
Faut-il taxer un peu plus les hommes que les femmes ?
Le débat sur la taxation différenciée par sexe (plus de charges pour les hommes, moins pour les femmes, pour favoriser l'emploi féminin dans les pays où leur participation est faible, comme l'Espagne ou l'Italie) fait rage. Après une première salve sur Rue89, un nouvel article de Gilles Saint-Paul sur Vox. Et la réponse d'Alesina, Ichino et Karabarbounis.
Difficile de se faire une idée précise sur cette idée de taxer différemment hommes et femmes. Au-delà des questions d'efficacité (on n'est pas certain, d'abord que cela fonctionne, deuxièmement que cela soit un gain d'efficacité important puisque le temps consacré à ne pas travailler n'est certainement pas du temps perdu pour la société), les arguments sur la rupture d'égalité me semblent tout aussi insatisfaisants.
D'abord la politique fiscale a toujours joué un rôle allant bien au-delà de la simple redistribution : telle loi favorisant les investissements dans les dom-tom, telle hypocrite interprétation des arrêtés Miot en Corse sur les droits de succession dans l'Ile de Beauté, tel soutien aux pipiers de Saint-Claude (et autres folklores), l'impôt a toujours été dérogatoire dans un sens allant a prima facie contre l'équité et l'efficacité.
S'il s'agit des charges sociales, on peut constater que l'écrêtement des cotisations passé un certain seuil de salaire n'est pas très équitable. S'il s'agit des frais réels déductibles pour déplacements professionnels, on s'aperçoit au BO des impôts qu'ils sont en France plus élevés pour les heureux propriétaires de grosses cylindrées (il faut bien aider les plus riches à s'en sortir). S'il s'agit d'aider les propriétaires de vignobles ou d'oeuvres d'art à échapper au fisc, il y a des solutions.
Alors, si grâce à deux-trois pourcents de taxes différenciées, on peut aider les femmes à trouver des emplois dans des pays où leur taux de participation est 50% sous celui des hommes, où elles ont les emplois à temps partiel et où leurs salaires sont nettement plus faibles que ceux des hommes, franchement, c'est peut-être un désordre insupportable, mais il vaut mieux qu'une injustice surtout si cette mesure se veut modeste, temporaire et ré-évaluée régulièrement.
Et puis, au volet des dérogations aux principes universels, il y a cela aussi, à propos de la suspension du droit du sol à Mayotte. Cela vaut bien une discussion du même ordre : le principe universel doit-il être placé au-dessus de tout et sacralisé ? Si oui, alors au nom de la même logique, il faut d'urgence dénoncer ce nouveau désordre.
PS : relisant le CGI ci-dessus cité, je constate et cela me révolte au nom de l'universalité que les éclaircisseuses des pipes de Saint-Claude Jura ont droit à un abattement de 5% seulement, alors que les polisseurs et les monteurs de cette belle industrie ont eux droit à carrément 30% ! Il faut dire qu'eux, ils ont une famille à nourrir…
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De el loco
éducateur spécialisé | 07H42 | 28/02/2008 |
je pense sincèrement que l'égalité homme/femme passe plutôt par des lois et convention du travail plus contraignante et par un contrôle plus systématique de l'inspection du travail avec des sanctions fortes
taxé plus fortement certains travailleurs (parce qu'ils sont hommes) dédouanerai , en quelques sortes, les employeurs de leurs responsabilité à ce sujet ! ce qui me semble tout à fait encourager les disparités déjà existante
si les pouvoirs public se donnaient les moyens de contrôle, d'audit et, le cas échéant, de sanction nous pourrions avoir des résultats positifs
De DidierB63
Devant un écran | 07H59 | 28/02/2008 |
Et comment fait on pour ce principe d'égalité qui figure aux frontons de nos mairies ?
C'est encore un truc démodé ? Pas assez moderne ?
Je trouve cette idée stupide. On sait que les impôts apparaissent facilement, mais on ne les voit jamais repartir.
En voulant faire disparaitre une discrimination sociale, on créerait une discrimination fiscale.
Encore une fausse bonne idée.
Mais bon, pour ce que j'en sais…
http://polemiquons.over-blog.com/
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 08H00 | 28/02/2008 |
Je ne connais pas l'Espagne, mais pour l'Italie le premier frein au travail des femmes est le tarif des creches lorsqu'on en trouve.
Je ne suis pas employeur, non plus, mais a chaque fois que j'ai fait des pauses dans ma vie professionnelle, c'etait pour cause d'enfants. Lorsqu'il faut les lever tot pendant memes durant les vacances scolaires pour les amener au centre de vacances, on se pose des questions sur la vie qu'on leur offre.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 08H11 | 28/02/2008 |
Il faut vraiment que tout le monde travaille tout le temps ?
C'est ça, le but ?
à Numerosix
De robindesfoix
cherche une issue | 11H02 | 28/02/2008 |
c'est pas les pauvres qui manquent c'est le travail !
l'impôt par exemple est injuste car s'il étaient juste le métier de conseiller fiscal n'existerai pas.
car ceux-ci sont grassement payé par leurs employeurs pour leur faire économiser des millions d'euros.
Nous même si le coût du conseiller n'était supérieur au bénéfice, ferions des économies si nous recourions à leurs services.
toute nouvelle taxe sous couvert de justice pour tous
ne fais qu'appauvrir celui qui a peu de moyens et enrichir celui qui conseille celui qui devrait les payer !
N'oublions pas que celui qui vote les lois et taxes s'aménage toujours , un petit alinéa pour que lui en soi dispensé.
LES RICHES TOUJOURS DE PLUS EN PLUS RICHE, les pauvres toujours de plus en plus c…..
un PV de 150€ a t'il les même conséquence chez un smicard ou un PDG ?
bien entendu pour faire appliquer toutes ces vols étatisés l'emploi en masse des pauvres qui traquent leurs semblables ,mais qui tremblent pour leur poste à l'idée d'aller vérifier le vrai fraudeur et de rigueur.
Pour le pauvre, seul SON licenciement le fais réagir et dénoncer ces agissements non pas par souci de justice mais par dépit et vengeance, sinon MOTUS et BOUCHE COUSUE .
Certains sont même zélés au point de défendrent un festin auquel ils ne serons jamais convié pour peu que sous la table un os à rongé leur soit accordé ! ! ! ! !
De Hatamoto
10H36 | 28/02/2008 |
Alors la France manque d'informaticiens, je proposes donc une taxation différentié selon les corps de métiers afin de favoriser leur emploi (n'est-ce pas déjà le cas pour les footballers ? )
Puis, je propose aussi une taxation allégée selon que l'on se rends dans les lieux de culte ou non étant donné que l'on deviendrai des citoyens porteurs d'espérence, moteur de la république.
Et enfin, afin de favoriser l'imigration choisie, une taxation différentiée selon la race, afin de favoriser l'emploi des bl… euh des populations souhaités en France et attirer des bons migrants.
Ah j'oublias, taxation différentiée pour les riches : ils sont les moteurs de la croissance, et en arrosant la france de leurs largesses ils contribuent plus au bien être de la France que ne le font les pauvres, aussi ils méritent d'être moins taxés.
PS : Bien évidament ceci est ironique au cas ou certains n'auraient pas compris.
à Hatamoto
De Etienne Wasmer
(auteur)
Economiste du travail | 12H14 | 28/02/2008 |
Ironique, mais pourtant, c'est bien comme cela que fonctionne la théorie de la taxation optimale. Taxer moins les facteurs de production mobiles et les catégories qu'on souhaite favoriser.
à Etienne Wasmer
De Hatamoto
16H04 | 28/02/2008 |
Etant donné vos recherches, pouvez vous nous dire si des études ont été faites afin de « normaliser » les prélèvements afin de les rendre plus juste : impôts sur LES revenus (salaire, revenu du capital etc …) avec un barême par tranche, et en finir avec les taxes qui favorisent les plus hauts revenus (en encore plus les revenus du capital).
La concurence en matière fiscale consacré dans la première mouture du TCE à-t'elle été reprise dans le complexe traité « siplifié » ?
De Saheyus
Rêveur invétéré | 11H21 | 28/02/2008 |
Le post d'Hamato résume assez bien ma pensée. Tout comme l'article de Wasmer en définitive.
Tout d'abord, les impôts injustes (et discriminants) ne sauraient servir de prétexte à la création d'autres impôts de même nature. Evidemment, ça enlève toute crédibilité aux personnalités politiques qui voudraient s'opposer à un tel impôt sous prétexte d'égalité, mais ce n'est pas une raison pour les pousser encore plus loin dans leur folie. Qu'ils soient hypocrites ou qu'ils aient juste un instant de lucidité n'y change rien, un tel impôt est profondément injuste et sexiste.
Il me semble bien plus urgent de chercher à comprendre pourquoi dans certains pays l'emploi féminin est faible (et on a en a déjà une petite idée au moins du point de vu légal : crèches, congés maternité). Ca peut être aussi une question d'éducation (ou d'orientation) ou de moeurs, et le politique n'est pas exempt de rendre des comptes dans ces domaines. On pourra aussi se demander pourquoi les femmes sont moins pays que les hommes à poste équivalent.
En définitive, c'est comme la « discrimination positive »… laissez-moi rire, comme la discrimination pouvait être positive. On traite les symptômes, et pas la maladie. J'ai l'impression que nos sociétés réfléchissent de plus en plus comme ça, en ne s'attardant que sur l'aspect superficiel des choses, en faisant quelques lois faciles et inefficaces, et en ne s'interrogeant jamais sur la raison même du problème.
PS : Le principe d'égalité ne doit pas être « sacralisé et placé au-dessus de tout », mais il suffit de réfléchir un peu honnêtement sur la question pour réaliser que l'égalité est avantageuse pour tout le monde, même pour ceux qui y perdraient de l'argent. Moralement, l'égalité, c'est plus sain, et donc préférable pour chacun.
Prenez deux singes, faites-leur faire un même travail et donnez-leur la même récompense, ils l'exécuteront 7-8 fois avant de se lasser. Recommencez avec deux autres singes, en donnant une meilleure récompense à l'un qu'à l'autre (même s'ils font toujours le même exercice), celui qui reçoit moins refuse immédiatement de continuer à travailler.
L'égalité est un principe naturel auquel l'humanité aspire depuis son existence. Il ne peut être que bénéfique d'un point de vu social et psychologique. Pareil pour la notion de justice. C'est parce que l'égalité est quelque chose de terriblement « terre à terre », parce que profondément ancré en nous, qu'il faut la défendre. C'est par intérêt qu'il faut la placer avant tout, pas au nom de principes « transcendants ». Il n'y a rien de plus immanent.
Et je pourrais avancer le même argument (et des exemples similaires) pour d'autres sentiments soit-disant « abstraits » et que même des bébés en bas âge, incapables de parler, connaissent parfaitement bien.
De marie 75 3563
13H15 | 28/02/2008 |
Pour la petite histoire locale du centre Bretagne et la gloire des femmes !
A Locmaria Berrien (petite commune du centre finistère 500 hbs maxi de nos jours) dans une mine de plomb argentifère, il y avaiit vers 1830 plus de 2000 mineurs dont tous étaient des précaires car journaliers. Une des toutes premières grèves a d'ailleurs vue le jour pendant ces années, et elle fut pratiquée par une grande majorité de Femmes , employées au lavage des matériaux.
Voir aux Archives du département.
Encore un bout d'histoire locale oubliée des livres de notre si vénérée école républicaine !
De martyge87
21H31 | 28/02/2008 |
A la question faut-il taxer plus les hommes ques les femmes ? je réponds OUI, MIL FOIS OUI ! tant qu'il existera une différence de salaire entre les deux.
Mais il faut surtout s'atteler à gommer la différence
au nom de l'équité !
Na !
ge
à martyge87
De Hatamoto
10H41 | 29/02/2008 |
Et que ferez vous du précédent que ça créerai ?
Que direz vous quand on aura aussi des prélèvements selon l'ethnie ? la religion (ce qui existe déjà dans des pays européens, ou l'on paye ou non un impôts aux cultes) ?
Comme d'habitude, un mal ne sera pas corrigé par un autre mal !
Aujourd'hui, la discrémination envers les femmes continue a faire rage, mais de manière sournoise : je vous conseille de lire un article d'il y a 2 ou 3 mois dans le monde diplomatique, qui montrai que les écarts de salaires ne se faisaient pas au sein d'une même fonction (ou en tous cas les disparités étaient moindres) mais entre deux corps de métiers similaires mais « sexués ».
L'exemple cité était infirmier et gardien de zoo. grosso modo, 80% de femmes infirmières, 80% d'hommes gardiens de zoo.
3 ans d'études reconnus comme BAC + 2 pour les deux métiers.
Métiers trés contraignants en termes d'horaires des deux cotés.
Métier de soins des deux cotés, avec sisi beaucoup de similitudes techniques et la même pénibilité.
Risques similaires dans les deux métiers : animaux dangereux d'un coté, personnes traumatisés et parfois délirantes de l'autre.
Professions réglementés par l'état pour les deux.
20% à 30% de salaire en plus pour le gardien de Zoo.
Avant de taxer plus les hommes que les femmes, il vaudrai peut être mieux s'attaquer à ces discréminations.
Lors d'une conférence récente sur l'avenir du système de santé, une question fut posée à Claude Evin, ancien ministre de la santé socialiste : « Pensez-vous que les infirmières seront reconnues comme BAC+3 ? »
Réponse :
« Bah, les infirmières hein ! si on commence à les reconnaitre comme BAC+3 jusqu'ou on va aller ? Ya plein d'autres métiers comme ça qu'il faudra reconnaitre. Puis c'est pas la question, elles ont pas besoin de ça. »
Dans un hopital, le responsable hiérarchique de toutes les infirmières et aides soignantes (qui sont presque toujours des femmes) sera le cadre qui encadre le plus de personnel. En somme un (enfin « une ») ponte de l'hopital non ? Eh bien n'attendez pas les trouver dans le comité de direction de l'hopital. Quand une réforme du management est prévu, il(elle) ne sera consulté que facultativement.
Je m'attarde sur cet exemple car il est caractéristique de la discrémination « discrète » à l'égard des femmes.
On a affaire a une profession à 80% féminisée (peut être plus même), qui fait partie des plus importantes pour la nation (avec les enseignants, les médecins, les policiers, les militaires, les agents des impôts et du trésor) mais qui est complètement déconsidéré.
C'est ce genre de discréminations contre lesquels il faut lutter.
à martyge87
De sery
10H08 | 01/03/2008 |
L'inequite qu vous evoquez st le fait des employeurs je ne vois pas pourquoi cla serait au contribuable de payer encore leur note
Notons aussi que des contrats d travail approuves par des femmes ne l seraient par un homme qu'avec un fusil sur la tempe, tant on peut constater un certaine tendance feminine a la servilite au masochisme et au fatalisme (on ignore si c'est genetique et/ou culturel)
Aucun systeme discriminatoire voire totalitaire ne peut survivre sans l'adhesion d ses victimes ne srait ce que par le silence
Parmi les plaintes de MAJORITES OPPRIMEES (notion spontanement drolatique), celles de la femme sombrent en ce dbut de millenaire ds le grotesque le plus total
Sntiments distingues