la France au sein de l'Alliance atlantique.
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L'envoi de renforts français et la participation plus active des soldats français aux combats, décidés au printemps après un simulacre de débat parlementaire, visent avant tout à préparer le retour de la France dans les structures militaires intégrées de l'Otan, quatre décennies après la décision de De Gaulle de l'en retirer. Décision qui sera sans doute effective l'an prochain, à l'occasion du soixantième anniversaire de l'Alliance dirigée par les Etats-Unis.
Le grain de sable de ce choix stratégique important, ce sont les dix morts de l'été, et le choc de l'opinion publique, soudain propulsée en état de guerre. Cela faisait un quart de siècle que la France n'avait pas perdu autant d'hommes d'un seul coup, depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth, en 1983, qui avait coûté la vie à cinquante-huit parachutistes français.
Là encore, Nicolas Sarkozy va devoir avancer en tenant compte du risque de se voir désavouer par l'opinion, surtout si l'élection d'un John McCain aux Etats-Unis et la montée en puissance d'une nouvelle « guerre froide » mettent plus haut la barre de l'engagement atlantique.
Dans son discours-programme aux ambassadeurs réunis à Paris, la semaine dernière, le Président a déclaré : « J'ai voulu situer, franchement et nettement, la France au sein de sa famille occidentale, restaurer une relation confiante avec le peuple et les dirigeants américains et rénover notre relation avec l'Alliance Atlantique ».
Depuis un an, ses discours sont empreints de référence à l'« Occident », un mot qui était banni autrefois du vocabulaire diplomatique français.
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C'est sur ce terrain que porte la principale « rupture » voulue et assumée par Nicolas Sarkozy. Et elle n'est pas indifférente dans un monde qui se recompose en vitesse accélérée, loin de l'univers unipolaire de l'immédiat après-guerre froide qui avait vu le triomphe de l'Amérique, l'avancée des idées démocratiques, l'émergence de l'« ingérence humanitaire »…
Deux décennies, ce bel ordonnancement a volé en éclat : sont passés par là le 11-Septembre, les guerres d'Afghanistan et d'Irak, l'émergence de nouveaux « pôles » comme cette Russie revigorée par les prix de l'énergie et une stabilisation de fer version Poutine, comme cette Chine à l'économie capitaliste triomphante tout en restant autoritaire et officiellement communiste, ou encore les fonds souverains des producteurs de pétrole ou les économies émergentes.
La conclusion à tirer de ce monde multipolaire aux contours incertains, et, disons-le, inquiétants, est-elle nécessairement que l'« Occident » doit resserrer les rangs ? N'est-ce pas dans ce maelström-là, au contraire, que des voix singulières, comme celle qu'a pu incarner un temps la France, peuvent et doivent se faire entendre ? Ou que l'Europe peut avoir un rôle spécifique à incarner, à inventer (d'accord, ça n'en prend pas le chemin…) ?
C'est en tous cas le choix de Nicolas Sarkozy, qui, toutefois, n'a pas encore convaincu aussi bien l'opinion française que les partenaires de la France, qu'il y a une véritable cohérence derrière une indéniable énergie. A suivre, dans un monde de plus en plus dangereux.
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De ira
20H46 | 01/09/2008 |
Depuis la chute du mur de Berlin et la fin de l'Union soviétique, « l'occident » n'a fait qu'empiler les erreurs. La Russie, à chaque coup porté à son ancienne puissance, ne pouvait répondre et se contentait d'encaisser les coups.
« Profitant » du 11/9, les EU ont voulu croire qu'ils avaient le champ libre pour achever de convaincre le monde de leur prépondérance. Mais de nombreux pays ont fait comprendre leur désaccord face à cette vision unipolaire.
Nous venons d'assister à une rupture franche entre deux modes de pensée. L'une « archaïque », celle de l'Occident qui espérait pouvoir continuer le même jeu pendant des années, en grignotant de plus en plus l'ancien empire russe, l'autre qui s'appuie sur les nouveaux pôles de puissance. Et le monde « occidental » découvre que la force armée ne suffit plus à faire peur et surtout s'aperçoit qu'il n'a plus les moyens de répliquer tous azimuts.
Sarkozy dans ses choix s'est trompé d'époque et a cru, en réintégrant l'Otan militaire, ramasser des miettes de succès. Manque de chance, les EU ne sont plus en position de force, l'otan n'est plus adaptée (ce n'est qu'un jouet étatsunien), et l'UE ne propose rien de cohérent, bien au contraire (on le constate aujourd'hui même).
Autre rupture dans ce Grand jeu, l'attitude de la Russie qui lassée de prendre des coups s'est refait une santé économique (même fragile encore, et aussi contestables que soient ses moyens pour y parvenir).
Cette Russie a observé les vieilles manières des EU (petites provocs, agitations de navires tous horizons, soutien de révolutions plus ou moins colorées, propagande et perte d'influence en Amérique Latine, etc.), sous l'oeil impuissant de l'union européenne.
Quel meilleur moment pour la Russie ? Une manière de dire « vous voulez tout écraser ? Chiche on vous attend ». Mais contrairement à ce que pensent les anglo-saxons (toujours ces vieux réflexes ! ) ce n'est plus une Guerre Froide, porteuse d'un certain équilibre, qui se joue.
Le Monde est devenu multiple et instable. Reste à savoir comment on veut sortir du merdier installé par l'Occident. Si c'est en continuant avec les vieilles méthodes arrogantes, alors je nous souhaite bonne chance.
De Le Yéti
yetiblog.org | 05H00 | 02/09/2008 |
FADAISES
Arrêtons ces fadaises ! Ni la Géorgie, ni l'Afghanistan, ni le Moyen-Orient ; ni même la situation dans le neuf-trois, ou le neuf-cinq, ou la Vendée profonde, ou le Liban, ou l'Iran, ne sont le moins du monde des « tests de la politique étrangère (ou intérieure) de Sarkozy ».
Foutriquet s'agite sur des terrains, intérieurs ou extérieurs, qui le dépassent totalement. Il s'agite pour s'agiter, pour se donner l'impression qu'il a une importance. Il fait de la politique extérieure (ou intérieure) comme il faisait, au début de son désolant quinquennat, du jogging en tenue immaculée devant ces lèche-cul de caméras télé (avec ce crétin de Kouchner paradant servilement à ses côtés), pour capter désespérément l'attention, comme un vulgaire et inutile fort-en-gueule de cours de récré.
La seule conséquence de sa foutriquerie ? Mettre de l'huile sur le feu partout où il passe, par son incommensurable suffisance. Et sa soumission flagorneuse à l'Empire.
Ces gens, Foutriquet en tête, sont définitivement nuls à chier. Mais tant qu'on parle d'eux, ils ont l'impression d'exister. Ajoutons une pincée de quelques nouilles à dents carnassières genre Carla Bruni, et les voilà qui se prennent pour des soleils ! Lamentable.
Puis-je suggérer à ma chère Rue 89 (et à Pierre Haski) d'arrêter de donner dans ce grossier et fatiguant panneau ? D'essayer de décrypter le monde tel qu'il est, et non de relayer, même en la critiquant, l'image que ces bouffis imbéciles cherchent à donner de leur agitation.
De said sellali
cadre à nantes | 22H59 | 01/09/2008 |
L'atlantisme de Sarkozy serait comique s'il ne démontrait sa méconnaissance totale de ce qui se passe aujourd'hui dans le monde : une révolution copernicienne où les Etats-Unis , en plein déclin économique vivent leurs derniers jours en tant que superpuissance mondiale. En effet, la rétrogradation actuelle des USA devrait nous interroger et nous faire réfléchir. Pourquoi ce suivisme risible chez Sarkozy d'un pays à la puissance dégradée, qui doit faire face à l'avènement d'un monde multipolaire avec de nouveaux géants sur la scène internationale (Chine, Inde, Russie, Brésil,pays pétroliers du Golfe….).Bizarre, bizarre.
Quant à l'Afghanistan, si au bout de 7 ans , nous n'avons pas été foutus de permettre l'éclosion d'un gouvernement compétent, responsable et crédible devant son peuple, c'est que nous n'avons plus rien à faire là-bas.D'ailleurs, les afghans nous voient aujourd'hui comme des occupants et soutiennent majoritairement les talibans, ce qui causent et causera encore davantage dans le futur notre défaite déjà écrite dans le marbre.