Sexe, drogue, bidonnages: journal d'un auteur du Lonely Planet

 » Est-ce que les écrivains de voyage vont en enfer ?  » La semaine prochaine, l’Américain Thomas Kohnstamm publie un livre ( » Do travel writers go to hell ?  » ) dans lequel il raconte ses misères et mini-bidonnages à l’époque où il travaillait pour les guides de voyage Lonely Planet. Il y a deux ans, le journaliste français Baudouin Eschapasse fouillait les coulisses du Guide du Routard dans un livre,  » Enquête sur un guide de voyages dont on doit taire le nom » , pour lequel il dit avoir rencontré une quarantaine d’enquêteurs du fameux guide. Nous lui avons demandé de réagir à plusieurs éléments déjà connus du livre de Thomas Kohnstamm.

Thomas Konstamm dit qu’il n’est pas allé en Colombie parce qu’il n’avait pas assez de budget et qu’il a recueilli ses informations d’une stagiaire du consulat avec qui il sortait, et qu’il a écrit ce guide de San Francisco. (Le Lonely Planet a depuis répondu que Konstamm participait à la partie histoire du guide et n’était pas supposé aller sur place).

Au Routard, ce ne serait pas envisageable, dans la mesure où le voyage
de chaque enquêteur est organisé par la direction des guides qui
réserve, elle-même, les billets d’avion. Au Lonely Planet, ce n’est pas
pareil, chaque enquêteur se débrouille par lui-même pour organiser son
trip. On lui donne juste une somme forfaitaire (d’ailleurs supérieure à
celle du routard) et on lui dit de se débrouiller. Au Routard, il y a
moins de place pour l’improvisation. Tout est planifié. Ce qui
n’empêche pas, cependant, les guides de cette collection d’écrire
parfois sur des établissements qu’ils n’ont pas testés. Un exemple ? Au
Maroc, ils avaient dit qu’un hôtel avait une super belle piscine alors
que les travaux n’avaient jamais été finis…

Avant de se plaindre d’avoir été cité hors-contexte, Thomas Konstamm a dit en interview avoir repris des informations d’autres publications.

C’est exactement ce que fait le Routard. Ils ont pour leur travail un document, la bible des enquêteurs, qui résume les techniques d’enquête et d’écriture. C’est écrit noir sur blanc ; le premier conseil qu’on donne c’est d’acheter tous les guides sur la destination.

Thomas Konstamm dit qu’il était tellement pauvre qu’il partageait son appart avec une prostituée brésilienne, qu’il devait dealer de l’ectasy parce que l’argent qu’il avait reçu du Lonely Planet couvrait juste son billet d’avion.

A mon avis, il faut faire la part du côté romanesque du bonhomme. C’est
un écrivain Thomas Kohnstamm… Mais les auteurs de guide sont pauvres,
c’est sûr. Et ils sont moins bien payés au Routard qu’au Lonely Planet
d’après ceux qui ont bossé pour les deux. Au Routard, ils sont payés à
la journée d’enquête, pour des missions de quinze jours : c’est pour ça
qu’ils ne peuvent pas tester toutes les adresses. Alors qu’au Lonely
les missions durent deux mois.

D’après le communiqué de presse, il raconte qu’une serveuse de restau lui a proposé de revenir après minuit et qu’il a couché avec elle sur une table du restau. Sa critique décrivait le restaurant comme une  » heureuse surprise » et complimentait  » le sympathique service à table » .

Je n’ai pas entendu d’exemples aussi salaces au Routard. Mais un des traits qui a fait leur réputation c’est l’humour. Ils aiment mettre des blagues et ils ont aussi des enquêteurs super dragueurs. Certains se vantent aussi de leurs exploits. Là-dessus, j’imagine que c’est Routard, Lonely Planet, même combat.


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Par Nutmeg
17H17    14/04/2008

Je pensais tomber sur une enquête démontant les arcanes des guides de voyages et en fait, je ne trouve rien d’autre qu’une pub pour un roman apparemment plus racoleur qu’autre chose…

 
Par Yémanja
17H48    14/04/2008

Juste une anecdote.
En octobre 2005 nous étions au Maroc dans un riad à Essaouira. Un riad très agréable réservé par un ami vivant au Maroc, juste 6 chambres, plusieurs salons, un patio, le tout en pleine Médina.
Vu la saison le riad n’hébergeait (en plus de nous trois) qu’une famille française avec ses trois enfants.
Notre fille lors du petit déjeuné a sympathisé avec le plus jeune des enfants. Les parents n’étaient pas du tout ouverts, mais qu’importe nous n’étions pas au Maroc pour rencontrer des touristes français. Ce couple était dans le riad (tenu par un français) bien avant notre arrivée.
Trois jours après au moment de partir et donc de payer, l’homme se trouvait avec le patron qui lui présentait sa note (60 à 80 Euros par jour, hors repas et boissons). Il annonça alors qu’il travaillait pour le guide français (dont il ne faut pas citer le nom et pour qui la terre entre dans un sac à dos) qu’il en était le rédacteur en chef adjoint. Il en a sorti un exemplaire ou il était d’ailleurs en photo (sur la 4 de couv) comme « preuve » et a demandé à s’arranger pour la facture.
Devant moi et en échange d’une recommandation chaleureuse promise l’ensemble de la facture lui fût offerte !

Quelques mois plus tard, lors de la sortie de la nouvelle cuvée, je me suis plongée chez le libraire dans la lecture : les éloges étaient dithyrambiques, à croire que c’était le seul lieu de la ville ou il fallait aller….

Depuis je n’achète plus ce guide… déjà qu’il était souvent faux sur bien des points selon les pays.

 
Par Gosseyn
18H02    14/04/2008

Le principal défaut du Routard est que vous êtes sûrs de rencontrer plein d’autres Français dans les hotels ou les restaurants qu’il recommande.

 
Par prez
18H31    14/04/2008

D’après mon expérience personnelle, et j’ai pas mal bourlingué, le Lonely est largement supérieur au Routard : les cartes plus détaillées, les revues concises et fiables, la maquette plus claire et SURTOUT l’humour franchouillard particulièrement horripilant du guide meudonnais absent.

 
Par Mic07
18H54    14/04/2008

Bonjour

Avec mon amie nous avons parcouru l’Australie pendant 6 mois , grâce au Lonely planet, je peux vous certifier que c’était un excellent travail, nous avons été dans des endroits absoluments fantastiques, des petits recoins qui n’étaient même pas dans les guides locaux.

Pour le coup du Maroc, je trouve cette démarche parfaitement honorable, je ne vois pas en quoi c’est choquant, c’est un bon investissement pour l’hôtelier, les marocains ont un état d’esprit plus ouvert sur le marchandage.

De toutes façons partout dans le monde ou j’ai vu des touristes français, ils râlaient tout le temps. Sauf en dehors des sentiers battus. ;-)

@+

 
Par Numerosix
19H33    14/04/2008

Ha oui , les CARTES du guide du Routard !!!Avec les rues toutes droites !
Ils n’ ont pas accès à Google Earth , dans les bureaux du Guide , visiblement ..

 
Par Charles Mouloud
21H12    14/04/2008

Ah la Norvège et ses corridas ,son peuple accueillant qui danse si bien la bourrée auvergnate !
Comment ne pas se sentir dépaysé à partager un canard laqué dans la chaleur d’une yourte après une chasse au gnou !
Traverser le désert de sable noir coralien, et regarder le soleil s’endormir derrière le pain de sucre .
Que de souvenirs ….

 
Par MèreEvé
23H27    14/04/2008

En attendant, pour les destinations « non-touristiques », comme les deux Congo, par exemple, j’ai beaucoup cherché et trouvé… chez Jeune Afrique ! Enfin, aux Editions du Jaguar, c’est-à-dire la section livres. Magnifiques publi-rédactionnels, richement illustrés, je les ai trouvés seulement après mon voyage ; ça donne si envie d’explorer les pays, mais comment faire quand les routes ne sont pas praticables ? et les vols intérieurs en Antonov des 70s vous font croire que vous êtes dans un épisode de Star Trek !
Mais bon, ces guides ont au moins le mérite d’exister.

 
Par lenain
01H38    15/04/2008

J’ai pas mal voyage,y compris dans des coins pas forcement « faciles », et j’ai eu l’occasion d’etablir un petit comparatif des guides de voyages :
- je prefere tres nettement les Lonely Planet aux Routards : je trouve les routards moins fouilles, moins precis, et je n’apprecie pas du tout leur humour (bien evidemment, c’est un element tout a fait personnel). Les LP sont de maniere generale assez precis (sauf les plans, frequemment faux, mais peu utiles de toute facon dans 98% des villes hors pays developpes), et les aspects pratiques tres bien traites.

- Voyager avec un LP/Rough Guide en anglais permet de l’echanger/revendre facilement, et de ne pas passer tout son temps avec des francais (qui vous reperent au guide).

- Je trouve les Rough Guides peu lisibles (meme defaut que les routards), mais on parvient parfois a echapper aux endroits listes dans le LP.

Malgre tout cela, le plus important a mon avis est qu’au sein d’une meme collection, il y a une tres grande variabilite : un guide sera « bon », un autre « mauvais », ca depend des auteurs et du public vise (et si vous faites partie de ce public). Par exemple, un Lonely Planet Thailande (vacances en famille ou fete/drogue - il y a meme le prix d’un policier sur une des iles-), un Lonely Planet Turquie(vous voyagez nantis, les solutions moins cheres ne sont meme pas mentionnees) et un Lonely Planet Pakistan (votre budget est de 3 euros par jour max) n’ont absolument rien a voir.

De la meme maniere, la « bible jaune » (South East Asia on a Shoestring/Lonely Planet) est de mon point de vue un excellent bouquin (il y a le strict minimum, les passages de frontieres (important ca) et apres on se debrouille, on parle, on pose des questions), que j’ai entendu se faire descendre en flamme par d’autres touristes parce que tres insuffisant (« meme pas un restaurant n’est liste »)

En bref, avant d’acheter tel ou tel guide a cause de la collection, feuilletez le, et comparez…

 
Par peps
05H24    15/04/2008

Pour mieux l’achever…
Directeur d’un établissement au Brésil à Belém, j’attendais impatiemment que le nom de l’un de mes prédécesseurs disparaisse des éditions du Routard.
ça sera chose faite en 2009 car l’un de leurs correspondants vient de repasser en coup de vent, 9 ans après!
Et on ose encore appeler ça un guide de voyage?
Alors surtout n’hésitez pas, en France ou à l’étranger, à passer votre chemin si vous croisez ce petit livre, car il n’y a rien à voir.