
Bruxelles attend un président français engagé sur l'Europe
(Bruxelles) Une vision politique, de l'engagement et des projets concrets pour l'Europe… Voilà ce que Bruxelles attend du nouveau président français. A lui de sortir la France de son attitude défensive. A lui de réconcilier les Français avec l'Europe. A lui de remettre sur les rails la Constitution enlisée. A Bruxelles, les avis sont partagés sur le point de savoir si Nicolas Sarkozy sera cet homme.
Des missions délicates, pour lesquelles les propositions des deux finalistes n'esquissaient pas vraiment de pistes. « Ni Ségolène Royal ni Nicolas Sarkozy ne proposaient un programme européen. L'une voulait une Europe plus sociale, l'autre évoquait l'Europe politique. Mais derrière ces slogans, rien de bien concret et pas de projet de long terme », affirme un fonctionnaire européen.
Aujourd'hui, ce manque de vision politique et d'engagement européen se traduit, dans les négociations communautaires, par des positions françaises parfois contre-productives. « J'espère que la France adoptera une attitude plus pro-active », confie un diplomate britannique.
Pour lui : « lorsque la Commission formule une proposition, la France s'y oppose trop souvent sans raison : elle se fige dans une stature de refus, sans avancer de suggestions constructives. A la table des négociations, on sent un pays frileux et inquiet. Du coup, la France s'isole et le résultat des négociations, pour elle, en pâtit ».
Le « non » français à la Constitution européenne aurait renforcé cette attitude de retrait. Au nouveau président, donc, de réconcilier les Français avec l'Europe, pour pouvoir s'engager à nouveau sur les dossiers bruxellois. Une tâche aussi urgente que difficile.
Alexandre Stubb, député européen finlandais de droite, explique : « En France, l'Union européenne sert de bouc émissaire. Les eurocrates de Bruxelles sont responsables des échecs des hommes politiques. Prenons l'euro : l'Allemagne, avec la même monnaie, connaît un boom économique, alors que la France reste à la traîne. La France peine, car elle manque de compétitivité. »
Sur la « to do liste » européenne du nouvel élu figure aussi la relance de la Constitution. Actuellement, l'Allemagne débroussaille les voies d'un compromis. En 2008, il reviendra à la France, alors présidente de l'UE, de boucler le dossier. A Bruxelles, les avis divergent. Magda Kosane-Kovacs, députée hongroise socialiste, verrait d'un bon œil un texte plus social. Mais « le Royaume-Uni n'acceptera jamais », soutient un fonctionnaire.
Le mini-traité proposé par Sarkozy ne fait pas plus l'unanimité : « Si ce projet renie la Constitution pour se cantonner à un texte technique, centré sur les réformes institutionnelles, je suis contre », affirme Jiri Mastalka, député tchèque de gauche. A droite, Alexander Stubb est du même avis. Chez les Etats membres, toutefois, la proposition Sarkozy est plutôt bien accueillie : « Merkel et Blair la soutiennent. Ca peut marcher », affirme un diplomate. Quant à la ratification, les avis penchent plutôt pour le vote parlementaire, comme le propose Sarkozy, ou un grand référendum européen organisé dans tous les pays à la même date.
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De
21H20 | 06/05/2007 |
N'importe quel Président(e) aurait le même dossier à régler : relancer le processus de décision. Que Sarko candidat se soit focalisé sur la Turquie est inquiétant. Il commence en somme par dire que 28 Etats ont tort et que lui seul a raison. Il traite d'ânes en géographie les 25 Chefs d'Etat et de gouvernements qui, à l'unanimité, ont décidé l'ouverture des négociations. Curieux début pour se faire respecter. Il affiche sa capacité de nuisance plus que son imagination créatrice. (Ogier)
De
21H24 | 06/05/2007 |
Et d'ailleurs, dans quel champs fallait-il indiquer mon identité ? ! ? !
signé : Ogier
De Pierre Haski
Rue89 | 23H05 | 06/05/2007 |
Bonjour, pour pouvoir signer, il faut s'inscrire (sur la gauche sur la page d'accueil. Tant que vous n'êtes pas inscrite, vous resterez « courageux anonyme »… A bientôt !
Pierre Haski
De vue.de.belgique
Bipède carthésien | 15H47 | 07/05/2007 |
Vu d'ici, Nicolas Sarkozy ne semble pas du tout pro-européen bien au contraire. Il souffle le chaud et le froid dans la même respiration. Il est protectioniste quand il s'agit d'Alstom ou Airbus et prêt à financer le maintient de ces entreprises sans tenir compte des recommandations de la Commission, mais il est libéraliste quand il s'agit de revoir la règlementation des contrats d'embauche et d'emploi.
Un mini-traîté serait certe une solution pour débloquer la réforme des institutions européennes prévue dans feu la constitution, mais par cette proposition, monsieur Sarkozy va à l'encontre de la volonté de la population française car les français n'ont pas voté contre la réforme des institutions européennes, mais contre une Europe ultra-libérale. En adoptant un traîté sur la réforme des institutions, c'est la porte grande ouverte à l'évolution de l'Europe commerciale telle qu'elle existe depuis le traité de Rome.
Et voilà, l'Europe peut continuer d'avancer son petit bonhomme de chemin, ne sera plus immobilisée par d'impossibles prises de décisions à l'obligatoire majorité absolue.
Et que devient l'Europe sociale dans tout ça ?
Et que devient le « non » français à la l'europe ultra-libérale ? Oublié ! On passe outre ! Sarkozy montre à ses collègues européens qu'il est pour une évolution positive de l'Union, et fait mine de ne pas dédire la volonté des français.
Amis français ! Lisez bien le mini-traîté que proposera votre Président, comprenez-le et demandez à le soumettre aussi à référendum ! Portez toute votre attention sur le chapitre traîtant de l'Europe sociale (s'il existe)
De jp
10H59 | 08/05/2007 |
Parce que vous croyez qu'il va nous demander notre avis ? Vous revez il va nous vendre aux americains et nous imposer sa vision de l'europe. Privatisations a tous va gdf edf sncf anpe et j'en passe et des meilleures ! ! ! !
De mabu
22H59 | 21/05/2007 |
Le « non » français, longuement discuté et réfléchi par le peuple souverain -et pour cela admiré par beaucoup de gens dont le pays ne leur a pas posé ou du moins très mal expliqué la question- n'appelle dernièrement que quolibets et commentaires désobligeants, faisant croire à l'apathie et le désintéressement des français pour l'Europe. Ne nous laissons pas manipuler, pour l'amour du ciel ou du diable, et restons très vigilants, d'autant plus étant donnés les penchants pour le moins libéraux du nouveau président