Pourquoi Clermont-Ferrand est la ville la plus rock de France

Quelle est en France, la ville la plus Rock & Roll ? Quel est le foyer hexagonal de la culture indépendante et underground ? Paris, forcément. Bordeaux, probablement. Toulouse, pourquoi pas.

Pourtant depuis vendredi, la capitale officielle du rock en France est Clermont-Ferrand. Qui l'eût cru ? L'Auvergne, cœur de la culture indé et alternative. Une petite Californie européenne.

A l'occasion du festival Fnac Indétendances, Clermont-Ferrand a en effet dérobé le titre de capitale rock au grand favori, Bordeaux. Ville de Noir Désir, vivier punk dans les années 1980, ayant fait l'objet d'un remarquable ouvrage en 2006, « Bordeaux Rock(s) », la capitale girondine a mis en avant en vain ses jeunes talents de Kid Bombardos à Magnetix, en passant par Adam Kesher.

Il faut donc se poser cette question : pourquoi Clermont est-elle la capitale du rock ? Car si le titre a été délivré dans le cadre d'un duel plutôt humoristique et festif, il n'en est pas moins révélateur de certaines tendances de la géographie musicale.

Cocoon, la star du terroir

Vainqueur en 2007 du concours CQFD des Inrockuptibles, Cocoon a incontestablement marqué la scène folk des deux dernières années. La même année, leur premier album, « My Friend All Died In A Plane Crash », fait un véritable carton. (Voir la vidéo)


A coups de ukulélé, le duo clermontois, composé de Mark Daumail et Morgane Imbeaud, a vendu près de 100 000 disques et réalisé environ 200 dates de concert, dont l'Olympia de Paris le 12 janvier 2009. Leurs morceaux connaissent un tel succès qu'ils sont repris dans plusieurs publicités.

Ils ont également eu l'honneur d'être nommés « artiste de l'année » par Le Figaro.

Un vivier incomparable

Mais avec plus de 500 groupes, il serait bien réducteur de limiter la scène auvergnate à ces super-stars.

En tête vient bien sûr le label Kütu Folk Records, qui produit Pastry Case, Leopold Skin, St.Augustine et The Delano Orchestra. Ces derniers se sont rapidement imposés comme des figures de la scène folk indé, avec leurs deux albums : « A Little Girl, A Little Boy, And All The Snails They Have Drawn » (2008), « Will Anyone Else Leave Me ? » (2009).

Ajouter à cela Kaolin, ou des groupes plus rock, comme Quidam ou The Elderberries. Sans compter Jean-Louis Murat, qui représente fièrement la région depuis 1982.

Mais pour ceux qui en douteraient encore, encoutez plutôt le son rock made in Auvergne, avec « The Little House » de The Elderberries. (Voir la vidéo)


Un dynamisme qui ne date pas d'hier

Stéphane Gille, du label indépendant Sober and Gentle, qui produit à la fois Cocoon et les coqueluches bordelaises de Kid Bombardos, était dans une position idéale d'observateur au moment du festival Fnac Indétendances. Ses favoris en compétition étaient les Kid Bombardos, et c'est pourquoi il « aurait voté Bordeaux ». Mais il reconnaît qu'à Clermont-Ferrand, le dynamisme est « hallucinant » :

« Clermont à pris le jeu beaucoup plus à cœur en amont. Et le nombre de groupes là-bas est un vrai truc de fou. On a vu les groupes émerger il y a trois ans. Mais ça fait au moins cinq ans que ça bouge durement. Et beaucoup plus longtemps qu'il y a un gros travail de fond. »

Stéphane Gilles estime que ce dynamisme est particulièrement dû aux structures capables d'accueillir les petits groupes :

« Le Coopérative de Mai y est pour beaucoup. Elle organise des concerts super et laisse jouer de jeunes groupes. Ça passe forcément par les petites salles. »

Créée en 2000, la Coopérative de mai est gérée par l'association Pop'Art, et a programmé plus de 1000 concerts, soit plus d'une centaine par an. Plusieurs festivals de musiques actuelles animent par ailleurs la région, dont le festival Europavox, et les Volcaniques de mars.

Ce sont les petites salles qui font les grandes capitales rock. Un principe que la politique culturelle semble avoir oublié à Bordeaux. En effet, cette année plusieurs salles bordelaises (La Centrale, le Son'Art, l'Inca) ont dû mettre la clé sous la porte, faute de subventions et suite à l'augmentation des plaintes d'un voisinage qui change avec la politique d'urbanisme.

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16 commentaires sélectionnés

Portrait de Julien Martin

De Julien Martin

Rue89 | 17H20 | 03/08/2009 | Permalien

C'est faux ! C'est Rennes, et ce n'est pas Charles-Mouloud qui me contradira !

Ni Le Point : http://www.lepoint.fr/actualites-region/2008-11-06/special-rennes-la-pla…

Voilà pour mon point de vue très objectif…

Portrait de matnw

De matnw

17H51 | 03/08/2009 | Permalien

FNAC et Rock N Roll : cherchez l'erreur

Portrait de Hakim Bay

De Hakim Bay

Al Abordaje | 18H10 | 03/08/2009 | Permalien

Totalement d'accord avec le constat que ce sont les petites salles qui sont à l'origine du dynamisme culturel ; et je trouve qu'on ne l'entend pas beaucoup dire et surtout c'est pas appliqué.
Pendant quelques temps j'ai été tenté dans une asso d'organiser des concerts, c'était sur Greville. Quelle galère ! Trouver une salle à hauteur de nos moyens (= inexistant car on fonctionnait sans sponsors et sans subventions) était impossible, mis à part sur le campus, dans un lieu de vie étudiant (salle « gratuite ») qui faisait du beau boulot. Seulement, au bout de quatre ou cinq concerts dans la même salle, faut laisser un peu de places aux autres, normal.
Et là, la galère : entre les arrières salles de bar (50-80 places) et les salles pour « musique actuelle amplifié » comme ils disent, avec des frais de ouf (3000€ min. la soirée pour une salle de 800 places géré par la mairie) pas d'alternatives.
Résultat : ou faire des concerts dans des bars, ce qui est cool, mais au bout d'un moment c'est galère, surtout pour les groupes qui tournent un peu. Ou alors, ne plus rien attendre de la mairie, des subventions etc. et faire ça en autogestion dans des squats ou en extérieur. Pas mal, mais pas pour tous les publics ni pour tous les groupes ; et surtout risque de confiscation du matos.
Au bout du compte y'a beaucoup de petites assos super dynamique qui arrêtent les frais, parce que pas les moyens et plus d'envie au bout d'un moment. Et après il ne reste que les diplodocus associatifs qui trust les subventions et les entreprises du spectacles qui se font des c****e en or sur chaque événements.
Le pire, c'est toutes ces maires et conseillers généraux qui se vantent d'encourager la culture, en fermant des petites salles un peu décrépites pour ouvrir à la place des mini olympia, parce que ça fait style après sur le CV.
Sauf que maintenant, pour se dégoter un concert pas mal pour 15€ c'est galère.

Portrait de InitiativeDharman

De InitiativeDharman

Merde in France. | 18H16 | 03/08/2009 | Permalien

C'est une blague ?
Et les vieilles charrues c'est le festival de Reading tant qu'on y est !
Enfin tant mieux pour nos amis auvergnats…
Peut-être que cette distinction rocknrollesque développera la chose rock en Auvergne et peut-être, qui sait, tout ceci ressucitera le festival de Cunlhat…
Cela dit, objectivement, et désolé pour les parisiens, Bordeaux est la ville rock par excellence en terme de rock indé.
Au temps du Jimmy, pas si loin, certains groupes ne faisaient qu'une seule date en France et c'était là, c'était notre CBGB à nous.
Aujourd'hui, d'autres ont pris le relais.Mais Bordeaux est touhjours aussi rock (indé).
Profitez bien amis auvergnats !
Vive le rock'n'roll !

Portrait de Hlebon

De Hlebon

étudiant en droit | 18H59 | 03/08/2009 | Permalien

La blague ! ! ! !

N'importe quoi cet article, Kaolin un chanteur rock indé…indé c'est sur,pour ce qui est du rock, et du succès y a encore des doutes.

Jean Louis Murat représente l'auvergne car ce sont encore les seuls qui l'écoutent.

The Elderberries reste un groupe de seconde zone…

et finalement à part cocoon la dernière fois ou l'on a entendu parler de l'Auvergne c'était…chez brassens.

A moins que rock indé veuille dire…rock indépendant dans sa cave seul et personne ne nous connait.

Portrait de swingjugend

De swingjugend

étudiant | 19H03 | 03/08/2009 | Permalien

il n'y a pas de plus grande ville du rock en france. En tant que parisien j'ai pu voir de très bon concert de groupe de rock parisiens, et contrairement à ce qui à été dit il y a quand même pas mal de scènes a paris ou l'on peut jouer. On peut ainsi citer les groupes de pan european recording ( turzi, aqua nebula oscillator, chicros) mais il y a plein d'autres bon groupes moins connus ( trop pour tous les citer). Et bordeaux n'est pas en reste non plus. Pour ce qui est de clermont je ne connais pas mais je n'en doute pas. Mais on peut aussi citer nantes, lilles. Et les meilleurs festivals de rock cette année : la route du rock a st malo, et villette sonique.

Portrait de Mamz

De Mamz

Etudiante | 19H32 | 03/08/2009 | Permalien

Kaolin en rock indé je vois pas ou est le problème. Ou trouve bien que les BB brunes ou naast sont des « rockeurs ».

Jean Louis Murat reste encore très connu et apprécié ailleurs que dans sa région natale, tout du moins je l'ai vu faire salle pleine à chaque fois que j'ai assisté a un de ses concert en métropole lilloise.

The Elderberries est un groupe qui monte depuis quelques années, boostés par la BO de Hellphone et qui garde une célébrité respectable depuis. Ils sont pleins de talent et valent sur scène bien mieux que certains pseudo « monstres » du rock.

Ce n'est pas parce que certains ne sont pas chouchoutés par les médias que le public n'est pas présent. Si on entend encore parler « a l'occasion » de tout ces artistes c'est que le public suit malgré l'absence de médiatisation a outrance et je suis certaine que ça leur convient tout à fait.

Portrait de Twatwan

De Twatwan

'stie d'français | 21H19 | 03/08/2009 | Permalien

Ma question serait : la France propose t-elle du bon rock ?
Parce que les artistes nommés sont risibles, l'auteur a oublié les Plasticines si on continue dans la même veine.
Où en est le rock aujourd'hui ? Jouer à Paris par exemple aujourd'hui : rares sont les salles offrant une vraie résistance, même une asso paiera un max pour proposer une affiche (au Klub par exemple), le squat Alternation et toutes les salles « underground » pour reprendre le terme ferment depuis 10 ans, demain la Miroiterie, Main d'Oeuvres aussi ? C'est triste car il y a des joyaux malgré les buzz Fructis/slim/mèche/Converse se prenant pour les Ramones ou Led Zep, survendus par les Inrocks et autres Fnac (rires enregistrés).

Parween, Dysby, Aussitôt Mort, I Pilot Daemon, Revok, Sna-Fu (et j'en oublie des dizaines pardonnez-moi) si ça ne parle à beaucoup d'entre vous, je peux le comprendre aisément mais jetez y une oreille ou deux.

Les labels indé et courageux, les associations, les passionné(e)s achetant les CD pendant les concerts et pas sur Mininova ou Emule pour 29.99€ par mois, voilà, entre autre, ce qui ferait survivre aujourd'hui ces artistes encore libres de leurs riffs.

Portrait de Yaga

De Yaga

Wouh | 21H51 | 03/08/2009 | Permalien

Que certains défendent leurs scènes musicales sur fond parfois de mauvaise foi, soit… C'est dans cet esprit qu'a été crée ce concours, cool, drôle, rock and roll et dans le respect.

Que certains dont la bobossitude n'a d'égale que l'ignorance de ce dont ils parlent (la scène clermontoise), ressortent Giscard et décrétent qu'il n'y a rien eu en Auvergne depuis Brassens, est de la bêtise (ou alors de la mauvaise foi sur second degrés, auquel cas je m'excuse…).

« Peut-être que cette distinction rocknrollesque développera la chose rock en Auvergne et peut-être, qui sait, tout ceci ressucitera le festival de Cunlhat… »

Tu veux certainement parler de Rock au Max à THIERS (ma ville natale, donc je suis chatouilleuse, vous l'avez compris). Ce festival qui a accueilli vos chers Noir Désir entre autres.
T'inquiètes, on a pas attendu ton intervention pleine d'à-propos pour développer le Rock en Auvergne. La Coopérative de Mai, ça te dit quelque chose ? Non ? Alors va te renseigner.

« Tout ce que je dis c'est NON CLERMONT FERRAND N EST PAS LA VILLE DU ROCK INDE EN FRANCE ! ! !

Pourquoi pas Caen la ville du rap, comme Orelsan en sort… »

>>Le jury du concours est peut-être un peu plus calé que toi sur le sujet. On parle de qualité et quantité, pas de vente de disques et de médiatisation.

En résumé, écoutez un peu ce qui se fait hors de chez vous, vous verrez comme c'est enrichissant !

Portrait de The last Puppet

De The last Puppet

Etudiant | 21H55 | 03/08/2009 | Permalien

Je suis bien d'accord pour dire que Clermont est une bonne scène musicale française, rock ce serait aller un peu loin. Mais s'est on déjà posé la question d'une scène rock française, décomplexé du français, concurrençant les anglais sur leur terrain ?

Là je ne pense pas aux Plasticines, BBrunes ou encore Naast. Je pense plutôt à la vraie scène en devenir, peut être pas promise à un grand avenir, mais qui a le mérite d'être OR-IG-IN-ALE et avec une « french touch » qu'on nous envie seulement en électro : Stuck in The Sound, I Am un Chien, Brooklyn, Neimo, Naive New Beater(Paris), The Dodoz (Tlse) et à un niveau un peu moins connue : Louis de Light, La Violette, I love My Neighbours, les Pauls, Music is Not Fun, Ace out, Clint.

Tous ces groupes chantent en anglais et réussissent à dépassser les frontières, loin des Noir Désir ou du pleurnichard Saez.

En tout cas ça fait du bien d'entendre au moins parler de ce qui se passe en France niveau musique.

Portrait de Schatje

De Schatje

22H44 | 03/08/2009 | Permalien

Je trouve ça vraiment bien de mettre en lumière le boulot d'une salle comme la coop de mai. Un endroit comme on aimerait en voir plus en France. J'y ai vécu parmi mes plus beaux concerts. je suis assez d'accord avec vous pour dire que l'existence même d'un lieu comme celui-ci favorise une certaine émergence …que vous qualifierez comme vous voudrez : je laisse le débat ouvert aux spécialistes.

Clin d'oeil : vous avez oublié de citer les flying tractors

Portrait de espritrock

De espritrock

musicien | 22H47 | 03/08/2009 | Permalien

Arrêtons de se taper les uns sur les autres …
Visez la bonne cible , ceux qui font que pratiquement plus aucun groupe dans aucune ville ne peut s'exprimer depuis que des petits malins ont mis la main dessus , sous contrôle politico subventionné, louent des salles à des pros, pas à vous !
Preuve en est que le groupe gagnant, en plus de n'avoir rien de rock est un groupe pros.
Faut quand même avoir des joues.
Je n'ai rien contre les groupes de chansonnettes pas plus que les groupes pros, par contre, qu'on nous fasse prendre des vessies pour des lanternes non.
Ils nous ont tellement abusés en 20 ans qu'ils se sont cru tout permis et là, tout vas leur retomber sur la tronche ; C'est quand même avec notre pognon qu'ils ont carte blanche …
A nous de faire que ça s'arrête et que ça reparte dans le bon sens pour l'intérêt de la vrai culture et non la culture politico récupératrice.

Portrait de Francis la menace

De Francis la menace

| 23H26 | 03/08/2009 | Permalien

Clermont-Ferrand, capitale du folk.

Portrait de le soudanais

De le soudanais

ici et là | 08H36 | 04/08/2009 | Permalien

Sur Sober & Gentle, ne pas oublier les excellents parisiens de Hey Hey My My !

http://www.myspace.com/heyheymymyband

Portrait de delavergne

De delavergne

journaliste | 09H10 | 04/08/2009 | Permalien

Analyse réductrice à mon goût.

Même si Cocoon a du génie, n'oublions pas qu'il est plus facile de gagner CQFD et mettre en avant des groupes clermontois quand on sait que JD Beauvalet, tête pensante de la rubrique Musique aux Inrocks, est Clermontois.

Voilà mon avis de journaliste mélomane ; -)

Et comme on le dit avec mes potes de Sourdoreille, Caen est la grande oubliée… http://www.sourdoreille.net/webzine/zoom-sur/article-caen-a-quand-la-glo…

(corriger la faute capital sans E dans le chapô)

Portrait de Christophe Payet

De Christophe Payet (auteur)

Journaliste | 09H41 | 04/08/2009 | Permalien

Je vois que le débat fait rage… et tant mieux ! c'était l'un des objectifs de ce papier : mettre en lumière des scènes de provinces parfois un peu oubliées, mais aussi susciter la discussion sur la place de la scène rock ou folk en France en affirmant de manière « peu nuancée » et provocatrice que Clermont est le centre du monde musical… Même si il y a vraiment une scène digne d'intérêt à Clermont

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