
Un appel du mouvement contre la disparition du point-virgule

Le point-virgule est en danger. Il a disparu des journaux. Il se fait rare dans les romans. Même le comité de défense du point-virgule est maintenant introuvable sur la toile. « Il a lui-même disparu corps et biens, ce qui n'est pas bon signe » , nous dit Sylvie Prioul, auteure de La Ponctuation ou l'art d'accommoder les textes, appelée à la rescousse.
Son diagnostic : l'absence de « ; » est, à Rue89 comme dans le reste de la presse, la terrible conséquence du raccourcissement des phrases, recommandé dans les rédactions. « La phrase courte signe l'arrêt du mort du point virgule » , résume Sylvie Prioul qui voit se répandre une « ponctuation efficace » à son détriment.
Plus grave, le point-virgule intimide. « Les gens ne savent souvent pas l'utiliser. Il est un peu hybride entre le point et la virgule. Parfois plus près de la virgule. C'est qu'on appelait la virgule forte au XVIIIe siècle. Parfois il est plus proche du point et on le met quand on change d'idée. »
(Rappel pour les handicapés de la ponctuation : le point-virgule s'utilise avec deux membres distincts qu'on veut mettre en opposition ou en parallèle.)
D'aucuns, à Rue89, se sont demandés si d'autres signes de ponctuation pourraient prendre sa place. Un retour du point d'ironie par exemple ? Sylvie Prioul est sceptique. « Il y a eu quelques essais dans les années 1960. L'interrobang venu des Etats-Unis et supposé exprimer l'étonnement et l'interrogation. Ca n'a pas pris. » Pas plus de succès pour les tentatives de point d'amour et de point d'acclamation poussées par Hervé Bazin dans son livre Plumons l'oiseau en 1966.
Alors, où trouver les derniers points-virgules vivants ? Dans la presse. Sylvie Prioul, qui a passé en revue un numéro entier de L'Humanité pour n'en trouver qu'un (perdu dans un édito), conseille de fouiller les pages d'analyses des quotidiens. « Ce qui fait survivre le point virgule, ce sont les tribunes, les pages rebonds, ce qui est un peu long. » Une larme de binette
Et en littérature ? Peut-on encore espérer en croiser quand Annie Ernaux dans son dernier bouquin balance des souvenirs sur des pages sans majuscules ni points ?
On rencontrera le point-virgule avec plus de chance chez les auteurs du XIXe siècle – Victor Hugo, Flaubert – qui en sèment à longueur de pages. Plus récemment, Houellebecq l'utilise en toute simplicité. « Il n'arrivait plus à se souvenir de sa dernière érection ; il attendait l'orage. »
Faute de mieux, restera toujours le Journal Officiel qui en utilise à foison pour ses énumérations. Autre utilisation technique de la ponctuation, les programmeurs informatiques en utilisent aussi à loisir pour les séparations. Dernière étape avant qu'il ne soit plus qu'une larme de binette.
On en a profité pour demander à Sylvie Prioul d'inspecter nos allées. Comme beaucoup de sites, à l'écouter, Rue89 malmène la typographie. « Les guillemets français ont disparu et sont remplacés par des horribles guillemets machine. » Adieu les espaces avant les points d'interrogation et d'exclamation. « Toutes les ponctuations qui doivent être séparées sont collées à l'anglo-saxonne. » On n'a guère le choix, en raison de la difficulté de créer des espaces insécables, les signes de ponctuation pourraient se retrouver seuls à la ligne. « Ça me choque moins, une ponctuation collée qu'une ponctuation qui se promène. » Avec l'aide des maniaques de l'équipe, nous avons tenté de rendre cet article conforme au code typographique.
Puis s'ajoute la créativité des internautes qui, dans leurs commentaires, peuvent avoir la main lourde en points d'exclamation et de suspension. « Ils adorent les points d'exclamation pour montrer leur enthousiasme ou leur désespoir » , nous dit encore Sylvie Prioul. N'hésitez pas à nous envoyer vos plus beaux points-virgules.
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Lecteur écriveur | 14H19 | 24/03/2008 |
Penny chuchota : « Suis-moi. Nous nous approcherons le plus possible. » Il tendit le doigt : « Les hérons sont en train de danser leur danse nuptiale. »
Jody aperçut au loin les grands oiseaux blancs. Son père avait des yeux d'aigle, se dit-il. Ils se mirent à quatre pattes et avancèrent lentement en rampant. De temps à autre. Penny se couchait à plat ventre et Jody se couchait derrière lui. Ils atteignirent un bouquet de hautes herbes et Penny lui fit signe de se cacher derrière. Les oiseaux étaient si près qu'il semblait à Jody qu'il aurait pu les toucher avec son long bambou. Penny s'assit sur ses talons et Jody l'imita. Il ouvrait de grands yeux. Il compta les hérons en fête. Ils étaient seize.
Les hérons dansaient une espèce de cotillon aussi bien réglé que ceux qu'on dansait à Volusia. Deux d'entre eux se tenaient à l'écart, droits et blancs, faisant une étrange musique, moitié cri et moitié chant. Le rythme en était irrégulier comme celui de la danse. Les autres oiseaux formaient un cercle. Au centre du cercle quelques-uns remuaient en sens contraire. Les musiciens faisaient leur musique. Les danseurs levaient leurs ailes et soulevaient les pattes l'une après l'autre. Ils baissaient la tête, la plongeant dans leur poitrine de neige, la relevaient, et la baissaient de nouveau. Ils remuaient sans faire de bruit, avec un mélange de gaucherie et de grâce. La danse était solennelle. Les ailes frémissaient, montant et descendant comme des bras étendus. Le cercle extérieur tournait, tournait. Le groupe central semblait animé d'une lente ivresse.
Soudain, tout mouvement s'arrêta. Jody crut la danse finie ou leur intrusion découverte. Mais les deux musiciens rejoignirent la ronde. Deux autres prirent leur place. Il y eut une pause. La danse recommença. Les oiseaux se reflétaient dans l'eau claire du marécage. Seize ombres blanches doublaient tous les mouvements. La brise du soir soufflait dans les herbes. Elles se recourbaient et s'agitaient. Les eaux se ridaient. Le soleil couchant rosissait les plumes blanches. Des oiseaux magiques dansaient dans un mystérieux décor. Les eaux ondulaient avec eux, et la terre frémissait de toutes ses herbes. La terre dansait avec les hérons, et le soleil bas, et le vent, et le ciel.
Jody se surprit à lever les bras quand les ailes des hérons se soulevaient. Le soleil s'enfonçait au bout de la prairie. Le marais était doré. Les hérons en fête étaient touchés d'or. Les champs au loin étaient noirs. L'ombre couvrait les buissons, et l'eau s'obscurcissait. Les hérons étaient plus blancs que des nuages ou que la floraison blanche des oléandres et des lis. Soudain, ils prirent leur vol. L'heure de la danse était-elle simplement terminée, ou bien la longue gueule d'un crocodile avait-elle surgi de l'eau pour les effrayer. Jody n'aurait su le dire, mais ils étaient partis. Ils formaient un grand cercle contre le couchant, poussant l'étrange cri rauque qu'ils ne faisaient entendre qu'au cours de leur vol. Puis ils se déployèrent en une longue ligne vers l'ouest et disparurent.
M.K. Rawlings. Jody et le Faon
à compte supprimé 22
De ouloubli
13H17 | 25/03/2008 |
Ne serait-ce pas une traduction ?
Les Anglo-saxons sont des pros des phrases courtes. Et ils ont peu recours au point-virgule ; y aurait-il un lien ?
à ouloubli
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 22H03 | 26/03/2008 |
C'est une traduction. Mais je ne pense pas qu'un traducteur prendrait une telle liberté avec la ponctuation. En tout cas, pas sur la totalité d'un livre. Si quelqu'un connaît l'original…
à compte supprimé 22
De Alain Provist
15H02 | 24/03/2008 |
Cher PMB,
Je vous retrouve là avec plaisir.
Que dites-vous de la phrase proustienne, riche en point-virgules ?
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : “Je m'endors.” et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas ma raison, mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n'était plus allumé. » Du coté de chez Swann.
à Alain Provist
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 16H30 | 24/03/2008 |
Strictement rien de mal, cher AP, même si, à ma grande honte, je dois avouer n'avoir pas lu Proust (mais j'ai encore le temps).
J'ai beau aimer la phrase courte, je ne suis pas ennemi de la phrase longue, tant à la lire qu'à l'écrire. Rouaud, justement*. Aussi pudique que M.K.Rawlings, la phrase longue ne lui fait pas peur (une de six pages - mais pas un point-virgule - à la fin de Des hommes illustres).
* Extrait joint, en trois phrases et un point virgule. Et une nouvelle preuve que dire l'indicible peut se faire sans ? et ! et …
à compte supprimé 22
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 16H33 | 24/03/2008 |
Il s'en était fallu d'un rien, d'un coup de pédale pas assez énergique, d'un détour trop long, d'une hésitation dans la recherche du lieu de rendez-vous, mais sans ce retard salvateur il serait aux côtés de son camarade Michel Christophe, arrêté presque sous ses yeux, poussé violemment dans une voiture, conduit à Nantes, torturé au siège de la Kommandantur, emprisonné puis déporté à Buchenwald d'où il revint à la fin de la guerre, maigre, tellement maigre avec cette fine enveloppe de peau épousant son crâne et ses os, que sa mère qui l'accueillit sur le quai de la gare hésita à refermer ses bras autour des pauvres formes de son fils de peur de le réduire en poussière, comme ces momies manipulées sans précaution à l'ouverture d'une sépulture ancienne, lui disant : « C'est bien toi », non pour s'assurer qu'il s'agissait bien de lui – mutilé, défiguré, comment n'eût-elle pas reconnu cette part d'elle-même ? – mais comme on s'étonne de la métamorphose d'un proche ; c'est bien toi, qu'on n'imaginait pas capable d'un tel prodige, c'est bien toi, cet équilibriste sur le fil de la mort. Et pendant des jours l'alimentant comme un enfant de bouillies et de viande hachée, respectant son silence, et lui, à mesure qu'il reprenait des forces, que son regard paraissait moins lointain, commençant à raconter les affres du corps : la faim, les poux, la vermine, la dysenterie, le froid, la fièvre, mais comment faire entendre cette faim-là à ceux qui évoquent en retour leurs privations, ces démangeaisons-là à se gratter jusqu'au sang et à la folie à ceux qui se plaignent que le savon était une denrée rare et ne moussait jamais, ce froid-là à ceux qui grelottèrent quatre hivers, cette fièvre-là à ceux qui empilaient sur eux couvertures et édredons, alors gardant le reste pour lui, ne confiant que bien plus tard à son camarade Joseph ce qui tourmentait ses jours et ses nuits depuis son retour et dont il avait été le témoin : cinq cents petits Gitans, entre cinq et douze ans, exécutés à la seringue, un à un, que l'on immobilisait sur une table pendant qu'un pseudo-chirurgien, liftier dans le civil, leur enfonçait une longue aiguille dans le cœur, y instillant un poison jaunâtre à l'effet foudroyant. Et son camarade, se rappelant sa lenteur à bicyclette et le hasard bienheureux qui lui avait valu de ne pas partager le même sort, se retenant de lui demander s'il avait fait partie de ceux qui maintenaient de force les petits martyrs.
Jean ROUAUD
Des Hommes Illustres
(Minuit, p 157)
De Anthropia
14H23 | 24/03/2008 |
Sur le bigbangblog, nous avions eu ce débat sur le point-virgule ; cela avait débouché sur une critique du point d'exclamation. Comme quoi.
La règle pour la présentation : tout signe double génère un espace avant, un espace après ; tout signe simple induit aucun espace avant, un espace après. Ce que nous démontrons ici.
Pour ce qui me concerne, j'aime la pratique des minuscules en début de phrase, comme dans Les Années d'Annie Ernaux, pour donner à voir la narration, qui vient inscrire sur le papier le flux d'une pensée en cours, un récit muet, qui tout à coup devient parlant.
http://anthropia.blogg.org
http://anthropia.blogg.org
à Anthropia
De Desiderio
20H16 | 24/03/2008 |
Cette règle est fausse parce qu'elle ne tient pas compte des vrais guilles anglais « … » qui sont aussi employés dans la typographie française pour les citations secondes et elle ne se réfère pas du tout au fait que les signes comme le tiret cadratin ou semi-cadratin sont aussi des signes simples et uniques ! Bref, c'est de l'embirstouflage sous couvert de jargon pseudo-typo et de la mystification des foules ! Ubu au pouvoir ! et puis on n'en parle plus…
à Desiderio
De Anthropia
08H22 | 25/03/2008 |
Mais comme le dit Guillemette Faure, les guilles anglais comme les autres signes anglais ne sont pas traités comme les signes français. Son article semblait d'ailleurs regretter cette perte des signes français.
La règle que je donne est celle de la frappe.
La typo des imprimeurs peut s'asseoir sur des tas de choses, puisqu'elle est design et créativité.
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 14H32 | 24/03/2008 |
J'avoue : je suis un maniaque de la ponctuation, et je me désole que les élèves ne sachent presque plus la placer - ou ne la placent plus du tout, transformant leurs écrits en gloubiboulga. Pas étonnant quand on sait que l'apprentissage méthodique de la grammaire est jugé inutile par d'aucuns.
Et ne parlons pas de la disparition des accents et des apostrophes, indispensables au français : « copié » n'est pas « copie », « à » n'est pas « a », « là » n'est pas « la » ni « l'a » ni d'ailleurs « las ».
Ne parlons pas de la majuscule, qui nomme l'unique. Sur beaucoup de blogues, je ne peux pas être PMB, on m'oblige à un pmb qui n'existe pas.
De Humain
14H35 | 24/03/2008 |
De profundis le point virgule ?
Préservons le !
mais… Il y a un « mais »
Faut-il ou non mettre « une » espace devant ce fichu point virgule ?
(Soyons honnête, je viens en vous lisant d'apprende que l'espace, en composition, était féminin)
Comment doit-on l'accommoder ce point vigule, cette sorte de signe qui n'est pas un point, mais qui n'est pas non plus une virgule ?
Il est une sorte d'entre-deux, entre la « larme du compositeur » qu'est la virgule et le signe de fin de phrase, le point bien connu.
Alors, une espace devant le point virgule, ou pas ?
à Humain
De caro
délinquante avérée | 14H45 | 24/03/2008 |
facile : il y a une espace avant les signes de ponctuation double. Ils sont 3, si je n'en oublie pas : le ( ; ), le ( ? ) et le ( ! )
De pikasso02
14H39 | 24/03/2008 |
Paul Eluard avec « Poésie ininterrompue » ou Sollers avec « Paradis » semblent donner raison à Marcel Duchamp, l'artiste du 20ème siècle qui aura dit que « C'est le spectateur qui fait le tableau ». Pas de respiration pour regarder une peinture, mais pour lire un roman ou un poème, où la ponctuation est absente, c'est bien le rythme intérieur à chaque lecteur qui décide de la longueur des phrases et où s'arrêter. Le texte n'est qu'un pré texte. A chaque lecteur son contenu. Autant de contenus que de lecteurs. Comme pour les arts contemporains. Chacun y voit ce qu'il veut. Evidemment que je suis contre la suppression du point virgule. Sinon, les créations seront dans les mains des éditeurs et marchands d'art. Je ne vous parle pas du rôle que peut jouer le copinage grâce à cette suppression des règles classiques. Attention ! J'aime lire Eluard et Sollers. J'aime les mots et peut me passer de ponctuation. Mais de là, à soustraire à la grammaire, une possibilité de rythmer son texte pour l'écrivain, je trouve que la dictature n'est pas loin. Oui à la création de théories nouvelles. Non à la destruction non réfléchie des anciennes.
http://pikasso02.skyrock.com/
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 14H41 | 24/03/2008 |
pas d'espace
collé au mot qu'il suit et suivi lui meme d'un espace.
Regarde comme c'est laid avec un espace.
De Fuligineuse
14H54 | 24/03/2008 |
Une lectrice de mon blog (http://sablier.hautetfort.com) vient de me signaler un article paru sur le site Rue 89 à propos de ce sujet essentiel (on ne rit pas ! )
Je vois avec plaisir que votre article suscite de nombreux commentaires.
J'ai été en 2005 ou 2006 je crois, certains s'en souviennent peut-être, l'un des fondateurs d'un éphémère Comité de défense du point-virgule, qui a disparu de la Toile, comme il est indiqué dans l'article de Rue 89, non pas pour s'être sabordé, mais pour d'obscurs problèmes d'hébergement de son site ; les thèses qu'il a défendues n'en restent pas moins valables.
Défendons la démocratie, défendons la liberté d'expression, et défendons l'usage d'une ponctuation précise et nuancée.
Vive le point-virgule !
De elLolo
14H58 | 24/03/2008 |
Serait-il possible de remplacer cette horreur de « programmateur informatique » par « programmeur informatique », voire « développeur logiciel » ? J'ai du mal à être associé à un bouton qu'on tourne sur une machine à laver le linge…
Au fait, voici une illustration d'une boucle qui provoque un affichage de 0 à 9 en texte (un chiffre par ligne) :
for( int i = 0 ; i < 10 ; i++ )
{
std : : cout << i << std : : endl ;
}
Quelle belle utilisation de la ponctuation avec le C++ ; -)
Je voudrais revenir sur l'espace insécable en disant que s'il n'est pas utilisé, c'est bien aussi parce que beaucoup de gens ne connaissent même pas son existence. Ce caractère existe dans la plupart des systèmes de traitement de texte (MS Office, OpenOffice.org, etc. ou, plus particulier, LaTeX). En HTML, le caractère « » existe mais la plupart des navigateurs internet n'en tiennent compte.
J'allais oublier de parler du cas des majuscules accentuées : elles le sont très rarement parce que la gestion du clavier sur Windows est peu pratique pour cela, pourtant, d'autres systèmes d'exploitation ne sont pas aussi pénibles et permettent d'oublier les limitations des vieilles machines à écrire. Bref, il faut toujours accentuer : É, Ê, È, Â, À, etc.
à elLolo
De elLolo
15H09 | 24/03/2008 |
Et bien, mon caractère HTML a été si bien interprété qu'il est devenu espace (mais probablement pas insécable) : « & nbsp ; » (supprimez les espaces entre l'éperluette, « nbsp » et le point-virgule pour le retrouver).
à elLolo
De Guillemette Faure
(auteur)
Eco89 | 16H40 | 24/03/2008 |
Merci, le programmateur de l'orthographe corrige ça tout de suite !
De PlayPause
14H58 | 24/03/2008 |
C'est avant tout de la paresse, et un manque d'éducation. Le cerveau est capable de comprendre l'utilité du point-virgule, mais le rédacteur préfère appliquer les bêtes règles qu'on lui a apprises à l'école de journalisme : « une idée par phrase »… Que faire alors, du point-virgule, qui n'ouvre pas une nouvelle phrase, mais introduit une nouvelle idée, ou une idée nuancée ?
De caro
délinquante avérée | 15H06 | 24/03/2008 |
Eh oui (point d'exclamation) notre écriture du français s'américanise (deux points) nous écrivons des lettres en commençant tout à gauche (virgule) alors qu'en bon français (virgule) nous devrions laisser une dizaine d'espaces au début de chaque paragraphe (point) Les exemples foisonnent (virgule) ne devrions-nous pas défendre notre patrimoine typographique (point d'interrogation) Relevons le défi et remettons le point virgule au gout du jour (point virgule) je suis également pour bannir Mr et le remplacer par M. en bon français (point final)
à caro
De Desiderio
22H15 | 24/03/2008 |
Une dizaine d'espaces ? Je comprends mieux certaines horreurs contemporaines. Trois espaces sont largement suffisantes et c'est ce que l'on m'a enseigné. Mais je suppose que vous devez écrire aussi en Comic, avec des mots surlignés, le tout en mauve ou en rose ou en violet ou jaune fluo ou vert pomme afin de faire plus sympathique et efficace… Comment dirais-je ? Grotesque…
De Adelyne sur le sable
Si je savais | 15H23 | 24/03/2008 |
Bon, une virgule dans cet espace littéraire, qui peut mettre un point final, à cet immense trouble « convulsionnel » qui vous étreint : (espace volontaire insécable) :
« Le Point Virgule est une salle de spectacles située au cœur du Marais, au 7 de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie dans le 4e arrondissement de Paris. »
De Bigseb
Blazé | 15H35 | 24/03/2008 |
J'ai cru a la disparu d'un haut lieu parisien ;
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 15H41 | 24/03/2008 |
Autre disparition (comme ici) : le retrait de la première ligne (triangle « pointe en bas » sur la règle haut de votre document Word ou autre). Il signalait en typographie classique le début d'un paragraphe. Cette disparition n'est pas grave si on recourt au saut de ligne (comme beaucoup de gens ici et votre serviteur plus haut).
Mais si rien n'est fait, comme à Libé papier (Dimanche Ouest-France, lui, a gardé ce retrait : lire l'article de Michel Troadec sur Grand Corps Malade), ça donne des puddings juste bons à caler les roues d'un 38 tonnes.
Si je tombe sur ce genre de pavés sur Rue89, je décroche vite.
Les gens de Libé vont me dire : mé eu, on manque de place ! A quoi je réponds : apprenez à faire la chasse au « ne pas » (ne pas accepter = refuser), aux verbes pronominaux ( s'opposer à = refuser), aux relatives inutiles (l'article qui a été refusé = l'article refusé). Etc. (je suis cap » d'en faire un livre, si on m'énerve ! ) Vous aurez dit tout ce que vous vouliez dire en x lignes de moins qu'au départ.
De A.V.
tamagotchi89 | 15H42 | 24/03/2008 |
Le point-virgule est une hésitation entre conclure et continuer. Très sensuel !
à A.V.
De A.V.
tamagotchi89 | 19H38 | 24/03/2008 |
Pardon, je recommence : le point-virgule est une hésitation entre conclure et continuer ; quelque chose de très sensuelle !
De all
15H44 | 24/03/2008 |
XIX siècle -Victor Hugo, Flaubert-
On peut savoir pourquoi vous avez placé un quart-cadratin et non pas un demi-cadratin (tiret d'incise) ?
; -)
De fredoh75
informaticien militant de Paris | 15H45 | 24/03/2008 |
La disparition du point virgule n'est pas une surprise, mais plutôt le début de la disparition de la ponctuation.
Que d'articles, dans la presse ou sur la toile, malmenant la ponctuation. Informaticien de mon état, et gros consommateur de « mail » par voie de conséquence, je lis, chaque jour, quelques dizaines de courriels pour lesquels la seule ponctuation est le point !
La virgule, elle-même, disparaît petit à petit… c'est dire !
La ponctuation est pourtant la meilleure des façons de « faire chanter » les phrases, mais j'ai bien peur qu'elle ne disparaisse ; l'orthographe est elle aussi sur une pente descendante ; la variété des mots utilisés ayant tendance a baisser, c'est toute la langue française qui décline.
Cela m'attriste, mais que faire ? Peut on aller contre l'évolution de la société qui consiste a toujours aller plus vite ?
De marabbeh
15H55 | 24/03/2008 |
Pour info, le programmateur est un boîtier qu'on trouve dans divers appareils (machines à laver…) ; la personne qui tape des points-virgules en fin de ligne est un programmeur (en C ou dans un des ses langages dérivés).
De graphistes
Artisan de la Communication visuell... | 15H56 | 24/03/2008 |
Pourquoi s'inquiéter de la disparition du point virgule.
Le français est assez complexe. Ne faudrait-il pas penser a quelques menues réformes, tant du point de vue de la grammaire que de l'orthographe.
Le français n'aura jamais le succès de l'anglais dans le monde. Le Français est trop fier de sa grammaire alambiqué, de ses exceptions d'orthographe démoniaque a s'en arracher les cheveux.
Pour vous rendre compte de la difficulté de la langue, un exemple de cours au Japon ou dans les pays anglophone.
Au Japon, pas de complication, la préposition pour le cas possessif est « no » の, pour les anglais c'est le « of » ou le « 's ».
En francais, malheureusement, quand un étudiant étranger retient simplement une phrase pour retenir une règle de grammaire rudimentaire, il lui en faut 5 en français.
Un exemple :
________________________________________
1. Le stylo de + Nom de personne
Le stylo de Jean.
2. Le stylo du + nom commun masculin
Le stylo du professeur.
3. Le stylo de la + nom commun féminin
Le stylo de la fille.
4. Le stylo de l » + mot débutant par une voyelle
Le stylo de l'élève.
5. Le stylo des + nom commun au pluriel
Le stylo des enfants.
_________________________________________
Bien entendu, pour le Français moyen, cela n'est pas la mer a boire, mais pour les étrangers, dont la patience se montre seulement motivée par l'intérêt qu'ils ont de la France ou de sa culture, c'est une autre affaire. En général, ils abandonnent, et se tourne vers l'anglais, plus simple, plus pragmatique et moins cher.
Moins cher ? Eh oui, faites un tour dans une librairie étrangères, les livres de français sont deux fois plus chers que les livres d'anglais. J'en sais quelque chose, pour ma part, comme je dois éduquer ma fille de 2 ans a moindre cout, j'achète les livres d'images en anglais !
Alors, concernant votre affolement au sujet de la ponctuation, il faudrait peut-être cesser de peigner la girafe et laisser pisser le mérinos…