
La clé de la lutte contre la piraterie se trouve en Somalie
La réponse aux prises d'otages qui se multiplient passera nécessairement par la stabilisation de ce pays livré au chaos.
Un voilier français, un porte-conteneurs américain, un remorqueur italien… Les dernières cibles attaquées au large des côtes somaliennes montrent que les pirates s'en prennent à tout ce qui bouge en mer, sans critère de taille, de nationalité ou de raison sociale.
Un phénomène croissant, auquel la réponse ne peut pas être exclusivement militaire, mais passe, sans nul doute, par la stabilisation de la situation en Somalie, l'un des Etats les plus instables au monde.
Etat des lieux en Somalie
Pourquoi en Somalie ? Pourquoi maintenant ? Il y a l'histoire, la géographie, et surtout des enjeux colossaux : le passage de 20 000 à 30 000 navires par an, et surtout d'un tiers des hydrocarbures consommés sur la planète.
Le Golfe d'Aden, situé entre Somalie et Yémen, est en effet la voie de passage entre l'Océan Indien et la Mer rouge, l'un des axes maritimes-clé de la planète, ce qui explique pourquoi ces actes de piratage sont loin d'être anecdotiques.
La Somalie fait depuis des décennies l'objet de convoitises stratégiques. J'ai connu ce pays dans les années 70, alors qu'il abritait une base militaire soviétique, à Berbera, et faisait figure de phare progressiste dans les cercles tiers-mondistes européens.
Arriver à Mogadiscio, il y a trente-cinq ans, avait un parfum désuet de La Havane ou de Hanoï, le sentiment d'être dans un lieu où se faisait l'histoire…
Pauvre mais prometteuse, la Somalie, placée sous la direction d'un général, Mohamed Siyad Barré, semblait harmonieuse, avec une unité ethnique et linguistique que lui enviaient d'autres nations africaines désunies. (Voir cette vidéo faite par des nostalgiques de la « grandeur » de l'ère Siyad Barré)
Cette unité somalie mise en avant à l'époque contraste avec l'éclatement et le morcellement actuels du pays. Mais c'était à l'époque sa principale force, un nationalisme pan-somali dont on mesurait mal les dangers.
Le drapeau de l'Etat somalien en était pourtant le symbole, avec une étoile à cinq branches incarnant les cinq piliers dispersés de la nation somalie : le Somaliland ex-britannique, le sud ex-italien, mais aussi l'Ogaden éthiopien, le district nord-est du Kénya, et la composante somalie de Djibouti, ex-colonie française.
Lors de l'accession du pays à l'indépendance, en 1960, seuls les deux premières « branches » ont rejoint le nouvel Etat, suscitant de vives tensions avec les voisins, jusqu'à une guerre pour le désert d'Ogaden, en 1977-78, lorsque Siyad Barré a cru que la révolution éthiopienne avait affaibli la défense de ce pays.
L'armée somalienne ne fut repoussée qu'à la faveur d'une intervention de l'armée cubaine au profit du nouveau pouvoir révolutionnaire éthiopien, provoquant un changement d'alliance à Mogadiscio.
L'alliance avec l'URSS fut donc dénoncée par la Somalie, et la base de Berbera évacuée, pour être aussitôt octroyée aux … Etats-Unis ! Ceux-ci devinrent le protecteur de ce régime ex-« progressiste » réaligné.
Mais la Somalie ne retrouva jamais sa stablité, et s'enfonça progressivement dans la division, puis le chaos. En 1991, le Somaliland, l'ex-protectorat britannique du Nord, décréta son indépendance, et Siyad Barré fut chassé du pouvoir. Le conflit dégénéra en guerre civile, provoquant la mort de 50 000 personnes dans les combats, et de 300 000 autres du fait de la famine.
L'échec de l'intervention internationale
On est alors au lendemain de la fin de la guerre froide, dans l'illusion d'un nouveau monde fondé sur la coopération internationale. Les Etats-Unis interviennent militairement en Somalie pour appuyer l'action humanitaire, d'abord seuls puis dans le cadre d'une force internationale, l'Onusom.
On se souviendra des images, mises en scène comme à Hollywood, à l'heure des grands journaux télévisés américains, du débarquement des GI's venus sauver les pauvres africains qui meurent de faim. (Voir cette vidéo nostalgique à la gloire de cette opération)
On se souviendra, aussi, de Bernard Kouchner, alors ministre de la Santé de François Mitterrand, sac de riz à l'épaule, venu accompagner ce bel élan international d'une image qui ne le lâchera plus. (Voir cette vidéo du JT de France2 du 5 décembre 1992)

Cliquez sur l'image pour voir la JT de France 2
Le problème est que ce bel enthousiasme s'est vite refroidi, particulièrement du côté américain après la mort de plusieurs soldats lynchés par la foule. Les troupes américaines quittent la Somalie en 1994, le reste des forces de l'ONU l'année suivante. La communauté internationale tourna alors le dos à la Somalie, trop chaotique, trop difficile, trop lointaine…
Depuis, la Somalie est le symbole même de ces « Failed States », ces « Etats en échec », ou « Etats défaillants » selon une théorie controversée apparue dans l'après-Guerre froide. Elle en est même aujourd'hui l'un des derniers cas patents, d'autres candidats à ce titre négatif ayant retrouvé un semblant d'organisation, comme le Sierra Leone ou le Libéria.
Au cours des quinze dernières années, la Somalie a été le théâtre d'une guerre civile larvée, impliquant à la fois des clans régionaux, les pays voisins (Ethiopie, Erythrée…), et même les Etats-Unis, qui en ont fait l'un des théâtres d'opération de la « guerre contre le terrorisme » de l'administration Bush en raison de la présence d'élements d'Al-Qaeda au sein de la nébuleuse islamiste de ce pays.
Aujourd'hui, la Somalie ne dispose d'aucun pouvoir central effectif, partagée entre la province du Nord-Est, le Puntland, qui a pris le large de manère unilatérale, un pouvoir faible installé dans la capitale, Mogadiscio, et des « tribunaux islamiques » qui contrôlent une bonne partie du centre et du Sud du pays. Une intervention de forces de l'Union africaine ne parvient toujours pas à stabiliser la situation.
Dans ce contexte de totale instabilité, les conditions de vie de la population sont lamentables, et toute aide internationale se heurte à une insécurité généralisée. La Somalie est sans doute le pays où l'on vit le plus mal au monde aujourd'hui.
Comment combattre la piraterie ?
Les premiers « pirates » sont apparus dans les années 1990 : il s'agissait alors de pécheurs somaliens appauvris par la pèche industrielle illégale à laquelle se livraient les flottes sud-coréenne et japonaise, profitant de l'absence d'Etat somalien pour pénétrer impunément dans ses eaux territoriales.
Ces pécheurs ont commencé par attaquer ces navires étrangers et par exiger le paiement de « taxes » compensant leur manque à gagner… Une autre explication mise en avant est le rejet de déchets toxiques dans les eaux somaliennes, là encore en raison de l'absence de contrôles.
Depuis, la piraterie a changé d'échelle, s'appuyant sur de véritables armées, bien équipées, munies de téléphones satellitaires pour leurs communications, et d'embarcations hyperrapides pour fondre par surprise sur leurs proies. De quelques dizaines, les pirates sont devenus des centaines, et sans doute des milliers. Et les « amendes » de quelques milliers de dollars sont devenues de véritables rançons de plusieurs millions.
Cette activité s'est d'abord développée dans l'ombre du Puntland, cet Etat qui ne dit pas son nom et que personne ne reconnait. Aujourd'hui, le Puntland tente difficilement de s'acheter une image plus honorable, et vient de condamner à des peines allant jusqu'à vingt ans de prison des pirates capturés, dans l'espoir sans doute d'obtenir des soutiens internationaux.
Les « tribunaux islamiques », pour leur part, ont d'abord tenté de s'opposer au phénomène, mais, selon certaines informations non confirmées, en contrôleraient en sous-main certains gangs, fournissant ainsi une source de revenus non négligeable.
La seule riposte internationale, pour l'instant, a été militaire. A la demande des pays victimes d'actes de piraterie, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 2 juin 2008 la résolution 1816 du Conseil de sécurité, qui autorise les navires militaires étrangers à :
« 1) Entrer dans les eaux territoriales de la Somalie afin de réprimer les actes de piraterie et les vols à main armée en mer, d'une manière conforme à l'action autorisée en haute mer en cas de piraterie en application du droit international applicable ;
2) Utiliser, dans les eaux territoriales de la Somalie, d'une manière conforme à l'action autorisée en haute mer en cas de piraterie en application du droit international applicable, tous moyens nécessaires pour réprimer les actes de piraterie et les vols à main armée. »
Depuis, une armada multinationale, comprenant des navires des pays membres de l'Otan, mais aussi de Chine, d'Inde et de quelques autres, patrouille l'immense zone maritime concernée, et bataille régulièrement avec les pirates, à l'image des forces spéciales françaises qui ont donné l'assaut vendredi au Tanit, ce voilier français qui était retenu en otage depuis une semaine. Le skipper a trouvé la mort dans cet incident, peut-être par des balles française pendant l'échange de tirs.
Les Etats-Unis sont désormais en première ligne, avec l'incident, mercredi, autour du cargo Alabama de la compagnie Maersk, qui a réussi à échapper à une attaque de pirates, mais dont le capitaine américain Richard Phillips a d'abord été aux mains des pirates, avant d'être libéré dimanche.
Les médias occidentaux en parlent évidemment lorsque leurs ressortissants sont concernés, mais oublient rapidement le dossier une fois l'affaire réglée, alors que les pirates retiennent encore quelque 260 marins en otage, dont 90 Philippins, et des dizaines de Thais, Pakistanais et autres nationalités moins « médiatiques ». Les statistiques de la piraterie sont en forte hausse : +200% l'an dernier, sans solution en vue.
La solution ne peut être uniquement militaire
Mais si tout le monde se focalise sur les solutions militaires, en espérant que le déploiement de flottes du monde entier sera dissuasif, personne ne s'intéresse au sort de la Somalie, où se trouve pourtant la clé du problème. Ces jeunes Somaliens enrôlés dans des gangs de pirates ont-ils une alternative dans un pays exsangue, en guerre civile, oublié de tous ?
La solution du problème ne peut donc pas être uniquement militaire. Elle passe assurément par une solution au drame somalien. Plus facile à dire qu'à faire. Surtout quand on découvre que le cargo Alabama attaqué cette semaine contenait de l'aide alimentaire destinée à… la Somalie.
L'échec relatif de l'intervention française sur le Tanit tout comme l'impuissance américaine à sauver le capitaine Phillips devrait encourager une remise à plat de la stratégie internationale, et une concertation pour inclure un volet stabilisation de la Somalie dans la lutte contre la piraterie. Faute de quoi, pirate restera le seul métier d'avenir dans cette partie du monde où l'espoir n'est pas d'actualité.
Photo : les preneurs d'otages somaliens du voilier français Tanit, samedi (ministère français de la Défense/Reuters).
►Mise à jour le 12/4/09 à 20h10, avec la libération du commandant américain de l'Alabama.
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De Anastaze 53186
☺ | 15H57 | 12/04/2009 |
- « il abritait une base militaire soviétique, à Berbera »
- « un parfum désuet de La Havane ou de Hanoï »
- « le Puntland ex-britannique, le sud ex-italien, mais aussi l'Ogaden éthiopien, le district nord-est du Kénya, et la composante somalie de Djibouti, ex-colonie française »
- « la base de Berbera évacuée, pour être aussitôt octroyée aux … Etats-Unis ! »
- « les Etats-Unis, qui en ont fait l'un des théâtres d'opération de la “ guerre contre le terrorisme ” de l'administration Bush »
- « les flottes sud-coréenne et japonaise »
Vous êtes sûr de votre titre ? : « La clé de la lutte contre la piraterie se trouve en Somalie ».
Il n'y a guère que les esquimaux à n'avoir pas donné leur grain de sel (à vérifier…)
à Anastaze
De Jean-Jacques Louis
20H06 | 12/04/2009 |
Non, pas seulement les Esquimaux ! La marine suisse n'a jusqu'à présent envoyé aucun porte-avions dans la région. Aux dernières nouvelles, les Luxembourgeois non plus !
De jack33
sans | 15H28 | 12/04/2009 |
Merci, excellent article de fond qui résume et explique bien comment on en est arrivé à cette situation.
Et effectivement, je doute que la seule action militaire puisse être une solution. Maintenant comment la communauté internationale peut elle aider un pays à se remettre sur pieds ?
Si l'on en juge à la lumière de précédents (Libéria, Sierra Leone…) il semble que seul le temps et une action de l'Etat Somalien et de ses habitants puisse permettre un retour à la stabilité du pays.
Jusqu'à maintenant, j'ai l'impression que l'interventionnisme occidental (via l'ONU ou via des actions unilatérales de gouvernements) dans ce genre de situation n'a guère été efficace, et pas toujours dénué de motivations qu'il est difficile de considérer comme simplement humanitaires.
De Job
15H36 | 12/04/2009 |
Merci, excellentes explications sur le phénomène de la piraterie somalienne. Questions de béotien : le Puntland n'a-t-il jamais cherché à se proclamer indépendant ? Il me semble qu'en tant qu'état souverain avec ses droits et devoirs, il serait peut etre plus responsable.
Je vois par exemple (wikipedia…) que le Somaliland l'a fait, mais qu'il n'est pas reconnu par la communaute internationale. Est-ce qu'en termes de stabilité régionale, finalement, on y gagnerait pas plus en acceptant le morcellement du pays ? Cela destabiliserait les pays voisins ?
à Job
De AlexG2008
temporaire | 18H22 | 12/04/2009 |
D'après Wikipedia, le Puntland se voudrait « autonome au sein de la Somalie » http://fr.wikipedia.org/wiki/Puntland
La page en anglais est un peu plus fournie http://en.wikipedia.org/wiki/Puntland …mais c'est en anglais : )
Le problème n'est pas, je crois, telle ou telle partie, c'est le tout. Toute la région est au bord de l'explosion, de l'implosion, des deux ? Alors même si le Puntland devenait stable (par miracle ? ) je pense que ça ne changerait pas vraiment la situation.
De NicolasB
Lycéen à Paris | 15H50 | 12/04/2009 |
Merci Pierre Haski : c'est un article très intéressant qui en dit long sur l'histoire somalienne.
Mais, je ne voudrais pas qu'on comprenne là qu'il faut mettre fin aux interventions militaires. La Somalie est un pays africain qui, comme tant d'autres, subi de plein fouet des problèmes majeurs. Chacun de ces pays a des problèmes dont certaines conséquences sont ressenties au niveau international. Les problèmes des somaliens font qu'en s'aventurant, en bateau, chez eux, on risque d'être pris en otages. Vous le dites d'ailleurs très justement : c'est, pour certains d'entre eux, leur seul manière de vivre. Ce que je vous reproche dans cet article, c'est votre manque de réalisme car il faudrait des décennies - et une volonté énorme de la communauté internationale - pour améliorer les conditions de vie en Somalie et, à terme, mettre fin au piratage. Et puis, il n'y a pas que la Somalie ! Il y a tant d'autres pays africains à sauver.
En revanche, je pense que le dernier acte de piraterie - qui a coûté la vie à un Français - ne devrait pas faire polémique sur la personne mortellement blessée mais sur ces pauvres somaliens qui vivent dans la misère. Certes, la mort de cet homme est tragique. Mais il faut prendre du recul : les interventions militaires, à bord des bateaux, sont très risquées et tout le monde sait que certains peuvent en mourir. Aussi, après tous ces actes l'an dernier, il serait temps de prendre connaissance des risques à partir dans ces mers. Sur le court-terme, la solution est l'intervention militaire. Sur le long-terme, c'est sauver l'Afrique de sa misère… mais ce sera très difficile, peut-être impossible.
à NicolasB
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 17H15 | 12/04/2009 |
Bon une fois n'est pas coutume, je vais faire de la pub, donc trouve toi ce livre stp
http://www.cadtm.org/texte.php3 ? id_article=3860
Et après on reviendra discuter si c'est vraiment « de la misère » dont il faut sauver « l'Afrique »
à Weatherboy
De Oeillet rouge
rêve générale | 09H56 | 13/04/2009 |
Excusez-moi, rien à voir avec le sujet, quoique :
La liberté de la presse de plus en plus menacée.
Les médias publics et privés sont de plus en plus à la botte du fric, des intérêts privés et des pires représentants de la classe politique :
Il serait par exemple intéressant de voir ou revoir le dernier excellent « Pièces à conviction » d'Elise Lucet : « Licenciements, faillites, la crise à bon dos », diffusé mercredi 8 avril à une heure tardive (seuls 9% des telespectateurs l'ont vu ! ) sur France 3.
Il faut dire que la chaîne n'avait pas fait beaucoup de pub autour de l'évènement. D'ailleurs pourquoi cette émission a-t-elle été programmée aussi tard… ?
Mais quatre jours à peine après sa diffusion, il est impossible de la visionner sur internet, sur le site de France 3 ou ailleurs.
Si vous la trouvez, faîtes-moi signe.
On voudrait la cacher, qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
http://programmes.france3.fr/pieces-a-conviction/
En revanche, voici un fil où vous pourrez trouver les enquêtes d'Elise Lucet, une des rares journalistes du service public à faire un vrai travail d'investigation.
http://video.google.com/videosearch ? q=pi%C3%A8ces+%C3%A0+conviction+elis…
Et lorsqu'on assiste à la mutation d'Agoravox - changement de maquette et de présentation dans la semaine du 6/04/09 - et à sa nouvelle politique éditoriale, on peut se poser des questions sur les « commanditaires/financeurs » du site en question.
Pour mémoire : au sommaire d'Agoravox et en tête de page dimanche 12/04/09 :
« Dieudonné est un véritable républicain »,
« Calomniez, il en restera toujours quelques chose… », une plaidoirie qui décharge le pape de ses écrits passés dans un journal nauséabond.
Et pour la route dans « le coin se secret d'Agoravox », à côté d'une policière reconvertie en star du X : une vidéo montrant une agression dans un bus - non seulement contestée sur le plan de son authenticité - mais accompagnée de 462 réactions dont 400 au moins sont racistes et xénophobes !
sans parler d'un papier sur l'Apocalypse et les visions de la vierge… pour inaugurer la nouvelle formule !
Pas étonnant que les contributeurs d'extrème-droite du site aient fait péter le champagne le soir même, sur le forum consacré à la mutation d'AV…
Agoravomir…
Avant le changement de maquette,j'avais posté un papier et de nombreux commentaires. Les discussions avec les autres internautes y étaient intéressantes et un système de « repliage » des commentaires nauséabonds (si les internautes les notaient à moins 10 points) permettait de débattre sans tomber dans des excès ou du n'importe quoi.
A partir du moment où la maquette a changé, et malgré la réprobation de la plupart des utilisateurs - sur le fond blanc, les pubs trop présentes, le nouveau « coin secret d'Agoravox » plutôt fumeux, le test de QI, l'impossibilité désormais de replier les commentaires douteux, la lenteur de l'affichage des pages, etc… dans un forum qui a exprimé à 90% son regret de l'ancienne version et qui a disparu du site -, les dirigeants de cette fondation, soit disant indépendante du pouvoir politique et qui se disent attachés à la démocratie, sont passés outre et ont mis en place leur nouvelle ligne éditoriale.
Souhaitant que Rue 89 ne tombera pas aussi bas,
démocratiquement vôtre,
Mon blog : http://jerevaisunautremonde.blogspot.com/
à Oeillet rouge
De Oeillet rouge
rêve générale | 10H35 | 13/04/2009 |
Et toujours sur Agoravox, à lire cet article de Marianne :
Lagardère fait sa com sur Agoravox :
http://www.marianne2.fr/Lagardere-fait-sa-com-sur-Agoravox_a84885.html
Par ailleurs,
Cyber manifestation contre l'OTAN !
Signez la pétition, ici :
http://www.otan-non.org : 80/index.html ? utils/OTAN-cyber-manifestation.php
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 15H46 | 12/04/2009 |
De EulChe
Humaniste hère | 15H47 | 12/04/2009 |
Merci pour cet article.
Il me semble qu'environ 90% de l'aide alimentaire pour la Somalie arrive par mer. Si je me souviens bien, l'armée française avait pas mal communiqué (articles, reportages TV) il y a quelques temps sur le fait qu'ils escortaient les bateaux d'aide humanitaire pour ce pays, afin de faire peur aux pirates. Il serait intéressant de savoir quelle est la réalité de ce support, puisqu'apparemment ce n'est pas toujours le cas.
Une question naïve également : comment se fait-il que la photo qui illustre votre article puisse être créditée à la fois au ministère de la Défense ET à Reuters ?
à EulChe
De Arnaud Aubron
Rue89 | 15H59 | 12/04/2009 |
Pour ce qui est de la logistique française sur place, je laisse à Pierre le soin de vous répondre. Pour ce qui est de la photo, elle a été prise par les militaires français et donnée à Reuters qui la distribue.
à Arnaud Aubron
De EulChe
Humaniste hère | 16H31 | 12/04/2009 |
Merci pour cette réponse.
Je ne connais pas du tout ce milieu, mais c'est assez étonnant de mon point de vue. D'une part je pensais que l'armée avait son propre réseau de diffusion. D'autre part, ce genre de pratique (même si dans ce cas précis cela semble difficile de faire autrement, en pleine mer) ne risque-t-il pas de pousser les agences à ne pas toujours envoyer des photo-journalistes dans des zones couvertes par l'armée ? Cela a en effet le double avantage de réduire les coûts (surtout si la photo est « donnée » à Reuters pour être revendue…) et les risques. Avec cependant l'évident désagrément de laisser la propagande prendre le pas sur l'information…
à EulChe
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 21H36 | 12/04/2009 |
Cette photo EST une photo de propagande car elle n'est là que pour soutenir le discours officiel disant que cette opération militaire était inévitable.
La même photo venant de l'URSS ou de Russie aurait été vue comme un photomontage à une époque récente.
Une autre manière de dire que tout document peut-être détourné à des fins plus ou moins avouables.
Les rescapés seuls détiennent la vérité….et encore ?
De Gregthebegue
ploppeur de plop | 15H54 | 12/04/2009 |
Petite histoire intéressante montrant surtout un pays qui semble incapable de se gouverner lui-même.
Je n'ai aucun doute que beaucoup de pays sont prets à donner toute l'aide possible à la somalie pour qu'ils se développent, arrêtent de faire suer tout le monde et participe à l'économie mondiale mais personne ne peux prendre la décision de résoudre les problèmes de fond sauf eux-même donc sans prise de conscience du peuple somalien, on arrivera à rien.
Vive l'indépendance j'imagine, ça rend les pays librent de se bousiller tout seul comme des grands…
à Gregthebegue
De heretok
citoyen hors-service | 09H52 | 13/04/2009 |
Quand on voit l'origine coloniale de la plupart des pays qui ont accedés à l'indépendance, votre commentaire prête à rire (jaune ? ).
Quand Papa s'en va s'en t'avoir appris à te débrouiller tout seul, tu finis mal.
à heretok
De Gregthebegue
ploppeur de plop | 11H32 | 13/04/2009 |
Euh, quand « papa » s'en va ? Vous avez une idée étrange (pour le moins) de la paternité…La colonisation n'a pas vraiement (pro)créé ces pays.
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 15H58 | 12/04/2009 |
Que dire de plus à cet article excellemment argumenté et à son questionnement servant de titre !
Mais un « bémol », ou un « dièse » si vous le permettez monsieur Haski !
Il faut différencier en termes marins les « pirates » des « corsaires », (ça c'est de l'humour), mais votre conclusion : « La solution ne peut être uniquement militaire », me semble, dans ce « pays exsangue, en guerre civile, oublié de tous » être, et je vous comprends de ne pas l'avouer, quelque peut consensuelle pour ne pas apparaitre comme un « va en guerre ».
Je n'imagine pas mis à part un « consensus international », (auquel aucun pays ni état majeur de la planète ne va vouloir participer, comme par hasard), une autre solution, hélas à sens unique de la prise en main du problème par une (puissance ex coloniale, comme de bien entendu), ou d'une grande « nation émergente », (vous voyez ce que je veux dire), pour résoudre cet imbroglio dramatique, ce « magma » territorial ;
« Faute de quoi, pirate restera le seul métier d'avenir dans cette partie du monde où l'espoir n'est pas d'actualité ».
à adaunis
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 02H34 | 13/04/2009 |
Je suis en effet plutôt d'accord avec vous. Si l'ONU existait vraiment et servait vraiment à quelque chose, elle y enverrait une FORCE MILITAIRE (j'insiste sur ces mots) pour pacifier le pays (avec autorisation de tir d'attaque, pas uniquement de défense).
Après cette phase militaire indispensable, l'ONU enverrait un corps « d'instructeurs » chargé de rétablir le système d'éducation pour promouvoir la démocratie et la responsabilité comme seules issues de sortie à la situation actuelle, en même temps que des spécialistes techniques et juridiques pour remettre en route les infrastructures du pays (y compris les forces de police) et rétablir les capacités agricoles d'auto-subsistance, le tout en parallèle avec de l'aide alimentaire dans un premier temps (car être éduqué et avoir de jolies infrastructures, ça ne sert à rien quand on crève la dalle). Après quelques années d'un tel protectorat (oui, n'ayons pas peur de mots), les forces de l'ONU pourraient progressivement se retirer du pays et passer la main aux responsables locaux démocratiquement élus.
Mais voilà, comme vous le dites, le pays qui se risquera à suggérer cela passera pour un ignoble impérialiste colonisateur, alors que pour de tels territoires laissés à vau-l'eau, c'est la seule solution intellectuellement honnête qui existe.
Au passage, un grand merci à Pierre Haski : c'est exactement le genre d'article que j'attends de Rue89. Remettre en contexte un fait d'actualité en donnant aux lecteurs les clés pour le comprendre, ça c'est du journalisme.
à Xa_chan
De jck
09H26 | 13/04/2009 |
Ce qui est ironique c'est que les Somaliens ont mis leur drapeau aux couleurs de l'ONU en guise de remerciement pour leur indépendance.
à Xa_chan
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 21H36 | 13/04/2009 |
Si l'ONU existait vraiment comme vous dites, elle serait donc contrainte d'aller protéger le Nigéria du mouvement de libératiuon du delta du Niger, un groupe « terroriste » qui s'attaque à ses installation pétrolière
Si l'ONU existait vraiment, elle enverrait ses soldats dans l'Ogaden voisin en Ethiopie, ou les compagnies pétrolières font l'objet de prises d'otages parfois sangalntes
Si l'ONU existait vraiment, elle enverrait ses soladats au Congo pour protéger les multinationales des multiples attaques liées au factions qui se révoltent et déchirent le pays
Et en combien d'autres endroit encore en Afrique, Amérique latine ? ! Absolument partout dans le Tiers-Monde !
Mais bon sang, il vous faut quoi pour comprendre ! !
La guerre, il n'y a que ca comme solution à ce problème ? Vous croyez ? Je vous en propose une autre :
- on autorise une représentation démocratique de toutes les nations dans les institutions financières (contrairement à NOTRE dictature mondiale actuelle, qui consiste à donner un droit de vote démesuré aux privilégiés)
- on annule définitivement la dette de tous les pays du Tiers-Mobde
- on met définituvement fin à la Banque Mondiale (tel que réclamé par tous les forums des peuples successifs) et on autorise la formation d'un banque du Sud, tel que préconisé par le CADTM depuis des années
Allez, chiche, on tente, et après on reviendra parler de « misère », de « terrorisme » et de « guerre inévitable », ok ?
Ce truc en soi intéresse uniquement parce qu'il se trouve controler un lieu stratégique de passage des marchandises entre l'Europe et la Chine ; qui a un interet à ce que la Somalie se déveloipe et la mer Rouge soit controlé par des pays africains en éjectant les bases franco-américaines ? Que la solutions alternatives ne soit pas celle qui procure le meilleur rendement aux industries d'armements et aux multinationales, rassurez vous personne n'en doute
à Weatherboy
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 01H06 | 14/04/2009 |
Désolé, Weatherboy, mais vous avez sans doute mal compris mon propos, enfin je pense, car vous simplifiez à l'extrême et même vous déviez du sujet.
Je prône cette intervention en Somalie UNIQUEMENT parce que c'est un pays qui n'existe plus, où il n'y a plus vraiment de pouvoir central. Bref, c'est devenu un « non-pays » qui menace, que vous le vouliez ou non, l'équilibre de la région. Intervenir militairement en Somalie, c'est donner une chance à ce pays et à sa population de « tout remettre à plat », de repartir sur des bases saines et qui lui donnent toutes les chances de connaitre la stabilité et de pouvoir se développer économiquement, politiquement et culturellement. Ca ne me semble que moyennement fasciste comme objectif, non ?
En plus, je trouve les exemples que vous prenez assez malhonnêtes de votre part. A ma connaissance, il y a des gouvernements reconnus au Nigéria, en Ethopie et au Congo, qui sont capables (plus ou moins bien, j'en conviens) de gérer leurs affaires internes, sauf s'ils demandent expressément une aide extérieure. Et vos exemples sont uniquement tournés vers la protection des multinationales, alors que le propos de mon message n'était pas celui-là. Je ne vous parlais pas des déséquilibres mondiaux en général, non, juste de la Somalie.
à Xa_chan
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 21H36 | 13/04/2009 |
.
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 16H11 | 12/04/2009 |
En voilà un bel article sur le sujet (c'est Pierre Martin qui va être jaloux - je taquine ; -)) avec un rappel historique très clair.
Un seul petit bémol là dessus :
« les Etats-Unis, qui en ont fait l'un des théâtres d'opération de la “ guerre contre le terrorisme ” de l'administration Bush en raison de la présence d'élements d'Al-Qaeda au sein de la nébuleuse islamiste de ce pays. »
Il me semble que les liens des tribunaux islamistes avec Al-Qaeda ont été très fortement contestés, que celà a plus été un prétexte pour justifier une intervention sur le motif d'un rapport douteux qu'autre chose. Lire par exemple ici
« Al-Qaïda en Somalie : mythe ou réalité ? », Les nouvelles d'Addis, janvier 2007
Sinon je recommande la lecture de ce vieil article sur le sujet, dont je reprends la consclusion
« L'exemple somalilandais et la brève expérience des Tribunaux islamiques prouvent, s'il en est, la capacité des Somali(s) à régler leurs problèmes eux-mêmes et se retrouver dans un contexte d'entente et de paix. À la condition toutefois qu'ils ne soient plus l'objet d'aucune ingérence extérieure. Comme l'intervention américaine de 1993 n'a pu venir à bout du chaos somalien, celle d'aujourd'hui, et de surcroît éthiopienne ou tout autre envoi de troupes, ne constituera jamais une panacée à cette crise. »
« Le bourbier somalien et sa dimension internationale », Les nouvelles d'Addis, mai 2007
De Nicole.Montréal
correctrice | 16H11 | 12/04/2009 |
Bonjour,
Mille fois merci de rappeler le contexte politico-historique de la Somalie. Ce texte nous permet de comprendre ce qui se passe dans un coin du monde dont on entend peu parler si ce n'est lorsque surviennent ces actes de piraterie.
Voilà un autre exemple de la nécessité d'avoir un éclairage fourni par des personnes qui connaissent bien toutes les données géo-politiques d'une situattion et capable de les résumer pour nous aider à saisir les enjeux de ces comportements.
Cordialement.
De infiltré_
ex étudiant...... | 16H24 | 12/04/2009 |
Article très étoffé,
Merci ! ! !
De Pierrrrre
16H29 | 12/04/2009 |
»…..La solution du problème ne peut donc pas être uniquement militaire. …
…..Elle passe assurément par une solution au drame somalien. … »
► Lea solution est l'une et l'autre.
Une ne devant exclure l'autre.
Face à une prise d'otage, oui, l'unique solution rationnelle est militaire, soulignant ainsi l'impossibilité d'une prise d'otage fructueuse.
et face à ce problème endémique, la solution est… j'en sais rien moi.. la décolonisation ?
à Pierrrrre
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 16H50 | 12/04/2009 |
Si pour souligner l'impossibilité d'une prise d'otage fructueuse l'unique solution rationnelle est militaire ça revient à dire qu'une vie n'a aucune importance face à une posture politique. (On le savait déjà, sans avoir attendu sarco)
à Servais-Jean
De Pierrrrre
17H21 | 12/04/2009 |
»…..une vie n'a aucune importance face à une posture politique…. »
► La solution militaire doit tout faire pour préserver lka vie des otages,
Mais jamais, jamais permettre aux ravisseurs de s'en sortir, quel qu'en soit le prix.
Cela s'appelle le courage politique,
celui dont la France a tant manqué dans son passé,
notamment en signant des accords de Munich et compromissions avec tous les tarés de la planète.
Plier devant un racket, c'est mettre en danger tous les français du monde, devenus des kidnapables au potentiel juteux… Et c'est ce qui s'est produit par le versement irresponsable d'une rançon lors des précédentes prises d'otage.
à Pierrrrre
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 17H42 | 12/04/2009 |
On n'a pas ni le même vocabulaire ni le même usage de celui-ci, ce que je nomme posture vous l'appelez courage, c'est une vision différente du monde,… ou un monde différend où nous habitons.
Et pour répondre à la suite de votre remarque
Assis dans un bureau doré pour prendre une décision qui engage la vie de personnes qu'on ne connais pas demande en effet du courage.
Demandez à Nivelle.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Nivelle