Bayrou et les sondages : posture, impostures

Lorsque la météo n'est pas au beau fixe, le mieux, pour garder le moral, c'est encore de s'en prendre au baromètre. Micro-événement d'une campagne électorale elle-même minuscule : François Bayrou vient de tonner contre la publication des résultats d'un sondage TNS le donnant dépassé par la liste Europe-Ecologie de Cohn-Bendit (11% des intentions de vote contre 13,5%).


« Manipulation », nous dit-il. Il prévient que si les résultats réels montraient dimanche que « c'était une vaste entreprise pour essayer de créer un courant, ou, en tout cas, des mouvements d'opinion qui n'existent pas en réalité » :

« Je dirai tout ce que je sais des sondages et des manipulations. Et je dirai qui et je dirai comment. »

Bigre. Bouquet final :

« S'il y a au pouvoir, ou proche du pouvoir, des gens qui sont les grands organisateurs de tout cela, alors, il va falloir que l'on regarde de près et que la démocratie se défende. »

En résumé : faut voir à voir, on verra bien ce qu'on verra, mais pour moi c'est tout vu, et vous allez voir ce que vous allez voir.

Je ne sais pas ce que François Bayrou sait des sondages, mais je pratique la recherche marketing depuis vingt ans et des poussières : j'ai quelques bonnes raisons de prétendre en savoir au moins autant que lui en la matière.

Première réalité : les résultats ne peuvent être interprétés qu'en fonction d'une marge d'erreur

Dans le cas qui nous intéresse (13,5 % contre 11%), en posant les hypothèses d'une abstention déclarée de 50% et d'un échantillon de 1000 personnes comme c'est l'usage, le chiffre de 11% est « vrai » dans une « fourchette » de 2,8 points. Ce qui signifie qu'il n'est pas statistiquement prouvé, sous ces hypothèses, que Bayrou soit devancé par Cohn-Bendit.

Mais TNS donnait probablement un résultat sensiblement inverse lors de sa vague précédente, dès lors on a une histoire à raconter - Bendit monte et Bayrou coule - et bien évidemment on s'empresse d'en faire un événement. On comprend que cette « histoire » déplaise à Bayrou, mais on remarquera qu'elle n'est pas plus fausse que celle qui naguère le plaçait en troisième position.

Deuxième réalité : les chiffres publiés ne sont pas des résultats bruts, mais redressés

Premier type de redressement, l'alignement du réel sur le théorique : par exemple, d'après les recensements Insee, sur 1000 personnes on devrait interroger 18 femmes de plus de 40 ans vivant en zone rurale (chiffre imaginaire). Pas de bol, on n'a pu en interviewer que 12. Qu'à cela ne tienne, on multiplie les réponses de ces braves dames par 1,5 et le compte y est : on remplace le boulot qu'on a fait par du boulot qu'on aurait dû faire.

Second type de redressement, largement plus contestable : on compare les réponses des interviewés à des questions sur leur comportement électoral passé (« Pour qui avez-vous voté aux dernières présidentielles/européennes… ? ») aux résultats réels.

Constatant que ce souvenir ne correspond pas à la réalité (comme c'est étonnant) on en déduit, de vague d'enquête en vague d'enquête, des coefficients multiplicateurs, à la hausse ou à la baisse, visant à compenser les sur -ou sous-déclarations. Chez BVA, CSA, Ifop, Ipsos, TNS, chaque équipe de statisticiens a ses petites recettes jalousement gardées pour « corriger scientifiquement » les intentions de vote. Là, évidemment, on peut à tout le moins soupçonner des accumulations de bidouilles aussi complexes que purement théoriques (lire également ici-même
, il y a deux ans).

Troisième réalité : les sociétés d'étude de marché sont des entreprises comme les autres, leur finalité est le profit

Or il se trouve que les sondages politiques ne sont absolument pas rémunérateurs (compter quelques milliers d'euros pour insérer une question dans une enquête). Leur mise en oeuvre par les instituts d'étude procède d'une stratégie de communication - notoriété, image - auprès de leurs vrais clients (les fabricants de biens de consommation) et auprès du grand public, pour faciliter leurs futures enquêtes : une danseuse, en quelque sorte.

Dès lors, les possibilités de « pression » du personnel politique sur les instituts de sondages sont très virtuelles. Et puis prenons un exemple concret : que peut bien attendre une Laurence Parisot, patronne de l'Ifop, d'un Nicolas Sarkozy ? Rien, elle a déjà tout obtenu comme leader du Medef. Et quand bien même : pourrait-on imaginer un instant qu'elle « recommande » à ses statisticiens tel ou tel résultat sans que cela finisse par se savoir ?

Quatrième réalité : abstraction faite des « redressements » opérés par les Docteur Folamour du questionnaire, les sondages reflètent-ils vraiment l'opinion ?

J'ai tendance à croire que non. On demande aux sondés d'exprimer une « intention de vote » sous la forme d'un choix exclusif : Bayrou ou Cohn-Bendit, fromage ou dessert. Or la réalité, en ces temps de « dépolitisation », c'est que jusqu'au moment de mettre un bulletin dans l'urne, la plupart des électeurs ne sont pas en mesure d'exprimer un choix définitif (« Bayrou sinon rien ») mais un choix relatif.

C'est cette hiérarchie des préférences que l'on devrait mesurer, non une « intention de vote » pour untel à l'exclusion de tout autre, promesse qui n'engage que le sondeur. Dès lors les résultats seraient toujours exprimés en termes de classement - mais ce classement serait la moyenne des préférences exprimées par les individus, non la comparaison de pourcentages de « choix ».

Évidemment, un tel changement de méthode générerait des résultats qui bousculeraient le ronron de tous les Pierre Giacometti de France et de Navarre, et surtout des coûts qu'aucun institut ne serait prêt à prendre en charge compte tenu de la faible solvabilité du marché (politiques, médias).

Last but not least : on ne mesurerait plus d'« intentions », dès lors s'évanouirait la prétention implicite de ces enquêtes à « prévoir » les résultats, quoi qu'on en dise explicitement (« ce n'est-qu'un-reflet-de-l'opinion-à-un-instant-t-et-gna-gna-gna ») et, partant, une aura un peu mystérieuse, aux allures scientifiques, propre à faire vendre du papier.

Conclusion : à manipulation, manipulation et demie

Cela étant posé, les sondages politiques constituent-ils une manipulation de l'opinion ? Oui, au sens le plus strict - des « redressements » donnant des chiffres qui, statistiquement, sont loin de refléter les hiérarchies réelles, en tout cas pour les « petites » offres politiques - et encore oui, au sens le plus large, dans la mesure où cette activité participe du bruit médiatique qu'on désigne sous le nom de « campagne électorale ».

Et alors ? Pour le prix que les médias et les politiques sont prêts à payer pour de telles informations - quasiment rien - il ne faut pas s'attendre à ce que les instituts bousculent des dizaines d'années de routine méthodologique. Dès lors à l'imposture que constitue la prétention de quelques chiffres à refléter l'« opinion » répond celle de politiques qui leur accordent ou non publiquement du crédit en fonction de leurs intérêts du moment.

Celui de François Bayrou, à ce jour, est de se poser en Savonarole victime d'un complot de « puissants ». Il ne s'agit de rien d'autre que d'une posture et, en définitive, d'une autre manipulation de l'opinion.

Retrouver Riwall Ferry
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Portrait de Pascal_Cuxac

De Pascal_Cuxac

mathématicien | 02H55 | 05/06/2009 | Permalien

Je suis content de pouvoir échanger avec une personne comptabilisant 25 ans d'expérience ; je vais donc reprendre vos points :

1 – Pour cette marge d'erreur de 2,8, il me semble que vous prenez en considération le sous échantillon de 500 personnes en faisant référence à un intervalle de confiance de 95% ( ? ) Les écolo de Cohn-Bendit accuserait une marge d'erreur de 3.06%. Ne faites pas l'erreur classique de dire que : puisque Cohn-Bendit a un résultat variant à 95% entre 10.44% et 16.56% ; son score plancher peut être battu pas Bayrou. C'est bien vrai, pour autant d'étudier qu'elle est la propension de Bayrou à gagner des voix de Cohn-Bendit. Car on peut aussi imaginer que leurs pertes de voix soit corrélées positivement. Cela se devrait plutôt en terme de calcul de probabilité.

2 – Les calages sur marge que vous présentez sont tout à fait exacts. Mais là où le bât blesse c'est que les instituts n'indiquent jamais quelle est leur composition partisane ! Ce qui laisse donc possible tout type de manipulation.

3 – Bien au contraire, je dirais que les sondages sont très rémunérateurs ! Le dernier exemple concerne OpinionWay dont on dit qu'elle offrirait des sondages gratuits à TF1 pour ces votes aux européennes. Il faut croire que cela leur fait beaucoup de publicité. Mais les choses ne se passent pas forcément comme vous le voyez car aucune société n'est insensible au fait de fidéliser ses clients. De connivence avec un institut, un client peut très bien proposer une série de questions en « test » sur une centaine de personnes et par suites supprimer de l'enquête les questions non favorables. Ces questions supprimées seraient donc omises de la notice remise à la Commission des sondages. En sus, on se rend compte que pour bon nombre de question, la formulation est toujours orientée ; autrement dit, il y a souvent des questions qui contiennent déjà la réponse. Par exemple, quand des instituts demandaient ce genre de question : « Ségolène a-t-elle bien agit en s'excusant au nom de la France pour des propos tenus par Sarkozy sachant qu'elle n'a pas de pouvoir ? » Il se trouve que Ségolène ne s'est pas excusée au nom de la France, elle n'a pas cité explicitement Sarkozy et elle n'est pas dénuée de pouvoir en sa qualité de Présidente de la région Poitou-Charente. Donc, on se rend bien compte que les manipulations sont légions dans la simple formulation des questions.

4 – Si les sondages ne sont qu'une photographie à un moment donné et non une prédiction, cela n'aura échappé à personne que la majorité UMP s'est bien servi des résultats d'OpinionWay (en particulier) pour justifier ses actions.

Au surplus, j'ai aussi un blog qui dénonce régulièrement ces manipulations : http://www.lepost.fr/perso/pascal-cuxac/

Portrait de ALLAIN JULES C@MMUNICATION

à Pascal_Cuxac Portrait de Pascal_Cuxac De ALLAIN JULES C@MMUNICATION

08H24 | 05/06/2009 | Permalien

Excellente démonstration mais, ces gens interrogent les « qui » ? Hareo sur cette escroquerie et Bayrou a raison.

Il y a une grosse manipulation sur ces choses.

http://allainjulesblog.blogspot.com/

Portrait de Pascal_Cuxac

à ALLAIN JULES C@MMUNICATION Portrait de ALLAIN JULES C@MMUNICATION De Pascal_Cuxac

mathématicien | 19H29 | 05/06/2009 | Permalien

Effectivement, il faut savoir que les sondages par téléphone et internet introduisent un très grand biais. Imaginez vous que seul 70% de la population a un raccordement de téléphone fixe et 60 % a une connexion internet.
Les personnes sans raccordement fixes accusent en général des difficultés financières et celles sans internet accusent en sus des manques d'aisance avec l'outil informatique. Imaginons toutes ces personnes ignorées du monde rural…
Mais dans le cas Bayrou, je souscris vers le point du vue de Riwal Ferry, auteur du présent article ; Bayrou veut simplement paraître pour une victime. Autrement ce ne serait pas rendre service à la démocratie que de taire/reporter des dysfonctionnement constatés

Portrait de Riwal Ferry

à Pascal_Cuxac Portrait de Pascal_Cuxac De Riwal Ferry (auteur)

Blogueur | 08H25 | 05/06/2009 | Permalien

Effectivement, j'ai applique la fameuse formule d'intervalle de confiance a 95%, mais au score de Bayrou. Ca donne 13.8 dans la fourchette haute, donc a tous les coups un « overlap » avec Bendit, non ?

Portrait de Animateur

à Riwal Ferry Portrait de Riwal Ferry De Animateur

Fondateur du Comité de Résistance C... | 16H01 | 05/06/2009 | Permalien

Le meilleur sondage reste le vote (bien que vu l'abstention il ne sera sans doute pas significatif). Pour découvrir les résultats en premier dimanche : http://leblogmds.canalblog.com/ !

A+

Portrait de Pascal_Cuxac

à Riwal Ferry Portrait de Riwal Ferry De Pascal_Cuxac

mathématicien | 19H43 | 05/06/2009 | Permalien

oui et non ; disons que la réponse serait plus simple s'il n'y avait que 2 candidats, en l'occurrence pour certains votes de 2e tour.
Car il faudrait voir aussi la corrélation entre les 2 candidats.
Typiquement, il y a l'exemple qui est survenu hier, où ces 2 candidats (Bayrou & Cohn-Bendit) s'étripaient sur le plateau télé de « A vous de juger ». Il n'est pas exclu que les 2 gagnent simultanément quelques voix aux yeux des électeurs indécis qui les auraient jugés actifs ou qu'ils perdent simultanément des voix aux yeux des électeurs qui n'auraient pas apprécié leurs interventions pas très « responsables ». Ce sont deux cas de figures aux corrélations positives.
Merci pour ce débat en tout cas !

Portrait de Riwal Ferry

à Pascal_Cuxac Portrait de Pascal_Cuxac De Riwal Ferry (auteur)

Blogueur | 13H57 | 06/06/2009 | Permalien

De rien !
La seule chose certaine, c'est que les deux candidats sont, comme on dit, dans un mouchoir, toutes choses égales par ailleurs, c'est-à-dire dans le contexte de questionnaires qui simulent la certitude d'un choix, et d'un traitement de données lors duquel les statisticiens « passent des coefficients » dans tous les sens.
C'est d'ailleurs pourquoi je ne crois pas à une « manipulation » des données a posteriori, c'est-à-dire, comme certains l'ont suggéré, des « boosts » passés sur certains candidats afin de leur complaire : ça serait beaucoupo trop compliqué à gérer, surtout d'une vague à l'autre, d'autant que ça viendrait en sus de tous les redressements déjà en place - et automatisés, à n'en pas douter… « Euh, on a dit qu'on lui mettait combien, déjà, à celui( celle)-là ? - Ouah, j'sais p'us, à force… ». Si manipulation il y a, elle est dans la formulation des questions.

Amicalement

Portrait de Pascal_Cuxac

à Riwal Ferry Portrait de Riwal Ferry De Pascal_Cuxac

mathématicien | 21H33 | 06/06/2009 | Permalien

Très cher,
Ce n'est pas parce qu'un vendeur de poisson se targue d'avoir vendu du frais que tout son stock l'est aussi. Donc, il ne faudrait pas se focaliser sur les enquêtes similaires dont les instituts savent qu'elles feront l'objet de comparaison, mais plutôt sur les enquêtes spécifiques. D'ailleurs, je réitère mon invitation à consulter cet article qui te sera largement accessible au vu de ta profession :
http://www.lepost.fr/article/2009/04/21/1505114_sondages-bidons-d-opinio…
Amicalement

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 06H27 | 05/06/2009 | Permalien

Cinquième réalité : la couleur politique de ceux qui possèdent ou dirigent les instituts de sondage

Exemple célèbre : Mme Parisot et l'IFOP (NB : Mme Parisot possède 75% de l'IFOP). Les « redressements » doivent y être joyeux !

D'ailleurs, à propos de résultats « redressés », chiche que les instituts de sondage nous donnent chaque fois, aussi, les chiffres bruts.

Celui des véritables chiffres de l'abstention aux prochaines européennes par exemple. Il est étonnant que toutes les enquêtes indiquent un pourcentage inférieur à 60%, alors que les commentaires les plus autorisés finissent presque tous par évoquer un dépassement de ce seuil critique.

En réalité, les sondages sont devenus bien trop cruciaux et déterminants en période électorale pour qu'on nous fasse croire que personne ne cherche à en manipuler les résultats. Le site de Pascal Cuxac est d'ailleurs éclairant sur le sujet. Rappelez-vous le cas de ce sondage favorable à Ségolène Royal lors des présidentielles, et que son commanditaire n'avait pas jugé bon de publier !

Portrait de heleor

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De heleor

artiste | 07H39 | 05/06/2009 | Permalien

C'est clair,
En France, l'UMP ET LE PS se disputent depuis 50 le fauteuil du Chef, on dirais des enfants dans la cours d'une récréation, par contre quand il s'agit de voter au parlement européen ils votent ensemble la plus part des lois.
Cherchez l'erreur.

BAYROU a raison

Portrait de Pascal_Cuxac

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Pascal_Cuxac

mathématicien | 19H51 | 05/06/2009 | Permalien

Et dans l'exemple que j'ai présenté sur Ségolène Royal, J'omettais de mentionner (pour raccourcir) que ces sondages sur l'impact de son pardon à Dakar se trompent de cible (à mon sens).
Car la déclaration de Nicolas Sarkozy a été très mal accueilli unanimement dans toute l'Afrique. Et Puisque Ségolène Royal a (à juste titre) choisi de s'adresser à nouveau à eux, je ne voyais pas trop la pertinence de demander (uniquement) l'avis des français sur cet épisode ; car ils n'ont pas subit la (prétendue) offense et n'étaient pour la plus part même pas au courant car la presse française n'en n'avait quasiment pas parlé.

Portrait de Un compte supprime

De Un compte supprime

nc | 06H39 | 05/06/2009 | Permalien

« faut voir à voir, on verra bien ce qu'on verra, mais pour moi c'est tout vu, et vous allez voir ce que vous allez voir. » Bravo, c'est bien dit.

Portrait de stephanemot

De stephanemot

Author & Chief AtoZ Officer | 08H02 | 05/06/2009 | Permalien

Le plus important dans un sondage est de savoir qui l'a commande. L'observateur averti opere alors le redressement qui s'impose suivant la technique dite du doigt mouille.

Face a de telles armes de desinformation massive, le pauvre Bayrou risque de se retrouver fort marri, dans la position dite du doigt dans le

http://blogules.blogspot.com/2009/04/abus-de-pouvoir-francois-bayou-gros…

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 08H05 | 05/06/2009 | Permalien

Tout le monde semble vouloir oublier que le seul sondage valable est le scrutin. Notre fétichisation des sondages est l'irritante manifestation de notre aspiration à vouloir anticiper les résultats du vote. Ce qui, à suivre cette logique démocratiquement perverse, devrait nous amener à considérer que, des sondages ou du vote, l'un des deux est inutile et redondant. On parle régulièrement de résultat des sondages, or il n'en est tout simplement rien. Dans le meilleur des cas, un sondage est une estimation. Dans le processus démocratique, le seul résultat pertinent est celui du vote.

Cette perversion de la pensée mène immanquablement à une perversion du débat politique, qu'illustre finalement très bien l'article. Le débat sur les résultats putatifs de sondages n'a (selon moi, du moins) rigoureusement aucun intérêt. Ce qui est intéressant, dans le débat politique, c'est la comparaison des programmes, des orientations, des choix proposés. Or le babil imbécile sur les sondages (que ce soit pour les élections européennes ou n'importe quel autre scrutin) ne contribue pas peu à obscurcir les enjeux politiques qui s'offrent aux citoyens.

Revivifier la démocratie, ça passe sans doute aussi par se concentrer à nouveau sur la réalité des débats.

Portrait de Lugi

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Lugi

09H42 | 05/06/2009 | Permalien

Le sondage, part intégrante du débat politique ?
Cela dépend de la philosophie derrière le vote. Dans une optique de vote utile les sondages deviennent le principal critère d'utilité du vote.
J'aurais tendance à être d'accord avec vous, étant donné mes positions sur le vote utile (inefficace mais surtout dangereux).

Mais on ne peut pas faire abstraction du fait qu'une frange de la population accorde de la crédibilité à un candidat, consciemment ou inconsciemment, pour la quantité d'intention de vote que les sondages lui apporte.

Bref. Les « calculs » électoraux ont pris une place primordiale dans les débats politique. Cf Benoît Hamon qui sur bakchich.tv soutenait qu'il fallait voter PS car seul le PSE peut obtenir la majorité à gauche au parlement européen, au détriment du PPE. Je cite Hamon, mais lui à la décence d'accoler des vrais arguments à cette vaste flibusterie qu'est l'appel au vote utile.
J'aurais pu être plus cruel et citer des militants qui m'ont bassiné et re-bassiné (sans doute dans l'espoir de me rendre sourd ou de noyer mes méninges) que SR est la seule alternative possible à Sarkozy en 2012.
Avoir l'œil rivé sur les sondages, c'est dans la droite ligne de cette pensée.

Par ailleurs. Les sondages, c'est aussi un peu comme les pronostics sportifs (aux prochaines échéances, j'organiserais des paris sur mon lieu de travail, tiens ! ). Ca permet de combler le vide. Et Moi sais que les journalistes ont horreur du vite (<- non là sur ce coup là je dis vraiment n'importe quoi).

Tout ça pour dire.
Je suis (une fois de plus) d'accord avec Thierry Reboud. Les sondage se sont substitué au débat politique. J'ajouterais que c'est une conséquence de la perversion de la pensée politique moins que la cause.

Portrait de kawouede

De kawouede

08H47 | 05/06/2009 | Permalien

Personnellement je choisis Cohn Bendit, mais en fait c'est Europe Ecologie qui m'a plu. Et je me sens plus proche des positions de Bové - ou, mieux, de la secrétaire des Verts Cécile Duflot.

Bayrou est pitoyable et il s'est planté d'élection. J'espère que les militants / sympathisants sincères du Modem (il y en a) rejoindront bientôt leurs familles politiques : social-démocrate ou écologiste.

Sur tous les enjeux, le vote du 7 juin sera important, ce serait tomber dans le piège de l'UMP (qui n'a pas fait campagne) et de Sarkozy, mais aussi des technocrates de Bruxelles, de ne pas aller voter !

Portrait de le_bienheureux

De le_bienheureux

09H06 | 05/06/2009 | Permalien

Avant, on regardait le vol des oiseaux pour voir l'avenir. Maintenant on a les sondages…
Méthodes différentes mais résultats identiques !

Portrait de zénon denon 84

à le_bienheureux Portrait de le_bienheureux De zénon denon 84

Bonne | 10H31 | 05/06/2009 | Permalien

Vous avez déja vu des oiseaux se tromper
de route …ça m'étonnerait bcp ! ! !
Donc la fiabilité totale est pour nos » cousins volatiles « 
par pour ces marchands de “conneries ‘
que sont les sondages .Et ceux qui les font.

Attendez un instant je vais vous sonder …le fond .
Grotesque _mercantiles _propos .

Portrait de Itaki

à le_bienheureux Portrait de le_bienheureux De Itaki

OnTheAirTonignt | 11H44 | 05/06/2009 | Permalien

On a beaucoup critiqué les oiseaux… à tort : -)

Portrait de franck_logos

De franck_logos

homme libre toujours tu cheriras l'... | 09H32 | 05/06/2009 | Permalien

Et si les résultats de sondages étaient précédés de mentions explicatives, d'avertissements ?
« Attention l'abus de sondage nuit à la démocratie »… ou « Sondage sans garantie d'impartialité » ou encore « Le gouvernement recommande l'exercice quotidien de l'esprit critique »…

On peut rêver , non ?

Portrait de luce caggini

De luce caggini

réalisatrice d' art | 11H09 | 05/06/2009 | Permalien

« raflure de fond de bidet » ça, c'est ce qui appartient au langage ambiant d'un Cohn-Bendit qui a perdu la mémoire et refermé sa braguette devant les petits garçons.

Au -delà des mots , les hommes, leur passé, leurs taches. Et l'on trouve un F.Bayrou transparent . Pas de taches,pas de mystère, rien , ligne de conduite irréprochable.
Miracle ! ! Tous les chatouilleux de la bonne conscience réunis autour de François Bayrou sont écoeurés !
Moi, je suis écoeurée par un X.Bertrand mou et suffisant
un Cohn-Bendit bouffi et prétentieux qui devrait se cacher Moi, je suis écœurée par « le mensonge d'état » d » un Sakozy si fort à manipuler les vérités , écœurée par un Xavier Bertrand serein face à ses mensonges , la laisse autour du cou,la graisse tranquille ,dégout de ce représentant qui attend la pâtée de son maitre .
écœuréepar un Morin que j « ai moi -même vu et entendu un 7 Mars de campagne présidentielle à Bourges vendre comme un marchand d'aspirateurs la candidature de F.Bayrou qu “ il plaçait au dessus de la mêlée et l ‘ on connait la suite de ce ministre va-en-guerre. !

Portrait de Mohamed

De Mohamed

13H59 | 05/06/2009 | Permalien

La description de la technicité des sondages est intéressante mais dans le cas d'espèces Bayrou a un argumentaire relativement puéril d'un perdant qui essaye de se raccrocher aux branches ce qui a été une constante de son parcours politique !
Je plains les JF Kaahn, Benhamias et Lepage qui vont être obligés d'avaler une couleuvre grosse comme ce génial looser qu'est Bayrou !
Comme tous les faibles il nous a fait sa crise ! Heureusement, il y aura toujours une jument pour le réconforter après le 7 juin !

Portrait de Pascal_Cuxac

à Mohamed Portrait de Mohamed De Pascal_Cuxac

mathématicien | 19H54 | 05/06/2009 | Permalien

son échec à l'élection municipale de Pau malgré toute sa notoriété aurait dû lui faire réfléchir un peu plus…

Portrait de franc parleur

De franc parleur

anarchieevangelique.wordpress.com | 14H42 | 05/06/2009 | Permalien

Bayrou abuse du pouvoir comme les autres, comme nous le ferions pour la plupart à sa place.

Imposture ? Quelle évidence !
Et l'on s'apprête à la reconduire…

http://anarchieevangelique.wordpress.com/2009/05/10/le-mensonge-democrat…

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