Au Xinjiang, les Ouïgours résistent à la « colonisation »

La coexistence ethnique au sein de l'ensemble chinois est fragile. L'histoire des Ouïgours en est emblématique.

Statue de la rencontre entre Mao et un Ouïgour, Khotan, 2005 (P. Haski/Rue89).

Urumqi, la capitale du Xinjiang dans le nord-ouest de la Chine, a connu dimanche une journée sanglante : 156 morts et plus de 800 blessés, lors de manifestations de Ouïgours protestant contre des violences éthniques à l'autre bout du pays, dans une usine du Guangdong, violemment reprimées par les forces de l'ordre. Selon les premiers témoignages de journalistes étrangers, une majorité de victimes seraient des Han, le groupe dominant en Chine, ce qui rappelle l'explosion de violence au Tibet l'an dernier, suivie d'une grande répression.

Le Xinjiang est peu présent dans l'actualité, bien moins que le Tibet : c'est pourtant un enjeu déterminant pour la Chine et le test de la capacité de ses dirigeants à gérer la diversité ethnique dans l'ensemble du pays.

Grand comme trois fois la France, riche en pétrole et en gaz, le Xinjiang est situé, comme le Tibet, aux marches de l'empire chinois, et a un peuplement différent de la majorité Han qui constitue le socle de la Chine. Située aux confins de l'Asie centrale, cette province, aussi appelée Turkestan oriental à certains moments de son histoire, est au coeur de la route de la soie, la grande voie de commerce et de circulation du premier millénaire, et, à ce titre, objet de convoitises.

La route de la soie, convoitée et disputée

Lorsque les touristes venus du reste de la Chine arrivent à Kashgar, la ville la plus à l'ouest du Xinjiang, ils vont systématiquement visiter le mémorial de Ban Chao (32-102), « maréchal » de la dynastie des Han, qui conquit la région en l'an 94 de notre ère (voir la photo ci-dessous). Une manière de se renforcer dans l'idée qu'ils sont ici chez eux depuis près de deux millénaires, malgré un environnement qui peut leur sembler bien loin de leur monde de Pékin et Shanghaï…

Touristes Han à Kashgar, 2005 (P. Haski/Rue89).

L'histoire est évidemment un peu plus compliquée et, depuis l'an 94, la route de la soie a vu défiler conquérants et marchands, prophètes et soldats à un rythme accéléré. Ce qui est assuré, c'est que la Chine, impériale ou communiste, a toujours voulu faire main basse sur cette région stratégique, qui détient les principales réserves de pétrole et de gaz de la Chine, et lui donne un accès à l'Asie centrale ex-soviétique, au Pakistan (voir la photo ci-dessous, prise à Tashkorgan, près de la frontière pakistanaise) ou à l'Afghanistan.

Statue de soldat à la frontière pakistanaise, 2005 (P. Haski/Rue89).

Comme pour le Tibet, lorsque le pouvoir central chinois était faible, la région reprenait le large vis-à-vis de ces ambitions chinoises. Le Xinjiang fut solidement arrimé à l'empire chinois sous le règne conquérant de l'empereur Qianlong, qui marqua l'apogée des Qing, mais il lui échappa lorsque l'empire se délita.

Comme le Tibet, le Turkestan oriental était indépendant lorsque la guerre civile chinoise faisait rage dans la première moitié du XXe siècle, jusqu'à ce que les troupes de Mao Zedong fassent leur entrée à Pékin, en 1949. Pékin n'exerçait plus aucune autorité sur le grand ouest, où avait été proclamée une république démocratique du Turkestan oriental.

Dans la confusion de cette époque, alors que s'affrontaient dans cette région des courants nationalistes, des islamistes, des prochinois et des prosoviétiques, la victoire de Mao mit fin à l'incertitude. Le Grand Timonier fit ce qu'il fallait pour reprendre le contrôle du Tibet comme du Xinjiang.

Mao fit venir à Pékin pour des négociations les dirigeants nationalistes qui tentaient de préserver leur république indépendante. Accident ou traquenard ? Toujours est-il que leur avion s'écrasa le 27 août 1947, et l'ensemble du leadership nationaliste ouïgour fut décimé. Trois mois plus tard, les troupes de l'armée populaire de libération (APL) chinoise faisaient leur entrée dans la capitale, Urumqi.

Objectif peuplement

Depuis 1949, le Xinjiang est fermement entre les mains du pouvoir central pékinois, malgré son appellation officielle de République autonome. Dès 1950, une politique d'émigration massive de Hans de l'est de la Chine fut lancée, et un corps militaire, le Bingtuan, fut créé pour allier les tâches de défense à celles de mise en valeur et de peuplement du Xinjiang. Un demi-million de soldats-paysans furent ainsi acheminés vers le Xinjiang au cours des cinq premières années de la République populaire. Ce corps existe encore et assure l'ossature du peuplement de la région, face à une Asie centrale devenue périlleuse.

Le train Urumqi-Kashgar, 2005 (P. Haski/Rue89).

Cette politique a surtout pris son essor avec la construction, dans les années 90, de la voie de chemin de fer Urumqi-Kashgar, reliée au réseau ferré chinois. Aujourd'hui, sur ce train, se croisent quotidiennement des militaires en permission, des Ouïgours en voyage et de nouveaux immigrants venus de l'est de la Chine, balluchon sur l'épaule, en route vers ces nouvelles terres de conquête de l'Ouest (voir photo ci-dessus).

C'est évidemment la principale source de tension entre une population locale qui se voit progressivement marginaliser, démographiquement, économiquement et politiquement. Officiellement, les Ouïgours et les autres « nationalités » du Xinjiang (Kazakhs, Kirghizes, etc.) sont toujours majoritaires, mais les Han, le groupe dominant en Chine, constituent plus de 40% des quelque 20 millions d'habitants du Xinjiang.

Cette installation fait coexister deux sociétés aux valeurs contradictoires. Ainsi, à Kashgar, la ville nouvelle chinoise a été bâtie en tournant le dos au bazar ouïgour qui tombe en ruine. Entre les deux, une sculpture géante de Mao, l'une des rares construites après sa mort où que ce soit en Chine… Dans le quartier Han, on vit exactement comme dans l'est de la Chine, loin de l'islam de plus en plus rigoriste qui devient le refuge croissant des Ouïgours marginalisés. Car la question nationale et identitaire ouïgour se double de plus en plus d'un combat religieux comme dans l'ensemble de cette zone d'Asie centrale instable et agitée.

Quelques centaines de mètres seulement séparent les lieux des deux photos ci-dessous. La première est en marge d'un défile de mode pour robes de mariées côté Han, la seconde est dans le bazar Ouïgour de la ville, beaucoup plus conservateur. Les deux mondes se croisent, s'ignorent, et parfois s'affrontent.

Défilé de mode de robes de mariées dans le quartier Han de Kashgar, 2005 (P. Haski/Rue89).

femme musulmane, Kashgar 2005 (P. Haski/Rue89)

Urumqi, où se sont déroulées les sanglantes émeutes de dimanche, présente la situation paradoxale d'être la seule ville du Xinjiang où les Han sont majoritaires. Là aussi, un sérieux contraste entre le quartier Han et le quartier Ouïgour ; d'un côté le business chinois, de l'autre le bazar et les vendeurs dans la rue. Entre les deux, là aussi, la méfiance, l'incompréhension, l'hostilité, les préjugés.

Urumqi, 2005 (P. Haski/Rue89).

Ces émeutes posent le problème de la réalité de la coexistence ethnique au sein de l'ensemble chinois. Derrière la façade de l'unité entre les 56 nationalités recensées en Chine, et de l'« harmonie » officielle, la réalité est plus prosaïque, plus coloniale, un mot qui fait hurler à Pékin. Au Tibet l'an dernier, au Xinjiang cette année, les mêmes causes -la frustration d'un peuple marginalisé-, produisent les mêmes effets : des explosions de violence aveugle.

Photos : statue de la rencontre entre Mao et un Ouïgour, Khotan, 2005. Touristes Han à Kashgar, 2005. Statue de soldat à la frontière pakistanaise, 2005. Le train Urumqi-Kashgar, 2005. Défilé de mode de robes de mariées dans le quartier Han de Kashgar, 2005. Urumqi, 2005 (P. Haski/Rue89).

119 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de chengyang

à Green-Sky Portrait de Green-Sky De chengyang

20H15 | 07/07/2009 | Permalien

Cher ami,
Comparons ce qui est comparable …
Les morts de ces 3 derniers jours au Xinjiang sont principalement le résultat de massacres inter-ethniques.
Attendons pour en savoir plus pour faire un bilan plus précis, mais je doute que la police soit à l'origine de la grande majorité des décès.

Portrait de Green-Sky

à chengyang Portrait de chengyang De Green-Sky

Citoyen social-démocrate à Paris | 07H09 | 08/07/2009 | Permalien

Comparer ce qui est comparable, je ne demande pas mieux.

A ce moment-là, laissons tomber la Nouvelle-Calédonie (où l'on a d'ailleurs organisé un référendum d'auto-détermination…) et comparons avec la répression au Tibet l'an dernier.

Portrait de batila

à Green-Sky Portrait de Green-Sky De batila

entrepreneur international | 18H23 | 08/07/2009 | Permalien

Excellent !
Allons Mr Chyang, vous commencerez à comparer la colonisation chinoise à la colonisation française le jour où le Tibet et Le Turkestan seront décolonisés…

Portrait de colyz

à chengyang Portrait de chengyang De colyz

psy | 16H56 | 07/07/2009 | Permalien

Honorable chengyang je lis avec beaucoup d'intérêt ce que vous dites et je m'instruis car je suis assez ignorant de cette partie du monde (le xinjiang).

Mais pour mieux vous comprendre ou plutôt comprendre le fond de votre pensée pourriez-vous me dire (sans détour) si vous pensez que le cas du Tibet est identique à celui du xinjiang.

La présence chinoise au tibet, d'après vous est-ce une bonne chose ?

Pour reprendre votre image parlante, les Chinois y jouent-ils à peu près le même rôle que celui joué par les Romains en Occident avec leur « pax romana » ; la « pax sinica » assure-t-elle au tibet (comme dans le xinjiang) à tous les tibétins qui vivent dans la région le progrès et la richesse ?

Merci de me répondre.

Portrait de chengyang

à colyz Portrait de colyz De chengyang

19H57 | 07/07/2009 | Permalien

La question que vous me posez là est sensible (et ressemble fort à un chausse trappe), mais je peux vous donner quelques éléments de réponse …

En aucun je ne peux vous dire si la présence chinoise est une bonne ou une mauvaise chose, elle est simplement un fait, qu'il faut essayer de comprendre et d'expliquer.

Il est certain que, loin des images d'Epinal, fournies par le cinéma hollywoodien, l'histoire du Tibet est loin d'avoir été aussi pacifique et tranquille que ce que l'on imagine habituellement. Pour aller vite, les quelques familles au pouvoir sur le toit du monde et les différents courants religieux ne cessaient d'être en conflit, ce qui impliquait régulièrement l'appel à des puissances étrangères afin de régler ces différents. C'est ainsi que les empereurs mandchous, les mêmes qui annexèrent le Xinjiang (vous voyez tout se tient ! ) furent appelés au Tibet par le chef de la secte Gelugpa, plus connu sous le titre de dalaï lama, fit appel au XVIIIè s. à l'empire mandchou pour restaurer son pouvoir menacé à la fois par la guerre civile (le Potala avait été détruit) et l'invasion des Népalais. En ce sens, on peut affirmer, qu'à cette époque, la « pax sinica » fût profitable au Tibet.

Le retour des Chinois sur le toit du monde au début des années 50 intervient dans un contexte bien différent, celui d'un régime communiste. Si dans un premier temps les Chinois furent relativement bien accueillis (voir à ce propos ce qu'a écrit Alexandra David Neel), les choses se tendirent lorsque il fût question de mettre en oeuvre la réforme agraire et de spolier les monastères et les grands propriétaires (cause du soulèvement de 1959).

Depuis la politique d'ouverture menée par Deng Xiaoping, le Tibet se trouve confronté au même problème que le Xinjiang, à savoir un écart de plus en plus important entre les provinces de l'Est, riches et en plein boom économique, et les provinces de l'Ouest, laissées pour compte du développement économique chinois. Je suis persuadé que les événements actuels du Xinjiang et ceux passés du Tibet sont principalement liés à cet état de fait. Ce qui provoque des crispations identitaires communes autour de la religion et les émeutes ethniques que nous observons.

Pour une analyse plus détaillée, je vous recommande la lecture de l'article suivant qui montre que, là aussi les choses ne sont pas simples, la question de l'avenir du Tibet étant en fait celui du choix du repli sur soi ou de l'ouverture sur la modernité.
http://www.cafe-geo.net/article.php3 ? id_article=125

Portrait de colyz

à chengyang Portrait de chengyang De colyz

psy | 20H44 | 07/07/2009 | Permalien

Je vous remercie de votre réponse.

Vous semblez très averti, ce que je ne suis pas du tout.

Mon parti pris est plus affectif qu'autre chose : un parti pris pour le Tibet, tout en sachant qu'il y avait avant une sorte de féodalisme avec toute sa hiérarchie qui comme toute hiérarchie a ses excès et ses aliénations aveuglantes.

Oui ma question était chausse trappe, mais vous l'avez déjouée.

Vous êtes quelqu'un qui m'intrigue de part votre savoir (je n'ai pas dis que vous êtes un intriguant).

Bien à vous même si nos avis peuvent diverger : les vôtres basés sur la raison rationnelle, les miens plus sur la raison du coeur.

Portrait de colyz

à chengyang Portrait de chengyang De colyz

psy | 04H51 | 08/07/2009 | Permalien

Honorable chengyang,

Je reviens sur votre réponse après avoir pris connaissance de l'article, que vous m'indiquez, de Pierre Chapoutot, cet alpiniste, prof d'histoire-géo qui a écrit en 2003 « Géopolitique du Tibet, Tibet imaginaire et Tibet réel ».

J'ai appris des choses car l'article est renseigné et surtout très habile sur le plan de l'écriture. En effet, il est construit sur le principe de juste milieu qui emporte l'adhésion, du moins dans un premier mouvement.

Mais est-il vrai ? Mais qu'est-ce que la vérité ?

Au fond que nous dit-il sinon des banalités du genre :

1) la bouteille n'est jamais à moitié vide car elle est à moitié pleine,

2) la réalité n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît,

3) ne prenez pas parti pour l'un ou pour l'autre car l'un et l'autre ont raison de penser ce qu'ils pensent quand on comprend pourquoi ils le pensent…

L'article a ses faiblesses aussi.

Je songe à quelques opinions que nous livre l'auteur qui sont le défaut de la cuirasse et nous invitent à une certaine humilité.

Par exemple, Chapoutot se laisse à dire : « À moins de consacrer l'essentiel de son temps à la méditation, on voit mal comment le bouddhisme pourrait être adopté dans son intégrité par un Occidental imprégné du culte moderne de l'individu… “

Je ne suis pas adepte de la méditation mais je peux imaginer des occidentaux qui méditent en marchant dans les rues de Paris tout comme un tibétain méditerait assis dans sa grotte.

Ces occidentaux seraient alors pleinement bouddhistes, sans le savoir, et tout en étant imprégnés du culte moderne de l'individu…

Il y a en France (et ailleurs) tout un mouvement de pensée qui se veut rationnel, ses partisans réseautent et tricotent des discours des lumières (ils se retrouvent probablement dans des associations du type café-géo, réseau brightfrance, sciences citoyennes, rue 89…). Je suis moi-même à temps partiel un de ces partisans. Vous aussi peut-être ?

Mais au final je crois assez avec le poète Allen Ginsberg (qui était bouddhiste tibétain de l'école Kaggyuppa originaire du Kham, courant qu'oublie de citer Chapoutot comme il oublie de citer les nyagmapas) que toute la presse et toute la gestion de l'information ne sont que de pauvres tentatives pour essayer de diriger notre vie émotionnelle.

Bien à vous.

Portrait de stephanemot

De stephanemot

Author & Chief AtoZ Officer | 02H00 | 07/07/2009 | Permalien

Beijing a fait le choix d'exploiter la crise par la propagande mais c'est une triple erreur strategique :

- mise en evidence de l'echec de la colonisation
- choix de l'ultranationalisme perdant a terme
- appel indirect au jihad international

http://blogules.blogspot.com/2009/07/ouigours-beijing-mediatise-et-senfo…

Portrait de mamane

à stephanemot Portrait de stephanemot De mamane

Ingénieur | 04H28 | 07/07/2009 | Permalien

Très juste !

Vite écrit cela à nos députés ! a nos maires ! a nos ministre ! a notre glorieux président !

Ils ne sont pas au courants

Portrait de mamane

De mamane

Ingénieur | 04H26 | 07/07/2009 | Permalien

En Chine comme en France, on applique des principes idiots comme celui de l'assimilation.

Les seuls politiques pouvant fonctionner dans des pays multiculturels ne consiste pas à dire : « pour etre légitime à vivre dans ce pays vous devez être comme les souchiens de ce pays » mais bien « vous êtes auant légitime à vivre dans ce pays que les souchiens ».

On voit en chine une limite des modeles « universalistes », qui certes prétendante à l'égalité de droit et de devoirs mais consistent également à dire il n'y a qu'une manière d'être dans ce pays. A quand des modeles « diversaliste » qui inclus non seulement la l'égalité de droit et de devoir, mais aussi l'égalité de légitimité.

Portrait de balipit

à mamane Portrait de mamane De balipit

bonne | 08H57 | 07/07/2009 | Permalien

Le gouvernement chinois a toujours accordé peu d'interets aux minorités ethniques qui bordent ses frontiéres , Il n'y a donc pas une volonté politique d'assimilation et les chinois dénigrent facilement ces minorités sans souvent les connaitre : voleurs , pourvoyeurs de drogues …
Je crains donc que votre vision , méme si elle semble pétrie de bon sens , soit assez éloignée de celle du gouvernement chinois

Portrait de nono le simplet

De nono le simplet

illuminé basse tension | 05H33 | 07/07/2009 | Permalien

Si j'ai bien tout compris la Chine serait une vaste Yougoslavie ou les Han seraient les Serbes .
ça promet des moments « joyeux » si le communisme s'effondre !
Les collectionneurs de timbres vont devoir rajouter des pages à leurs albums .
Merci pour cet article sur une région du monde peu connue de nous alors qu'elle représente un terrien sur trois .
Je me permets de rajouter une carte pour les incultes comme moi !

Portrait de L'amie

à nono le simplet Portrait de nono le simplet De L'amie

de passage | 08H25 | 07/07/2009 | Permalien

si en plus tu fais apparaître sur ta carte le Grand Tibet …alors là on se « marre » !

Portrait de colyz

à L'amie Portrait de L'amie De colyz

psy | 17H01 | 07/07/2009 | Permalien

Effectivement où est le TIBET sur la carte ? D'où vient la carte ?

C'est comme les cartes sans l'Arménie ou sans Israël !

Portrait de nono le simplet

à colyz Portrait de colyz De nono le simplet

illuminé basse tension | 03H19 | 08/07/2009 | Permalien

il suffisait de demander gentiment !

Portrait de colyz

à nono le simplet Portrait de nono le simplet De colyz

psy | 04H57 | 08/07/2009 | Permalien

Merci à toi.

Tu sais moi aussi je suis simplet et très nono.

Cordialement.

Portrait de mickafrench

De mickafrench

Ecossaise, un physique de rêve avec... | 06H48 | 07/07/2009 | Permalien

Des nouvelles de l'Ecossaise…

Appel à la retenue de Micka FRENCH aux Chinois :
« Bon, les Chinois, c'est pas tout ça, vous me ferez une heure de retenue ce soir de 17H00 à 18H30 »…
Avec les compliments de Micka FRENCH
http://mickafrench.unblog.fr

Portrait de Yvon

De Yvon

06H49 | 07/07/2009 | Permalien

Ce n'est pas si facile et arrêtons de mettre de l'huile sur le feu en ayant des réactions anti-chinoises si simplistes, si primaires. Il suffit de bien regarder ce que sont devenus les peuples « libérés » de l'ex-urss et surtout le bourbier yougoslave avec plus de 200 000 victimes ( merci à l'allemagne d'avoir reconnu la croatie ! ) et surtout le retour de ces « états » religieux ( Bosnie, croatie, Albanie, Kossovo avec leurs épurations éthniques. .Quand je vois une femme voilée et un internaute appeler au « djihad » , je me dis qu'il vaut mieux être femme en Chine ! C'est vrai que ces 2 mondes existent sans se connaitre avec une telle méfiance qu'il serait plus intelligent d'appeler les 2 sociétés à plus de tolérance et de respect pour ne pas tomber dans des souffrances abominables manipulés par des chefs religieux bien gras et bien armés. Quant au colonialisme…qui sommes-nous pour encore donner des leçons , hein les amis de françafrique !

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 07H09 | 07/07/2009 | Permalien

Sur la situation en Chine et les évènements du Xinjiang, voir aussi le très intéressant blog de Sylvie Lasserre : Sur les routes d'Asie Centrale.

Portrait de RETRO

De RETRO

artiste guitariste/chanteur/travell... | 07H14 | 07/07/2009 | Permalien

pierre haski merci pour tous votre taff ! ! ! ! !

ça rassure de savoir qu'il reste des VRAIS journalistes ( toute la rue89 )

Portrait de Louvois

De Louvois

07H49 | 07/07/2009 | Permalien

Allons, encore un commentaire a la trappe. « On ne parlera pas de l'affaire ». Dommage.

Portrait de noil haj

De noil haj

journaliste | 08H20 | 07/07/2009 | Permalien

La colonisation du Xinjiang est un fait. Je peux en témoigner, aussi modestement que je le peux, par mon expérience. J'ai habité deux ans dans le Sud de la Chine, et j'ai silloné le Xinjiang, région passionante et tristement ignorée. Comprenez mon désarroi quand je vois le monde clamer la liberté pour le Tibet et que l'on ignore le Xinjiang, frère du Tibet, en tant que voisins et comme victimes des Hans. Les deux leaders charismatiques des deux nations des Tibetains et des Ouighours étaient très proches. Beaucoup les turcs connaissent les Ouighours. Mais surtout le Tibet et le Xinjiang ont perdu leur territoire au même moment. Je pense que le fait qu'il n'y ait pas eu d'images violentes de la prise du Xinjiang a servi au silence (contraire du Tibet)…

Le Xinjiang en Chinois, veut dire approximativement « la terre lointaine », donc je n'aime pas utiliser ce terme. La terre des Ouighours est bien la leur. Ce pays est marqué par son passé en tant que route de la Soie, et il y a des merveilles inimaginables dans ce pays. Les Musulmans d'aujourd'hui sont les bouddhistes d'hier, et ce pays est un carrefour de cultures et d'histoire. Je dis cela pour affirmer les Ouighours sont un peuple. Ils perçoivent leur(s) identité(s), et la Chine Han n'en fait pas partie. Je témoigne qu'on ne pourrait être plus loin de la Chine que à Kashgar. Les revendications des Ouighours ne sont pas millénaires ou centanaires, elles datent d'à peine 50 ans. Un homme avec qui je me suis entretenu m'a dit expliqué comment tout le gouvernement du Turkestan de L'Est est parti en avion négocier avec les troupes communistes pour s'écraser, paralyzant le pays : « En une nuit, nous somment tous devenus Chinois… »

Mais malheureusement, les Hans poursuivent leur politique de colonisation, par leurs traitements des Ouighours (interdictions de travail et circulation, destruction de villes et traditions) et par des vagues de migrations volontaires. D'ailleurs, les Ouighours ne sont pas les seuls habitants de la région. Il y a les Kyrgyzes, les Kazakhs, ceux qui descendent des Russes, des Mongols… Ils ont souvent été mis en opposition aux Ouighours, mais ce sont les Hans qui font la loi.

Au nord du pays j'ai vu des bases chinoises avec des rangées de tanks à perte de vue, des exercices militaires à longueur de journée… S'il y a rébellion, ce sera à un prix humain terrible…

Je pense que la colonisation du Xinjiang et du Tibet sont un crime. Certains pensent que cette influence Han est acceptable. Dans le sud de la Chine et dans d'autres régions comme le Yunnan, c'est vrai qu'il y a des minorités, des ethnies qui ont été intégrées dans le système chinois, on parle de centaines. Je pense que la nation chinoise a souvent fait de la place pour ces minorités et les a intégrées avec plaisir et même honneur. Mais toutes ces ethnies n'ont pas eu la même histoire, et je pense en effet que c'est l'histoire qui définit en grand partie l'identité d'un peuple, et son destin avec.

Portrait de chengyang

à noil haj Portrait de noil haj De chengyang

09H25 | 07/07/2009 | Permalien

En chinois, Xinjiang signifie « Nouveaux territoires ».

Portrait de penabranca

à chengyang Portrait de chengyang De penabranca

survivor | 14H28 | 07/07/2009 | Permalien

c'est bien la preuve qu'ils n'ont pas toujours été chinois…Avant leur annexation ils étaient quoi ?

Portrait de biou

à noil haj Portrait de noil haj De biou

ronde | 11H36 | 07/07/2009 | Permalien

Dans l'histoire de Chine, les dynasties fondées par les Han ne sont pas nombreuses. parmi lesquelles on cite principalement Dynastie de Han, Dynastie de Tang (il paraît l'empereur fondateur était d'origine turque déjà), Dynastie de Song et Ming. Dans toutes ces dynasties, il n'y a que la dynastie de Tang qui avait une réelle maîtrise dans cet endroit de Xinjiang. Et toutes ces dynasties avait toujours un souci commun : l'invasion de « barbares » venus du nord. d'où les Grandes Murailles.
La cause de ces troubles et incessibles invasions était tout en grande partie lié au changement climatique qui cause de sécheresses. la mode vie des nomades était donc plus tributaire du climat que les Han, agriculteurs sédentaires.
Les Hans n'ont jamais cherché à colonisé un monde où domine la steppe et le desert, où la vie des nomades leur sont complètement étrangère et insoutenable.
On ne colonise pas l'Afrique par construire une grande muraille au bord de la médiraterranée, n'est ce pas les descendants cartésiens ?
La dernière dynastie, QING, fondée par les Manchous, nomades, d'origine du grand nord également, en franchissant la Grande Muraille, ils savaient mieux que les Hans comment règler les problèmes auxquels la Grande Muraille ne pouvait plus être efficace. Donc, Xinjiang était l'exploit de Qianlong à l'époque de Louis 14.
Mais fin 18ème siécle, le problème du Nord réapparaît : la grande Russie est arrivée. Qing a été obligé de laisser une grande partie de leur territoire du nord aux russes.
Les communistes chinois était tout simplement héritier d'une carte de Chine laissée par Qing et Guomindang, mais déjà rongée par la Russie.
Je ne voit vraiment quand et où les chinois colonisent cet endroit (j'entend une colonisation à l'occidentale ou à l'israéliénne : j'arrive et je chasse les habitants déjà là depuis bien longtemps)

Portrait de batila

à biou Portrait de biou De batila

entrepreneur international | 15H50 | 07/07/2009 | Permalien

Justifier la colonisation chinoise par l'histoire est bien pratique… Votre comparaison avec la colonisation occidentale ne souligne pas que des différences. L'Algérie par exemple était occupé par des turcs et la guerre de colonisation (au cours de laquelle l'armée française a commis des génocides-1830-1848-) s'est faites elle aussi contre un ennemi armé. Ce qui ne justifie en rien la présence française en Algérie.
Enfin, là où la comparaison s'arrête : l'immigration européenne de masse en Afrique du nord au 19°s n'a pas dépassé en nombre les populations locales. Ainsi les français d'Algérie était 130 ans après la colonisation, 8 fois moins nombreux que les autochtones.
On peut imaginer là-bas les résultats d'un étouffement à la chinoise …
L'objectif de la chine dans ces territoires est clair : empêcher la légitimité d'une révolte en transformant les autochtones en minorité…
Il ne se contente pas de réviser l'histoire, ils tente de transformer la réalité démographique et culturelle de ces « nouveaux territoires », afin d'appuyer leur révisionnisme.
Mais les horreurs passées ne légitiment en rien celles d'aujourd'hui.
En tout cas les français qui ont pris conscience des horreurs commises par leur pays en Afrique (dont certains génocides n'ont pas encore été reconnu par la France) ne peuvent pas accepter cette nouvelle forme de colonisation --bien plus efficace-- des chinois.
J'espère qu'il ne tenteront pas la même chose en France, car ils gouteraient une autre forme de résistance qui ne manquerait pas de se propager de part le monde…

Portrait de biou

à batila Portrait de batila De biou

ronde | 16H18 | 07/07/2009 | Permalien

Il ne faut pas s'imaginer des choses, je ne suis pas bien placé pour relancer un débat sur françafrique. Je suis allé aussi très souvent en Afrique du Nord. Je ne me permets pas de m'imaginer des choses.
Je dois vous souligner que la notion de la « nation » est un concept occidental, la Chine a vécu 2000 ans sans tracer des frontières avec ces voisins, donc, les notions et certains concepts modernes, notamment « colonisation », ou « nationalisme », il faut les employer avec précaution.
les Chinois étaient égocentristes, ça ne dédouanne pas les autres peuples.
Les erreurs de certains journalistes occidentaux, c'est qu'ils traitent certains sujets en plaquant des concepts occidentaux. C'est comme si on lit un commentaire en dehors de « son contexte ».

Portrait de batila

à biou Portrait de biou De batila

entrepreneur international | 16H24 | 07/07/2009 | Permalien

Quelqu'un a-t-il compris quelque chose à ce qu'il dit ?
Moi pas.

Portrait de chengyang

à noil haj Portrait de noil haj De chengyang

10H37 | 07/07/2009 | Permalien

A propos de l'épisode du crash de l'avion transportant le gouvernement du Turkestan oriental.

Entre 1944 et 1949, fut créée la République du Turkestan oriental, dirigée par des turcophones avec l'aval de Moscou. En 1949, année de la fondation de la RPC, avec l'aide des Soviétiques, les Chinois se réinstallèrent dans la région.

Les autorités soviétiques ne sont donc peut-être pas tout à fait étrangères à cet accident …

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Asie/chine-region-auto-ouigoure-Xinjiang.h…

Portrait de noil haj

à chengyang Portrait de chengyang De noil haj

journaliste | 11H49 | 07/07/2009 | Permalien

merci Chengyang !

super infos sur ce lien, et en effet, ce crash est bien mystérieux !

et merci encore pour la traduction de Xingjiang en « nouveaux territoires », j'ai dû me paumer sur le sens ! ; )

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code