
Pourquoi faire de Mayotte le 101e département français ?
Les Mahorais se sont prononcés dimanche en faveur de la départementalisation de leur territoire. Explications sur la réforme et ses conséquences régionales.

Il fut un temps où l'on parlait de « sens de l'histoire », et celui-ci allait dans la direction de la décolonisation. A Mayotte, petit territoire volcanique de l'Océan indien, il souffle ce dimanche dans le sens inverse, celui de la recolonisation.
La population de Mayotte (71 000 électeurs) s'est en effet massivement prononcée par référendum dimanche en faveur de la proposition de devenir le cinquième département français d'outre-mer (rejoignant La Réunion, La Guadeloupe, la Martinique et la Guyane) et le 101e département français. D'après les résultats de bureaux-tests rapportés par l'AFP, le Oui l'emporterait avec 92,67 % des
voix. Le taux de participation s'élèverait à 58,81%.
La réponse des 180 000 habitants ne faisait guère de doutes, toutes les forces politiques locales, y compris le parti communiste, faisant campagne pour le « oui », ancrant ainsi durablement Mayotte dans la République.
Cette belle unanimité ne doit pas empêcher de se poser des questions sur lesquelles la population métropolitaine est peu informée, et pas consultée.
Le poids de l'histoire
Mayotte a été la première des îles comoriennes à devenir française : dès 1841 (il faudra encore un demi-siècle pour que le reste de l'archipel passe sous le giron français). Puis, pendant un siècle, la France a traité Mayotte comme une des quatre îles de l'archipel des Comores (avec la Grande Comore, Anjouan, et Moheli), avec un statut de protectorat puis de territoire d'outre-mer.
Mais en 1974, lors du référendum d'autodétermination organisé dans l'archipel, Mayotte vote seule à 64% pour rester française alors que les trois autres îles choisissent massivement l'indépendance.
Valéry Giscard d'Estaing, alors président, décide de la séparer de ses trois « soeurs », allant à l'encontre des principes internationaux qui militent pour le respect des frontières héritées de la colonisation.
Des Comores indépendantes, mais « à trois pattes », sans Mayotte
Cette décision historique vaut à la France des condamnations régulières aux Nations unies : la résolution 3385 du 12 novembre 1975 affirme ainsi « la nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores, composées des îles d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli ».
Même réaction de la part de L''Union africaine, qui est basée sur ce principe de l'intangibilité des frontières, et verrait un profond et tragique remodelage de la carte de l'Afrique si elle acceptait de revenir sur cette règle.
En plus de trente ans de séparation, le fossé entre Mayotte restée française, et les Comores indépendantes « à trois pattes » comme disent les Comoriens, n'a cessé de se creuser.
Les Comores font partie des pays les plus pauvres du monde, alors que Mayotte, en tant que « collectivté départementale » française, bénéficiait d'un niveau de vie plus élevé garanti par la « mère patrie » française.
Les barbouzeries de Bob Denard, épisode peu glorieux
Ces années-là furent également celles de la destabilisation des Comores par les mercenaires conduits par Bob Denard, l'un des épisodes les plus incongrus mais détestables de l'ère post-coloniale et barbouzarde française en Afrique.
Bob Denard, parfois en service commandé par Paris, parfois pour son propre compte, a même pris le contrôle des Comores dans les années 80, sous le nom de Saïd Mustapha Mahdjoub !
Après des décennies d'instabilité, qui ont vu tour à tour certaines des îles prendre le large, comme Anjouan l'an dernier jusqu'à l'intervention des forces de l'Union africaine, les Comores sont redevenues un Etat unifié, mais pauvre : ses seules ressources sont l'ylang-ylang, une huile utilisée en parfumerie, la vanille, et les mandats de l'importante diaspora comorienne, notamment à Marseille, première « ville comorienne » avec une communauté estimée à quelque 50 000 personnes…
Le fossé avec les autres îles des Comores
Le décalage n'a cessé de croître avec Mayotte, qui bénéficie de certains avantages liés à la présence française, notamment en termes de système de santé et d'éducation, attirant un flot continu d'immigration comorienne attirée par des prestations sociales supérieures.
Avec le durcissement des politiques métropolitaines d'immigration, et la lutte contre l'immigration clandestine, Mayotte est devenu une véritable « ligne de front », avec tous ses drames et ses dérapages.
Des milliers de Comoriens -7 000 depuis quinze ans, selon des estimations- ont en effet perdu la vie en tentant de passer à Mayotte, lorsque leurs embarcations de fortune, les fameux « kwassa kwassa », font naufrage. Des morts dans l'indifférence totale d'une métropole distante de 8 000 kilomètres.
Sur 26 000 expulsions revendiquées, 16 000 concernent la seule Mayotte !
Quant à ceux qui parviennent à bon port, ils sont massivement expulsés : 16 000 expulsions de Mayotte en 2008, à comparer avec les 26 000 reconduites à la frontière en métropole comptabilisées la même année par le ministère de l'Immigration.
Non sans passer par l'un des plus infâmes Centres de rétention de la République : cette vidéo diffusée il y a trois mois par nos confrères de Libération en est l'un des témoignages les plus forts. Là encore, émotion pendant quelques minutes en métropole, puis retour à l'indifférence. (voir la vidéo ci-dessous)
Dans Libération, un agent de la police de l'air et des frontières (PAF) avait témoigné :
« Les conditions de rétention des sans-papiers sont indignes, dit-il. Les gens sont traités comme des animaux. Et nous, on a la pression de la hiérarchie pour faire notre boulot sans rien dire. L'objectif, c'est de répondre aux attentes du ministère. »
Des sans-papiers d'un type un peu spécial puisqu'ils sont les cousins des Mahorais, et que la libre circulation entre les îles a existé pendant des siècles, et n'a été progressivement interdite qu'avec la présence française à Mayotte.
La départementalisation, solution miracle ?
Pourquoi cette départementalisation de Mayotte ? Pour tenir une promesse faite aux Mahorais, répond le gouvernement.
Et, de fait, on voit bien que l'ensemble des acteurs politiques de l'île y sont favorables, pour des raisons évidentes : entre la misère et l'incohérence politique des Comores, et la prospérité relative et les institutions républicaines, il n'y a pas photo.
Mais comment gérer les conséquences de cette décision ?
Elle coule dans le bronze le choix contesté de 1975 de séparer l'archipel des Comores, et accentue le décalage régional entre les départements français de La Réunion et de Mayotte, et une région qui se débat dans d'inextricables problèmes de développement et de stabilité politique, comme viennent de le montrer les derniers développements à Madagascar.
Rendre Mayotte aux Comores serait arbitraire et antidémocratique
Aucun homme politique, Mahorais ou métropolitain, n'a de réponse à cette question. Tous savent pourtant qu'elle ne disparaîtra pas comme par enchantement vu le décalage croissant qui va découler de la départementalisation, conduisant à d'inévitables drames et à des politiques de contrôle de moins en moins humaines.
L'alternative, qui serait de « rendre » Mayotte aux Comores contre la volonté des Mahorais serait tout aussi arbitraire et antidémocratique.
Le piège créé par Giscard en 1974 se referme aujourd'hui. Seule une politique régionale cohérente, qui permettrait de codévelopper la région en harmonie et pas en érigeant des murs de Berlin impossibles en haute mer, serait de nature à éviter les tragédies qui s'annoncent. Mais elle n'est pas sur la table, pas même réaliste en l'état.
Au coeur de la crise économique et sociale, il est clair que l'enjeu est minime vu de métropole. On a cependant bien vu récemment avec la Guadeloupe que les « confettis de l'empire », pour reprendre la formule de Jean-Claude Guillebaud, savent se rappeler au bon souvenir de leurs « maîtres » de temps en temps…
En attendant, en l'absence de vrai débat, comme le soulignait Jean-Louis Le Moing, membre d'une mission du PCF revenue très critique d'un voyage à Mayotte :
« Les Français vont découvrir que la France s'agrandit lors du JT de 20 heures »…
Le sens de l'histoire, décidément, ne sait plus où il en est.
►Mise à jour 18h45 : avec le résultat du référendum.
►Correction sur le nombre d'expulsions de Mayotte.
- ► Départementalisation de Mayotte : les frontières coloniales renforcées ?
- ► Mayotte : les relents néocolonialistes de la départementalisation
- ► La presse de l'Océan indien se déchaîne sur le sort de Mayotte
- ► A Mayotte, dérapages face aux « sans-papiers » comoriens
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De nemo3637
Déchoukeur | 14H25 | 29/03/2009 |
Indépendance, départementalisation à géométrie variable… La France fait ce qu'elle veut de ces anciennes colonies et la volonté des peuples n'est considérée que de façon subsidiaire.
Ce qui est toujours déconcertant c'est l'ignorance - entretenue ? - dans la population métropolitaine de ce que sont ces régions du monde. Et Mayotte aura t-elle toujours, elle-aussi, l'image d'une « danseuse » entretenue ?
Un récent article parue sur Rue89, montrait la politique cynique de l'Etat Français à l'égard de ses colonies d'Afrique dans l'après-guerre. Mayotte, petite île, ne coûtera pas bien cher de toutes façons.
De ninaneux
retraité | 17H08 | 29/03/2009 |
(sic) merci ! Les DOM-TOM (520 euros/hab/an) coûtent moins chers que la Corse (2400 euros/hab/an) ou la métropole (1200 euros/hab/an). Alors renseignez vous et lisez le rapport du délégué interministériel à l'égalité des chances des français d'outre mer (Patrick Karam). Par ailleurs sans les DOM-TOM la France ne posséderait pas la 3eme zone maritime mondiale, ni aucun droit sur les droits de douane et passage pour le Canal du Panama (grâce aux Antilles) et du Canal de Suez (La Réunion). La CCIR est bien placée pour le savoir.
Prés de 80% des Français ne connaissent pas l'histoire des DOM et TOM, le bagne, l'esclavage, la colonisation, les comptoirs coloniaux, dont il est vrai ne leur a jamais profité.
Le pauvre peuple français, dans son ensemble, que l'on exploite à la sauce Sarkozy devrait se réveiller et avoir une lucidité de compréhension et de logique politique et d'un petit peu de valeur humaine ! !
Les territoires marins, les comptoirs coloniaux, l'exploitation du Nickel, ce tourisme de plage et d'hôtel de luxe, une vue très courte ou il serait nécessaire d'avoir une autre manière de comprendre toute cette coloration et ce métissage de la France dans le monde. Ce n'est pas un ministre ou un secrétaire d'état un peu différent tout cela pour donner un peu de couleur à ce gouvernement qui apportera une valeur a la France, rester dans l'ombre et à penser à leur propre avenir politique, c'est regrettable.
Demander à 80% des Français ou se trouve, Djibouti. Et que faisons-nous là-bas !
Pourquoi il y a encore une quinzaine années nous avions un fort potentiel de notre armée à la Réunion ! Que représentent les iles Kerguelen !
C'est une catastrophe de rencontrer autant « d'imbéciles “et de s'enfermer dans des idées aussi courtes, mais de constater aussi le déficit intellectuel et culturel des français moyens et l'exploitation des politiques de tous genres pour rester en places.
Le système capitaliste se module dans l'exploitation des hommes quelques soit leur valeurs.
Leur bonheur ne concerne pas le système et l'individu en lui même s'imagine par son individualisme que cela est bon pour lui ! Soit en se référant à sa propre culture refermé sur des idéaux d'un autre temps
De Chevalier De Monlac
Chevalier en mousse | 19H52 | 29/03/2009 |
C'est une excellente nouvelle que l'integration de ces territoires dans la république.
Je pense que ceux qui parlent de neocolonialisme se trompent,on a demandé démocratiquement au populations locales leur avis et leur volonté ne souffre d'aucun doute.
Ceux qui veulent rejeter ces territoires car ils sont peuplés d'africains ne valent pas mieux que les gros c… racistes qui enchainent les « La France tu l'aimes ou tu la quittes ».
D'ailleurs c'est assez etonant qu'on retrouve une convergence de vue entre l'umpiste de base qui veut l'independance des dom-tom car ils coutent trop cher au budget et d'un autre coté le gauchiste tiers-mondiste qui trouve que lutter contre la colonisation c'est fun ! ! !
Et nos deux comperes se moquent de l'avis des populations et qu'importe qu'il y ai un profond attachement à la republique ,seul compte leur idéologie.
De Kassandr
20H54 | 29/03/2009 |
Comment se fait-il que les citoyens français n'aient pas eu leur mot à dire sur ce choix ? Pourquoi nous n'avons pas voter nous autres ? D'autant que ce sont une partie de nos impôts et encore de l'emprunt supplémentaire pour payer les infrastructures de cette île du tiers monde !
Avons-nous les moyens financiers d'entretenir toutes ces colonies transformées en DOM TOM ?
Personnellement j'aurais voter non ! Mayotte appartient aux Comorriens et non aux Français ! ! !
Cette France est prête à acheter une île aux frais des contribuables de la métropole en développant une politique sociale et nataliste, qui encourage la surnatalité d'une part et l'immigration clandestine de l'autre tout ça pour avoir un avant-poste militaire en Afrique de l'Est !
Après on pourra toujours défiler dans les rues pour moins d'impôts et de taxes, l'Etat gaspille notre argent durement gagner pour garder les miettes de ses anciennes colonies !
C'est scandaleux, et nous devons dénoncer cette politique de l'absurde !
De Minervepa
Instituteur | 07H45 | 30/03/2009 |
J'aimerais apporter un témoignage, présent hier soir sur la place du marché à Mamoudzou (chef-lieu de Mayotte). La foule était en liesse et a scandé des chants populaires locaux avant d'écouter le président du conseil général pour un discours d'autosatisfaction, par la suite le préfet a prononcé quelques mots dans la langue locale, l'émotion était lisible dans tous les yeux. 95.2% des voix pour le oui pour une participation de plus de 61% (sachant que 30% des inscrits sont soit à la Réunion soit en métropole). Puis la foule a chanté en coeur la Marseillaise, peu de gens en ignoraient les paroles ce soir là. Et il est vrai de dire que les Mahorais (au contraire d'autres populations) ont toujours manifesté leur attachement à la France et àses valeurs.
Il est dommage qu'à l'heure où les Mahorais se prononcent pour leur ancrage définitif dans la France, les Français de métropole ne témoignent pas plus de fraternité nationale. Je pense qu'au niveau des solidarités, comme en terme d'espoir, les Mahorais auraient beaucoup à en apprendre aux gens de la métropole.
Certes Mayotte n'est pas riche en ressource et les Mahorais ne sont pas vraiment ce que l'on pourrait appeler des entrepreneurs, mais les gens ici ont tendance, à l'inverse complète de la métropole à considérer la jeunesse comme une richesse, une source d'espoir pour l'avenir. Alors qu'en métropole, le jeune pose problème, les gens ne veulent plus d'enfants « Trop d'emmerdes ». On se méfie des jeunes, on en a peur, et pourtant ils sont notre assurance retraite, y compris les jeunes mahorais qui sont prêts à travailler et à cotiser comme tous les autres.
Ici, mis à part quelques jeunes « dorés », personnes ne veut un RMI comme en métropole, qui ne désire pas travailler et être reconnu pour son travail et ses compétences ? Les gens n'aspirent pas à vivre terrés et entassés comme des rats de banlieue, ils veulent contribuer à la richesse nationale et se développer durablement, ils veulent une usine de retraitement des déchêts, une usine de production de panneaux solaires, des hotels à touristes, une agriculture autosuffisante et subventionnée comme il se doit par l'UE.
Quand à la question de l'Islam et de la polygamie, L'Islam mahorais est un exemple de tolérance et d'ouverture (avec son lot de tarés fondamentalistes, comme chez nos cathos de métropole) et en outre les cadis ont accepté l'évolution statutaire qui pourtant amoindris considérablement leurs pouvoirs. De même la fin de la polygamie a été acceptée avec bienveillance depuis 2005, les vieux, qui ont toujours vécus comme cela garde leur statut, et pour les jeunes, c'est finis (va falloir prendre une maîtresse comme en métropole). De toute façon les jeunes mahoraises nourries aux idées de l'esprit critique à la française, n'auraient jamais acceptées cette condition de vie, au contraire de leur grand-mères et mères.
De Minervepa
Instituteur | 09H34 | 30/03/2009 |
Depuis 45 ans, la France a rencontré plus d'emmerdements à conserver Mayotte que d'avantages. Mais il arrive parfois que la politique se marie avec le conte de fée, la France départementalise Mayotte tout simplement parce qu'elle avait promis de le faire, il y a de nombreuses années.
Pour autant les problèmes des Mahorais ne sont pas résolus. Avec 1/3 de la population en situation irrégulière, + des arrivées régulières sur les côtes chaque semaine, des naissances d'étrangers qui explosent à l'hopital de Mamoudzou (1er hopital de France pour les naissances) et les plus grandes écoles primaires de France (750 élèves pour kawéni-poste), la réaction de la France doit être rapide et proportionnée. Si la métropole connaissait les mêmes taux d'étrangers, cela ferait longtemps que LePen serait à l'Elysée. Donc la politique d'immigration du gouvernement à Mayotte est, aussi bizzare que celui puisse paraître en métropole, saluée chapeau bas par les Mahorais. Ici personne ne considère que c'est du racisme, même la gauche locale encourage les expulsions. Il faut dire que les hopitaux et les écoles débordent, quand chaque année débarquent de nouvelles têtes dans les écoles avec qui il faut tout reprendre à zéro (au niveau langage, lecture, etc..). Le truc c'est qu'il n'y a pas de solutions miracles, ni politiques, ni économiques, nos voisins comoriens sont dans la merde et n'en sortiront pas avant quelques années, et encore, il faudrait qu'il n'y ait une miraculeuse « prise de conscience » politique et plus de coup d'état ( + d'une vingtaine depuis 1975).
Alors, honnêtement, à mayotte, on peut pas ouvrir les vannes, la densité de pop avoisinne déjà les 500 hab/Km2, les Mahorais se sont montrés suffisamment accueillants, si la métropole veut en prendre une partie, pas de probs, mais sinon il faut expulser à tour de bras jusqu'à retrouver un niveau décent.
En fait à chaque fois que les Mahorais ont l'impression de faire un pas vers le développement, ils ont la sensation qu'on les rattrape par le pieds pour les faire replonger dans le sous-développement. En métropole l'immigration apporte un plus ( et encore c'est discutable) en terme de bras, de travail, de diversité, ici c'est un véritable fléau.
Alors me direz-vous, pourquoi un département ? Parce que les Mahorais (et surtout les Mahoraises dailleurs) le méritent, ils se sont montrés fidèles à la France au moment où tout le monde prenait le large et ils réaffirment sans cesse leur attachement, cela vaut bien un petit changement de statut…
De lenimois
Commercial à Nîmes | 10H35 | 30/03/2009 |
Arrêtons de pousser ces terres merveilleuses à devenir sans cesse plus dépendantes. La contrepartie de la dépendance est l'absence d'initiative à se prendre en main avec ses propres atouts. En départementalisant, on créera de facto une situation comme aux Antilles.
1) Rendez Mayotte aux Comores avec un accord de partenariat audacieux et généreux avec ces dernières.
2) Financez ce partenariat avec l'argent prévu pour la départementalisation au lieu de maintenir artificiellement un niveau de vie et un mode vie totalement décalé dans cette région
3) Installez une zone d'influence français « Océanie » puissante qui rassemblera Comores+Madagascar+Seychelles+Réunion+Maurice
4) Favorisez la capacité de cette zone à se prendre en main et de développer des partenariat fructueux avec la France et d'autres, au lieu de la maintenir dans un état de dépendance hypocrite
5) Négocier avec cette zone des contreparties durables (protection et développement de zones naturelles, de laboratoires de recherche in situ, etc.)
6) surtout, surtout, favorisez le très haut débit dans ces iles pour développer le télétravail avec le reste du monde !
De Davlefou
Entrepreneur | 15H24 | 30/03/2009 |
Mayotte a voté a 64% pour rester Français, il était normal de respecter leur choix. Chaque iles peut parfaitement être autonomes d'ailleurs d'autre ont tenté de prendre leur indépendance ! ! !
Il est normale également de leur laisse choisir leur status, je trouve que devenir un département est un progrès, ils deviennent des citoyens à part entière.
Je trouve que beaucoup de gens ont des propos à la limite du raciste et la xénophie y compris dans l'article. Ne pas vivre en métropole ne ferais de nous de vrai français, ou pire des simplets un peu idiots ?
La métropole n'avait pas se prononce sur leur status, les aider financièrement est normale, nous sommes un pays, la fraternité est une de nos valeurs.
Je pense également que tout les territoire devrait devenir progressivement des départements, il ne devrait pas y avoir de demi citoyen.
Quand autre ile, si elles vont mal, bien c'est la responsabilité de leur habitant depuis leur indépendance. Être libre, c'est s'assumer ! ! ! !
Quand à la décolonisation, nous devrions nous posé de vrai question, nous demandé si elle a été faite pour les peuples ou pour servir des intérêts particulier.
Je pense que la vrai solution serait de proposé au trois autre iles si elle veulent devenir française(Evidement citoyen à part entière), cela serait à mon avis la meilleurs solution, cela n'arrivera pas de si tôt avec tout les esprits étriques et racistes ! ! ! !
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 16H04 | 30/03/2009 |
On peut toujours se morfondre au sujet de la triste histoire de la colonisation et de la décolonisation. Combien de crimes n'ont pas été commis au nom de l'une comme de l'autre ! C'est vrai pour toutes les anciennes puissances coloniales : Espagne, Portugal, Grande-Bretagne, France, sans omettre les Etats-Unis (on pense d'abord à Cuba, mais aussi à Porto Rico, qui n'est pas un Etat américain, mais dont le statut particulier a fait de lui une dépendance des USA et un simple réservoir de main-d'œuvre à bon marché pour ces derniers).
Il est permis de s'interroger sur la décision de Giscard d'Estaing dans le cas de Mayotte, apparemment inexplicable. Qui pouvait entretenir l'idée que cette île démunie de tout ou presque puisse un jour servir d'avant-poste à une puissance française moyenne capable de se « projeter » sur un quelconque théâtre économique ou militaire dans l'Océan Indien ou en Afrique ? Quand on y regarde près, ça n'avait pas de sens. Ni les Comores en général ni Mayotte en particulier n'étaient des comptoirs commerciaux viables. L'archipel ne se prêtait pas non plus à la construction d'une base militaire. Il y avait déjà Djibouti, beaucoup plus commode comme poste de surveillance de l'Afrique, de la mer Rouge et de l'océan Indien que Mayotte ! (Je glisse sur le cas de la Réunion, avec laquelle la France entretient des relations beaucoup plus anciennes, mais qui, à ma connaissance, n'a jamais fait figure de bastion de la « puissance » française dans la région.)
La décision de départementalisation est donc la conséquence d'un loupé de l'Histoire passablement sinistre. Mais qu'aurait-il fallu faire ? L'article de Pierre pointe toutes les contradictions de la situation. Juridiquement et au sens politique « formel », il eût été bon d'adopter une démarche favorisant l'indépendance, conformément aux vœux de l'OUA. Mais le problème de la misère de l'archipel n'aurait pas été réglé pour autant. Les Mahorais ont choisi de rallier la France en connaissance de cause ! Mieux vaut s'exposer aux aléas d'une politique française discriminatoire à leur égard que courir le risque de la famine perpétuelle. Les Anjouanais qui affluent sur les rives de Mayotte abondent dans le même sens, et pourtant leurs parents ou aïeux avaient choisi l'indépendance ! Etait-ce en connaissance de cause, une fois passée l'euphorie passagère de l'autodétermination ?
Le problème posé est caractéristique des archipels de « confettis ». Les îles de faible taille (et donc insuffisamment diversifiées) sont condamnées à ne pas être des entités politiques ou économiques viables. Indépendantes sur le papier, leur faiblesse les vouerait à l'insignifiance. Rattachées à une métropole dédaigneuse, elles n'ont d'autre avenir, au pire, que celui d'une soumission déguisée, et au mieux, d'une « intégration » constamment différée. C'est, hélas, le cruel destin commun à tous les autochtones des îles anciennement colonisées, qu'elles soient des Caraïbes, d'Océanie ou de l'océan Indien.