
Universités : 5 places dans le top ten mondial, vraiment ?
Il y aurait donc, dans la liste des 10 meilleurs établissements d'enseignement supérieur du monde, cinq français. Du moins selon un classement de l'Ecole des Mines.
Point de départ du travail : prendre les dirigeants des 500 premières entreprises mondiales et regarder d'où viennent ses dirigeants.
Résultat :
1. Harvard
2. Tokyo Univ.
3. Stanford Univ.
4. Ecole Polyechnique
5. HEC
6. U. Pennsylvania
7. MIT
8. Sc. Po Paris
9. ENA
10. Ecole des Mines de Paris
24. INSEAD
60. U. Dauphine
89. Centrale Paris
89. Arts et métiers
89. ENSEEIHT
89. U. Montpellier 2
205 Telecom Paris
214. Institut Catholique de Paris
214. Ecole Nationale Supérieure de Sécurité Sociale
214. ENS (ah, quand même ! , c'est bien bas, j'ai bien fait de ne pas y aller)
Bon, sérieusement, que penser de ce classement ? D'abord, l'Ecole des Mines endosse officiellement ce classement et le met en évidence sur la page d'entrée de son site internet. Il ne s'agit pas d'une lubie d'un individu, mais bien d'un classement officiel présenté comme tel. D'autre part, dans le rapport, il n'y a pas de critique forte des autres classements. Celui-ci apparaît donc tel qu'il est, une façon de mesurer un certain » output » et de ne pas considérer certains autres.
Evidemment, aucun critère n'est neutre et l'interview par Rue89 du directeur de l'Ecole est sans ambiguïté :
» Si les critères académiques sont importants, ça ne fait pas tout : le mérite d'une école ne se limite pas à la qualité de sa recherche académique, au nombre de ses publications dans Nature ou Science ou à ses prix Nobel. La vocation première de nos établissements, c'est quand même de former des jeunes à leur activité dans le secteur économique. »
Là, je suis très perplexe. En réalité, le classement de l'Ecole des Mines entérine deux choses. Premièrement, la part de marché des Grandes Ecoles aux postes de pouvoir économique et financier, qui fonctionne bien sûr en partie sur le mérite, mais aussi et souvent beaucoup trop comme une capture de rente et l'existence de réseaux. Ce critère est donc tourné sur le passé et la rente de situation. A l'inverse, un classement basé sur les publications scientifiques et les brevets est un classement basé sur l'avenir.
Deuxièment, le critère de l'Ecole des Mines avantage les pays où les grandes entreprises sont favorisées (car il y a plus de géants nationaux dans le top 500), c'est-à-dire où la technostructure favorise ouvertement les grandes entreprises (voir le classement de Tokyo, numéro 2, et quatre autres établissement japonais dans les 20 premiers, Keio, no 11, Waseda, 15, Chuo et Osaka, 18 ex.aequo). Economiquement, la philosophie de ce classement est donc assez contestable. A la limite, si on prenait un pays comme la Russie qui décidait de regrouper toutes les petites entreprises en quelques grosses, une par secteur, et qui plaçait à sa tête les gens sortis de l'Ecole du KGB, cette école sortirait sans doute numéro 1 ou 2 mondiale.
A minima, on aurait aimé un classement multicritère rassemblant les différents indicateurs d'ouverture, de recherche et de placement des étudiants (pas seulement les grands dirigeants, mais l'avenir de l'étudiant médian). Pour ce dernier critère, je propose donc un classement du prestige basé sur l'appréciation des belles-mères du monde entier : d'où voudriez-vous que sorte le mari de votre fille ? Enfin, un classement où l'ENS apparaît 214ème mondial, sachant (et c'est un extérieur qui le dit) l'apport considérable de cette institution au monde scientifique, c'est un peu déconcertant.
Si ce rapport doit justifier la frilosité de la recherche dans certaines de nos Grandes Ecoles ou conforter certains dans leurs certitudes, alors on risque de perdre un peu plus de temps encore.
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De
18H05 | 29/09/2007 |
mon école est 89 ème…
mais je pense que de toute façon comme vous le montrez très bien, selon les critères le resultat est modifié de fond en comble.
ce qui me gène dans cette tentative de classement, qui est en soit une très bonne idée, est que je me demande si ces critères n'ont pas été choisis pour favoriser les écoles Françaises. Ce qui sur le fond est assez franchouillard.
http://www.peuples.net/
De
18H09 | 29/09/2007 |
donc avec des critères plus pointus ,les établissements d'enseignement supérieur français seraient… dans les 5 premiers.
De
18H27 | 29/09/2007 |
>>un classement où l'ENS apparaît 214ème mondial, sachant (et c'est un extérieur qui le dit) l'apport considérable de cette institution au monde scientifique, c'est un peu déconcertant.
oui, comme vous dites (c'est un intérieur qui le dit). Il y a un ou deux ans Strasbourg était devant Ulm, demandez ce qu'en pensent les étudiants de Strasbourg…
les méthodologies de ces classement sont en ligne et tout à fait instructives : Shanghai dépend entièrement d'un système privé de classement des citations, ne prenant en compte que l'anglais (of course) et à l'exclusion des sciences humaines
De
19H42 | 29/09/2007 |
C'est très bien pour le rayonnement de la france que beaucoup de PDG aient fait des cursus dans des écoles francaises, mais ces classements seront toujours biaisés pour une raison simple :
Nous avons des écoles d'ingénieurs, des écoles de commerce, des universités bien plus spécialisées qu'aux usa. Pas étonnant donc que Paris VI, qui est une université orientée vers les sciences, soit premiere francais au classement de Shangai et ne figure pas dans ce classement. Ca explique aussi que HEC soit dans ce classement là et pas dans celui de Tokyo.
Le jour ou notre système sera le meme qu'à l'étranger (fusion ecoles de commerce/école d'ingenieurs avec les universités, et rattachement des labos de recherche aux universités), alors une comparaison sera possible.
Pour l'instant, nos systèmes étant tellement différent, tout classement n'a aucun sens…
De Tom Roud
20H59 | 29/09/2007 |
A noter que l'école des Mines me semble devoir son classement flatteur à la présence en force des Corpsards des Mines à la tête de grandes entreprises françaises. Or, le Corps des Mines est une formation hyper fermée et confidentielle (réservée aux 10 premiers … de l'Ecole Polytechnique + quelques autres comme Anne Lauvergeon qui sauve l'honneur de l'ENS Ulm) ; en parcourant le classement, il ne me semble pas y avoir beaucoup d'ingénieurs ayant intégré les Mines sur le concours commun Mines-Ponts. Autrement dit, l'Ecole des Mines ne doit peut-être son bon classement qu'à l'existence de ce prestigieux Corps historique, assez indépendante de la qualité de la formation généraliste délivrée aux « autres » ingénieurs de l'Ecole ; ce qui rejoint bien les biais dénoncés par M. Wasmer.
De
21H48 | 29/09/2007 |
Comme si le seul but de l'enseignement supérieur était de faire des chefs. Parce que comme tout le monde le sait la seule chose indispensable pour faire tourner l'économie, le monde c'est une armée de chef.
C'est une conception intéressante qui montre que l'élitisme dans sa forme la plus médiocre est devenue la norme. En France on n'a pas de pétrole, pas d'idée, mais des chefs.
De
01H39 | 30/09/2007 |
le classement ne semble pas faire apparaitre le o combien prestigieux California Institute of Technology (Caltech). Bizarre bizarre… Je me demande comment un classement des etablissement superieur et de recherche ne faisant pas apparaitre Caltech dans les 338 premiers peut se pretendre autre chose qu'une vaste blague… Enfin… J'espere que les medias etranger n'auront pas vent de ce classement cocoricco qui ridiculise l'ecole des mines plus qu'il ne rehabilite la formation a la francaise…
De
18H21 | 30/09/2007 |
Je trouve déplaisante la rancoeur contre l'ENS qu'exprime la clausule de ce texte, et je la trouve cette clausule déplacée - l'auteur du texte veut-il régler des comptes sur la place pathétique ? C'est pathétique. Faut-il rappeler que l'ENS n'a pas vocation à former des patrons, mais des enseignants, des intellectuels, des chercheurs - tout le contraire. Et peut s'enorgueillir de n'avoir pas voulu d'un homme qui s'efforce de la traîner dans la boue !
De sinclair
19H52 | 30/09/2007 |
Comme quoi on n'est jamais mieux servi que par sois même.
N'y avait il pas un classement aussi bidon fait publie ici même il y a quelque temps ? donnant les universités anglo saxonnes en tête ?
Ces classements comme bien des statistiques sont bidon et sans intérêt.
De jjezfm
Internaute | 09H01 | 01/10/2007 |
c'est rare sur rue89, mais pour une fois cet article semble manquer des bases journalistiques
de quel classement parle-t-on ?
établi par l'Ecole des Mines certes, mais destiné à qui, publié où, comment ?
outre le critère unique très contestable, quel intérêt d'en parler ?
De
10H22 | 01/10/2007 |
> d'où voudriez-vous que sorte le mari de votre fille ?
C'est exactement ce que mesure ce classement.
Son but n'est autre que de faire saliver les élèves de prépa et les encourager à opter pour les mines au moment de choisir leur école après les concours.
Le message est simple :
Si vous passez par les mines, vous êtes sûr de devenir un boss !
C'est puant, mensonger et con, mais c'est ça !
De
14H00 | 01/10/2007 |
A lire à ce sujet les deux très bons articles du Monde Diplomarique de septembre sur la réforme des Universités en France et l'état de l'Education Nationale aux Etats-Unis.
De
20H18 | 01/10/2007 |
Je viens de passer un mois à l » université d » Austin (Texas, USA) : vu la qualité du corps professoral, le luxe des intallations du campus et les moyens dont dispose tout étudiant (bibliothèques et laboratoires), je me suis dis en rougissant jusqu » aux oreilles que si d » aventure un étudiant américain de l » endroit se rendait à Paris, il penserait à une mauvaise plaisanterie en voyant ce que propose ses universités (la Sorbonne est pathétique) et quelques (soit-disantes) grandes écoles (y compris l » IEP dont je suis diplômé).
De
23H37 | 01/10/2007 |
J'adore ce genre de classement. Si on le regarde plus en détail on se rend qu'il montre surtout que certains pays ont une oligarchie à recrutement beaucoup plus fermé que d'autres. La france les US et le Japon. Le royaume uni et l'allemagne grand pays s'il en est tant scientifiquement qu'économiquement n'ont pas d'université/école dans les dix. Cela veut-il dire qu'ils sont mauvais ou que leur système est plus ouvert et plus démocratique ? A vous de juger pour moi c'est tout vu.
De
09H09 | 02/10/2007 |
« d'où voudriez-vous que sorte le mari de votre fille ? »
De la cuisse de Jupiter !