
Au Xinjiang, les Ouïgours résistent à la « colonisation »
La coexistence ethnique au sein de l'ensemble chinois est fragile. L'histoire des Ouïgours en est emblématique.

Urumqi, la capitale du Xinjiang dans le nord-ouest de la Chine, a connu dimanche une journée sanglante : 156 morts et plus de 800 blessés, lors de manifestations de Ouïgours protestant contre des violences éthniques à l'autre bout du pays, dans une usine du Guangdong, violemment reprimées par les forces de l'ordre. Selon les premiers témoignages de journalistes étrangers, une majorité de victimes seraient des Han, le groupe dominant en Chine, ce qui rappelle l'explosion de violence au Tibet l'an dernier, suivie d'une grande répression.
Le Xinjiang est peu présent dans l'actualité, bien moins que le Tibet : c'est pourtant un enjeu déterminant pour la Chine et le test de la capacité de ses dirigeants à gérer la diversité ethnique dans l'ensemble du pays.
Grand comme trois fois la France, riche en pétrole et en gaz, le Xinjiang est situé, comme le Tibet, aux marches de l'empire chinois, et a un peuplement différent de la majorité Han qui constitue le socle de la Chine. Située aux confins de l'Asie centrale, cette province, aussi appelée Turkestan oriental à certains moments de son histoire, est au coeur de la route de la soie, la grande voie de commerce et de circulation du premier millénaire, et, à ce titre, objet de convoitises.
La route de la soie, convoitée et disputée
Lorsque les touristes venus du reste de la Chine arrivent à Kashgar, la ville la plus à l'ouest du Xinjiang, ils vont systématiquement visiter le mémorial de Ban Chao (32-102), « maréchal » de la dynastie des Han, qui conquit la région en l'an 94 de notre ère (voir la photo ci-dessous). Une manière de se renforcer dans l'idée qu'ils sont ici chez eux depuis près de deux millénaires, malgré un environnement qui peut leur sembler bien loin de leur monde de Pékin et Shanghaï…

L'histoire est évidemment un peu plus compliquée et, depuis l'an 94, la route de la soie a vu défiler conquérants et marchands, prophètes et soldats à un rythme accéléré. Ce qui est assuré, c'est que la Chine, impériale ou communiste, a toujours voulu faire main basse sur cette région stratégique, qui détient les principales réserves de pétrole et de gaz de la Chine, et lui donne un accès à l'Asie centrale ex-soviétique, au Pakistan (voir la photo ci-dessous, prise à Tashkorgan, près de la frontière pakistanaise) ou à l'Afghanistan.

Comme pour le Tibet, lorsque le pouvoir central chinois était faible, la région reprenait le large vis-à-vis de ces ambitions chinoises. Le Xinjiang fut solidement arrimé à l'empire chinois sous le règne conquérant de l'empereur Qianlong, qui marqua l'apogée des Qing, mais il lui échappa lorsque l'empire se délita.
Comme le Tibet, le Turkestan oriental était indépendant lorsque la guerre civile chinoise faisait rage dans la première moitié du XXe siècle, jusqu'à ce que les troupes de Mao Zedong fassent leur entrée à Pékin, en 1949. Pékin n'exerçait plus aucune autorité sur le grand ouest, où avait été proclamée une république démocratique du Turkestan oriental.
Dans la confusion de cette époque, alors que s'affrontaient dans cette région des courants nationalistes, des islamistes, des prochinois et des prosoviétiques, la victoire de Mao mit fin à l'incertitude. Le Grand Timonier fit ce qu'il fallait pour reprendre le contrôle du Tibet comme du Xinjiang.
Mao fit venir à Pékin pour des négociations les dirigeants nationalistes qui tentaient de préserver leur république indépendante. Accident ou traquenard ? Toujours est-il que leur avion s'écrasa le 27 août 1947, et l'ensemble du leadership nationaliste ouïgour fut décimé. Trois mois plus tard, les troupes de l'armée populaire de libération (APL) chinoise faisaient leur entrée dans la capitale, Urumqi.
Objectif peuplement
Depuis 1949, le Xinjiang est fermement entre les mains du pouvoir central pékinois, malgré son appellation officielle de République autonome. Dès 1950, une politique d'émigration massive de Hans de l'est de la Chine fut lancée, et un corps militaire, le Bingtuan, fut créé pour allier les tâches de défense à celles de mise en valeur et de peuplement du Xinjiang. Un demi-million de soldats-paysans furent ainsi acheminés vers le Xinjiang au cours des cinq premières années de la République populaire. Ce corps existe encore et assure l'ossature du peuplement de la région, face à une Asie centrale devenue périlleuse.

Cette politique a surtout pris son essor avec la construction, dans les années 90, de la voie de chemin de fer Urumqi-Kashgar, reliée au réseau ferré chinois. Aujourd'hui, sur ce train, se croisent quotidiennement des militaires en permission, des Ouïgours en voyage et de nouveaux immigrants venus de l'est de la Chine, balluchon sur l'épaule, en route vers ces nouvelles terres de conquête de l'Ouest (voir photo ci-dessus).
C'est évidemment la principale source de tension entre une population locale qui se voit progressivement marginaliser, démographiquement, économiquement et politiquement. Officiellement, les Ouïgours et les autres « nationalités » du Xinjiang (Kazakhs, Kirghizes, etc.) sont toujours majoritaires, mais les Han, le groupe dominant en Chine, constituent plus de 40% des quelque 20 millions d'habitants du Xinjiang.
Cette installation fait coexister deux sociétés aux valeurs contradictoires. Ainsi, à Kashgar, la ville nouvelle chinoise a été bâtie en tournant le dos au bazar ouïgour qui tombe en ruine. Entre les deux, une sculpture géante de Mao, l'une des rares construites après sa mort où que ce soit en Chine… Dans le quartier Han, on vit exactement comme dans l'est de la Chine, loin de l'islam de plus en plus rigoriste qui devient le refuge croissant des Ouïgours marginalisés. Car la question nationale et identitaire ouïgour se double de plus en plus d'un combat religieux comme dans l'ensemble de cette zone d'Asie centrale instable et agitée.
Quelques centaines de mètres seulement séparent les lieux des deux photos ci-dessous. La première est en marge d'un défile de mode pour robes de mariées côté Han, la seconde est dans le bazar Ouïgour de la ville, beaucoup plus conservateur. Les deux mondes se croisent, s'ignorent, et parfois s'affrontent.


Urumqi, où se sont déroulées les sanglantes émeutes de dimanche, présente la situation paradoxale d'être la seule ville du Xinjiang où les Han sont majoritaires. Là aussi, un sérieux contraste entre le quartier Han et le quartier Ouïgour ; d'un côté le business chinois, de l'autre le bazar et les vendeurs dans la rue. Entre les deux, là aussi, la méfiance, l'incompréhension, l'hostilité, les préjugés.

Ces émeutes posent le problème de la réalité de la coexistence ethnique au sein de l'ensemble chinois. Derrière la façade de l'unité entre les 56 nationalités recensées en Chine, et de l'« harmonie » officielle, la réalité est plus prosaïque, plus coloniale, un mot qui fait hurler à Pékin. Au Tibet l'an dernier, au Xinjiang cette année, les mêmes causes -la frustration d'un peuple marginalisé-, produisent les mêmes effets : des explosions de violence aveugle.
Photos : statue de la rencontre entre Mao et un Ouïgour, Khotan, 2005. Touristes Han à Kashgar, 2005. Statue de soldat à la frontière pakistanaise, 2005. Le train Urumqi-Kashgar, 2005. Défilé de mode de robes de mariées dans le quartier Han de Kashgar, 2005. Urumqi, 2005 (P. Haski/Rue89).
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De Patico
08H20 | 07/07/2009 |
Quand ce sont les Ouïghours qui résistent à la « colonisation », c'est bien.
Quand ce sont les français qui résistent à la « colonisation », c'est mal.
Pourquoi ?
à Patico
De screugneugneux
râleur-NRV | 10H54 | 07/07/2009 |
tiens, voilà 10cts pour aller t'acheter un cerveau….
à screugneugneux
De Patico
11H15 | 07/07/2009 |
…Si c'est le prix auquel tu as payé le tien, je comprends mieux l'origine de ton pseudo.
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 08H21 | 07/07/2009 |
Merci Pierre pour cet article sur ce pays que nous sommes peu à connaitre, que nous craignons, que nous aimons (si, quant même, ils sont sortis du moyen-âge en 50 ans ! ) , que nous maudissons pour y être retourné ( au moyen-âge ! ).
Bravo aussi pour vos photos.
…On ne peut pas, bien sûr extrapoler, mais si nos gouvernants pouvaient réfléchir au travail dominical en voyant « Urumqi,où se sont déroulées les sanglantes émeutes de dimanche, »…
De Freeeman
Informaticien | 08H59 | 07/07/2009 |
Comme on le voit, les « migrations » servent toujours à faire disparaitre une identitée locale. Que ce soit pour des raisons stratégiques, politiques ou économique, le génocide par substitution est à l'oeuvre en chine comme en Europe.
Ce qui m'étonne le plus c'est les réactions de certains qui trouve, à juste titre, que la réaction des Ouïgours est légitime, mais qui traite de facho les européens qui voient la même chose arriver chez eux. Comme en chine, la société soit disant multiculturelle amènera des violences terribles en europe. Une immigration imposée de force aux populations sans même leur demander leur avis, le développement massif d'une culture et de valeurs étrangères et en oposition aux valeurs locales nous mèneront à une guerre civile.
Alors au lieu de regarder au loins, balayons devant notre porte avant qu'il ne soit trop tard.
à Freeeman
De screugneugneux
râleur-NRV | 10H59 | 07/07/2009 |
petit facho deviendra grand.
Vous êtes très habile, en restant très vague et évasif dans vos propos, vous essayez de vous placer à l'abri des critiques, tout en distillant votre petit discourt lepeniste.
vous essayez de comparer deux choses totalement différentes l'une de l'autre pour en déduire une conclusion commune.
Vous êtes encore plus dangereux que con.
à screugneugneux
De Freeeman
Informaticien | 12H13 | 07/07/2009 |
Si les deux situations sont effectivement différentes, les objectifs de leurs instigateurs me paraissent identiques, la destruction d'une identité et d'une culture pour un meilleur contrôle dictatoriale.
Evidement, lorsque l'on ne tient pas le discours bisounours du politiquement correcte, on flirt avec les lignes de la diabolisation. Si vous connaissez une société multiculturelle modèle qui ne fini pas en guerre civile, je serais très heureux de la connaitre et même de promouvoir ce beau modèle. Féru d'histoire et de culture, je n'en connais malheureusement aucun.
Vous semblez, dans votre diatribe, oublier la partie humaine des sociétés et des cultures. La théorie ne sert à rien dans le vivre ensemble, il faut que les gens le veuillent, tant d'un coté que de l'autre. Il faut aussi que les accueillants soient d'accord sur l'arrivée des nouveaux entrants. Quand Aimé Césaire dénonce le génocide par substitution, je ne pense pas qu'il fasse preuve de fascisme, alors pourquoi n'en serait t'il pas de même pour mon poste ?
à Freeeman
De penabranca
14H52 | 07/07/2009 |
Votre topo sur le rôle fondateur d'une culture est très pertinent.
Je vous rejoins totalement sur ce point, l'être humain a besoin de repères identitaires pour se définir..qui suis-je, d'où viens-je, ou va-t-on ? qui est mon père, ma mère etc…
Par contre je ne vous suis pas du tout sur l'impossibilité de faire cohabiter des cultures différentes. Seule la peur, l'incompréhension,l'intolérance explique les échecs parceque derrière les cultures, il y a des êtres humains qui aspirent tous à la même chose..pas souffrir, être heureux, en bonne santé.
N'ayez pas peur de la différence.
De poulpi_fzh
ingénieur en herbe ? | 09H15 | 07/07/2009 |
A l'occasion d'un voyage entre Beijing et Lahore, j'ai également eu la chance de parcourir cette magnifique région. Les différences entre villes Han et Ouïghour, complètement dissociées, sont stupéfiantes -- notamment à Kashi (Kashgar) ; elles laissent entrevoir la barrière culturelle et sociale qui sépare les deux peuples au quotidien.
Un chauffeur de taxi Han nous a compté comment, petit, il était venu s'installer avec ses parents suivant la politique d'immigration. Bien qu'agé, il lui était administrativement impossible de retourner dans sa région natale.
Frustrations des Hans, résistance des Ouïghours face à l'invasion culturelle (rechignent par exemple à utiliser le chinois mandarin) sur fond d'inégalités sociales et tensions religieuses exacerbées ; les ingrédients sont réunis pour un cocktail hélas détonnant.
Quelques photos, parmi tant d'autres :
http://little.wood.free.fr/ouane_shot/index.php ? inc=news&post=5
à poulpi_fzh
De noil haj
journaliste | 11H53 | 07/07/2009 |
Triste fait à dire, mon compère à Kashgar vient de m'apprendre que la municipalité a entamé une « cure » de la ville : ils détruisent toute la vielle ville, qui etait merveilleuse, en terre, à l'afghane… La c'est un acte de guerre culturelle, car je peux vous dire que la ville nouvelle et Han de Kashgar est bien laide en comparaison !
De MISTER
celibataire | 09H39 | 07/07/2009 |
pas un mots pour les 150 mots de l ethnique han , c est une aberration de racisme ici , il es bon de faire partir d une petite minorité en chine de nos jours.
est ce que les hans sont des humains ? je pense pas ici , c est incroybale de pas voir une condanations de votre part des ugurs .
a vous voir , vous attendez que ca en chine , toujours des excuses minables pour les petites minorités chinoise .
meme en france on n excuse pas les emeutes dans les banlieux , alors que la y a plus de 150 mort .
MINABLE CE RACISME ENVERS LES HANS
à MISTER
De biou
ronde | 09H52 | 07/07/2009 |
Ce n'est pas l'objectif d'un journaliste qui ne se rend pas sur place. mais c'est bien une tradition de Libé. Ils cherchent à créer, à susciter, à encourager des évènements. et ils seront payés pour ça. Robert Ménard est où mainetanant ? il gagne bien mieux sa vie après son coup de maître en 2008.
à MISTER
De moijepense
10H20 | 07/07/2009 |
Pierre haski reve tout haut de voir s'effondrer de l'intérieur l'empire chinois … pour cela il a défendu les tibétains et maintenant les urgurs islamistes … les populations civiles victimes de massacres il s'en bat l'oeil … seul compte sa haine viscérale du communisme chinois …. !
à MISTER
De noil haj
journaliste | 12H00 | 07/07/2009 |
MISTER
Allez voir mon poste précédent, je parle des autres ethnies, dont celles du Yunnan, il y a celles du Sichuan…. Je dis en effet qu'il y en a plein qui sont intégrées, appréciée et respectée. C'est une beauté de la Chine. Ce n'est pas le cas des Ouighours et des Tibétains. Si vous êtes pas d'accord, allez faire un tour pendant quelques années en Chine, avec Hans, Tibétains, Ouighours, Naxi, Chams, Kazakhs, Kyrgyzh, Hmong… Ils sont très loquaces.
à noil haj
De MISTER
celibataire | 15H42 | 07/07/2009 |
au contraire de vous , je fait un aller retour tout les 2 mois en chine , certe j ai pas mis les pieds a xinjiang et a lhassa .
j irai surement au tibet l hassa quand j aurai le temps , mais a xinjiang jamais de la vie .
quand on vois ce qui se passe la bas , ca donne pas du tout envie de mettre les pieds .
de toute facon y a que en europe que on parle des probleme des ugurs et tibetains. on se demande pourquoi ? si y avait pas messieur le grand timonier le dalai lama et rebiya kadeer .
les 2 ethiniques que on cite la , sont et seront aussi bien integré que les autres petites ethniques que vous m avez cité .
à noil haj
De balipit
bonne | 08H14 | 08/07/2009 |
Pour celles que je connais du Yunnan , les chinois les reconnaissent surtout depuis le boom touristique sinon avant c'était plutot voleurs etc …
De biou
ronde | 09H49 | 07/07/2009 |
Le titre serait plus sensationnel : les chinois commettent de génocide à Xinjiang.
à biou
De colyz
psy | 17H19 | 07/07/2009 |
quelle hargne chez vous
De screugneugneux
râleur-NRV | 10H02 | 07/07/2009 |
combien de temps encore la chine pourra t elle maintenir son unité par la violence ? ?
interéssant de constater qu'il y a deux mille ans ils étaient dejà sous la forme d'un empire qui perdure, alors que de notre coté, tant de chose se sont faites et défaites.
Notre méconnaissance total de la chine nous empêche sans doute de bien la comprendre, l'appréhender.
En outre, bien la comprendre et la connaitre, c'est prendre conscience qu'on est pas au centre du monde en Europe, tant geographique qu'historique.
De ottozzir
independant | 10H03 | 07/07/2009 |
bonjour.
j ai vecu en chine. 3 ans.
je suis passe par le xinjiang, y ai rencontre un des peuples les plus hospitaliers et interessants du pays, y suis reste, de decembre 2006 a aout 2008.
quitte la province quelques jours avant les j.o., ecoeure par les controles et la pression policiere. le racisme ambiant. le desert qui separe les hans des populations locales.
entrez s il vous plait dans la plus grande librairie de kashgar : 5 etages remplis de livres en mandarin ; pour la partie ouigoure, 15 metres carres de manuels debiles.
j ai habite uniquement a urumqi, dans un immeuble peuple d employes du gouvernement. protege et tres officiel donc. ou mes amis ouigours n avaient pas le droit de venir me voir. mes amis chinois dans cette meme ville ? un seul m a accorde sa confiance. un amoureux de la france.
le bingtuan extremement puissant, etat dans l etat, les essais nucleaires, les campagnes d avortement force, les deplacements de populations, les raffles, les disparitions, vous savez sans doute. non ?
je vais parler de comment vivent les ouigours maintenant.
les etudiants ont peur. peur d etudier pour rien, les emplois qualifies sont reserves aux hans. peur de devoir vivre comme leurs parents, agriculteurs pour beaucoup, obliges de vendre leur production a l etat
a un prix derisoire. 3 centimes d euro le kilo de coton.
les meres les soeurs les epouses ont peur. peur de voir disparaitre du jour au lendemain les hommes adultes.
les voisins se mefient des voisins. le gouvernement embauche des policiers kazakhs pour surveiller les ouigours, les mosquees sont aux mains des musulmans hui, parler librement est possible uniquement en dehors des murs.
aout 2008, 4 heures du matin, ma derniere conversation avec une jeune femme ouigoure, employee de nuit dans un restaurant ouvert 24 sur 24 :
» - je pars demain, je te laisse mes livres en anglais.
- merci. c est une denree precieuse ici, tu sais. tu reviendras ?
- non. dis moi seulement comment tu vois le futur.
- a urumqi ? guerre civile. et pas seulement a urumqi. de canton a harbin, de pekin a kashgar, les gens ne supportent plus cette dictature, cette corruption grossiere. «
elle voudrait bien partir, etudier a l etranger… obtenir un passeport quand on est ouigour, c est plutot difficile. impossible depuis dimanche.
De franco-chinois
chercheur | 10H07 | 07/07/2009 |
Un manuel scolaire japonais prétendait que l'armée impériale japonaise durant la seconde guerre mondiale, a aidé les peuples en Asie à se « décoloniser », en créant par exemple le Manchouguo (le pays des Manchous), comme en fin du 19e et au début du 20e siècle, les Anglais ont essayé de créer un Tibet indépendant, les Français en Indochine, les Russes au Xinjiang avec le Turkestant Oriental et la Mongolie…
La Chine d'alors était une dynastie en fin de souffle.
Aujourd'hui, les chinois travaillent dure afin que l'histoire ne se reproduise.
De plus, l'ex-URSS et l'ex-Yougoslavie sont là pour servir d'exemple.
Sous couvert de critique de la mauvaise gestion des minorités en Chine, votre chanson, Mr Haski, les chinois l'ont déjà entendue.
De JCVION
10H30 | 07/07/2009 |
Je trouve personnellement assez choquant de faire endosser toute la responsabilité à la colonisation Han dans la province du Xinjiang. Les Hans ne sont pas exempts de reproches dans cette région, particulièrement le gouvernement de Pékin mais il est malhonnète de résumer les émeutes à ce seul fait. La population Ouighour est une population difficile et ce depuis très longtemps. Je suis assez géné par la sempiternelle explication de nos bonnes âmes qui résument les tensions au fait que ces pauvres populations locales ne peuvent pas exercer leur religion, leurs coutumes locales…tout cela me semble être du « bullshit »…le problème n'est pas là mais tout simplement économique. Si le Xinjiang devenait plus riche, commençait par exemple à s'intéresser et à développer le tourisme…(mais tout le monde a peur d'aller là bas et nos « intellos » et prescripteurs de voyages comme Le Guide du routard qui n'écrit pas 2 lignes sur son guide sur la Chine…), je peux vous assurer que ces tensions ethniques disparaitraient rapidement. Tant que l'économie locale ne se développera pas, les tensions resteront…Les Hans sont certainement les mieux lotis, les plus prospères dans cette région mais peut être aussi sont ils ceux qui sont les plus éduqués et les plus travailleurs ? …Je me risque à faire un parallèle avec nos banlieux françaises mais nous avons dans une moindre mesure le même problème à affronter. Si des tensions persistent cela s'explique par le sentiment vécu par certains jeunes que leur avenir est opaque…alors qu'il pourrait s'éclaircir si ils acceptaient de bénéficier de la chance offerte par la république de « monter en gamme » via l'éducation. Le Xinjiang, une fois encore, a de nombreuses ressources pour réussir mais elles sont peu exploitées en grande partie du fait du comportement des locaux. Je me suis rendu depuis Pékin à Urumuqi (50 heures de train en 3em classe), j'ai vécu avec les Ouighours et c'est vrai que dés lors qu'ils vous ont « adopté », ils vous respectent et vous traitent amicalement…mais je ne suis pas arrivé à me faire « adopter » par tous les Ouighours que j'ai rencontrés et j'ai eu de nombreux soucis avec eux. C'est le seul endroit de Chine où on a essayé de me voler (et croyez moi, c'est assez effrayant quand votre agresseur porte, comme la plupart des locaux, des couteaux à la ceinture..). La situation est très complexe et je suis assez géné de la voir résumer par la simple équation du genre. Gouvernement Pékin = Répression. C'est en partie vrai mais il n'y a pas que cela. Plus la Chine va s'enrichir, plus le gouffre va se creuser entre minorités et Hans et plus nous devons nous attendre à des événements comme ceux de Llhassa et Urumuqi….L'avenir n'est pas évident…A suivre.
De Suleiman B
Chercheur | 10H49 | 07/07/2009 |
Contrairement à ce que dit M. Haski, le nom de Xinjiang est bien antérieur à 1949 : lorsque les Mandchous ont conquis le Turkestan sous Qian Long (1735-1796), ils ont donné ce nom aux territoires annexés. A cette époque, le nord du Turkestan (Dzoungarie-Altai) est devenu une terre de peuplement, mais uniquement pour les Mongols et les Mandchous : les Han n'avaient pas le droit de s'y installer ; ils n'obtinrent ce droit que bien plus tard. Le sud (Kuça, Aksu, Kashgar, Yarkent, Yenisehir et Hoten) resta essentiellement peuplé de Turcs (Ouighours et Kirghizes principalement).
Par ailleurs, les Chinois sont bel et bien arrivés avant les peuples turcs dans ce qui est aujourd'hui le Xinjiang. C'est à partir de 111-108 avant notre ère que les Han de l'Est ont commencé à envahir le pays pour en chasser leurs ennemis les Xiongnu, puis à coloniser le pays qui était organisé en petits cité-Etats comme Qiuci, Khotan, Shule, etc., dont la population était d'origine iranienne et sogdienne. Après les Chinois, sont arrivés les peuples de la steppe (Xiongnu, Gaoju, Ruanruan, Xianbei, Tuyuhun, Hephtalites, etc). Les Türks ne sont arrivés dans la région que dans la seconde moitié du VIe siècle de notre ère soit plus de sept cents ans après les Chinois ; ils en firent une partie de leur immense empire qui allait de la Perse à la Mandchourie. Vaincus par les Tang, les Türks sont devenus leur bras armé contre les invasions arabes au VIIIe siècle. Le grand empire ouighour (VIIIe-IXe) fut un allié encombrant mais indispensable : les Tang les appelèrent à leur secours contre la rebellion d'An Lushan et Shi Siming (755-761) et surtout contre l'invasion tibétaine. Les Ouighours, chassés de Mongolie par d'autres tribus turques (Basmils, Kirghizes, etc) firent mouvement vers l'ouest et s'installèrent dans ce qui est le Xinjiang en y créant deux khanats qui survécurent sous les Mongols ; le dernier khanat ouighour, celui de Khumul (Hami) fut détruit par les autorités provinciales du Xinjiang en 1931 et sa population massacrée par les armées du Guomindang (donc bien avant l'arrivée de Mao au pouvoir…).
Les peuples turcs s'islamisèrent tardivement, vers le XIe siècle à la suite des princes karakhanides. A cette époque, la Chine des Song était repliée sur les territoires proprement chinois, et ce n'est qu'au XVIIIe siècle que les Qing Mandchous sont revenus dans la région. La population resta majoritairement turque malgré les efforts de colonisation.
Pour ce qui du Turkestan chinois, toute son histoire récente n'est que l'histoire de la résistance aux empiètements des pouvoirs chinois (impérial, Guomindang et maoiste) : vers 1830, Cehangir se souleva et il fallu bien des efforts pour en venir à bout ; ensuite en 1864, à Kuça, ce fut Reshidin Khan soit disant descendant du prophète qui se proclama souverain suprême, mais surtout, entre 1865 et 1877, Yabub Beg organisa l'émirat des Sept Cités (Kuça, Aksu Faizabad, Kashgar, Yarkent, Yenisehir et Khotan) qui reconnu la suzeraineté de l'empire ottoman, et qui fut le plus important et le plus organisé des soulèvement. Après l'installation de la République (1912), la situation ne s'améliora pas pour les Ouighours (de même que pour tous les Turcs de la région, et même les Mongols et les Chinois musulmans du Gansu, les Douganes) qui furent l'objet de persécutions et de massacres. Après les massacres de Khumul, le Turkestan oriental devient un vaste champ de bataille : en 1932, les émirs de Khotan (dont Mehmet Emin Bughra) instituèrent le gouvernement Islamique de Khotan, en 1933, à Kashgar, Timur de Kuça et le Parti Jeune Kashgar créent la République du Ouighouristan qui fut annexée par les émirs de Khotan et devint la République Islamique du Turkestan Oriental (1933-1934), de 1934 à 1937, les Dounganes installent une administration autonome sur l'Asagi Yol (les oasis du sud entre Yarkent et Tcharklik), et plus tard, ont vit apparaître la République du Turkestan Oriental (1949), etc.
Dans tous les textes chinois, impériaux, républicains ou communistes, le Turkestan oriental est toujours appelé Xinjiang. Les textes turcs locaux disent « Sharki Turkistan » (Turkestan oriental), les textes en turc moderne disent « Dogu Turkistan ». Quelques monnaies donnent le terme de « Uiguristan cumhuriyeti », c'est-à-dire « république du Ouighouristan ».
De Pierre Haski (auteur)
Rue89 | 11H20 | 07/07/2009 |
Le niveau de votre humour s'approche du caniveau. Je vous signale en passant que j'ai passé cinq ans en Chine, et que je me suis rendu au Xinjiang. Mais ce n'est pas ça qui va vous déranger dans votre pavlovisme anti-musulmans.
De Pierre Haski (auteur)
Rue89 | 11H20 | 07/07/2009 |
Le niveau de votre humour s'approche du caniveau. Je vous signale en passant que j'ai passé cinq ans en Chine, et que je me suis rendu au Xinjiang. Mais ce n'est pas ça qui va vous déranger dans votre pavlovisme anti-musulmans.
à Pierre Haski
De biou
ronde | 11H40 | 07/07/2009 |
anti-chinois primaire.
à Pierre Haski
De Clarence64
S. D. Financière. | 12H02 | 07/07/2009 |
réponse…
Qu'est ce que vous avez contre le caniveau, c'est utile pour l'hygiène publique …..et se débarrasser des déchets…
Vous vous êtes rendu en Chine et alors …
Ce que vous écrivez est totalement faux, des minorités islmamistes ont attaqué des magasins chinois …
Le gouvernement Chinois sait très bien que l'islam est une menace pour son grand pays …
Rassurez vous, il va régler ce problème aussi bien qu'avec les Tibétains ….
Mieux que ne le fera l'Europe décadente …
Les droits de l'homme et du terrorisme … le gouvernement Chinois s'en fiche et il a raison …
Quant à votre prochain voyage en Chine , j'attends de voir comment vous allez être accueilli ….
Au secours Kouchner ……..
Au secours Sarkozy ….
Rassurez vous , ils n'ont pas besoin d'un talent comme vous , ils ne vous garderont pas longtemps ….
à Clarence64
De colyz
psy | 17H22 | 07/07/2009 |
quelle haine dans votre bouche
à Clarence64
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H31 | 08/07/2009 |
Vous êtes sûr de taper sur un clavier vous ?
Parce qu'à vous lire on dirait que vous avez des gants de boxe, les internautes ne sont pas là pour se faire engueuler et j'aimerais bien suivre les commentaires sans subir votre violence verbale, qui ne l'est que parce que vous ne pouvez atteindre physiquement vos interlocuteurs, sinon j'imagine assez bien le tableau.
à Pierre Haski
De l.oiseau.lyre
citoyen du monde | 12H50 | 07/07/2009 |
Rassurez-vous Mr Haski, vos papiers ne touchent pas que des ignares irrespectueux, beaucoup d'entre nous vous sommes reconnaissant pour ces informations pertinentes et qui sortent du carcan médiatique occidental… Merci à vous et vive la 89eme ! ! !