
RD Congo : pourquoi le conflit du Kivu resurgit aujourd'hui

Alors que des dizaines de milliers de réfugiés fuient les combats opposant l'armée congolaise aux rebelles soutenus par le Rwanda, autour de Goma, les troupes du général Laurent Nkunda ont décrété un « cessez-le-feu » unilatéral. Sur le terrain, un tir d'obus de mortier, près du camp de Kibati, aurait provoqué un mouvement de panique chez les réfugiés : 45 000 personnes seraient en mouvement vers le Rwanda et le sud de la région. Des tirs à l'arme lourde auraient aussi éclaté dans la zone frontalière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo.
Cette reprise des combats autour de Goma est la conséquence d'un énième accord de paix défaillant. Comme le souligne l'International Crisis Group dans sa dernière analyse, les groupes armés présents dans la région se sont réarmés ces dernières semaines. Il était donc logique que les armes parlent à nouveau. Retour sur un conflit qui n'en finit pas de ravager la région depuis quatorze ans.
Contrairement aux images misérabilistes qui reviennent à chaque soubresaut de la crise, le Kivu est une région extraordinairement riche, qui lui vaut le surnom de « Suisse de l'Afrique centrale ». Et ce pour plusieurs raisons :
- D'une superficie de 256 000 km2 -presque la moitié de la France- la région s'étale entre la cuvette congolaise, au climat tropical, et les contreforts du plateau rwando-burundais, beaucoup plus tempéré et froid.
- Au nord, la chaîne des volcans Virunga culmine à plus de 4000 mètres d'altitude, à l'ouest, les forêts congolaises offrent un environnement où les cultures sont abondantes, mais surtout des richesses minières inégalées : cuivre, or, coltan, gaz naturel et pétrole dans les lacs Kivu et Tanganiyka. Toutes ces richesses faisant l'objet de trafics en tout genre.
- Traditionnellement peu peuplée, la région est depuis le XIXe siècle une terre d'immigration, attirant les « banyarwanda » (habitants du Rwanda) des plateaux, où la densité de population a toujours été très forte. Ces derniers se heurtent régulièrement aux locaux congolais, à travers de multiples conflits fonciers.
- Deux villes -chefs-lieu de région administrative- délimitent la zone : Goma au nord du lac Kivu, avec de nombreux camps de réfugiés et Bukavu au sud du lac.
Dès les années 60, le Kivu a constitué une base arrière pour tous les réfugiés -principalement rwandais- de la région, mais également un enjeu de pouvoir entre le Zaïre, le Rwanda et l'Ouganda, où ce « ventre mou » de l'Afrique centrale reste une zone impossible à contrôler entièrement. Car trop vaste.
Tous les protagonistes du conflit d'aujourd'hui sont des héritiers du génocide rwandais. Impossible de comprendre la logique des acteurs sans se référer à cette période.
- Fin juin-début juillet 1994, après trois mois de massacres, les génocidaires balayés par l'offensive de l'Armée patriotique rwandaise (APR) de Paul Kagame traversent la frontière zaïroise, avec la complicité des soldats de l'opération Turquoise.
- Dans les mois qui suivent, les Forces armées rwandaises (FAR) reconstituent leurs unités, en se mélangeant aux Interahamwe (les miliciens du génocide) puis elles récupèrent les armes lourdes normalement confisquées par les Forces armées zaïroises (FAZ). Commence alors une guerre de guérilla contre le nouveau régime de Kigali, qui dure deux ans (1995-97).
- En octobre 1996, Kagame confie à son chef d'état-major, le général James Kabarebe, la tâche de liquider cette guérilla. Une traque sanglante commence, partant des camps de réfugiés qui abritent les Interahamwe, jusqu'à Kinshasa où les Rwandais portent au pouvoir Laurent-Désiré Kabila en mai 1997, provoquant la chute du maréchal Mobutu.
- En 1998, la guerre reprend dans le Kivu, faisant des centaines de milliers de victimes dans les camps de réfugiés. Chaque camp -Kigali et Kinshasa- s'appuie sur des groupes armés plus proches d'une troupe de miliciens que d'une armée régulière, mais en général bien équipés.
- Jusqu'en 2004, les alliés de Kigali contrôlent en grande partie les différentes filières de trafics de matières premières -notamment le coltan qui sert à fabriquer les puces de téléphone portable-, ce qui permet au Rwanda de financer sa reconstruction.
- En 2004, le président Kagame négocie la rédition des deux principaux chefs militaires du maquis des ex-FAR -les généraux Paul Rwarakabije et Jérôme Ngendahimana- qui entraînent dans leur sillage des milliers de combattants. Problème : plusieurs milliers préfèrent rester dans le maquis. Ils ne l'ont toujours pas quitté.
Petit à petit, l'Armée nationale congolaise (FARDC) a réussi à reprendre pied dans la région ; mais elle se heurte :
- d'un côté, aux supplétifs rwandais : le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), dirigé par le général Laurent Nkunda, 41 ans, un homme soupçonné de crimes de guerre. Cet ancien de l'APR a toujours servi les desseins de Kigali, mais il est devenu un allié gênant à partir du moment où la justice internationale a émis des mandats d'arrêts internationaux pour des exactions qui lui sont attribuées.
- De l'autre, aux miliciens des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), héritiers des génocidaires de 1994, qui continuent à vivre des trafics locaux. Eux aussi sont devenus incontrôlables.
- En janvier 2008, un énième accord de paix est donc ficelé, mais il comporte au moins deux failles : les FDLR ne l'ont pas signé et il limite l'amnistie aux « actes de guerres ». Les auteurs de crimes de guerre et/ou de crimes contre l'humanité seront poursuivis.
En somme, quatorze ans après le début du conflit, plus personne n'a vraiment de prise sur des groupes armés qui se sont autonomisés et servent de bras armés aux puissances régionales.
Comme à chaque fois que la tension remonte d'un cran, les premières victimes sont les civils, en particulier la population des camps de réfugiés situés autour de Goma. A la question : combien de victimes ? La mission de l'ONU répond :
« Selon une étude publiée par International Rescue Committee en décembre 2004, 3,8 millions de personnes, pour moitié des enfants, seraient ainsi mortes. Selon Jan Egeland, Coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU, les effets persistants du conflit sont responsables d'au moins 1000 décès par jour en RDC tandis qu'environ trois millions de personnes ont un “besoin urgent d'assistance ”. »
La Mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo a été créée en 1999, dans la foulée d'un premier accord de paix. Depuis, la MONUC s'efforce de faire respecter le cessez-le-feu et de désarmer les différents groupes armés sévissant dans la région.
Malgré un budget très important -1 136 875 200 dollars en 2006- et un personnel tout aussi pléthorique -16 475 militaires dont 3551 pakistanais, plus 3150 civils-, le moins qu'on puisse dire est que le succès n'est pas au rendez-vous.
Plusieurs explications à cet échec :
- D'abord des volontés politiques contradictoires : les Etats-Unis soutiennent le Rwanda, tandis que les Européens, les Français en particulier, s'appuient sur les Congolais, avec… les Chinois, qui financent une bonne partie de l'effort militaire de Kinshasa.
- Ensuite, un contingent constitué de troupes peu aguerries à cet environnement difficile. Les soldats pakistanais font l'objet de nombreuses enquêtes de l'ONU, soit pour des dérapages individuels, soit pour de vraies fautes politiques dans l'exécution de leur mission.
- Enfin, la région reste la proie des prédateurs de toute nature, attirés par les fabuleuses richesses du sous-sol. D'où une privatisation rampante d'un conflit au départ très politique.
Si un avis fait l'unanimité sur le Kivu, c'est qu'il n'existe pas de recette miracle à cette poudrière permanente.
Politiquement, aucun des protagonistes n'a pour l'instant avancé la moindre piste permettant de trouver une sortie de crise acceptable tant à Kigali qu'à Kinshasa. Le porte-parole du Premier ministre belge a indiqué qu'il demanderait « un examen de la situation du mandat et de la configuration de la Mission des Nations unies au Congo (MONUC) ». Rien de plus, pour le moment. Bruxelles a envoyé son ministre des Affaires étrangères à Kigali, pour discuter avec le président Kagame.
Militairement, la France a fait une proposition, au titre de sa présidence de l'Union européenne. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est dit favorable à l'envoi d'un « groupe tactique » -au maximum 1500 hommes- pour stabiliser la situation. Ce ne serait pas une première : l'Europe a déployé deux missions au Congo : Artémis en 2003, dans la région de Bunia, et Eufor RDC à Kinshasa en 2006, pendant le processus électoral. Les Belges, absents du conflit depuis le traumatisme de 1994 où dix casques bleus furent tués, seraient volontaires.
Photo : le général rebelle Laurent Nkunda au camp de déplacés à Kilorirwe, décembre 2007 (James Akena/Reuters).
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De caro
délinquante avérée | 12H46 | 30/10/2008 |
J'apprécie l'analyse de la situation, je connais très peu l'histoire de cette région (sauf que je me souviens des massacres du Rwanda), mais, il y a peu de temps, nous avons aidé un demandeur d'asile, venant de RDC, à préparer sont entrevue avec l'OFPRA.
Après son récit, je m'étonne que vous ne parlez pas de la véritable guerre que continue à se livrer Hutus et Tutsie. Ces ethnies n'ont-elles rien à voir avec la situation actuelle ? Je précise que la mention de l'ethnie est indiquée sur les papiers d'identité des Congolais, ainsi que le village où il est né (tel village = telle ethnie).
Les autorités congolaises ont retiré la nationalité congolaise aux hutus, même nés au Congo, les empêchant ainsi de s'inscrire sur les listes électorales. Les membres de la FDLR sont traqués depuis des années, emprisonnés, massacrés, ainsi que leur famille, femmes et enfants compris. Je crois que son président s'est réfugié en Europe. A majorité Hutu, ils ne peuvent se réfugier dans le pays de leurs parents ou grands parents, le Rwanda étant dirigé par les Tutsis.
Je crois, mais je peux me tromper, qu'il y a de nouveau dans ces évènements dramatiques, une dimension ethnique qu'il ne faut pas négliger.
à caro
De David Servenay
(auteur)
Rue89 | 13H03 | 30/10/2008 |
D'accord avec vous Caro, sur l'existence d'une « dimension ethnique » dans les conflits qui agitent cette région.
Mais je ne pense pas -le point est très débattu- que cette dimension soit structurante dans les « événements dramatiques », comme vous les appelez, de cette région.
La situation au Kivu a une toile de fond politique et économique qui permet de comprendre pourquoi ce conflit dure.
Dans les explicateurs, nous essayons d'abord de faire preuve de pédagogie.
Enfin, les meilleurs historiens des Grands lacs ont démontré la construction idéologique qui se cache derrière cette « dimension ethnique », instrumentalisée comme facteur politique, par de nombreux protagonistes.
Quant vous écrivez, à propos des FDLR…
« A majorité Hutu, ils ne peuvent se réfugier dans le pays de leurs parents ou grands parents, le Rwanda étant dirigé par les Tutsis. »
…vous faites une double erreur d'analyse.
D'abord, les réfugiés ont eu à plusieurs reprise l'occasion de rentrer dans leur pays (cf. le plan de démobilisation de 2004, par exemple). Ensuite, dire que le Rwanda est « dirigé par les Tutsis », est une simplification très ethniciste.
Là-bas, comme ailleurs, l'essentiel de la vie politique repose sur des liens de pouvoir. Quand vous parlez aux qui vivent dans ce milieu, ils n'avancent pas l'appartenance ethnique comme explication de leur position sociale.
Mais bon, le jour où l'on comprendra que l'Afrique aussi est entrée dans une forme de modernité mondialisée… notre regard aura bien changé.
à David Servenay
De caro
délinquante avérée | 13H40 | 30/10/2008 |
Merci de votre réponse. Je m'en réfère au récit de ce jeune demandeur d'asile, dont une partie de sa famille a été massacrée et ce, soit dans des camps, soit dans leur village (dont sa compagne), les autres sont réfugiés soit en Europe, soit à Abidjan. Il s'est enfui en passant par la Tanzanie, où subsistent des camps de réfugiés.
Comme je le disais, je ne connais pas assez la situation et j'aimerais croire que la dimension ethnique n'a plus l'importance qu'elle a eu.
L'Afrique est sans doute entrée dans une « forme de modernité mondialisée … » notre regard, en tout cas le mien, sur la mondialisation et le pillage des richesses et les conflits, sous-tendus ou pas par des considérations ethniques, qui en découlent, ne changera pas.
Et c'est toujours les civils qui en pâtissent.
à David Servenay
De kawouede
13H44 | 30/10/2008 |
Le coeur du problème ici n'est-il pas que les « ethnies » Hutu et Tutsi sont des catégories forgées d'abord par le colonisateur belge, puis assignées par l'Etat « moderne » rwandais (avec le concours des techniques administratives de la gendarmerie française, disait Charlie Hebdo il y a quelques mois) ?
On le voit aussi en RDC avec l'équation un village = tous de la même ethnie
On a l'impression que l'appartenance ethnique est une donnée structurante depuis 1994, mais largement artificielle - donc dépassable pour les populations concernées ?
à kawouede
De caro
délinquante avérée | 14H50 | 30/10/2008 |
bonjour kawouede, il me semble que les « ethnies » ont toujours existé en Afrique et, lors du partage du continent en 1885 les colonialistes européens n'en ont pas tenu compte pour établir les frontières.
La RDC excite bien des convoitises, il recèle 10% des réserves mondiales de cuivre, 30% de celles de cobalt et pléthore de diamants, manganèse, uranium, coltran.
L'organisation des Etats africains semble lutter contre les sociétés ethnicisées, mais, d'après ce que j'ai entendu, ce n'est pas gagné !
à caro
De compte supprimé16
révolté | 15H22 | 30/10/2008 |
Arrétez de mettre de l'ethnie partout et cela vous ouvrira sans doute d'autres horizons sur l'Afrique ! Vous interprétez ce conflit sur des bases ethniques totalement fausses et occidentalo-centriques simplistes. La compétition pour les matières premières et l'ethnie n'expliquent pas tout !
à compte supprimé16
De Adelyne sur le sable
Si je savais | 15H35 | 30/10/2008 |
Et bien, Léo, tout révolté que vous soyez, avec tant de ferveur, pour demander aux autres « d'arrêter », (en faisant court si possible), expliquez nous que nous ne mourrions pas idiotes (surtout nous les « blondes »), quels sont tous les enjeux.
à compte supprimé16
De caro
délinquante avérée | 16H20 | 30/10/2008 |
léo hamelin, si vous aviez lu mes commentaires au-dessus, vous auriez lu que ce n'est pas moi qui mets de l'ethnie partout, mais bien des ex-congolais (congolais dont on a retiré la nationalité) qui le disent.
EDIT : j'ai cherché pour vous quelques articles écrits par des Africains eux-mêmes, qui parlent encore maintenant de Tutsis et de Hutus, il y en a, par ex, celui-ci d'un Burundais qui explique l'origine :
http://burundi.news.free.fr/analyses/originedupeupleburundais/originedup…
ou celui-ci qui explique les tenants de la guerre :
http://www.burundirealite.org/news.cfm ? LANG=F
[…] L'Est du Congo est, depuis quelques années, une zone de conflit permanent entre l'armée congolaise et les rebelles du CNDP. Le chef du mouvement, le général Nkunda, un Tutsi congolais, reproche au gouvernement central de Kinshasa d'être allié aux Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Ce mouvement est formé de miliciens hutus et d'anciens soldats rwandais impliqués dans le génocide de 1994 au Rwanda. De son côté, les Congolais accusent ce pays, dirigé par le tutsi Paul Kagame, de soutenir la rébellion du CNDP. Les populations du Nord-Kivu sont victimes des réminiscences du génocide rwandais de 1994. Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit d'urgence ce mercredi pour discuter de la situation en RDC.
à caro
De compte supprimé16
révolté | 16H51 | 30/10/2008 |
Merci mais j'ai mes sources et elles ne proviennent pas d'internet.
Les Africains sont des êtres supérieurement intelligents, en particulier les Congolais, tellement habitués à vivre dans des conditions ou nous ne survivrions pas une journée.
La personne dont vous parlez a donné à entendre à la Française que vous êtes sans doute une version intelligible par vous de la situation dans laquelle il se trouve. Malheureusement, il est aussi à craindre que beaucoup de Congolais aient intégré toutes ces fadaises ethniques dont on leur rebat les oreilles depuis un siècle et demi, avec la complicité de certaines de leurs élites.
à compte supprimé16
De Mathieu1
_ | 19H38 | 30/10/2008 |
En ce qui concerne la dimension ethnique, j'ai entendu l'explication suivante :
Lorsque les Belges sont arrivés au Rwanda, ils ont constaté qu'il y avait 2 types d'agriculteurs :
- des gens avec du bétail (les Tutsis)
- des gens sans (les Hutus)
Or, avant la colonisation, tous les agriculteurs avaient quelques têtes de bétail. Un parasite s'est propagé et la majorité des bovins sont morts. L'appartenance de bovins étant la source de richesse d'un agriculteur, ceux qui ont eu la chance de posséder encore quelques survivants ont pu monter dans l'échelle sociale. La différence entre Hutus et Tutsis était donc basée sur le statut social, et en aucun cas sur une différence ethnique.
Quand les Belges sont arrivés, ils ont observé qu'une partie de la population était plus grande, en meilleure forme (car bien nourris, contrairement aux autres) et possédait du bétail. Ils ont donc conclu à l'existence d'une « race » d'éleveurs (les Tutsis) et d'une « race » d'agriculteurs (les Hutus).
Cette supposée rivalité entre 2 ethnies provient donc du fait que les Belges soient arrivés après une crise agricole et aient mal interprétés ce qu'ils ont pu observer.
à Mathieu1
De gyann
citoyen | 15H49 | 31/10/2008 |
Mathieu,
Cette explication me parait douteuse car des crises agricoles ont été toujours trés nombreuses. Celle des belges n'était qu'une parmi d'autre. Les parasites de bovins détruisent les troupeaux au hasard et ne peuvent donc pas faire « grandir » certaines familles d'éleveurs.
Pour moi l'explication est beaucoup plus prosaique et habituelle chez les humains. Une classe sociale (qui est devenue tutsi) s'est accaparée aux cours des temps un pouvoir et des richesses bien plus importantes que les autres classes paysannes (hutus et twas).
à kawouede
De pablico
15H00 | 30/10/2008 |
on doit avoir a peu près la même chose en Europe : l'ex Yougoslavie…pour la soi-disant ethnie, religions, heureusement qu'il n'y a pas de matières premières.
Mais le feu couve encore…
à caro
De PIT LE CHIEN
15H26 | 30/10/2008 |
Et, par curiosité, il a obtenu l'asile ?
Merci…
à PIT LE CHIEN
De caro
délinquante avérée | 15H52 | 30/10/2008 |
décision de l'OFPRA la semaine prochaine …
à caro
De gyann
citoyen | 15H51 | 31/10/2008 |
Merci de nous tenir au courant, caro
De amilcar
peureux célèbre | 13H13 | 30/10/2008 |
pas grand chose à ajouter si ce n'est le rappel au docu sur les viols aggravés dans la région, de la rtbf je crois
la présence de l'état, les administrations, l'enseignement et les hôpitaux, je voudrais bien savoir comment ces gens ont voté, bon la suisse de l'afrique, j'entends ça souvent, la suisse de l'afrique vous la trouverez au nord-est de la république sud-africaine, des suisses parlant hollandais.
qui doute que la construction d'un pays passe par l'éducation, où est l'université de kisangani ? où est la bibliothèque de kisangani ? , une suisse sans les routes, et sans les délicieux câbles internet quadrillant tout le territoire sous la neige.
Pourquoi le conflit du Kivu resurgit aujourd'hui, l'article est précis et complet mais la question reste sans réponse, hors celle que ça allait si mal hier que ça ne peut qu'empirer, l'autre réponse c'est que cette absence de l'état est la condition la plus favorable au pillage des richesses, l'environnement idéal pour les affaires juteuses, un paradis minier, fonctionnant encore dans des conditions très proches de l'esclavage, un VRAI rêve belge, ce qui est triste c'est qu'on savait déjà régler tous ces problèmes il y a 50 ans mais certains ont pensé qu'il était préférable de ne pas les régler, c'était plus profitable
le pouvoir à Kinshasa est difficile à cerner, il semble agir afin de ne pas se distinguer de ses repus collègues du syndicat de dictateurs dont l'auto financement ne paiera même pas les frais de justice de ses membres, à quoi sert l'union africaine ? à applaudir les eufor à l'aéroport ?
pour l'instant, les seules choses qui fleurissent dans ces zones ce sont les organisations humanitaires, comme autant de boutiques…
à amilcar
De battuta
adorateur de la lune | 15H28 | 30/10/2008 |
la société universitaire locale est pourtant très dynamique… Graben, Bukavu, ils font ce qu'ils peuvent et bien… souvent écartelés entre rebels du lema tutsi, ougandais bushsniper et pouvoir de Kinsha qui les voit d'un mauvais oueil… je suis d'ailleurs étonné que la Rue n'évoque que peu cette tension « naturelle » entre le pouvoir central et cette région que l'on juge souvent (déja sous mobutu) indépendantiste…
De compte supprimé16
révolté | 19H38 | 30/10/2008 |
Il y a quelques explications à la résurgence du conflit comme :
-le mandat d'arrêt lancé il y a déjà un moment contre Nkunda pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité par la justice congolaise. Nkunda se défend en lançant un avertissement à ceux qui veulent augmenter la pression pour son arrestation.
-le processus électoral au Rwanda a modéré l'ardeur guerrière de Kagame. Il craignait une destabilisation de son pays dans une période délicate aussi bien au niveau international que national. Les élections sont achevées, plus besoin de temporiser et son aide/soutien à Nkunda a repris.
Même si Nkunda gène Kagame, ce dernier estime que Nkunda lui est encore utile. Pour l'instant, leurs intérêts se rejoignent et passent par le maintien et l'entretien du conflit au Kivu. Cela dit, on a vu que les relations entre Museveni et Kagame, alliés contre Habyarimana, ont fini par se détériorer au point d'en arriver à une guerre larvée et indirecte entre leur deux pays… sur le territoire congolais.
De Chris du Fier
Chroniqueur | 13H38 | 30/10/2008 |
Dites nous, Mr. David Servenay… Le Kivu, c'est loin du Kosovo ?
Parce que vous avez compris que nous sommes tous angoissés, nous culpabilisons même au sujet du Kikuvu..
Heureusement que notre cher (très cher) président a pensé à tout.. Il compte donc envoyer nos valeureux soldats règler le problème ethnique et/ou politique du Congo…. Un peu comme en Bosnie,au Liban, en Afghanistan, etc… C'est super. On va se sentir mieux pour passer les fêtes de Noël.
Il faudra quand même lui demander si il n » a pas égaré le numéro de téléphone de l » OTAN et en même temps celui du Pentagone.
Grace à ces organisations (de paix, of course) les gens de ces pays semblent des plus heureux..N'est ce pas ? ….Et puis, on est tellement bien en France que nous sentons obligés d » aller apporter la pax francia dans le monde entier.
à Chris du Fier
De Adelyne sur le sable
Si je savais | 15H40 | 30/10/2008 |
Mais mon cher Chris du Fier qui chroniquez, (c'est bien orthographié n'est ce pas ? ), puisque c'est une de votre « spécialité », il vous suffit de prier.
à Adelyne sur le sable
De Chris du Fier
Chroniqueur | 17H58 | 30/10/2008 |
Ma chère Adelyne, je crois que je vais suivre votre avis et faire une petite prière pour que ces pauvres gens puissent vivre en paix sans les ingérences continuelles et perpétuelles de nos dirigeants.
L » hypocrisie générale règne dans les plus hautes sphères et nous n » y pouvons pas grand chose.
Allez, Adelyne ! .. Tous les deux : un petit Pater Noster.. même en français……..
De kevangel
Chercheur | 13H54 | 30/10/2008 |
Que fait la communauté internationale ?
Moi j'ai la réponse, elle est très simple : la communauté internationale vend des armes de tous les côtés et récupère toutes les matières premières.
Avant d'envoyer des soldats de l'ONU, on ferait bien de faire le ménage chez nous et arrêter d'alimenter le conflit par nos ventes d'armes.
Pour retrouver les vendeurs, rien de plus simple. Il suffit de lever le secret bancaire des paradis fiscaux comme le Luxembourg. On pourrait aussi demander à Clearstream, qui enregistre toutes les transactions du monde.
Mais bien sûr je rêve, on préfère envoyer Kouchner faire des beaux discours et laisser les Africains s'entretuer pour récupérer leurs richesses.
De compte supprimé16
révolté | 15H26 | 30/10/2008 |
Cet article donnent quelques impressions fausses.
Il y a DES conflits au Kivu, entre Congolais d'abord, et contre des ennemis extérieurs ensuite, étant entendu qu'il y a enchevètrement et superposition de ces deux types principaux de conflit.
D'autre part, l'unité des protagonistes est factice et les groupes désignés ne sont qu'un agglomérat de milices et factions aux alliances volatiles et qui dépassent largement la question de l'appartenance communautaire.
Ensuite, afin de contribuer à lutter contre des clichés fortement ancrés dont nous avons ici quelques malheureux exemples :
- les ethnies tutsie et hutue n'ont jamais existé. Nous sommes face au résultat d'une manipulation identitaire, commencée par les pères blancs au 19eme siècle et poursuivie par les colonisateurs, pour asseoir un pouvoir, contrôler un territoire et une situation. A l'origine, les mentions « hutu et tutsi » étaient une des composantes de l'identité complexe des individus habitant un territoire en gros équivalant au Rwanda, au même titre que la filiation, l'origine villageoise, le rapport à la terre, l'activité de subsistance…
- les questions de nationalité ET de citoyenneté sont cruciales dans l'explication des conflits au Kivu, notamment depuis l'indépendance de la RDC (exemple le plus connu, les Banyamulenge au Sud-Kivu).
La « modernité mondialisée » dont parle Servenay dans un commentaire plus haut, ne doit pas occulter les origines endogènes et spécifiques des conflits africains. Elle produit elle-aussi des causes qui alimentent ces conflits mais qui ne les expliquent que très partiellement et très superficiellement.
à compte supprimé16
De Adelyne sur le sable
Si je savais | 15H50 | 30/10/2008 |
Et bien voila.
Tout ça pour ça ?
« les ethnies tutsie et hutue n'ont jamais existé » ;
puis : « A l'origine, les mentions “ hutu et tutsi ” étaient une des composantes de l'identité complexe des individus habitant un territoire en gros….. »
Alors, elles ont existé ou pas.
C'est peut être la faute des Belges, qui fumaient trop !
« ne doit pas occulter les origines endogènes et spécifiques des conflits africains » ; puis
« mais qui ne les expliquent que très partiellement et très superficiellement. »
Mais donc, au lieu de démontrer, vous vous contredisez ?
Serais je aussi blonde ?
à Adelyne sur le sable
De compte supprimé16
révolté | 16H33 | 30/10/2008 |
Relisez attentivement et lentement ce que j'ai écrit. Cela vous évitera peut-être des diagonales ravageuses… et une décoloration instantanée.
1. vous confondez ethnie et identité individuelle.
2. pour décrypter un conflit, il faut considérer plusieurs niveaux : local, national, régional et international. En général, les occidentaux se contentent de ce dernier, le plus facile à analyser et à comprendre pour eux. Et quant il s'agit de l'Afrique, tout le reste est renvoyé à un problème ethnique.
De Adelyne sur le sable
Si je savais | 17H10 | 30/10/2008 |
C'est promis, je vais éviter la « permanente », mais j'insiste en vous expliquant que vous même en voulant décrypter ce conflit, simplifiez quelque peu le rôle des occidentaux.
« local, national, régional et international. En général, les occidentaux se contentent de ce dernier…. », et « tout le reste est renvoyé à un problème ethnique ».
Quand vous dites que « David Servenay dans un commentaire plus haut, ne doit pas occulter les origines endogènes et spécifiques des conflits africains. »
Je crois moi, qu'elles ne sont ni endogènes ni exogènes mais mixtes.
Ils proviennent de l'extérieur (influences colonisatrices et génocidaires), et de l'intérieur dans la mesure ou à l'intérieur des groupes soit disant ethniques qui n'en sont pas réellement , se sont crées des « coutumes », des habitudes, des pressions, et des formes nouvelles « sociétales » qui n'avaient pas lieu d'être à l'origine (sans l'influence négative des pères blanc). (Là je vous l'accorde.)
Montesquieu dans ses « Pensées » disait bien :
« Il est dangereux de faire de grands changements car ils servent d'exemple et autorisent la fantaisie de celui qui voudra bouleverser tout, en ôtant le respect que l'on doit avoir pour les choses établies. »
Ceci dit merci pour cet échange, et je vais m'occuper de ma progéniture.
à Adelyne sur le sable
De compte supprimé16
révolté | 18H08 | 30/10/2008 |
Voilà ce que vous avez lu, si je me réfère à la prose ci-dessus :
« Quand vous dites que “ David Servenay dans un commentaire plus haut, ne doit pas occulter les origines endogènes et spécifiques des conflits africains.”
Voilà ce que j'ai écrit :
“La ‘ modernité mondialisée ’ dont parle Servenay dans un commentaire plus haut, ne doit pas occulter les origines endogènes et spécifiques des conflits africains.”
Vous pouvez donc mettre une perruque pour cacher cette blondeur platine devenue aveuglante, et peut-être relire une nouvelle fois ce que j'ai écrit en allant encore plus lentement.
à Adelyne sur le sable
De Thucydide
Bêcheur de fond en Bourbonnais | 17H53 | 30/10/2008 |
Lorsque les belges ont installé leur « protectorat en Rwanda Burundi, ils se sonr appuyés sur la caste dirigeante locale, les Tutsis et ont utilisé leur pouvoir politique sur la base populaire, les Hutus.
En bon colonialistes bornés, ils ont, par commodité administrative et pour ménager leur comprenette un peu épaisse de caucasiens pas très ouverts ; imaginé deux ethnies là où il y avait en fait deux castes sociales qui ne se mélangeaient guère.
Bien entendu, et pour mieux asseoir leur autorité, ils ont systématiquement favorisé les tenants du pouvoir, d'où l'accumulation de ressentiments et de haine qui éclatent maintenant.
à Thucydide
De compte supprimé16
révolté | 18H53 | 30/10/2008 |
Ce sont les pères blancs, qui pour contrebalancer la caste dirigeante, auraient commencé ce travail de différenciation entre 2 groupes en cultivant et développant l'opposition totalement simplificatrice dominant/dirigeant/tutsi et dominé/vulgum pecus/hutu.
Leur but était de créer une sorte de « conscience de classe » chez les dominés et d'utiliser ce groupe comme bouclier/bras armé en cas de désaccord avec la caste dirigeante. Ils étaient aussi, parait-il, assez choqués par les inégalités qu'ils constataient et auraient agi en émancipateur (mais je ne retiens pas cette dernière option, étant viscéralement anticlérical).
Lorsque les colons sont arrivés, ils se sont en fait appuyés sur ce schéma fabriqué et véhiculé par les pères blancs, par ignorance et par commodité, comme vous le soulignez. Cela dit, ils usaient de la même stratégie que les bons pères pour faire contrepoids au groupe dominant.
Le fait est qu'ils ont conservé la structure politique et sociale d'origine (une colonisation « à l'anglaise ») mais aussi détruit les quelques mécanismes de mobilité sociale qui existaient dans une société certes assez hiérarchisée mais pas figée car elle permettait des changements de condition et de statut.
De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
15H02 | 30/10/2008 |
Les richesses du sous-sol africain sont aussi sa malédiction. Convoitises, envies, folies. Tout le monde se rend pour les pierres, pas pour la paix. Quelle honte avec l'ONU qui désarme ? Quelle honte avec une armée sous-équipée qui abandonne Goma ? Quelle honte, enfin, pour la communauté internationale ?
Au fait, c'est quoi la communauté internationale ?
Pour finir, où est l'hyperprésident ? « Je suis partout, dans les Tribunaux surtout, mais, nulle part ».
http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=46502