
Européennes : qui seront les gagnants et les perdants ?
Bayrou rattrapé par Cohn-Bendit, Besancenot par Mélenchon… A trois jours du scrutin, petite revue prudente des évolutions.

A peine commencée, presque terminée, la campagne des européennes ne laissera probablement pas une grande empreinte sur l'histoire politique de ce pays. Pourtant, il y aura dimanche soir des gagnants et des perdants, ce qui déterminera les trajectoires des uns et des autres en vue des prochaines échéances. A quelques jours des élections, sondages et ambiances des meetings laissent entrevoir quelques évolutions. Petite revue prudente.
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François Bayrou relégué en quatrième position ?
Selon un sondage TNS Sofres pour le Monde, les listes Europe Ecologie menées par Daniel Cohn-Bendit auraient dépassé, dans les intentions de vote, celles du Mouvement démocrate (13,5% contre 11%). Pourquoi ce décrochage ? François Bayrou « s'est trompé d'élection », répondent ses concurrents : il n'a cessé de penser à son ambition personnelle, et a oublié de parler de l'Europe. Bayrou s'est positionné sur l'antisarkozysme virulent, mais cela n'a visiblement pas suffi à galvaniser les électeurs.
Le sondage de la Sofres a mis Bayrou en colère. Il dénonce un « nouveau coup sondagier » (une allusion à la campagne présidentielle, lorsqu'il s'était dégonflé dans les pronostics à partir de février 2007). Le leader du Mouvement démocrate en a perdu son sang froid, jeudi. Dans une émission de France2 « A vous de juger », il a échangé quelques noms d'oiseaux avec Daniel Cohn-Bendit, allant jusqu'à accuser ce dernier d'avoir, par le passé, « justifié » des actes pédophiles (sur cette rance polémique, lire cet article de Libération). Daniel Cohn Bendit venait de le traiter de « minable » (Voir la vidéo).
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Europe écologie : une campagne joyeuse, un mirage « bobo » ?
Avec un tel sondage, Daniel Cohn-Bendit et ses deux nouveaux amis (José Bové et Eva Joly) sont évidemment sur un nuage. Terminer au troisième rang était encore inespéré il y a deux semaines.
Les médias adorent la liste qu'ils ont constituée avec les Verts (qui, eux, se sont faits discrets). Ils organisent des meetings festifs, et ont l'air de s'amuser. Qu'une telle mayonnaise prenne, entre des personnalités aux idéologies aussi diverses, n'allait pas de soi.
Le risque, pour Europe Ecologie, c'est que cette belle dynamique soit un de ces mirages politiques que l'on a déjà croisés par le passé : lorsque médias et sondeurs favorisent -consciemment ou inconsciemment- le résultat dont ils rêvent dans leur for intérieur. Ce fut le mirage Balladur en 1995, le mirage Jospin en 2002, le mirage du « oui » en 2005… Mais à chaque fois, les électeurs ont finalement boudé ceux qui étaient présentés comme des champions avant le scrutin.
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Le NPA concurrencé par le Front de gauche
Avant la campagne, beaucoup promettaient au parti de Besancenot un joli carton : les européennes, qui n'ont pas les mêmes enjeux de pouvoir que les autres élections, favorisent traditionnellement les votes protestataires. Et la crise économique est porteuse pour les idées radicales. Quelle meilleures listes que celles du NPA pour adresser un message musclé tant à Nicolas Sarkozy qu'au PS ?
Si l'on en croit les sondages (et c'est un gros « si », compte tenu des incertitudes sur le taux de participation), le NPA n'a pas percé dans l'opinion autant qu'il pouvait l'espérer. Il subit la concurrence du Front de gauche : ils sont donnés coude à coude, autour de 6 ou 7%.
Le Front de gauche, conduit par le sénateur Jean-Luc Mélenchon et englobant le PCF, semble avoir plutôt réussi sa campagne, même s'il n'a pas vraiment de programme européen. Il s'est appuyé sur des militants aguerris, communistes ou syndicalistes. Et semble séduire des « déçus du PS », qui n'apprécient ni le côté bobo des listes d'Europe Ecologie, ni l'ADN troskyste du NPA.
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L'UMP sauve les apparences
Aux dernières européennes, en 2004, l'UMP avait fait un mauvais score, avec 16,6% des voix. Mais elle devait alors compter avec la rivalité de son allié UDF, qui présentait ses propres listes. Cette fois, Nicolas Sarkozy a veillé à ligotter le Nouveau centre pour qu'il ne s'engage pas dans la course.
Sans la concurrence de ses alliés centristes, l'UMP fera cette fois le plein des voix de la droite pro-européenne. Les sondages l'annoncent donc en tête, avec une avance confortable (27% selon Sofres).
Chaque membre du gouvernement a été mobilisé dans la campagne, avec pour consigne de répéter deux messages, un simple et un simpliste :
- Quand les politiques s'impliquent, l'Europe marche mieux, d'ailleurs la présidence française a été un succès
- Non aux Turcs dans l'Europe
Mais à l'heure des comptes, dimanche soir, la gauche aura beau jeu d'additionner toutes les voix qui se sont détournées des listes du parti de la majorité présidentielle. Près des trois quarts des intentions de votes devraient en effet aller vers des formations hostiles à Nicolas Sarkozy…
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Le PS : coincé au fond du trou ?
Malgré leurs efforts, les socialistes n'ont pas retrouvé le ressort qui leur fait défaut depuis 2002. Faute de leader et de message « audible ». Qui sait par exemple, malgré le meeting de Toulouse, que les partis socialistes européens sont parvenus à se mettre d'accord sur un programme commun ? Même cette avancée na pu être valorisée.
Peut-être, en France, à cause de l'absorption dans la direction d'anciens nonistes, qui étaient justement hostiles à ce programme commun lors du congrès de Reims…
Les socialistes ont l'oeil rivé sur la barre de 20%. Au dessus, ils auront limité la casse. En dessous, ils vivront une nouvelle catastrophe. Aubry ne semble guère optimiste : « Quoi qu'il arrive je continuerai d'avancer », a-t-elle déclaré au journal Libération, dans une interview publiée jeudi matin.
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Le Front national : gare à la surprise
Les européennes ont, par le passé, joué un rôle de tremplin pour le parti de Jean-Marie Le Pen. En 1984, il avait engrangé près de 11% des voix, révélant subitement sa puissance dans le jeu politique français.
Mais cette fois, le vieux leader d'extrême droite semble avoir du mal à remplir les salles de meetings. Dernier exemple en date, le meeting de Nice, mercredi. Le sondage Sofres le donne à 4% des intentions de vote, contre 9,8% des voix en 2004.
L'idée que les médias relayent est donc que le FN se serait effondré, son électorat ayant été siphonné par l'habile Nicolas Sarkozy, qui chasse sur ses terres sécuritaires.
Pourtant, personne ne peut faire de pronostic fiable au sujet du FN pour une raison simple : il est impossible de sonder des électeurs qui ont honte d'afficher leurs opinions.
Pas étonnant, dès lors, que les sondeurs se contredisent. Ainsi, selon un sondage BVA pour la presse régionale
le FN serait à plus de 8% des intentions de vote
dans plusieurs régions. Une surprise n'est donc pas à exclure, surtout dans les rangs de la Sofres.

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De I.P
Flat4 | 19H09 | 04/06/2009 |
Les gagnants je n'en sais rien, par contre les perdants sont tout trouvés : nous sommes à peu près 60 millions dans cette catégorie.
De Pictulo
19H33 | 04/06/2009 |
Joly, Cohn-Bendit et Bové vus comme des enseignes bobos, il y a comme un glissement je pense. Ces personnages ont, chacun dans leur domaine, montré suffisamment d'opiniâtreté et de constance pour, au moins, mériter un coup de chapeau.
Et puis, cette vieille antienne des bobos, à force ça devient un peu lassant. C'est quoi, les bobos ? On peut tout fourguer facilement dans cette grande enveloppe, non ? Mon beau-frère, qui roule en 4x4 mais ne mange que bio, il est bobo ? Et sa cousine, qui n'a pas de voiture mais bouffe chez Mc Do, elle est bobo ? L'altermondialiste chevelu du 8ème qui adore la mode, bobo ou pas bobo ? Et sa tante, naturiste ardéchoise et fan de Nouvelle Star ? Ce grand fourre-tout me semble un vocable tout désigné pour s'éviter des complications. On dit « bobo », ça sonne « pourri-caca », mais personne ne sait de qui on parle.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 19H39 | 04/06/2009 |
« ( Bayrou) a échangé quelques noms d'oiseaux avec Daniel Cohn-Bendit, allant jusqu'à accuser ce dernier d'avoir, par le passé, “ justifié ” des actes pédophiles »
J'aime pas ( trad : plus depuis longtemps) Cohn-Bendit , mais cette attaque, c'est vraiment du minable de chez minable .
Si cette élection permet enfin de montrer qui est Bayrou le truqueur et quelle est sa personnalité réelle , ce ne sera pas grand chose, mais ce sera déjà ça …
De benoitt
Marié - 1 enfant | 19H51 | 04/06/2009 |
Pourquoi le front de gauche n'a pas de programme européen ? C'est une farce ?
D'abords, on a des sortants qui ont très bien bossé au sein de la GUE dont le travail est reconnu même par les opposant.
Moi ça me saoule les gens qui parlent comme ça… à la volée… contre toute vérité. Ca me gave.
Alors voilà des liens :
http://www.european-left.org/fileadmin/downloads/Electoral_Platform/Plat…
http://www.frontdegauche.eu/index.php ? option=com_content&view=section&la…
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 20H20 | 04/06/2009 |
« Européennes : qui seront les gagnants et les perdants ? »
Tres bonne question Monsieur Riché !
Puis j'aime ; « Petite revue prudente. »
Et c'est où ça se gatte ; « Selon un sondage TNS Sofres pour le Monde, les listes Europe Ecologie menées par Daniel Cohn-Bendit auraient dépassé, dans les intentions de vote, »….
Alors voilà Monsieur Riché ce que j'ai à en dire de ces sondages, puisqu'il parait que sur votre site, on peut exprimer toutes les convictions.
Hypocrites, salauds, vendus, que d'adjectifs qualificatifs pourrions-nous utiliser pour morigèner contre tous les partis institutionnels qui psalmodient quotidiennement leur credo, pour cette élection européenne primordiale en importance, mais rejetée et refoulée au pied, par le peuple désabusé désintéressé par cette Europe qui leur est proposée et si mal expliquée.
Alors pour mieux les décourager ces peuples, ces populations, des organismes (à intérêts tout ce qu'il y a de plus capitalistique), mot barbare qui de lui-même réuni toutes les haines et fantasme sur son nom : Ils ont investi dans le cénacle de la propagande, l'importance primordiale des instituts de sondage.
Parlons-en !
Tous les acteurs de la vie civile et politique ne sont-ils pas de mèche ?
N'est-ce pas Mesdames et Messieurs les médias ?
Dès lors du quel est votre intérêt, quel péril craignez-vous ?
Les instituts de sondage !
Qui peux dire, prouver, quels que soient leurs artifices et fourchette, qu'ils sont fiables, et dignes de foi.
Mais qu'ils influent cyniquement, sans vergogne, (les dés étant pipés) sur les résultats et le déplacement des électeurs, ne fait guère de doute.
Déjà lors du référendum sur le traité européen, en 2005, le Blogueur hébergé sur le Post. Fr, Guy Birenbaum se posait la question, puis en 2008 ;
http://www.lepost.fr/article/2008/03/28/1173394_sarkostyle-le-tres-gros-…
Et plus récemment ;
http://www.streetreporters.net/views/2327-tf1-les-sondages
Il faut savoir par exemple que le CSA, le premier institut français indépendant, est un groupe indépendant détenu par les actionnaires fondateurs (56%) et par le groupe Bolloré (44%).
Les associés-fondateurs, Mme Claude SUQUET, Présidente, M. Roland CAYROL et M. Claude THARREAU, siègent au conseil de surveillance de la société de tête du groupe CSA, ainsi que deux représentants du groupe Bolloré, MM. Gilles ALIX et Xavier SUSPERREGUI.
J'adore ce genre d'écrit lu il y a quelques temps !
« Sondage réalisé par téléphone les 14 et 15 novembre sur un échantillon de 959 personnes âgées de 18 ans et plus, sélectionnées selon la méthode des quotas. »
Puis sur le site de CSA explicatif :
Les études en ligne auprès de cibles spécialisées.
Le département Internet de CSA conduit régulièrement des études auprès de populations spontanément connectées à l'Internet :
* salariés d'une même entreprise,
* professionnels majoritairement connectés à Internet
o cadres supérieurs,
o professions libérales,
o médecins,
o etc.
Cayrol c'est ça aussi : Haro sur Bourdieu et vive le printemps !
Alain Thorens
Publié le vendredi 22 avril 2005 sur les sondages au sujet du référendum sur le traité européen
source Acrimed ; http://www.acrimed.org/article1997.html
« […] Ce qui me met hors de moi, franchement, c'est le »« les sondages nous trompent », c'est le coup de la manip. On vit dans un monde où il faut décidément aller révéler sans arrêt derrière le véritable chef d'orchestre clandestin. Le Pen nous fait ça sans arrêt, Bourdieu nous l'a fait en sociologie. On va révéler les vraies forces qui sont derrière les choses… »
Inutile de revenir sur sa présence constante Sur France 5, « C'dans l'air »…et réservé aux « experts »
Un Maître quoi, comme le suggère Guy Birenbeaum.
De Colas Géranton
étudiant | 20H24 | 04/06/2009 |
Et ces sondages, que donnent-ils en terme de siège ? Parce que c'est ça qui est intéressant !
Avec un petit calcul, en fonction du sondage détaillé région par région sur le site du Figaro :
- 6 sièges NPA/PCF/PdG
- 28 sièges PS/EE
- 8 sièges Modem
- 24 sièges UMP/NC
- 6 sièges FN/MPF/CPNT
On pourrait donc dire que les sondages donnent la « gauche » vainqueur, non ?
De XL64
Technicien D.A.O. (Bureau d'étude) | 21H07 | 04/06/2009 |
Il est clair que les concurrences seront nombreuses dimanche, mais la voie des urnes est la seule qui fera la différence.
Les différents sondages n'ont aucune valeurs. Aujourd'hui, la concurrence est forte entre les différents partis (conf. émission « A vous de juger » France 2) il y a forcément un parti ou les gens se retrouveront.
L'UMP joue la carte de la passivité face au PS afin de ne pas risquer de perdre trop de voix et pour ne pas instaurer un débat alors que l'ensemble des sondages donne le parti majoritaire avec une large avance.
En ce qui concerne l'attaque que François Bayrou à effectué contre Daniel Cohn-Bendit il me semble que c'était suite à une réplique de ce dernier du type « tu es un minable tu ne seras jamais président de la république ». Cette bassesse a empêché l'intégration d'un vrai débat dans cet échange malgré des programmes intéressants et de vrai propositions au niveau des programmes.
Pour les autres partis il faudra faire attention à l'abstention, c'est elle qui pourrais faire émerger des partis que les gens ne désirent pas forcément (conf. élection présidentielles 2001).
De bidonleon
baltringue | 22H43 | 04/06/2009 |
Je ne sais qui va gagner mais il y en a un qui a perdu et son sang froid, et sa crédibilité, et ma sympathie (qui n'était pas des plus virulentes…), c'est Bayrou. Ce qu'il a fait et dit est totalement indigne d'un présidentiable.
De Ishtar
23H47 | 04/06/2009 |
Cohn-Bendit et Bayrou s'invectivent mutuellement.Le premier commence en disant : « tu ne seras jamais président » na !
Bayrou lui renvoie l'accusation de pédophilie.
Ca ne vole pas haut ni pour l'un ni pour l'autre ; le sujet n'y a rien gagné.
Seront-ils les deux premiers perdants à cause de leur sketch ? Certes ils donnent une image pitoyable du politique.Si leur délires personnels s'affichent ainsi à l'écran,c'est au détriment de l'intérêt général ; les Français seront peu nombreux à se déplacer aux urnes et les candidats le déplorent.
Le grand perdant à la suite d'échanges de ce type sera la participation.
De nono le simplet
gardien de phare en intérim | 05H20 | 05/06/2009 |
si l'on se base sur les derniers sondages , la soirée des résultats est bouclée , pas la peine de regarder .
Tout le monde va déplorer la faible participation.
L'UMP avec 26-27 % va triompher comme premier parti de France .
Le PS avec 20-21 % va sauver les meubles.
Les Ecologistes avec 13-14 % vont être ravis .
Le Modem avec 10-11 % va justifier son score et dire que c'est pas mal au vu de la campagne contre eux .
Veritas , PG , NPA avec + de 5 % vont être soulagés par le remboursement des frais de campagne.
Les autres dont le FN à - de 5 % vont pleurer .
Je vais quand même regarder , en espérant que tous ceux qui n'ont pas voté s'abstiennent ce dimanche soir d'allumer leur télé et s'abstiennent aussi de faire des commentaires dans la Rue … Ce serait pour moi le plus intolérable …
Refuser de participer à un vote c'est aussi en accepter silencieusement les résultats . Par contre je respecte ceux qui votent blanc même si leur voix ne sera ni entendue ni comptabilisée.
De Papycool
graphiste | 05H55 | 05/06/2009 |
Je trouve fabuleux cette campagne européenne. Il ne s'est rien dit, il n'y a rien à dire, il y en a qui ont même trouvé que certains candidat avaient oublié de parler de l'Europe……Et pourtant on à déjà le réponse. « Ce sera votre faute, à vous les électeurs parce que vous ne vous êtes pas déplacé »
L'art de la politique n'est-il pas de faire porter par d'autre son inaptitude et ses incapacités ?