Internet : la loi sur le piratage expliquée aux nuls (2/3)

Internaute (NaOH/Flickr)

Lors du précédent épisode, on a vu combien la révolution est profonde et remet en cause l'équilibre sur lequel s'est fondé une grande partie des dizaines d'années de construction d'une industrie du divertissement et de la culture. Elle remet en cause quelque chose de profond : l'usage effectif du droit d'auteur, hérité de Beaumarchais, qui a permis un équilibre entre les auteurs et ceux qui le promeuvent et le sélectionnent (les éditeurs et les producteurs).

Combattre ou s'adapter ?

Face à cette remise en cause, deux attitudes sont possibles : tenter de combattre l'évolution de fond (la transformation de l'œuvre culturelle en bien public) ou s'y adapter. Problème : l'adaptation représente une menace importante pour de nombreux intermédiaires, ceux qui ont la plus grosse part du gâteau aujourd'hui. Dès lors, les maisons de disques et producteurs vont s'attacher essentiellement à tenter de combattre ce nouvel usage, par plusieurs moyens, assez simples mais efficaces, dans une stratégie d'attentisme, visant à préserver aussi longtemps que possible une évolution inéluctable.

Le premier moyen, ce sont les mots et la focalisation de l'attention. Imposer les termes d'un débat, c'est déjà en maitriser les contours, et donc la réaction de l'opinion et du politique. Ces mots, on les connait aujourd'hui : « pirates », « téléchargements », « vol ». Ces mots sont faux. Un « pirate » est quelqu'un, plein de sauvagerie, qui rançonne un bateau pour son compte. Peut-on parler ainsi de l'attitude d'un ado de 15 ans ou d'une mère de famille qui partage des chansons avec ses amis ? Certainement pas. De même, le terme « téléchargement » est trompeur. Le mot est ici choisi pour sa sonorité, son aspect technique et sa dimension unique, non féconde. Parler de partage de fichiers serait plus réel : l'internaute échange ses morceaux de musique ; le téléchargement ne correspond qu'à un acte technique limité dans la révolution. « Vol », ensuite. Voler suppose de priver autrui de la jouissance d'un bien, ce qui n'est pas le cas ici : la définition du délit pourrait être celle de la contrefaçon. Tout de suite, ça fait moins mal.

Raccourcis, assimilations et partialité

La loi sur le piratage expliquée aux nuls
Episode I

Ensuite, on bourrine : raccourcis (« la gratuité, c'est le vol »), assimilations (le chiffre d'affaires du disque équivaudrait à celui de la musique), études et sondages très partiaux pour fournir du carburant à l'argumentaire. Une bonne vieille stratégie de lobbying de l'opinion (je m'y connais, c'est mon domaine), qui obtient des effets ahurissants : ça marche.

Face à cette stratégie, les pouvoirs publics sont démunis, de leur propre fait. Pendant des années, la politique culturelle en France s'est construite autour un dialogue avec ces acteurs et ces intermédiaires. La faute des pouvoirs publics, en France, réside avant tout dans cette dépendance. Depuis que le sujet existe, aucune étude sérieuse sur la pratique du partage de fichiers n'a été réalisée par le ministère de la Culture. Le gouvernement tente de réguler ce sujet sous la pression endogène des industriels et de corps constitués ayant des intérêts particuliers dans cette affaire, sans développer son autonomie.

Bref, les pouvoirs publics adoptent le point de vue des maisons de disques et des producteurs, jusqu'à une endogamie un peu complexe, et, malgré un lobbying pourtant souvent grossier (promotion de Virgin à l'Assemblée lors des débats, amendement Vivendi), voire dépassant les limites lors des débats sur la loi DADVSI (Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information, loi issue de la transposition en droit français d'une directive européenne datant de 2001 et adoptée en juin 2006), on continue à agir comme si n'existaient dans cette histoire que les « ayant-droits ». En face, les associations représentant usagers et consommateurs sont tout juste écoutées et on caricature volontiers les partisans. Et toujours rien, niveau étude. Le gouvernement ne développe pas son autonomie.

Les habituelles logiques d'arrière-cour

Vient l'aboutissement de cette logique. Le gouvernement confie une mission sur ce sujet complexe, sérieux, qui partage, alors même que les débats sur la loi DADVSI ont fait naître de profonds clivages, à… une partie prenante : Denis Olivennes, qui vient de sortir un livre maniant en permanence les raccourcis de langage. Il monte un accord, sur une base simple : il faut aboutir à une nouvelle donne de la « lutte contre le piratage », essentiellement, avec quelques engagements conditionnels sur une amélioration de l'offre.

L'accord est présenté devant un président heureux, et Denis Olivennes clame partout qu'il a, fait historique, réuni « tout le monde » autour de la table. Tout le monde ? Non, juste les représentants des acteurs économiques de la culture, d'un côté, et les fournisseurs d'accès à Internet de l'autre. Pas les représentants des consommateurs, dont on se demande un peu quelle est leur place dans ce débat entre industriels. Un accord obtenu à l'arraché, dans des logiques habituelles d'arrière-cour et de négociations serrées.

L'accord signé à l'Elysée est vite décrié, en ligne essentiellement, par ce centrage sur l'aspect répressif, et par les craintes qu'il suscite sur le contrôle de l'activité des internautes. Sur cette base, le gouvernement se met au travail, et engage un projet de loi, qui ne portera que sur l'aspect répressif de l'accord (pour le reste, pas besoin, il y a la bonne volonté).

Pas de bilan de la loi précédente, un accord monté par un acteur engagé. Le gouvernement se met au travail. Que va-t-il sortir ? On le lira dans le prochain article.

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Portrait de ckabir

De ckabir

19H39 | 23/06/2008 | Permalien

Cette Loi sur sur le piratage internet de musiciens.

Combien y a t'il d'oeuvres de peintres de génie, qui sont achetées ( pour 57013 rons ) et qui engraissent les magazines « dit d » art « .
Faudrait-il demander un droit de vision pour effleurer la Joconde ?

Quant au héritiers de Ravel ; ils sont bien planqués

Portrait de teych

à ckabir Portrait de ckabir De teych

insoluble dans le libéralisme | 02H09 | 24/06/2008 | Permalien

Quant au héritiers de Ravel ; ils sont bien planqués.

Tu ne crois pas si bien dire.

Maurice Ravel est mort en 1937 sans descendance et sa succession a fini par être réglée au tribunal. Or, depuis 35 ans, c'est un ancien administrateur de la Sacem qui gère ses droits d'auteur, et comme c'est un homme avisé, il les fait virer dans un paradis fiscal, aux Antilles néerlandaises. À ce propos, la DGI qui voit le mal partout, a adressé l'an dernier un redressement de 4 millions d'euros à la Sacem, qui avait « oublié » de déclarer ces droits d'auteur : ces gens sont honnêtes, mais distraits.

Je suppose que ckabir ne parle pas des héritiers de Ravel par hasard. Le boléro, (qui n'est pas à mon humble avis ce qu'il a écrit de mieux), est l'œuvre la plus jouée au monde : une exécution toutes les 20 minutes quelque-part sur la planète. Elle génère des droits faramineux, et cela va durer encore quelques années. Normalement, les œuvres d'un compositeur reviennent au domaine public 70 ans après sa mort, mais la prorogation des années de guerre fait que certaines pièces de Ravel continueront à être « protégées » (comme disent Pascal Nègre et Madame Claude), jusqu'en 2022. Une bonne affaire pour certains.

Concernant la loi issue du rapport du Sieur Olivennes, elle me semble être le deuxième étage de la fusée DADVSI, elle sert ouvertement les mêmes intérêts et ne garantit en rien les droits des artistes. Elle est aussi aveuglément axée sur la seule répression et elle exhale les mêmes relents nauséabonds de lobbying*.

Lobbying : action qui consiste à « convaincre » des élus de la République mandatés par leurs électeurs pour défendre l'intérêt général, de légiférer dans le but de favoriser des intérêts antagonistes, le plus souvent ceux de groupes financiers ou industriels. La traduction française approximative de cet anglicisme est corruption.

Portrait de barberet

à teych Portrait de teych De barberet

informaticien | 10H23 | 24/06/2008 | Permalien

Pour ma part, je traduirais plutôt Lobbying par influence,
La corruption n'étant qu'un moyen parmi beaucoup d'autres.
Par contre, je suis bien d'accord sur le fait qu'elle abouti à détourner l'intérêt général au profit d'intérêts particuliers, ce qui participe sans doute à la décrédibilisation de nos chers hommes politiques.
A quand un site où l'on pourrait retrouver le qui propose quoi et qui vote quoi et qui nous permettrait d'établir le palmarès des hommes politiques « sous influence'

Portrait de jojo1er

à barberet Portrait de barberet De jojo1er

16H19 | 26/06/2008 | Permalien

« Au sens actif, moyen qu'on emploie pour gagner quelqu'un et le déterminer à agir contre son devoir et la justice. »
Littré

 » Il se dit aussi des Moyens que l'on emploie pour détourner quelqu'un de son devoir, pour l'engager à faire quelque chose contre l'honneur, contre sa conscience. » Dictionnaire de l'Académie Française

Au sens littéral il s'agit donc bien de corruption, l'influence ne contenant pas la notion d'antagonisme au devoir ou à l'intérêt général…

Lobbying=corruption

Jojo1er, …

Portrait de sarkophage_xyz

à teych Portrait de teych De sarkophage_xyz

21H15 | 24/06/2008 | Permalien

Pour lobby je traduit par groupe de pression, ces pressions peuvent être dites « amicale » et l'on peut traduire l'acte par corruption ; mais aussi inamicales, les actes correspondent alors à divers méthodes maffieuses, menaces physiques sur la personne ou son entourage, harcelements divers. Exemple récent : Denis Robert qui a cèder au lobbying de Clearstream.

Portrait de Alamain

De Alamain

19H41 | 23/06/2008 | Permalien

que d'aucuns défendent leur beefsteak, c'est étonnant…
en usant de stratégies de com, de lobbying, c'est renversant …

où sont les artistes dans l'article ?

car on peut jouer sur les mots tant qu'on veut et remplacer piratage d'oeuvres par partage de fichiers, il s'agit de toute façon de partager ou de donner ce qui ne vous appartient pas, en spoliant les producteurs d'une rémunération.

que certains s'offusquent que le travail soit payé …
quant à s'acharner sur les vilains « intermédiaires »…

à propos d'intermédiaires, je voudrais bien voir la même énergie pour défendre les prix agricoles et limiter les marges de tel hypermarché sur les produits dits de première nécessité.
ou, juste pour rire, je voudrais bien voir un défenseur du téléchargement gratuit aller expliquer à un agriculteur que désormais ses légumes sont gratuits …

c'est vrai qu'aujourd'hui, mais déjà hier même moins facilement, un artiste peut s'organiser en circuit court , direct du producteur au public …ça va lui faire une belle jambe si personne ne le paye …

Portrait de foobar

à Alamain Portrait de Alamain De foobar

nabalzr | 20H07 | 23/06/2008 | Permalien

Coût de produire N légumes est égal à environ N fois le coût de produire un légume.

Coût de produire N copies numériques d'une oeuvre est égal au coût de produire 1 copie numérique d'une oeuvre.

Maintenant on relit la partie 1/3, et on fait preuve d'un peu plus de subtilité avant de troller.

Et sinon c'est marrant tout ces nouveaux utilisateurs qui commentent que les articles sur Hadopi : )

Portrait de ptiboli

à foobar Portrait de foobar De ptiboli

20H08 | 23/06/2008 | Permalien

C'est vrai, il y a peu de similitudes entre le marché des légumes et celui des la création musicale. Mais on peut difficilement faire payer le coût total à un seul acheteur ^^

A mon avis les artistes sont entre le marteau et l'enclume dans cette histoire, il ne doivent pas se sentir très a l'aise au milieu d'un modèle qui s'écroule lentement mais sûrement depuis dix ans. Et malheureusement les modèles économiques alternatifs tardent à éclore…

Portrait de Alamain

à foobar Portrait de foobar De Alamain

20H33 | 23/06/2008 | Permalien

cher subtil,

comment évalues tu le coût d'une oeuvre ?

tu décides autoritairement qu'un artiste doit gagner combien ?

encore un qui est communiste orthodoxe quand il faut payer, et capitaliste décomplexé pour prendre …

qu'il y ait un débat sur le prix du disque en France, oui bien sur …mais en quoi, limiter les intermédiaires, leur marge ou les supports physiques devrait supprimer la paye de l'artiste, puique c'est de ça dont il s'agit : « piratage » = rémunération zéro

à ton avis, soleil d'intelligence donneur de leçon, pourquoi les artistes qui réussissent à faire un buzz sur le net signent-ils, pour la plupart, avec les maisons de disques ? alors que, techniquement, ils peuvent s'en passer ?

que l'agriculture ne soit pas le marché du disque, certes ….et alors ? si le musicien ne doit pas pas être payé …alors personne ne doit l'être …

ou un autre exemple : si c'est le nombre de supports qui est déterminant : dans une salle de cinéma, une seule copie, donc une seule place payée …
comment ? il est débile mon exemple ? la salle, l'amortissement du matos, etc etc …donc chaque spectateur paye sa place …bon d'accord …mais alors, en quoi est-ce différent pour les films en dvd ou la musique sur disque ( studio, ingénieurs du son, matos, musiciens , etc …)

et pour le N fun,
dire N fois une connerie n'en fait pas une vérité …

Portrait de Jos31

à Alamain Portrait de Alamain De Jos31

Ingénieur en informatique | 20H42 | 23/06/2008 | Permalien

Personne n'a jamais dis que les artistes ne devaient pas etre payés pour leur travail. Mais c'est pas en mettant des lois liberticides, contraire a la justice (pas de proces, présumé coupable), et axées uniquement sur la répression que les CDs recommenceront a etre vendus. On est plus dans les années 90 va falloir s'y faire…

Mais bon de toute facon on est tous des communistes anarchistes révolutionnaires selon toi…

Personnellement je pirate pas de musique, et j'en écoute quasiment plus tellement tout ce lobying malsain me rends mal a l'aise.

Portrait de Feu

à Jos31 Portrait de Jos31 De Feu

00H37 | 24/06/2008 | Permalien

Mon exemple, je pense ne doit pas être unique :
grâce au téléchargement j'ai pu découvrir des merveilles qui m'ont amener vers un disquaire connu pour me procurer les CD complets et surtout chapitrés car le hic du téléchargement d'un album c'est le non-chapitrage.
Donc depuis mes débuts de « délinquant » (1an) chaque téléchargement s'est traduit par 4 à 5 CD achetés pour compléter la collection.
Avant le partage de fichier, je n'avais acheté que 4 CD en 10 ans. A noter que je n'écoute jamais la radio ou si peu.
Grace au téléchargement Messieurs les producteurs (bientôt aux resto du cœur, les pôvres ! ! ! ) j'achète vos productions ! ! ! ! ! ! !

Portrait de VinceDeg

à Feu Portrait de Feu De VinceDeg

étudiant | vincedeg.nolizard.org | 09H59 | 24/06/2008 | Permalien

Feu : « Mon exemple, je pense ne doit pas être unique : […] depuis mes débuts de “délinquant” chaque téléchargement s'est traduit par 4 à 5 CD achetés “

Mouais, bon y'a aussi le contre exemple : le mec qui achetait deux trois disques par mois et qui n'en a plus acheté un seul depuis qu'il peut télécharger, copier depuis l'ordi des potes, et qu'il n'a plus de discman mais un mp3.Et le mec ne se sent pas un poil coupable vu que ça fait des années qu'il a de la zic gratos à la télé ou à la radio, la différence étant que maintenant il peut écouter ce qu'il veut quand il veut sans pub. Tiens, ça pourrait être moi ça…

Portrait de foobar

à VinceDeg Portrait de VinceDeg De foobar

nabalzr | 10H07 | 24/06/2008 | Permalien

Je vois surtout que les gens autour de moi achètent de moins en moins de trucs récent, si jamais ça les interessent c'est souvent un titre unique sur un album. Ils écoutent beaucoup la musique sur deezer/last.fm/etc (offre légale).

Et ça c'est pas la loi qui va le changer. À mon avis au niveau de la musique le système actuelle est proche de la mort, c'est au niveau des films où ils peuvent encore se battre (mais il va falloir faire des concessions sur la chronologie des médias).

Portrait de fb251

à Alamain Portrait de Alamain De fb251

(none) | 20H43 | 23/06/2008 | Permalien

« “piratage” = rémunération zéro »

Marketing = moins de rémunération pour les créateurs et justification des maisons de disque pour se trouver en amont et en aval de la création et d'être en bonne place pour capter les revenus.

Licence globale = possibilité d'être rémunéré et de faire découvrir son travail sans forcément passer par les fourches caudines de cette industrie.

Que font les majors : du marketing lourd sur quelques produits(*) pouvant se trouver en gondole au supermarché et si possible dans le top 50 pour toucher la redevance sur la copie privée et une part non négligeable de la répartition de la Sacem. Alors évidemment, c'est tentant d'être dans le top 50.

Pour le reste on avait déjà les boulangeries et supermarchés comme comparaisons biaisées n'ajoutez pas les fruits et légumes, on parle ici d'immatériels.

(*) Désolé d'employer ce vocabulaire, mais la production actuelle m'y incite.

Portrait de Alamain

à fb251 Portrait de fb251 De Alamain

20H54 | 23/06/2008 | Permalien

il se trouve que je suis pour la licence globale ….

je peste simplement contre les « tout ou rien » et leur raisonnement pervers : les majors sont pas belles, du coup on ne paye rien …et dans ce rien , il y a les artistes …c'est pratique, de mauvaise foi et rentable financièrement…en fait , ils se conduisent comme les majors qu'ils dénoncent…

rappelons au passage que, même pour ceux du top 50 , personne n'est forcé de les acheter ! …
et que, donc, les fortunes de ceux-là se font sans voler personne .
ce qui n'est pas le cas avec des circuits de produits de première nécessité, mais il paraît que ce n'est pas la même chose …

la morale à géométrie variable , c'est fatigant …

Portrait de siko

à Alamain Portrait de Alamain De siko

cherche un moyen élégant pour gagne... | 21H20 | 23/06/2008 | Permalien

52 artistes soutiennent la loi contre le « téléchargement illégal », qui sont-ils ? Ce sont des gens qui soit gagnent beaucoup trop d'argent (et pourtant seulement 5% des revenus), soit ont été introduit de force par lavage de cerveau… Curieusement, je n'y vois aucun des artistes que je respecte, alors un avis qui leur a été dicté par leur employeur, j'en ai rien à faire.

Comme l'avait si bien dit un autre internaute, l'autre jour, faire un CD, c'est comme si un peintre faisait une peinture et veuille en vivre toute sa vie en vendant des posters. Qu'ils travaillent comme tout le monde, qu'ils fassent des concerts…

En ce qui concerne les disques du top 50, bien sûr que l'on est obligé de les acheter (enfin pas moi), ça s'appelle du matraquage publicitaire, ce ne sont plus des artistes, ce sont des produits de consommation.

Dernière remarque, le jour où les CDs coûteront un prix raisonnable, c'est-à-dire 5€, j'irai en racheter, mais là à 15 voir 20 €, faut pas déconner. Il faut arrêter de prendre les gens pour des cons.

Portrait de fb251

à siko Portrait de siko De fb251

(none) | 21H58 | 23/06/2008 | Permalien

Le plus souvent ce sont des interprètes qui font des concerts, ils relèvent des droits voisins et non pas du droit d'auteur. L'auteur qui sèche devant sa feuille blanche doit aussi pouvoir être rémunéré et il n'est pas forcément interprète et donc pas de concert.

Il ne faut pas négliger cet aspect et utiliser l'argument simpliste du travail « visible », la problématique n'est pas là.

Portrait de jojo1er

à fb251 Portrait de fb251 De jojo1er

16H32 | 26/06/2008 | Permalien

Et l(es)'interprète(s) qui fait un concert ne doit pas rémunérer l'auteur et le compositeur ?

Jojo1er, …

Portrait de haiker

à fb251 Portrait de fb251 De haiker

23H02 | 26/06/2008 | Permalien

L'auteur se fait payé soit un forfait soit des royalties par l'interprète, comme dans d'autre secteurs d'activités.

Il faut arrêter de croire que le modèle économique actuel est le seul valable. Dans un monde qui change dont on nous rabache qu'il faut suivre le mouvement, les modèles économiques valsent plus vite qu'avant.

C'est normal, logique, et j'en ai rien à battre que certains veulent s'accrocher au seul modèle économique auquel ils peuvent penser parce qu'ils ont peur de ne jamais retrouver le bol d'en profiter aussi bien qu'avant.

La concurrence en matière de culture est devenu mondiale, dématériallisée, quasi-immédiate et probablement encore plus éphémère qu'avant. Les fortunes faites pendant les 50 ans de la pré-histoire de la culture de masse seront à l'avenir beaucoup plus dure à réaliser. Après tout, y'a à peine 100 ans, aucun artiste ne faisait fortune de son vivant.

Encore une fois, peu importe le partage illégal ou pas, y'a une constante simple : on n'achètera que si on en a envie.
L'attitude des majors dans les 10 dernières années avec les DRM m'a retiré toute envie de leur acheter quoi que ce soit tant qu'ils s'acherneront à vouloir contrôler la façon dont je dois écouter de la musique ou regarder des films (plateformes, fréquences d'utilisation du média, etc).

Perso, je redeviendrai client lorsque :
- les DRMs seront bannis, m'autorisant à utiliser le produit sur la plateforme de mon choix et autant de fois que je le souhaite
- les films et séries en VOSTFR seront disponibles dans des délais raisonables après leur diffusion en salle ou TV. 6-7 mois, c'est une éternité dans nos vies à 100 à l'heure…
- les tarifs seront plus conformes au coût de la création originale, et non pas basés sur un modèle de coût par unité acheté, qui n'a plus lieu d'être.

Si un artiste/vendeur veut profiter de mon pouvoir d'achat, c'est à lui de me convaincre que son offre vaut le prix qu'il en veut. Accuser le client d'être trop exigeant ne le convaincra jamais d'acheter, et c'est même la meilleure façon de se le mettre à dos pour longtemps.

Et c'est pourtant précisement ce que l'industrie à fait depuis 10 ans. Je ne suis pas prêt de l'oublier !

Portrait de foobar

à Alamain Portrait de Alamain De foobar

nabalzr | 22H52 | 23/06/2008 | Permalien

cher subtil,

comment évalues tu le coût d'une oeuvre ?

tu décides autoritairement qu'un artiste doit gagner combien ?

Je n'ai pas dit que c'était facile de determiner le prix ou le niveau de remuneration, je pense même que c'est difficile.

Par contre j'espere que tu es d'accord avec moi que le prix de production est le même quelque soit le nombre de personnes qui en profitent. Que un film soit un bide ou un succes il coute le meme prix.

encore un qui est communiste orthodoxe quand il faut payer, et capitaliste décomplexé pour prendre …

Oui je suis un méchant developpeur de logiciel libre qui donne le fruit de son travail, ce qui fait de moi un grand capitaliste decomplexé : )

qu'il y ait un débat sur le prix du disque en France, oui bien sur …mais en quoi, limiter les intermédiaires, leur marge ou les supports physiques devrait supprimer la paye de l'artiste, puique c'est de ça dont il s'agit : « piratage » = rémunération zéro

Ai-je sous-entendu que les artistes ne devaient pas être remunérés ?

à ton avis, soleil d'intelligence donneur de leçon, pourquoi les artistes qui réussissent à faire un buzz sur le net signent-ils, pour la plupart, avec les maisons de disques ? alors que, techniquement, ils peuvent s'en passer ?

Parce que leur metier c'est artiste, pas marketeur ? Ou alors pour pouvoir vendre des sonneries de portables ? ; )


ou un autre exemple : si c'est le nombre de supports qui est déterminant : dans une salle de cinéma, une seule copie, donc une seule place payée …
comment ? il est débile mon exemple ? la salle, l'amortissement du matos, etc etc …donc chaque spectateur paye sa place …bon d'accord …mais alors, en quoi est-ce différent pour les films en dvd ou la musique sur disque ( studio, ingénieurs du son, matos, musiciens , etc …)

Tu vois dans ton exemple, un dvd, le prix est fixe et pourtant autant de personnes que l'on veut peuvent le regarder (on peut le revendre d'occase etc). C'est donc bien le support que tu paie.

et pour le N fun,
dire N fois une connerie n'en fait pas une vérité …

Désolé mais je ne vois toujours pas en quoi ca peut être du vol.
Par exemple, si une entreprise utilise un programme que j'ai developpé sous une licence libre c'est de la contrefaçon, ou une violation de copyright. Ils ne m'ont pas retiré d'argent de mon compte en banque et je n'ai pas de meuble en moins chez moi.

Portrait de adrieng

à Alamain Portrait de Alamain De adrieng

Informaticien libre | 20H05 | 23/06/2008 | Permalien

« je voudrais bien voir un défenseur du téléchargement gratuit aller expliquer à un agriculteur que désormais ses légumes sont gratuits … »

Ce n'est pas le même combat :

le légume, je le mange et il y en a plus.
la musique, je la télécharge et … il y en a deux exemplaires (ou plus) de disponible !

Pourquoi payer un copier/coller si cher ? ?

Un exemple frappant est le logiciel, très touché par le piratage.
Il faut savoir que même libre et gratuit les logiciels sont rentables pour certaines sociétés :
Mozilla, Mysql, TrollTech, RedHat, EeePc …

Pourquoi les artistes ne pourrait-il pas vivre en produisant de la musique libre ?
Je pense notamment aux concerts et au mécénat.
mais je ne suis pas spécialiste de musique.

Portrait de Alamain

à adrieng Portrait de adrieng De Alamain

20H43 | 23/06/2008 | Permalien

« Pourquoi les artistes ne pourrait-il pas vivre en produisant de la musique libre ?
Je pense notamment aux concerts et au mécénat.
mais je ne suis pas spécialiste de musique. »

et la charité aussi ?

disons que ton métier , c'est de sortir une étude sur tel sujet .

donc, sous prétexte que plus on copie ton étude, plus il y a d'exemplaires en circulation, tu ne dois donc pas être rémunéré en fonction du nombre de personnes qui se servent de ton étude ?

écrivain , même combat ?

Portrait de foobar

à Alamain Portrait de Alamain De foobar

nabalzr | 22H57 | 23/06/2008 | Permalien

Les journalistes ne sont pas payés en fonction du nombre de lecteurs non ?

Portrait de thélonious

à foobar Portrait de foobar De thélonious

00H20 | 24/06/2008 | Permalien

quasiment : ça s'appelle l'audimat, et ça fait loi, parait-il…

Portrait de jojo1er

à thélonious Portrait de thélonious De jojo1er

16H35 | 26/06/2008 | Permalien

Mais tout le monde s'accorde à dire que c'est une dérive et que ça doit être combattu…pas défendu.

Jojo1er, …

Portrait de haiker

à thélonious Portrait de thélonious De haiker

23H06 | 26/06/2008 | Permalien

Faux. Les journalistes sont payés au forfait. Les pigistes, les journalistes précaires, sont eux payés en règle général à « la ligne ». C.a.d. à la taille de leur texte.

Portrait de toots

à Alamain Portrait de Alamain De toots

void | 03H26 | 24/06/2008 | Permalien

Non, pas charité, mais plutôt utilisation efficace de la popularité.

Le mode de financement du logiciel libre n'est en aucun cas transposable directement à la musique, mais, très grossièrement, cela revient à distinguer les utilisation « citoyenne » des utilisations « commerciale ».

Typiquement protéger la diffusion de l'oeuvre dans un cadre comme la TV, la radio, boite de nuit, bar, etc… mais en revanche ficher la paix aux citoyens qui découvrent et font découvrir à leurs amis et famille.

En effet, un jeune artiste à tout interêt à vouloir se faire connaître et à diffuser certains morceaux le plus possible, tout en se réservant des droits vis-à-vis des utilisations commerciales. (Rapellons que la SACEM, en refusant de reconnaitre les licences creative commons, même sur un ou deux morceaux « promotionels », ne le permet pas, « dans l'interêt des artistes »…)

Enfin, et ce n'est pas la charité, le don, ou un abonnement à un espace personalisé n'est pas du tout irréaliste.

Cela ne vous semble-t-il pas raisonnable ?

Portrait de hahaha

à adrieng Portrait de adrieng De hahaha

artiste dégagé | 13H34 | 24/06/2008 | Permalien

« Pourquoi les artistes ne pourrait-il pas vivre en produisant de la musique libre ?
Je pense notamment aux concerts et au mécénat. »

Mais ils en vivent ! ! !

seulement 15% du prix d'un album est reversé aux artistes ( reparti entre les membres du groupe )
J'ai l'impression que tout le monde oublie ( c'est vrai que depuis l'invention du cd les producteurs ont tout fait pour…) que, pour un groupe de musique, un album est avant tout un objet de publicité qui permet d'attirer le public aux concerts !

D'autre part la promotion que les majors font sur leur production écrase tous moyens de communication pour une grande quantité d'artistes qui choisissent eux même de mettre leur musique en ligne, gratuitement, puisque c'est leur seul moyen de se faire connaître, et donc d'avoir un public suffisant pour exister ( la plupart de mes amis musiciens ont choisi cette option ).

Portrait de jojo1er

à hahaha Portrait de hahaha De jojo1er

16H37 | 26/06/2008 | Permalien

La SACEM tue la création, artistes tuez la SACEM.

Jojo1er, …

Portrait de litchee

à Alamain Portrait de Alamain De litchee

Lycéen en colère contre le ministèr... | 20H21 | 23/06/2008 | Permalien

Je vois ce que vous voulez dire par rapport au travail des artistes etc… mais ce sont les maisons de disque qui se sucrent sur les cd et les artistes, selon leur contrat, n'ont qu'une part plus ou moins importante de la recette.
Pour répondre a votre comparaison aux agriculteurs : allez dire a un agriculteur de faire des concerts ou pour rester dans la métaphore dites lui d'aller faire les marchés au lieu de vendre ses produits aux supermarchés.

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