Augmenter les frais de scolarité pour réduire l'échec à la fac?

Fac de lettres d'Aix en mai 2007 (Audrey Cerdan/Rue89)

Attention, ce qui suit peut heurter les âmes sensibles.

Comment réduire l'échec en premier cycle universitaire ? La réponse que donnent quatre universitaires étrangers est qu'il faut augmenter les frais de scolarité. Pour être plus précis, une augmentation des frais de scolarité de 1000 euros fait baisser le taux de retard dans l'obtention du diplôme de 6.1%.

Clair, net et précis, c'est le résultat d'une étude italienne d'excellent niveau réalisée par Pietro Garribaldi (université de Turin), Francesco Giavazzi (université Bocconi à Milan), Andera Ichino (université de Bologne) et Enrico Rettore (université de Padoue), publiée en janvier 2007 au NBER (working paper n°12863). C'est d'ailleurs amusant de voir que les quatre proviennent d'universités différentes.

L'idée initiale de cet article est d'étudier le taux de réussite d'étudiants de Bocconi, qui peuvent obtenir leur diplome en quatre ans (ou plus s'ils redoublent) et de comparer ceux qui paient des frais de scolarité et ceux qui n'en paient pas, ou plus précisément, de comparer les performances des étudiants en fonction de leurs frais de scolarité en quatrième année, qui peuvent être de 12 niveaux différents sur la base de la déclaration fiscale du ménage auquel ils appartiennent.

Mais, allez-vous objecter, comment peut-on arriver à ce résultat en étant sûr de bien contrôler tous les autres effets et possibles causalités inverses ? Après tout, des étudiants financièrement plus aisés peuvent être mieux logés, mieux informés, mieux nourris, ne pas avoir besoin de travailler à côté pour financer leurs études. Et donc, s'ils paient plus de frais de scolarité et réussissent mieux, c'est peut-être simplement qu'ils sont dans de meilleures conditions, achètent des livres plus facilement, e tutti quanti.

Et bien oui, et c'est la que réside l'intérêt du papier, basé sur la technique de discontinuité (RDD, « regression discontinuity design »). Le principe est de considérer que des étudiants qui sont dans un foyer disons de 30 001 euros par an (qui paient des frais d'inscription) et ceux dans un foyer percevant 29 999 euros de revenus et qui ne paient pas (ou moins) de frais d'inscription sont identiques . Et donc, l'impact des frais d'inscription peut être mesuré en comparant ces deux groupes d'étudiants similaires et en se débarassant par là de tous les autres facteurs externes (c'est bien sûr un tout petit peu plus compliqué car il y a d'autres dimensions que le revenu mais le principe est celui-là).

Et on obtient donc ce résultat assez spectaculaire, qui revient à dire que la gratuité favorise le taux de redoublement. Quelles sont les raisons qui rationalisent ce résultat ?

La plus banale, c'est que les étudiants travailleront plus s'ils savent qu'ils devront payer plus l'année suivante s'ils échouent à leurs examens. C'est sans doute vrai, et on pourrait d'ailleurs, si on déteste l'idée de la non-gratuité, s'accommoder quand même de ce résultat pour proposer a contrario de l'argent aux étudiants qui finiraient leurs études en temps et heure (sauf si apparaissait alors le crowding-out effect de Benabou-Tirole). En fait, je ne vois pas d'autres raisons, ou alors en tirant par les cheveux, sauf si les professeurs se mettaient à avoir (plus) pitié des étudiants qui vont avoir à repayer des frais (plus) élevés. Je ne pense pas que cela soit le cas, encore que parfois, la semaine qui suit la parution des résultats, il y a beaucoup de larmes versées dans certains bureaux et parfois, honteusement d'ailleurs, les plus faibles cèdent...

Mais surtout, la portée pratique du résultat doit être discutée, ce que font les auteurs : dans un monde parfait, il n'y a que peu de nécessité d'imposer que la durée de complétion du diplôme soit de quatre ans. A chacun son rythme, et si on veut obtenir le graduat de Bocconi à 99 ans, va bene.

Mais dans un monde distordu (pardon pour le néologisme mais il me plait), notamment de subventions diverses, explicites ou implicites, à l'éducation (train moins cher, visas d'étudiant), il est peut-être optimal de tenter de limiter la durée des études. Et pour cela, pourquoi pas, d'imposer des frais de scolarité croissants avec l'ancienneté d'inscription.

Choquant ? Pourquoi ? Pour les concours aux grandes écoles scientifiques, il y a bien un escompte implicite à redoubler : les 3/2 (ceux qui passent le concours en 2ème année) partent avec des points d'avance sur les 5/2 (ceux qui passent le concours après une deuxième maths spé) et a fortiori les 7/2 (ceux qui retriplent). Cela réduit les stratégies d'attente et augmente d'une certaine manière l'équité de l'accès aux concours.

De toute façon, cette étude devrait faire pas mal de bruit. S'applique-t-elle à nos débats franco-français ? Le débat est ouvert.


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KrazyKitty
22H37 12/07/2007

Dans mon université aux États-Unis, les frais de scolarités au niveau post-bac (menant à l’obtention d’une licence) sont de $8.275,50/an pour un résident de l’État (de Californie) et de $27.895,50/an pour un non-résident. Les nombres sont tout aussi spectaculaires au niveau post-licence. La bourse qui couvre mes frais de scolarité est plus élevée que mon salaire en tant que GSR (Graduate Student Researcher, doctorante employée de labo de recherche)… et à cette échelle, 400 euros et 750 euros, c’est quand même presque la même chose.

 
les_cariboux
19H29 13/07/2007

tu as raison, l’universite n’est pas gratuite, mais a cote du prix des insriptions dans les universites d’autres pays ou cela peut grimper jusqu’a plus de 20000$ par an…………faut quand meme pas trop se plaindre.

 
Valdo Lydeker
14H10 12/07/2007

Mieux que la sélection par le niveau, la sélection par l’argent… CQFD. Redoutable.

Pour éviter l’échec en premier cycle, il m’est venu une idée peut-être totalement folle et utopique: généraliser les classes prépas, pluridisciplinaires à dominante scientifique ou littéraire ou sciences humaines, pour tous, intégrées éventuellement à l’Université.
Je pars de mon expérience personnelle: j’ai fait khâgne et hypokhâgne. Deux ans trés intensifs à bosser ne lettres, anglais, histoire-géo, philo, avec un encadrement qui est celui du lycée et ne vous lâche pas désemparé dans un amphi, c’est,pour les 90 ou 95% qui échouent au concours, une excellent préparation à la fac, ou à d’autres écoles. Et la pluridisciplinarité permet d’affiner ses choix.

 
Alain Colbert
13H41 14/07/2007

Votre idée de « classes de transition » entre le lycée est l’université est excellente : les méthodes et l’esprit de travail des deux lieux d’enseignement sont encore trop différents pour ces jeunes qui cultivent de plus en plus l’esprit « adolescent attardé » face à un monde adulte qui leur paraît de moins en moins légitime et accueillant.
Cependant, il faudrait que le niveau à l’entrée dans l’université soit relevé d’autant ce qui poserait peut-être des problèmes dans le cadre du MLD européen.
De toute façon, il faudrait que les enseignants de premier cycle universitaire fassent, enfin, leur révolution pédagogique et que disparaisse la conférence en amphi de 500 auditeurs, ce lourd et lent discours (rien que des mots trop souvent) dispensé par un mandarin inaccessible, au profit des techniques modernes d’information -Internet, dvd. La mise à disposition en début d’année scolaire d’un cours-document-illustré (propriété intellectuelle du professeur) libérerait du temps et permettrait à l’enseignant des répondre aux questions des étudiants et de connaître ainsi où se trouvent leurs principales difficultés : des points obscurs en sciences-math-informatique sont souvent à la source d’un décrochage irréversible parce que l’étudiant a l’impression qu’il est « largué ».
Le secret des grandes écoles c’est que, comme au lycée, ces réponses cruciales sont données au fur et à mesure dans le cadre d’un « suivi pédagogique des étudiants » par un professeur qui les connaît individuellement.

 
sujetduprince
02H03 15/07/2007

effectivement …

les cours magistraux conviennent tout à fait aux « bons eleves » habitués à regurgiter (- et à l’université regurgiter le livre du prof c’est encore mieux pour la note -). Ont-ils tout compris : cela importe peu … ils ont bien restitué

il est effectivement plus facile de tout mettre sur le dos des « elèves » plutot que de penser la responsabilité des « maitres »

j’ai appris il y a bien longtemps qu’il y a moins de mauvais élèves que de mauvais enseignants (pédagogiquement s’entend)

 
Karg se | Ingénieur agronome en recherche d'emploi
14H11 12/07/2007

Ca change rien au problème des parents qui veulent pas payer, et honnêtement vu le prix de loyer les frais de scolarité c’est loin d’être le principale frein…

Il y a sans doute mieux à faire pour réduire l’échec, qui n’est pas un mal puisque actuellement les universités n’arrivent à former que des profs et des chercheurs…La question devra se poser quand les universités auront un enseignement technique et professionnel performant et de haut niveau, hors c’est pas encore le cas.

Regardez du coté de DUT, BTS, les taux d’échec sont plus faible, grâce à la sélection mais aussi par l’encadrement des étudiants et la motivation d’être quasi sur d’avoir du boulot à la fin.

Vous parlez des prépa c’est bien mais attention, il y a une double sélection en prépa:
sur dossier pour rentrer
pendant (entre le deux années + démission individuel)
et je parle même pas du concours à la fin…

Donc je pense pas qu’on puisse comparer ça à la FAC.

 
Manoucho
18H08 12/07/2007

Je ne vois pas en quoi cet article est un non-sens. Il ouvre un debat interessant.

Non-sens de l’etude, a la rigueur? Et encore je ne pense pas. J’ai plusieurs amis qui sont boursiers et qui s’accrochent pour obtenir leur année de peur de perdre leur bourse. L’argent a donc un certain impact sur leur approche de leurs etudes.

 
Ceri | journaliste free lance
14H18 12/07/2007

pour avoir des connaissances ayant suivi le système universitaire italien, je me permets de dire qu’ils n’ont aucune leçon à donner. En Italie, sans argent on ne peut pas suivre un cursus, tellement les frais d’inscription sont élevés et les bourses quasi inexistantes…
Mais même si les parents ont de l’argent et qu’on travaille, on se retrouve (en tous cas en droit ets ciences sociales et humaines) dans des facs dont le niveau est bien inférieur aux autres facultés européennes. En fin de compte, en Italie, le diplôme se paye, tout simplement…

 
Etienne Wasmer | Economiste du travail
17H42 12/07/2007

que voulez vous dire, qu’il faut d’urgence bruler les études des phénomènes sociaux qui contiennent des statistiques?

 
Etienne Wasmer | Economiste du travail
14H41 12/07/2007

que voulez vous dire, qu’il faut d’urgence bruler les études des phénomènes sociaux qui contiennent des statistiques?

 
Etienne Wasmer | Economiste du travail
14H38 12/07/2007

Je crois que l’idée de l’article que je cite est qu’à la marge, les étudiants réagissent aux incitants. Cela n’est pas contradictoire avec l’idée de redistribution. Il suffit pour cela de faire payer plus les plus aisés et de redistribuer vers les moins favorisés, en maintenant une digue en rendant les couts plus importants (ou les aides moins importantes) en cas de prolongation des etudes et d’echec. Rien de si caricatural…

 
Karg se | Ingénieur agronome en recherche d'emploi
15H08 12/07/2007

Le problème du bon vouloir des parents n’est pas réglé, à moins d’aller au procès ce qui ni évident ni souhaitable. Faire des études c’est pas seulement un gain personnel, mais aussi un gain pour toute la société, mettre des barrières financières ou soumettre au bon vouloir des parents, ça veut dire perdre des bons éléments et biaisé la sélection. je suis peu être un vendu utilitariste, mais je pense que l’éducation sup doit être garanti pour tous ceux qui en ont les moyens intellectuels et la capacité de travail, indépendamment des revenus ou du bon vouloir de leurs géniteurs.

 
sujetduprince
02H18 15/07/2007

c’est quoi etre aisé ? qui va juger de l’aisance des parents d’un individu lambda, va-t-on y inclure l’aisance de sa fratrie,de son conjoint? … où mettez vous la barre de l’aisance !
par rapport à vous meme, par rapport au rmiste,
allez vous etre le juge d’aisance ?
ce concept me parait destiné à la fosse du meme nom !
avec des raisonnements de cet accabit la fac n’est pas prete à sortir de la …
quand aux moins favorisés …parlons crument des pauvres que diantre !… faisons leur la charité de notre savoir après avoir trié les plus méritéants

 
Don
14H42 12/07/2007

L’explication est simple (même si rien n’est simple…)
« Ce qui ne coûte rien ne vaut rien »
Petite expérience vécue : donnez à l’entrée d’une exposition un feuillet explicatif gratuit, ils joncheront les sol.
Vendez le 20 centimes d’euros, votre sol sera (presque) net de papier.

 
Echo
16H21 13/07/2007

Parce que personnes n’en achètera et préfèreront voir plutôt que lire. Ça n’a rien a voir avec la gratuité.

 
Yannick.Comenge | Chercheur Précaire
14H45 12/07/2007

L’université est suffisamment inégalitaire pour qu’on n’ajoute pas des frais d’inscription absurdes. En effet, un « bien né » n’aura que faire de payer mille euros pour une inscription alors que d’autres qui sont sans le sous ou qui redoublent à cause des aléas non mathématiques ni statistiques de la vie trinqueront encore plus. L’echec à l’université est souvent synonyme d’inadpatation à la vie étudiante et ceci de maniere temporaire… Ainsi, si les études le décrivaient, on verrait qu’un fils d’ouvrier ou de provincial arrive bien difficilement à ne pas redoubler alors que bon nombre de jeunes « aisés » ou citadins n’ont pas forcément de soucis d’adaptation à la grisaille des villes et la cherté de la vie urbaine… par ailleurs, les gouvernements ont joué à diminuer le nombre de maitre de conférence depuis des années et ceci a largement influé sur l’echec qu’on stigmatise aujourd’hui. Pour revenir à un effet pervers de ces frais d’inscription, il faut souligner qu’ils ont tendance à etre tres élevés au fur et à mesure de votre cursus. Il m’est arrivé de redoubler le concours de médecine (heureusement, avec le recul) et j’ai eu perdu mes allocations… ceci m’a plongé de 18 à 20 dans une précarité et surtout cela m’a fait payer les frais d’inscription en plus de cette double sanction stupide. Ultérieurement, lorsque j’etais en doctorat peu ou pas financé (soyons pudique)… je voyais des boursiers de l’Etat (MERT) à qui on remboursait les frais d’inscriptions… ce qui etait exclu pour un doctorant sans bourse. Malgré cela, la motivation m’a poussé à continuer vers la recherche et obtenir un doctorat mais cela n’a pas contribué à ce que je sois bien efficace en terme de travail en laboratoire… On ne travaille pas idéalement sans avoir de salaire à la fin du mois… Ainsi, des dispositifs paraissant judicieux à certains peuvent s’avérer à double tranchant pour d’autre. J’ajouterai qu’il faudrait eventuellement reconsidérer le parc locatif étudiant. A mon époque, les cités etaient vétustes et l’électricité sautaient à chaque fois que je faisais de la tambouille sur place… J’ai répondu à cela en mangeant froid pendant des lustres et ceci m’a endurci. Il y avait le probleme du bruit en cité qui fait que ceux qui ont fini les cours font la fete alors que d’autres bachautes en vue d’examen. En prenant cet exemple, je voudrai souligner l’idiotie de ces raisonnements qui essaient de trouver un élément de résolution des problemes dans la hausse des prix d’inscription. En effet, rénovons les cités, aidons les précaires, finançons plus aisément les jeunes etudiants désargentés et nous verrons une diminution des échecs.
Enfin, il faut rappeler qu’avec la pénurie d’embauche des jeunes chercheurs (bac+8), on pousse l’ensemble du corps étudiant vers la démotivation aussi, il serait souhaitable qu’on réouvre les vannes de l’emploi dans les universités et la recherche… ceci serait un bel appel d’air et un sursaut d’espoir…

YC

 
Nestu
16H02 12/07/2007

Je recommande de lire le rapport Trannoy-GaryBobo de 2004 sur les frais d’inscriptions à l’université.

Il s’agit d’une proposition d’augmentation des frais de scolarité pour permettre aux universités de se financer, avec en contre-partie la mise à disposition de prêts à taux zero garantis par l’Etat. L’étudiant trouve intérêt à emprunter sachant que chaque année d’étude supplémentaire lui permet un gain de salaire annuel supplémentaire de 5%.

Cette mesure est considérée par les auteurs comme la plus égalitaire, puisque permettant à tous l’accès à l’université en y accordant exclusivement son temps disponible (plus besoin de travailler à côté pour les plus pauvres) et comme la plus efficace (car permettant les meilleures conditions d’études - plus de moyens pour l’université, plus de temps dispo pour les étudiants).

 
Etienne Wasmer | Economiste du travail
16H17 12/07/2007

Vous parlez des résultats scolaires de George W. ?

 
Eve3
16H31 12/07/2007

J’ai pu me connecter non anonymement :-)

Je parle de tout (ce) qui est négociable. Négociable, de négoce, commerce.

Vous avez sans doute raison : la renommée de Bush (n’oublions pas la courbette à Mr le Président) est d’une telle renommée qu’on ne peut qu’être atterré à l’idée que bon nombre de diplômés soient de son niveau.

L’obtention de certificats via pochettes-surprises existe depuis très longtemps. Malheureusement.

 
Eve3
16H33 12/07/2007

mes excuses, lire : la renommée de… est telle qu’on…

 
Karg se | Ingénieur agronome en recherche d'emploi
18H00 12/07/2007

Bush a peu être gagné sa place parce que ses parents pouvait payer, alors que des plus malins n’en avait pas les moyens…

 
sinclair
16H38 12/07/2007

RUE89 fait de la provoc pour passer un aticle de ce tonneau.????

C’est tellement inepte que c’est a pleurer. Non en fait il faut se decomplexer par rapport a l’argent qui est seul moteur du monde le « veau d’or » quoi.

La selection par l’argent y a que sa, voyez juste quelques sous de plus 1000€ et on gagne 6,1% a 10 000€ on depasse le 60% d’echec en moins. Simple efficace.

Rendre sa valeur a l’argent vous dis je, y a qu sa de vrai ma brave dame. Mme le ministre des finance a raison.

Encore quelque trucs comme sa et je vais effacer l’adressede rue 89

 
Manoucho
17H03 12/07/2007

ce n’est pas une selection par l’argent selon l’etude d’apres cette idee de « discontinuite ». l idee est de dire qu un eleve qui sait que son redoublement va lui couter de l’argent se motive un peu plus pour etudier.

je pense que c est un sentiment assez humain!

 
Etienne Wasmer | Economiste du travail
18H52 12/07/2007

A Sinclair: je crois que vous n’avez pas compris le sens de l’article ni de l’étude empirique. D’une manière générale, certaines des personnes en désaccord sur ce site sont fermées au raisonnement. On peut etre en désaccord sans réagir au lance-flamme. 

 
sinclair
00H40 13/07/2007

Je repondrai donc a manoucho et a etienne wasmer qui ne sont pas de courageux anonyme

A Manoucho
Oui comme vous dites dans votre note de 18h10 la suppression de la bourse est une epee de damocles crainte par ceux qui etudient en vivotant. Rajouter des frais 1000 euros ici ne changera que peu de chose sauf peut etre une impossibilite de s’inscrire pour ceux la. Pour ceux dont les parents sont plus nantis la difference ne sera que marginale.

A Etienne Wasmer
Si j’ai bien compris votre article. Mais savez vous que certaines universite pratiquent dejà des frais de scolarite plus ou moins eleves contre toute regle de fonctionnement. Aggraver ces frais conduit a ce qui est dejà en route a savoir que la selection va se faire par l’argent de toute façon me direz vous elle se fait. Certes mais là cela sera clairement par les frais scolaires. Telle unversite cotee demandera x euros et choisira les autres sur dossier systeme des universites americaines. Et c’est cela que j’ai du mal a accepter.
Ceux qui travaillent pour suivre leurs etudes seront de fait exclus par ce systeme ils y parviennent tres difficlement a l’heure actuelle. Savez vous ce que certains etudiants endurent pour juste suivre les cours de l’universite croyez vous que x euros a payer en plus est une solution pour les motiver et les aider.
En d’autre temps ma reaction aurait ete moins vive mais aujourd’hui nous avons un gouvernement et une ministre de finances qui veulent que l’on se decomplexe vis a vis de l’argent. La course au mirage du « veau d’or » est a l’oeuvre ce qui fait uniquement rire ceux qui en profitent et qui sont suffisament garni de ce cote là. Les autres rêvent et souffrent.

Voila!!

Enfin votre appreciation « D’une manière générale, certaines des personnes en désaccord sur ce site sont fermées au raisonnement » est là un vrai jugement au lance flamme. Vous avez le droit de le penser je vous en laisse le credit.

 
all
17H44 12/07/2007

Je suis moins savant que vous en mathématiques ; mais il n’y a-t-il pas un biais dans l’étude en ne prenant en compte que deux groupes d’étudiants aux revenus quasi identiques, séparés simplement par un effet de seuil ? Dire que si on doit payer des frais on a intérêt à mieux gérer ses études en les faisant plus brèves, ou bien optimiser des avantages étudiants s’ils sont déterminants est à mon sens tout à fait trivial.
On peut d’ailleurs faire l’expérience avec des rats de laboratoire, la bête choisira entre deux le plus gros morceau de fromage, même s’il est au bout plus long parcours de labyrinthe. Si les deux morceaux de fromages sont identiques c’est le trajet le plus court qui sera privilégié.

 
facri
16H39 12/07/2007

Est-ce que l’abaissement de 6,7% du taux de retard dans l’obtention d’un diplôme,justifie de payer des frais d’inscription de 1000 euros?Et ceci,aussi bien pour les étudiants aisés que les moins aisés?
Ou comment avec une étude dont le résultat est faible (6,7%)on peut faire un gros titre…

 
Manoucho
17H00 12/07/2007

Personnellement je suis assez interessé par l’article. J’aimerais rappeler a ceux qui trouvent que cela n’avantage que les riches qu’en realité le systeme existe deja… pour les pauvres! En effet, un boursier qui redouble plusieurs fois perd sa bourse.

 
Etienne Wasmer | Economiste du travail
17H37 12/07/2007

merci

 
facri
20H22 12/07/2007

Et donc,un étudiant issu d’une famille aisée peut doubler autant qu’il le veut.C’est ça l’égalité des chances?

 
Etienne Wasmer | Economiste du travail
17H39 12/07/2007

« La question de fond de cet article, c’est « par quel moyen on va bien pouvoir faire avaler une augmentation substantielle des droits d’inscription? » « un peu théorie du complot, non? Je parle ici d’une étude découverte récemment, intéressante et qui permet d’ouvrir un débat. Sur la deuxième partie de votre commentaire, je crois qu’on est tous d’accord,

 
Etienne Wasmer | Economiste du travail
17H41 12/07/2007

Théorie du complot again? Non, j’ai découvert l’article très récemment et ai passé le déjeuner avec un des auteurs.

 
Serge Maurin
18H20 12/07/2007

L’argent motive ! Quelle découverte !
Je suggérerais à nos amis universitaires italiens d’augmenter encore plus les frais de scolarité pour vérifier si le taux de succès est proportionnel (6,1% c’est quand même bien peu !)

Logique ultime ! Pourquoi pas acheter son diplôme ? Comme sous l’ancien régime on achetait une charge.

 
Etienne Wasmer | Economiste du travail
18H54 12/07/2007

Faites mieux: refaite l’étude et publiez vos résultats, c’est comme cela que la science avancera. Sur votre dernière phrase, puis-je me permettre respectueusement? Elle n’apporte pas grand chose au débat, vous auriez pu vous en passer, il y a assez d’arguments dans l’article à comprendre et à discuter sereinement.

 
Manoucho
22H03 12/07/2007

J’etudie en Espagne… Le systeme est plein de defauts mais il y a un truc interessant et qui rejoint la proposition de l’etude en etant moins radical puisqu il n augmente pas directement les couts d inscription.

Chaque matiere a un cout d inscription (en theorie bas). Le premier ratage est gratuit. Ensuite, a chaque ratage, le cout de l inscription pour la matiere augmente!

 
jjezfm | Internaute
11H30 13/07/2007

bien sûr que la perspective de devoir payer ou non (ou de recevoir une prime ou non) induit une différence de motivation. en voilà une surprise ! elle a coûté combien, cette étude ?
nous sommes tous humains, et même s’il y a beaucoup d’autres facteurs de motivation, l’argent fait forcément partie du calcul, plus ou moins
mais j’aime assez votre proposition d’envisager les choses sous l’aspect positif : accorder de l’argent à ceux qui réussissent
la carotte plutôt que le baton

 
jjezfm | Internaute
11H31 13/07/2007

bien sûr que la perspective de devoir payer ou non (ou de recevoir une prime ou non) induit une différence de motivation. en voilà une surprise ! elle a coûté combien, cette étude ?
nous sommes tous humains, et même s’il y a beaucoup d’autres facteurs de motivation, l’argent fait forcément partie du calcul, plus ou moins
mais j’aime assez votre proposition d’envisager les choses sous l’aspect positif : accorder de l’argent à ceux qui réussissent
la carotte plutôt que le baton

 
harpo59130
15H48 13/07/2007

Les faire payer plus pour qu’ils travaillent plus !

Ca va pas non !

 
LionelT
17H37 13/07/2007

Dans le même ordre d’idée: il paraît que lorsqu’on fouette un esclave, il travaille plus vite. Je pense qu’il faudrait d’urgence mener une étude scientifique à ce sujet et ouvrir un vrai débat sur le rétablissement de l’esclavage et du fouet, malheureusement tabou!

Plus sérieusement, on ne trouve que ce qu’on cherche. Cette étude vise surtout, me semble-t-il, à fournir un argument aux partisans d’une augmentation des droits d’inscription en fac. J’aimerais bien, pour ma part, voir une étude tout aussi scientifique sur les conséquences sociales prévisibles d’une telle augmentation…

 
lottachou
01H41 14/07/2007

Il esr certain que le prix ridiculement bas de l’inscription en Fac par rapport aux avantages qu’elle rapporte (Securité sociale,Resto-U ,multiples tarifs préférentiels …)peut favoriser un certain dilettentisme:inutile de mettre les pieds en cours pour en bénéficier jusqu’à 26 ans ,il suffit de changer de Fac tous les 1 à 2 ans (deux 1ères années de Médecine,une de Bio,deux de Pharma,une de Psycho,une de Socio)j’en ai plusieurs exemples dans dans mon entourage!C’est très économique pour l’ »étudiant »mais beaucoup moins pour la société car une année d’études en Fac a un prix de revient élevé!On peut tolérer deux inscriptions en 1ère année mais à partir de la troisième l’étudiant devrait payer le prix réel de son année d’étude:cela l’inciterait,sans doute,soit à se mettre au travail soit à changer d’orientation si il n’a pas les capacités de suivre des études supérieures: on limiterait ainsi le temps et l’argent gâché (BAC + 0 après 8 ans de Fac…) Une autre stratégie pour limiter l’échec est, bien sûr ,la sélection à l’entrée dont personne ne veut entendre parler… elle existe dans les IUT et cela ne semble choquer personne…ahurissant!!!

 
Appleseed | master biologie montpellier
19H31 15/07/2007

Pour la personne avançant l’argument des USA, ou de l’Angleterre, et qui comparait les prix d’inscriptions, peut être faudrait il également comparer les salaires des chercheurs ou les bourses de these ou de post-doc…. Ces mondes sont incomparables selon moi. J’avoue que j’ai la chance de n’avoir à travailler « que » durant toutes mes vacances depuis 4 ans pour aider mes parents pour les frais de vie étudiante (et encore je ne pense réellement pas être le plus lésé), je sors je fait la fête avec ma paye et j’ai failli ne pas être pris en master par manque de stages… Ce qui veut dire que quelqu’un n’ayant pas besoin de travailler pour financer ses études part déjà gagnant pour les M1 à grosse sélection (puisque OUI il y a sélection dans beaucoup de M1 contrairement à ce qu’en disent certains…).
J’ai également loupé une année de médecine… parce que je voulait « voir » ce que c’était, et là je suis d’accord pour dire qu’une meilleure sélection (j’entend par là réellement couplée avec le numerus closus de fin de 1ère année de médecine) à l’entrée pourrait éviter que près de 1300 étudiants sur 1500 restent sur les dents en fin d’année. Plutôt que de sélectionner sur l’argent et le prix d’inscription je pense qu’il faudrait arrêter de taxer les basses couches de la population et commencer par remanier la prévention/orientation ainsi que les conditions de travail. Bonne journée!

 
griffaurel
15H01 17/07/2007

Il ne fait pas de doute que la selection par l’argent est efficace mais elle est immorale.
Le coût d’une année d’étude est d’au moins 100 fois le montant des frais de scolarité. Ce coût est pris en charge par la société, et c’est normal. C’est un investissement collectif pour cette même société. Il n’est pas concevable pour moi de faire peser sur les étudiants et leur famille le côut de la formation scolaire et proffessionnelle. Je trouve les frais de scolarité outre-atlantique indécents. Mais il faut tenir compte du fait qu’outre-atlantique les moyens mis à la disposition des élèves et des équipe pédagogique sont trés sensiblement supérieur.
Selon moi, l’acces à la scolarité et la formation doit être gratuit et l’égalité des chances de succès mise en pratique. Pour assurer l’égalité des chances, le système des bourses doit être éttendu et renforcé.
Mais dans la mesure ou l’égalité des chances est assurée, il n’est pas choquant selon moi de sanctionner l’échec par une contribution de l’étudiant à l’effort général.
La formation à une valeur, et je considère que les étudiants doivent avoir quelque chose à perdre pour
compenser cette perte de substance assumée par la société.
En conclusion, je suis favorable à une contribution des étudiants au cas ou ils redoublent (mais pas avant) et à condition d’assurer l’égalité des chances pour tous.