Union européenne: le débat s'est replié sur la Toile

La carte du web européen de Touteleurope.fr

Touteleurope.fr, portail français dédié à l’Union européenne, a lancé la semaine dernière un blog, eToile, consacré à l’actualité européenne sur Internet. L’occasion de faire un état des lieux des euroblogs francophones, et de rappeler la place fondamentale du Web dans le débat sur l’Europe.

Depuis le non au référendum sur le TCE (Traité constitutionnel européen), l’Union ne passionne plus les foules : médiatiquement et politiquement, elle est reléguée au second plan, abordée épisodiquement et la plupart du temps sous l’angle réducteur des enjeux nationaux.

Alors que le cinquantième anniversaire du traité de Rome vient d'être célébré, rares sont les lieux où un débat de fond et sans œillères peut se tenir. Il y a quelques exceptions : elles sont sur Internet.

Lors du référendum de 2005, une pléthore de sites et de blogs consacrés à l’Europe ont vu le jour. Le Web s’est ancré comme acteur majeur du débat sur l’Europe. Pro-oui ou pro-non, les blogs se sont multipliés : ce bourgeonnement a surtout marqué l’appropriation du débat par la société civile .

C’est le cas notamment d'Etienne Chouard : il publie sur son blog un réquisitoire anti-TCE qui fera l’objet d’un véritable emballement sur la toile. Il sera d’ailleurs consacré comme l’un des blogueurs les plus influents de l’année 2005. Cette eurosphère du Net, d’abord principalement occupée par les opposants au TCE, ne s’est pas dispersée après la mise à mort du projet constitutionnel. Aujourd’hui, comme nous l’explique Matthieu Lerondeau, l’un des principaux responsables de Touteleurope.fr, bon nombre de blogs consacrés à l’actualité politique, comme Diner’s room, sont nés pendant la campagne référendaire. Le débat européen s’exprime aujourd’hui très largement sur les blogs : actuellement, plus de 1000 sites et blogs parlent d’Europe.

Si certains des sites les plus actifs sont installés depuis longtemps sur la toile, comme Café Babel, créé en 2001, beaucoup sont issus de cette effervescence de la blogosphère : né le 1er juin 2005 en réaction au rejet français du TCE, le site des Euros du village se veut aujourd’hui un espace d’information et de réflexion sur l’Europe » basé sur l’interactivité avec les internautes. Egalement créé en 2005, le Taurillon rassemble quant à lui les jeunes désireux d’agir en faveur d’une Europe fédérale . Prenant acte de la victoire des nonistes, ces sites, parmi d’autres (comme Publius, Europeus ou encore Euractiv), mettent en avant le décryptage et l’analyse de fond. Expliquer l’Europe pour mieux combattre les idées reçues , résume un blogueur du Taurillon.

Quelques journalistes s’y mettent également : Jean Quatremer avec Les coulisses de Bruxelles, fin 2005, pour donner de la chair » à une Europe mal connue et déconstruire l’ignorance ambiante à son sujet, ou encore Daniel Riot, ancien directeur de la rédaction européenne de France3. Notons enfin la présence d’hommes politiques dans cette blogosphère, comme Pierre Moscovici, vice-président du Parlement européen, et plus récemment VGE.

Dans cet univers dynamique mais éparpillé, difficile de trouver son chemin. Surtout que bon nombre de ces initiatives sont empruntes de partis pris divers, et souvent peu accessibles aux non-initiés. Pour donner une meilleure lisibilité à l’UE sur la toile, des sites institutionnels ont été fondés. Outre le site officiel Europa, la Commission européenne et le gouvernement français ont lancé conjointement le site Touteleurope.fr, en 2006. L’esprit de Touteleurope n’est cependant pas d’être un organe de communication officiel, mais un portail complet, souhaité objectif : le site se veut une passerelle française vers l’actualité européenne, notamment par un travail d’explication, d’information, de veille médiatique et d’observation des analyses d’experts. Un esprit que décrit Matthieu Lerondeau :



Pour compléter sa mission de centralisation des informations, Touteleurope.fr vient de se fendre d’un blog, eToile, dont l’objectif est de se faire l’écho du débat européen sur le Net. Actualité de la Toile européenne, et actualité européenne vue du Web. Plus encore, selon Matthieu Lerondeau, responsable du blog, il s’agit non seulement de relayer le débat, mais aussi de l’encourager à la veille d’échéances importantes . La future ratification d'un traité simplifié, la présidence française du conseil de l’UE au second semestre 2008 ou encore les élections européennes l’année suivante : autant de rendez-vous susceptibles de susciter le débat en ligne et d’amener un nouveau public. Matthieu Lerondeau explique ce qui l'a incité à lancer ce blog :



Surtout, le projet de traité simplifié prévoit le droit à l’initiative citoyenne : une pétition signée par un million d’Européens invitera la Commission à la réflexion sur un sujet, et pourra ainsi être à l’initiative d’un projet de loi.



Bientôt, les eurocitoyens auront donc un rôle nouveau à jouer dans la construction européenne. Le Web en sera sans conteste un pilier. Désormais, les internautes intéressés par l’Europe ont une eToile à suivre, et même une carte pour naviguer dans la galaxie du Web europhile.

Cartographie de la Toile européenne réalisée par Touteleurope.fr


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geubeul1 | edité sur fils2prof.over-blog.com
13H14 16/07/2007

L’occupation du terrain par la frange du patronat pro-européen cache mal la part des anti-européens.

Amener le débat unique sur le terrain de « vous avez mal compris on recommence » jusqu’à l’usure des opposants est une technique bien visible sur la construction européenne.
S’il avait un doute sur le rôle pro-européen des médias. la preuve est faite.
C’est bien triste de constater le mépris de la population et de son avis…. .
Sauf que le front anti-européen n’est pas plus endormi que ça. Et le ras le bol du citoyen bien vrai, tenir ces discours fermés une preuve hélas du manque de recule.

 
geubeul1 | edité sur fils2prof.over-blog.com
16H32 16/07/2007

si on vous définit le dialogue dans un près carré, vous vous fatiguerez dans ce champs borné de la discution.
les médias présentent un angle d’approche sur ces questions ( pour le reste de l’actualité aussi hélas).
la présentation comme « allant de soi » de la nécessité du tce voire même de l’europe à visée impérialiste, permet d’éviter tout dialogue.
Et nous assistons sans aucun réflexe de contestation, à « notre président » passer outre le référendum et éviter un nouveau refus populaire.

http://fils2prof.over-blog.com/article-11355291.html

 
Patrick_C
21H46 16/07/2007

Faisons les compte des nonistes lors des dernières élections françaises (en faisant attention que tous ne se disent pas anti-europpéens): ils représentent combien de voix finalement entre peanuts et peaunuts ? Ils serait temps de dégonfler la baudruche noniste qui n’était qu’un agrégas de problèmes passagés avec un vrai relent de nationalisme/replis sur soit pour une part de cette population. On peut se glorifier d’avoir construit quelque chose, pas d’avoir empécher une construction, on se glorifie d’avoir réussi l’ascension d’une montagne, pas de de s’être laissé glissé le long de la descente de l’aqualand, on peut se glorifier d’avoir ammené des gens opposés à travailler ensemble, pas de se la jouer facile en encourageant leurs rancoeurs passées.

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
23H51 16/07/2007

Dans l’article de Rue89 il est dit que nous aurions perdu tout intérêt pour la question européenne depuis le referendum. Non pas depuis ce moment là !

Dans la vie politique française, on entendait parler assez peu de ce qui se passait quand les représentants de pays européens se retrouvaient. Quel travail faisaient-ils ? Pour l’opinion de ces vingt dernières années, c’était souvent lointain et obscur. Il arrivait fréquemment qu’un politicien utilise l’Europe comme bouc-émissaire ce qui lui permettait de se défausser de responsabilités moins lointaines. On se rappelle aussi des mouvements de hargne parfois déplacées ou impulsives contre la bureaucratie européenne. Cela a troublé fortement notre conscience sur ce sujet.

On ne peut parler de l’Europe en ne pensant ni à la petite échelle de notre vie, ni à la grande échelle de l’histoire. Pourquoi faudrait-il oublier la réalité historique ?

Pendant des siècles, les conflits qui ont donné forme aux frontières actuelles des États, ont ensanglanté les peuples européens de façon répétitive. Avec comme cerise monstrueuse sur le gâteau, des conflits mondiaux et des millions de morts. Ces deux derniers sont très proches dans le temps. Même un jeune peut ne pas trouver si lointaine la mort de grands-parents en 14-18 ou en 39-45 ! Et ce jeune peut caresser le projet de voir disparaître les guerres sur notre continent pour lui et pour ses propres enfants. Il me semble que les leaders du oui comme ceux du non avaient oublié ce projet précieux ou ne l’avaient pas mis en valeur.

Partant de cette situation réelle, le goût trop réel des guerres, on regarde différemment les rencontres entre “représentants” de “pays européens” autour d’une table. Et avec le projet de faire quelque chose ensemble. On se dit que ce ne doit pas être facile de se retrouver et de pouvoir travailler ensemble. Les langues, les cultures, les intérêts différent. Ce sont autant de causes possibles de dérapage. Il doit falloir de la bonne volonté et de l’imagination. Mais il faut travailler pour nos descendants. Tout cela n’est pas suffisamment rappelé. Comme si le temps passant, on oublie les champs de bataille. Dans les lendemains de guerre, on danse et chante Plus jamais ça…… mais une génération après, on commence à oublier que cela a été possible, que des horreurs ont pu séparer des peuples voisins……

Pour ma part, j’ai longtemps hésité ente le oui et le non. Je ne comprenais pas ce qui se disait sur les élites car le Non avait des leaders, des penseurs, des élites donc. J’ai été par contre très sensible à la dénonciation de menaces libérales même quand celui qui le faisait, s’exprimait comme un religieux.

Le libéralisme c’est sans doute bien pour ceux qui ont les moyens d’entreprendre, qui ont des capitaux et les connaissances du marché. Mais pas pour les couches populaires, les moins favorisés. L’idée c’est que l’entrepreneur a besoin de liberté pour entreprendre et que le fonctionnement du marché sans règles contraignantes, coercitives assurera le bonheur et l’harmonie. Mais c’est un rêve pour idéologues. Dans notre société, il n’y a pas de libéralisme pur sucre. Il existe des lois sociales, des règles. Et ces dispositifs sont contraires à l’âme du libéralisme. Ils offrent des garanties, des droits et expriment la solidarité de l’ensemble de la société envers les moins favorisés. Notre sociéte comme celle des autres pays européens n’est ni libérale, ni socialiste, elle est le produit de compromis. En fait, la lutte de classes a toujours existé, ce qui souligne l’existence d’un rapport de force variable.

Raymond, un copain nous disait en 2005 : “ Le libéralisme repousse les règles en matière d’économie. C’est contraire à son bien être. Donc un vrai libéral est contre le fameux TCE soumis à referendum et sa foultitude de règles restrictives. Logiquement il devrait voter Non. “ Je lui disais qu’il poussait. Maintenant je ne sais plus…

 
summertime
16H05 16/07/2007

Et bien justement…
Tout ces sites font vivre le débat et donc l’esprit critique dont vous vous prévalez. On peut s’y exprimer, que lon soit « ouiiste » ou « noniste ».
Ce n’est pas de la « pub », c’est de « l’information »… car oui ca existe encore…. même si elle n’est plus très présente dans nos JT
Et c’est bien à partir de l’information que nait la liberté de se forger son propre avis.
Donc je trouve les accusations de Hycare un peu trop hative…

 
19H30 16/07/2007

Je suis d’accord avec le fait que je suis « hâtive » dans le sens où je n’ai pas encore pris la peine d’aller sur les sites indiqués.

Je vais le faire.

Cela dit, j’ai lu en entier le traité de Maestrich et j’ai voté non.
En pesant le pour et le contre…

Les accords signés à Barcelone en 1999, il me semble, par Mrs Chirac et Jospin…nommés:
AGCS
(Accord général sur le Commerce des Services)

Cet accord vend toutes les conditions sociales souhaitées après la deuxième guerre mondiale comme:

l’Energie (le nucléaire..),
La poste,
Les télecom…
Les autoroutes…
La retraite
la sécurité sociale
Les mutuelles…
J’en oublie…

L’Education nationale et La Santé, c’est les prochains…

c’est ça aussi l’Europe…

Alors, non, je ne veux pas de cette société là!

 
geubeul1 | edité sur fils2prof.over-blog.com
20H27 16/07/2007

en phase avec vous

 
Patrick_C
22H15 16/07/2007

Ce serait bien de prendre deux secondes pour imaginer le poind qu’aurais une proposition signée par 1 millions de citoyens? Si pour aller dans le sens de ce que certains souhaitent avec leur « Europe des peuples », ce million de citoyens était issu de plusieurs pays, comment pouvez vous affirmer (sans que cela ne ce soit jamais produit) que la commission le mettrait sous le tapis ? N’essayez pas de mettre au même niveau une initiative qui serait prise sur un projet clair et des votes confus comme le non français au TCE (voir les résultats cumulés des nonistes, de droite comme de gauche aux dernières élections) qu’il faut mettre en balance avec les oui d’autres pays.

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
00H29 17/07/2007

VOUS DITES :
« je n’admets pas qu’on mette en balance le vote du peuple souverain avec celui d’une assemblée de représentants. …… le non français n’avait pas la même légitimité que le oui allemand.
Juridiquement, oui ; moralement, non : lorsqu’il y a conflit entre l’assemblée nationale et le peuple, on dissout l’assemblée, on ne dissout pas le peuple ! »

QUAND on se retrouve sur un terrain de rugby, on joue avec les règles du rugby. J’ai le sentiment que vous voulez appliquer les règles du tennis.

J’aime bien le rappel de la primauté du peuple sur le corps qui le représente. Mais dans ce cas de figure, le schéma ne s’applique pas. Le vote référendaire d’un pays n’est pas opposable au vote d’une instance représentative et démocratiquement élue d’un autre pays. Car c’est avant le vote qu’on définit les règles. Vous vous le faites après.

 
Patrick_C
22H03 16/07/2007

Quel peuple ?
Le polonais qui a élus (de manière totalement démocratique) une coalition ultra conservatrice et qui voit dans l’UE une tentative de nouvel URSS ?
Le néerlandais qui a dit non au TCE pour des raisons de replis nationalistes?
Le français qui si l’on y re garde de près n’était pas si loin dans sa réaction (et qui n’irait pas très loin dans une Europe fédéraliste)?
Les espagnols qui sont prèts à alleer plus loin, les Irlandais qui savent ce qu’ils doivent à l’Europe?
Arrétez avec cette vieille rangaine anarchiste du peuple souverain, vous n’avez réussi qu’une chose: faire du sur place, la preuve vous vous croyiez encore en 1868 (non je ne fait pas d’erreur de centaine).

 
zelectron
00H55 17/07/2007

Mon Europe, mon Italie, ma France, mon Allemagne, ma Belgique, mon Angleterre etc…. je le dis et je le pense et c’est sentimental. J’observe que la constitution n’était qu’un catalogue de bonnes intentions (comme Maastricht), ce n’était pas la peine de voter non. Un certain nombre de nos lecteurs(trices) ne sont ni quadrilingues ni quintilingues pour le moins, n’étant jamais sortis de leur village (jupes de leur mère?), ils n’ont jamais eus l’occasion de parcourir l’Europe: là, ils se rendraient vite compte que les « différences de mentalités » ne sont pas plus épaisses que du papier bible et que ce qui les rassemble est majeur.