
Un défi, 365 jours pour le tenir… et en faire un livre
Dire » oui » aux garçons ou respecter enfin les dix commandements :
le challenge perso, phénomène éditorial aux Etats-Unis.

Une année à dire oui à tous les garçons. Une année sans acheter de produit chinois. Une année à lire l'encyclopédie Britannica d'un bout à l'autre. Voilà des manières de remplir son emploi du temps sans se poser de questions. Et voilà surtout un nouveau filon de l'édition américaine : le challenge perso !
Notez qu'à part » The Year of Yes » , (la veinarde qui a collectionné chauffeurs de taxis, septuagénaires, femmes… et un Français ) et » Julie and Julia » (une fille passe un an à essayer toutes les recettes de cuisine de la sainte patronne américaine de la cuisine Julia Child), ces défis de 365 jours ne sont pas des robinets d'hédonisme. Même le journaliste de Denver qui se lance le pari dans un livre -en cours d'écriture- d'avoir des relations sexuelles avec sa femme 100 jours de suite ( » 100 Days of Wife Sex » ), ça a un peu l'air d'une punition.
A. J. Jacobs, après s'être mangé l'encyclopée Britannica, a décidé de passer un an à suivre les dix commandements de la bible (alors que ne pas tuer un jour ça va, mais toute l'année…) pour rédiger The Year of Living Biblically (bientôt adapté au cinéma ! ).
Douze mois à faire son compost sur la Cinquième avenue
Le No Impact Man qui a souhaité passer un an sans sans affecter l'environnement (surnommé l'année sans papier toilette par le New York Times). Pas de voiture et pas d'avion bien sûr, mais aussi plus d'électricité à la maison et les escaliers jusqu'au neuvième étage (de quoi faire honte à Ellen Currey-Wilson, la mère de famille qui s'est privée de télé pendant un an).
Pas le droit non plus aux oranges muries sous le soleil de Floride, juste aux racines qui ont poussé dans la région (comme la famille de Animal, Vegetable, Miracle qui s'est repue pendant un an de produits locaux). Monsieur et Madame Zéro Impact n'achètent rien, font leur compost sur la Cinquième avenue, et donc, se passent de papier toilette. On est à un jet de pierres de See You in a Hundred Years, le livre de celui qui décide d'aller vivre comme à la fin du XIXe siècle.
En janvier 2004, j'ai eu l'occasion de rencontrer Judith Levine dans le Vermont alors qu'elle s'apprêtait à passer un an sans rien acheter d'autre que le strict nécessaire, et m'expliquait presque aussi vite qu'elle en ferait un livre (Not buying it). Deux heures avant le lancer du » projet » , raconte t-elle dans son livre, elle était sur Internet à passer ses dernières commandes.
Une version écrite des émissions de téléréalité
La plupart de ces expériences suivent des arcs dramatiques similaires. Au début c'est pas facile (de devoir se lever à l'aube pour faire du feu pour le petit déjeuner si on veut le prendre avant midi, d'arriver chez des amis les mains vides, d'aller au bureau en trotinette…) et puis ça va mieux, on se demande où le monde va et on se dit qu'on n'a pas besoin d'un iPhone pour être heureux, surtout si on a un éditeur pour en faire un livre.
Même si certaines expériences sont tentantes, ou donnent envie de s'inventer des défis idiots, on se sent perplexe à l'idée que l'édition américaine semble à peine plus inspirée que les producteurs de télé réalité.
Le sentiment de malaise face à cette liste d'années à s'imposer de drôles de règles tient sans doute au thème commun à beaucoup de ces livres : l'idée que l'on soit arrivé à une telle opulence que la nouvelle aventure puisse être de jouer à ne rien avoir.
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De Anne Honym
13H10 | 31/12/2007 |
Voilà qui peut être une source intarrissable de romans de gare ! Tiens, oui, un an de lectures miteuses dans le train : ya un éditeur qui prend ?
Cela dit j'aime assez votre conclusion sur la version papier de la real TV (les amateurs de real TV sauraient-ils donc lire ? ) et surtout, le regard qu'avec le recul, le lecteur peut porter sur notre société de consommation. Le mieux est donc de ne pas consommer ces livres insipides…
De topperheadon
employé marketting à Lille | 13H17 | 31/12/2007 |
On a lancé le meme genre de truc en France, mais c est collectif, ça s appele « Un an à regarder Sarkozy à la télé »…
Plus serieusement, ça peut paraitre amusant à faire ce genre de petite experience, mais de là à en faire un livre, et à ce qu il soit edité. Pourvu que ça ne traverse pas l'Atlantique…
De eben
13H17 | 31/12/2007 |
« La culture française est morte »
Vive la culture américaine…jetable et a chier (sans pouvoir s'essuyer aprés en plus)
De ventrachou-rouge
côte sud Vendee | 13H22 | 31/12/2007 |
Un défi avec un jour sans ! 366 en 2008.
Peut être un jour sans SARKO alors ? ?
De pablico
13H51 | 31/12/2007 |
il y a personne qui a essayé de passer un jour sans respirer, pour ne plus dire de bêtises après ?
si il y en a eu un, il n'a pas réussi à écrire un livre après son exploit.
De sumacel
13H53 | 31/12/2007 |
Ne nous trompons pas, un livre n'est pas forcément un objet culturel en soi. Je suis moi-même éditeur d'ouvrages juridiques et techniques, et je suis conscient qu'il n'y a rien de culturel dans ce que je produis.
Ainsi, de cette expérience, qui n'est pas forcément inintéressante, il ne faut pas se défier a priori sous le prétexte que ce ne serait pas culturel, puisque, à mon sens, là n'est pas l'ambition première. Lorsque je mange un sandwich, je ne suis pas gastronome. En revanche, je puis parfois être surpris par la saveur, la texture, voire l'audace d'une composition qui satisfait mes papilles tout autant qu'un plat de chef étoilé. Je conviens que c'est rare, mais le plaisir est d'autant plus grand que ce n'était pas ce que je cherchais.
Ainsi donc, il n'est pas dit que le journal de bord d'un type qui décide, pendant un an, de ne plus manger ses crottes de nez, soit de façon irréfutable et sans appel, à mettre au ban de la littérature. On a vu des sujets bien plus glauques, traités avec talent, devenir des chefs-d'œuvre.
Je lirai donc, avant d'avoir un avis.
De Anne Honym
16H00 | 31/12/2007 |
Le problème n'est pas tellement le fait que ce soit « culturel » ou non, à mon sens, mais surtout que ces livres sont très mal écrits. C'est ce qui les rend profondément indigestes et inspides. Les ouvrages que vous publiez ont de l'intérêt soit sur le fond, soit sur la forme, je suppose, même si culturellement ils ne sont pas des chef d'oeuvre ils ont le mérite d'apporter quelque chose au lecteur.
Or, les deux livres que j'ai déjà lus relevant du sujet qui nous occupe étaient particulièrement simplistes, rédigés en langage parlé (comme cela arrive souvent chez les auteurs américains du moment, cela dit) et sans aucune recherche littéraire. Or écrire, ce doit à mon avis être un travail de forme aussi : chercher le mot qui fait mouche, la description qui touche. Pas forcément sortir des phrases pompeuses mais au moins faire des efforts pour formuler les choses de façon stimulante pour le lecteur. Las, rien de tout cela ici, ce type de journal de bord, en fait, correspond plus, stylistiquement, à ce qu'on trouverait sur un blog lambda (à condition qu'il ne soit pas tenu en langage SMS évidemment) : vite écrit, vite lu, vite oublié.
De GanLanShu
shodavid.blog.lemonde.fr | 14H05 | 31/12/2007 |
Peut-être plus intéressant… L'année sans se lancer le défi que l'on sait que l'on ne pourra pas tenir ! Un peu de vacances, quoi ! Par exemple, une année sans renoncer à dire quelque chose pour avoir l'air malin… Humainement intenable !
De skalpa
actif et militant ? | 14H41 | 31/12/2007 |
Une année sans déposer de commentaires sur rue89 ! ! !
Wahou ! ! !
De PierreAdrien06
14H58 | 31/12/2007 |
Une année sans replier les textes qui dérangent sur rue89 ! ! !
vlam ! ! !
à PierreAdrien06
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H31 | 31/12/2007 |
J » ai craqué . J » ai mis un point rouge ..
Pardon , pardon ….
Fouettez moi ! Je suis une merde ! Mettez moi vite tous un point rouge aussi !
HAAAA ! C'est bon ! ENCORE !
à Numerosix
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 17H37 | 31/12/2007 |
Zut de zut ! J'ai cliqué sur « Cinq étoiles » pour que tout le monde vous connaisse mieux, et votre contribution au hit-parade des aveux incontournables reste plié ! Navré.
…
à Claude PELLETIER
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 17H47 | 31/12/2007 |
L'article de Guillemette Faure est passionnant. Les écrivains se donnent parfois des contraintes pour produire une œuvre. Je pense aux exercices de style de R. Queneau récrivant à l'envi une histoire d'autobus. Mais là, au prime abord, les règles que l'on se donne n'ont pas de sens.
Est-ce une façon de signaler l'inanité de toute chose ?
Une pratique nihiliste ?
On a envie de lire l'avis d'un psy.
Et puis on se dit que les exploits sportifs de toute sorte sont un peu apparentés à ces défi bizarres.
Il existe dans les deux cas une longue préparation du sujet suivie d'une exposition au public, en respectant une série de règles.
Et si les règles de ces nouveaux paris paraissent quelque peu farfelues,
la différence est surtout dans notre regard !
Il y a quelque chose de vain dans la conquête d'un record sportif, d'un titre……
De NouNouiLL
15H14 | 31/12/2007 |
Comme quoi, il y a des jours comme le 31 décembre, où on nous pousse vraiment à être situationnistes. Alors que l'idée de se modeler consciencieusement dans sa forme sensible et sociale est déjà tout bonnement grotesque, et que le faire le 31 décembre dans une fête où manifestement on s'amuse du peu qu'on trouve (c'est à dire du vide de celle-ci) l'est encore plus. On s'étonnerait presque que ce nouveau moyen de combiner le tout n'est pas apparu plus tot, surtout quand il est de notoriété que tout finit par passer par la moulinette de cette édition abstraites . L'édition qui comme a l'accoutumer ne parle que de l'édition (Quel interet de parler de défi stupide si il y a pas un livre ? ).
Mais quel interet aussi de faire un défi stupide si ce n'est pour en avoir le juste reconnaissance…
Ainsi on peut voir le bonheur de l'auteur que dit-je de l'acteur de se faire un défi uniquement dans le but de faire un livre. Et ainsi mettre le plus grotesquement possible sa vie mise en scène grâce aux plus parfaites morales intériorisé tel que l'écologie. Vivre par le flux intarissable d'experience mise en scene, ayant heureusement obtenu le label « art & culture ». Tout cela sous la coupe de la mode écologique que dis-je « “du développement durable” » et des bobos (un peu réac tout de même) de la 5ème avenue qui font des paris grotesques,et de leurs jolis expériences et mots obus, bien idéalisés, rigolos et roses bonbons… (Et j'en arrive a critiqué Serge Latouche …c'est lamentable…)
Bref cela doit bien en amuser quelque uns… Tant mieux si cela leur permet vivre a bout de bras, bras tellement long qu'on en soit pas le bout… Tout cela pour ne pas plonger dans une chute sans fin…
Je crois que cette années va être un si terrible chute… Ahhh bonheur, mon pessimisme…
à NouNouiLL
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H31 | 31/12/2007 |
Vous avez plutot raison , Nounouil , mais ne galvaudez le mot « situationniste “ comme ça , s” il vous plait, je vous en prie ..
In girum imus nocte et consumimur igni
“ Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu ”.
De Vê
20H53 | 31/12/2007 |
Autre défi :
Ne pas tomber malade…
Sinon cela vous en coûtera !
Bonne santé !
De petit pain
21H44 | 31/12/2007 |
.
Je t'aimerai au moins une fois par jour, Mon Amour…
Même si tu te lèves demain à 5h30 pour aller bosser.
Bonne année à Toi.
.
De blosse
concepteur dans la pub | 11H48 | 01/01/2008 |
« Question pour un réveillon »
365 jours sans augmenter le pouvoir d'achat
365 jours sans claquer le moindre euro pour mes déplacements en vacances
365 jours sans opposition digne de ce nom
Je suis, Je suis…