
L'autoréduction : ni vol ni escroquerie, plutôt une extorsion
Rue89 fait état d'une nouvelle forme d'action révolutionnaire baptisée « l'autoréduction », qui se manifeste dans des lieux, disons inattendus, puisque c'est aux heures d'ouverture du Monoprix qu'a désormais lieu le Grand Soir.
La rédaction de Rue89 m'a contacté pour me demander l'avis du juriste sur ces opérations. Le bon sens voudrait qu'elles fussent illégales, mais la police, qui a assisté à ces faits, n'est pas intervenue. Et la rhétorique des personnes concernées utilise des termes comme « réduction », « réquisition », affublés toutefois du préfixe auto-, qui veulent exclure toute illégalité.
Voici une excellente occasion de faire du droit sous a forme la plus pure : l'essence du travail de juriste consiste à qualifier, c'est à dire prendre un fait, une situation, et l'analyser sous l'angle juridique pour trouver la qualification adéquate.
Ensuite, il ne reste plus qu'à y appliquer les règles de droit en vigueur. N'oubliez pas : le vide juridique n'existe pas. Le droit est partout. Vous êtes cerné. Toute résistance est inutile.
Ce travail est essentiellement celui du juge, qui dit le droit, mais, en droit pénal, celui qui va retenir notre attention, c'est aussi celui du parquet que de proposer une qualification, et de l'avocat de la réfuter pour en proposer une plus conforme, sinon au droit, du moins aux intérêts de son client. Au juge de trancher.
Voyons tout d'abord les faits. L'ironie n'est pas nécessaire à l'analyse, c'est juste une coquetterie de l'auteur.
¡ Hasta los delicatesssen, siempre !
Ainsi donc, nos révolutionnaires des supermarchés ont le mode opératoire suivant : ils se rendent en nombre dans un magasin, remplissent des chariots de produits de première nécessité comme du saumon fumé et du foie gras (il y a certes aussi de l'huile et des pâtes), et, une fois aux caisses, ils refusent de payer, invoquant cet argument définitif (les italiques sont de moi) :
« C'est une autoréquisition qui est juste en ces temps de crise et qui permet aux précaires de fêter aussi le Nouvel An dignement. »
Je retiens de prime abord que les Che Guevara de l'épicerie fine reconnaissent implicitement qu'en dehors des temps de crise, leur action est injuste, et constate avec effroi que vu mon menu de réveillon, je n'ai pas fêté le Nouvel An dignement selon leurs critères.
L'attroupement crée du désordre, bloque les caisses, ce qui entraîne un manque à gagner immédiat (les clients préférant renoncer à leurs courses et aller voir ailleurs si la révolution y est) jusqu'à ce que la direction du magasin cède et les autorise à partir avec ces produits. Comme le disent eux-même les Picaros des pique-assiettes, cités par Rue89 (je graisse) :
« Treize chariots pleins sont sortis du magasin après des négociations tendues avec une direction qui a logiquement choisi de ne pas prolonger le blocage des caisses (perte de chiffre d'affaires) ou prendre le risque d'une intervention policière dans les rayons. »
Cette phrase, issue d'un communiqué rédigée par les auteurs de cette action, nous sera précieuse le moment venu.
Chaussons à présent les lunettes du juriste et tentons de qualifier les faits.
Les violences physiques ayant été évitées (même si, et ça aura son importance, des témoins rapportent que des bousculades ont eu lieu : il y a eu instauration à tout le moins d'un rapport de force), et n'étant en tout état de cause pas l'objet premier de cette opération, si délit il y a eu, c'est donc donc une atteinte aux biens. Mais quelle atteinte ?
Certaines hypothèses sont à écarter.
L'« autoréduction » n'est pas un vol.
Selon l'article 311-1 du Code pénal, le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d'autrui.
Soustraction : le voleur appréhende la chose d'autrui et se comporte de manière univoque comme le propriétaire, c'est à dire commet un acte que seul le propriétaire pourrait légitimement accomplir.
Frauduleuse : le voleur sait que la chose qu'il appréhende n'est pas à lui (peu importe qu'il ne sache pas à qui elle est, du moment qu'il sait qu'elle n'est pas à lui).
Or à l'apparition des grandes surfaces, un défi a été porté aux juristes. Tout au long du XIXe siècle, c'est le modèle traditionnel de la vente qui prévalait. L'acheteur désignait le bien qui l'intéressait, le vendeur la lui remettait contre un paiement du prix. Comme sur les marchés de quartier aujourd'hui encore.
Mais selon les règles du code civil, encore en vigueur à ce jour, et venant directement du droit romain, le transfert de propriété se fait en principe et sauf dérogation contractuellement prévue dès qu'il y a accord sur la chose et sur le prix (article 1583 du Code civil), indépendamment de la remise de la chose.
Avec les grandes surfaces, l'acheteur se saisit lui même de la chose qu'il souhaite acheter, exposée à portée de sa main, et sur laquelle le prix est affiché. Il y a accord sur la chose et sur le prix : il est théoriquement propriétaire de ce qu'il y a dans son chariot.
Dès lors, en suivant ce raisonnement juridiquement orthodoxe, s'il franchit les portes sans payer, il ne commet pas de vol car il est propriétaire de ce qu'il emporte ; mais il a simplement une dette envers le magasin. C'est l'argument qui était soulevé par mes confrères de l'époque.
Si cela était arrivé aujourd'hui, les propriétaires de ces magasins auraient crié « vide juridique ! » et obtenu que le Parlement vote en catastrophe un texte spécial. Mais nous étions à une autre époque, et le législateur a fait ce qu'il avait de mieux à faire : rien.
Car les juges ont trouvé tout seul la solution, en répondant au droit par le droit.
Ils ont observé comment se déroulait cette nouvelle méthode de vente, à la recherche des indices permettant de comprendre l'opération juridique. Exactement ce que nous sommes en train de faire avec les autoréducteurs.
Ils ont constaté que d'une part, le client pouvait, jusqu'à son passage en caisse, reposer l'objet à sa place (ou, comme c'est à présent la mode, partout sauf à sa place) sans que nul n'y trouve à redire. C'était un premier indice révélant que le transfert de propriété avait été repoussé à plus tard.
D'autre part, l'usage mis en place voulait que lorsqu'un produit fût brisé accidentellement par un client, le magasin ramassât les débris, nettoyât, et sans rien demander au client, le laissât aller chercher un produit identique mais intact. Or si le client était devenu propriétaire, il aurait dû payer le prix de la chose brisée, car le transfert de propriété entraîne transfert du risque de perte de la chose, même par cas fortuit (article 1 138 du code civil).
Conclusion juridique du juge observateur (c'est un raisonnement en induction-déduction, pour les étudiants en droit) : tant que le client est dans les rayons du magasin, le transfert de propriété n'a pas encore eu lieu, la détention par lui des produits est précaire. Il peut revenir sur sa volonté d'achat, discrétionnairement, et ne supporte pas les risques. Il n'est donc pas encore propriétaire.
A partir de quand se comporte-t-il de manière univoque comme le propriétaire ? La réponse est d'une clarté diaphane : lors du passage en caisse. Ce n'est donc qu'à ce moment qu'a lieu le transfert de propriété, par cette manifestation irrévocable d'acquérir la chose.
Et ce n'est donc qu'à partir de ce moment que le comportement du voleur devient lui aussi univoque et constitue l'appropriation frauduleuse : quand il franchit les caisses en dissimulant des biens pour ne pas les payer, ou qu'il franchit les portes du magasin sans passer par les caisses en étant porteur de choses vendues. Il montre ainsi sa volonté de ne pas acquérir ces choses, et se comporte pourtant comme le propriétaire, puisque seul le propriétaire peut les emporter hors du magasin.
C'est pourquoi vous ne pouvez être condamné pour vol pour avoir glissé des articles dans vos poches tant que vous êtes dans les rayons. Il est licite de porter ses emplettes dans ses poches. Même si vous êtes repéré, vous ne serez intercepté qu'une fois franchie la ligne de caisse, car il est désormais certain que vous n'avez nullement l'intention de payer.
Pour en revenir à nos bolchéviques du code barre, ils s'arrêtent aux caisses et manifestent bruyamment leur volonté de ne pas payer. MAIS ils ne franchissent pas la ligne de caisse. Comme le relève leur communiqué, c'est après négociation avec la direction et avec son accord qu'ils sont sortis. Il n'y a donc pas eu appréhension mais remise de la chose par la direction du magasin. Or la remise exclut le vol.
« L'autoréduction » est peut-être un néologisme, mais ce n'est pas un vol.
« L'autoréduction » n'est ni une escroquerie ni un abus de confiance.
L'escroquerie et l'abus de confiance font partie des infractions d'atteinte aux biens avec remise de la chose par son propriétaire. On se rapproche donc de la solution. Mais sans l'avoir trouvée, comme nous allons voir.
L'escroquerie consiste à provoquer la remise de la chose en trompant son propriétaire par une manœuvre frauduleuse qui doit être un minimum élaborée (un simple mensonge ne suffit pas : la loi cite comme exemple l'usage d'un faux nom, d'une fausse qualité, ou l'abus d'une qualité vraie, selon l'article 313-1 du code pénal).
La victime remet la chose par erreur, mais une erreur provoquée. Elle ne s'est pas trompée, elle a été trompée.
Ici, nulle manœuvre frauduleuse, les autoréducteurs ayant clairement affiché leurs intentions : ils ne veulent ni payer ni rendre, et ne partiront que par la force des baïonnettes ou avec leurs paniers garnis. On dira ce qu'on veut sur le procédé, mais au moins il est franc, ce qui exclut l'escroquerie.
L'abus de confiance consiste, pour celui qui s'est vu remettre une chose en vertu d'un contrat sans en devenir propriétaire, à dissiper la chose, c'est à dire de se mettre dans l'incapacité de la rendre quand le contrat l'exige.
C'est celui qui loue une voiture et ne la rend pas, c'est le propriétaire qui dépense le dépôt de garantie de son locataire de sorte qu'il ne peut le lui rendre à la fin de la location, c'est celui qui se paye des courses avec la carte bleue de la boîte dont il est le salarié, c'est le banquier qui détourne l'argent des déposants.
Mais dans un supermarché, il y a transfert de propriété, ce qui exclut l'abus de confiance. Entre le rayon et la caisse, le client est détenteur précaire, et pas dépositaire en vertu d'un contrat, et il n'est pas tenu de représenter la chose (en fait, on l'incite même à ne pas la rendre mais à l'acheter), mais d'en payer le prix. Faute de cette obligation de rendre, l'abus de confiance n'est pas applicable.
Est-ce à dire que nos adeptes de l'autopromotion sont couverts de la plus parfaite légalité ? Nenni.
L'« autoréduction » est très probablement une extorsion.
L'article 312-1 du code pénal définit l'extorsion comme :
« Le fait d'obtenir par violence, menace de violences ou contrainte soit une signature, un engagement ou une renonciation, soit la révélation d'un secret, soit la remise de fonds, de valeurs ou d'un bien quelconque. »
Il y a là aussi remise volontaire de la chose, mais à la suite d'une forme de violence, physique ou morale. Le racket est de l'extorsion.
Allons, me diront mes lecteurs libertaires : ces sympathiques Robin des bois du rayon frais, de vulgaires racketteurs ?
D'abord, Robin de Locksley, lui, n'a jamais nié qu'il volait aux riches pour donner aux pauvres. Il n'a pas prétendu faire de l'autoredistribution. Voleur, pas faux cul.
Et puis sympathiques, sympathiques, c'est vite dit pour qui sait lire.
Reprenons leur autocommuniqué de presse, que je citais au début (je graisse) :
« Treize chariots pleins sont sortis du magasin après des négociations tendues avec une direction qui a logiquement choisi de ne pas prolonger le blocage des caisses (perte de chiffre d'affaires) ou prendre le risque d'une intervention policière dans les rayons. »
Les auteurs des faits n'ont guère laissé le choix au directeur du magasin : soit il donnait les denrées, soit son magasin était bloqué indéfiniment avec une perte économique (on était à quelques heures du réveillon) soit il fallait l'intervention des forces de l'ordre, ce qui entraînait un « risque » pour les « “rayons”. On comprend que dans ces conditions, qualifier les “négociations” de “tendues” est un doux euphémisme.
En fait, vous l'aurez compris, de négociations il n'y eut point, c'était : “Laisse-nous partir, ou on bloque ton magasin, ou appelle la police et on casse tout.” Résumé comme ça, je pense que c'est plus clair.
Il me paraît difficile de nier que le directeur n'a remis les biens que sous la contrainte, pour éviter un mal plus grand (une perte financière supérieure à la valeur des biens -5 000 euros d'après les informations de Rue89- ou des dégâts importants dans le magasin : 50 personnes lâchées dans les rayons à jouer à chat perché avec la police). Ce qui constitue l'extorsion.
L''état de nécessité » peut-il justifier une « autoréduction » ?
Et l'état de nécessité ? Selon le Code pénal :
« N'est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s'il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace (article 122-7 du code pénal). »
L'état de nécessité consiste donc à commettre un acte illicite pour prévenir un mal plus grand et imminent, que ce soit une autre infraction ou un danger quelconque.
Rappelons l'argumentation des autojusticiers :
« C'est une autoréquisition qui est juste en ces temps de crise et qui permet aux précaires de fêter aussi le Nouvel An dignement. »
La jurisprudence est muette sur la question, mais pour fréquenter quelque peu les juges pénaux, je ne pense pas que le danger imminent de passer un Nouvel An de manière non conforme à la tradition gastronomique, ce qui serait une atteinte à la dignité, soit un danger suffisant pour justifier l'extorsion de treize caddies de victuailles.
J'ajouterai qu'il n'y a jamais d'état de nécessité à s'emparer par la force de produits de luxe comme le saumon fumé ou le foie gras, et ce même un 31 décembre.
L'article relève qu'il y avait aussi des produits de première nécessité (pommes de terre, huile, pâtes). Dont acte. Mais l'état de nécessité suppose que la personne n'ait pu agir autrement que comme elle l'a fait, ou du moins a choisi la solution la moins dommageable pour autrui ou l'ordre public.
Les précaires en question risquaient-ils vraiment de mourir de faim, de manière imminente ? Et nos cinquante autorévolutionnaires n'avaient-ils vraiment pas les moyens, en se cotisant, d'acheter de quoi remplir treize caddies, ou seulement douze, de pâtes, d'huile et de pomme de terre ?
Ils étaient 50. Ça fait 100 euros par tête de pipe, et bien moins au Franprix en face (il y a vraiment un Franprix en face du Monoprix en question). Je rappelle à toutes fins que la banque alimentaire collecte chaque année auprès des clients des supermarchés de toute la France, et c'est plus que treize caddies, qu'ils emportent, c'est 11 300 tonnes de nourriture. Et légalement.
Dire qu'aller ainsi se servir dans les magasins est la seule façon de venir en aide à des précaires en danger imminent me paraît quelque peu audacieux
Il me paraît fortement douteux que les personnes réalisant ces actions n'aient absolument pas d'autre moyen de porter secours à des précaires en danger imminent, ce qui seul constituerait l'état de nécessité.
Et la dignité des précaires ?
Franchement, elle a bon dos, en l'espèce. Car à commettre une extorsion pour les nourrir, on les rend coupables de recel. Avec des amis pareils, qui a besoin d'ennemis ?
Que risquent les « autoréducteurs » ?
L'extorsion simple est punie de prison pouvant aller jusqu'à sept ans et de 100 000 euros d'amende au maximum. Chaque personne ayant participé à l'opération en bloquant les caisses ou en participant à la pression mise sur le directeurs se rend coauteur de l'infraction et est punissable.
J'ajoute, car je lis dans l'article de Rue89, que des actions similaires ont eu lieu partout en France, et que le mode opératoire est à chaque fois le même et réglé comme du papier à musique, que constitue une bande organisée au sens de la loi tout groupement formé ou toute entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'une ou de plusieurs infractions (art. 132-71 du code pénal).
Et que l'extorsion en bande organisée, c'est vingt ans et 1 500 000 euros d'amende, avec régime spécial : 96 heures de garde à vue, pas d'avocat avant la 48e heure et la 72e heure.
Je doute que le parquet retienne la qualification criminelle, ne serait-ce que pour éviter les assises, mais juridiquement, elle tient.
Qui a dit que la révolution, même à coup de chariots de supermarché, était sans danger ?
► Journal d'un avocat, le blog de Maître Eolas.
- 33095 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque



















194
(Pour réagir, connectez-vous)
à delalo
De johanjohan
johan | 19H12 | 04/01/2009 |
Surtout ces banques usent du chantage : « si vous nous renflouez pas avec l'argent des contribuables, nous tombons et vous en pâtirez » (dans votre intégrité physique pour le coup). Autrement dit, il y a extorsion si on suit la logique de maitre Eolas.
à delalo
De désabusée
20H06 | 04/01/2009 |
tout à fait, mais une précision, on leur confie parce qu'on a pas le choix, c'est du racket aussi ? et au lieu de le gérer en « bon père de famille » selon la formule consacrée, ils font mumuse en bourse… si tous, nous réclamions l'argent mis chez eux… ils seraient dans le caca !
à delalo
De princeMichkine
juriste | 21H06 | 05/01/2009 |
On sait que les gens n'aiment pas les banques, mais il ne faut quand même pas exagérer !
Les banques françaises n'ont commis aucune infraction pénale dans l'affaire des subprimes .
Elles ont parfaitement repespecté la loi : ce qu'on peut leur reprocher ce sont la qualité de leurs placements, qui s'est révélée desastreuse en bourse , c'est tout.
Avant même ce krach, la loi bancaire permet aux banques de consentir des prêts avec l'argent des dépôts, etc…
Aucune banque ne peut survivre si tous les déposants demandent en même temps leurs fonds…
De johanjohan
johan | 19H09 | 04/01/2009 |
Vous avez peut-être raison lorsque vous dites que « le vide juridique n'existe pas. Le droit est partout. », mais votre droit ressemble de plus en plus à une grotesque pantomime.
Si on applique la qualification d'extorsion que vous préconisez, avec les peines que vous rappelez, on met sur le même plan ces 13 joyeux charriots de bouffe et des malfaiteurs qui extorquent en menaçant de mort ou de photos compromettantes. Votre approche juridique passe à côté du sens de l'action (et des moyens : personne n'est menacé dans son intégrité physique). Ce serait un peu comme confondre terrorisme et vandalisme.
à johanjohan
De jmax
19H25 | 04/01/2009 |
c'est pour cela que ce n'est pas un robot qui juge mais un humain. Néanmoins, il faut se baser sur des principes juridiques et on est bien dans une tentative d'extorsion
à johanjohan
De Hemenate
20H35 | 04/01/2009 |
Notre droit est d'inspiration romano-germanique :
La qualification juridique encadre les sanctions pouvant être prononcées.
Ensuite le Juge évalue, dans ce cadre, qu'elle est la sanction qui convient en tenant compte des divers éléments…
à johanjohan
De Photine
11H56 | 05/01/2009 |
Je ne vois pas la différence entre cette « action » et les trois jeunes mecs qui entrent à 23 h chez mon épicier « de quartier », prennent une boureille de whisky et repartent sans payer « parce qu'il doit être sympa ».
Même utilisation lâche de la menace physique (que se passe-t'il d'après vous si l'épicier ou le directeur du monprix résiste ? ils remettent gentiment les produits dans les rayons ? )
à johanjohan
De Np237
Visionneur malsain | 14H27 | 05/01/2009 |
Si quelqu'un est en tort, ce n'est pas le droit (qui reste un concept abstrait), mais le législateur. Rappelons que nous vivons dans un pays où une femme qui vole un caddie dans un supermarché pour nourrir ses enfants écope de prison quand un escroc qui a détourné des millions d'euros n'obtiendra le plus souvent qu'une peine d'inéligibilité.
De plus, il ne s'agit que d'une peine maximale, l'appréciation du juge (dans le cas de poursuites qui restent jusqu'ici hypothétiques) est (théoriquement) là pour déterminer une peine juste. Si une bande organisée venait avec des armes de guerre extorquer une rançon en prenant en otage les clients dudit supermarché, je pense que vous seriez bien content qu'on puisse leur appliquer une peine de 15 ans de réclusion.
à johanjohan
De polka_dots
étudiante | 18H00 | 07/01/2009 |
« Votre approche juridique passe à côté du sens de l'action »
… et justement, l'indifférence des motivations dans la qualification juridique est un principe directeur du droit pénal. Que l'on vole pour son propre confort, par intention malicieuse, ou pour sauver la veuve et l'orphelin, la qualification juridique des faits est toujours un vol, point barre.
Là où les motivations (et la personnalité du prévenu de manière plus générale) entrent en jeu c'est pour le prononcé de la sanction par le juge, pour laquelle l'appréciation du juge est souveraine dans la marge de manoeuvre laissée par les textes….
La geek du droit que j'ai honte d'être a adoré cet article.
à johanjohan
De Bdalex
Avocat | 13H18 | 08/01/2009 |
Un tout petit rappel :
Les peines indiquées par le code pénal constituent le maximum de la sanction possible.
Heureusement, les peines ne sont pas automatiques (au moins en cette matière) et les juges sont là pour tempérer et adapter à la gravité de la faute et à la personnalité du délinquant.
De Zibel973
(inquiète depuis le 6 mai 2007) | 19H25 | 04/01/2009 |
Bonsoir maitre Eéolas,
et merci pour cette réponse claire.
J'ai une autre question : le fait que Monoprix n'a pas alerté la police (qui aurait pu cueillir les gens et leur butin au coin de la rue), ni même porté plainte immédiatement après les faits n'est-il pas en faveur des… euh… « autoréducteurs » (pardon mais j'ai du mal à dire racketteurs ! ) ?
Après tout il me semble que le quidam a bien 48 heures et pas plus pour déclarer un sinistre aux assurances…
à Zibel973
De mad
10H01 | 05/01/2009 |
La police à été appelée, puisqu'elle était présente.
et le magasin à parfaitement le droit de prendre son temps, dans les limites légales de la prescription extinctive des faits, pour porter plainte.
Ca prends du temps d'appeler ses avocats, faire un inventaire, rédiger une plainte
De pomme53
Médiation | 19H27 | 04/01/2009 |
En ce début de nouvelle année, je tiens à adresser à tous les citoyens de la Rue, mes voeux les plus chaleureux pour d'heureux moments à partager ! Je n'irai pas jusqu'à parler de bonheur ; état de béatitude qui nous semble au moins proscrit jusqu'à 2012 !
S'agissant du sujet sur la consommation et des consommateurs, il est une vérité qu'il nous faudra bien admettre un jour prochain :
-avec la multiplication des grandes surfaces qui n'en peuvent plus de s'agrandir, et de la quantité considérable de produits mis à disposition du chaland piégé dans un dédale de gondoles symbolisant les sirènes de la consommation, on a vu apparaître une notion nouvelle d'INCITATION A LA CONSOMMATION !
Incitation soutenue et orientée puisque lorsque les clients hésitent sur l'acquisition d'un produit mis en valeur et promotionné, des slogans à caractère publicitaire vont rappeler audit client (en le culpabilisant) qu'il faudrait être « con » pour résister davantage ! D'autant que les chacals de la distribution ont des arguments à faire valoir : les cartes de crédit ! Vos dépenses de fin d'année, payez-les à Pâques où à la Trinité ! Ce sera seulement 20% d'usure d'intérêt !
Au fait, pour les vols à l'étalage, il convient de noter que sur chaque article vendu en grande surface, un % est calculé pour le vol de l'article. Il n'y a pas si longtemps, on appelait cette opération comptable : la démarque inconnue !
A quand le délit qualifié d'INCITATION A LA CONSOMMATION, en particulier pour les mineurs ! ?
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 20H02 | 04/01/2009 |
et la grivèlerie c'est plus dans le code et si j'ais besoins d'un avocat un gamin commis d'office ferat l'affaire , extorteur pourquoi pas raket aussi
à patrick du 14
De karl96
20H21 | 04/01/2009 |
Pourquoi les dirigeants de ces hypers et supers ne mettent pas en place un système de redistribution des invendus pour les plus pauvres plutôt que de les détruire ?
de toute les façons je trouve ça tellement scandaleux que ces entreprises vendent leurs produits si cher. j'ai un ami qui travaille dans l'alimentaire en tant que grossiste et je suis effaré de voir des marges de 80% parfois.
à karl96
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 20H53 | 04/01/2009 |
le monop du fb st antoine il est pas tres grand mais en plein boboland et pour la marge je leurs fait confiançe
à patrick du 14
De mad
10H03 | 05/01/2009 |
Légifrance dit le contraire :
Article 313-5
Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 - art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002
La filouterie est le fait par une personne qui sait être dans l'impossibilité absolue de payer ou qui est déterminée à ne pas payer :
1° De se faire servir des boissons ou des aliments dans un établissement vendant des boissons ou des aliments ;
2° De se faire attribuer et d'occuper effectivement une ou plusieurs chambres dans un établissement louant des chambres, lorsque l'occupation n'a pas excédé dix jours ;
3° De se faire servir des carburants ou lubrifiants dont elle fait remplir tout ou partie des réservoirs d'un véhicule par des professionnels de la distribution ;
4° De se faire transporter en taxi ou en voiture de place.
La filouterie est punie de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende.
De TARPON
20H03 | 04/01/2009 |
l'extorsion en bande organisée ce ne serait pas plutot le binome juge-avocat ?
à TARPON
De Bdalex
Avocat | 13H22 | 08/01/2009 |
Si vous saviez le nombre de fois que j'ai entendu cette invective…
Vous devez être bien riche pour vous passer d'argent pour vivre.
Vous travaillez peut-être ? Alors je vous propose de renoncer à votre salaire de ce mois en disant à votre patron, « Gardez tout, patron, gardez tout. Je ne vis que d'air pur et d'eau de pluie.
De Marius Jacob
terroriste | 20H20 | 04/01/2009 |
« D'abord, Robin de Locksley, lui, n'a jamais nié qu'il volait aux riches pour donner aux pauvres. Il n'a pas prétendu faire de l'autoredistribution. Voleur, pas faux cul. »
Après tout donc les pauvres ont-ils besoin d'un Robin de Locksley ou d'un chef quelconque pour pour récupérer les richesses chez ceux qui les ont accaparer ? Ou faudrait-il qu'ils attendent l'action de quelqu'un de plus noble pour que la démarche soit légitime ? C'est en tout cas ce qui me semble être supposé ici avec cette remarque sarcastique sur l'autoredistribution.
Les gens n'attendent plus qu'on pense, qu'on vive ou qu'on agisse à leur place. Ils ont décider de le faire eux même, quel mal il y a à cela ?
à Marius Jacob
De Hemenate
20H46 | 04/01/2009 |
La citation qui vous pose problème n'a, a mon sens, pas d'autre objet que de faire remarqué que quand on parle de Robin de bois on parle bel et bien de « vol ».
De greggg
parisien | 20H21 | 04/01/2009 |
Je me demandais si on pouvait, dans un restaurant, avant le repas, ou même après, décider que, non, la note est bien trop élevée pour ce qu'on a mangé et bu. Sur l'air de : « Dites-donc vous avez goûté votre café ? Vous trouvez que 2 euros 50 ce n'est pas un peu trop pour ce jus de chaussette ? Allez, je vous en donne 1 euro 30. »
à greggg
De mad
10H05 | 05/01/2009 |
c'est pour cela que les prix doivent, par obligation, être affichés à l'extérieur du restaurant et sur la carte / menu.
Pour que vous ne consommiez qu'en connaissance de cause.
De kebra
Bisounours killa | 20H51 | 04/01/2009 |
Très cher Maître Eolas,
Notre conseil d'administration a particulièrement apprécié votre qualification très pertinente des faits sur le site Rue89 à propos de la prise d'otage de notre chiffre d'affaire par une bande organisée d'autoréducteurs enragés. Vous avez un grand avenir dans le métier de Procureur.
Votre conclusion sur la pertinence juridique de la qualification criminelle d » extortion en bande organisée avec régime spécial de GAV de 96 heures avec forces spéciales encagoulées, préventive en DPS, assises pour 20 ans et 1,5 millions, calquée sur le modèle terroriste de Tarnac, est édifiante. Nous espérons qu'elle sera assez dissuasive. Sinon, nous aviserons pour qu'elle soit appliquée dans les faits.
Votre maîtrise de cet art difficile se fait particulièrement sentir dans ce paragraphe d'anthologie : « En fait, vous l'aurez compris, de négociations il n'y eut point, c'était : “Laisse-nous partir, ou on bloque ton magasin, ou appelle la police et on casse tout.” Résumé comme ça, je pense que c'est plus clair. “ Du grand art dans le dérapage sémantique et la manipulation des juges, des jurés et de l'opinion.
En effet, rien dans les éléments connus de l'affaire ne permetait de coller des guillemets à ce discours fictifs. Le blocage des caisses était suffisant pour nous faire accepter les revendications, il n'était pas question de violence, comme dans les deux autres cas d'ailleurs. Ce fait patent risquait d'attirer l'indulgence de l'opinion. Vous avez habilement su le noyer dans la peur de la violence.
Vous avez habilement agité le chiffon rouge et noir des casseurs autonomes des années 70. Quel sens de l'opportunité, avec toute l'agitation autour de ces thèmes, cette partie de votre démonstration va marquer les consciences.
Comme notre vénéré Président et ses valeureuses ministres vous établissez une intention possible comme un fait avéré. C'est beau comme un étrier sur une caténaire. Après la cellule pré-terroriste de Tarnac, vous avez fondé le groupe d'autoréducteurs pré-casseurs. Nos actionaires sont très sensibles à vos efforts pour justifier plus de sécurité et de sanctions.
Nous avons transmis par email votre magnifique travail à la Ministre de la Justice, nous ne voudrions pas qu'un heureux évènement perturbe le fonctionnement normal de la justice en notre faveur.
Si quelque chose dans l'assortiment de produits de nos enseignes peut servir à votre louable combat d'information populaire , n'hésitez pas à la faire savoir à notre Directeur des Relations Publiques qui se fera un plaisir de vous fournir un exemplaire de démonstration ou d'excellentes conditions d'achat.
Veuillez agréer Maître Eolas, l'expression de notre grande gratitude
Le Directoire du groupe Galleries Lafayettes-Casino-Monoprix
à kebra
De Hemenate
21H01 | 04/01/2009 |
« Le blocage des caisses était suffisant pour nous faire accepter les revendications, il n'était pas question de violence, comme dans les deux autres cas d'ailleurs. »
La qualification d'extorsion ne nécessite pas de violence, une simple contrainte suffit.
Le blocage des caisses est une contrainte, l'extorsion est donc qualifiée.
« Vous avez un grand avenir dans le métier de Procureur. […] Du grand art dans le dérapage sémantique et la manipulation des juges, des jurés et de l'opinion.[…] Ce fait patent risquait d'attirer l'indulgence de l'opinion, etc »
Il est avocat, c'est une pleine page de compliment que vous lui faites là…
à Hemenate
De kebra
Bisounours killa | 22H03 | 04/01/2009 |
« La qualification d'extorsion ne nécessite pas de violence, une simple contrainte suffit.
Le blocage des caisses est une contrainte, l'extorsion est donc qualifiée. »
La contrainte des ouvriers qui bloquent les grilles d'une usine, des pécheurs qui bloquent les ports, des routiers qui bloquent
les terminaux pétroliers est elle qualifiée d'extortion sur le gouvernement pour obtenir des avantages en nature, avec prise d'otage du chiffre d'affaire des activités bloquées et souvent désordre public, violence et conséquences pour les citoyens ? ! ?
Peut-on qualifier d'extorsion les opérations péages libres des viticulteurs ou des motards en colère, entre autres ? Peut-on ainsi criminaliser de nombreuses formes du mouvement social ? Non, c'est un détournement de l'esprit de la loi. Le régime spécial pour l'extorsion est destiné à lutter contre la criminalité organisée, le pizzo de la Mafia. Il n'est pas destiné à lutter contre une forme d'action militante, le blocage du flux de marchandise.
Le grain de sable n'a pas besoin d'être violent, une désobéisance active non violente, sur le modèle des tuniques blanches italiennes suffit largement. On peut imaginer exiger 50% de rabais sur les caddies pour débloquer, comme une sorte de restitution immédiate de pouvoir d'achat pour service rendu depuis 25 ans, le retour à des marges normales sur des produits indispensables, la fin des importations depuis les usines-prisons, le respect de normes écologiques strictes, etc…
Il n'y a plus de grands centres de production pour concentrer les masses laborieuses, restent les centres commerciaux, il est logique que la contestation sociale s'y exprime enfin. Je comprends donc fort bien la volonté de faire peur avec des qualifications effrayantes. Je ne crois pas que cela va changer quoi que cela soit. Comme disait Bob Marley « A hungry man is an angry man ».
à kebra
De éternellerebelle
enragée ! | 23H55 | 04/01/2009 |
Heureusement que vous intervenez,
mais certains cons somateurs sont vraiment bouchés !
c'est un peu désespérant !
je vais dormir
à kebra
De Hemenate
00H00 | 05/01/2009 |
Pour l'extorsion il faut une contrainte + l'obtention d'un bien, d'une signature, d'un engagement…
Ce sont donc bien juridiquement des extorsions si ils obtiennent quelquechose.
De toute façon les actes que vous citez contreviennent à la liberté de circulation, et sont bien évidemment punissables si dépôt de plainte.
« c'est un détournement de l'esprit de la loi »
Ces manifestants se servent sans payer, et une sanction serait un détournement de la loi… Hilarant.
Sinon du point de vue cohérence idéologique je trouve également assez amusant de voir des individus, trouver légitime de se soustraire à la loi pour venir s'abritter derrière elle juste après…
L'article 312-1 du code pénal définit ce qu'est une extorsion :
« Le fait d'obtenir par violence, menace de violences ou contrainte soit une signature, un engagement ou une renonciation, soit la révélation d'un secret, soit la remise de fonds, de valeurs ou d'un bien quelconque. »
--> Les faits de l'espèce rentrent dans la définition, point barre.
à Hemenate
De kebra
Bisounours killa | 00H29 | 05/01/2009 |
Vous tentez de noyer le poisson avec votre liberté de circulation. Il n'y a pas de procédure spéciale pour lutter contre ce délit, pas de GAV de 96 heures, pas de DPS, pas d'assises… La question n'est pas la sanction mais la proportionalité de celle-ci et l'arsenal juridique démesuré utilisé par la Sarkozye contre le mouvement social et les dissidents.
Dans de nombreux cas, il n'y a pas nécessité de plainte puisqu'il y a trouble à l'ordre public, le procureur doit agir de son propre chef, comment se fait-il qu'il ne qualifie jamais d'extorsion les délits fréquemment constatés cités ci-dessus. Pourquoi vouloir l'appliquer aux plus faibles et aux moins organisés ? Parce qu'ils osent attaquer le temple du Dieu Cònso ?
Dans le cas du Monoprix, il y a peut-être une entrave à la liberté de commerce et de circulation dans un espace privé, rien de plus. Le monoprix pouvait refuser, il n'y avait que la menace de la honte et d'une invasion de bleus dans les caisses, les autoréducteurs n'avaient pas de battes de baseball, de casques, de Molotov, encore moins des armes à feu. C'est un deal sous pression, comme de nombreux deals syndicaux ou du droit des affaires.
C'est la direction qui se fait le cinoche des casseurs et cherche à le faire gober. Rien ne va dans ce sens. Sauf son intérêt. La contrainte doit être suffisament forte et crédible pour que l'extorsion soit qualifiée. C'est le cas pour la FNSEA, ce n'est pas le cas pour la coordination des précaires. Le mélange des genres est une spécialité actuellement. Surtout pour cogner sur les activistes. C'est le droit décompléxé.
Cette action militante n'est pas élégante du point de vue du magasin, certes. Mais tant qu'elle n'est pas violente, il n'y a pas de raison pour la direction d'accepter la demande, elle peut et doit demander l'évacuation par la police, pas céder à la revendication puis porter plainte, c'est abusif. Il n'est pas question de se soustraire à la loi, il est question d'empêcher son détournement pour la protection d'intérêts douteux.
Qu'elle assume les conséquences de la contestation de ses pratiques, qu'elles engage des vigiles violents, qu'elle exige des CRS aux caisses, des chiens d'attaque pour contrer les piquets filtrants de non-consommation à l'entrèe des parkings, des civils pour arrêter les militants au panier vide et au badge « n'acheter rien »… On verra bien comment son image en ressortira.
à kebra
De Hemenate
02H03 | 05/01/2009 |
« Il n'y a pas de procédure spéciale pour lutter contre ce délit, pas de GAV de 96 heures… »
--> la procédure spéciale c'est seulement une hypothèse dans le cas ou les différentes actions d'« autoréduction » qui se sont déroulés en france ont été concertés.
A priori pas d'éléments de ce côté là, non ?
« La question n'est pas la sanction mais la proportionalité de celle-ci et l'arsenal juridique démesuré utilisé par la Sarkozye “
Ca va vous attrister mais rien à voir avec Sarkozy, les Juges se doivent d'appliquer la loi, et l'article en question a été voté il y a belle lurette.
‘le procureur doit agir de son propre chef, comment se fait-il qu'il ne qualifie jamais d'extorsion les délits fréquemment constatés cités ci-dessus. Pourquoi vouloir l'appliquer aux plus faibles et aux moins organisés ?
1°) Vous avez raison, en général le procureur ne fait pas son boulot. (même en Sarkozye, c'est dingue non ! ! ! )
2°) La différence c'est que ici une plainte a été déposé…
Comme déjà dit précedemment pas besoin de violence pour caractériser une extorsion, une simple contrainte suffit.
Quant à savoir si la contrainte est crédible’, moi j'en ai ma dose, on va laisser la Justice décider.
Mais entre les déclarations et les tracts des manifestants, c'est pas gagner pour eux (où comment se tirer une balle dans le pied).