Les clés du futur Proche-Orient entre les mains d'Obama

Avec des acteurs locaux aussi antagonistes, seuls les Etats-Unis peuvent débloquer la situation. Explications.

Barack Obama devant le Mur des lamentations, à Jérusalem, le 24 juillet (Jim Young/Reuters)

La diplomatie a parfois des logiques que la logique a du mal à suivre… Ce lundi, se tient en Egypte une conférence internationale -ça doit être important puisque Nicolas Sarkozy s'y rend- consacrée à la reconstruction de la bande de Gaza. N'aurait-il pas été préférable de réunir d'abord une conférence internationale destinée à empêcher que Gaza soit de nouveau détruite ?

Certes, il faut assurément aider les Gazaouites à se relever, après les dégâts considérables causés par l'opération israélienne Plomb durci au début de l'année : entre 600 millions de dollars selon le FMI et 1,9 milliard selon l'Autorité palestinienne. L'Union européenne a déjà promis 554 millions de dollars, les Etats-Unis 900 millions.

Mais cette conférence n'aurait de sens que si, parallèlement, on réunissait aussi la planète au chevet de la paix et pas seulement pour faire des chèques sans se poser la question de savoir pourquoi il y a eu ces destructions.

D'autant que le non-dit absolu de cette conférence est que les chèques sont établis au nom de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, qui…ne contrôle pas Gaza, toujours sous la férule du Hamas, auquel la Communauté internationale ne parle pas (directement).

Tony Blair, le bien inutile émissaire du Quartet international pour le Proche-Orient, s'est ainsi rendu pour la première fois à Gaza ce weekend sans rencontrer les maîtres du territoire.

Mes questions sont évidemment faussement naïves : il est clair que le climat de la région ne porte pas à la négociation de paix. Même si, y compris au Proche-Orient, le pire n'est jamais sûr, et nul ne peut réellement prédire ce qui sortira de la nouvelle équation régionale qui est en train de se mettre en place.

La droite au pouvoir en Israël

Premier élément de la nouvelle donne : les élections israéliennes de février, et surtout les négociations qui ont été menées pour définir les contours de la coalition autour de Benyamin Netanyahou, le Premier ministre désigné.

Le chef de file du Likoud n'a pas réussi à élargir sa base, et va finalement se retrouver à la tête du gouvernement le plus à droite qu'ait connu Israël en soixante ans d'existence.

Ni Tzipy Livny, leader des « centristes » de Kadima, pourtant arrivée en tête du scrutin, ni les travaillistes d'Ehud Barak, qui ont subi une défaite historique, n'ont accepté de siéger dans un gouvernement qui fait une large place à l'extrême-droite israélienne. Pour Tzipy Livny, citée par le quotidien Maariv :

« Netanyahou ne croit pas au processus de paix et est prisonnier des visions traditionnelles de la droite [hostile à un retrait de Cisjordanie]. Dans ces conditions, la meilleure option est de servir le peuple dans l'opposition. »

Car le vrai vainqueur du scrutin, c'est bien Avigdor Lieberman, le dirigeant d'un parti, Israël Beiteinu (« Israël notre maison ») qui a fait campagne sur le dos des Arabes israéliens dont il a mis en doute le statut au sein d'Israël, et sur l'idée que la guerre de Gaza n'était pas allée assez loin.

Et s'il accepte le principe de deux Etats, c'est en procédant à un charcutage territorial qui échangerait les zones arabes de Galilée contre les grandes colonies juives de Cisjordanie difficilement acceptable pour les Palestiniens.

Ce futur gouvernement de droite a déjà annoncé la couleur : la question palestinienne n'est pas sa priorité autrement que dans sa dimension économique, et il s'assoit sans complexes sur la « Feuille de route » élaborée en 2007 par le gouvernement sortant avec les Etats-Unis et l'Autorité palestinienne, qui n'avait, il est vrai, mené nulle part.

Benyamin Netanyahu met en avant la « menace de l'Iran » plutôt que la nécessité de trouver un accord avec les Palestiniens : ce sera le ciment de sa coalition avec l'extrême-droite et les religieux.

L'inconnue Obama

C'est à Washington que s'est produit l'autre changement majeur, avec, évidemment, l'installation à la Maison Blanche de Barack Obama, soucieux de rétablir l'image de l'Amérique dans le monde arabo-musulman.

Certes, sa priorité est de sauver l'économie américaine de la banqueroute, et de retirer ses troupes d'Irak, comme il vient de le confirmer de manière éclatante. Mais il n'a pas oublié le Proche Orient, en nommant George Mitchell comme émissaire spécial, qui en est déjà à sa deuxième visite dans la région.

Mitchell tranche avec la position américaine classique d'alignement systématique sur le gouvernement israélien, qu'incarne beaucoup plus, par exemple, la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

Il est ainsi l'auteur d'un rapport sur le déclenchement de la deuxième Intifada, en 2000, dans lequel il préconisait le gel des colonies de Cisjordanie, y compris de leur « croissance naturelle », ce qui avait agacé en Israël.

Quelle sera la marge de manoeuvre de George Mitchell ? Il est encore trop tôt pour le dire, même si le nouveau président américain semble bien conscient de l'impact positif qu'aurait un règlement au Proche-Orient sur l'ensemble des problèmes du monde. Cela peut-il aller jusqu'à un clash avec le gouvernement de Netanyahou, qui a visiblement un autre agenda ?

Le Hamas incontournable

Troisième élément de la nouvelle donne : la position du Hamas, le mouvement islamiste palestinien, qui est sorti de la guerre de Gaza affaibli militairement, mais tout aussi fort sinon renforcé politiquement. Ce n'est pas le moindre paradoxe de cette guerre de janvier, dont les Israéliens sont les seuls à penser qu'elle a été un grand succès.

Dans une tribune publiée ce weekend dans Haaretz, Shaul Arieli, l'un des signataires de l'Intiative de paix israélo-palestinienne de Genève, va même jusqu'à écrire que « les Israéliens ont voté pour le Hamas », en mettant au pouvoir Beyamin Netahyahou et ses alliés de droite. Il estime qu'en l'absence de perspective de paix, le Fatah de Mahmoud Abbas ne survivra pas dans sa modération actuelle, et disparaîtra ou sera absorbé dans une alliance avec le Hamas.

Le Hamas est en effet incontournable, comme le montre le simple fait que, de nouveau, des discussions ont eu lieu ces derniers jours au Caire pour favoriser l'émergence d'un gouvernement d'union nationale entre Fatah et Hamas, et même pour négocier une entrée du Hamas au sein de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), la maison commune des nationalistes palestiniens, dont il s'était tenu à l'écart depuis sa création en 1987.

Sur le terrain, les Islamistes ont effectué des purges à Gaza, soupçonnant les partisans du Fatah d'avoir prêté main forte aux Israéliens pendant leur offensive, et renforcent leur emprise par un subtil mélange de terreur et d'aide sociale qui leur a réussi jusqu'ici.

Comme le redoutent les pacifistes israéliens, ils seront les principaux bénéficiaires de l'absence de perspective de paix, faute d'avoir au moins tenté de les inclure dans une logique positive qui testerait leur supposé « pragmatisme ».

L'absence de volonté politique

Tout se met donc en place pour cette nouvelle phase. Et avec des acteurs aussi éloignés que le futur gouvernement israélien ou le Hamas, le seul espoir d'avancer réside dans l'attitude qu'adopteront les Etats-Unis. Ils sont les seuls, en effet, à avoir la capacité de peser sur Israël et ses voisins, s'ils en ont la volonté politique.

Obama peut-il tordre le bras d'Israël ? C'est, au bout du compte, la véritable inconnue de cette équation.

Il y a quelques semaines, l'ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, rapportait dans son tchat sur Rue89 une conversation qu'il avait eue avec Henry Kissinger, l'ancien grand architecte de la diplomatie américaine. Kissinger lui avait dit :

« Tout le monde sait comment résoudre le conflit du Proche-Orient, la seule chose qui manque, c'est la volonté politique. »

Cette volonté politique existe-t-elle cette fois à Washington ? Ce sera l'un des tests les plus difficiles pour Barack Obama, qui, pourtant ne manque pas d'obstacles.

Photo : Barack Obama devant le Mur des lamentations, à Jérusalem, le 24 juillet (Jim Young/Reuters)

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8 commentaires sélectionnés

Portrait de dulconte

De dulconte

Mordu par un fachogarou | 23H51 | 01/03/2009 | Permalien

J'ai le sentiment que si Obama échoue, ou néglige (ce dont je doute), à remettre sur les rails la paix dans le conflit israélo-palestinien non seulement les USA perdront alors toute crédibilité dans cette partie du monde mais l'Iran gagnera une position de puissance régionale encore plus importante et qu'alors à moyen ou long terme la survie de l'état d'Israël se posera.

Que vont donner les négociations avec la Syrie, les clefs du conflit se trouve peut-être aussi là….

Un président américain s'est-il déjà retrouvé avec de telles responsabilités sur le dos ? Espérons qui ne se transforme pas en Louis 16 de pacotille, incapable de faire face aux poids de son pays et de ses responsabilités…

Portrait de iJer

De iJer

?? | 00H25 | 02/03/2009 | Permalien

Je pense que vous oubliez un acteur dans tout cela, la tres discrete Russie, qui soutient l'Iran, qui soutient le Hamas, et dont Lierbermann, ne n'oublions pas est originaire. Cela ne veut pas dire qu'il soit aux ordres du Kremlin, mais qu'il restera sensible a cette voix et a ces « conseils ».

Il y a eut ce WE dans le New York Times, deux tres bons articles, « Notre ami iranien » a propos du president iranien, titre qui semble provocateur pour un journal americain sur l'Iran ( il est plus que jamais temps de parler avec les iraniens, dit l'article (quelques mots sur Sarkozy et sa decision contraire qualifiee d'erreur) avant les elections iraniennes de juin et leurs incertitude) et un second sur la comparaison Nixon/Obama, sur la ou les guerres dont ils heritaient a leur prise de pouvoir, Nixon s'etant engage a se retirer du Vietnam pour les elections, mais s'engageant toujours plus a petit pas dans le conflit, sud Vietnam, Cambodge. L'article etudie le glissement des promesses de retrait a cette engagement. Obama suit le meme processus, en suivant les recommandations de ses militaires. Promesse de retrait, puis objectif beaucoup plus lointain, Aout 2010, avec 50 000 GIs en presence permanente, au grand regret des democrates.
L'Irak est dans dans la region devenu une des clefs, puisqu'on y retrouve l'Iran, ainsi biensur plus indirectement que l'opinion des autres pays arabes sur les USA, et leur credibilite a s'imposer en acteur de la paix a deux pas de l'Irak.

Portrait de caro

De caro

délinquante avérée | 00H26 | 02/03/2009 | Permalien

Tout ce qu'on peut souhaiter, c'est qu'Obama ait cette volonté politique qui a tant manqué jusqu'à maintenant, pour pousser à trouver une solution pour la paix au Proche Orient. Est-ce qu'un jour, les politiques arriveront à penser aux peuples avant de penser à leur pouvoir ?

Portrait de stephanemot

De stephanemot

Author & Chief AtoZ Officer | 08H09 | 02/03/2009 | Permalien

Israel a choisi en votant Bush-Cheney.

Mais d'un autre cote, il n'y avait aucune alternative politique sur le marche, a part des petits partis demunis.

Partant de ce nouveau point bas, on peut tenter de positiver en se disant que de toute facon Nettanyahu va echouer, et Israel est condamnee a totalement se redefinir pour survivre.

La priorite a mes yeux : eviter que le pire arrive d'ici aux prochaines elections anticipees, et mettre cette periode trouble a profit pour batir une alternative credible, a priori sur les bases d'un Labour qui a totalement raison de prendre ses distances et de se poser les bonnes questions (sur comment il souhaite se definir, et le pays avec, independamment du Hamas).

Il faut aller vite mais bien, et Obama doit trouver un moyen de soutenir ce nouveau fragile ecosysteme. Discretement, pour respecter le protocole diplomatique, mais pas trop, histoire de mettre la pression sur la droite israelienne. La jouer JStreet plus qu'AIPAC (http://e-blogules.blogspot.com/2008/11/aipac-hillary-v-j-street-barack.h… )

Portrait de Xa_chan

De Xa_chan

(nippon ni mauvais) | 10H36 | 02/03/2009 | Permalien

Pas d'accord avec vous sur ce coup-là, skalpa. Beaucoup de monde semble regretter et même faire grief à Obama de n'avoir rien dit sur le P-O après avoir été élu et avant d'avoir prêté serment.

Je crois au contraire que ce fut une bonne idée de sa part que de garder le silence. Déjà, cela lui a évité de dire tout et n'importe quoi comme certains démagogues que l'on connait bien. Et puis ce n'était pas son rôle ! Il était président élu, certes, mais pas encore en fonction ! Je ne vois donc pas pourquoi il se serait exprimé

Cela lui a sans doute aussi laissé le temps de faire un bilan de ce qu'il allait pouvoir réellement faire. Après tout, nombreux seront les obstacles dressés devant lui par les lobbyistes des deux camps mais également par les restes de l'administration Bush…

C'est dingue quand même de voir en Obama cet homme providentiel, ce quasi-Messie dont on attend qu'il règle les problèmes de la planète en un claquement de doigts !

Pour moi, Obama est simplement un homme qui va essayer de faire ce qu'il peut, et qui fera en définitive ce qu'« on » lui laissera faire. Certains intérêts n'ont à mon avis pas envie de voir le conflit israëlo-palestinien se terminer, c'est sans doute trop lucratif pour eux…

Portrait de 101.7

De 101.7

Promeneur | 11H52 | 02/03/2009 | Permalien

« Une victoire du Hamas n'est jamais une victoire pour les palestiniens. »

Exact. C'est la victoire de ceux qui ne veulent pas la paix, dans les deux camps.

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 12H26 | 02/03/2009 | Permalien

Obama hérite d'un sacré sac de noeuds ! A mon sens, il ne fera pas prévaloir une reprise du « processus de paix » (qui n'a abouti à aucun progrès jusqu'ici) sur un gouvernement dirigé par Netanyahou et composé de partis hostiles au principe des deux Etats. On peut se demander si cela ne le conduira pas à adopter une attitude attentiste.

Tzipi Livni croit qu'un gouvernement Netanyahou soutenu par Israel Beitenou, d'une part, et deux partis religieux (dont le Shas) ne fera pas long feu tant il y aura de tensions entre l'extrême-droite laïque de Lieberman et les partis religieux. Il semble qu'elle s'attende à une crise de régime lui permettant de revenir dans le jeu à la première occasion. Comme elle, Obama ne se croira t-il pas autorisé à anticiper une telle éventualité ?

Je pense pour ma part que tout va dépendre de l'Iran. Si les prochaines élections législatives iraniennes se traduisent par un retour au pouvoir de l'aile provocatrice (les Pasdaran) incarnée aujourd'hui par Ahmadinejad, il y a fort à parier que les pressions visant à une frappe préventive visant les installations nucléaires de Téhéran vont s'accumuler, non seulement en Israël, mais aussi aux Etats-Unis mêmes. Si les efforts d'ouverture diplomatique en direction de l'Iran échouent -- Obama espère une collaboration iranienne en ce qui concerne la liquidation de la guerre d'Irak, ainsi, dit-on, que son assistance bienveillante à la conclusion de la guerre en Afghanistan et au Pakistan --, je ne donne pas cher des chances de la paix au Proche-Orient.

Portrait de piecam

De piecam

trav_ind | 15H19 | 02/03/2009 | Permalien

C'est une évidence de dire que la droite à gagné en Israël. Mais quelle droite ?
Bibi Netanyahu a beaucoup de mal à former un gouvernement qui tienne la route. Comment faire cohabiter les partis religieux et Israël Beiteinu, « le diable » selon Shas ?
Ensuite, comment faire pour que les deux partis religieux s'entendent ? Le gouvernement non encore formé, il y a déjà des dissensions entre Shas et United Torah Judaïsm, notamment au sujet du Ministère du Logement – sensible, car il gère les implantations.
En conséquence, le Likud recherche une nouvelle alliance et actuellement c'est avec le Labor.
Et c'est au tour de Barak de dire « ni oui, ni non » à Netanyahu… Après avoir dit non !

« Le vrai vainqueur du scrutin, c'est bien Avidgor Lieberman ». Son score a certes largement dépassé sa clientèle traditionnelle, russe, mais pour combien de temps ? Il vient de faire une tournée aux États-Unis pour tenter de faire oublier ses amitiés biélarusses et expliquer qu'il n'était pas si extrémiste que cela.
Quand Shaul Arieli écrit que les Israéliens ont voté pour Hamas, il ne fait que reprendre une opinion exprimée dès le 12 février dans Al Hayat :
Le vainqueur « non déclaré » des élections à la Knesset est certainement le Hamas qui mène deux guerres en même temps. L'une contre Israël, où gauche et droite ne se distinguent plus que par une légère différence dans leur extrémisme politique et militaire, et l'autre contre l'OLP considérée comme soumise et défaitiste.

Quant à Obama ?
L'idée est communément admise en Israël que ce sont leurs dirigeants qui « font » la politique des États-Unis au Moyen-Orient mais la fragilité du gouvernement à venir risque de ne pas permettre à Netanyahu d'imposer quoique se soit, et la prise de contact avec la Syrie semble être un double message :
- vis-à-vis d'Israël : on ne se laissera pas imposer notre politique extérieure au Moyen-Orient ;
- vis-à-vis de l'Iran : on peut vous isoler diplomatiquement (et non militairement) et ruiner votre fond de commerce, c'est-à-dire la croisade de l'Amérique agressive contre les pauvres pays musulmans.
Israël est le (seul ? )pays qui a ouvertement marqué sa préférence pour John Mac Cain, à l'opposé des Juifs américains qui eux, ont voté pour Obama.
Contrairement à ce que l'on essaie de faire croire en France, l'opération militaire de Gaza a suscité de vifs débats aux États-Unis parmi la communauté juive et même si une majorité était pour, elle n'était pas si importante que ça. Et les lobbies pro-israéliens se sont retrouvés bien embêtés quand des rabbins ont acheté une pleine page du New-York Times pour dénoncer, un, l'intervention israélienne, deux, la propagande de ces lobbies (pas toujours juifs).
Pour ces trois raisons, la marge de manœuvre d'Obama paraît assez importante. L'avenir nous dira ce qu'il compte faire de cet avantage.

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