
Le « commandement intégré de l'Otan », c'est quoi ?

(De nos archives) La décision de Nicolas Sarkozy de faire réintégrer la France dans le commandement intégré de l'Otan divise jusque dans son propre camp. Le secrétaire général de l'organisation a d'ailleurs tenté de rassurer les députés français, assurant que la souveraineté nationale n'était pas menacée. Jaap de Hoop Cheffer a même témoigné de son « grand respect » pour le général de Gaulle, qui avait pourtant décidé la sortie de la structure militaire de l'Otan en 1966. Pour comprendre cette polémique, il faut faire un peu d'histoire.
L'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) a été fondée sous l'égide des Etats-Unis en 1949, alors que la guerre froide Est-Ouest divisait l'Europe en deux camps rivaux. Une organisation politico-militaire disposant même d'une Assemblée parlementaire (dont le président actuel est le portugais Jose Lello, qui a succédé à… l'UMP Pierre Lellouche).
En face, côté communiste, l'Union soviétique alignait en 1955 le Pacte de Varsovie avec ses satellites d'Europe centrale et orientale. Mais en 1966, coup de tonnerre, le général de Gaulle décidait de sortir la France des structures militaires de l'Otan, tout en restant au sein de l'Alliance politique.
Pour Frédéric Bozo, auteur de « La Politique étrangère de la France depuis 1945 » (La Découverte) :
« La France ne peut accepter l'évolution de l'Otan dans le sens d'une plus grande intégration voulue par les alliés. (…)
La décision de de Gaulle arque avant tout le retour de la France à une indépendance que de Gaulle a toujours considérée comme entravée par l'intégration atlantique, une situation incompatible avec l'autonomie de décision indispensable à une puissance nucléaire. »
Le départ du Shape pour Mons
Conséquence de cette rupture : le « grand quartier général des forces alliées en Europe » (Shape) quittait Rocquencourt, près de Paris (qui se souvient qu'il y avait une présence militaire américaine en France jusqu'aux années 60 ! ), et allait s'installer à Mons, en Belgique.
Les officiers quittaient les structures militaires intégrées de l'alliance, et l'armée française reprenait son autonomie, en particulier sur le plan de sa défense nucléaire.
La France occupa alors une place à part dans le conflit Est-Ouest : dans l'Alliance atlantique, mais pas totalement dedans, ni réellement dehors. Peu de temps après sa décision, de Gaulle effectue d'ailleurs une visite triomphale à… Moscou, signe de ce statut spécial de la France.
Cette rupture n'empêcha pas la France de demeurer un allié fidèle de l'Alliance, et surtout d'amorcer un rapprochement militaire qui s'accéléra dans les années 90. L'armée française devint de plus en plus « Otan-compatible » dans ses modes opératoires, ce qui devenait indispensable à mesure que le rôle militaire de l'Otan se développait. Comme le souligne Frédéric Bozo :
« Face à l'impuissance européenne, la France de François Mitterrand conduit un rapprochement pragmatique avec l'Otan dans laquelle elle se retrouve de facto de plus en plus impliquée en ex-Yougoslavie.
Revenant partiellement sur sa participation à certains organes alliés comme le comité militaire et se ralliant, au sommet de Bruxelles de janvier 1994, au concept de groupes interarmées multinationales (GFIM), la France, sans remettre en cause le dogme de la non-intégration militaire, modifie par petites touches sa position dans l'Alliance atlantique. »
L'Otan, combien de divisions ?
Cette situation ambiguë est rendue possible par le fait que la structure militaire intégrée de l'Otan est en fait largement une coquille vide : c'est un état major dirigé depuis sa fondation par un général américain (le Commandant suprême des forces alliées en Europe, le » Saceur » , actuellement le général John Bullock), des capacités de planification et un Comité militaire, mais pas de troupes.
Les forces de l'Otan sont des unités nationales des 26 pays membres qui sont mises à la disposition de l'Alliance. Il suffit donc aux Français d'être prêts à l'« interopérabilité » avec les autres armées de l'Otan pour pouvoir s'intégrer immédiatement à une mission.
Car, paradoxalement, l'Otan, qui n'a jamais eu à tirer un seul coup de feu entre sa fondation et la disparition de son ennemi d'origine, l'URSS, a connu une poussée d'activisme depuis la fin de la guerre froide, faisant également éclater la notion de zone d'intervention, précédemment limitée au « théâtre d'opération européen ».
L'Afghanistan est actuellement la plus emblématique de ces nouvelles missions de l'Alliance, dans laquelle la France est totalement intégrée, y compris à des postes de commandement.
Voilà pourquoi un retour de la France dans le Commandement militaire de l'Otan ne changera pas grand chose à la situation. Voilà pourquoi cette décision est « plus politique que militaire », comme l'estimait François Hollande en avril 2008. Quant à savoir si elle est justifiée ou pas, c'est une autre histoire : retour au débat que nous avons eu avec Justin Vaïsse pour peser le pour et le contre d'une réintégration totale de l'Otan.
► Mis à jour le 14 février 2009. Papier ressorti des archives.
► Rectifié le 9 avril 2008. Le président de l'Assemblée parlementaire n'est plus Pierre Lellouche. Merci à l'internaute qui l'a signalé.
Passation de pouvoirs au poste de commandant suprême des forces alliées en Europe (Saceur) en 2006 : l'amiral Bantz Craddock (à gauche) remplace le général James Jones (à droite), en présence du secrétaire général Jaap de Hoop Scheffer au QG de Mons, en Belgique (François Lenoir/Reuters).
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De ex-riverain
x | 23H56 | 08/04/2008 |
l´OTAN est une organisation criminelle dont la légitimité ne repose que sur son arsenal militaire et le poids politique des Etats qui en sont membres ou sympathisants.
à ex-riverain
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 00H47 | 09/04/2008 |
propos ridicule. mais alors d'un ridicule. Talleyrand vs aurait sans doute dit que votre propos, parce qu'excessif, est insignifiant. Je ke pense aussi
à Jess Feuillie
De JeanBavedeRage
Démocrade Crétin | 08H45 | 09/04/2008 |
L'usage des années a appris à Talleyrand, mais sans doute est-ce à cause de son décès, à se taire lorsqu'il n'a rien à dire…
à JeanBavedeRage
De Animateur
Fondateur du Comité de Résistance C... | 23H33 | 14/02/2009 |
Il paraît qu'il y a encore des gaullistes à l'UMP, il paraît que ce courant est dirigé par Alliot-Marie…
http://syndicatpouetpouet.wordpress.com/
à Animateur
De PauLo anarcho-patriote
10H19 | 15/02/2009 |
Pas le moral… les militaires « professionnalisés »
celles et ceux qui s'engagent dans cette « nouvelle » armée, avec ou sans la fibre patriotique, et qui découvrent rapidement qu'ils ont intégré un « corps en décomposition », où le service du pays est une simple icône mais où le carriérisme, sur la base de son adhésion à l'un ou l'autre parti socialogaulliste, est la seule occupation véritable de l'encadrement, et où la corruption et le clientélisme sont de mise en permanence.
Point de métier glorieux ni de bravoure exemplaire !
> Servir seulement l'un ou l'autre parti socialogaulliste, ou plutôt ceux qui, galonnés ou étoilés, s'en réclament.
> Armée « professionnelle » : armée de cloportes de salon mais certainement pas armée de vaillants mercenaires. Simple armée de hauts et moyens « fonctionnaires », tire-au-flanc et profiteurs, que leurs femmes s'émeuvent de voir partir – rarement, très rarement – en opérations ! …
> Quant aux « petits » engagés : maltraités et jetés comme des « mouchoirs jetables » après avoir été utilisés pour le seul avantage d'un encadrement souvent veule et vil.
Et la République française ? et la patrie ?
et le valeureux métier des armes dans tout ça ?
Elles salies, lui dévoyé.
Se souvenir que c'est encore un haut fait récent des deux partis socialogaullistes que d'avoir supprimé, ensemble et de connivence, la conscription, qui certes n'était pas exemplaire mais obligeait, tout au moins, les engagés et la hiérarchie militaires à se tenir et à servir dignement.
à ex-riverain
De pablico
18H00 | 14/02/2009 |
non, Otan = allégeance, pour des aventures qui pourraient êtres douteuses.
De ex-riverain
x | 00H05 | 09/04/2008 |
j´ai copié ici le message d´une posteur de rue89 :
« Lorsqu'on examine de près la toute récente “ déclaration d'indépendance” de la province serbe du Kosovo et la reconnaissance immédiate de cette dernière en tant qu'État par les États-Unis, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, il importe avant tout de savoir trois choses :
Primo, le Kosovo n'obtient aucune indépendance ni la moindre autodétermination. Il sera gouverné par un haut représentant et des institutions désignés par les États-Unis, l'Union européenne et l'Otan. Une espèce de vice-roi à l'ancienne et des administrateurs impérialistes détiendront le contrôle sur sa politique étrangère et intérieure. L'impérialisme américain a tout simplement renforcé son contrôle direct sur une colonie intégralement dépendante située au cœur des Balkans.
Secundo, la reconnaissance immédiate du Kosovo par Washington confirme une fois de plus que l'impérialisme américain entend enfreindre absolument tous les traités ou accords internationaux qu'il a signés jusqu'à ce jour, y compris les accords qu'il a sortis lui-même et imposés à d'autres par la force et la violence. » (« Kosovo : Une nouvelle colonie pour Washington », par Sarah Flouders)
Voir la série d'articles sur les Balkans dans la catégorie du site :
http://internationalnews.over-blog.com/categorie-10334128.html
j´y ajoute la déclaration d´indépendance du Kosovo :
http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7249677.stm
De ex-riverain
x | 00H09 | 09/04/2008 |
monsieur Pierre Haski, combien de temps allez-vous encore vous contenter de bavarder a la surface des choses ? votre série sur l´OTAN est d´une tiédeur sans nom.
à ex-riverain
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 00H52 | 09/04/2008 |
la prétention est le défaut des sots
à Jess Feuillie
De pfttt
Au pied du Vercors | 04H33 | 09/04/2008 |
Mais c'est une mine de réponse toutes faites ce Jess là ? Désolé Jess mais tu es nul face à alangaja. Tu peux ne pas être d'accord avec lui mais développe des arguments au lieu de réagir comme tu le fais. On dirait un militant UMP faisant valoir les arguments de son appareil.
à pfttt
De VyGER
Ingénieur informaticien | 22H48 | 14/02/2009 |
Comment développer des arguments contre Alangaja, alors que ce dernier n'en avance pas l'ombre d'un.
Pourquoi vous ne lui reprochez pas de ne pas étayer ces « petites phrases » ?
à ex-riverain
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 07H53 | 09/04/2008 |
@alangaja, j'attends vos contributions « chaudes » sur le sujet, je me ferai un plaisir de les publier.
à Pierre Haski
De marie 75
3563
11H52 | 09/04/2008 |
68 % des Français ne sont pas d'accord…
et ça …on l'oublie ?
à Pierre Haski
De mec de banlieue
un martien sur cette planete | 21H25 | 14/02/2009 |
NATO Game Over Français
envoyé par pessias
à mec de banlieue
De VyGER
Ingénieur informaticien | 22H53 | 14/02/2009 |
Ils ne sont pas doués en marketing et en publicité. Ca donnerait plutôt envie de rejoindre l'OTAN.
à Pierre Haski
De PauLo anarcho-patriote
10H27 | 15/02/2009 |
Le « renouveau de la République et de la francophonie'… passe par… un “service républicain” en groupe, innovant et ciblé.
Le rétablissement de la “ conscription ” n'est pas une restauration de ce qui existait précédemment mais l'instauration d'une totale innovation.
Il faut lire attentivement l'exposé complet de la mesure concrète de salut public proposée par le C-A-P qui n'a rien de commun avec les promesses des socialogaullistes de droite ou de gauche.
C'est un “ service social national ” pour les citoyens français centré sur :
> l'aide et le traitement dignes des pauvres, des laissés pour compte du fric et des sans-abris ;
> l'aide et le traitement dignes des personnes en difficultés d'insertion dans le monde du travail ;
> l'aide et le traitement dignes des personnes malades ou en fin de vie.
Il ne s'agit pas de sous-emploi individuel dans une entité quelconque (méthode brevetée par le système socialogaulliste). Il s'agit d'intervention en brigade ou en section c'est-à-dire en groupe encadré, formé et dirigé par d'autres appelés compétents.
Il ne s'agit évidemment pas de petits boulots (chers aux socialogaullistes). Il s'agit d'interventions pensées, organisées et préparées pour être utiles et efficaces.
Il en est de même pour le “ service de coopération francophone ” qui n'a rien à voir avec le “ service en coopération ” des années 1960-1970 ni avec les VSNE des “ enfants de la France d'en haut ” des années 1990.
Là encore, pas d'appelé(e)s isolé(e)s mais de vraies brigades ou sections d'intervention préparées, entraînées et encadrées.
Sans même développer, il est clair que le “ service militaire de défense ” justifie certes d'un entraînement sportif et au combat mais par des processus complètement innovants par rapport aux méthodes actuelles et passées.
Autrement dit, loin d'être un parcage temporaire comme dans les “ solutions socialogaullistes ”, les périodes de service républicain sont des moments de vie dignes, en groupe, en société, d'épanouissement aux contacts des autres appelé(e)s et des personnes au service ou près desquelles sont menées les opérations.
Le service républicain préconisé par le Manifeste du Collège Anarcho-Patriote doit être aussi utile et fécond pour l'appelé(e) que pour celles et ceux auprès desquelles ses interventions en brigade ou section sont effectuées.
Espoir du “renouveau de la République française et de la francophonie”… n'est-ce pas ?
à ex-riverain
De Anita1945
retraitée | 03H47 | 15/02/2009 |
J'ai fait un copié-collé qui explique tout sur l'OTAN.
De Pierre973
désanusseur de porcs | 01H49 | 09/04/2008 |
Monsieur Haski, je vous ai …pas compris ! ! !
Vous écrivez au début de votre article, pour résumer les conséquence de la décision de De Gaulle : « l'armée française reprenait son autonomie, en particulier sur le plan de sa défense nucléaire ». Puis, en conclusion de ce même article, pour résumer les conséquence de la décision de Nicolito : « un retour de la France dans le Commandement militaire de l'Otan ne changera pas grand chose à la situation ».
Si j'essaie de vous suivre (je m'accroche, je m'accroche …), cela signifie que la perspective de perte de notre autonomie sur la défense nucléaire vous apparaît vraiment peu de chose. Alors en effet, que dire de notre perte d'autonomie dans les décisions d'engagement de troupes par exemple. On s'en fout, mais alors … Perso, j'ai pas de militaire dans ma famille et je ne pense pas que mes gosses iront un jour gonfler les effectifs des armées alors finalement … que les US décident pour nous, gentils caniches !
C'est vrai que cette décision est « plus politique que militaire », comme vous venez de nous l'expliquer. Mais il me semble que vous sous estimez gravement, dans votre conclusion, la portée politique de cette décision.
à Pierre973
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 07H52 | 09/04/2008 |
Je me répète, mais je viens d'avoir un dialogue avec Justin Vaïsse pour critiquer la portée politique de cette décision. Le but de ce papier était de parler de la partie militaire, et, de ce point de vue, c'est moins fort puisque le chemin a déjà été accompli.
à Pierre Haski
De DBL8
Retraité | 10H07 | 09/04/2008 |
Tout à fait d'accord avec vous, il y a eu une émission sur la 5 (télé) sur ce sujet et, tous les intervenants été du même avis que vous ! Et moi aussi.
Alors tous des nazes ?
Réintégrer le commandement de l'OTAN ne changera pas grand-chose.
Puisque nous sommes dedans, autant être aux commandes.
à DBL8
De parousnik
15H59 | 09/04/2008 |
Aux commandes d'une organisation terroristes ?
Bravo la démocratie ….
à Pierre Haski
De PauLo anarcho-patriote
10H31 | 15/02/2009 |
Le « renouveau de la République et de la francophonie'… passe aussi par… un “service de santé aux armées retrouvé”.
> Il va lui falloir se ressaisir pour retrouver sa compétence et sa gloire passées. Il va lui falloir éliminer de son sein les petits planqués, médiocres fonctionnaires délivreurs d'ordonnances d'autant moins pertinentes que complaisantes à une hiérarchie corrompue.
> Il va lui falloir rétablir la santé des appelé(e)s comme le faisaient ses glorieux anciens. Il va lui falloir redonner le goût de vivre à une jeunesse abîmée, cassée par la drogue et la nonchalance encouragées et développées par le système socialogaulliste.
> Il va lui falloir retrouver la dignité dans ses actes et reconquérir l'estime et le respect du plus grand nombre.
C'est possible, c'est faisable, c'est réalisable ! …
> Un service de santé aux armées doit être centré sur cet objectif de santé publique, encourager le bien vivre, le bien se nourrir, le bien se porter, le respect de soi et d'autrui.
> Un service de santé aux armées doit refuser toute médication inutile et dispendieuse, toute compromission avec la hiérarchie ou le système de santé civil.
> Un service de santé aux armées doit détecter et prévenir les vraies maladies et cesser d'être centré sur les troubles comportementaux, excepté peut-être les siens propres, ceux de ses membres et de sa hiérarchie.
> Un service de santé aux armées doit être utile à la patrie et aux citoyens français et leurs partenaires francophones, comme l'étaient les services de santé aux armées d'antan.
> Un service de santé aux armées doit être sans concession, exemplaire.
Le chemin sera un peu long pour ce rétablissement, ce redressement. Le résultat est attendu pour le bien commun. Dès après l'élimination des socialogaullistes du pouvoir ! .. bientôt.
à Pierre973
De viscomica
retraité marine commerce | 02H01 | 16/02/2009 |
Vous avez raison monsieur le désanusseur de porcs.
Ca m'étonnerais que vos « gosses “ aussi gonflées soient-elles trouvent leur place au sein de l'Otan…
Viscomica au Canada….
De Alfary
Ronchon | 01H56 | 09/04/2008 |
J'ai du mal à bien saisir la chute du post : « Voilà pourquoi un retour de la France dans le Commandement militaire de l'Otan ne changera pas grand chose à la situation. » J'ai compris que cette conclusion prend appui sur le fait que la mise en cohérence des équipements et des procédures des armées françaises avec les standards de l'Otan a déjà largement atteint un niveau opérationnel suffisant (cf les engagements dans les Balkans, en Afghanistan).
Si la chute du papier signifie que l'impact sera à peu près nul sur l'interopérabilité, j'en conviens volontiers, cette dimension étant strictement « technique ». Mais du coup, s'il ne s'agit que d'équipement et d'organisation, le niveau ministériel suffit.
Or, le fait que M. Sarkozy porte la décision exprime clairement, à mon sens, que son projet s'inscrit dans la hiérarchie des objectifs au niveau le plus élevé, l'objectif politique global.
Rappelons que les institutions, les activités et les ressources civiles et militaires de l'Otan sont organisés pour permettre d'atteindre l'objectif politique. L'intervention de M. Hollande a l'intérêt de mettre le doigt sur l'absence d'une définition et d'une formulation de l'objectif final de la démarche de M. Sarkozy.
L'Otan pour quelles menaces ? L'UE pour quel Otan ? Les armées françaises dans quelle architecture ? Quelle sera la doctrine militaire française, y en aura-t-il ? Toutes questions éminemment politiques. Réintégrer entièrement le commandement militaire sans éclaircissement ni débat public, comporte par le fait accompli des conséquences incalculables parce que non évaluées. La guerre froide est finie, cependant l'Otan continue à s'élargir et se diversifier, comme cherchant à s'auto-réinventer sans se redéfinir.
Vraiment sans conséquences « un retour de la France dans le Commandement militaire de l'Otan (…) » dans un tel contexte ?
à Alfary
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 07H50 | 09/04/2008 |
Ce que je voulais dire c'est que, comme le dit Holande, le changement sera d'abord politique, c'est-à-dire un affichage atlantique total, alors que sur le plan pratique, la France est déjà largement intégrée sans le dire aux structures militaires. Je ne dis pas que la décision de rejoindre les structures militaires soit mineure, et c'est ce que j'ai expliqué dans mon dialogue avec Justin Vaïsse, mais le but de ce papier était d'expliquer la partie militaire.
à Pierre Haski
De Gotch
15306
ancien ouvrier de la banque | 07H38 | 10/04/2008 |
Cher Monsieur Haski, comment faire comprendre à ceux qui, hélas ! nous gouvernent que l'OTAN, on n'en veut pas du tout ? Ni au niveau militaire, ni au niveau diplomatique…. C'est une structure obsolète, mais bien pratique pour certains, en particulier outre-atlantique où elle sert de prétexte à un prétendu consensus entre nations. Depuis la fin de la Guerre Froide, beaucoup de pays s'y sont réfugiés sans même essayer de comprendre à quoi cela les engageait.
Il est urgent que la France s'en éloigne complètement, il serait souhaitable que les autres pays de l'Europe continentale, au moins ceux de l'ouest européen, fassent de même et réfléchissent à une coalition « entre soi », séparée de l'« ami » américain. De tels amis deviennent parfois encombrants, quand ils voudraient vous entraîner à un aventurisme dangereux. Pas plus qu'en Irak, nous n'avons rien à faire en Afghanistan, et ailleurs sans doute.
à Pierre Haski
De Peureux anonyme
19H16 | 14/02/2009 |
J'ai du mal à saisir la subtilité entre politique et technique en matière d'alliance. Si on veut resserrer les liens techniques, c'est que l'on adhère à l'objectif, me semble t il.
C'est là que le bat blesse. Comme le fait remarquer un post précédent, on ne sait plus formuler l'objectif de l'OTAN. C'est un signe intéressant.
Si l'objectif, comme on l'entend souvent, est de lutter contre le terrorisme international, il faut supprimer l'OTAN et renforcer INTERPOL.
L'efficacité des matériels, porte avions nucléaires et autres Rafales, parait douteuse face à Al Quaida ou superfétatoire face à des armées du tiers monde.
Idem pour les hommes : les occidentaux ne voulant pas de morts, si conflits il y a, il vaudra mieux les sous traiter à des armées indienne, africaines ou latino américaines, bien moins onéreuses et laissant insensibles les opinions publiques.
Le complexe militaro industriel américain et ses copies européennes sont ils d'accord pour se faire Hara Kiri ? Poser la question c'est y répondre.
De là à conclure que la raison d'être de l'OTAN est la survie collective des complexes militaro industriels, il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement.
La raison profonde de la réintégration de la France dans l'OTAN serait alors à chercher dans une quête de légitimité et de survie de nos militaires et de nos industriels de l'armement.
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 05H05 | 09/04/2008 |
@Pierre Haski
On ne peut pas tout savoir : -)… Lellouche n'est plus président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN depuis un an environ : il a été remplacé, au terme de son mandat, par José Lello, du Portugal. Lellouche (dont, soit dit en passant, le comportement assez fat et mégalo avait indisposé pas mal de monde à l'AP-OTAN), y menait une politique ultra-américaine et atlantiste, préconisant l'adhésion de la Géorgie (comme ses maîtres à penser), l'envoi de troupes supplémentaires (y compris françaises) en Afghanistan et un renforcement du rôle de l'OTAN en Iraq.
à Quinine
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 07H45 | 09/04/2008 |
Merci de la précision. Sur sa bio de campagne, il reste dans le flou artistique et donne le sentiment qu'il est toujours président…
à Pierre Haski
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 07H47 | 09/04/2008 |
Ça lui ressemble…