Un appel du mouvement contre la disparition du point-virgule

Le point virgule vu par son comité de défense (Kozlika).

Le point-virgule est en danger. Il a disparu des journaux. Il se fait rare dans les romans. Même le comité de défense du point-virgule est maintenant introuvable sur la toile. «  Il a lui-même disparu corps et biens, ce qui n'est pas bon signe  » , nous dit Sylvie Prioul, auteure de La Ponctuation ou l'art d'accommoder les textes, appelée à la rescousse.

Son diagnostic : l'absence de «  ;  » est, à Rue89 comme dans le reste de la presse, la terrible conséquence du raccourcissement des phrases, recommandé dans les rédactions. «  La phrase courte signe l'arrêt du mort du point virgule  » , résume Sylvie Prioul qui voit se répandre une «  ponctuation efficace  » à son détriment.

Plus grave, le point-virgule intimide. «  Les gens ne savent souvent pas l'utiliser. Il est un peu hybride entre le point et la virgule. Parfois plus près de la virgule. C'est qu'on appelait la virgule forte au XVIIIe siècle. Parfois il est plus proche du point et on le met quand on change d'idée.  »

(Rappel pour les handicapés de la ponctuation : le point-virgule s'utilise avec deux membres distincts qu'on veut mettre en opposition ou en parallèle.)

D'aucuns, à Rue89, se sont demandés si d'autres signes de ponctuation pourraient prendre sa place. Un retour du point d'ironie par exemple ? Sylvie Prioul est sceptique. «  Il y a eu quelques essais dans les années 1960. L'interrobang venu des Etats-Unis et supposé exprimer l'étonnement et l'interrogation. Ca n'a pas pris.  » Pas plus de succès pour les tentatives de point d'amour et de point d'acclamation poussées par Hervé Bazin dans son livre Plumons l'oiseau en 1966.

Alors, où trouver les derniers points-virgules vivants ? Dans la presse. Sylvie Prioul, qui a passé en revue un numéro entier de L'Humanité pour n'en trouver qu'un (perdu dans un édito), conseille de fouiller les pages d'analyses des quotidiens. «  Ce qui fait survivre le point virgule, ce sont les tribunes, les pages rebonds, ce qui est un peu long.  » Une larme de binette

Et en littérature ? Peut-on encore espérer en croiser quand Annie Ernaux dans son dernier bouquin balance des souvenirs sur des pages sans majuscules ni points ?
On rencontrera le point-virgule avec plus de chance chez les auteurs du XIXe siècle –  Victor Hugo, Flaubert – qui en sèment à longueur de pages. Plus récemment, Houellebecq l'utilise en toute simplicité. «  Il n'arrivait plus à se souvenir de sa dernière érection ; il attendait l'orage.  »

Faute de mieux, restera toujours le Journal Officiel qui en utilise à foison pour ses énumérations. Autre utilisation technique de la ponctuation, les programmeurs informatiques en utilisent aussi à loisir pour les séparations. Dernière étape avant qu'il ne soit plus qu'une larme de binette.

On en a profité pour demander à Sylvie Prioul d'inspecter nos allées. Comme beaucoup de sites, à l'écouter, Rue89 malmène la typographie. «  Les guillemets français ont disparu et sont remplacés par des horribles guillemets machine.  » Adieu les espaces avant les points d'interrogation et d'exclamation. «  Toutes les ponctuations qui doivent être séparées sont collées à l'anglo-saxonne.  » On n'a guère le choix, en raison de la difficulté de créer des espaces insécables, les signes de ponctuation pourraient se retrouver seuls à la ligne. «  Ça me choque moins, une ponctuation collée qu'une ponctuation qui se promène.  » Avec l'aide des maniaques de l'équipe, nous avons tenté de rendre cet article conforme au code typographique.

Puis s'ajoute la créativité des internautes qui, dans leurs commentaires, peuvent avoir la main lourde en points d'exclamation et de suspension. «  Ils adorent les points d'exclamation pour montrer leur enthousiasme ou leur désespoir  » , nous dit encore Sylvie Prioul. N'hésitez pas à nous envoyer vos plus beaux points-virgules.

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Portrait de Alain Provist

De Alain Provist

12H41 | 24/03/2008 | Permalien

« Le point-virgule marque une pause de moyenne durée. Il s'emploie pour séparer dans une phrase les parties dont une au moins est déjà subdivisée par la virgule, ou encore pour séparer des propositions de même nature qui ont une certaine étendue : Le devoir du chef est de commander ; celui du subordonné, d'obéir. - Ce que nous savons, c'est une goutte d'eau ; ce que nous ignorons, c'est l'océan. » Le bon usage, Grévisse, p. 1420.

Je confirme que les lycéens et les étudiants n'utilisent quasiment jamais le point-virgule ou très mal. Mais il y aurait beaucoup à dire sur tout le reste des signes de ponctuation qui sont souvent perçus comme strictement décoratifs. Alors qu'ils servent à la fois à souligner la construction grammaticale et à permettre le lien entre l'écrit et l'oral (essayez de lire à haute voix un texte mal ponctué).

Portrait de marie 75

à Alain Provist Portrait de Alain Provist De marie 75 3563

13H31 | 24/03/2008 | Permalien

Le Grévisse, c'est la bible … mais il commence à dater !
La synchronie ! ! ! ! ce n'est pas le « truc » de Grévisse.

Portrait de léo solo

à marie 75 Portrait de marie 75 De léo solo

14H28 | 24/03/2008 | Permalien

« La synchronie ! ! ! ! ce n'est pas le “truc” de Grévisse »
dites-vous.

Ni des grévistes d'ailleurs ; c'est fort dommage ; celà nuit fort au mouvement social, c'est son point faible.

Portrait de Alain Provist

à marie 75 Portrait de marie 75 De Alain Provist

14H39 | 24/03/2008 | Permalien

La grammaire méthodique du français de Riegel, Pellat et Rioul, elle, ne date pas :
« Le point-virgule marque une pause intermédiaire entre le point et la virgule ; de ce fait, sa valeur penche du côté de l'un ou de l'autre : “Il arriva un jour vers trois heures ; tout le monde était aux champs ; il entra dans la cuisine, mais n'aperçut point d'abord Emma ; les auvents étaient fermés” (Flaubert).
Comme point affaibli, le point-virgule peut séparer des propositions indépendantes (juxtaposées ou coordonnées), mais il ne peut pas clore un texte et n'est pas suivi d'une majuscule ; les propositions séparées par un point-virgule forment un ensemble dont l'enchaînement n'est pas forcément interrompu comme ce serait le cas avec un point. “Exister, c'est être là, simplement ; les existants apparaissent, se laissent rencontrer, mais on ne peut jamais les déduire” (Jean-Paul Sartre).
Dans des énumérations ou des structures parallèles, le point-virgule joue le rôle d'une virgule renforcée :
“Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris” (Baudelaire)

Entre chacun de nos posts, d'ailleurs, on devrait mettre des points-virgules pour maintenir ouverte la conversation et maintenir la chaîne du dialogue ;

Portrait de Desiderio

à marie 75 Portrait de marie 75 De Desiderio

18H55 | 24/03/2008 | Permalien

Euh… Vous n'avez pas vu qu'il était sorti cette année une 14e édition de plus sous forme électronique. Et puis « synchronie » pour dire « contemporain », cela fait plus que douteux dans le pseudo-jargon linguistique.

Portrait de Network 23

à Alain Provist Portrait de Alain Provist De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 21H09 | 25/03/2008 | Permalien

Vous me rassurez, l'usage inventif & abondant du point-virgule fait par les élèves dans les dissertations pour torturer les chers professeurs n'est donc pas complètement à côté de la plaque, tout cela afin d'avoir le plaisir de baragouiner et de broder sans cesse, ligne après ligne, idée fumeuse après fumeuse idée, et de faire semblant, bien sûr, de bien connaître les règles de la ponctuation, tout cela en respirant bien, bien, bien profondément, et cette fois-ci, cette fois seulement, bien entendu, sans point afin de pouvoir suivre et enchaîner les idées, en espérant qu'une logorrhée ne nous étouffera pas ce soir, à l'heure de la soupe, et des schtroumpfs qui dansent avec les joies de l'impératif, catégorique s'entend, avec beaucoup de points de suspension à la fin, car la pensée continue là où l'encre est épuisée…

Portrait de kalisher

De kalisher

12H48 | 24/03/2008 | Permalien

c est quoi les guillemets francais ? « ou “ ?

Portrait de Desiderio

De Desiderio

13H18 | 24/03/2008 | Permalien

Les guillemets français sont ceux-ci : «  ». Ils ont une forme de chevrons. On les utilise aussi en allemand, mais de manière inversée » « (et aussi dans les journaux luxembourgeois en français). L'allemand connaît aussi le chevron simple pour la citation seconde alors qu'en français de France, de Belgique on utilise dans ce cas les guillemets anglais qui ne sont pas comme les machins qui pendouillent dans le vide. Un guillemet anglais est obligatoirement virgulé comme une apostrophe régulière et en forme de 66 (ouvrant) et 99 (fermant) ou de 6 et de 9 pour les citations secondes en anglais.

Portrait de Nouriane

à Desiderio Portrait de Desiderio De Nouriane

17H23 | 24/03/2008 | Permalien

c'est quoi cette histoire de chevrons inversés en allemand ? tu peux me montrer un exemple de texte où ils sont inversés stp ? parce que moi jusqu'à maintenant je n'en ai vu qu'à l'endroit, alors que je lis en allemand depuis des années…

Portrait de Desiderio

à Nouriane Portrait de Nouriane De Desiderio

18H58 | 24/03/2008 | Permalien

Lisez un peu d'allemand avant de répondre. Cela dit, les prétendus guillemets anglais (les chiures de mouche des machines à écrire) sont plus fréquents dans cette langue, mais pas dans les livres soignés et avec une bonne typo.

Portrait de marie 75

à kalisher Portrait de kalisher De marie 75 3563

13H33 | 24/03/2008 | Permalien

les guillemets viennent de M. Guillemet, imprimeur, qui voulait faire savoir que l'ouvrage contenait « des discours rapportés ».
Une jolie histoire éthymologique, non ?

Portrait de compte supprimé 24

à marie 75 Portrait de marie 75 De compte supprimé 24

| 13H38 | 24/03/2008 | Permalien

Et la guillemette, dans tout ça ?

Portrait de Alvianaud

à compte supprimé 24 Portrait de compte supprimé 24 De Alvianaud

born again | 14H22 | 24/03/2008 | Permalien

ça va Faure ! ! !

Portrait de Desiderio

De Desiderio

15H55 | 24/03/2008 | Permalien

Si vous arrivez à trouver un quelconque monsieur Guillemet qui aurait inventé le signe typographique en lui donnant son nom, je vous paye des tournées de Jupiler : le mot guillemet apparaît plus d'un siècle après la naissance du signe. On l'appelait comment pendant le siècle précédent ce signe et il sort d'où ce monsieur Guillemet ?

Portrait de brogilo

à Desiderio Portrait de Desiderio De brogilo

in angulo | 18H27 | 24/03/2008 | Permalien

« il sort d'où ce monsieur Guillemet ? “

Du xvième siècle, non ?

Mais bon, si comme vous le dîtes, ce Monsieur Guillaume/Guillemet/Guimet, imprimeur-libraire de son état, n'a jamais existé, il nous faudra bien en revenir à la fameuse expression bacchique : ‘mettre les guilles’,
C'est-à-dire, en gros, ‘boire au tonneau’.

C'est Guillemette qui va être contente…

Portrait de compte supprimé 22

à brogilo Portrait de brogilo De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 18H42 | 24/03/2008 | Permalien

Est-ce pour ça que, quand on boit et qu'on a le vin gai, on est guilleret ?

Desiderio, le Larousse Etymologique mentionne ce mot comme attesté à partir de 1677. Ménage (Gilles) disant que ce mot fut inventé sur celui de Guillaume, imprimeur qui inventa ce signe.

(Au moins, sur cette note, on ne parle pas de Truc S… et de Machine A… ! )

Portrait de Desiderio

à compte supprimé 22 Portrait de compte supprimé 22 De Desiderio

19H03 | 24/03/2008 | Permalien

Oui et puis les guillemets comme forme graphique existaient depuis 150 ans ! Cela mérite de se poser des questions sur l'origine du nom, parce que l'on ne trouve aucun typographe établi sous le nom de Guillaume à l'époque où le signe fut inventé.

Portrait de compte supprimé 22

à Desiderio Portrait de Desiderio De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 20H36 | 24/03/2008 | Permalien

Si j'en crois Wiki, les guillemets existent depuis le XII° s. (donc 300 et non 150 ans ; -).

Mais rien ne prouve que ce signe s'appelait alors « guillemets », l'explication du Larousse étymo n'est donc pas pour l'instant invalidée. Y a-t-il un médiéviste dans la salle ?

Ménage (érudit français, 1613-1692) était moqué de Boileau et Molière. Cela ne suffit pas à en faire un ignare.

Portrait de Desiderio

à compte supprimé 22 Portrait de compte supprimé 22 De Desiderio

22H06 | 24/03/2008 | Permalien

Non, il y avait certes des signes de marque de citation comme le comma ou une barre qui donnera l'apostrophe, mais les guillemets comme chevrons n'apparaîtront qu'à la Renaissance et on ne peut pas les dater du Moyen-Âge. Vous n'avez vu aucun document de ce temps dans son état pour en parler ainsi. Le guillemet comme tel n'existe pas avant le XVIe s. et ce n'est pas notre signe actuel sous forme de double chevron.

Portrait de jean-du-cep

à Desiderio Portrait de Desiderio De jean-du-cep

00H03 | 27/03/2008 | Permalien

C'est amusant : le sujet du jour est « la disparition du point-virgule ».
Et nous en sommes à l'apparition des guillemets !

Portrait de eskimo

De eskimo

12H57 | 24/03/2008 | Permalien

La virgule, instrument indispensable de la mise en apposition, est d'usage courant quoique souvent dévoyé ; le point virgule, qui oppose ou accentue, révèle la finesse de la pensée en faisant coexister typographiquement des opposés ou en accumulant tout en séparant.

Le point, instrument de césure net et sans bavure, est dans l'air du temps. La pensée se veut directe, précise comme le point, sans contestation possible. Le double-point est sa duplication à des fins de concision pour introduire la consécution : il entraîne dans un mouvement mimant le naturel la pensée.

Le point virgule n'est pas le seul objet disparu de nos contrées littéraires et journalistiques ; le tiret cadratin - sain intermède dans une phrase pour ouvrir vers de nouveaux horizons une pensée à l'étroite sous haute surveillance entre points et majuscules - est également absent de bien des articles, textes et essais.

Portrait de Axior

à eskimo Portrait de eskimo De Axior

Citoyen | 13H35 | 24/03/2008 | Permalien

Le point virgule n'est pas le seul objet disparu de nos contrées littéraires et journalistiques ; le tiret cadratin - sain intermède dans une phrase pour ouvrir vers de nouveaux horizons une pensée à l'étroite sous haute surveillance entre points et majuscules - est également absent de bien des articles, textes et essais.

Lorsque tu parles du point virgule, puis du tiret cadratin, tu te situes dans la même phrase et ce que tu dis du tiret découle de ce que tu dis sur le point virgule. Dans ce cas précis, personnellement, je mettrais deux points. Pour justifier mon point virgule, à ta place, j'aurais libellé la première partie de ma phrase ainsi :

« Le point virgule est un des objets disparus de nos contrées littéraires et journalistiques ».

Nous avons ainsi deux phrases différentes qui nécessitent le point de fin de phrase, associé à la virgule remplaçant un « et », d'où le point virgule.

Dans l'ensemble, cependant, ce que tu dis est exact. Je considère de surcroît qu'au-delà des règles de convenance, la ponctuation doit avant tout servir l'auteur, et être utilisée selon sa propre sensibilité.

Portrait de eskimo

à Axior Portrait de Axior De eskimo

14H50 | 24/03/2008 | Permalien

Oui je confesse une certaine gourmandise : j'ai abusé du point virgule au détriment du double-point ; ce point-virgule est néanmoins remis en jeu et j'ai vu que plus loin tu en as déjà fait bon usage.

Je profite de ce bis pour rappeler les efforts d'écrivains latins en faveur d'une copie du mouvement de la pensée dans leur écriture, et le résultat est la limitation drastique du point, outrancier sécateur du mouvement de la parole dite ; pensons à José Saramago, qui maintient la majuscule en dépit de l'effacement du point.

Portrait de compte supprimé 22

à eskimo Portrait de eskimo De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 16H47 | 24/03/2008 | Permalien

Le tiret cadratin est trop long, il « tire » trop l'œil. Je lui préfère le semi-cadratin, qu'on obtient simplement après avoir placé le trait d'union entre deux espaces – comme je viens de le faire : il s'est transformé en semi-cadratin dès que j'ai fini de taper « comme ». Mais ça ne se voir que sur mon document, pas ici : les blogues/sites l'ignorent.

Portrait de compte supprimé 24

à compte supprimé 22 Portrait de compte supprimé 22 De compte supprimé 24

| 18H01 | 24/03/2008 | Permalien

Attends, je tente le coup

tiret simple : -
demi cadratin : –
cadratin : —

La plateforme Drupal étant conforme aux standards XTML 1 strict, ça devrait passer…

Portrait de compte supprimé 22

à compte supprimé 24 Portrait de compte supprimé 24 De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 10H02 | 25/03/2008 | Permalien

Je joue moi aussi :

Tiret : -

Tiret semi-cadratin : –

Tiret cadratin : —

Portrait de Desiderio

De Desiderio

13H11 | 24/03/2008 | Permalien

Au sujet du comité de défense et *illustration* du point-virgule et de son blogue, c'est parti d'une plaisanterie dans les blogues Hautetfort et surtout d'un texte de Fuligineuse dans son Sablier. Elle avait confié le soin à un autre blogueur de créer un blogue collectif, ce qui a été le cas dans les premiers temps, mais très vite ce bloguemestre a fait de la rétention de textes, a supprimé certains commentaires et puis a banni certains intervenants (je peux le dire d'autant plus aisément que je n'ai pas pris part à la querelle). Bref, en moins de deux mois, ce blogue qui avait eu une bonne publicité dans Langue sauce piquante et dans fr.lettres.langue.francaise a cessé d'être approvisionné en nouveaux billets (ce qui était d'ailleurs l'une des causes de dispute). En fait, il était déjà mort à ce moment-là. On a affaire à une situation typique des blogues collectifs où les querelles de personnes et surtout d'ego l'emportent sur les questions de fond alors que le sujet ne prêtait pas à dispute. C'est dommage, c'était original, mais il faut bien se dire qu'à part trois ou quatre billets au début, il n'y avait pas grand-chose à y lire, le reste étant du bruit ou du remplissage et il était peut-être temps de le supprimer après deux ans de silence.

* Défense et illustration en référence bien entendu à du Bellay.

Portrait de Fuligineuse

à Desiderio Portrait de Desiderio De Fuligineuse

12H26 | 27/03/2008 | Permalien

J'ai peut-être mauvaise mémoire, mais je ne me souviens plus qu'il y ait eu ce type de problème sur le blogue du comité… Par contre (incidemment, je sais que « par contre » est rejeté par certains puristes mais je persiste à l'utiliser) les circonstances de la création du comité sont bien celles-là. Jean Véronis, l'illustre spécialiste et animateur du blog « Technologies du langage » était également dans le coup.

Mais effectivement le blogue avait cessé d'être approvisionné régulièrement en textes, lorsque j'ai perdu le contact, or c'est ce qui m'avait semblé le plus intéressant, c'est-à-dire d'afficher des textes illustrant le bon usage du point-virgule.

Portrait de Axior

De Axior

Citoyen | 13H12 | 24/03/2008 | Permalien

Le point virgule est un accessoire littéraire très pratique, probablement le plus utile de tous et personnellement, je l'utilise assez fréquemment dans mes romans. Peu élégant, il doit être placé de telle sorte que le lecteur ne s'aperçoive pas de sa présence.
Tel un soupçon de poivre noir dans une spécialité culinaire, il n'apportera de puissance au texte que si le lecteur, ce fin gourmet, ne le remarque pas.
Le point virgule est composé, comme chacun pourra le remarquer, d'un point et d'une virgule.
Un point, une virgule.
Le point signifiant que la phrase est terminée et la virgule signifiant que la phrase se poursuit, comme dans ce qui suit : le point signifiant que la phrase est terminée, la virgule signifiant que la phrase se poursuit ; la virgule pouvant de ce fait être considérée comme la remplaçante du mot « et ».
Le point virgule se défini donc comme un formidable outil mis au service de l'auteur afin de lui permettre de relier deux phrases complètes, mais complémentaires, comme je viens de le faire dans la partie précédente de mon explication.

Portrait de thierry reboud

à Axior Portrait de Axior De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 13H13 | 24/03/2008 | Permalien

Eh ben, voilà ! Vous êtes revenu, je le savais que vous ne pourriez pas vous en passer : ça fait plaisir !

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