
Crise au Liban : le jeu du Hezbollah
Le Hezbollah a commencé à se retirer de Beyrouth samedi soir, après quatre jours de combats qui ont fait au moins 29 morts.
» L'Etat libanais ne tombera pas » avait clamé un peu auparavant le Premier ministre libanais (pro-occidental), Fouad Siniora, à Beyrouth, dénonçant la prise de contrôle par le Hezbollah chiite des quartiers de Beyrouth ouest. Il a demandé au commandement de l'armée de rétablir la sécurité, de faire évacuer les hommes armés des rues. Le Hezbollah, avec ses alliés du Amal, a alors accepté de retirer ses combattants. Le « parti de Dieu » maintient son mouvement de » désobéissance civile » . Le spectre d'une guerre civile est écarté, mais pour combien de temps ?
Le Liban vit depuis l'été 2006 (lorsque six ministres dont cinq Chiites ont démissionné) dans un climat de » guerre civile froide » : le pays n'a toujours pas de Président : le mandat d'Emile Lahoud (pro-syrien) a expiré en novembre et le Hezbollah bloque l'élection de son successeur, le chef de l'armée Michel Souleïmane, pourtant consensuel. Le Hezbollah exige un droit de véto sur les décisions de l'exécutif.
Chacun, depuis fin 2006, attendait donc l'embrasement. L'étincelle a été une dispute sur l'aéroport international de Beyrouth et sur le contrôle des télécommunications au Liban. Le gouvernement a accusé le « parti de Dieu » d'avoir créé son propre réseau numérique de télécommunication, mais aussi d'avoir implanté des caméras de surveillance sur les pistes ; il a limogé mardi le directeur de la sécurité de l'aéroport, Wafic Choukair, accusé d'avoir laissé faire. Le Hezbollah, qui considère ces outils comme des armes de sa résistance à Israël, a alors décidé de bloquer l'aéroport et de prendre le contrôle de Beyrouth-ouest.
Pendant ces journées de violence, des pourparlers ont été engagés, l'armée jouant les bons offices. C'est sous son égide que sera réglée la question du réseau de communications du Hezbollah, au terme d'une enquête. Par ailleurs, le chef de la sécurité de l'aéroport, soupçonné d'être proche de ce parti a été rétabli dans ses fonctions.
Qu'est-ce que le Hezbollah ?
Hezbollah signifie » parti de Dieu » . C'est une organisation militaire chiite libanaise fondé en juin 1982, au moment de l'invasion israélienne du sud du Liban (opération » Paix en Galilée » , lancée par Menahem Begin pour chasser le Fatah et l'OLP de Yasser Arafat). Le Hezbollah est alors proche d'un groupe de 2000 gardiens de la révolution iranienne basés dans la plaine de la Bekaa. Il est soutenu, dès le départ, par la Syrie et l'Iran (qui le finance). L'objectif du Hezbollah est de chasser Israël du Sud Liban (et, au delà, de détruire l'Etat Hébreu) et, au moins initialement, de fonder un Etat islamique au Liban.
Le Hezbollah s'est mué en mouvement politique. Il s'est engagé dans des œuvres sociales ; il a créé sa propre télévision, Al-Manar, ses hôpitaux, ses écoles. Après les élections de 2005, il a obtenu 14 sièges au parlement (sur 128) et deux ministres au gouvernement. S'il prône un style de vie musulman strict, il a renoncé à vouloir transformer le Liban en société islamique.
Il a toujours conservé sa milice armée, résistant aux pressions internationales, y compris après le retrait du Liban par ses alliés syriens, en 2005, après l'assassinat du Premier ministre Rafik Hariri.
Le Hezbollah a acquis une grande crédibilité dans le monde arabe depuis le retrait d'Israël du Liban en 2000 et la libération, par l'Etat hébreu, de prisonniers libanais et palestiniens en 2004. Lorsqu'il a capturé deux soldats israéliens en 2006, Israël a déclenché une guerre extrêmement dévastatrice au Liban, ce qui a attisé les tensions internes entre pro- et anti-Hezbollah. Le prestige du « parti de Dieu » s'est accru chez les arabes anti-occidentaux.
Est-ce un mouvement terroriste ?
Le Hezbollah s'est attaqué à plusieurs reprises à des cibles civiles, ce qui a conduit les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux à le considérer comme une organisation terroriste. Trois de ses membres, en 1985, ont détourné un avion de la TWA et tué un militaire de la Navy qui était à bord. Il n'hésite pas à prendre des otages, comme Jean-Paul Kauffman. Il s'agissait alors de faire pression sur le gouvernement
français pour qu'il diminue ses livraisons d'armes à l'Irak, en guerre contre l'Iran.
On l'a également soupçonné d'être impliqué dans l'attentat contre l'ambassade d'Israël en argentine en 1992 (29 morts) et contre un centre juif argentin deux ans plus tard (95 morts). Il est à l'origine d'un attentat contre des logements militaires américains en Arabie Saoudite en 1996 (19 morts)…
Le président Bush, dans son discours sur l'Etat de l'Union de janvier 2002 ( » l'axe du mal » ) a explicitement mentionné le Hezbollah parmi les groupes terroristes. Le président Nicolas Sarkozy considère également le Hezbollah comme une organisation terroriste. Le Hezbollah, en revanche, n'est pas sur la liste des organisations terroristes dressée par l'Union européenne.
Qui le dirige ?
Le Cheikh Mohammed Hussein Fadlallah est considéré comme son leader spirituel. Depuis 1992, Hassan Nasrallah, qui était autrefois son commandant en chef militaire, est son leader politique. Ce dernier a étudié la théologie en Iran et en Irak. (Voir la vidéo, datée du 8 mai - 27 min. en anglais)
Troisième homme important, Imad Fayez Mugniyah, considéré comme le responsable des opérations terroristes, a été tué dans un attentat à la voiture piégée, le 19 février 2008 à Damas. Le Hezbollah a accusé Israël d'être derrière cet attentat.
Amal, Hezbollah, quelle est la différence ?
Amal ( » espoir » ) est l'autre grand parti chiite Libanais, il a été créé en 1975. Il est allié du Hezbollah. Mais il n'est pas aussi dominé par les clercs religieux que ne l'est le Hezbollah, et il a officiellement désarmé en 1991. En réalité, il a une milice, considérée comme bien moins efficace que celle du Hezbollah.
Amal a des liens forts avec l'Iran et des députés. En 1982, une partie d'Amal, plus radicale, a rompu avec son leader historique Nabih Berri (aujourd'hui président du Parlement), et a rejoint le Hezbollah en 1983 : c'est le » Amal Islamique » , qui forme aujourd'hui l'une des tendances du Hezbollah.
Alliés au parlement, Amal et le Hezbollah n'ont pas toujours eu des relations formidables. Ils se sont même opposés militairement, comme en 1987_1988 :
Pourquoi l'armée libanaise n'est-elle pas intervenue contre le Hezbollah ?
A l'image du pouvoir exécutif, c'est une armée multiconfessionnelle, qui a décidé de rester neutre dans ce conflit. Son chef Michel Souleïmane (le putatif président de consensus) est un chrétien maronite, mais le chef d'Etat Major Shawki Al Masri
est un druze, le chef de la Sûreté générale Wafiq Jizzini est un Chiite, le chef des Forces de sécurité intérieure, Achraf Rifi, est un Sunnite… Pendant les quatre jours de violence, l'armée s'est donc posée en simple force d'interposition, protégeant certains journaux ou sièges de partis. Elle a par ailleurs décidé de maintenir en poste le chef de la sécurité de l'aéroport, limogé par le gouvernement en attendant les résultats de l'enquête qui déterminera s'il était au courant des caméras de surveillance installées dans l'aéroport.
Elle a samedi réussi à convaincre le Hezbollah de se retirer des rues de Beyrouth après la démonstration de force de ce dernier, et devrait accroître son prestige et son image de neutralité dans la population. Au plus grand bénéfice de son dirigeant, Michel Souleïmane, qui attend sa nomination formelle à la présidence.
Quel est le jeu des Syriens et des Iraniens ?
Les Syriens ont toujours utilisé le Liban et leur allié le Hezbollah pour défendre leurs intérêts dans la région, notamment face à Israël. Ils pourraient profiter des tensions actuelles pour tenter de rétablir leur influence sur le pays du Cèdre, la » pax syriana » .
Le rôle de l'Iran est plus débattu. Selon certains commentateurs, l'Iran et le Hezbollah ont affiché leurs véritables intentions, créer une république islamique au Liban. Mais il est plus probable que l'Iran se satisfasse de la situation actuelle. Pour les Iraniens, le Hezbollah est avant tout un outil de pression sur Israël et l'occident. Si on ennuie trop Téhéran, ils peuvent activer cet outil libanais de nuisance.
Certains, comme Jean-Pierre Perrin dans Libération, évoquent une hypothèse plus tortueuse : l'Iran et le Hezbollah craindraient actuellement d'être lâchés par la Syrie, qui négocie secrètement la restitution du Golan avec Israël. Le coup de force auraient alors eu pour but de tester l'alliance stratégique avec la Syrie.
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De said sellali
cadre à nantes | 00H42 | 11/05/2008 |
Il faut être clair. Le Hezbollah règne en maître absolu sur le Liban. Ils ont écrasé les combattants sunnites il y'a 2 jours et plus personne ne peut arrêter la domination des hezbollahis sur le Liban. D'ailleurs, le Hezbollah s'est retiré après que leurs revendications soient prises en compte par l'armée qui en désavouant Siniora, le fait passer pour un rigolo.
Comment cela a pu arriver ?
Très simplement, l'Iran, que cela nous plaise ou non est la NOUVELLE SUPERPUISSANCE au Moyen-Orient. Très concrètement, elle avance ses pions de façon méthodique au Liban ( le Hezbollah est son invention),en Palestine (en subventionnant le Hamas), en Syrie (qui lui est inféodée aujourd'hui), à Bahrein (majoritairement chiite) et bien sûr, last but not least en Irak, où l'Iran est en train de mettre en place un protectorat. Ainsi, aussi extraordinaire que cela puisse paraître, les 2 principaux conseillers de Maliki sont iraniens, Sadr dirige sa milice d'Iran, les brigades badr, ses concurrents sont entraînés en Iran et toutes les décisions sur l'Irak se décident à Téhéran (trêve, reprise de conflit…)
Donc, aujourd'hui, l'Iran bénéficie à plein de l'écroulement des pays arabes sunnites, qui en choisissant l'inféodisation au Etats-Unis, n'avaient pas prévu le déclin et la perte d'influence abyssale des américains. Ce déclin est dû en grande partie à la décision catastrophique d'envahir l'Irak, ce qui a permis d'ôter une énorme épine du pied des iranien qui bien que sachant qu'Hussein était très affaibli, en avait peur comme la peste (cf souvenir de la guerre Iran-Irak).
Depuis que leur ennemi mortel a disparu, les iraniens voient la vie en rose et ils sont clairement les leaders au Moyen-Orient car les américains sont out (déclin irréversible) et les pays arabes (Egypte, Arabie-Saoudite) refusent de comprendre que leur salut est dans la mise en place de prise de décisions autonomes des USA avec notamment des programmes d'armements d'une part et de développements économiques d'autre part.
à said sellali
De tinga
01H53 | 11/05/2008 |
Pas trop de soucis à se faire pour la montée en « SUPERPUISSANCE » de l'Iran, de Mme Clinton à McCain en passant par Mme Royal, rayer ce pays de la carte (dixit Hillary) est toujours à l'ordre du jour en cas de problème, donc pas de panique.
à said sellali
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 11H10 | 11/05/2008 |
Votre analyse me semble tout à fait juste, Monsieur Said Sellali.
Encore une fois, il faut souligner les dégats incroyables non seulement en vies humaines, mais aussi sur le plan « géo-politique » des agissements de Bush et de ses maîtres-penseurs.
Reste à savoir ce que l'Iran voudra faire de sa puissance ? J'ai du mal à voir une volonté de paix derrière tout cela.
à said sellali
De Mon-Al
roturière :-) | 13H40 | 11/05/2008 |
Vous êtes dans le vrai… pour le malheur du Moyen-Orient : l'Iran est la puissance dominante ! Rampante, ou ouvertement, la mise en place de l'Iran est pratiquement fin-prête à dominer cette partie du monde. Bientôt nucléaire, cette puissance deviendra le plus grand danger pour l'Occident, car que personne ne s'y trompe : après la destruction souhaitée d'Israël, ils n'en resteront pas là… Et malgré le regroupement des pays Arabes, l'Egype, l'Arabie Saoudite, la Jordanie, et d'autres moins impliqués, le front contre l'Iran ne réussit pas à se mettre en place.
L'Iran bouge de l'intérieur, les dirigeants n'y sont pas très aimés, mais pour l'instant, pas de grands mouvements d'opposants.
à Mon-Al
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 14H00 | 11/05/2008 |
Laissez le concept d » « Occident » aux néo-cons US et aux adeptes de la Nouvelle Droite française, à moins de vouloir jouer au jeu des prophéties auto-réalisatrices.
De cet « Occident“-là vous allez devoir embastiller des dizaines de milliers d” “Occidentaux” qui ne se reconnaissent pas dans ce discours post-franquiste et salazariste.
L'anniversaire de la Révolution des Oeillets, c'était le 25 avril !
à Network 23
De Mon-Al
roturière :-) | 14H34 | 11/05/2008 |
Vous mélangez tout, vous me cherchez des crosses ou quoi ? Si le mot Occident est un gros mot pour vous, c'est que vous faites dans l'idéologie paroxystique ? Si parler d'Occident vous relie aux Neo-Cons US ou aux adeptes de la Nouvelle Droite Française, celà doit être bien difficile d'avoir des échanges - je dis des échanges, c'est-à-dire, le contraire d'un monologue Networkien ! . Je pensais amorcer un dialogue, mon intervention était un questionnement, et vlan, me voilà encore qualifiée de godwinisme post-franquiste et même salazariste ? Votre cerveau est un melting-pot, comment pouvez-vous vivre comme çà ? Qu'a à faire la Révolution des Oeillets avec Aoun ?
Modérateur, au secours, n'est-ce pas un hors-sujet ? ? ? ? ? ?
à Mon-Al
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 15H28 | 11/05/2008 |
Je ne fais pas de vous une néo-con ou quoi que ce soit d'autre, je tente (peut-être maladroitement ou abruptement) de souligner la provenance de ce concept creux, fantasmatique et plus ou moins mystique.
Je crois sincèrement que nous n'avons absolument rien à gagner à utiliser ce concept dans l'analyse des relations internationales, si ce n'est à favoriser la thèse d'un « clash des civilisations ».
à Network 23
De Nol le fol
16H49 | 11/05/2008 |
Ce n'est pas parce que vous refusez de nommer une réalité qu'elle n'existe pas. Il me semble qu'on ne peut analyser les relations internationales sans faire référence à un ensemble de pays qu'on peut appeler occidentaux. J'entends par là des pays héritiers de cultures, de formes sociales et politiques, d'idéologies dont l'origine se trouve en Europe. Des pays qui ont colonisé, dominé le monde et prétendu incarner la « civilisation », qui ont façonné l'organisation des relations internationales. Des pays qui sont encore aujourd'hui les plus riches du monde, mais sont confrontés depuis un 60 ans à l'émergence politique, idéologique, économique de pays qui ne se définissent pas comme occidentaux.
Pensez vous que la théorie du choc des civilisation aurait le moindre écho si elle ne pouvait pas s'appuyer sur l'existence d'un groupe de pays se définissant comme occidentaux, polarisant les relations internationales ? L'occident a façonné le monde en se croyant supérieur et en pensant ses normes comme universelles. Il en reste de nombreuses traces.
à Nol le fol
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 18H35 | 11/05/2008 |
Selon votre définition, l'Amérique latine aussi bien du Sud pourrait rentré dans ce fourre-tout. L » « Occident » a peut-être une certaine forme de consistance historique - bien qu'on serait bien incapable de s'accorder sur une définition rigoureuse.
Mais les Etats dits « occidentaux » ont des politiques divergentes et parfois antagonistes. Si par « Occident » on veut dire Londres, Paris et Washington, il vaut mieux le préciser, parce qu'il serait fort possible que Madrid, Brasilia et Oslo soient en désaccord.
à Network 23
De Nol le fol
19H47 | 11/05/2008 |
Pardonnez moi mais l'Amérique latine a deux siècles d'indépendance derrière elle, et bien des spécificités socio-politiques, culturelles ou idéologiques tout à fait étrangères à la péninsule ibérique. Et surtout, elle n'a jamais eu de colonies, elle n'a jamais fait partie de ce processus de domination mondiale et de prétention à la civilisation dont je parle plus haut.
Sur la deuxième partie de votre message, il me semble que Oslo ou Madrid sont généralement d'accord sur les principes politiques, font partie des mêmes organisations internationales que Paris, Washington ou Londres, et sont rarement en opposition radicale. Dit autrement, ces « petits » pays occidentaux s'efforcent de faire valoir leur différence, mais à l'échelle globale sont fondamentalement les alliés des grandes puissances occidentales.
Cela dit, vous n'avez pas tort, en ce sens que la politique internationale est avant tout une affaire de grandes puissances. En pratique, les grands axes de quelques grandes puissances occidentales (EU, RU, Allemagne, France) déterminent pour une large part la politique des pays qui sont proches d'eux.
à Nol le fol
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 22H10 | 11/05/2008 |
Le problème principal est que la notion d'Occident recouvre avant tout celle, + que problématique, de « civilisation ». Elle s'est en outre principalement forgée en construisant un « Orient » mythique.
En cela elle n'aide pas à une analyse froide et objective des relations géopolitiques - sans parler de son arrière-fond de chrétienté, catholique de préférence - et surtout pas orthodoxe ! qui est loin pourtant de faire l'unanimité dans l'UE, comme l'ont montré les récents débats.
C'est une notion, si vous voulez, surchargée d'affects ou surdéterminée par un certains nombres de luttes de pouvoir, personne ne s'entendant sur ce qu'elle signifie réellement, et qui a surtout l'immense avantage de nous faire communier dans une identité imaginée (à l'heure où l'Etat-nation ne semble plus suffire à cela) et à effacer tout ce qui nous sépare entre nous autres, « Occidentaux » (dans lesquels on peut bien inclure la grande majorité des Argentins, des Chiliens ou même des Brésiliens, lesquels ont - pour rappeler une histoire sombre- été à l'avant-garde de la « guerre pour l'Occident et la Chrétienté » contre le péril « communiste » et « athée »).
Et d'abord ce qui nous sépare selon que nous retenons de l'histoire d'une certaine Europe d'abord l'universalisme des Lumières ou que nous lui préférons un repli identitaire frileux sur nos soi-disantes valeurs communes judéo-chrétiennes.
à Network 23
De Nol le fol
23H04 | 11/05/2008 |
Evidemment, il y a un mythe de l'Occident humaniste, rationaliste, libéral (au sens libéralisme politique), démocratique…et d'aucuns ajouteraient : laïc. Evidemment, il faut se méfier d'une approche civilisationnelle. Pourtant, je pense que prendre en compte cette notion d'Occident aide précisément à une analyse froide et objective, si l'on est capable de monter que c'est une question de représentation. Que vous employiez ou non le concept d'occident, le fait est que les acteurs des relations internationales l'intègrent à leur repères, leurs représentations. Quand les pays riches d'Europe ou d'Amérique du nord tiennent le discours de la démocratie et des droits de l'homme, ils sont dans cette posture là - j'ai bien dit posture. De même, les discours plus ou moins tiers-mondistes, anticolonialistes, vitupérant contre l'arrogance des occidentaux, les leçons qu'ils donnent, leur ingérence dans les affaires internes de certains Etats émergents, se placent dans ce cadre dichotomique de représentation. Et en matière diplomatique, les mots ont leur importance. Je vois donc mal comment on peut analyser les relations entre les pays du nord et des suds (puisque c'est le vocabulaire usuel actuellement) sans prendre en compte le rôle de ces questions dans les esprits.
Pour le dire concrètement, si je transpose à l'échelle française : vous aurez toujours des gens qui vous raconterons que la France a inventé les droits de l'homme, la démocratie, qu'elle a une mission dans le monde, et tutti quanti… mais ça n'empêche pas que les traits particuliers de l'histoire française, de la révolution à la colonisation, en passant par la construction républicaine et la laïcité, influencent encore fortement l'idée que la France se fait de son rôle dans le monde.
à Nol le fol
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 13H04 | 12/05/2008 |
Pour prendre précisément votre exemple du discours anti-colonialiste de ce qu'on appelait naguère le Tiers-Monde, sa caractéristique principale a longtemps été d'être une ré-appropriation des valeurs universalistes des Lumières et la revendication d'appliquer le droit à l'autonomie des peuples (14 points de Wilson) à tous les peuples.
Bref, un discours loin, très loin d'être anti-occidental !
Enfin, ce n'est pas parce qu'on doit prendre en compte les mythes & les représentations idéologiques qu'on doit le faire sans critique !
J'ai beau vivre en Europe je ne vois pas pourquoi l'Iran ou l'islam menacerait ma culture, bien au contraire puisque dans ma naïveté les échanges sont la seule manière de faire fructifier les cultures, et que je suis bien d'accord avec Derrida pour inclure l'islam dans la définition de cette aire civilisationnelle dite occidentale.
L'Europe méditerranéenne n'aurait pas existé sans côtes méditerranéennes au Proche-Orient et en Afrique du Nord.
à said sellali
De djugurtha73
exilé malgré lui | 13H54 | 11/05/2008 |
l'egypte et l'arabie saoudite c'est pas qu'elles refuse de comprendre, c'est just deux etats a la solde des usa,des lécheurs de bottes téxane si tu prefére said.ca date pas d'aujourd'hui cette histoire : les arabes ce sont réunait une seule fois de leur vie et ils ont pris une seule décision , c'est qu'ils se comprénent plus a jamais dans leur vie. d'où le resultat actuel. ou ca méne le panarabisme de mr gamel.
De tinga
01H01 | 11/05/2008 |
Et un article de plus bien peu instructif, le Hezbollah n'est qu'une petite organisation régionale sans réel pouvoir de nuisance, rien à voir avec les réseaux terroristes pro-occidentaux, beaucoup mieux organisés, autrement plus efficaces et surtout très populaires grâce au soutien sans failles des médias.
« Parti de dieu », vils usurpateurs ! dieu sait de quel coté sont les bons terroristes, mais qu'attend israël pour finir le travail inachevé de l'été 2006.
à tinga
De tinga
16H55 | 11/05/2008 |
16 votes contre,hum… c'est pas bien de dire que les pires attentats terroristes (11 septembre 2001) jamais perpétrés ont été fait par un réseau déloyal profondément enraciné dans nos institutions (et qui les gangrènent).
Que tout l'occident est tétanisé par ce crime qui prend la planète en otage, les dernières valeurs positives de l'occident explosées comme les tours, esprit critique, prédominance de la raison sur la croyance, presse un peu libre, tout ceci n'est plus. Vous ne pensez pas que des tours de 400m puissent tomber en 7 secondes sans explosifs, vous êtes un antisémite et Newton ne pourra vous sauver, vous demandez l'ouverture d'une enquête internationale indépendante, vous êtes un révisionniste. Ca suffit ! ! !
Je persiste et je signe, tout article traitant ou faisant allusion au terrorisme, au moyen Orient, à l'islamisme à la lumière des faits à notre disposition (911=false flag) n'est que propagande et désinformation (qu'elle soit intentionnelle ou pas n'est pas mon problème).
Wake up
De pondi
03H45 | 11/05/2008 |
Bonjour
En réponse à Tinga… Archi faux quant à votre analyse du Hezbollah… Ensuite, tout le monde semble oublier une chose importante, c'est que la majorité du peuple libanais (sauf évidemment les classes privilégiées)le soutient et est soutenue par le Hezbollah… et cette aide « sociale » (de la nourriture aux soins médicaux et diverses infrastructures - par exemple : hôpitaux) s'étend bien au-delà du Liban..
à pondi
De tinga
10H23 | 11/05/2008 |
D'accord avec vous pour ce qui est de l'influence du Hezbollah au Liban, mais il ne s'agit que d'une influence régionale, je voulais simplement (ce qui est très mal vu ici) mettre les choses en perspective, avec le terrorisme d'état pratiqué actuellement par le « réseau déloyal » qui semble tenir le haut du pavé aux USA, avec un pays entier l'Irak comme laboratoire de la guerre infinie à la terreur, nouveau credo de l'occident.Je le dis et le répète, l'aveuglement sur le 911 biaise (le mot est beaucoup trop gentil) toute analyse géopolitique.
De laurenti
03H52 | 11/05/2008 |
Cette article est une prise de position à l'encontre de hezbollah, relayant le conformisme médiatique actuel, dans lequel on présente le hezbollah prenant le Liban en otage comme on le fait avec le Hamas chaque fois que l'on prétend qu'il prend les palestiniens en otage.
Dès le titre cela commence « Crise du Liban, le jeu du Hezbollah ». On sous entend ainsi que la crise du Liban serait provoqué par un jeu manipulatoire du Hezbollah, dédouanant ainsi toute la part de responsabilté du clan du « 14 mars » dans la crise actuelle et sutout le fait que le hezbollah est loin d'être seul dans son combat contre le gouvernement Siniora. Beaucoup de mouvements dont des mouvements chrétiens y participent.
Je n'ai pas le temps de passer l'article en revue mais il est loin de présenter une image neutre et précise de la situation au Liban.
De mon point de vue très résumé, je dirais que l'on a une « mafia économique », réprésenté par ce fameux « clan Hariri », qui tient aussi le pouvoir politique et n'entend le partager avec personne.
Pour ceux qui recherchent une vision différente de la propagande médiatique occidentale actuelle sur le Liban je renvoie à ce blog très intéressant sur le sujet : http://tokborni.blogspot.com/2006/07/au-liban-une-mafiocratie-contre-son…
à laurenti
De micke
utopiste | 08H07 | 11/05/2008 |
merci pour ce lien.
on peut pas copier/coller son contenu à la place du « truc » qui précède les commentaires et qui sert qu'à justifier la future invasion de l'iran, stigmatiser un peu plus, faire croire au populo moyen qu'il a une vague idée de la situation d'un pays auquel il ne connait rien de rien…
allez pascal, koi faut faire peruve d'humilité de temps à autre.
et reconnaitre quand on est juste complètement à côté de la plaque.
allez déssert la soupe et on te file un pourboire.
à laurenti
De pene-r
08H32 | 11/05/2008 |
Pour contrebalancer un peu votre propos, moi qui suit l'actualité du Liban de loin (n'y comprenant pas grand chose), j'ai une « meilleure » image du Hezbollah, après avoir lu l'article qu'avant.
C'est quasiment la règle pour tous ces conflits au moyen orient, ils sont tellement complexes que n'importe qu'elle tentative d'explication est toujours taxé de pro-truc ou anti-machin ! ! …
Sur ce coup là, j'accorde mon crédit à P. Riché je pense qu'il a écrit honnêtement son article,
merci aux contributeurs qui précisent ou corrigent tel ou telle partie du propos quand même ; -) ! !
à pene-r
De Sacha25
09H01 | 11/05/2008 |
Le Hezbollah est une branche armée d'une organisation religieuse, donc quelque part a une vocation totalitaire (souvenons-nous du christianisme, du judaïsme dans la bible …)
Qu'une organisation totalitaire lutte contre une organisation mafieuse, en fait ce sont deux organisations patriarcales hégémoniques, ne présage rien de bon pour l'avenir
à Sacha25
De pene-r
09H53 | 11/05/2008 |
Ben merci de la précision, et je suis d'accord avec la conclusion mais je réagissai aux propos au dessus, qui mettent en cause l'impartialité de l'auteur de l'article.
Dans ces histoires il y a toujours quelqu'un pour dire que c'est n'importe quoi et qu'on prend fait et cause pour un camp ou l'autre ! ! ce qui ne me semble pas vraiment le cas de l'article (prenant toujours en cause que je ne connais pas bien la situation, au final je n'avais pas de partis pris ni pour un camp ni l'autre, ça me semblait objectif).
à pene-r
De Sacha25
15H10 | 11/05/2008 |
En fait, je voulais juste souligner le fait que la structure patriarcale du chef conduisant sa tribu obéissante était toujours d'actualité et que c'est ce jeu ancestral pour le pouvoir qui était toujours à l'oeuvre
De lemuet
06H47 | 11/05/2008 |
bla bla bla. On peut trouver plus simple comme explication. On a eu naguère le parti du« surhomme ». On a maintenant le parti de Dieu : massacres, destructions, égorgements, attentats aveugles, en sont les plus brillants résultats. A chaque fois se trouve derrière un état en mal de toute puissance et se moquant comme d'un guigne des lois internationales (ce fut l'allemagne,c'est désormais l'Iran). Pour s'opposer à cela les démocraties européennes(déjà gangrennée par l'islamisme), d'où leur laxisme impuissant, et les USA qui parlent de démocratie et pensent pétrole en confondant gangstérisme et politique… Ca promet. Simple question où se déroulera le prochain Munich ? Au Caire,à Alger, à Tripoli ? en attendant le hezbollah, au nom de ce dieu qui permet toutes les ignominies, tient déjà la torche de l'embrasement final.
note : ces propos ne dédouannent en rien les erreurs d'Israel et ne justifient en rien les injustices faites aux palestiniens.
De Phil2922
Retraite invalidité | 07H07 | 11/05/2008 |
Pascal Riché, voilà un excellent papier qui m'éclaire davantage sur les problèmes de communautés que peut connaître le Liban. C'est malin de faire une armée inter-communautaire, j'en frémis si celle-ci n'aurait été que Sunnite…Le Liban aurait déjà été à feu et à sang…
D'ailleurs, j'ai vu une Libanaise Sunnite en colère contre les Shites en leur disant d'aller plutôt s'attaquer à Israël…Ce qu'ils ont déjà fait par le passé.
Quel gâchis, ces journaux télévisés où ils leur suffirait d'un peu plus de temps pour nous expliquer ce qui se passe au Liban, avec des images et des photos à l'appui… ! !
http://phil195829.overblog.com
De micke
utopiste | 07H39 | 11/05/2008 |
quel est le jeu d'israel ? quel est le jeu de l'intelligence américaine ?
encore un article de merde à 12 milliards d'années lumières des conditions géo-politiques du monde.
le « journaliste » est-il seulement conscient qu'il sert la soupe ?
rue89 devra bien finir par répondre à cette question à un moment ou un autre :
Est-ce un faux-média d'opposition néo-lib et ainsi un outil de propagande bien vicieux ou c'est juste qu'ils sont trop nuls en investigations ?
de bons menteur ? ou des intègres incapables ?
à micke
De Pierrrrre
08H37 | 11/05/2008 |
»….quel est le jeu d'israel ? quel est le jeu de l'intelligence américaine ? …. »
==> Syrie et Iran se battent au Liban par terreur interposée, et tout ce que vous osez dire, c'est en accuser Israel et les USA ?
C'est comme pour le 11 septembre, c'est à cause de la CIA,
et pour la shoah, y'a le Mossad qui manipulait les SS….
Pour mes excuses au lycée, j'avais remarqué, plus c'était gros, et mieux ça passait :
» les pompiers ont du intervenir avec la grande échelle pour me débloquer de l'ascenceur, m'sieur »
à Pierrrrre
De Compté supprimé 2
Compte supprimé 2 | 09H17 | 11/05/2008 |
à chaque débat sur le proche orient , nous repartons dans nos bagarres ! il y a peu de temps je me suis fait dire que j'étais anti sioniste alors que j'essaie de comprendre : et bou diou que c'est dur !
tout comme Pierre j'aurai aimé un article qui présente aussi le role d'Israel dans le conflit de ce pays.D'ailleurs je suis outrée par la phrase d'une précedente personne « qu'attend Israell pour finir le travail commencé en 2006 »……..quel travail svp ? ! et oui parlons dans un prochain article du travail d'Israel au Liban !
là je sens que je vais encore ramasser des mots sympas !
allez y je cours aux abris !
à Compté supprimé 2
De micke
utopiste | 09H37 | 11/05/2008 |
tout comme micke
(pierre ne veut pas surtout savoir…)