
Etats-Unis : pourquoi Barack Obama est-il noir ?
Métis, le candidat démocrate à la présidentielle est perçu et se définit comme un Noir. Décryptage d'une spécificité américaine.

Barack Obama est né d'une mère blanche du Kansas et d'un père africain, venu, du Kenya, étudier aux Etats-Unis. « Il n'est pas noir, il est métis », nous écrit Molto sur un article de Rue89.
Plusieurs d'entre vous avaient déjà fait la remarque. Pourquoi dit-on de lui qu'il est noir ? Pourquoi vu ses origines ne dit-on pas qu'il pourrait être le premier président métis aux Etats-Unis ?
Parce qu'Obama lui même se définit comme noir.
Barack Obama rappelle souvent que la famille de sa mère est blanche et que celle de son père est noir. Sa demi-sœur, née du second mariage de sa mère avec un Indonésien est elle aussi métisse.
Obama revendique son héritage maternel, y a fait référence au Kansas à plusieurs reprises en allant notamment sur la tombe de son grand-père, mais il n'emploie jamais le mot « biracial » (métis) pour parler de lui. « Un Noir avec un drôle de nom, on me donnait peu de chances », écrit-il par exemple dans son livre à propos de sa candidature au Sénat.
Parce que c'est ainsi que la société américaine le définit.
Il l'explique dans une interview à l'émission 60 Minutes. Le journaliste lui fait remarquer que, son père kenyan ayant quitté le domicile quand il avait deux ans, il a grandi, avec sa mère et ses grands-parents maternels, dans un environnement essentiellement blanc.
« A un moment, vous avez décidé que vous étiez noir ? “
‘Hé bien, je ne suis pas sûr que je l'ai décidé… Je pense, vous savez, que si vous avez l'air afro-américain dans cette société, vous êtes traité en afro-américain.’
A cause de son parcours politique.
George W. Bush s'est redéfinit en brave gars texan après avoir été assimilé à un ‘élitiste de Nouvelle-Angleterre’ par son adversaire, lors d'une tentative ratée d'être élu au Congrès, en 1978. De même, Barack Obama apprendra d'un échec, après sa campagne infructueuse pour être élu représentant au Congrès en 2000.
Son adversaire d'alors, Bobby Rush, un Noir et ancien Black Panther, laisse entendre que c'est dans les livres que Barack Obama, dîplomé d'Harvard, a appris ce qu'était le mouvement des droits civiques et la ségrégation. Cette année-là, Obama perd les élections de ce district de Chicago en ayant gagné le vote blanc… mais perdu le vote noir. Il en tirera les leçons et apprendra à cultiver lui aussi ses liens avec la communauté noire –des églises aux associations- de Chicago.
Parce que le métissage n'est pas valorisé aux Etats-Unis.
L'actrice Halle Berry, dont la mère est blanche, a estimé que son Oscar était une victoire pour toutes les femmes noires. Le gouverneur du Nouveau Mexique Bill Richardson, métis latino et blanc, se considère comme hispanique. A l'inverse, en 1997, Tiger Woods s'était fait allumer aux Etats-Unis en se qualifiant de ‘Cablinasian’ (résumé de caucasian, black, american indian, indian).
Si Barack Obama se disait métis, il pourrait donner l'impression de rejeter sa part noire, entend-on dans cette séquence de la chaîne publique NPR consacrée à la question.
C'est l'héritage paradoxal de la ‘one drop rule’ (règle d'une seule goutte), en vigueur au début du XXe siècle et qui voulait que soit considérée noire toute personne qui ait une goutte de sang noir.
Dans une société communautariste, les associations représentantes de groupes ethniques sont plutôt opposés à l'étiquette ‘métis’, craignant qu'elle ne dilue leur influence. On s'en est aperçu lors du recensement de 2000. L'administration, qui jusque là demandait aux résidents américains de s'inscrire dans seulement quatre groupes ethniques, a envisagé d'ajouter une casse ‘multiracial’ (métis). Les associations noires s'y sont pour la plupart opposées, craignant que cela ne diminue leur poids dans la société.
En guise de compromis, le recensement de 2000 a proposé plusieurs cases ethniques, et autorisé les personnes identifiées à en cocher plusieurs, mais sans qu'il n'y ait de case ‘métis’. Autrement dit, aux Etats-Unis on peut appartenir à plusieurs groupes… mais ‘métis’ n'est pas une identité.
Malgré toutes ces explications, la remarque des internautes reste très pertinente. Ce n'est pas parce qu'Obama a décidé de préférer l'étiquette noire à l'étiquette métis que les journalistes doivent en faire autant. Nous tacherons d'y veiller désormais sur Rue89.
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De jmleray
Traducteur-Interprète-Blogueur | 14H12 | 07/06/2008 |
Métis, métissé à la rigueur, mais certes pas métisse : -)
JML
à jmleray
De el_communiste
14H20 | 07/06/2008 |
Il est en effet bizzard qu'il revendique ainsi sa couleur de peau. Mais je pense qu'il faudrait plus regarder son programme qui semble plutot ambitieux que sa couleur.
http://planete-monde.blogspot.com
à el_communiste
De Marine 2012
Hymen troué par neuf hymen refait à... | 17H35 | 07/06/2008 |
Je suis consternée de voir qu'un article distinguant une personne par sa race fasse la une d'un site comme Rue89. Honteux…
à Marine 2012
De caro
délinquante avérée | 17H45 | 07/06/2008 |
vous n'avez rien compris, comme d'hab. Il n'est pas question de « race » mais de couleur de peau.
à caro
De pablico
18H10 | 07/06/2008 |
exact. La couleur de peau n'est pas un critère d'intelligence, heureusement.
Ce qui compte dans un homme de quelle couleur qu'il soit c'est l'intelligence, enfin plutôt les intelligences !
Je préfère un coloré intelligent, qu'un soit disant blanc idiot.
Mais les noirs américains, ne sont-ils pas tous métis ? la loi de la progression géométrique joue aussi pour eux. Ils doivent tous au moins avoir une goutte de sang blanc.
à pablico
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 10H01 | 08/06/2008 |
Hmm, moi les noirs qui sont cons me dérangent pas plus que les cons blancs ou jaunes, a priori les dégâts sont les mêmes…
Mais je voulais réagir sur votre idée de la « progression géométrique » qui me semble un poil naïve, je peux me tromper.
La « one drop rule » ne marche que dans un sens. Le problème serait une équation barycentrique ou la valeur blanche serait fortement pondérée, la noire, toujours un peu moins.
Je ne sais pas ce qu'il en est de ces métis, quelle serait leur valeur dans cette équation… ? L'article donne des indices mais je ne sais pas.
Je ne sais pas non plus si la culture du racisme aux Etats-Unis laisse une goutte de sang blanc dans un noir résoudre le problème de la discrimination.
Pas partout, pas pour tout le monde.
La question « est-ce que la discrimination renforce l'appartenance à une minorité ? » m'anime beaucoup.
Et l'article rebondit sur cette question, cela me donne une occasion de m'exprimer.
Qu'est-ce que le racisme génère chez ses victimes ? En quoi change-t-il sa forme et la perception que nous en avons au jour d'aujourd'hui ? Quels intérêts sert-il ?
Et puis pablico, je n'ai pas compris… on devrait se battre pour l'intelligence des noirs ? ou pour eux ?
à le _grand_clown_malade
De pablico
11H57 | 08/06/2008 |
on a pas à se battre ! on a à respecter, même les cons si ils respectent aussi.
à el_communiste
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 00H46 | 08/06/2008 |
Communautarisme pragmatique. Obama a pris 93% du vote noir aux primaires. Metis, il n'en aurait eu que des miettes, face à Clinton déja étiquettée « amie des Noirs ». Ce vote lui a donné la nomination.
De même, Richardson n'a pas d'autre intérêt que d'être latino et c'est ce qui lui vaudra la vice présidence.
Pierre JC Allard http://nouvellesociete.org/5184.html
à jmleray
De Yann Guégan
Rue89 | 14H35 | 07/06/2008 |
C'est corrigé, désolé pour cette faute…
à Yann Guégan
De ART MONIKA
15H15 | 07/06/2008 |
Yann Guégan, j'aime beaucoup votre phrase :
« C'est l'héritage paradoxal de la “one drop rule” (règle d'une seule goutte), en vigueur au début du XXe siècle et qui voulait que soit considérée noire toute personne qui ait une goutte de sang noir ».
La plupart des personnes « métisses » noir/blanc que je connais ont finalement « opté » pour la partie « sombre », car elles ont bien ressenti que, quoi qu'elles fassent et disent, le « one drop rule » infléchit le regard qu'autrui porte sur elles. Yannick Noah, dont la mère est blanche et blonde, met plus en avant la culture camerounaise ou afro que celle qui lui vient de son côté maternel.
Si c'est ce qu'on appelle « la couleur » qui l'emporte, c'est bien-sûr lié à l'histoire de l'esclavage, à l'oppression des noirs par les blancs. Et également aux représentations du « sang mêlé », ce sang « impur » qui, dans notre Marseillaise, se répand dans les sillons.
à ART MONIKA
De Nikoko
Chercheur...d'emplois | 15H40 | 07/06/2008 |
Le sang impur auquel fait référence la Marseillaise est le sang de la tyrannie, il ne fait pas d'allusion à des races ou ethnies.
Attention à ne pas déformer le sens (certes extrêmement violent) de ce texte, avant tout révolutionnaire.
à Nikoko
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 16H21 | 07/06/2008 |
Hum ! C'est à vérifier ! Se rappeler que les aristocrates se réfugiaient à l'étranger et pouvaient revenir comme élément de troupes étrangères. Pourquoi cette « impureté » inscrite dans les paroles originelles (et bien rédhibitoire aujourd'hui) ?
à Claude PELLETIER
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 17H59 | 07/06/2008 |
Les aristocrates (genre Sarközy de Nagy-Bocsa), n'est-ce pas à La Lanterne qu'ils vont ?
Paraît qu'un jour, JPR a appelé Fillon en lui disant « tu perds ce qu'il y a de mieux dans le job » (en parlant du pavillon…).
à FabiendeMénilmontant
De marie 75
3563
08H40 | 08/06/2008 |
HON GROIS SKON VEUT ! ! !
Quand la hongrie sera française, Nagy Bosca s'appellera la Courneuve …
à Nikoko
De ART MONIKA
17H42 | 07/06/2008 |
Dabord, toutes mes excuses à Guillemette ! C'est à cause de la repentance orthographique que je me suis trompée.
Ensuite, Nikoko, je sais bien à quoi fait allusion le sang impur : celui des « ennemis » qui « violaient nos filles et nos compagnes » (petite remarque en passant : ce chant est très « mâle » puisque le « nos » ne peut, sauf en cas de XXXX, que renvoyer à des hommes).
Il n'empêche : le « sang mêlé » est au plan sémantique du « sang impur » puisque justement la « goutte » noire l'a transformé. C'est pourquoi je les ai associés. Nothing else, nada mas.
à ART MONIKA
De Yann Guégan
Rue89 | 16H24 | 07/06/2008 |
Merci merci, mais c'est Guillemette l'auteur de l'article : -) C'est vrai qu'on nous confond souvent.
à ART MONIKA
De athénaïs
20H56 | 07/06/2008 |
@ Art monika
Sur le « sang impur » de la Marseillaise, il y a d'autres interprétations que celle qui voudrait que la marseillaise soit finalement raciste (le sang impur) en fait, il s'agirait plutôt du sang des révolutionnaires (qui n'était pas le sang pur et bleu des aristocrates, mais celui impur et rouge des roturiers) qui était voué à arroser nos sillons.
Autrement dit, les révolutionnaires, ne pensaient qu'à verser leur propre sang pour défendre leur rêve de liberté.
Avec cette interprétation, tout à coup,les choses reviennent dans l'ordre, ce sont les aristo qui étaient bel et bien racistes en se prétendant du sang bleu et en crachant sur le sang rouge du Peuple.
Mais à une époque où l'on glorifie Marie Antoinnette et charlotte corday, évidemment, on travestit les révolutionnaires en affreux crapaux racistes.
à athénaïs
De CAUSTICUM
désabusé de plus en plus ... | 01H12 | 08/06/2008 |
Vous pensez, Athénais, qu'avec les « féroces soldats » qui venaient « égorger nos fils et nos compagnes », il fallait rajouter encore du sang révolutionnaire au point d'en abreuver nos sillons ! cette explication me surprend ; je pense plutot qu'il convient de ne pas se voiler la face et d'admettre avec le recul, la férocité révolutionnaire à l'égard des ennemis de la Révolution.
Pour mémoire, je vous renvoie au rapport fait à la Convention par le général Westermann, après les guerres de Vendée (on le trouve facilement avec Google) ; c'est plus qu'édifiant quant à la mentalité de l'époque.
à CAUSTICUM
De athénaïs
19H00 | 08/06/2008 |
Je ne doute pas qu'il y ait des sites et des sites pour se livrer à des attaques anti révolutionnaires, beaucoup de livres aussi s'y livrent…LA révolution française fait toujours aussi peur !
De mon côté, cher CAUSTICUM, je vous renvoie à la lecture du Robespierre de Jean MASSIN (musicologue spécialiste de Beethoven)et aussi à la manière dont fut traité Damiens (qui effleura Louis XV avec un petit canif) et dont la justice barbare aristocrate réduisit le corps en une charpie immonde. Charlotte Corday, elle, eut droit à un procès et à une défense que pas un roi n'avait permis dans aucun pays jusqu'alors …
Je n'ai pencore jamais vu de film sur l'histoire de Damiens, en revanche on se repait du sort fait à corday ou à marie antoinette.
Et je ne parle pas de ce neuneu de louis XVI
à ART MONIKA
De CAUSTICUM
désabusé de plus en plus ... | 01H00 | 08/06/2008 |
Euhhh … si je peux me permettre, ART MONIKA, le « sang impur » (prononcer sanC'impur) de notre hymne national, ne désigne absolument pas le sang mêlé, mais bien celui des tyrans et obscurantistes, d'où qu'ils viennent …
à CAUSTICUM
De ART MONIKA
03H04 | 08/06/2008 |
Causticum, je crois m'être expliquée plus haut. C'est la « goutte » de sang noir qui m'a fait évoquer le « sang mêlé » et, par extension, le « sang impur qui abreuve nos sillons ».
Pour autant, je ne déclinais pas l'identité des « impurs » nommés par la Marseillaise et je suis donc ébahie que plusieurs personnes m'aient répondu là-dessus. J'ai eu quelques mauvais points, je subodorre que c'est parce que (a) certains ont cru que j'attaquais les révolutionnaires, (b) certains n'ont pas apprécié ma remarque féministe sur le caractère masculino-centré de « NOS filles et nos compagnes », énoncé qui exclut de fait les femmes en tant que sujets d'énonciation.
OK ?
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
14H23 | 07/06/2008 |
Métisse/métis, féminin masculin.
Barak se voit noir comme n'importe quel métis (ou métisse) se voit noir(e) c'est à dire comme les voient les autres. Un métis me disait que sa peau sombre le disqualifiait pour la couleur blanche et que quoi qu'il en soit, en France, du moment qu'on ne nait pas blond avec les yeux bleus on ne saurait se faire passer pour un « souchien » (mdr j'ai découvert cette expression il y a peu).
Je ne peux que lui donner raison, mes cheveux sombres me disqualifiant pour le prix du terroir normand. Je ne me vois pas moi non plus comme un celte mais comme un européen. Se voir comme un noir plutôt que comme un blanc ou un blanc cassé me parait presque logique.
Se voir et être vu comme un être humain me parait plus important que ces considérations de couleur de peau ou de téguments.
De toute façon il doit s'en ficher comme de sa première liquette, il présente bien et il est plutôt sexy, ça le dispense de se chercher des arguments. D'ailleurs, regardez chez nous, Sarkozy, une femme lui dit « toujours beau parleur » et il lui répond « parleur suffira » : il a pris conscience de l'essentiel. Hein ? ^^
De Pascal Riché
Rue89 | 16H23 | 08/06/2008 |
Cette discussion rappelle un peu la problématique de « l'authenticité » posée par Sartre dans Réflexion sur la question juive et résumé dans cet article.
De ex-riverain
x | 14H23 | 07/06/2008 |
»« métisse » n'est pas une identité. »
un petit article, mais intéressant. je ne connaissais pas cette « one drop rule ».
« Ce n'est pas parce qu'Obama a décidé de préférer l'étiquette noire à l'étiquette métisse que les journalistes doivent en faire autant. »
exactement. merci d´avoir poursuivi la rélexion.
De Glam
juste ce type, vous savez ? | 14H24 | 07/06/2008 |
Le problème, quand on se dit métis, c'est qu'on reste un noir aux yeux des blancs mais qu'on devient blanc aux yeux des noirs.
… pour résumer.
à Glam
De Fuel_Injected
21H06 | 07/06/2008 |
Pas tout à fait dans ce cas précis puisque si on analyse correctement l'article, un Métis est bien moins considéré qu'un Noir aux USA.
Je pense qu'en France c'est « just little » pareil entre un Arabe et un Noir. Par contre, le Métis a une postion sociale bien meilleure qu'un Noir si on réfléchit.
J'aime pas du tout utilisé ces termes mais bon….
En tout cas un grand bravo à Guillemette pour le suivi de ce dossier car cela faisait un moment qu'elle nous parlait de revenir sur la couleur de peau d'Oby.
De ex-riverain
x | 14H26 | 07/06/2008 |
il me semble qu´en France on parle plus facilement de métis…seraient-ils proportionnellement plus importants en France qu´aux USA ?
à ex-riverain
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
14H43 | 07/06/2008 |
Peut-être mais pas évident. La majorité des afro-américains sont descendants d'esclaves, eux ne se disent pas métis pour autant. Peut-être que les américains emploient ce terme pour les métis à 1 génération ?
En France on n'en parle pas vraiment parce que le métissage s'impose comme une évidence presque partout, tant en France qu'en outre-mer.
à ex-riverain
De Gotch
15306
ancien ouvrier de la banque | 15H09 | 07/06/2008 |
Peut-être la chose vient-elle du fait qu'en France on ne pense pas systématiquement dans une optique communautariste. Le métissage y est donc plus naturel. On n'y attache pas d'importance.
De Anthropia
14H47 | 07/06/2008 |
Rue89, si vous entrez dans cette finesse, pourquoi ne pas reprendre l'arc-en-ciel du foncé, quarteron, etc., tel qu'il est pratiqué dans les DOM-TOM, les mille nuances qu'on utilise là-bas pour désigner le degré de métissage.
Elles sont, je pense, une forme aboutie du racisme des noirs entre eux, comme si la proximité du blanc était le but à atteindre (cf. les crèmes de dépigmentation visant ce but dans la minorité black).
Cela me rappelle un livre, Blanc dehors, noir dedans ( ? ? ), écrit par une femme d'origine black, mais blanche de peau ; elle décrivait sa douleur, quand elle s'asseyait à côté d'un blanc dans le train, quand son mari foncé de peau s'asseyait un peu plus loin, et que son voisin de siège lui faisait des commentaires racistes à propos de son mari : elle disait alors combien elle se sentait noir dedans, rougissant des remarques racistes, comme si le simple fait d'être blanche lui faisait honte de trahir son origine, sa couleur de peau ne correspondant pas à la réalité de la couleur intérieurement ressentie.
Je pense qu'on doit aux personnes de les accepter pour ce qu'elles se donnent.
Un peu comme on devient Juif par le regard de l'autre, on se sent noir par le regard de l'autre. Mais dès lors qu'on le « devient » et qu'on l'assume, puisque c'est ce qu'on vit, qu'on n'aie pas à vivre l'affront d'une fausse pitié, qui tenterait de nous réintégrer dans cette course à la blancheur.
Rue89, en introduisant cette catégorie métisse, il me semble que vous faites un contresens idéologique, un peu comme si vous décidiez de vous faire redresseur de torts, de rétablir un préjugé social.
Cela vous honore, mais de fait, vous n'y pouvez pas grand-chose et le simple fait que vous introduisiez cette nuance peut se retourner contre ceux qui ont fini par vivre correctement leur négritude quelque soit la teinte exacte de leur peau.
Et si votre but est de contester ce positionnement d'Obama, je me demande au nom de quoi vous le feriez.
http://anthropia.blogg.org