23/05/2009 à 13h00

Pour ses 20 ans, Etonnants Voyageurs se met aux séries télé

Hubert Artus | Rue89

Pour la deuxième année, Rue89 sera partenaire du festival Etonnants Voyageurs à Saint-Malo. Une édition spéciale, puisque le festival, fêtant ses vingt, s'ouvre… aux séries télé américaines !
A peine le festival de Cannes aura-t-il remis ses palmes que débutera une grande semaine littéraire en France : troisième édition des Assises Internationales du Roman
, à Lyon (du 25 au 31 mai ; nous y reviendrons) et vingtième édition des Etonnants Voyageurs de Saint-Malo (30-31 mai, 1er juin).

Rue89 à Saint-Malo

Comme l'an dernier, Rue89 est « soutien média » de l'affaire.

Comme l'an passé il y aura trois tables rondes siglées Rue89, en fin de matinée, à la Rotonde Surcouf (une des principales salles de débats du festival, au centre du Palais du Grand Large).

Comme l'an passé, vous pourrez poser vos questions aux auteurs invités, et trouver leurs réponse dans le compte-rendu ensuite.

Vous trouverez en haut à droite de cette page la composition des plateaux que Rue89 animera.

Si vous avez des questions ou des réactions, c'est le moment. Vous lirez d'ici le 30 plusieurs sujets sur les Etonnants Voyageurs et sur nos débats.

Cette dernière est, dans son esprit, la plus world des manifestations littéraires de France : voyages, histoire, migrations, mutations, « littérature en mouvement », vision d'une littérature comme partie intégrante d'un très glissantien « Tout-Monde ».

Edouard Glissant
sera d'ailleurs parmi les plus de 200 auteurs invités. Avec lui, il y aura les fidèles, forcément conviés à cet anniversaire, entre autres :

On pourra y voir également :

Cette année encore, le programme va être dense : quelques de 550 heures d'animations prévues. Au menu : des projections (150 sont déjà annoncées), des concerts, des lectures, un salon du livre, dix expositions, des dégustations (la question du goût est toujours du voyage à Saint-Malo), et une partie jeunesse (28 et 29 mai).

Comme chaque année : écrivains bien sûr, mais aussi cinéastes, illustrateurs, photographes, réalisateurs ; gens de fiction et gens de documentaires. Le tout sur les bords de la Manche où, en cette saison, il fait toujours bon aller.

Le thème : « Le monde en crise, besoin de fictions »

Le thème 2009 recoupe à la fois l'obsession du festival et l'actualité : « Le monde en crise, besoin de fictions. » Permettant de traiter la « réouverture » vers l'extérieur de la fiction française récente, avec le Médicis 2008 Blas de Roblès, l'Interallié 2008 Serge Bramly, Benjamin Berton, Tristan Jordis, etc).

Permettant de traiter de ces formes qui mêlent poésie, philosophie, essai, voire reportage (Glissant, Chamoiseau, Le Men, Breytenbach
).

Permettant également de couvrir ce fameux thème de la « littérature-monde en Français » initié par Michel le Bris, Rouaud, Mabanckou, Le Clézio, et tant d'autres dans le recueil paru il y a maintenant dix ans.

La télé arrive sur le sillon

Le thème choisi permettra également une nouveauté d'importance : analyser ce support de fictions qui influence de plus en plus les romanciers. Les séries télés américaines.

Une soirée spéciale sera consacrée à « The Wire », cette superbe série de cinq saisons crée par le scénariste écrivain David Simon, et à laquelle ont participé trois grands auteurs yankee : Richard Price, Dennis Lehane et George Pelecanos. Dominic West (alias l'inspecteur McNulty) sera là.

Plusieurs tables rondes seront consacrées aux rapports littérature – séries, ou auteurs – scénaristes.

Aller plus loin
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  • 21 réactions
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  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 15h30 le 23/05/2009
    • Internaute
      actif et militant ?

    Le meilleur moyen d'assumer le fait de scotcher une série plutôt que d'ouvrir un bouquin ?
    Je vais mater un south park pour ma sieste et continuer ma lecture de « La conjuration des imbéciles » pour ma nuit....

    Lien

  • in girum
    • Posté à 19h54 le 23/05/2009

    2 filles et 20 garçons dans cette liste. il n'y a pas beaucoup d'étonnantes voyageuses..

    • Numerosix
      Numerosix répond à in girum
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 22h03 le 23/05/2009
      • Internaute
        Prisonnier dans le village (...)

      Et pourtant les femmes ne sont-elles pas LE voyage étonnant à elles toutes seules ?

      And you want to travel with her
      And you want to travel blind
      And you know that she will trust you
      For you've touched her perfect body with your mind.

    • Anonyme répond à in girum

      Une femme qui voyage ? De sa propre initiative, hors circuit organisé ? Sans homme ? Seule... enfin quand une femme voyage, elle n'est jamais seule. C'est une prostituée, ou une malade. Combien de fois ne s'entend-elle pas dire, et ton mari te laisse partir ? Et oui, nous avons le droit, même le devoir, d'élever nos enfants seule, de faire une croix sur les pensions des petits, de travailler... Finalement, je me demande si c'est par excès de prévenance ou parce que cela comporte un risque pour la société que l'on nous en dissuade fortement. Mais vous savez, les filles, j'ai deux enfants, et je voyage, seule, par les moyens du bord ; et pas seulement entre l'école et le basket ! C'est génial ! Mais il est vrai que j'en croise peu des comme moi.

      • Al nasr al tair
        • Posté à 11h14 le 24/05/2009

        Si, les femmes voyages hors circuits et seules, j'en rencontre.
        C'est vrai, c'est plus compliqué, plus risqué souvent.
        Frontière turco-syrienne ; J'attends mon visa dans un poste frontière assez isolé, cela va peut être demander 12 heures, peut être plus. Ce n'est pas un problème je peux dormir à la belle étoile un peu à l'écart. Ce n'est pas le cas de la jeune coréenne que je rencontre là, elle est inquiète de devoir trouver une solution pour la nuit, elle voyage autour du monde, seule, avec pour tout bagage, un grand sac à main fourre tout. Finalement, elle obtient son visa en moins d'une demi heure sinon nous avions convenu d'un partenariat temporaire afin de couper court aux questions, aux approches intempestives et aux risques inhérents à la culture locale qui veut qu'une femme ne soit jamais seule.( Pour un homme, il y a toujours une porte qui s'ouvre, pour une femme c'est plus aléatoire et, en certains endroits impossible) Elle m'a scotché en me racontant ses tribulations. Même histoire avec une jeune russe à Istanbul...
        Un très vieux turc, Mehmet (85 ans) m'a raconté son histoire d'amour platonique avec une belle anglaise qui voyageait seule au Moyen Orient il y a plus de soixante ans. Elle était très belle, courageuse et farouche ( ce sont ses termes). Elle a refusé de l'épouser parce qu'elle ne voulait pas se convertir à l'islam et se voiler. Si longtemps après et à l'extrême fin de sa vie ( il est décédé peu de temps après) c'est à elle qu'il pensait, il ne l'avait pas oubliée...
        Des histoires de femmes extraordinaires qui refusent l'enfermement dans le rôle défini par les hommes il y en a plus qu'on ne le croit. .
        Sur google, tapez : Nelly Bly, elle fit, seule, le voyage autour du monde de Jules Verne en moins de 80 jours...

         
        • Utilisateur désinscrit à sa demande
          • Posté à 11h49 le 24/05/2009

          J'en connais un sacré paquet, de grandes voyageuses... et pas uniquement de celles qui ont renoncé à avoir des enfants.

          Rien que dans le monde du tourisme, déjà... et pas que. Je pourrais de mémoire et sans effort, dresser une longue liste de mes anciennes collègues guides et accompagnatrices, dont les vies n'ont rien à envier à celles d'Alexandra David-Néel ou Ella Maillard.

          Bévinda, Nanouche Crémieu, Pascale Petit de Reimpré, etc. etc. etc.

          Sacrées gonzesses !

          • Numerosix
            Numerosix répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 11h59 le 24/05/2009
            • Internaute
              Prisonnier dans le village (...)

            Et puis oui , bien sur que c'est plus risqué de voyager que de rester dans sa chambre , mais je crois que c'est une question de comportement . Si on ne méprise pas les autres et qu'on se prend pas pour le roi du monde en tant qu''occidental,on a déjà réduit les risques de 90 % , je pense .
            Mais attention , c'est une remarque que je me suis faite à postériori, il s'agit pas de faire semblant, il faut que ce soit sincère . C'est ça le gag .

            • Utilisateur désinscrit à sa demande
              • Posté à 12h07 le 24/05/2009

              Plus on est petit, humble, ouvert et fragile, en voyage, plus on est fort.

              Et qui ne risque rien, n'a rien.

              C'est un dicton qu'il est tout bon, celui-là.

              Et couiner dans sa piaule, ça ne fait pas pleurer les murs.

              • Al nasr al tair
                • Posté à 12h30 le 24/05/2009

                Oui, Cyp J'en ai aussi des tonnes de belles histoires de chemins.

                « Plus on est petit, humble, ouvert et fragile, en voyage, plus on est fort. »
                C'est à ce genre de phrases que je reconnais le vrai voyageur...

                Humilité...............

        4 autres commentaires
  • Anonyme

    Le monde en crise a besoin de fictions. Cela me laisse perplexe. Quel est ce monde et de qui est-il composé ? Les fictions servent-elles à anesthésier ? Quel que soit leur contenu il devient en dessous de la réalité de ce que vivent la plupart d'entre nous ; pourtant, ça charge lourd. N'a t'ont pas été dirigé par des principes sortis tout droit de scénario fictifs ? Tout est fiction. Les verrous ont sautés, tout est possible et tout se passe effectivement. Cette crise n'est-elle pas une belle fiction ? Le scénario ne pourrait-il être tout autre ? Nous autres, figurants, pourrions très certainement tourner dans des décors plus confortables. Quant à nos dirigeants, ils me semblent tout droit sortis de « Ces livres dont vous êtes le héros ».
    Et si fiction devenait friction, que l'ironie, l'insolence, le subversif, revenaient élégamment sur le devant de la scène ? Même si une fiction est de qualité, ce qui est un phénomène rare, elle reste encadrée de programme souvent médiocres.

  • Utilisateur désinscrit à sa demande
    • Posté à 22h11 le 23/05/2009

    Alors là, Hubert, je suis aux anges : nous parlions justement entre blogueurs ici-même il y a trois soirs, de ce fabuleux « The Wire », dont je pense qu'il est, comme quelques autres fresques télévisuelles de cette qualité, le successeur des grands romans feuilletons de la fin du XIXè siècle.

    Les nouveaux Balzac, Hugo et Dumas travaillent pour HBO, de nos jours.