04/04/2008 à 18h07

Sexe : selon les chercheurs, plus long, c'est pas forcément plus bon

Guillemette Faure | Journaliste



Douche non comprise (Flore-Ael Surun/Tendance floue).

Combien de temps doivent durer les relations sexuelles ? Trois minutes -un oeuf à la coque- et c’est déjà bien. C’est la conclusion d’une étude qui sera publiée par le Journal of Sexual Medicine. A l’origine de la recherche, Eric Corty, chercheur à l’université d’Etat de Pennsylvanie, qui a interrogé cinquante sexologues américains et canadiens de la Society for Sex Therapy and Research, qui voulait briser l’idée qu’il y ait une prime à la durée.

Les deux tiers d’entre eux ont répondu et classé les durées des rapports sexuels (hors préliminaires) en « trop court » , « adéquat » , « souhaitable » , « trop long » . Une à deux minutes, selon les thérapeutes consultés dans l’étude, c’est « trop court » (tout à coup, on se sent tous thérapeute). Dix à trente, c’est trop long (au-dessus, c’est de la drogue). La durée « normale » se situe donc entre trois et treize minutes (trois à sept, c’est bien ; sept à treize, c’est mieux) et « ne mérite pas de préoccupation clinique » .

 » Ces résultats devraient aussi être bénéfiques pour les couples en
traitement pour des problèmes sexuels en normalisant leurs attentes » dit le résumé de l’étude. Car trois à treize minutes, c’est déjà l’usage. Des travaux de recherche menés auprès de 1500 couples en 2005 indiquent que le temps médian est de 7,3 minutes. Le détail qu’on préfère dans cette étude-là, c’est l’idée d’avoir fait porter des chronomètres aux femmes et de leur demander de signaler quand c’est fini. (Les hommes ne pouvaient pas le faire parce que s’ils s’étaient endormis ?)

« Ça suppose une vision très génitale, très masculine de la sexualité »

On a appelé Esther Perel, la sexologue new-yorkaise qui était venue répondre aux questions des internautes de Rue89. L’objet de l’étude l’a rendue perplexe - » ça suppose une vision très génitale, très masculine de la sexualité » . Elle remet aussi en cause l’idée que « le sexologue représente une notion scientifique » et qu’il connaisse « le » chiffre.

 » Le discours de la société aujourd’hui s’est médicalisé : on est passé du péché à la pathologie du dysfonctionnement » , s’inquiète Esther. « Quand on est dans les résultats mesurables et la quantification, on se retrouve avec des gens toujours en train de se demander s’ils sont normaux, qui ont toujours l’impression que ça se passe mieux chez les autres. Il est important de ne pas normaliser. » D’accord, mais ça ne nous donne pas le bon chiffre.

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  • romu
    • Posté à 18h52 le 04/04/2008
    • Internaute 33444

    « Plus long, c’est pas forcément plus bon ! “

    Comme la vie !

  • lili25
    lili25
    déchaînée
    • Posté à 11h29 le 05/04/2008
    • Internaute 36235
      déchaînée

    C’est impressionnant à quel point nous sommes dans une société « scientifique » où tout est quantififiable, mesurable, ou du moins, doit l’être, ce qui réduit dramatiquement les relations humaines. C’est comme si on ne voyait plus qu’en deux dimensions... il manque justement ce qui caractérise l’humain, et qui n’est pas quantifiable, dans ces études pseudo-scientifiques... le petit truc qui échappe à toute analyse, le petit truc magique de la rencontre amoureuse, physique ou pas, qu’aucune quelconque étude ne saisira et ne mettra en mots... Ne nous laissons pas voler notre humanité !

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