
TVA sociale : allons-y lentement, mais sûrement !
Dans quelques semaines, je vais reprendre mes cours à Sciences-Po. Un petit logiciel très amusant, disponible en ligne mais malheureusement payant, me permettra de faire une petite simulation de marché. Cette simulation est la suivante.
Dans la nature, on a 100 vendeurs et 100 acheteurs d'un bien particulier (disons un quintal de blé). Certains acheteurs évaluent ce bien à 10 euros, d'autres à 20, d'autres (c'est mon cas dans la simulation) à 60, etc. Par évaluer, on veut dire qu'en consommant ou transformant ce quintal (en farine, en ingrédient pour yaourt aux céréales, en semoule), on en tire un profit ou une utilité qui varie selon sa propre habileté ou sa propre technologie. Les vendeurs ont eux aussi une évaluation du bien qui varie. Comment va s'établir le prix si on met en contact ces 200 personnes pendant deux minutes ?
Au départ, les vendeurs tentent de vendre le bien cher (90 ou 80 euros). Les acheteurs eux font des offres faibles (15, 20 ou 25 euros). Le temps passe, aucune transaction ne se réalise. Il faut conclure ou se résoudre à ne pas échanger. Au bout de 40 secondes, les prix propsés à la vente baissent, les prix d'achat montent. Un premier vendeur descend jusque 42 euros, un acheteur prend. Un acheteur propose 37 euros, un vendeur accepte…
En moyenne, le logiciel est conçu pour que les courbes d'offre et de demande ainsi constituées se croisent au prix de 40, mais la simulation montre des petites fluctuations autour de ce prix d'équilibre, qui sont autant de petites erreurs des agents, qui ne perçoivent pas le marché ou sont trop anxieux de conclure leur transaction.
Quel est le lien avec la TVA sociale ? Cela vient, soyons patient. Dans le deuxième exercice, mon évaluation du bien est toujours de 60 euros, mais je dois payer une taxe sur la vente, cette taxe est de 20 euros. Evidemment, je ne proposerai pas d'acheter pour moins de 40 euros avant taxes puisque le bien vaut 60 euros pour moi. Donc je vais baisser mon prix d'achat, comme les 99 autres acheteurs : on voit en effet que les prix offerts par les acheteurs sont plus bas que dans la simulation précédente. Mais les cent vendeurs savent que cette taxe existe et diminue la propension à payer des acheteurs : eux aussi baissent donc leur prix.
Que pensez-vous qu'il arrive ? Le prix vers lequel on converge est en fait de 50 (après taxe) et de 30 (sans taxe), à quelques unités près. En d'autres termes, le coût de la taxe, a priori payé par les acheteurs, a été partagé en parts égales entre vendeurs et acheteurs (en réalité le partage dépend de paramètres techniques appelés les élasticités de l'offre et de la demande qui, ici, sont égales). Mon surplus lié à l'achat qui était de 60-40=20 dans le premier exercice, est passé de 60-50=10 dans le second exercice, mais j'ai la satisfaction double d'avoir payé une taxe qui va financer ma protection sociale et d'avoir fait baissé le surplus du vendeur de dix également (et il va contribuer à financer la protection sociale également).
Imaginons maintenant qu'il n'y ait plus cent vendeurs, mais trois ou quatre seulement, qui peuvent vendre autant d'unités qu'ils veulent aux cent acheteurs. Question, quel sera le prix approximatif auquel les transactions se réaliseront ? Réponse : on ne sera pas loin de 40 avant taxe, soit 60 après taxe (en réalité même plus haut mais je simplifie).
Damned sellers, ils ont capturé tout mon surplus et c'est nous, consommateurs, qui payons les taxes sociales. Imaginons enfin que nous ne soyons que trois acheteurs pour cent vendeurs. Là vous avez compris, le prix sera de 40 euros après taxes, donc 20 euros avant taxes (là encore c'est pour faire rapide). Nous acheteurs avons réussi à extraire un max (de blé ! ) aux vendeurs.
On voit donc le dilemme essentiel du débat sur la TVA : la question n'est pas, au fond, de savoir s'il est vrai que transférer les charges sociales sur le prix de vente va faire baisser les coûts du travail et donc de revient des biens produits, mais bien de savoir si cette TVA va faire baisser le prix avant taxe ou pas. Et, un des paramètres essentiels de la réponse à cette question, c'est de savoir si ce sont les producteurs ou les consommateurs qui sont en position de force.
Si ce sont les producteurs, alors il faut, sur ce marché, accompagner la TVA sociale d'une politique de concurrence. On peut penser qu'augmenter le nombre de compétiteurs en libérant le marché des contraintes à l'entrée (services tels que les taxis, pharmacies, téléphonie mobile, grande distribution) irait dans le bon sens.
Faut-il pour autant libérer tous les marchés ? Ce n'est pas recommandé, notamment lorsqu'il existe des » asymétries d'information » , en clair quand la qualité des biens et services produits n'est pas facile à apprécier avant l'achat : production de viande (qui sait comment les animaux ont été nourris ? ), d'énergie nucléaire (qui sait si la centrale est sûre ? ), etc. Les chauffeurs de taxis vous diraient que si on ouvre la profession au tout venant, les trajets en taxi seront plus longs et aléatoires. On en reparlera une autre fois avec une troisième simulation de marché, celle avec des biens de haute et basse qualité, qualité inconnue de l'acheteur.
Malgré toutes ces difficultés, et d'autres aspects bien plus techniques (l'effet sur le long-terme de l'accumulation de capital, la diversité des coûts salariaux entre secteurs, l'effet sur les prix relatifs des biens importés par rapport aux prix des biens exportés), il faut retenir deux choses à mon avis :
1. L'aspect clé, c'est le degré de concurrence sur le marché. Si les producteurs sont en position de force, la TVA sociale sera inflationniste.
2. Quel que soit le résultat sur les prix, il faut être conscient que notre sécurité sociale est coûteuse, déficitaire et que même si on peut mieux la réguler, ce ne sera pas suffisant pour qu'elle soit entièrement financée avec les instruments actuels. Se doter d'un nouvel instrument pour la financer, quitte à démarrer très progressivement avec une TVA en hausse progressive (disons 0.33% par année), est un pas dans la bonne direction. Cette solution indolore a le mérite de laisser les producteurs répercuter les baisses de coûts salariaux, d'être prévisible sans être brutale et d'avoir un gros potentiel : dans trente ans, on aura 10 points de consommation en plus pour financer nos retraites et notre santé. Ca tombe bien, je prendrai ma retraite à ce moment là.
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De
12H39 | 06/09/2007 |
Naturellement professeur à sciences-po, ce n'est pas rmiste ou fainéant…
De Etienne Wasmer (auteur)
Economiste du travail | 13H39 | 06/09/2007 |
pas nécessairement
De
13H21 | 06/09/2007 |
Dans la réalité, et ce que votre outil de simulation semble ignorer, ce sont les gros intermédiaires qui fixent les prix : Carrefour, Leclerc, etc. Ils sont peu nombreux, dominent et étouffe le marché. Il n'y a aucune concurrence réelle.
De olposoch
13H23 | 06/09/2007 |
Et quid des actionnaires de tout ce petit monde, sont-il prêts à jouer le jeu ? à répercuter une baisse de cotisations ? …
La sécurité sociale a un côut élevé, son équivalent privé encore plus.
Et puis, les prévisions à 30 ans….
De Etienne Wasmer (auteur)
Economiste du travail | 13H41 | 06/09/2007 |
J'en parle, justement, c'est bien le point du papier : en l'absence de concurrence entre acheteurs et vendeurs (ici, vos intermédiaires de la distribution), la TVA sera inflationniste. Votre intuition est juste.
à Etienne Wasmer
De
14H21 | 06/09/2007 |
Si je peux me permettre, votre habitus de chercheur vous fait faire un vilain anglicisme : « to make a point » ne se traduit pas par « faire un point » mais par « démontrer » !
En l'occurrence, je suis entièrement d'accord avec le carré du papier… jusqu'à la dernière phrase : pourquoi une hausse de la TVA progressive serait-elle moins inflationniste ? au contraire, on peut penser qu'une hausse individuellement (=produit par produit) indolore sera entièrement répercutée par le vendeur, qui en revanche acceptera de prendre sur lui une partie de la taxe (disons 1 ou 2 points sur 5) s'il pense éviter ainsi de faire fuir son acheteur…
De
23H30 | 08/09/2007 |
L'art de l'impôt est comment plumer l'oie sans lui arracher de cries. COLBERT
De wangpi
13H42 | 06/09/2007 |
merci pour cet article qui a le mérite de replacer le débat dans le concret.
mais je vous pose une question : a-t-on imaginé une tva réellement sociale aux même effets, je m'explique.
pourquoi ne pas créer une tva « progressive » : 0% pour les produits vitaux, huile, lait, farine, pâtes, etc. ceux dont on a besion pour vivre.
et augmenter ce taux en fonction d'un facteur (à définir) de nécessité : une ferrari ? 100% de tva, celui qui a les moyens de payer cash 150.000 euros pour un objet essentiellemnt inutile pouurra mettre 300.000 sans problèmes.
entre les deux, imaginer une tva de 5% pour les produits laitiers « travaillés » (par exemple), de 15% pour les restaurants (pas essentiels), de 30% pour les cigares (un luxe), de 50% pour une résidence secondaire, etc…
en faisant la balance, on arriverait peut-être aux mêmes recettes qu'une tva « unilatérale » (pour l'état), mais auprès du peuple (la grande majorité), cela serait plus juste.
cette idée est-elle complètement débile ?
à wangpi
De Etienne Wasmer
(auteur)
Economiste du travail | 13H46 | 06/09/2007 |
non, elle est séduisante, maintes fois évoquée, toujours remise pour des raisons de complexité (la pâtisserie de luxe doit-elle être taxée différemment du petit beurre ? que faire du fois gras ? ). Et conceptuellement, ne vaut-il pas mieux mettre la même TVA pour les divers biens et se contenter d'utiliser l'impôt sur le revenu pour redistribuer entre ménages riches et pauvres ? Je crois que la réponse est en effet que cela vaut mieux.
à Etienne Wasmer
De jjezfm
Internaute | 08H48 | 07/09/2007 |
ah bon, l'impôt sur le revenu est distributif ?
en theorie, oui, en pratique, pas tant que ça ! !
meme quand j'ai fait de l'eco il y a 20 ans, on savait bien que la moitié des gens qui ne paient pas d'impot ont des revenus importants et parviennent à annuler leur impot par des deductions que le moins riches reveraient de pouvoir faire (nounou, femme de menage, travaux…)
je vous trouve aussi assez inconscient de la situation de ceux qui galerent. beaucoup sont obligés de se compliquer la vie et de renoncer a tout loisir pour economiser le moindre euro. 5 ou 10 euros de TVA en plus dans le mois, croyez le ou non, ce n'est pas rien
c'est vrai que la TVA différenciée par produit serait trop compliquée et pas forcément rentable, mais sur le principe, faire payer la secu aux consommateurs en pénalisant les plus pauvres, NON et re-NON !
à wangpi
De
16H30 | 06/09/2007 |
Non, je ne pense pas qu'elle le soit. Tout d'abord, la TVA est à peu près le seul impôt « juste », puisque payé par tout le monde, dans un pays où seulement 50% des ménages payent des impôts. Ce qui n'est pas normal, mais la remise à niveau de l'assiette de l'impôt n'est pas d'actualité : trop de monde défilerait dans la rue ! Revenons à votre idée : une TVA progressive selon le produit acheté : O% pour les produits vitaux, 100% pour les produits de luxe, écrans plasma, ferrari, etc. OK, mais qui fixerait le montant de cet impôt et qui étiquêterait ces articles ? Bercy ? Une armée de fonctionnaires ? Merci de me donner votre avis.
Mon-Al
De jjezfm
Internaute | 09H01 | 07/09/2007 |
ben non justement, le probleme majeur de la TVA, essentielle puisque + ou - 50% du budget de l'Etat, c'est qu'elle est INJUSTE
1 euro de TVA quand on gagne 3000 euros par mois, on s'en fout
1 euro de TVA quand on gagne le SMIC ou meme pas, ça fait trois fois plus cher…
à wangpi
De LB
22H02 | 06/09/2007 |
Coucou,
Ce que je trouve très drôle c'est que E.Wasmer (Prof à ScPo) oublie quelques « paramètres accessoires » tels que notre appartenance à l'Europe et la mondialisation du marché.
Cela semble marquer un manque de sérieux (pour le moins). J'espère que vous n'étes pas dans l'économie : oublier Europe et mondialisation…
Allons, allons…
à LB
De
00H50 | 07/09/2007 |
alors défendre cette idée au niveau européen et mondial ?
succès garanti auprès des classes laborieuses.
à wangpi
De
16H30 | 07/09/2007 |
enfin quelqu'un pour qui les personnes compte plus que le compte en banque !
non votre idée n'est pas idiotes.
à wangpi
De miha
citoyenne qui veut croire à l'effet... | 21H35 | 08/09/2007 |
bien sûr, qu'elle n'est pas débile ! ! !
une autre idée apparemment complètement débile :
la TVA progressive en fonction du niveau de revenus.
impossible ! ? ? ? ! ! ! !
comment faire ? ? ? ?
on distribue une carte (style carte vitale) qui détermine dans quelle catégorie de revenus on est.
très petits revenus
petits revenus
moyens revenus
etc…
au moins 5 catégories.
cette carte doit être obligatoirement mise à jour annuellement grâce à des bornes prévues à cet effet… connectées au ministère des finances… pour vérifier et éventuellement modifié la catégorie.
avant de régler ses achats, on passe sa carte dans une machine spécifique qui calcule automatiquement le % de TVA qu'on doit payer.. en toute discrètion.
pour éviter les fraudes, il faudra, par exemple, apposer son empreinte digitale que la machine vérifiera.
oui, je sais… il y aura toujours des fraudes…. comme partout.
le % de TVA est maxi pour les plus hauts revenus et quasi à 0 pour les très petits revenus.
il faudrait calculer si la hausse du pouvoir d'achat des plus petits revenus peut compenser la « perte » de TVA.
ça… ce n'est pas dans mes compètences.
Alors ? ? ?
débile ? ? ?
De Antonin Leguar
14H12 | 06/09/2007 |
Étienne Wasmer remplace la fable théologique de la main invisible du marché et celle, plus laïque, du commissaire priseur par celle du logiciel savant. Or, comme l'a dit avec humour un des principaux théoriciens (Stiglitz) de l'économie de l'information à laquelle il fait référence dans la seconde partie de son article, la main du marché est invisible parce qu'elle n'existe pas ou parce qu'elle est gravement handicapée dans un monde caractérisé par l'interdépendance des agents économiques et l'interrelation des marchés : s'il y a plusieurs marchés, il est impossible qu'une main invisible, un commissaire priseur ou un planificateur social en régule un seul et elle n'est pas faite pour en réguler plusieurs en même temps.
Plus concrètement, Étienne Wasmer feint de croire qu'on ne reproche à la TVA sociale que de favoriser les contradicteurs contre les consommateurs afin de pouvoir répondre à cette critique dans le cadre du modèle d'un marché exorégulable par la main invisible car parfaitement délimité et isolé des autres marchés. Ce faisant, il occulte le fait que principal reproche qui est fait à la TVA sociale est d'être profondément inégalitaire car antiprogressive et se substituant à l'impôt sur le revenu qui, lui, est progressif. C'est-à-dire qu'il ne prend pas en compte l'interrelation entre, d'une part, la représentation macroéconomique où sont confrontés les intérêts des consommateurs et ceux des producteurs et, d'autre part, le champ de confrontation entre les ménages quant à la répartition des revenus. Il me semble, à ce propos, que le gouvernement danois et le gouvernement allemand n'avaient pas fait un cadeau de plusieurs milliards d'euros aux riches avant de créer un impôt qui va appauvrir les pauvres plus que les riches. Dans le contexte français, la TVA sociale de l'homme aux tics ne peut apparaître que comme une provocation supplémentaire contre les couches sociales les plus défavorisées et les classes moyennes basses. Elle contribuera donc à crisper encore plus les rapports sociaux. C'est pourquoi elle handicapera lourdement les projets de modernisation de la vie économique nécessitant un minimum de consensus et/ou favorisera les postures les plus démagogiques.
Pour le reste, il est indéniable que la TVA sociale est intellectuellement très séduisante du strict point de vue macroéconomique. Cependant, ce n'est pas en brandissant d'un air satisfait le modèle théologique de la main invisible que l'on pourra optimiser les conditions de sa mise en oeuvre dans un monde caractérisé par l'interdépendance des agents économiques et l'interrelation de leurs champs d'interaction.
à Antonin Leguar
De spin590
15H25 | 06/09/2007 |
Quelle belle, juste et didacticielle analyse, mr Leguar. Pour mémoire, la TVA progressive ne fût pas si compliquée que cela à mettre en oeuvre il y a quelques années.
Les produits dits de luxe supportaient 33% de TVA dans des milieux aussi concurrentiels que l'automobile, la bijouterie, les spiritueux et de nombreux autres. Pour ce qui est de la plupart d'entre eux, cela ne générerai du chômage, en cas de baisse des ventes liée à leur augmentation de tarif, que dans les « pays où ils sont fabriqués », et ne pertubera pas l'inflation car ils ne sont pas intégrés dans le calcul de son taux. Seul bémol, son application reprendrait de l'autre main ce que le « paquet fiscal » vient de donner, à ceux qui ont pu en profiter. Et ça ….
à Antonin Leguar
De
15H25 | 06/09/2007 |
très bon contrepoint, qui mériterait un développement en contre-tribune, tant le raisonnement techniciste proposé par Wassmer se pare de tous les attributs lui permettant de passer pour valide à peu de frais :
* c'est pas moi qui le dit, c'est mon logiciel = argument d'autorité, alors qu'on en connaît pas même le nom du dudit logiciel, ni les axiomes sur lequel il se base, et les études qui fondent la modélisation, et le paradigme utilisé
* le parallèle entre le logiciel omniscient et la main invisible est savoureux
* le logiciel semble oublier que ces producteurs sont certes sur le territoire national mais aussi à l'étranger (l'économie ouverte …), et donc que le mécanisme de correction des prix ne suit pas les mêms paramètres. Ce point est d'autant plus savoureux que M. Wasmmer a oublié que le premier argument pour mettre en place cette TVA sociale était la lutte contre les délocalisation, bref le renchérissement différentiel des entreprises étangères.
à Antonin Leguar
De Etienne Wasmer
(auteur)
Economiste du travail | 15H55 | 06/09/2007 |
Juste pour dissiper un malentendu et en vous remerciant d'avoir pris le temps de mettre un accent au prénom…
Ici, le logiciel ne fait rien, vous mettez simplement 200 personnes ensemble en temps limité, elles ont intérêt à échanger et le font à des prix proches de la prédiction théorique. La parabole de ce logiciel est une façon parmi d'autres de comprendre l'effet de la taxe sur les prix (la théorie, là encore, est plus explicite). Enfin, je ne sais pas quelle est votre solution au problème du sous-financement chronique de la sécu. J'imagine qu'elle est d'augmenter l'impôt sur les sociétés ou sur les revenus. C'est une partie de la solution, mais on doit tenir compte de la mobilité des facteurs (travail qualifié, capital), on est dans l'Union Européenne. C'est peut-être une contrainte dans ce cas précis, mais cela a d'autres avantages.
De sinclair
14H22 | 06/09/2007 |
Sans logiciels sans rien.
Question ou passent les « aides » aux restaurateurs destines a compenser le taux de TVA a 19,6 et promis a 5,5 ? ? ?
A diminuer l'addition du client ?
A mieux payer le personnel ?
Dans la poche du restaurateur ?
Et hop ! ! sans logiciel payant vous aurez une idee de qui profitera de la TVA « sociale »
à sinclair
De
14H39 | 06/09/2007 |
ça vous donne une idée pour ce secteur là, pas pour les autres… (me semble t il …)
De
14H37 | 06/09/2007 |
je ne suis pas sûr de comprendre (peut-être ai je lu trop vite) votre idée d'augmenter progressivement la TVA sociale : pour que la sécu continue à être financée au niveau actuel, il faut que l'augmentation de TVA compense intégralement et immédiatement la baisse des cotisations patronnales. Donc on ne peut pas se permettre de le faire progressivement. Si par contre vous parlez de continuer à l'augmenter au delà du taux qui équivant à une compensation, je comprends mieux… Mais est il inconcevable de financer aussi en partie la sécu par l'impot sur le revenu (qui est progressif) ?
De Etienne Wasmer (auteur)
Economiste du travail | 15H23 | 06/09/2007 |
En effet, la baisse des charges doit être graduelle et progressive également dans le scénario proposé dans l'article, ou alors si on veut aller plus vite pour les baisses de charges, chercher d'autres recettes. L'impot sur les sociétés (proposition récente lue dans la presse) ou sur les revenus sont des candidats mais se heurtent à la mobilité des bases fiscales (délocalisations, expatriations des plus qualifiés)… Mais l'ampleur de cette mobilité des bases (plus on taxe, plus la base diminue) est une question empirique non tranchée.
De spin590
14H57 | 07/09/2007 |
Impôts quand tu nous tient. Il s'en cache des choses sous ce patronyme.
Il fut un temps où, parmi les « Anti tout sans projet » existait un certain Michel ROCARD qui mit en place quelque chose que les « Pour tout avec plein d'annonces » ont approuvé, qui s'appelle la CSG (S pour Social et G pour généralisée). Serait il indécent de moduler cette « Contribution » de façon à ce qu'elle impacte plus les revenus de l'argent (dividendes, plus values boursières ….)et un peu moins les revenus des salaires.
Certes, ces revenus pourraient rester à faire travailler des banquiers belges, suisses ou panaméens comme aujourdh'hui, mais je ne pense pas que les 50% du bouclier fiscal les fassent revenir, et pour ceux qui ne sont pas encore ailleurs leur apport complémentaire à la solidarité, ne les feraient certainement pas « fuir » sinon cela serait déja fait.
L'autre solution de nos « Pour tout avec plein d'annonces » serait tout simplement de privatiser une grande partie de notre protection sociale. Là on reboucle sur le constat, peut être caricatural, mais juste quand même, de Monsieur Moore dans son doc.
De
15H32 | 06/09/2007 |
Comme toujours le raisonnement économique omet quelques données. À titre d'exemple :
1 - La nature des cotisations sociales. On considérait traditionnellement qu'il s'agissait d'un supplément de salaire. Est-il cohérent de faire financer les salaires par l'État ?
2 - Les 10 % de la population qui ont les revenus les plus faibles consacrent 8 % de leurs revenus à la TVA, les 10 % qui ont les revenus les plus élevés, 3 %. Pourquoi revenir à une dégressivité des cotisations sociales ?
3 - Pendant ce temps là les actionnaires continuent d'exiger un ROE de 15 % et les plus values professionnelles sont de fait exonérées de toute imposition !
De
17H17 | 06/09/2007 |
Etant donné que les 40 milliards de remises de charges sociales consenties annuellement aux entreprises n'ont rien changé à la situation de l'emploi (ou des prix), ne serait-il pas opportun de revenir sur ce système ?
On pourrait envisager en contrepartie un autre système d'aides aux entreprises basé sur d'autres critères et qui ne mette pas en danger notre système de sécurité sociale.
Et puis, c'est étonnant, on oublie toujours que sous Jospin le trou de la sécu avait été entièrement résorbé. Oui, la croissance était meilleure à cette époque là, mais il me semble que les gouvernements de droite sont quand même de piètres gestionnaires.
Mais serait-ce qu'ils ont tout intérêt à casser le régime de la sécu pour refiler le bébé aux assurances privées ?
Désolé, à chaque fois qu'on parle économie à ce sujet, je pense idéologie…
De lsmart
17H57 | 06/09/2007 |
Et si on répondait à une question simple : Pourquoi les entreprises financent les soins médicaux des particuliers ? et pourquoi pas les réparations de leurs voitures tant qu'on y est ?
à lsmart
De
21H13 | 06/09/2007 |
les entreprises ne financent en aucun cas les soins médicaux. Vous confondez « charges sociales » qui n'est pas le terme exact et « cotisations sociales ». Les entreprises, les salariés, les demandeurs d'emploi indemnisés etc paient des COTISATIONS pour leur assurance maladie. C'est la Sécurité Sociale pour tous.
Parler de « charges » est un leurre du MEDEF qui pleure sur la chèreté des salariés. Mais, s'il y avait plus de salariés qui cotisent, s'il y avait moins de réductions de cotisations (uniquement pour les patrons d'ailleurs), si l'état versait à la Sécu tout ce qu'il lui doit, il n'y aurait plus de trou.
Une population qui peut se soigner coûte moins cher qu'une population qui va attendre le dernier moment, parfois trop tard, pour aller chez le médecin, parce qu'elle n'a pas d'argent.
La TVA sociale est injuste, ne règlera rien du tout, et on pourra toujours attendre qu'elle soit reversée à la Sécu ! Ca me rappelle la vignette automobile dont l'argent devait servir aux personnes âgées …
à lsmart
De
08H50 | 07/09/2007 |
Cher Lsmart, puisque vous êtes journaliste, vous ne devriez pas avoir trop de mal à chercher d'où vient le principe des cotisations sociales.
Cela vous évitera des sorties aussi à côté de la plaque que la vôtre.
Confraternellement,
Otto Naumme