Pourquoi en pince-t-on pour la 2CV… verte ?

Une 2CV Citroën (Diegodacal/Flickr).

« Deux-chevaux verte ! » Si vous êtes né avant le Rubik's cube, vous vous souvenez peut-être des pinçons sur le bras quand on croisait une 2CV verte (une enquête au sein de la rédaction de Rue89 et sur le web m'indique que d'autres ajoutaient » sans retouche » , » sans retour » ou même » porte-moi chance » …). La Deuche est pleine de souvenirs : l'inconfort de la place du milieu (à cause de la barre) quand vous êtes à trois à l'arrière, le bruit en claquement de langue du clignotant, la demi-vitre avant qui se repliait et retombait parfois au mauvais moment, les galères pour refermer le toit… Et le pinçon sur le bras.

Un modèle de culture populaire

C'était probablement en misant sur nos valises nostalgiques que la Cité des sciences et de l'industrie a organisé son expo sur les soixante ans de la 2CV en partenariat avec Citroën. Les cinquante ans de la DS ont fait un carton il y a deux ans. Et comme on l'entendait à la soirée d'inauguration, » la 2CV était moins chère, il y en a eu beaucoup plus » . Plus de souvenirs égale plus d'entrées attendues pour l'expo.

Il y a bien une 2CV verte exposée à la Cité des sciences, mais c'est un vert amande, celui de la 2CV Azam de 1966, la plus luxueuse de l'époque. Ça ne justifie pas de se pincer. Sachez-le, il y a moins de voitures (17) à l'expo 2CV que de zizis au Zizi sexuel sur le même pallier. Des modèles superbes, en parfait état, qui plairont aux collecteurs. Mais pas grand chose sur l'icône, la culture populaire. Et rien sur le pinçon.

On a profité de la soirée d'inauguration pour interroger des experts. D'abord la responsable de la communication de Citroën. On l'avait repérée, après un discours dans lequel elle avait expliqué, que la 2CV » permettait de transporter plusieurs personnes » avant de faire, au milieu de macarons décorés de sucre glace, la promo de la concept-c-car-cactus, nouvelle voiture de Citroën (on vous avait dit que c'était une expo » en partenariat avec » ? ).

« Nous, petits, on comptait les barbus »

Si elle sait pourquoi il faut se pincer quand on croise une 2CV verte ? » Le vert est la couleur maudite au théâtre » , nous dit-elle. Sérieusement ? C'était ça l'explication ? » Non, je ne sais pas, je disais ça comme ça. » Denis Huille, directeur du patrimoine de la marque aux chevrons n'était pas plus au courant. » Mais où est-ce que vous avez entendu ça ? » » Nous, quand j'étais petit, on comptait les barbus » dit un homme à côté. L'enquête piétine.

Plus loin dans l'expo, un châssis et un moteur de 2CV désossée sont exposés. Alexandre Ikhef dont le T-shirt est imprimé de deux 2CV, l'une carrossée, l'autre non, les a récupérés chez Pierre à Arcueil, garagiste connu du monde des collectionneurs de deuches, qui, quand il part en voyage à l'autre bout du monde, laisse sa 2CV sur place à des gens à qui ça pourrait faire plaisir. A la Cité des sciences, le châssis de la deuche évoque l'accident du « Corniaud » et son célèbre » elle va marcher beaucoup moins bien » . On discute avec Alexandre Ikhef de la 2CV au cinéma. Avec sa bonne soeur dans « Le Gendarme à Saint-Tropez ». (Voir la vidéo)



On croise Antoine Demetz, historien de la 2CV et rédacteur en chef de 2CV mag. Lui n'est pas surpris par la question. Le jeu a commencé au début des années 1970. Le vert en question, qui marque le début du jeu, c'est le » vert Palmeraie » (qui fut ensuite suivi du vert Tuilerie). Il est apparu fin 1973, après le raid Afrique, nous apprend t-il. L'intérieur de la voiture était une mosaïque psychédélique de violet, vert et jaune fluo. Quid du premier pinçon ? Il ne sait pas. » Ça fait partie des légendes. »

Le bleu sur le bras disparaîtra-t-il avec les dernières 2CV ? Seulement sur ce continent. Aux Etats-Unis, c'est quand on voit une coccinelle Volkswagen qu'il faut se pincer. C'est le punch buggy. (Voir la vidéo.)


2 CV Expo Show à la Cité des sciences et de l'industrie, 30, avenue Corentin-Cariou, Paris XIXe - Jusqu'en novembre 2008 - Ouvert du mardi au samedi de 10h à 18h, le dimanche de 10h à 19h - 6€/8€.

88 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Guillemette Faure

à Lairderien Portrait de Lairderien De Guillemette Faure (auteur)

Eco89 | 23H59 | 16/04/2008 | Permalien

Aaaah la R8 Gordini, je sens qu'on est bientôt mûr pour le retour de la Simca 1000…

Portrait de nono le simplet

à Guillemette Faure Portrait de Guillemette Faure De nono le simplet

dilétante adèle | 05H29 | 17/04/2008 | Permalien

conduire une R8, Gordini ou pas , c'était autre chose que nos tractions
il fallait contrebraquer dans les virages
hop , un petit coup de volant pour faire partir le cul, on accélére bien fort et on contre braque
tout le virage en travers
dans la neige, un bonheur
pour la Simca 1000 il fallait mettre du poids dans le coffre qui était à l'avant sinon c'était une vraie savonnette ( certains coulaient même du béton dans le coffre )
pis y avait la simca 1000 rallye 2 super barraquée, une vraie bombe, les mêmes émotions qu'Harry Vatanen

Portrait de MAGENTA

à nono le simplet Portrait de nono le simplet De MAGENTA

Pesteux génétique | 07H04 | 17/04/2008 | Permalien

La pub scélérate de Peugeot associant les conducteurs de voitures anciennes populaires à 20% de la pollution automobile est encore un délire de publicitaires qui ne connaissent pas le petit monde des amateurs de voitures de collections dont les autos passent le contrôle technique haut la main avec vérification de la pollution comme toutes les autres .
Elles ne sortent que rarement, sont très souvent remises à neuf et avec leurs âneries ils risquent de faire disparaître ce qu'il faut bien appeler un patrimoine ,tel un vieux gréement ou un meuble design ! ! !

Portrait de bellesanciennes

De bellesanciennes

Passionné d'autos anciennes à Lyon) | 07H50 | 17/04/2008 | Permalien

Bonjour,

C'est rare que je réagisse sur un article mais je ne peux pas résister.

Ma deuche (actuelle) ? Je l'ai toujours connue. En effet, avant d'être mienne, elle fut celle de mon grand père. Achetée neuve par lui en 1967, je n'ai pas connue d'autre auto chez lui (je suis né en 65). Lors de son décès, il était hors de question qu'elle quitte la famille et je l'ai rachetée à ma grand mère. A l'époque, on m'a surtout pris pour un illuminé. Jusqu'au jour du mariage de ma cousine et que le grand père était présent à travers son auto. A mon mariage elle convoyait les témoins dans un premier temps puis les enfants d'Honneur qui étaient fiers comme tout…
Aujourd'hui, je m'en sers peu (elle n'a même pas 75.000 Km d'origine) mais est toujours fière de démarrer à chaque fois que je veux la prendre. Elle est même toute contente de tenir compagnie à d'autres anciennes qui avaient marqué ma jeunesse (oh le coup de vieux quand j'écris ça ! )…
Et avec le temps, je suis même devenu modo sur un forum 2 pattes. Ceci me permet de voir que, grâce à toute une équipe de passionné, cette auto vit toujours à travers eux qui sont soit des utilisateurs journaliers, soit des collectionneurs… Et je m'aperçois de jour en jour que la solidarité n'est pas un vain mot dans ce milieu. Un peu à l'image de gentillesse que transporte ce mythe automobile qui aura transporté du monde depuis la none jusqu'aux bobos…

Une passion ne s'explique pas, celle de la deuche se comprend en la regardant… Et en lisant vos commentaires…

Merci à vous de la regarder avec autant de gentillesse. Elle le mérite !

Alain

Portrait de MAGENTA

à bellesanciennes Portrait de bellesanciennes De MAGENTA

Pesteux génétique | 08H13 | 17/04/2008 | Permalien

Salut Alain ,ça va ? ? ? ! ! Et doucement sur le St Pourçain ! ! ! !
B.l'E.(chutttt) ! ! ! ! ! !

Portrait de compte supprimé 22

à bellesanciennes Portrait de bellesanciennes De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 09H36 | 17/04/2008 | Permalien

A propos de nonnes et de deudeuche, une de ces légendes colportées comme vérité, au même titre que « Citroën vous rembourse votre 2cv si vous arrivez à la mettre sur le toit (enfin sur la toile) » :

Ce sont deux cornettes qui s'arrêtent à la pompe. Le pompompiste fait le plein, et (il connait la deuxboeufs) leur demande s'il faut remmettre de l'huile. « De l'huile ? Où ça ? “ La voiture avait 28 000 km…

Portrait de compte supprimé 22

De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 07H50 | 17/04/2008 | Permalien

Ma troisième, malgré sa couleur, je n'osai jamais l'appeler « la belle bleue ». Cette vieillerie me vint d'un saint homme de Dieu, le brave et austère vicaire de ma paroisse, qui connaissait certainement plus ses cantiques que la mécanique. Bosses, éraflures, raccords de peinture approximatifs sur un fond général aussi délavé que les yeux d'un alcoolo en phase terminale, elle présentait tous les signes extérieurs de la pauvreté. Et je ne parle pas des signes intérieurs : outre l'inévitable plancher à troutrous, la capote fendillée, les sièges affaissés, le moteur était rincé, et pas à l'eau bénite. Le garagiste à qui j'essayai timidement de confier ses entrailles fumantes d'huile trop vite brûlée déclina l'invitation et me suggéra, pour apprendre par moi-même, d'opérer en solo. Sur le coup, je le remerciai d'épargner mon maigre portefeuille ; maintenant, je pense qu'il avait vraiment d'autres bielles à fouetter, et nettement plus argentées ! C'est là que j'appris à me bagarrer avec les écrous de 17, les gougeons de cylindres, le capotage du ventilateur et autres pièges à débutant. Le moteur était remis à neuf, j'avais tout bien remonté, je partis radieux… et je fis UN kilomètre qui s'acheva dans une fumée prometteuse : j'avais oublié de croiser les segments, et les cylindres étaient rayés en losange comme un sac à main de Mademoiselle Coco Chanel !

C'est avec elle que j'appris quelques plaisanteries dont je rougis encore (euh… non : je ris ! ). Rouler assis à la place du mort et conduire d'un bras habilement baissé : il faut l'avoir long et les pieds aussi. Demander à votre voisin de tenir le volant de même, et vous laisser doubler par un quidam dont vous reluquez ostensiblement la légitime (ou supposée telle…) en vous accoudant des deux bras à la portière. Pire encore, conduire tête baissée, en regardant par la trappe d'aération. Que d'apoplexies ai-je dû déclencher dans ces remakes de l'Homme Invisible, puisse Saint Citroën me les pardonner !

Un bon souvenir : cette semaine d'été torride où je roulai capote totalement enlevée jour et nuit. Rouler tous phares éteints sur une route de campagne par un ciel de pleine lune, quel plaisir ! Un autre, moins drôle : nous voulions, ce mardi-gras là, faire des crêpes à la bière ( ! ) et j'étais chargé de convoyer la jatte de pâte. Bien sûr, il y avait eu un arrêt brusque, tout avait valdingué, et l'odeur infecte que l'ecclésiastique véhicule garda religieusement pendant des semaines, je l'ai encore dans le nez !

Portrait de Guillemette Faure

à compte supprimé 22 Portrait de compte supprimé 22 De Guillemette Faure (auteur)

Eco89 | 08H02 | 17/04/2008 | Permalien

Mais PMB, vous en avez eu combien ?

Portrait de compte supprimé 22

à Guillemette Faure Portrait de Guillemette Faure De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 09H24 | 17/04/2008 | Permalien

Heu, il y a encore deux textes !

Portrait de Fuddish

De Fuddish

nomade | 08H40 | 17/04/2008 | Permalien

Je me souviens très bien avoir pratiquer le jt'e-pince-en-croisant-une-2CV-verte. Il fallait effectivement que la Deuche vient d'en face et croise notre voiture. Si elle était garée ou nous doublait (cas de figure exceptionnel), cela ne comptait pas.

Portrait de Guillemette Faure

à Fuddish Portrait de Fuddish De Guillemette Faure (auteur)

Eco89 | 08H42 | 17/04/2008 | Permalien

Chez nous, il y avait débat quand on voyait la même 2CV plusieurs fois (dans des embouteillages par exemple).

Portrait de cooper59

De cooper59

pour la decroissance ! | 09H31 | 17/04/2008 | Permalien

je n'ai acheté qu'une voiture neuve dans ma vie et c'etait une 2CV speciale verte , phares ronds , j'ai adoré cette voiture , sinon je ne roule qu'en ancienne , actuellement un break volvo 240 qui tourne comme un avion malgres ses 430000km ! et que je vais echanger contre 2 volvos 66 en parfait etat et completement ringardes comme il se doit , j'ai aussi posseder un 2CV de 1951 qui avait servi a charger du bois dans la foret de compiegne , et qui rebondissait tellement que ça en devenait vraiment fun quand on approchait la vitesse supersonique de 90 km/heure ! je regardais mon chien dans le retroviseur faire le culbuto a l'arriere , je crois qu'il adorait ça . Bien envie de m'en racheter une . merci pour l'article .

Portrait de apsolution-orthographique

De apsolution-orthographique

extraterrestre de passage | 10H51 | 17/04/2008 | Permalien

Moi j'aime que les vielles 4L, pour la drague s'est moins lourd que la deuche vieux bit-nique fils a papa sur le retour, et s'est une vrais voiture pas un jouet pour nostalgique de leur vingt ans et de ceux de leurs parents et grands-parents.
Mais je suis un vrais jaloux j'ai jamais rien lever en 4L.Faut dire que s'est con de compter sur sa bagnole draguer les filles.

Portrait de fred_F

De fred_F

11H35 | 17/04/2008 | Permalien

marrant, j'ai appris ce jeu à mon fils de 6 ans le mois dernier ( en rajoutant la règle d'époque : en disant « casque » on était immunisé contre le pinçage …
comme on a pas croisé de deux chevaux ( et encore moins de verte..) le fiston a changé la règle de jeu et c'est maintenant les twingos vertes que l'on redoute…

Portrait de Annie

De Annie

12H02 | 17/04/2008 | Permalien

Première deudeuche en 1977, bleu clair. La seconde quelques années plus tard était verte comme sur la photo.
27 ans plus tard, pour mes 50 ans mon mari m'en a acheté une rouge (1983 apparemment fabriquée au Portugal, mais je ne lui en veux pas. Comme j'habite en Angleterre, le volant est à droite.
Et chaque fois que l'on rencontre ici une autre 2cv, c'est appels de phare, gesticulations etc

Portrait de compte supprimé 22

De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 15H49 | 17/04/2008 | Permalien

Ma quatrième fut la reine des cabrioles, et c'est ce qui la perdit.

Jolly Jumper IV y prit goût sur une petite départementale, au bout d'une ligne droite où j'apercevais un tracteur agricole tenant mal sa droite. A l'instant de le frôler, il trônait franchement au beau milieu de la route : oh funérailles ! Une seule solution : le fossé, dix mètres de ronces valant mieux que deux tonnes de métal. Coup de volant. Et si on évitait le précipice ? Autre coup de volant, direction le ravin d'en face. Allez, on repart à droite. Puis à gauche, et la fatigue me fait mettre quand même une roue dans le creux, cueillant délicatement au passage assez d'herbe pour nourrir un parc zoologique. Faciès du paysan mâchouillant son mégot, qui croyait bien devoir prendre sa demi-journée pour mon enterrement ! Franchement, j'aurais eu une Dauphine (j'en demande pardon à ses adorateurs ! ), je vous faisais la toupie hollandaise, un coup tu me vois un coup tu me vois pas, et Quasimodo avant son lifting !

Elle remit le couvert dans une grande courbe que je prenais habituellement selon une technique bien connue des deuchistes : accélérateur soudé au plancher. Mais ce jour-là, la route était grasse, et je partis en têtes-à-queues (claviste, respectez le pluriel, tant ils furent nombreux ! ) sous les yeux fatalistes d'un conducteur de semi-remorque qui crut ma dernière heure venue. Je m'arrêtai sur le bas-côté, abasourdi, la malle arrière de la voiture retroussée comme une jupe de french-cancanière et des débris de pare-brise coincés entre jante et pneu : j'avais fait le ménage du bas-côté !

Et tout ça finit un beau matin où je somnolais sur mon volant, suivant au pilotage automatique une DS, noire (sinistre présage… ) Je vis trop tard ses stops allumés, et voulus l'éviter d'un coup de volant. Ce que je n'évitai pas, c'est le bus Mercedes qui venait en face. Gross karr hallémand contre sauterelle franchouillette, la partie était inégale, et je ne dois de pouvoir encore vous écrire qu'à la faible vitesse du choc. C'est ça l'avantage de la 2 cv : rien ne peut se faire vite !

Portrait de Lole

De Lole

16H04 | 17/04/2008 | Permalien

Et la capote de la 2ch… Quand elle était vieille, elle se raidissait, devenait toute sèche et cassante. Avec ma sœur nous faisions des trous dedans avec nos doigts. Ma mère gueulait…

Portrait de kreposuc

De kreposuc

17H23 | 17/04/2008 | Permalien

Chez nous, c'était : 2cv verte, tu pinces, 2cv blanche, tu gifles !

Portrait de Mila Saint Anne

De Mila Saint Anne

internaute | 18H55 | 17/04/2008 | Permalien

Et le siège arrière démontable pour avoir un canapé au camping ! ! ! !

Avec un tournevis cruciforme, un tournevis plat et un marteau…. j'avais tout le matos pour réparer. J'ai appris la mécanique sur le tas, et j'étais vachement fière de n'avoir besoin de personne…… en 2 CV verte !

Mila
(forever young)

Portrait de vol19

De vol19

awash | 20H51 | 17/04/2008 | Permalien

Soudain, une illumination…

En regardant de nouveau la séquence du gendarme de Saint-tropez. Il m'est venu soudainement… C'est incroyable comme notre Président ressemble à Louis de Funès, visage, les grimaces, les expressions…

Et puis la soeur, j'y verrais bien Roselyne Bachelot, pas dans une dauphine bleue (sa voiture en 68 pour faire des rodéos avec les grévistes)mais dans la 2Cv.

Et la 2CV… Mais, c'est la France, c'est nous…Vous n'aviez pas compris ! Nous tournons dans le « Gendarme à Saint-Tropez »… Ca y ressemble beaucoup non ? Les luttes de chefs…

Portrait de energienoire

De energienoire

ici et maintenant | 21H14 | 17/04/2008 | Permalien

Je ne me rappelle plus à combien sont montés « dessus » et « dedans » une Deuche les Terminales de mon lycée cette année là, pour faire un tour d'honneur de la cour poursuivis par le surgé.. La légende parle de 30, mais j'en doute. Par contre, ce qui est sûr c'est que la Deuche en question s'en est retrouvée passablement élargie et tassée, on dit même que ce tour d'honneur fût son chant du cygne. Une fin glorieuse toutefois…

Portrait de compte supprimé 22

De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 22H44 | 17/04/2008 | Permalien

L'histoire de ma petite dernière commence dans le rire et finit dans les larmes.

Rire d'avoir joué au plus malin avec un garagiste malhonnête. Ce monsieur avait imaginé, avec un vendeur son complice, de reprendre à un retraité de 68 ans son AZAM de 24 000 km (urgent le remplacement, non ? ) pour lui fourguer une 2 cv 6 neuve, au grand dam de sa dame et ministre des finances. Et, tenez-vous bien, la soustraction se faisait à 1500 F. Même en 1976, c'était léger-léger pour ce qui reste la Rolls des 2cv : « chromes » par-ci par-là, moelleux sièges d'Ami 6, hayon et coffre plat, c'était presque une 4L. J'appris la magouille en gestation, je fonçai chez l'ancêtre et son dragon monétaire, je leur proposai 100 F de plus. Tope-là ; je sors mon chéquier, je paie rubis sur l'ongle, je file avec ma belle endormie (dame, Pépé n'avait pas dû souvent passer la surmultipliée) que je peux enfin rôder : la consommation d'huile en pâtit… Tête du margoulin quand je m'arrêtai chez lui faire le plein d'essence de son désir enfui. Jaunisse, visage de bois et soupe à la grimace : je ne m'arrêtai plus jamais.

Je roulai quelques mois dans le luxe, le calme et la volupté : plus de pédiluve à la première averse, plus d'opération portes ouvertes comme à Magiprix, plus de saut de sauterelle à chaque départ.

Jusqu'au triste jour où un pauvre type à qui j'avais prêté assistance et clés disparut avec Jolly Jumper V, avec son beau volant à quatre branches ex-Bébé Peugeot 1910 trouvé dans une décharge, et avec ma meilleure pipe, l'irlandaise au bec recourbé et au goût savoureux. Je les ai regrettés presque comme elle ; mais pas autant que d'avoir aidé un zonard en perdition qui ne sut jamais à quel point les blessures de confiance sont les plus longues à cicatriser…

Voilà. Les années ont passé. Fini les Jolly Jumper. Maintenant, je roule content dans une CORSA TD, qui peut offenser gravement et sournoisement les limitations de vitesse mais ne le répétez pas, et me tient les pieds au sec. Pourtant, je refuse d'oublier mes vieilles emmerdeuses. Malgré leurs caisses pourries, leurs directions de camion, leurs cardans déboîteurs, leurs chauffages cyclothymiques, leurs essuie-glaces aussi baladeurs que discrets, et leurs à-peu-près-tout ce qu'un automobiliste sensé d'aujourd'hui refuse avec la dernière énergie, elles m'ont prosaïquement transporté et prodigieusement amusé !

Portrait de Nino602

De Nino602

23H31 | 17/04/2008 | Permalien

Pour ceux qui veulent voir la migration annuelle des deuches, c'est à Dunkerque, du 1er au 4 mai… près de 2500 titines attendues ! www.asso2cvclubsfrance.org
Et sinon, Guillemette, vous avez dû en croiser quelques unes à New-York, lors des Bastille Days (parade de 2CV, DS, Solex etc tous les 14 juillet) ?
Nino

Portrait de Guillemette Faure

à Nino602 Portrait de Nino602 De Guillemette Faure (auteur)

Eco89 | 11H04 | 18/04/2008 | Permalien

Nino,
Oui, vous avez raison. J'avais même eu l'occasion de faire un portrait d'un de ces accros américains.
http://www.frenchmorning.com/ny/spip.php ? article287

Portrait de Scala

De Scala

Humaine | 08H47 | 18/04/2008 | Permalien

Et le bisou quand on croise une 2CV rouge, vous le faites vous ? Nous on fait ça pour compenser le « pincement » des 2CV verte. D'ailleurs, mon frère et moi avons chacun sa mini 2CV, une verte et une rouge !

Portrait de compte supprimé 22

De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 09H20 | 18/04/2008 | Permalien

(Les Champs d'honneur, Jean Rouaud)

La 2 CV est une boîte crânienne de type primate : orifices oculaires du pare-brise, nasal du radiateur, visière orbitaire des pare-soleil, mâchoire prognathe du moteur, légère convexité pariétale du toit, rien n'y manque, pas même la protubérance cérébelleuse du coffre arrière. Ce domaine de pensées, grand-père en était l'arpenteur immobile et solitaire. Grand-mère s'en sentait exclue, au point de préférer marcher plutôt qu'il la conduise, du moins pour les courtes distances. Or la marche n'était pas son fort, compliquée par les séquelles d'un accouchement difficile, une déchirure, qui lui donnait cette démarche balancée. Grand-père prenant le volant d'une autre voiture, elle s'installait sans rechigner à ses côtés. Car à toutes elle trouvait du charme, sauf à la 2 CV. Pour elle, cette voiture n'était pas adaptée au climat océanique. A quoi rimait ce toit de toile qu'on détache pour découvrir le ciel si le beau temps n'est pas au rendez-vous ? Sans parler de ce vent qui assomme, tourbillonne et exténue son monde. Chaque tentative pour décapoter, les rares beaux jours, se heurtait d'ailleurs à des ferrures rouillées, rongées par l'air salin, indécoinçables, et une toile raidie, craquante, qui refusait de s'enrouler. D'autant qu'on n'était jamais sûr qu'il ne faudrait pas, dix kilomètres plus loin, replacer le toit en catastrophe. Grand-mère n'en démordait pas, ce faux air de cabriolet n'avait rien à faire au nord du 45e parallèle. Pour traverser des déserts, escalader le Hoggar, comme les jeunes gens s'y risquaient, parfait. Mais la Loire-Inférieure, là, c'était une autre histoire.

L'inadaptation à la pluie constituait le grief principal. Quand l'eau s'infiltrait, la troisième source de fuites après le toit et les portières provenait du système rudimentaire d'aération, une simple grille à maille serrée, large de trois doigts, sous le pare-brise, recouverte d'un volet modulable qui n'assurait que partiellement l'étanchéité — et d'autant moins que les joints de caoutchouc étaient brûlés. Déjà par temps sec, l'air qui sifflait à travers le grillage suffisait à agacer grand-mère. Comment garder son calme face à ce crachotement incessant ? Elle accueillait les premières gouttelettes avec des soupirs entendus (entendez : la preuve du bien-fondé de ses théories) et s'agitait sur son siège comme si elle cherchait à les esquiver sans vouloir ennuyer personne avec ses malheurs. Puis, devant l'impassibilité de grand-père, elle entreprenait de colmater les brèches à l'aide de vieux chiffons qui traînaient dans la « boîte à gants » (une tablette sous le tableau de bord). S'en emparait du bout des doigts, se plaignait de leur saleté (ils servaient indifféremment à essuyer la jauge d'huile, le pare-brise et même, un coin présentable, à astiquer la pointe des souliers de grand-père), les roulait, tentait de les coincer contre la vitre, mais ils tombaient à la première secousse. Quelques « nom de nom » et elle recommençait, épongeait, n'arrêtait pas de tout le voyage. Grand-père demeurait imperturbable.

Comme il roulait au ralenti, les essuie-glaces couplés au moteur se déplaçaient à la vitesse de limaçons baveux, par soubresauts millimétriques, parfois se bloquaient, marquaient une pause, et il fallait donner du poing sur la vitre pour qu'ils reprennent en demi-cercle leur lente marche avant-arrière. Ils dessinaient sur le pare-brise des éventails crasseux qui produisaient l'effet inverse de celui qu'on attendait. Irritée que nul autre qu'elle ne prit la mesure du danger, grand-mère passait sur la paroi intérieure du pare-brise une main inquiète qui, partant d'un centre à hauteur de ses yeux, décrivait des cercles de plus en plus vastes, de plus en plus aplatis, s'aventurant timidement du côté du chauffeur, juste assez pour qu'il perçoive une différence — et, par la trouée ainsi obtenue à travers la fine couche de buée, par cette vue directe sur l'état du pare-brise, il apparaissait clairement qu'on ne voyait rien. Puisque la faute en incombait aux essuie-glaces, grand-mère se saisissait de la poignée qui les commandait manuellement de l'intérieur, la tournait dans tous les sens, les houspillait, et cet empressement des balais, ce changement brutal d'allure, cette raideur accélérée, c'était comme un film muet : on imaginait deux ouvriers vaquant paresseusement à leur besogne, deux plongeurs lavant nonchalamment une pile d'assiettes, qui s'activaient soudain à l'arrivée d'un contremaître tyrannique. Mais le résultat était à l'image de cette vaisselle : un magma gélatineux, tartiné en demi-lunes, interdisait désormais toute visibilité. Alors, rageusement, elle soulevait le battant inférieur de la vitre de la portière qui ne manquait pas de lui retomber sur le coude, passait le bras à l'extérieur, et, munie du chiffon, dégageait devant elle une pastille de lumière. Cette apparition de la route en ligne de fuite, des arbres du bas-côté, des pointes laiteuses de l'averse sur le bitume, c'était la révélation d'un monde gigogne dans lequel s'enchâssait le monde clos de la 2 CV. Si grand-mère n'avait pas le bras assez long pour nettoyer la totalité du pare-brise, du moins par son hublot de propreté s'autorisait-elle maintenant à recommander au pilote de tenir sa droite, criant « Attention » au croisement d'un énorme camion dont le souffle suffisait à donner de la gîte au frêle esquif.

Rouler à l'aveuglette ne préoccupait pas grand-père. Tassé sur son siège, les mains au bas du volant, une cigarette se consumant docilement au coin des lèvres, les passants n'apercevaient que son chapeau. A force, l'extrémité relevée de son sourcil avait jauni sous la nicotine. Cette blondeur insolite au milieu de l'irrépressible envahissement de la blancheur apparaissait comme un dernier brûlot de jeunesse, un repli stratégique de la vie dans cette pointe soufrée. Elle créait avec l'autre sourcil, immaculé, une asymétrie qui faisait soupçonner sur le vieux visage des traces d'hémiplégie, impression accentuée par la fixité de l'œil droit mi-clos, piqué par la fumée, qu'il clignait de temps à autre, décentrant sa moustache en une expression chaplinesque. Il semblait si absorbé, lointain, qu'on pouvait le croire assoupi : de fait, il l'était parfois, ce qui lui valut quelques déboires, une roue au fossé, une aile arrachée. Son regard rasait la courbure supérieure du volant, se perdait dans la contemplation d'une ligne bleue imaginaire à travers des kilomètres de pensées où nous tenions évidemment peu de place. Son jardin secret, disait grand-mère. C'était avouer qu'elle craignait en s'y aventurant de ne pas s'y retrouver.

Portrait de bubu45

De bubu45

20H29 | 18/04/2008 | Permalien

Oh lala ! Que de commentaires émouvents…C'est bien la deuch . Forcement les meilleurs années de la vie… Je le vois bien, on parle d'une deuch comme on parle de son premier amour ou de son animal de compagnie d'enfance : avec la larme à l'oeil.
Quelle personnalité, que d'histoires ! pour mes 18 ans mon frère et ma belle soeur m'ont offert une deuch, faitee comme beaucoup d'une accidenté, et d'une qui marchait plus pour la carte grise, et même il avait mis une boite de fourgonnette ! Elle était peinte en rose et bleu, façon charleston, et y'avait écrit sur le coffre : BUBU's Car ( c'est mon surnom ) les gens dans la rue m'appelaient sans me connaitre, et partout où j'allais c'était un vrai mythe. Bien sur j'ai le douloureux souvenir de la barre qui tombe sur la tête en route lorsque la capote est ouverte, et les accrochages de ces foutues ailes ! Et les diverses pannes, qui inspiraient les gens à me venir à l'aide … Et le gros poste cassette sur le siège arrière à fond en écoutantles beatles ! Et les douloureux souvenirs bien sûr de la fenètre qui claque sur les doigts, ou alors une fois que je teenais la portière et que je fermais la fenêtre en même temps et que la charnière m'était rentrée dans le pouce… pfiouuuuu ça fait mal… Et quand on tapait sur le démareur avec la manivelle pour laider à démarer… Ou même à la manivelle ! Et les fuite d'eau ! Je me souviens de mon coapin qui dormait à côté de moi ( il valait mieux j'avait 2 jours de permis ! ) la tête penchée en arrière ( pas d'appuis tête ! ) et de temps en temps il surssautait parce qu'une goûte lui tombait sur le front !
Lui, avec la sienne ( une fougonnette ) il s'embalait les pieds avec des sacs pour ne pas prendre l'eau … C'est vrai côté plancher aussi, c'était pas mal.
C'était y'a 20 ans ! Et mon frère en me l'offrant m'avait fait un porte clef 2cv en résine ( il était designer ) de la même couleur comme porte clef ! La voiture est morte … J'avais rêvé d'en faire un cube et de la garder dans mon jardin, mais hélas… Mais le porte clef, me suit, il est toujours là sous mes yeux. UN peu de fétichisme, sur les premières escapades, les premiers amours, les plus beau moments de liberté ! SNIF… on pourrait en parler des heures de nos deudeuch … Et j'ai promis à mon fils une deuch, pour ses 18 ans … bien sûr !

Portrait de bubu45

De bubu45

21H38 | 18/04/2008 | Permalien

ben, y'en a d'autre des histoires en deuch, quand à 10 ans on allait avec ma copine avec sa vielle camionnette de la poste chercher les poubelles au bout du chemin à fond les batons ! J'avais trop trop peur, mais on se marrait bien ! elle la conduisait à 10 ans ! si si !

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