Pour le logement, le marché fera plus que le plan Boutin

Selon les Français, le problème du logement arrive en deuxième ou en troisième position des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur vie quotidienne. D'après un sondage TNS-Sofres pour Nexity de septembre 2006, 86% des Français estiment qu'il est difficile d'obtenir un logement, ils sont une proportion comparable à estimer que les loyers (le prix du logement) sont trop élevés.

Pourtant, cela fait quarante ans ou plus que l'Etat intervient fortement dans la relation entre le bailleur-propriétaire et le locataire : les textes législatifs et réglementaires se succèdent, le code du logement et de l'urbanisme empile les contraintes, le code de procédure civile garantit les droits des locataires en cas de contentieux. On peut être fier, légitimement, d'avoir de grandes lois pour réguler le fonctionnement du marché d'un bien essentiel. Mais, hélas, le succès n'est pas au rendez-vous.

Pour être provocateur, on pourrait prendre une comparaison. La France est un paradis pour les mangeurs de yaourt : il est vraisemblable que seule une toute petite fraction des Français estime qu'il est difficile de trouver un yaourt bio, et sans doute une fraction légèrement plus importante estime qu'ils sont un peu trop chers. Pourtant, à part l'instauration de normes de santé concernant la fermentation ou le nombre de bactéries par centimètre cube, le marché du yaourt est assez libre et la concurrence joue bien.

Est-il donc raisonnable de penser que la solution miracle au problème du logement est un nouvel enchevêtrement de textes ? Alors, lorsqu'on découvre le texte ambitieux de 46 pages et de 26 articles nouveaux présenté sur le site du ministère du Logement, on se dit qu'on est reparti pour un nouveau tour de piste : proposition de loi avec tapage médiatique (PLTM), moyens financiers limités par la crise (MFLC), complexité accrue qui perd au passage les ménages et les experts (CAPPME), et à la fin rien n'aura vraiment changé. Mais soyons justes, il est difficile d'être ministre du Logement en France : c'est un peu comme être entre le marteau (les associations) et l'enclume (Bercy, la réalité du marché).

Laisser les ménages pauvres décider ou pas d'accéder au logement

Examinons quand même d'un peu plus près les grands thèmes du projet de Mme Boutin. Sur le projet phare, la maison à 15 euros, on peut se féliciter de l'accession à la propriété d'une partie des classes populaires. Qui irait argumenter contre le fait qu'il est préférable d'être propriétaire plutôt que de payer un loyer toute sa vie ? Pourtant, cette opposition rhétorique ne tient pas très longtemps. D'une part, un accédant paie des intérêts d'emprunt, d'un montant qui peut être comparable aux loyers : inférieur certes aux loyers du secteur privé, mais supérieur aux loyers d'un logement HLM. Pas sûr que tout le monde y gagne ! Ensuite, acquérir un logement dans le VIIe arrondissement de Paris, c'est prendre un risque financier limité : il est peu probable que les hooligans du Champs de Mars viennent à faire en sorte que le quartier devienne un ghetto où la police n'intervient plus. Pour un quartier de 200 maisons à 15 euros, on peut être plus circonspect.

Si c'était un si merveilleux placement financier qu'on veuille à tout prix inciter les ménages défavorisés à y investir leur maigre épargne, alors il suffirait créer des fonds spéciaux d'investissement, des sortes de SCI, et de les mettre en vente dans les banques. On collecterait ainsi une épargne privée qui co-financerait ces investissements. Mais y croit-on vraiment, à la rentabilité de ces investissements, si les quartiers se dégradent ? Tout cela pour dire qu'il n'est pas du tout garanti que dans quinze ans, les ménages ayant accédé à la propriété de cette façon ne le regrettent pas.

Enfin, le montage d'un tel dossier est opaque financièrement : quels seront les impôts collectés pour financer le plan, dans les poches de quels acteurs privés finiront une partie de ces impôts ? En bonne logique socio-économique, il vaudrait mieux aider les ménages modestes par des politiques du revenu ambitieuses en ponctionnant sur les 35 milliards de budget consacrés spécifiquement au logement, et laisser ces ménages pauvres décider ou pas d'accéder au logement.

Là, une nouvelle fois, c'est une usine à gaz à la française, qui sert un objectif médiatique (on a fait quelque chose de visible même si cela rajoute une couche de complexité au système et nuit à la transparence démocratique globale du système).

Informer les citoyens sur les finances des caisses HLM

Deuxième aspect du plan, ponctionner les ressources financières excédentaires des organismes HLM qui accumulent plutôt que de construire. La logique est simple : l'Etat jacobin se méfie maladivement de toute source de pouvoir décentralisé : des milliards qui dorment dans les caisses, cela ne peut être que dû à l'incompétence et au dévoiement des ressources de la collectivité. Peut-être est-ce en partie vrai dans certains cas. Mais dans un autre domaine que je connais, celui de l'Université, c'est cette même réticence primaire à faire confiance aux acteurs pour savoir ce qui est bon ou moins bon, possible ou infaisable, qui a conduit une administration sans autorité autre que celle de mettre des bâtons dans les roues à intervenir de façon maladroite.

Si ces organismes HLM sont excédentaires et n'investissent pas, et si les citoyens ne sanctionnent pas cela dans les urnes, c'est soit que les HLM ont raison et on peut rendre l'argent aux municipalités pour investir dans des crèches ou des lis d'hôpitaux, soit que la démocratie locale fonctionne mal. L'Etat pourrait dans un premier temps faire en sorte que les citoyens soient bien informés des masses financières présentes dans les caisses, en publiant l'information financière des comptes des sociétés HLM, localité par localité.

Quand les locataires HLM viendront se plaindre de ne pas avoir de coup de peinture dans la cage d'escalier, ou quand les demandeurs de logement social entendront qu'il y a dix-huit mois de liste d'attente en HLM, ils sauront aussi qu'il existe un fonds de 200 millions d'euros dans la caisse locale.

Troisième aspect, la rénovation des quartiers avec un financement en apparence ambitieux (2,5 milliards mais répartis sur sept ans). La logique économique ne trouve là rien à redire : il est légitime d'aider à la rénovation de quartiers car le marché seul ne fonctionne pas bien en présence d'externalités.

Pourquoi est-ce à l'Etat de fixer le montant de ces aides et de les financer, et pas aux Régions ? Cela reste un mystère, mais on peut supposer qu'une administration centralisée peut presqu'aussi facilement repérer les besoins qu'une administration régionale car les critères sont faciles à quantifier.

Une limite dans l'arbitraire de l'attribution de HLM

Quatrième aspect, l'assouplissement de la loi sur les 20% de logements sociaux, en élargissant le cadre définissant les logements entrant dans le calcul. L'idée d'assouplissement est intéressante (les besoins ne peuvent pas être identiques dans les 36 000 communes de France ! ). Pourtant, les associations regrettent beaucoup que cela soit un renoncement et une diminution des contraintes imposées aux communes. Sans doute eût il-été de bonne politique de mener conjointement l'élargissement du cadre de définition et une légère augmentation du seuil de 20% (par exemple 24%), mais on ne se rend pas toujours compte à quel point il est difficile d'être ministre du Logement en France.

Cinquième aspect, l'abaissement du seuil de revenu pour l'éligibilité au logement social (il est actuellement tel que 80% de la population est éligible alors que le parc représente moins de la moitié du parc locatif, privé et public confondu). Là, pas de remarque, c'est assez consensuel, et limitera un peu l'arbitraire dans l'attribution des logements sociaux, qui ne garantit pas l'équité.

Sixième aspect, ce qui est appelé pudiquement la dynamisation du parc HLM, le fait que le maintien dans les lieux ne soit plus garanti pour les populations excédant largement les seuils. Cela fait polémique, mais c'est aussi une question de justice.

Enfin, ce qui probablement est une des grandes causes de dysfonctionnement du locatif et qui conduit les propriétaires à sélectionner durement leurs locataires, excluant les plus démunis et les minorités de façon insidieuse du logement : la durée des procédures de contentieux et le délai avant de recouvrer son logement en cas d'impayé. Le problème est traité à la marge, avec une diminution du délai maximum que le juge peut imposer (ce délai passe de trois ans à un an dans l'article 19 du projet de loi). C'est de la poudre aux yeux et cela ne rassurera pas les propriétaires. Il faut une vraie simplification du droit en la matière.

La conclusion : cette proposition de loi ne changera pas grand chose, et les forces économiques (l'offre de crédit des banques, les fluctuations des taux d'intérêts) affecteront plus l'accès au logement que les strates nouvelles de dispositifs qui ne simplifie en rien ce qui pré-existait. Rappelons encore qu'au Québec où personne ne se plaint du logement, le droit relatif au logement est un sous-chapitre du droit des contrats, il tient sur une vingtaine de pages (et en anglais et en français) et n'a presque pas changé depuis 1991.

91 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Lycéen à Paris | 00H42 | 04/08/2008 | Permalien

A lire cet article, je vois que le logement ne va pas voir le moindre résultat avant quelques années. En effet, il s'agit, selon le programme de Monsieur Sarkozy, de faire de la France un pays de propriétaires et de réformer profondément le système des HLM (ce sont là les projets phares que Madame Boutin est chargée de mettre en place).

En ce qui concerne l'ambition de Monsieur Sarkozy à faire de la France un pays de propriétaires, je n'y vois pas d'inconvénients. A mon avis, cette idée est bonne car « une maison à 15 euros » pourrait rendre les quartiers aisés plus accessibles à des personnes défavorisées. Rassurez-vous, je sais que ce projet de révolutionnera pas le système du logement, qu'il comporte de gros inconvénients, et qu'il est très médiatique mais, au moins, ça bouge lentement mais sûrement (j'espère).

Le problème, en revanche, c'est la réforme que veut mener Monsieur Sarkozy sur les HLM. Nous sommes, en ce moment, dans une période difficile d'un point de vue économique. Cela a un impact mondial et, logiquement, les Français voient leur pouvoir d'achat baissé. Qui dit moins d'argent dit moins de consommation. On peut s'étonner, donc, de voir que 80% des Français pourraient résider dans un HLM. Soit c'est à cause de l'Etat qui ouvre son arsenal de logement trop facilement soit c'est à cause du pouvoir d'achat des Français qui baisse continuellement. A mon avis, c'est la deuxième raison.

Si Monsieur Sarkozy souhaite limiter la construction de nouveaux HLM et rendre ces derniers plus accessibles aux plus démunis, c'est très bien. Ils sont prioritaires, et cela est tout à fait normal. Si Monsieur Sarkozy veut, en échange, faire de la classe moyenne une communauté de propriétaires, c'est aussi une idée qui promet. Mais, encore une fois, la classe moyenne souffre. Le gouvernement ne peut pas se permettre de refuser leur dossier et de les inciter à trouver un logement sur le marché tout de suite. La posture économique est bien trop mauvaise que, pendant quelques années, le Gouvernement doit ouvrir ses HLM a plus de personnes.

Entre temps, en revanche, il faut se battre pour résoudre les problèmes du pouvoir d'achat. Et c'est ce que le Gouvernement tente de faire. Une fois le problème résolu, on pourra alors mettre en oeuvre les promesses de Monsieur Sarkozy, en ce qui concerne le logement.

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à NicolasB Portrait de NicolasB De les_canards

08H49 | 04/08/2008 | Permalien

« A mon avis, cette idée est bonne car “ une maison à 15 euros ” pourrait rendre les quartiers aisés plus accessibles à des personnes défavorisées. »

J'ai peur que ton avis soit complètement infondé, Nicolas : la maison à 15 euros par jour doit coûter 15 euros par jour - autrement dit il n'a jamais été question d'en faire construire dans les « quartiers aisés » où les prix sont infiniment plus élevés ! EW ne dit d'ailleurs pas autre chose : il y aura des lotissements de maisons à 15 euros, et pas dans l'arrondissement de Rachida Dati !

En outre, comme on ne parle que de « maison » (avec petit jardin), et de construction (pas de rachat a priori), elles ne seront pas non plus près des centres. Si la maison elle-même n'est pas chère, l'essence pour aller travailler risque de coûter bonbon !

(sinon, une astuce : en francais, « M. » est tout aussi correct que « Monsieur » quand on ne s'adresse pas à la personne, mais qu'on la désigne à un tiers).

Portrait de vieux grincheux

à les_canards Portrait de les_canards De vieux grincheux

libre penseur | 09H43 | 04/08/2008 | Permalien

tout ça, c'est du pipeau, c'est bon pour les gogos, juste un effet d » annonce, en effet :

quelle type de maison ? absorbera-t-elle le carbone ? quelle isolation ?
dans quel environnement ? quid de l » autosuffisance energetique ? quid des éco-hameaux ? crèches ? ,parkings ? vehicules ? transports en commun ?

je me demande combien de temps on va continuer de JUSTIFIER L'INJUSTIFIABLE ? à savoir que ce n » est plus nous qui fonçons dans le mur, mais le mur qui nous fonce dessus….vous verrez quand le gulf stream va s » arrêter de rechauffer l » europe de l » Ouest…

Quid de la schizophrénie citoyen égalitaire/salarié subordonné par le contrat de travail ?

et comme si ça suffisait pas, on vous enchaine avec un crédit sur 25 ans pour la baraque,+ 15 ans pour le terrain….surtout soyez sages, ne mouftez pas ! LOL ! !

NON MAIS ! ! vous n » en avez pas raz le bol, citoyens, qu » on vous prenne pour des cons ? ?

Votre dévoué Vieux Grincheux

Portrait de kkadim

à les_canards Portrait de les_canards De kkadim 24768

service public rhone alpes | 16H40 | 04/08/2008 | Permalien

nous sommes toujours dans le vieux réve : une maison. quand donc fera t on des appartements à 15 euros… la construction individuelle est une ineptie en termes écologiques et pour la société ( j'exclue les zones rurales, mais 80% des français vivent dans des zones urbaines ou assimilées ).

Portrait de Pas lolo

à NicolasB Portrait de NicolasB De Pas lolo

fasciné | 12H22 | 04/08/2008 | Permalien

Notre président n'a rien inventé.
http://www.thenation.com/doc/20080218/klein

C'est Bush qui le dit : « We're creating…an ownership society in this country, where more Americans than ever will be able to open up their door where they live and say, welcome to my house, welcome to my piece of property, » Octobre 2004.

Comme le fait perfidement remarquer la stalino trostkyste N.Klein dans son article, il semble que G.W. n'en parle plus trop ces temps ci.

Faut dire qu'avoir réussi à transformer, en 3-4 ans, les banques américaines en propriètaires de quelques millions de maisons (je parle même pas de bagnoles d'occas) sans valeur (Ok disons : sans acheteur, sans parler de solvable), ça restera probablement son titre de gloire, peut-être même plus que l'irak.

Tant qu'à piquer des idées aux autres, autant éviter les plus catastrophiques.

Portrait de N.MARECHAL

De N.MARECHAL

01H30 | 04/08/2008 | Permalien

Merci pour votre article.

On a connu la maison a 100 000 euros… un espoir pour beaucoup. Au final, un deboire pour tous.

Maintenant la maison à 15 euros. Voila un effet d'annonce aussi naif qu'idiot. Et si on prend sa calculette ce prix est celui du marché ( le terrain est en sus).

Là maintenant, tout de suite, j'ai des collègues qui travaillent et qui dorment dans les vestiaires de l'entreprise… On fait comment ?

Même des agents de maitrise confirmés n'arrivent pas à débloquer des credits sur 25 ans pour seulement 57 M² en province.

Les choses ne vont malheureusement pas en s'arrangeant…

Le ministre du logement est bien gentil mais en 2008, dabord on loge les gens et ensuite on achete des sous marin nucleaires et pas l'invers. C'est une question de volonté politique !

Dire au francais qu'ils doivent être propriétaire, c'est charmant, alors que dans le même temps on ne sait pas ou l'on sera dans 5 ans (privé pulic).

Epicétou

Portrait de karlM

à N.MARECHAL Portrait de N.MARECHAL De karlM 21378

08H33 | 04/08/2008 | Permalien

et aussi Le PC à 1 euro par jour pour les pauvres
Mercredi, 12 Juillet 2006

Dominique de Villepin a présenté hier en comité interministériel une panoplie de mesures visant à permettre aux familles modestes de s'équiper en informatique dès janvier 2007. Un PC et une connexion Internet haut débit pour un euro par jour ? L'idée est alléchante, mais…

c'est la France des libéraux communistes…

Portrait de pablico

De pablico

02H38 | 04/08/2008 | Permalien

Il n'est pas tout d'avoir une maison, il faut après l'entretenir, payer les charges, les différents impôts.
Pour se faire, il faut un super pouvoir d'achat.
Mais on va rétorquer que pour pouvoir le faire il suffit de travailler plus, et de ne pas tomber malade.
Mais il faudrait que l'inflation s'apaise, et que l'économie marche bien, et que la crise énergétique stoppe, que le chômage soit vaincu etc etc.. sinon même en travaillant tout le temps on ne pourra jamais y arriver (fuite en avant)

c'est si facile, cette « bonne affaire » que je n'y crois pas une seconde. Paranoïa pessimiste de ma part ?

Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 05H03 | 04/08/2008 | Permalien

Portrait de Pierrrrre

à skalpa Portrait de skalpa De Pierrrrre

09H03 | 04/08/2008 | Permalien

La main du Ché,
tenant la clef d'une des cellules de la prison de la Cabana, où quotidiennement avaient lieu des tortures et exécutions sommaires.

Il en était le directeur.

Portrait de Macbeth

De Macbeth

Employé | 06H46 | 04/08/2008 | Permalien

Je suis plutôt d'accord avec vous en ce qui concerne la problématique « investissement rentable ou non » en ce qui concerne l'achat. Devenir propriétaire à 15€/jour (mais c'est le minimum, ça peut être davantage) et sans le terrain qui plus est puisque c'est le 1% patronal qui le prend en charge dans un premier temps, c'est oublier que le lieu, voir la ville où l'on batit à son importance quant à une éventuelle garantie que le bien ne se dévalorise pas au fil du temps, mais c'est également devoir assurer le financement de travaux parfois lourds ! Sans compter les charges (impôts et autres) pour les propriétaires. Pour des petits budgets, la « volonté présidentielle » peut s'avérer tout à fait dangereuse économiquement pour les faibles revenus.
La nécessité de construire en masse de nouveaux logements sociaux, augmenter l'offre HLM, c'est garantir un meilleur pouvoir d'achat pour un grand nombre de français (qui trouveront ainsi de quoi ne pas dépenser plus du quart de leur budget à leurs loyers ! ), et c'est permettre également de stabiliser, voir de faire baisser les prix des loyers dans le privé et même les prix d'achat dans l'immobilier ! Voilà une politique cohérente, juste socialement et qui servirait également les classes moyennes en même temps que les plus pauvres ! ! !
Et l'argument qui tendrait à dire que faire baisser les prix dans le privé serait irresponsable ne tient pas puisque l'on sait que la valorisation des biens immobiliers a connu une progression énorme et qu'une baisse de 20% à terme ne serait en rien scandaleuse ! La majorité des propriétaires resteraient gagnant par rapport au prix d'achat, même en tenant compte de l'inflation au cours des années. Quant à ceux qui ont acheté au prix fort ces dernières années (prix forts, ou carrément scandaleux ! ), si l'achat était malgré tout raisonnable (en terme de surface par rapport au besoin, ou de quartier/ville choisis par rapport aux ressources), une aide éventuelle peut très bien être envisagée dès lors que l'Etat sera en partie responsable de cette baisse des prix de l'immobilier.
Mais encore faut-il qu'il s'en donne les moyens et l'urgence est là, totale, incontournable ! Les prix dans l'immobilier doivent baisser et au pire, qu'au moins le nombre de logements sociaux, (quitte à moduler les loyers en fonction des ressources), soit multiplié par deux ou trois dès à présent !

Le reste est et demeure de la poudre aux yeux, bien en deçà des vrais besoins.

Portrait de Feu

De Feu

06H58 | 04/08/2008 | Permalien

Si on arrive à trouver une banque qui nous prête sur 25ans voir 30ans, on se retrouve pendant tout ce temps avec un « credit loyer » mais au bout de 30 ans on est les heureux propriétaires ……d'une ruine car l'entretien coute.
DÉMAGOGIE ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! irréaliste

Portrait de Triquoise

à Feu Portrait de Feu De Triquoise

rouge de honte | 08H38 | 04/08/2008 | Permalien

Raisonnement partiellement correct : depuis quelques années, dans les pays nordique, on voit fleurir des supers-crédits sur 30 voire 40 ans.
Compte tenu de l'âge auquel on le contracte (comme une maladie) et de l'espérance de vie, il s'avère probable que les gens mourront avant d'avoir remboursé l'intégralité de leur crédit.

Résultat des courses : qui va être obligé de vendre la ruine pour payer les dettes de la succession ?

Portrait de Pierrrrre

à Feu Portrait de Feu De Pierrrrre

17H49 | 04/08/2008 | Permalien

 »….Si on arrive à trouver une banque qui nous prête sur 25ans voir 30ans… »

►► Je connais un couple de portugais, dés qu'une affaire se présente, ils empruntent sur 25/30 ans, ils travaillent chez eux pour retaper, revendent au bout de trois ans avec plus value, remboursent leurs prets et recommencent.
Dans l'immobilier, ce qui est important c'est de faire une affaire à l'achat, avec ou sans emprunt, sur 10 ou 30 ans…

Et sur l'achat, 3 choses sont importantes :
- l'emplacement
- l'emplacement
et l'emplacement

Tout le reste se corrige, se répare, s'arrange…

Portrait de vieux grincheux

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De vieux grincheux

libre penseur | 05H28 | 05/08/2008 | Permalien

« un couple de portugais » ou un couple de citoyens français d » origine portugaise ? ?

Votre dévoué Vieux Grincheux

Portrait de yan

De yan

loin | 07H26 | 04/08/2008 | Permalien

Une maison à 15 euros/mois, ché chuper ! ! !

à quand ma voiture neuve pour 2 Euros et mes vacances à la bourboule à 10 centimes ?

Portrait de nahera

à yan Portrait de yan De nahera

08H10 | 04/08/2008 | Permalien

Heu…15 euros, oui, mais par jour ! ! !

Portrait de applberry

De applberry

Juriste | 07H29 | 04/08/2008 | Permalien

Une petite précision : il ne s'agit pas du Code du logement et de l'urbanisme, mais du Code de la construction et de l'habitation. En outre,la loi du 6 juillet 89 régulant les rapports locatifs, et la loi du 1 septembre 1948 déterminant les droits des locataires HLM en matière de maintient dans les lieux n'ont jamais été codifié (c'est d'ailleurs assez exceptionnel en droit français ! ).

Portrait de Philippe Tixier

De Philippe Tixier

Citoyen | 07H32 | 04/08/2008 | Permalien

Il est vrai que le marché va se casser « la gueule » et pour plusieurs raisons :
*les subprimes !
*Les banques ne prétant plus ou presque !
*les militaires délocalisés qui vont se mettre à vendre leurs maisons

Est ce une bonne nouvelle ?
Je ne sais, par contre je ne suis pas sur que le logement social en sorte gagnant !

Portrait de kaj

De kaj

avec | 07H37 | 04/08/2008 | Permalien

Certes la maison à 15 € peut être séduisante. Mais a t on pensé aux charges pour une maison ?
- Impôts fonciersen plus de la taxe d'habitation
- Entretien de la maison
- Bricolage Ne serait ce que la tonte de la pelouse, il faut une tondeuse… 500€ mini.
- Il faut chauffer. Quel bilan énergétique d'une maisin à 15€ par jour ?
- Il faut aménager une maison, peindre, tapisser, réparer, faire la cour, acheter des fleurs, des arbres, tout ce que vous voulez…
- Ce que l'on ne prend pas en compte non plus, c'est que pour acheter moins cher, on s'éloigne de son lieu de travail, et le surcoût lié à l'essence et aux déplacements sur 25 - 30 ans sil'on a la chance de garder son emploi…

Au final, dans 20 ou 30 ans, quand les heureux propriétaires peu fortunés auront fini de rembourser si tout va bien (Licenciement, Nous vivons ds un monde risqué a bien précisé Madame Parisot, il faut l'accepter), divorce (combien de couples divorcent au bout de 5 ans ? ), décès (ça peut arriver)
Que restera t il du patrimoine ? Aura t il encore la côte ? Nous avons vu avec la loi Robien, des immeubles pousser comme des champignons. On nous promettait des gains constants grâce à l'augmentation irréversible de la pierre.
Cette accession à la propriété à tout prix n'est elle pas une mesure incitant les français à consommer tout simplement ? Il est connu que quand le bâtiment va, tout va.
Je ne fais pas partie des personnes vivant avec peu de moyens, je me rends compte de la chance que j'ai et pourtant, je ne suis pas propriétaire. J'y ai renoncé pour l'instant. Les investissements actuels sont trop importants pour n'avoir qu'un titre de propriété qui me coutera plus que d'être en location.

Portrait de mecontent

à kaj Portrait de kaj De mecontent

08H47 | 04/08/2008 | Permalien

Vous facilitez mon travail car vos idées sont les miennes. Etre propriétaire, un rêve, un quasi Paradis ! ! ! Quelle illusion ! ON reste le locataire de sa banque.Et si l'on ne peut plus payer ? Voir les USA. Je bénéficie d'une petite retraite et j'habite en HLM en toute tranquillité.

Portrait de kkadim

à mecontent Portrait de mecontent De kkadim 24768

service public rhone alpes | 16H54 | 04/08/2008 | Permalien

oui certes devenir propriétaire pour des revenus modestes c'est s'engager dans une galére, et tout compte fait payer un loyer durant la plus grande partie de sa vie…. mais, même s'il y a décote, vous vous retrouvez avec un capital, et la garantie qu'un propriétaire ne vous foutra pas dehors ( y compris pour des raisons parfaitement valable ) ; si ma proprios meure, les héritiers vendront l'immeuble, et vu le quartier, un promoteur l'achetera pour le raser. et moi… eh bien je devrais m'éloigner encore plus dans des zones périphériques. aujourd'hui je suis trop riche pour postuler en HLM, mais trop « pauvre » pour les propriétaires privés. alors que faire… et autour de moi ils sont nombreux dans le même cas. je reviens au début de mon post : quand je serais plus vieux, avec une retraite de merde ( je ne me fais pas d'illusion ), où vivrais je ? certainement plus dans mon appart qui sera beaucoup trop cher.

Portrait de sccber

à kaj Portrait de kaj De sccber

12H24 | 04/08/2008 | Permalien

Les charges ? Ma réponse perso (ce n'est pas un modèle) : je suis rmiste depuis longtemps + petits boulots, propriétaire en centre-ville d'un appartement ancien, en assez mauvais état, jamais réparé, sans aucun confort (pas d'eau chaude, salle de bain HS, et pas de chauffage), avec des doubles vitrages quand même. Il est grand (+ de 100 m2) et je l'ai acheté pour une bouchée de pain et payé bien sûr avant mon rmi. Donc, je ne suis pas à la rue, mais je galère pour payer les charges (limitées, car il n'y a pas d'ascenseur et le syndic est bénévole)et j'ai fait le choix ( ? ) depuis 3 hivers de ne pas chauffer du tout malgré que j'habite une région très froide (rassurez-vous, le thermomètre ne descend jamais chez moi au dessous de 5°, et parfois monte à 10° -vive le réchauffement climatique-) ; comme je suis un amateur de sport, notamment de montagne, je suis équipé depuis des années de vêtements chauds, et à l'intérieur je joue à monsieur Bibundum : l'avantage à cette situation, c'est que je suis devenu très résistant au froid, et que je dois me déshabiller quand je sors (je suis donc le plus longtemps possible dehors, notamment pour mes activités sportive : eh oui, les muscles ça produit plus de chaleur que de force, principe de Carnot oblige).
Pourquoi ce mot dans rue 89 : s'il faut lutter contre ce monde de merde et collectivement, je suis bien d'accord, on n'est pas obligé systématiquement de faire dans le misérabilisme existentiel, type on s'en sort pas avec le smic, etc. Quand je choisi de partir en montagne et que le temps devient très dur, je serre les dents, et au final je trouve cela exaltant. Pourquoi faudrait-il intérioriser les modèles d'aliénation dominants ? J'ai retravaillé quelques mois (au smic) et au final, au lieu de prévoir la froidure de cet hiver, je suis en train de me monter un vélo tout carbonne haut de gamme…
N. B. : je suis célibataire et j'ai 60 ans, et j'ai définitivement choisi le camps de la cigale contre celui de la fourmi (si tu veux être heureux, nom de dieu, pend ton propriétaire -qui est en toi- air connu).

Portrait de Pas lolo

à kaj Portrait de kaj De Pas lolo

fasciné | 12H32 | 04/08/2008 | Permalien

Tout juste. Ca ressemble ni plus ni moins à une reprise en main gouvernementale de l'activité du batiment, pour sauver la mise au secteur, avant qu'un scénario à l'espagnole ne se mette en place en France. Suffit de regarder l'évolution des stocks d'immobilier neuf et des mises en chantier depuis le début de l'année (voir également l'évolution des cours en bourse des promoteurs type Kauffman et broad ou nexity).
L'état va devenir le maitre d'ouvrage du secteur en attendant que les stocks soient revenus à un niveau acceptable.

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 07H55 | 04/08/2008 | Permalien

Un nouveau texte de lois… ? ,

alors qu'il suffirait de prendre d'abord deux mesures :

Contraindre Toutes les communes de plus de 3 000 habitants d'avoir 20% des logements sociaux. Les peines financières, des communes comme Neuilly (92) ou Chamalières (63), elles s'en foutent. Il y a suffisamment de bourgeois friqués pour payer les impôts locaux en conséquence. La contrainte pourrait-être la venue d'un juge, accompagé de policiers, pour mettre en prison le maire récalcitrant…

Réquisition de tous les bureaux innoccupés dans les grandes villes et mise à disposition, sous forme de foyers, de toute les résidences secondaires qui ne sont occupées qu'un ou deux mois dans l'année…

Portrait de kkadim

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De kkadim 24768

service public rhone alpes | 16H59 | 04/08/2008 | Permalien

plutot que de mettre le maire en prison j'ai beaucoup mieux : on lui laisse le choix : soit il construit des logements sociaux où il veut sur sa commune dans les plus brefs délais, soit l'état exproprie et construit au frais de la commune ces mêmes logements, où bon lui semble. a mon avis vous verriez nombre de maire batir trés rapidement.

Portrait de Billy Tallec

De Billy Tallec

Blogeur | 08H06 | 04/08/2008 | Permalien

Portrait de compte supprimé 22 janvier

De compte supprimé 22 janvier

08H35 | 04/08/2008 | Permalien

Qu'est-ce que cette grenouille de bénitier fera de plus que Borloo si ce n'est de mettre en oeuvre 4 maisons.
Il est indispensable de réguler le prix des loyers.

Portrait de Triquoise

De Triquoise

rouge de honte | 08H40 | 04/08/2008 | Permalien

Et que fait-on du système des sur-loyers appliqués dans les HLM pour que des personnes aisées prennent la place d'autres moins fortunées ?

Portrait de Pierrrrre

De Pierrrrre

08H59 | 04/08/2008 | Permalien

J'ai d'abord été interessé par la pertinence de votre titre :
« le marché fera plus que le plan Boutin »

Mais, j'ai trouvé des manques dans votre interessante analyse :

- vous n'évoquez pas à mon sens suffisamment ce qui est à la base de la crise immobilière locative en France, à savoir :
► La fiscalité qui détourne l'investisseur (le rendement du locatif, actuellement est de moins 2 à plus 2 % )
► les réglementations compliquées, discordantes, changeantes et empilables à souhait (vous en faites état)
surtout les protocoles judiciaires longs et compliqués qui musellent le bailleur en cas d'impayé Un impayé dans l'Union Européenne se règle en trois mois pour mille euros… en France en trois ans pour 30 000 euros !

- Vous n'évoquez pas l'action négative que le système HLM génère :
Il n'est pas question de nier la nécessité d'aider des familles dans le besoin d'accéder au logement. Le système HLM est une aide d'Etat, d'inspiration socialiste au sens économique du terme, avec les effets pervers qui en découlent, à savoir :
► aide uniquement pour ceux qui ont la chance d'avoir une HLM, et tant pis pour les autres
► services HLM, où on offre travail aux relations et copains des copains (l'élu qui n'a pas été élu, le fils du colleur d'affiche…)
► le coût d'un logement HLM par marchés truqués, réhabilitation, reréhabiliatations, rénovation et rerénovation…
► les passes-droits pour l'attribution d'une HLM
► la concurrence déloyale face aux logements du marché libre, de standing moyen, qui ne servent que
d'antichambre en attente d'attribution HLM à prix cassé
► la concentration d'une population à même profil social
► la constitution de ghettos
► l'impossibilité pour une famille de pouvoir déménager (pour un travail ailleurs) de peur de perdre son avantage HLM
► pour moi, la solution serait une APL généralisée et plus équitable, les HLM louant au prix du marché, mais avec APL que l'on pourrait déménager avec soi

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A mon sens,
la France aurait intérêt à favoriser le locatif plutôt que l'accession à la propriété :
ainsi les familles seraient plus réactives pour déménager afin de s'adapter au marché du travail

Pour baisser les prix du locatif, seul le marché peut le faire, à condition que le nombre de bien à louer augmente.

Pour cela, il faudrait :
► Baisser la fiscalité sur l'immobilier (entre autre, supprimer l'ISF)
► faciliter et accélérer les procédures d'expulsion (et de relogement d'urgence pris en charge par la collectivité )
Il faudrait que les problèmes d'impayés de loyer soient résolus dans les trois mois, pas plus ! Si problème social se pose, c'est à la collectivité de le prendre en charge, pas au bailleur !
► arrêter d'assimiler les bailleurs à des marchands de sommeil
► rendre la réglementation plus simple et plus compréhensible
► transformer les HLM en EPIC louant des biens au prix du marché
► élargir l'Aide Personnalisée au Logement (à la place des HLM) transportable dans tout logement choisi par les familles elle même.
► Confier la gestion du patrimoine immobilier public à des agences, susceptibles de le rentabiliser.
► supprimer la Taxe sur les Logements Vacants qui ne rapporte rien, génère des procédures qui n'en finissent pas, et mobilisent des services dont le seul rôle est d'emmerder les gens.

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