03/07/2010 à 13h00

Après la révolution, le sud kirghiz dévoile ses liaisons dangereuses



Un garçon près d'un soldat, lors de la tenue d'un référendum à Osh, au sud du Kirghizistan (Vasily Fedosenko/Reuters).

Alors qu'au lendemain de la révolution du 7 Avril 2010, la rue avait retrouvé son calme habituel à Bichkek et dans la plupart des autres villes de Kirghizie, la situation restait encore confuse dans le pourtour ferganais, où l'ancien Président Kourmanbek Bakiev s'était retranché avec ses hommes dans l'attente de son exil ultérieur vers la Biélorussie.

Les vagues d'affrontements réguliers entre les tenants de l'ancien régime dictatorial de la famille Bakiev et ceux du gouvernement provisoire dans la région depuis la révolution devaient ensuite révéler la complexité des relations dans le sud kirghiz.

La famille Bakiev ou la mainmise d'une mafia sur le sud kirghiz

Alors qu'Askar Akaev, son prédécesseur, avait rapidement pris la fuite à l'issue de la révolution des Tulipes en 2005, cinq ans plus tard, Kourmanbek Bakiev, lui, refusait de s'avouer vaincu par les événements et, quitte à déstabiliser une région entière, était prêt à mobiliser ses réseaux familiaux, tribaux et criminels pour tenter de reprendre le pouvoir.

Il pouvait en cela compter sur trois personnes de son plus proche entourage : son fils Maksim et ses deux frères Djanych et Akmat.

  • Maksim Bakiev était le responsable de l'Agence centrale kirghize pour le développement, l'investissement et les innovations, sorte d'officine destinée à recueillir et à injecter les fonds étrangers dans l'économie du pays.

Le détournement systématique de fortes sommes d'argent lui a valu sa fortune personnelle et ses liens avec les réseaux mafieux russes et napolitains, liés au trafic de drogue.

L'homme d'affaires véreux russo-américain Evgennyi Gourevitch, aujourd'hui sous mandat d'arrêt international d'un juge italien pour blanchiment d'argent sale, était l'entremetteur entre Maksim Bakiev et les milieux de la pègre napolitaine. Leur société commune MGN gérait en toute opacité les fortunes de plusieurs pans de l'économie nationale privatisés (l'or avec KyrgyzAltyn, l'énergie avec SeverElektro et KyrgyzGaz, et les moyens de communication avec KyrgyzTelekom et l'aéroport Manas et même le Fonds social du Kirghizistan).

Il est depuis le 13 Juin au soir incarcéré au Royaume-Uni à la suite de son interpellation par la police britannique à l'Aéroport de Farnborough. Une demande d'extradition a été prononcée contre lui par le gouvernement provisoire.

  • Djanych Bakiev était le responsable des Services de la sécurité de la Maison Blanche. En fuite, il est accusé d'avoir ordonné la répression de la manifestation du 7 Avril (89 morts, plus de 1 600 blessés) et l'organisation des soulèvements suivants dans le sud.

  • Akmat Bakiev était à Djalal-Abad l'homme de terrain de Djanych, lors de la mise en place des opérations de soulèvement dans le sud kirghiz et l'intermédiaire obligé entre la famille Bakiev, les réseaux mafieux du sud du pays et les « barons » de la drogue tadjiks et afghans.

Ces trois hommes, par des entretiens téléphoniques réguliers et enregistrés à leur insu, ont clairement préparé la déstabilisation du sud du pays par une série de soulèvements organisés, dont les plus graves ont conduit aux affrontements inter-ethniques d'Och et de Djalal-Abad du 11 au 14 Juin 2010. Provoquées par les proches de l'ancien Président Bakiev, les émeutes auraient fait de 294 à plus de 2 000 morts et de 400 000 à 1 000 000 de déplacés selon différentes sources.

Entre kirghiz, ouzbeks et tadjiks, des tensions relatives

Les heurts inter-communautaires entre Kirghiz et Ouzbeks de juin 2010 ne sont malheureusement pas les premiers. La Vallée du Fergana, très fertile et densément peuplée, voyait traditionnellement depuis la fin du XVIe siècle s'opposer périodiquement nomades et sédentaires pour le contrôle de l'eau et de la terre.

Depuis la fin du XIXe siècle, l'affirmation de l'idée d'Etat-nation a vu l'instrumentalisation de ces révoltes traditionnelles. Ainsi, la Russie tsariste en 1873-6 ou en 1898, puis l'URSS dans les années 20, a régulièrement mis en avant une communauté contre une autre pour asseoir son pouvoir politique dans la région.

En 1990 -comme ensuite en 2010- , les mafias locales ont à nouveau éveillé les tensions inter-communautaires. Ces mafias sont imbriquées dans les jeux de solidarités tribales ou de « mahalla ». Chaque « mahalla » correspond à la fois à un quartier géographique précis, urbain ou rural, et à l'organisation familiale et sociale de ce quartier à l'intérieur des populations sédentaires ouzbèkes et tadjikes. Toute décision politique et administrative locale, concernant chaque habitant du quartier, doit être prise au niveau de la « mahalla ». Le chef de chaque « mahalla » locale est nommé par un conseil des anciens de chaque famille et jouit donc toujours d'un âge avancé.

Les slogans de haine, les procédés d'éliminations physiques et d'auto-défense par les populations, l'orientation géographique des destructions et les bilans sont restés inchangés, la déflagration de juin 2010 étant la copie conforme de celle de 1990.

Les événements de juin 2010 ne sont hélas que le tragique rappel, jour pour jour, du vingtième anniversaire des événements de juin 1990, seuls les acteurs politiques ayant changé (mais pas leurs mentalités).

Pourtant, les relations entre les nomades kirghiz et les sédentaires ouzbeks ou tadjiks n'ont pas toujours été conflictuelles dans l'Histoire.

  • Dans les trois Etats qui se partagent la Vallée du Fergana, les populations sont entremêlées depuis la fin du XVIe siècle, vivent en inter-dépendance économique et s'influencent culturellement les unes les autres.
  • Les mariages mixtes restent fréquents et le partage d'une religion commune (l'islam sunnite) et de deux langues proches (kirghiz et ouzbek, avec des dialectes communs dans la Vallée du Fergana) ont toujours permis des relations complémentaires entre éleveurs nomades kirghiz et agriculteurs et commerçants sédentaires ouzbeks et tadjiks.
  • Les frontières étatiques ne répondent qu'à l'arbitraire du pouvoir soviétique et représentent un non-sens, dont l'absurdité se révèle dans l'existence d'une dizaine d'enclaves dans la Vallée (dont six importantes sur le territoire kirghiz).

Le trafic de l'opium afghan organisé par de puissants « barons »

Le responsable du Service de la sécurité nationale de la République kirghize (SSNRK), Kenechbek Douchebaev, évoquait un rapport étroit entre la famille Bakiev, les réseaux mafieux narcotrafiquants locaux et afghans et le Mouvement islamique d'Ouzbékistan, parlant même d'une visite d'un émissaire de l'ancien Président Bakiev dans le Sud-Waziristan (zone tribale du nord-ouest du Pakistan). Cette piste demeure plausible, tout en n'en excluant pas d'autres, notamment de simples connections locales.

Protégés d'Al Qaeda au Pakistan, les dirigeants du Mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO) rêvent depuis toujours d'installer un « califat généralisé » en Asie centrale. Ils recrutent assez facilement dans la Vallée du Fergana, malgré l'oppression de régimes autoritaires en Ouzbékistan et au Tadjikistan.

L'inextricable tracé des frontières et la présence d'enclaves font que la population de la Vallée du Fergana se sent délaissée par les pouvoirs politiques des trois Etats qui la gouvernent. Sa paupérisation croissante, sa démographie vigoureuse et sa forte islamisation en font un terreau idéal pour les jeunes recrues du MIO de feu Djouma Namangani, qui tire ses ressources financières essentiellement du trafic de l'opium afghan (depuis les enclaves ouzbèkes de Sokh, le MIO avait déjà mené en 1999, 2000 et 2001 des incursions armées très meurtrières dans la Vallée).

A partir de l'Afghanistan, le trafic de la drogue se fait en direction du nord, via la frontière poreuse du Tadjikistan, avant de d'atteindre la Vallée du Fergana, d'où diverses routes l'acheminent ensuite en Russie, en Turquie ou en Chine, chaque itinéraire étant contrôlé par un « baron » puissant.

La technique était simple et imparable : à la tête d'une tierce force, le « chef » envoyait ses hommes sur des quartiers ouzbeks, puis kirghiz, brûlant, violant et tuant tout sur son passage, au nom du camp opposé et la surenchère ethnique commençait alors, attisée ensuite par des dons financiers accordés aux uns et aux autres.

Pour revenir au pouvoir, les Bakiev attisent les conflits ethniques

Les relations verticales et clientélistes sont très fortes dans le sud kirghiz, où le « patriarche », sinon le « parrain », règne seul en chef sur sa famille, sinon son mouvement politique, laissant peu de place à la contestation de son arbitraire et réduisant au silence les jeunes cultivés « contestataires » et femmes en fuite vers Bichkek.

Ainsi, cela explique en partie l'impopularité des démocrates Roza Otounbaeva ou Omourbek Tekebaev dans leur propre région d'origine, alors qu'ils recueillent un fort soutien des Kirghiz des autres régions. Dans ce sud, plus islamisé et agricole, les valeurs individuelles doivent toujours s'effacer au nom de la tradition devant le collectif, que ce soit la tribu kirghize ou la « mahalla » ouzbèke.

Depuis longtemps, la famille Bakiev contrôlait le passage de la drogue par le sud kirghiz et y percevait des prébendes conséquentes, qui étaient en suite blanchies dans les casinos du pays ou dans des banques locales et étrangères.

Les « barons » disposaient ensuite d'exécutants servilement liés à accomplir leurs basses œuvres. Aïbek Mirsidikov, dit Aïbek le Noir, était l'un d'eux. Lié à Akmat Bakiev, il aurait reçu pour instruction de fomenter des troubles ethniques dans le sud kirghiz pour aider son « maître » à reprendre le pouvoir dans le sud, à défaut de pouvoir revenir à Bichkek, avant l'organisation du referendum du 27 Juin 2010.

Les relations politiques dans le sud kirghiz restent donc régies suivant des règles d'inter-relations étroites et opaques entre les réseaux familiaux, tribaux et économico-mafieux.

Cette région place par exemple toujours sur un piédestal le dirigeant local qui sait parvenir à ses fins par diverses ruses et combines et se méfie souvent en général des valeurs d'individualisme et de libéralisme portées par la démocratie.

Russifié et européanisé, le nord kirghiz plus égalitaire

L'adoption de la nouvelle Constitution par 90,56% des suffrages exprimés lors du referendum du 27 Juin 2010 devrait instaurer tôt ou tard une république parlementaire dans le pays.

Mais, même si ce nouveau régime serait mieux adapté à la réalité géographique de ce pays montagneux, il ne pourrait à lui seul endiguer dans le sud ni les montées d'autoritarisme des chefs locaux, dont certains siègent au gouvernement provisoire (Azimbek Beknazarov), ni les exigences autonomistes de la minorité ouzbèke.

Azimbek Beknazarov est l'archétype des dirigeants locaux du sud du pays, liés à une tribu et à une région donnée, qui voit dans son ascension politique le prétexte de valoriser les siens.

Si cette vision de la politique et de la gestion du pouvoir s'impose dans le sud ferganais, elle reste mineure au nord du pays, plus russifié et européanisé, où les étiquettes politiques ont là un sens et où la liberté de parole trouve un écho auprès des populations européennes (russes, ukrainiennes, allemandes...), et des racines profondes dans une société nomade plus égalitaire :

  • L'égalité des individus et des sexes est garantie par l'« adat » -la loi coutumière des nomades kirghiz, kazakhs et mongols, qui par ses principes égalitaires et individualistes, s'oppose sur bien des points à la « charia » musulmane, plus suivie dans le sud sédentaire de la Kirghizie. Cette égalité des individus et des sexes est confirmée par le pouvoir soviétique.
  • La limitation autorégulée du pouvoir politique est assurée par la tradition des « kouroultaï » -réunion une assemblée traditionnelle de notables issus de plusieurs tribus dans la société nomade kirghize, ayant pour but de régler des décisions importantes relatives au maintien de la cohésion entre les tribus face à un danger extérieur commun et d'« élire » un représentant comme chef des tribus kirghizes confédérées, puis de le déposer en cas de dérive autoritaire.
  • L'autonomie consentie des vallées est garantie par leur isolement hivernal...

Islam Karimov redoute l'autonomie des Ouzbeks de Kirghizie

La communauté ouzbèke est la première minorité nationale en Kirghizie, représentant officiellement 14,5 % de la population (recensement de 2009). Elle est très compacte dans le sud du pays (régions d'Och et de Djalal-Abad) et présente un taux démographique plus élevé que celui des Kirghiz, étant ainsi majoritaire dans plusieurs endroits du sud du pays (Arslanbob, Ouzgen...).

Cette communauté n'a pas encore arrêté de choix clair sur son devenir, mais exige au mieux un certain degré d'autonomie linguistique, juridique et administrative. Le choix de ses dirigeants en faveur de tel ou tel camp au moment de la révolution du 7 avril 2010 s'est opéré en fonction des assurances promises sur ces critères.

Ainsi, par les voix opposées de Kadyrjan Batyrov ou de feu Aïbek Mirsidikov, les Ouzbeks de Kirghizie cherchent à se faire reconnaître en tant que « société distincte » et à bénéficier d'avantages culturels conséquents.

Toutefois, le chemin suivi n'est pas le même entre la « voie » individuelle des chefs locaux cités, la « voie islamiste », séduisant surtout à Ouzgen ou à Iskit-Naoukat, et « la voie » démocratique prônée à Djalal-Abad. Mais, quelque soit l'option choisie, celle-ci a le don d'irriter le président de l'Ouzbékistan voisin, Islam Karimov.

Le vieux président autoritaire redoute de fait de voir apparaître sur les flancs de son pays une « entité autonome » à la direction politique étrangère et concurrente à la sienne, qui servirait le cas échéant de sanctuaire à l'opposition de son propre pays.

Aussi, les réfugiés ouzbeks sont appelés sans ménagement à revenir au plus vite en Kirghizie et Islam KARIMOV a, en 1990 comme en 2010, joué la prudence et apporté son soutien aux autorités de Bichkek lors des affrontements inter-ethniques au nom de la stabilité régionale.

Les démocrates doivent rassembler le pays

Le sud kirghiz continue de former une « entité propre » reliée de fait et de droit au reste du pays, mais en conservant un fort particularisme identitaire.

Les nouvelles autorités politiques de Bichkek devront le plus tôt possible tenir compte de la singularité de cette région, lui reconnaître une certaine forme d'autonomie et l'encourager à s'imprégner au plus vite des mécanismes de fonctionnement d'une démocratie réelle et transparente.

Encore faudrait-il que les éléments démocrates du gouvernement provisoire arrivent, dans le sillage de Roza Otounbaeva, à imposer leur autorité et à faire partager leur vision à l'ensemble du pays avec l'aide de nouvelles forces politiques naissantes et prometteuses apparues ou recomposées depuis la révolution d'avril (partis politiques, clubs, associations, organisations non-gouvernementales...), porte-parole d'une société ouverte et rajeunie.

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  • Autist Reading
    Autist Reading
    Plus fort que Brogilo
    • Posté à 13h13 le 03/07/2010
    • Internaute
      Plus fort que Brogilo

    Le Kirghizstan est-il un système isolé, ou bien est-il interdit de parler de ses rapports avec Poutine, Obama, et les gazoducs-oléoducs du quartier ?

    • Herby
      Herby répond à Autist Reading
      • Posté à 15h58 le 03/07/2010

      Bien vu !
      Ce pays est déchiré entre la Chine, la Russie et les EU qui y ont implanté la base militaire de Manas par laquelle transite la majeure des hommes et équipements à destination de l'Afganistan.
      Je ne sais pas exactement quels sont les intérêts de la Russie et de la Chine dans la région mais il est certain que ces soulèvements sont orchestrés depuis l'étranger dans l'intérêt de ces grandes puissances. Dommage que cet article fasse l'impasse complète sur ces enjeux.

      • bzit
        bzit répond à Herby
        • Posté à 22h30 le 03/07/2010

        Dommage que votre parano très orientée vous ramène toujours vers les même têtes de turc. Le monde est bien plus diverse

         
        • Herby
          Herby répond à bzit
          • Posté à 06h06 le 04/07/2010

          C'est vrai que l'histoire récente nous montre que ces pays ne font jamais d'ingérence, ne cherchent jamais à défendre leurs intérêts dans des pays tiers. Alors naïveté ou paranoïa, je vous laisse choisir...

          • zakut
            zakut répond à Herby
            employé
            • Posté à 11h01 le 04/07/2010
            • Internaute
              employé

            Pour herby

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            • Herby
              Herby répond à zakut
              • Posté à 12h12 le 04/07/2010

              Je connais ces articles et j'aurais sans doute dû les citer. J'attends d'ailleurs impatiemment le 4è volet de cette enquête.
              Merci pour la contribution.

          • SusumanHighway
            SusumanHighway répond à Herby
            Etudiant
            • Posté à 03h13 le 05/07/2010
            • Internaute
              Etudiant

            C'est oublier que la paranoïa, en cherchant à simplifier la réalité, est souvent plus naïve qu'une analyse sans têtes de turcs...

            Et plus largement, je suis toujours bluffé par l'incapacité de certaines personnes, qui aspirent pourtant à un point de vue critique envers les pouvoirs établis (USA, Sarkozy, etc.) à admettre que parfois, il arrive que des peuples, ou des groupes sociaux spécifiques, pour s'exprimer plus prudemment, arrivent à renverser un régime politique sans qu'il s'agisse d'une ingérence ou d'une machination extérieure : de temps à autre, et surtout dans des coins reculés comme Bichkek, les masses sont encore le moteur de l'histoire !

            • Herby
              Herby répond à SusumanHighway
              • Posté à 04h38 le 05/07/2010

              Prenez le temps de lire les 3 articles cités par Zakut et on en rediscute après.

              • SusumanHighway
                SusumanHighway répond à Herby
                Etudiant
                • Posté à 12h25 le 05/07/2010
                • Internaute
                  Etudiant

                Cf. réponse à Zakut plus bas si vous voulez vraiment discuter...

        6 autres commentaires
    • SusumanHighway
      SusumanHighway répond à Autist Reading
      Etudiant
      • Posté à 03h02 le 05/07/2010
      • Internaute
        Etudiant

      Non, évidemment, le Kirghizstan n'est pas isolé, ne vit pas en vase clos, mais ça ne l'empêche pas d'avoir des caractéristiques spécifiques, une histoire bien à lui, comme n'importe quel pays, et des habitants, qui eux aussi ont leur mot à dire, pour le meilleur et pour le pire : les Kirghizes, et les Ouzbeks, ne sont pas que des pantins, et la fragilité d'un régime, ou d'un équilibre entre deux groupes ethniques, résulte souvent plus des malheurs quotidiens et concrets de la population que de grands jeux géopolitiques auxquels nous, Occidentaux, cherchons à nous raccrocher parce qu'ils nous sont plus familiers. Le Kirghizstan est pauvre, loin de tout, sans pétrole ; s'il y a du transit, c'est soit de matériel et ravitaillement pour les troupes en Afghanistan, soit de drogue depuis le même Afghanistan. On peut dire que c'est lié, mais pour un petit pays, le deuxième flux est en fin de compte bien plus important et dangereux que le premier. Et voilà pourquoi un vrai article d'investigation et d'explication comme celui-ci est à mes yeux bien plus intéressant et ancré dans la réalité d'un terrain peu connu que cette série d'articles du réseau Voltaire.

      • zakut
        zakut répond à SusumanHighway
        employé
        • Posté à 09h25 le 05/07/2010
        • Internaute
          employé

        Les avez vous lus au moins.........

         
        • SusumanHighway
          SusumanHighway répond à zakut
          Etudiant
          • Posté à 12h24 le 05/07/2010
          • Internaute
            Etudiant

          Ben oui, quand je vois des liens sur un sujet qui m'intéresse, je les suis, et je les lis... Et si vous voulez vraiment qu'on en discute, plutôt que de l'article ici-même, qui semble moins vous inspirer, allons-y.

          Pour faire bref, je pense qu'Engdahl surestime largement l'importance du Kyrgyzstan (pas de l'Asie Centrale en général, mais de ce pays spécifique) dans les conflits d'intérêts entre puissances.

          Il s'appuie sur une géopolitique anglosaxonne (Mackinder et Cie) qui, depuis plus d'un siècle, a toujours mythologisé l'Asie centrale comme pivot d'un continent eurasiatique, dont la maîtrise serait cruciale pour assurer la domination du monde. Déjà vers 1900, c'était foireux, mais aujourd'hui, passons, j'attends toujours les preuves. L'utilité principale de ces théories a toujours été de justifier des aventures impérialistes sans vraiment se préoccuper des logiques internes aux sociétés et aux territoires qui ont la malchance de se trouver dans cet endroit « stratégique ».

          Dans ses trois articles, les analyses eurasiatiques qu'il développe s'appliquent plus au Kazakhstan qu'au Kyrgyzstan, on a l'impression que ce dernier n'est choisi comme sujet que parce que, contrairement à l'autre, il s'y est passé quelque chose de politique, de brutal et d'inattendu (le premier article exprime d'ailleurs bien tout ça), et que donc, il faut y ramener tout ce qu'on sait des ambitions centrasiatiques de la Chine (mines afghanes, autoroutes et gazoducs, voire TGV fort hypothétique au Kaz...), et des embarras postcoloniaux de la Russie. Vous savez, on pourrait écrire le même article à propos de n'importe quel pays africain jadis colonie française, en substituant la France à la Russie, et en parlant de pivot géopolitique mondial, ça ne serait ni plus vrai, ni plus riche en enseignements sur le pays concerné.

          Enfin, on a l'impression d'une série d'articles fondée plus sur des dépêches que sur des enquêtes : c'est une géopolitique qui privilégie les données politico-économiques les plus aisément accessibles, en cherchant à trouver derrière elles des engrenages grandioses, et qui oublie de s'intéresser aux mécanismes sociaux à l'œuvre sur le terrain.

          • zakut
            zakut répond à SusumanHighway
            employé
            • Posté à 04h27 le 07/07/2010
            • Internaute
              employé

            Soit mais je reste convaincu que les intérêts US, Chine et Russie, reste cette main invisible qui de tout temps tiennent d'une certaine façon la destiné de tel pays.

            On sait que la CIA et l'ensemble des diverse structures US (USAID, FMI, CFR, Human Right et la liste est longue trés longue......) savent très bien manipuler un groupe précis au détriment d'un autre, la Russie et la Chine aussi d'une manière différente mais tout aussi efficace.

            L'histoire nous le montre de façon probante, que ce soit en Amérique Latine, au Moyen Orient, en Asie, en Afrique, pas un seule grand continent (à part peut être l'Australie et encore j'en doute...) n'a été l'objet de lutte en arrière plan pour la maitrise des ressources de ces régions et surtout de positions géostratégiques.
            Il n'y à qu'a regarder une carte du monde pour comprendre les enjeux dans cette régions et relier les points entre les incidents qui y ont lieu.

            Je pense que de manière ambiguë la Russie à repris du poil de la bête et tente de reprendre pied dans ces anciennes terres stratégiques.

            Voyez donc en Ukraine, en Pologne, la gestion de la crise en Géorgie, le Kirghizstan, l'Iran, l'Afghanistan etc......

            Quand à la Chine elle à toujours su profiter de situation critique et grâce à sa main d'oeuvre à bas prix à toujours récupérer des parts de marché stratégique en Afrique par exemple avec la corne de l'Afrique avec l'Iran aussi et le nouveau contrat énergétique passer entre le Pakistan la Chine et l'Iran.

            Plus prés de chez nous avec ce qui se passe en Europe ou les US sont en train de détruire l'Europe ou du moins comme ils l'ont toujours fait la mettre en position de faiblesse face à l'empire US.

            En France avec une classe politique corrompue dont la plupart ont été formé par les US dont notre président, avec pour tâche de détruire notre système français non sans défaut.

        2 autres commentaires
  • The Shadow-
    • Posté à 13h24 le 03/07/2010

    c'est un peu la palestine de l'ex bloc soviétique
    tu leur laisses un peu de liberté et ils trouvent le moyen de s'entretuer

    islam, religion de paix !

    • Pi.K
      Pi.K répond à The Shadow-
      Vilain Parisien
      • Posté à 14h55 le 03/07/2010
      • Internaute
        Vilain Parisien

      Un Russe (croisé à un concert, bien sympa d'ailleurs, dans la banlieue de Moscou) m'avait dit « Vous avez bien la Corse ». La Corse, terre d'élection de l'islamo-nationalisme à tête de Maure ? The Shadow devrait bien être capable de nous sortir ça, il n'en est plus à une énormité près.

      • bzit
        bzit répond à Pi.K
        • Posté à 22h45 le 03/07/2010

        Qu'est-ce que font les corses qui te gênes tant ? ! ?

  • Le Point Oméga--
    Le Point Oméga--
    Chanteur impopulaire
    • Posté à 15h14 le 03/07/2010
    • Internaute
      Chanteur impopulaire

    Tant qu'il y aura l'Islam sur la terre du Kirghizistan, il n » y aura pas de possibilité pour construire une base civile saine transcendant les clivages ethniques, car l'Islam est un code civil ethnique.

    Les vrais défenseurs de la laïcité l'ont bien compris en France, mais les couards de l'UMPS continuent d'inaugurer des mosquées, tandis que Dalil Boubakeur veut doubler leur nombre.

  • algerien musulman-
    • Posté à 06h04 le 04/07/2010
    • Internaute
      ici

    révolution colorée made in CIA

  • zakut
    zakut
    employé
    • Posté à 11h00 le 04/07/2010
    • Internaute
      employé

    Pour herby

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  • colanga
    colanga
    Cadre en bois
    • Posté à 12h27 le 04/07/2010
    • Internaute
      Cadre en bois

    On s'en fout complètement.
    On a notre Woerthgate, Blancgate, Joyandetgate, etc.