28/06/2011 à 20h06

Comment la guerre en Libye peut-elle se finir ?

Pascal Riché | Cofondateur Rue89

Malgré les efforts des insurgés libyens et plus de 100 jours de frappes aériennes menées par l’Otan sous l’autorité d’un tandem franco-britannique, la guerre engagée pour faire tomber Mouammar Kadhafi n’a pas encore été couronnée de succès.

Et les messages envoyés au dictateur, en vue de trouver une solution « honorable » à la crise, n’ont pas non plus donné de résultat...

La situation est devenue plus compliquée encore avec le mandat d’arrêt international délivré lundi par la Cour de justice internationale contre le dictateur Libyen, pour crime contre l’humanité. Kadhafi sait en effet désormais ce qui l’attend s’il perd la guerre...

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Où en sont les insurgés ?

Il semble que les insurgés, depuis leur première victoire à Benghazi, gagnent lentement du terrain, très lentement. Syrte semble très difficile à prendre. Le but est de prendre en tenailles Tripoli, où se trouve le pouvoir Libyen. Lorsqu’il y aura une « masse critique » de combattants autour de la capitale, une offensive sera possible.

► Tripoli en tenailles

  • A l’Est, le port de Misrata

Les habitants ont réussi à reprendre leur ville aux forces loyalistes, avec l’aide d’armements français fournis par bateaux par le Qatar et les Emirats arabes unis. Ces armes ont transité par Benghazi, port tenu par les insurgés, plus à l’Est.

Insurgés et loyalistes se partagent diverses localités de la chaîne de montagnes située au sud de Tripoli, une région berbère. Mais les premiers gagnent du terrain. Ils sont aidés par des parachutages d’armes par des avions français : des mortiers, des missiles anti-chars Milan notamment (mais aucune arme anti-aérienne : on ne sait jamais dans quels mains termineront ces équipements...).

La ville-clé qui reste à prendre est Garyan, où les forces Kadhafistes sont retranchées.

► Le nerf de la guerre : Brega

Le port pétrolier de Brega est stratégique, car c’est la zone pétrolifère de la Libye. Une fois que les insurgés le tiendront, ils n’auront plus de mal à financer leur guerre.

L’Otan bombarde avec constance les forces de Kadhafi, qui avaient réussi à tenir Brega depuis le mois d’avril. Il semble que le vent tourne, et que Brega soit sur le point de tomber.

► Des problèmes de coordination

Les opérations sont menées par des chefs de guerre de clans différents, qui ne se coordonnent pas, ou très peu. Les conseillers techniques dépêchés par les pays de l’Otan ne semblent pas d’une grande aide.

Selon une source française, leur capacité de frappe « pourrait être multipliée par trois, quatre ou cinq s’il existait une meilleure coordination ».

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Tripoli peut-elle tenir ?

Le problème de Mouammar Kadhafi, ce ne sont pas les armes : elles regorgent en Libye. « Son problème, c’est l’essence et la nourriture », commente une source française qui suit de près les opérations. Selon cette source, les soldats au service de Kadhafi, qui sont souvent des mercenaires, auraient actuellement « le moral dans les chaussettes » face aux pénuries d’essence et de nourriture.

Les insurgés des montagnes de Nafoussa auraient réussi à couper le pipeline reliant Tripoli à une raffinerie controlée par des loyalistes près de Zouïa, selon le journal The National, d’Abou Dabi.

Or, aucune arme, aucun stock de munition n’ont d’utilité si l’on ne peut les déplacer... C’est à cause d’une pénurie de carburant que les forces de l’Axe ont perdu la guerre en Libye contre les Anglais en 1942.

Selon la correspondante du Figaro, des files de voitures, pouvant dépasser un kilomètre, se forment devant les stations d’essence. Les insurgés tiennent en effet les raffineries de l’est du pays. Elle constate également que « l’achat de pain relève d’un véritable parcours du combattant ».

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Kadhafi peut-il négocier sa sortie ?

La France et la Grande-Bretagne ont envoyé des messages pour amener le dictateur à quitter le pays. En vain. Dimanche, lors de l’émission « RTL-Le Figaro-LCI », le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé assurait que la recherche d’une solution politique « avançait » en Libye. Les alliés n’ont qu’une exigence : le départ du dictateur.

Mais le mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI) complique les choses. Si Kadhafi décide de quitter le pouvoir, il devra trouver refuge dans un pays qui n’a pas ratifié de la Convention de Rome du 17 juillet 1998 : Soudan, Venezuela (on n’ose citer la Chine ou les Etats-Unis...). Ce qui rétrécit ses choix...

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  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 20h34 le 28/06/2011
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    c’est tout de meme zarbi cette guerre qui n’en est pas une et que le parlement n’a pas voté....
    au fait le khadafi on aurait pu le cravater lorsqu’il était invité à planter sa tente et ses chamelles chez nous
    c’etait déjà un dictateur à l’epoque non ?
    et tout le monde nous aurait applaudi
    ou il n’y aurait pas eu grand monde pour protester
    faut il qu’on ait besoin de petrole

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 21h25 le 28/06/2011
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    La bonne question est : « pourquoi la guerre en Libye devrait-elle finir ? »

    Envisager qu’un tyran puisse négocier c’est faire durer le « plaisir », et justement l’OTAN qui se désengage à marche forcée d’un peu partout sur la pression d’Obama, tient là un os a ronger, et n’est pas prêt de le lâcher sous peine de dépôt de bilan.

    De toute façon il n’y a pas urgence, après 42 ans de Kadhafi, il faudra au moins une génération pour que la Libye reconstitue un personnel politique crédible.

  • LaoJinHu
    LaoJinHu
    non-conventionné par la (...)
    • Posté à 07h59 le 29/06/2011
    • Internaute 161554
      non-conventionné par la (...)

    Le mandat d’arrêt est-il si gênant ? Pas sûr quand, au regard des témoignages présentés par Amnesty international, on constate à quel point le TPI est capable de se déconsidèrer :
    - mercenaires ? Quels mecenaires, où, quand ? Jamais vus ...
    - bombardements des manifestants ? Quels bombardements, où, quand ? Jamais vue ...
    - viols assistés au Viagra ? Quels viols, où, quand ? Jamais vu ...

    Le problème est aussi ailleurs quand on constate que le Secrétaire Ban a été brillamment réélu. Dans le passé, certains secrétaires généraux des Nations unies étaient des hommes de paix et ont par exemple refusé de cautionner la guerre pétrolière qui a été menée en Irak. Ce n’est pas le genre de Ban Kimoon qui est un faucon et ce ne sont plus les Etats unis qui mènent la guerre, mais la France. Les mobiles ne sont pas plus nobles même si, comme la dernière fois, ils ont été habillés à la sauce de la soi-disant démocratie apportée au Tiers Monde par ce bon SarkOTAN.

    Vivement le débat à l’Assemblée nationale ! Mmes et Mrs les candidats directs ou indirects à l’élection suprême, il est temps de clarifier vos positions respectives au sujet de l’utilisation de nos impôts dans une opération impérialiste et illégale dans laquelle nous nous enlisons avant même d’avoir pu retirer nos billes d’’Afghanistan.

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