Etonnants Voyageurs 2009, premier jour, tournez !

Clap, tournez : la vingtième édition des Etonnants Voyageurs de Saint-Malo débute ce samedi.

Mais en fait, il a commencé jeudi. Comme chaque année, « EV » organisait deux journées en direction de la jeunesse. A chaque fois, les classes ont lu le roman d'un auteur, et viennent lui poser directement des questions lors de rencontres thématiques.

Journées scolaires en amont

Une journée Collège qui a vu des jeunes de 6e, 5e ou 4e rencontrer Viviane Moore, Jérôme Noirez, Hervé Jubert, Ella Balaert, et quelques autres. Ces journées sont en général à forte connotation science-fiction, roman historique, ou encore contes orientaux.

Une journée Lycée le vendredi. Cette année, l'éditrice Anne-Marie Métailié, fondatrice des éditions du même nom il y a trente ans, représentait le Chilien Luis Sepulveda, forfait au dernier moment pour cause de prix en Espagne (où il vit).

Les lycéens pouvaient aussi rencontrer le Canadien Kevin Patterson (« Dans la lumière du Nord », Albin Michel, superbe roman sur les Inuits, le monde moderne, le réchauffement climatique), Mathias Enard
, Sonia Ristic
.

Ces journées, sur lesquelles je travaille, sont une entrée en matière idéale pour le festival : l'investissement des élèves est sidérant. Les lycéens ont, par exemple, composé une chanson autour du roman « Orages » de Sonia Rictic, écrit un guide de lecture autour de « Un nom de torero » de Sepulveda, fait un cahier de lecture du livre de Kevin Patterson. En plus de leurs questions très nombreuses.

Ce samedi

Alors que la grosse majorité des auteurs invités arrivent ce samedi midi dans la cité corsaire, par le Train du Livre (où a pris place Pierre Haski), le festival « adultes » a débuté ce matin.

Notamment avec la rencontre Rue89, à la Rotonde Surcouf, en plein Palais du Grand Large. Une rencontre intitulée « Créateurs de mondes », qui réunit deux auteurs « de genre » et deux « auteurs jeunesse ». Vous y avez vu :

  • Marcus Malte, Prix des lectrices de Elle 2008 avec « Garden of Love ». Cet auteur vient du polar (« Le doigt d'Horace », « carnage, Constellation », Fleuve Noir) puis est allé vers le récit poétique, énigmatique (« La part des chiens », « Garden of Love »). Il vient ici pour un recueil de trois novelas : « Toute la nuit devant nous » (Zulma).
  • Pierre Bordage, le « Balzac de la SF ». Auteur aussi à l'aise dans le polar, la fantasy, la science-fiction, Bordage travaille sur la géopolitique mondiale, la religion, et offre avec « Le feu de Dieu » (Au Diable Vauvert) un roman d'apocalypse non conspirationniste –chose assez rare en SF-. Il était l'invité du débat Rue89 en 2008
    . Il revient cette année à la même adresse.
  • Michel Laporte qui, lui, est un adaptateur de sagas, en direction des enfants et des adoolelscents. Il viendra à ce débat pour son adaptation de « Don quichotte » : « 12 récits de Don Quichotte » (Flammarion, coll. Père Castor)
  • Le Britannique Snow a été concepteur de robes de mariées, a écrit pour le groupe Tear for fears dans les années 80. Il est à mrésent un auteur jeunesse qui cartonne dans le monde anglophone, et viendra dans la Rue pour les très dickensiennes « Chroniques de Pont-aux-Rats »

Dès cet après-midi, le festival met les gaz. Pour voir où cela peut vous mener, regardez le programme de ce samedi ici
.

Le programme du Cabinet de lecture

Pour ma part, j'animerai les tables rondes suivantes.

► 14h15 / 15h45 – Rotonde Surcouf – La loi des séries : permanence du roman feuilleton ? :

Jéronimo Tristante ( « Le mystère de la maison Aranda », Phébus) - Michel Le Bris (« La Beauté du Monde », Grasset ; « Nous ne sommes pas d'ici », Grasset) - Tito Topin (romancier – « Parfois je me sens comme un enfant sans mère », Rivages ; créateur de la série Navarro) - Hervé Jubert (« Blanche et l'Oeil du grand khan », Albin Michel Jeunesse) - Olivier Kohn (scénariste de la série « Reporters »
sur Canal Plus) - Stéphane Bourguignon (série « La vie, la vie » au Québec

► 16h30 / 17h45 – Univers - Quand le réel devient fiction :

Christian Garcin (« La piste mongole », Verdier) – Alain Nadaud (« Le passage du col », Albin Michel) – Dai Sijie (« L'acrobatie aérienne de Confucius », Flammarion) – Craig Johnson (« Little bird », Gallmeister)

► 18h15 / 19h15 – Hôtel Le Louvre - Quand l'art s'en mêle :

Adrien Goetz (« Intrigue à Versailles », Grasset) et Patrick Gale (« Tableau d'une exposition », Belfond)

Les débats Rue89

Dimanche matin, c'est Pierre Haski qui mènera la rencontre « Grand reporters, carnets intimes » (voir programme dans la colonne de droite). Et lundi, je reprends la flamme et présenterai le second volet de la thématique « Série télé », un des thèmes de ces Etonnants Voyageurs 2009.

Pour ces deux rencontres, vous pouvez déposer vos questions, vos envies ou vos réactions dans les commentaires à cet article.

Avant le prochain point Inforoute de ce blog.

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Portrait de déluge

De déluge

menuisier | 21H26 | 30/05/2009 | Permalien

J'aime beaucoup M Lebris (« d'or, de rêve, de sang » a été pour moi la porte d'entrée vers la littérature de la flibuste, avec Garneray) et les thématiques soulevées par les Etonants Voyageurs sont souvent stimulantes.

Mais à vivre en tant que visiteur lambda, cette manifestation se résume en grande partie à du sur-place et du pietinnage en se haussant.

Depuis plusieurs années, je me procure le programme et je me documente ensuite.

Mettez une caméra aux rencontres et postez sur dailymotion (avec un son correct) !

Portrait de Charles Mouloud

à déluge Portrait de déluge De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 21H40 | 30/05/2009 | Permalien

Tout à fait , Déluge,

Lorsque je vivais à St Malo, je ne loupais pas une édition.
C'est un exellent festival.

Mais, il y a le problème de la foule, et de la …chaleur .
Souvent , comme ce week-end , ce sont les premiers jours de l'été breton, et il faut une sacré motivation pour aller au « hammam » du Palais du grand Large.

lorsqu'on y vit , c'est agréable de flaner, de se taper la discute sur Louise Michel avec Vautrin à la terrasse du Chateaubriant.
Mais aujourd'hui je suis passé à St Malo pour aller prendre mon premier bain à la Guimorais.

Le pied !

J'espère que Pierre et Hubert profitent aussi de ce temps splendide .

Portrait de déluge

à Charles Mouloud Portrait de Charles Mouloud De déluge

menuisier | 21H50 | 30/05/2009 | Permalien

Tu t'es baigné DANS LA MANCHE ?

AItufou ?

C'est une mer à regarder, pas à baigner !

Portrait de Charles Mouloud

à déluge Portrait de déluge De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 22H04 | 30/05/2009 | Permalien

Bein , si quand même !
Et puis , aujourd'hui ça tombe bien .Un petit « Welcome » à Besson !

http://www.20minutes.fr/article/329343/France-Aide-aux-immigres-en-reten…

ça se fête !

Portrait de déluge

à Charles Mouloud Portrait de Charles Mouloud De déluge

menuisier | 22H54 | 30/05/2009 | Permalien

Certe, certe, mais bon, les ablutions manchotes me semblent néanmoins superfétatoires.

Good Night and Good Luck ! °

° J'ai collé des majuscules partout pour être sûr.

Portrait de Charles Mouloud

à déluge Portrait de déluge De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 23H12 | 30/05/2009 | Permalien

Merci, et super fête à toire aussi.
oki, je sors.

Portrait de Thierry Soulard

De Thierry Soulard

Forçat de l'info accro au net | 21H31 | 30/05/2009 | Permalien

Rhaaa, pourquoi faut que je bosse à chaque fois qu'il y a des salons intéressants ?

Bon, la bonne nouvelle, c'est que je peux quand même vivre ça pas procuration.

- Pour la table Ronde Grands Reporters, j'aimerai avoir leur avis sur l'évolution du grand reportage depuis l'avènement du web. Cela change t-il leur façon de travailler ? Plus facile, plus difficile ? utilisent t-ils les nouveaux outils, pensent t-il à raconter en quasi-direct leurs reportages sur le net ? Et si certains événements qu'ils ont couverts il ya longtemps avaient lieu aujourd'hui, comment les couvriraient-ils avec les outils actuels ?

- Pour la table ronde « Série télé » : à quand une vraie série multilingue et internationale ? Les séries américaines intègrent de plus en plus de langues étrangères dans les scénarios, parfois en les traduisant, parfois non, selon les besoins du scénario. On voyage de plus en plus (cf. Alias, déjà vieux), on a des héros qui viennent de tous les horizons, qui parfois ne parlent même pas anglais (cf. Lost). Peut on par exemple envisager une série européenne, financée par plusieurs pays, et diffusée en même temps dans tous ces pays ?

Portrait de Thierry Soulard

à Thierry Soulard Portrait de Thierry Soulard De Thierry Soulard

Forçat de l'info accro au net | 21H34 | 30/05/2009 | Permalien

Ha, et temps qu'à faire, demandez à Pierre Bordage quand il compte ouvrir un blog, svp. Merci !

Portrait de Hubert Artus

à Thierry Soulard Portrait de Thierry Soulard De Hubert Artus (auteur)

Rue89 | 01H43 | 01/06/2009 | Permalien

Elles seront posées !

Portrait de Thierry Soulard

à Hubert Artus Portrait de Hubert Artus De Thierry Soulard

Forçat de l'info accro au net | 08H33 | 01/06/2009 | Permalien

Merci^^

Portrait de egide

De egide

Littéral | 22H11 | 31/05/2009 | Permalien

Dans le ventre chaud du Léviathan, on aime se vautrer sous la surveillance des mères évertuées à fomenter les départs.

Car on part de nos jours et plus qu'on ne le croit. Simplement, on se rend en masse dans des mers du Sud étonnantes certes mais laides et sévères comme les anciennes tenancières des commerces qui comptaient aussi bien et même mieux que les comptables oblats et clercs des institutions vénérables et froides aux mains des pères absentés.

En se rendant au delà des milieux surchargés, on gagne plus, il parait.

Et si on s'en va dans des places off-shore d'entre les frontières, c'est aussi pour rêver d'un ailleurs, d'une vie d'outre-enfance qui s'exubérerait des confins.

De prodigue, on reviendrait exote soi-même, paré des rêves qu'on a perdu en chemin. Enfin son Je transcendé en un autre qui serait inconnu à soi-même et nous serions fier d'avoir mué, de le faire savoir rien qu'en apparaissant à nouveau, heureux d'avoir fait un voyage.

Et de pouvoir mentir. Oui. Mentir son soûl.

Car on raconterait n'importe quoi, des êtres et des paysages inventés mais que nous avions poursuivis vainement.
L'espoir de l'Autre, nous l'avons définitivement abandonné.

Alors que nous étions venus là pour se garder une place là-bas d'où nous venions, d'autres étaient déjà dans cet ailleurs surévalué pour se construire une place qu'ils n'avaient jamais eu là d'où ils s'étaient enfuis et ils étaient habités par avance de la peur qu'on la leur volât quand ils seraient retournés.
En fait nous avions en tête les mêmes calculs.
Et de nos paris respectifs lesquels étaient les plus sûrs ?
Nous ne le savions plus.
En tous cas, c'était certain, nous étions absolument semblables, au mot près.

Ailleurs, le temps est suspendu car il n'y a pas d'occasion de s'installer. Tout y est si prévisible et transitoire. Transit est le maitre-mot des conditions hagardes de ceux qui œuvrent pour des économies. Les grandes qu'ils servent, les petites qu'ils accumulent pour leur retour.

À quoi bon révéler des vérités prosaïques :
Nous étions si seul le matin dans la chambre vide de toute humanité. Un oiseau accroché sur le rebord étroit de la fenêtre étanche perçait l'insonorité industrielle de ses cris affreux d'animal adressés à l'animal que nous étions nous-même, s'éveillant à peine. Aussi seul nous étions, avec en plus la conscience de notre faim de quelque chose pour laquelle nous n'avions pas de mots.

Et ce n'était pas seulement de nutriments pour la chair dont nous manquions mais d'idéal. Car c'est ainsi que nous sommes au lointain, sans idéal autre que celui d'un épicier qui se voudrait poète et non qu'il l'a été comme notre premier précurseur sur ces chemins inter frontaliers et sauvages.

Qui a fait une odyssée, qu'il la raconte !
Ô oui, qu'il ne se prive pas !

On y croira avec ferveur, nous qui consumons notre jeunesse ailleurs et nos parents qui nous ont hypocritement laissés partir comme pour une campagne qui cache son nom, seraient rassurés par des histoires.

Qui saurait que vous avez inventé un invraisemblable ?
Nous, on ne détrompera personne. Au contraire, nous surenchérirons.

Juré, nous serons votre jury d'honneur.
À vous, raconteur de notre légende.

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