Pour le logement, le marché fera plus que le plan Boutin

Selon les Français, le problème du logement arrive en deuxième ou en troisième position des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur vie quotidienne. D'après un sondage TNS-Sofres pour Nexity de septembre 2006, 86% des Français estiment qu'il est difficile d'obtenir un logement, ils sont une proportion comparable à estimer que les loyers (le prix du logement) sont trop élevés.

Pourtant, cela fait quarante ans ou plus que l'Etat intervient fortement dans la relation entre le bailleur-propriétaire et le locataire : les textes législatifs et réglementaires se succèdent, le code du logement et de l'urbanisme empile les contraintes, le code de procédure civile garantit les droits des locataires en cas de contentieux. On peut être fier, légitimement, d'avoir de grandes lois pour réguler le fonctionnement du marché d'un bien essentiel. Mais, hélas, le succès n'est pas au rendez-vous.

Pour être provocateur, on pourrait prendre une comparaison. La France est un paradis pour les mangeurs de yaourt : il est vraisemblable que seule une toute petite fraction des Français estime qu'il est difficile de trouver un yaourt bio, et sans doute une fraction légèrement plus importante estime qu'ils sont un peu trop chers. Pourtant, à part l'instauration de normes de santé concernant la fermentation ou le nombre de bactéries par centimètre cube, le marché du yaourt est assez libre et la concurrence joue bien.

Est-il donc raisonnable de penser que la solution miracle au problème du logement est un nouvel enchevêtrement de textes ? Alors, lorsqu'on découvre le texte ambitieux de 46 pages et de 26 articles nouveaux présenté sur le site du ministère du Logement, on se dit qu'on est reparti pour un nouveau tour de piste : proposition de loi avec tapage médiatique (PLTM), moyens financiers limités par la crise (MFLC), complexité accrue qui perd au passage les ménages et les experts (CAPPME), et à la fin rien n'aura vraiment changé. Mais soyons justes, il est difficile d'être ministre du Logement en France : c'est un peu comme être entre le marteau (les associations) et l'enclume (Bercy, la réalité du marché).

Laisser les ménages pauvres décider ou pas d'accéder au logement

Examinons quand même d'un peu plus près les grands thèmes du projet de Mme Boutin. Sur le projet phare, la maison à 15 euros, on peut se féliciter de l'accession à la propriété d'une partie des classes populaires. Qui irait argumenter contre le fait qu'il est préférable d'être propriétaire plutôt que de payer un loyer toute sa vie ? Pourtant, cette opposition rhétorique ne tient pas très longtemps. D'une part, un accédant paie des intérêts d'emprunt, d'un montant qui peut être comparable aux loyers : inférieur certes aux loyers du secteur privé, mais supérieur aux loyers d'un logement HLM. Pas sûr que tout le monde y gagne ! Ensuite, acquérir un logement dans le VIIe arrondissement de Paris, c'est prendre un risque financier limité : il est peu probable que les hooligans du Champs de Mars viennent à faire en sorte que le quartier devienne un ghetto où la police n'intervient plus. Pour un quartier de 200 maisons à 15 euros, on peut être plus circonspect.

Si c'était un si merveilleux placement financier qu'on veuille à tout prix inciter les ménages défavorisés à y investir leur maigre épargne, alors il suffirait créer des fonds spéciaux d'investissement, des sortes de SCI, et de les mettre en vente dans les banques. On collecterait ainsi une épargne privée qui co-financerait ces investissements. Mais y croit-on vraiment, à la rentabilité de ces investissements, si les quartiers se dégradent ? Tout cela pour dire qu'il n'est pas du tout garanti que dans quinze ans, les ménages ayant accédé à la propriété de cette façon ne le regrettent pas.

Enfin, le montage d'un tel dossier est opaque financièrement : quels seront les impôts collectés pour financer le plan, dans les poches de quels acteurs privés finiront une partie de ces impôts ? En bonne logique socio-économique, il vaudrait mieux aider les ménages modestes par des politiques du revenu ambitieuses en ponctionnant sur les 35 milliards de budget consacrés spécifiquement au logement, et laisser ces ménages pauvres décider ou pas d'accéder au logement.

Là, une nouvelle fois, c'est une usine à gaz à la française, qui sert un objectif médiatique (on a fait quelque chose de visible même si cela rajoute une couche de complexité au système et nuit à la transparence démocratique globale du système).

Informer les citoyens sur les finances des caisses HLM

Deuxième aspect du plan, ponctionner les ressources financières excédentaires des organismes HLM qui accumulent plutôt que de construire. La logique est simple : l'Etat jacobin se méfie maladivement de toute source de pouvoir décentralisé : des milliards qui dorment dans les caisses, cela ne peut être que dû à l'incompétence et au dévoiement des ressources de la collectivité. Peut-être est-ce en partie vrai dans certains cas. Mais dans un autre domaine que je connais, celui de l'Université, c'est cette même réticence primaire à faire confiance aux acteurs pour savoir ce qui est bon ou moins bon, possible ou infaisable, qui a conduit une administration sans autorité autre que celle de mettre des bâtons dans les roues à intervenir de façon maladroite.

Si ces organismes HLM sont excédentaires et n'investissent pas, et si les citoyens ne sanctionnent pas cela dans les urnes, c'est soit que les HLM ont raison et on peut rendre l'argent aux municipalités pour investir dans des crèches ou des lis d'hôpitaux, soit que la démocratie locale fonctionne mal. L'Etat pourrait dans un premier temps faire en sorte que les citoyens soient bien informés des masses financières présentes dans les caisses, en publiant l'information financière des comptes des sociétés HLM, localité par localité.

Quand les locataires HLM viendront se plaindre de ne pas avoir de coup de peinture dans la cage d'escalier, ou quand les demandeurs de logement social entendront qu'il y a dix-huit mois de liste d'attente en HLM, ils sauront aussi qu'il existe un fonds de 200 millions d'euros dans la caisse locale.

Troisième aspect, la rénovation des quartiers avec un financement en apparence ambitieux (2,5 milliards mais répartis sur sept ans). La logique économique ne trouve là rien à redire : il est légitime d'aider à la rénovation de quartiers car le marché seul ne fonctionne pas bien en présence d'externalités.

Pourquoi est-ce à l'Etat de fixer le montant de ces aides et de les financer, et pas aux Régions ? Cela reste un mystère, mais on peut supposer qu'une administration centralisée peut presqu'aussi facilement repérer les besoins qu'une administration régionale car les critères sont faciles à quantifier.

Une limite dans l'arbitraire de l'attribution de HLM

Quatrième aspect, l'assouplissement de la loi sur les 20% de logements sociaux, en élargissant le cadre définissant les logements entrant dans le calcul. L'idée d'assouplissement est intéressante (les besoins ne peuvent pas être identiques dans les 36 000 communes de France ! ). Pourtant, les associations regrettent beaucoup que cela soit un renoncement et une diminution des contraintes imposées aux communes. Sans doute eût il-été de bonne politique de mener conjointement l'élargissement du cadre de définition et une légère augmentation du seuil de 20% (par exemple 24%), mais on ne se rend pas toujours compte à quel point il est difficile d'être ministre du Logement en France.

Cinquième aspect, l'abaissement du seuil de revenu pour l'éligibilité au logement social (il est actuellement tel que 80% de la population est éligible alors que le parc représente moins de la moitié du parc locatif, privé et public confondu). Là, pas de remarque, c'est assez consensuel, et limitera un peu l'arbitraire dans l'attribution des logements sociaux, qui ne garantit pas l'équité.

Sixième aspect, ce qui est appelé pudiquement la dynamisation du parc HLM, le fait que le maintien dans les lieux ne soit plus garanti pour les populations excédant largement les seuils. Cela fait polémique, mais c'est aussi une question de justice.

Enfin, ce qui probablement est une des grandes causes de dysfonctionnement du locatif et qui conduit les propriétaires à sélectionner durement leurs locataires, excluant les plus démunis et les minorités de façon insidieuse du logement : la durée des procédures de contentieux et le délai avant de recouvrer son logement en cas d'impayé. Le problème est traité à la marge, avec une diminution du délai maximum que le juge peut imposer (ce délai passe de trois ans à un an dans l'article 19 du projet de loi). C'est de la poudre aux yeux et cela ne rassurera pas les propriétaires. Il faut une vraie simplification du droit en la matière.

La conclusion : cette proposition de loi ne changera pas grand chose, et les forces économiques (l'offre de crédit des banques, les fluctuations des taux d'intérêts) affecteront plus l'accès au logement que les strates nouvelles de dispositifs qui ne simplifie en rien ce qui pré-existait. Rappelons encore qu'au Québec où personne ne se plaint du logement, le droit relatif au logement est un sous-chapitre du droit des contrats, il tient sur une vingtaine de pages (et en anglais et en français) et n'a presque pas changé depuis 1991.

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Portrait de compte supprimé 22 janvier

à Emmanuel1 Portrait de Emmanuel1 De compte supprimé 22 janvier

11H09 | 04/08/2008 | Permalien

Tout à fait vrai, mais évidemment le politique cache aussi par des sytèmes complexes son incompétence.

Portrait de el Chiquito

à compte supprimé 22 janvier Portrait de compte supprimé 22 janvier De el Chiquito

en promenade | 11H43 | 04/08/2008 | Permalien

Croire que l'Etat est incompétent pour régler les problèmes ? Il ne faut pas être naïf. L'Etat prend des mesures qui vont dans le sens de sa politique. Faire acquerrir la propriété aux pauvres, c'est les fixer pour un bon moment loin des beaux quartiers.

Portrait de kkadim

à Emmanuel1 Portrait de Emmanuel1 De kkadim

service public rhone alpes | 17H06 | 04/08/2008 | Permalien

c'est bien la le probléme : la vie est complexe, trés complexe même.

Portrait de vieux grincheux

à kkadim Portrait de kkadim De vieux grincheux

libre penseur | 06H13 | 05/08/2008 | Permalien

allez voir du côté d » Edgar Morin….Lol ! ! !

Ensuite, c'est bien parce que la vie est risquée que toute l » histoire des Humains est jalonnée de mutualisation, de coopération et d » empathie.

N » en déplaise à la patronne du Medef, pour qui la guerre de tous contre tous serait l » alpha et l » omega du devenir de l » humanité, il y aura toujours des citoyens lucides pour lui rappeler que l » histoire du patronat français et des propriétaires adeptes de la loi du marché libre et non faussé….(du pipeau) est jalonnée d » épisodes où ce pauvre patronat est venu demander du secours à papa l » Etat, en couinant que la conjoncture par ici, les tendances par là, les vilains chinois, le protectionnisme des yankees…

et qui c'est qui est passé à la caisse ? ? les contribuables, toi, moi, nous….et que je te fais la danse du tapis…Lol ! ! ! et que je te lyonnise le crédit….Lol ! !

Votre dévoué Vieux Grincheux

Portrait de sccber

à Emmanuel1 Portrait de Emmanuel1 De sccber

19H21 | 04/08/2008 | Permalien

Quand je lis un bouquin écrit par un informaticien, concernant l'informatique, je ne suis pas frappé par la simplicité mise en œuvre : c'est (presque ? ) toujours mal foutu, non synthétisé, voir carrément bordélique, ce que j'appelle la pensée copier/coller. J'ai connu des didacticiels commis par des informaticiens, sur l'apprentissage des langues qui ignoraient les deux derniers siècle de recherche sur le sujet : ils avaient fait simple, mais ça n'avait aucun rapport avec la langue, fruit complexe d'une communauté au cours de l'histoire…
A vous entendre il faut faire simple, alors que les scientifiques parlent de toujours plus de complexité ! Si tout est efficace quand on fait simple essayer donc de faire voler un avion ! Et le vivant c'est tellement simple qu'on va vaincre la maladie et même la mort ! Comprendre n'est jamais simple (comment penser la complexité ? ) et sans la compréhension comment voulez-vous que les solutions soient efficaces ?
D'ailleurs, vous parlez d'efficacité comme si c'était un concept simple dont il ne faille pas donner une définition.
Allez, allons au plus simple : le marché, le marché, le marché… et la complexité vous retombera vite sur la gueule : crise économique, pollution, guerre, génocide…

Portrait de Pierrrrre

à sccber Portrait de sccber De Pierrrrre

20H31 | 04/08/2008 | Permalien

En informatique, les développements remplis d'astuces, d'embrouillaminis en tout genre sont souvent à jeter :
nombre de lignes du programme de facturation d'un opérateur national : 1 million de lignes !

C'est vous dire combien le souci d'une clarté, d'une lisibilité, d'une structuration des programmes s'est fait ressentir.

J'ai trouvé ce parallèle avec l'informatique extrêmement pertinent : « faire simple “
Et lorsqu'un programme complexe demande à être modifié, il est souvent plus simple de tout le réécrire, fusse au prix d'un an de travail pour 10 développeurs,
que d'essayer d'en décrypter les arcanes et bouts de ficelles tordus.

La règlementation concernant le logement, ainsi que toute règlementation en France mèriterait d'être complètement refondue, simplifiée,
par des techniciens rationnels,
en éloignant les politiques qui voudront rajouter le ‘If appartiennent à mon quartier then, leur donner cet avantage’ quand ce n'est pas un goto qui nous fait aller dans des méandres inconnues, histoire de court-circuiter l'obstacle.

Portrait de Léonard

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De Léonard

chercheur (errer humanum est) | 14H43 | 05/08/2008 | Permalien

Une petite nuance à propos de cette ligne de discours sur la « simplification ».

La simplification en sciences (pas seulement en informatique) a ses vertus -- c'est incontestable. Un grand nombre de découvertes scientifiques sont issues de simplifications tellement énormes que personne n'osait les faire. Le modèle de Lorentz (simplification d'un système d'équations différentielles censé modéliser au départ la météo) est un excellent exemple, le langage de programmation C, le système d'exploitation UNIX ou le courrier électronique en sont d'autres.

Le parallèle cependant avec les sciences n'est pas exempt de défaut.

Mais qui nierait que le système des ventes de n'importe quel groupe commercial a sinon vocation du moins nécessité à accroître sa complexité ? Et si c'est le cas, comment un état digne de ce nom ne pourrait-il, à son corps défendant, faire autrement que suivre (accompagner ? ) ce mouvement ?

Il fut un temps -- certains riverains s'en souviennent peut-être, ce n'est pas si éloigné -- où le billet de train SNCF était valable deux mois. Le système ne fonctionnait pas mal pour l'usager que l'on n'appelait pas encore client.

Ah bien sûr, aujourd'hui, « c'est impossible ». Se faire rembourser un billet est un luxe. Payez l'assurance. En échange, qu'avons-nous gagné ? Le droit de chercher et de payer à domicile, dans des conditions techniques de très mauvaises qualités, notre billet que nous renonçons à acheter à un vendeur (par manque de personnel). Si le système informatique de la sncf saute au moment où vous payez et que vous devez payer au guichet une deuxième fois votre billet, à vous de démontrer votre bonne foi avec les justificatifs. Et si vous voulez changer de train en plus… Mais peu importe ici ce que l'on en pense positivement ou non.

Chaque système a ses défauts, sans doute, et pourtant la complexité n'est pas une donnée uniforme qu'il s'agit de pourfendre à tout bout de champ.

On peut être partisan d'une simplification des procédures de bail en France sans mettre l'état à la poubelle (quand cela nous arrange) et le rappeler à la rescousse (quand cela nous arrange). Mais il ne suffit pas pour cela de « techniciens rationnels ». Tout ce débat technique ne doit pas permettre d'esquiver le débat de fond du choix collectif -- et pas seulement ce qui m'arrange, moi, en tant que bâilleur ou même la collectivité des bâilleurs.

En conclusion, la simplification en sciences a ses vertus libératrices, mais les questions humaines ne se prêtent guère à la simplification. Il est peu probable d'ailleurs qu'il existe une réponse uniforme à la question du logement (posée collectivement). En revanche, il y a des choix politiques et ces choix politiques sont rarement le fait d'une éducation citoyenne et sociale.

Portrait de jjezfm

De jjezfm

Internaute | 10H11 | 04/08/2008 | Permalien

excellente analyse,

je suis seulement surprise que le problème du logement ne soit pas le n°1 de la liste, mais il est vrai qu'il y a pas mal de veinards qui ont hérité ou sont propriétaires depuis plus de dix ans ; tant mieux pour eux, ça fait toujours quelques uns de moins qui galèrent
merci d'avoir rappelé qu'être propriétaire n'est pas automatiquement plus rentable financièrement qu'être locataire, selon les (faibles) capacités d'emprunt et le quartier…

j'ajoute juste un détail : les impôts locaux sont déconnectés du revenu. A Marseille dans un quartier populaire, pour 45m2, on paye 70 € de taxe foncière par mois, même si on est pas imposable (et autant de taxe d'habitation)

cette loi sera comme toutes les autres : quelques bonnes mesures, à la marge, noyées dans de la poudre aux yeux qui permettra, pendant les 20 prochaines années, de dire « c'est fait, on y touche plus »

Portrait de ecor1

De ecor1

sur le fil | 11H17 | 04/08/2008 | Permalien

D'abord la maison à 100 000 euros
puis celle à 15 euros
l'ordinateur à 1 euro

Un président à 20 000 euros

La France en quelques chiffres…

Portrait de free_world

De free_world

Chercheur | 12H51 | 04/08/2008 | Permalien

Je ne comprends pas la schizophrénique de la politique du gouvernement. D'un côté on ne peut pas se réclamer partisan du développement durable et simultanément soutenir des maison à (15*30) 450€ par mois.

En effet, une maison à ce prix est obligatoirement bas de gamme, polluante et a une durée de vie de moins de 30 ans !

Mais le pire, c'est la localisation géographique de ces maisons, elles vont être reléguées dans la lointaine périphérie des grandes agglomérations pour bénéficier d'un foncier abordable. Or ces zones ne sont pas déservit en transport public et l'on doit s'attendre naturellement à ce que les occupants soient obligés d'utiliser une à deux voitures pour l'ensemble de leurs déplacements.

En conclusion, c'est une fausse bonne idéee, qui nous couteras très cher dans le futur avec l'augmentation du pétrole et contribue à la relégation géographique les populations les plus précaires.

Portrait de Erwan69100

De Erwan69100

12H56 | 04/08/2008 | Permalien

Que le gouvernement s'occupe d'abord de mettre les communes en régle avec les logements sociaux. On verra plus tard pour la maison à 15€ ! Cette équipe gouvernementale est complètement à côté de ses pompes !

Portrait de Piedo

à Erwan69100 Portrait de Erwan69100 De Piedo

Assis | 13H52 | 04/08/2008 | Permalien

Pas d'accord.

Cette équipe gouvernementale est, au contraire, tout-à-fait cohérente avec la doctrine libérale. Elle est également parfaitement en phase avec ce que les patrons lui disent de faire.

Le bon sens, c'est pas son problème. Son problème, c'est flinguer le code du travail, la fonction publique, la sécurité sociale et autres acquis sociaux.

Portrait de Piedo

à Erwan69100 Portrait de Erwan69100 De Piedo

Assis | 13H53 | 04/08/2008 | Permalien

Edit : répétition

Portrait de sinclair

De sinclair

15H26 | 04/08/2008 | Permalien

Poudre aux yeux faux semblant et argument publicitaires.

Pour en bénéficier vraiement il faut un couple avec deux enfants aux revenus de moins de 3000 € et en bénéficiant de toutes les aides possible, APL comprises et en trouvant le terrain idoine, le remboursement se fera sur 30 a 40 ans remboursement terrain + maison. C'est l'effet 1 milliard sur trois trois ans en fait 300 milions par an si tout va bien.

En fait on nous a ressorti la maison a 100 000€ de Borloo avec mise a jour. Le nombre de conditions pour y accéder tient du jeu de loto. Ce qui explique que seules quelques maisons de ce type sont sorties de terre a ce jour.

Voir la plaquette publicitaire gouvernementale ici http://www.proprietairedemamaisonpour15eurosparjour.fr/particuliers/fich… bien tout lire et compléter les vides.

Second effet Kiss cool dans 20 ou 25 ans, en cas d'impossibilité de finir de payer la maison sachant que le terrain reste a payer sur au moins 15 ans. On nous dit « la maison vous sera rachetée et vous serez relogé » ce que l'on ne dit pas c'est a quel prix en fonction du nombre d'année payé on rachètera la maison (prix du marché ou application d'un coefficient de vétusté) cela risque d'être quasi rien comme aux USA qui ont le même principe sachant que le propriétaire du terrain a de fait la propriété du tout jusqu'à ce que le dernier euro soit payé.

Et on ne parle pas de la taxe foncière qui sera a payer ainsi que la part de taxe d'habitations environ 150€ par mois au bas mot.

Le marché la dedans au travers des banques prendra son bénéfice et voila tout. Son but est le lucre pas la bienfaisance.

Portrait de pierrejcallard

à sinclair Portrait de sinclair De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 02H01 | 05/08/2008 | Permalien

Rien, en effet, ne montre une volonté sérieuse d'intervenir. Si on pensait à la relation proprio locataire ?

Pierre JC Allard

http://www.nouvellesociete.org/106.html

Portrait de Artich

De Artich

15H35 | 04/08/2008 | Permalien

L'Etat pourrait dans un premier temps faire en sorte que les citoyens soient bien informés des masses financières présentes dans les caisses, en publiant l'information financière des comptes des sociétés HLM, localité par localité.

Si il y a bien des masses financière et que l'état ne fait rien pour diffuser l'information cela ne serait pas au journaliste de le faire ?

Le financement et l'argent et toujours un sujet obscur que peut de personne ose abordée complètement. A quand des journaliste faisant des investigations sur cela ?

Cela n'est pas une critique a ce journal qui est un des rares a avoir osé parler de ces actionnaires mais rien n'interdit de faire de même sur les autres journaux, pour commencé, et en suivant les grand groupe « francais » (d'ailleurs les deux enquêtes ne devrais pas êtres si différentes).

Portrait de taner

De taner

Blasé notoire | 15H43 | 04/08/2008 | Permalien

Il est assez dommage que cet article ne mentionne pas un autre aspect de la politique de logement de l'actuel gouvernement : le pillage des ressources des organismes chargés d'assurer le financement du logement social. Cette disposition n'est pas dans le projet de Boudin, mais dans la loi LME, comme quoi le gouvernement peut parfois faire preuve de subtilité. Il s'agit, vous l'aurez deviné, de la généralisation du Livret A.

En effet, sous la pression de la Commission, le gouvernement a été sommé de mettre fin au monopole de la banque postale sur la distribution du livret A (il y avait aussi les caisses d'épargne et le crédit mutuel avec le livret bleu, mais passons). Jusque là, pas de rapport avec le logement.
Seulement voila, jusqu'à présent, les fonds récoltés avec le livret A (137 milliards d'euros pour l'année 2007)étaient centralisés à la Caisse des Dépôts et Consignations, qui se servait ensuite de cette manne pour prêter aux organismes qui financent directement le logement social.
Mais devinez quoi ? Puisqu'on encombre les banques commerciales avec des comptes peu lucratifs comme les livrets A, il leur faut une contrepartie. C'est pourquoi cette disposition de la loi LME permet aux banques commerciales distributrices de livret A de récupérer près de deux tiers des ressources de ce même Livret A, au dépens de la CDC et des organismes auxquels elle prête, ce qui revient, in fine, à assécher les finances du logement social.

Le manque de lisibilité de l'action gouvernementale devient récurrent, à moins que l'on ne compte sur une flambée du nombre de proprios pour rendre moins utile le logement social, mais je pense que personne, y compris notre très pieuse ministre, n'a foi dans le dernier plan « brico-logement ».

Portrait de kkadim

à taner Portrait de taner De kkadim

service public rhone alpes | 17H12 | 04/08/2008 | Permalien

donc en fait si j'ai bien compris : on remplace un systéme de mutualisation ( via le livret a) par un systéme individuel ( tu sorts 15e de ta poche tous les jours ).
donc rien de bien nouveau sous le soleil.

Portrait de padiran

De padiran

Chroniqueur mondain | 15H57 | 04/08/2008 | Permalien

L'eternel retour des mêmes recettes, avec toujours les mêmes conséquences, ou l'histoires des chalandonettes du nom de A. Chalandon Ministre de l'équipement et du logement (1969-1972) du gouvernement de J. Chaban-delmas
Extrait

La folie pavillonnaire (1965-1975)

Pendant les quinze années qui ont suivi la IIe Guerre mondiale, le gouvernement français, influencé par la Charte d'Athènes et les idées de Le Corbusier en matière d'urbanisme et d'architecture, a développé un programme imposant de réalisations de villes nouvelles et de logements collectifs. Il fallait en effet loger les Français dont les villes avaient été abîmées par la guerre, puis construire pour les rapatriés d'Afrique du Nord. L'urgence et la vision urbaine se combinaient pour privilégier l'habitat collectif. Mais les sondages, d'abord embryonnaires puis plus précis, montraient que les Français rêvaint de pavillons.

A partir du milieu des années 60, le gouvernement, en la personne des ministres Pisani, Nungesser, puis Chalandon, se décida à mettre en place une politique plus favorable aux maisons individuelles. La naissance d'une génération de cadres, la baisse des coûts de la construction ainsi que l'influence américaine avaient installé le pavillon en haut des biens de consommation durable d'une catégorie de Français.

La Fabrique de l'histoire revient sur cette période de 1965 à 1975 qui marqua l'explosion de l'habitat pavillonnaire, avec des hommes politiques (Roland Nungesser, Albin Chalandon) des architectes, des promoteurs ainsi que les habitants du premier Villagexpo, village de maisons individuelles installé à Saint-Michel-sur-Orge.

Documentaire d'Emmanuel Laurentin et de Véronique Lamendour.

La suite fût un bide monumental au même titre que les maisosn BORLOO
La France des propriétaires est un vieux rêve de l'UNR, du RPR et maintenant de l'UMP.
Attention aux Subprime

Portrait de kkadim

à padiran Portrait de padiran De kkadim

service public rhone alpes | 17H18 | 04/08/2008 | Permalien

c'est même un vieux réve à la pétain. je constate une fois de plus que nous sommes incapable de concevoir une ville actuelle ( le XIX° siécle le fit avec « hausmann », et ce fut une réussite pour nos villes-centres qui tiennent vaille que vaille toujours le coup malgrés les changements radicaux imposés à l'urbain ) les « cités » de banlieues sont rasées à coup de dynamite alors on se réfugie dans la petite maison dans la prairie, cà ne mange pas de pain, et c'est tellement plus rassurant.

Portrait de padiran

à kkadim Portrait de kkadim De padiran

Chroniqueur mondain | 22H06 | 04/08/2008 | Permalien

A part que l'hausmanien c'est uniquement développé sur Paris et qu'il correspondait à une spéculation immobiliaire de toute beauté

Portrait de Un vieux

De Un vieux

retraité | 16H45 | 04/08/2008 | Permalien

Et quid du mobilier, objets de vie et autres accessoires de jardin du sous-occupant d'un 5 pièces, en pavillon, relégué dans un deux pièces au 3ème étage ? ? D'autant plus que ce seront, pour la plupart, des anciens, pour lesquels une adaptation sera difficile quand ils devront porter leurs courses dans un escalier, et ne pourront plus recevoir leurs petits enfants…

D'autre part, la majorité de la population agée des HLM ne fait pas partie de ces sexagénaires fringuants, passant du parachute au cheval avec une partie de golf entre les deux dont nous rassasie la télé…

Réadapter l'espace, c'est normal, et souvent souhaitable pour des retraités se retrouvant avec des surfaces trop grandes à entretenir… mais changer de façon abrupte leur mode de vie, n'est-ce pas les asseoir devant un téléviseur en attendant de les retrouver momifiés dans le canapé un an plus tard ?

Portrait de ogareff

De ogareff

19H07 | 04/08/2008 | Permalien

Comme si le marché avait déjà fait quelque chose pour les locataires…

Portrait de Pierrrrre

à ogareff Portrait de ogareff De Pierrrrre

20H37 | 04/08/2008 | Permalien

 »….Comme si le marché avait déjà fait quelque chose pour les locataires…. »

► Il leur permet simplement de négocier un prix de location, en accord avec un bailleur.

Sa mécanique est vertueuse, puisque si peu de logements disponibles, les prix montent, et les investisseurs investissent afin d'en profiter, ce qui fait chuter les prix..

Mais en France, les prix ont beau être élevés,
la fiscalité, ainsi que les réglementations contraignantes rendent le locatif trop risqué, éloignent les investisseurs… et font baisser le nombre de logements proposés sur le marché…

..donc, monter les prix…

Portrait de ogareff

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De ogareff

21H26 | 04/08/2008 | Permalien

C'était « Adam Smith chez les Bisounours », merci. Ils ont dû rater ta conférence, à Londres, vu que les loyers sont encore plus chers qu'à Paris. Tss les socialo-communistes de la City, c'est vraiment la plaie ! Ah oui et puis tant qu'à faire, va dire ça aux States aussi : il m'avait pas semblé qu'au paradis libéral la mécanique vertueuse de l'immobilier fonctionnait très à bloc ces derniers temps. Mais t'as raison : la crise des subprimes, c'est bien évidemment lié à une réglementation trop contraignante, pas du tout à une dérégulation effrénée…

Portrait de fouqs

De fouqs

cadre du BTP | 22H41 | 04/08/2008 | Permalien

diplomé de science po et tout et tout , moi je veux bien plaindre les proprietaires de petit logements loues a des pauvres a des prix prohibitifs ,mais avez vous une solution à proposer,j'en doute cela se saurait ,et plutot que de sortir ces titres il serai sans doute pour les internautes de 89 plus interressant d'avoir une ébauche de solution a un probleme récurant,c'est sans hors de vos capacités ,Mosieur le professeur ! ! ! !

Portrait de Guigos

De Guigos

ingénieur | 23H02 | 04/08/2008 | Permalien

La véritable cause du problème du logement en France se situe au niveau de l'offre, surtout en région parisienne. Depuis une vingtaine d'années, nous sommes de plus en plus nombreux, et le Plan d'Occupation des Sols n'a pas été modifié : jusque dans les années 70 les lignes de RER étaient toujours plus importantes ce qui n'est plus le cas.

La demande, de son côté est toujours plus forte : nous sommes toujours plus nombreux, la durée des crédits a été rallongée, ce qui dans une effet de 2d tour provoque une hausse des prix. L'avantage d'une réduction des intérêts d'emprunts votée dans le paquet fiscal provoque également une montée des prix.

Le gouvernement le sait, il vise un objectif de 500.000 nouveaux logements en 2008, mais cet objectif est hors d'atteinte car il n'y a pas de terrain constructible. On détruit des tours de 20 étages pour mettre des petits immeubles de 2 à 4 étages, et le POS n'autorise pas à aller plus loin en région parisienne.

Portrait de crock_

De crock_

retraité | 23H25 | 04/08/2008 | Permalien

bonsoir.je suis retraité,bénévole au DALL
nord pas de calais. les proprios ne connaisse pas la loi DALO. c'est sqandaleus de voir des familles complétes entassés comme des bêtes dans 35m2 sans hygienne sans
chauffage l'hiver avec des bébés vivant avec
des rats des souris des cafars.(escusez moi
pour les fautes) . rue de la banque à paris
des CRS brulé les tentes tapé les enfants et
les femmes pendant que les hommes son partis
travailler pour gagner 6659f.il faut être
FAINÉANT pour taper sur des enfants et des
femmes. je ne suis pas fier d'être FRANÇAIS
JE M'ESCUSE pour les fautes.

Portrait de Alain Pacifique

De Alain Pacifique

04H26 | 05/08/2008 | Permalien

MPCATI

(merci pour cet article tres intéressant.)

Portrait de kilimandja

De kilimandja

working girl | 08H52 | 05/08/2008 | Permalien

« quand les demandeurs de logement social entendront qu'il y a dix-huit mois de liste d'attente en HLM »

Chez vous il n'y a que 18 mois… ? ? ? J'arrive !
Plus sérieusement, dans bien des cas, vous pouvez compter en années. J'en connais un à Ivry (94) qui a posé son dossier alors qu'il était encore au lycée pour en avoir un quand il terminerait son BTS. Le pire c'est qu'il a eu raison : quasiment 5 ans d'attente…

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