New York veut payer les pauvres qui se tiennent bien

(De New York)
Un enfant en primaire qui n'a jamais séché les cours ? Vingt-cinq dollars. Et au lycée ? Cinquante dollars. Il décroche son diplôme ? Trois cents dollars. Ce sont quelques uns des tarifs du programme pilote qui sera testé à New York à partir de septembre. L’idée : récompenser financièrement les bons comportements. Parmi les autres bonnes conduites rémunérées : assister aux réunions de parents d’élèves, aller à une visite médicale et, tout simplement, travailler. Les bons points seront versés tous les deux mois. A la fin de l’année, une famille pourra gagner jusqu’à 5 000 dollars.
Pilier du programme, le maire Michael Bloomberg, qui a fait de la lutte contre la pauvreté une des priorités de son second mandat. « Dans le secteur privé, des récompenses financières encouragent les comportements qui profitent à l’entreprise : travailler dur, atteindre des objectifs de vente, trouver plus de clients », a expliqué Bloomberg, ancien patron de l’entreprise qui porte son nom. « Nous croyons que, dans le public, des primes financières pourront encourager des actions qui bénéficient à la ville et aux familles : meilleure assiduité dans les écoles, plus grande implication des parents dans l’éducation, meilleures qualifications professionnelles. » Autrement dit : on va payer les familles pour prendre les bonnes décisions qui, à long terme, les aideront à casser les cercles vicieux de la pauvreté qui coûtent cher à la ville.
En juillet, 5 000 familles avec enfant(s) seront recrutées dans les quartiers les plus pauvres de New York pour participer à l’expérience. La moitié d’entre elles recevront les primes de bonne conduite, l’autre moitié servira de groupe témoin.
Est-ce bien, comme le décrit Bloomberg, une application au public de méthodes privées ? Larry Aber s’en défend. Chercheur à la New York University planchant depuis des années sur les cercles vicieux de la pauvreté, c’est lui qui a attiré l’attention du maire sur cette idée qu’il avait découverte en Afrique du sud. Il ne voit pas les sommes versées comme des primes mais plutôt comme des compensations pour les coûts d’investissement dans des décisions qui ne payeront qu’à long terme. « Pour nous, aller chez le pédiatre, ça prend une demi-heure. Une famille pauvre risque d’aller quelque part avec deux heures d’attente. Et la demi-heure qu’on manquera sur le travail représentera un bien plus petit pourcentage de notre salaire que les deux heures sur le leur.” Selon lui, les pauvres “paient plus que nous pour faire les mêmes choses”. Ce n’est pas non plus selon lui un système condescendant expliquant aux plus démunis comment se comporter. “Ce n’est pas paternaliste : tout le monde veut la même chose pour ses enfants, mais certains n’en ont pas les moyens. »
A écouter Margy Waller, chercheuse à Inclusion, un think tank économique de gauche, l’impact de l’expérience sera forcément limité, « sans même aller jusqu’à se demander si cela peut marcher ou non, et si c’est le meilleur investissement qu’on puisse faire de cette somme », car cela n’empêchera pas les bénéficiaires du programme « de rester coincés dans des boulots mal payés ». Une étude que vient de publier le Center for American Progress indique qu’un quart des emplois américains ne permettent pas de faire vivre une famille au dessus du seuil de pauvreté.
L’annonce du lancement du programme n’a pas fait beaucoup de vagues à New York. Entre autres parce que Bloomberg a fait appel à des fonds privés. L’expérience, dont le coût est estimé à cinquante millions de dollars, sera financée par des organisations privées comme les fondations Rockefeller et Star (qui donnent dix millions de dollars chacune) et l’Open Society Institute de George Soros (cinq millions). Si les résultats sont concluants, le programme pourrait ensuite être soutenu par des fonds publics. Détail amusant : un système similaire fonctionne déjà au Mexique à grande échelle. Ce qui, lorsque Bloomberg est allé voir la semaine dernière ce qu’il donnait, a provoqué quelques articles du type « New York cherche au Mexique des tuyaux pour lutter contre la pauvreté ».

A lire :
En Angleterre aussi, des bourses récompensent l'assiduité
Explications de Eric Maurin, économiste et sociologue français.
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Bon malgré le résultat final c’est à dire de l’argent dans des poches ki en ont bien besoin…ca sent le sussucre pour le bon chien chien… Puis ca nous montre encore la toute force du système economique, ces new yorkais pourront-il un jour se mettre en grève, pourront ils manifester leur mécontentement a partir du moment ou cette remunération deviendra vital pour eux…a voir…je ne suis pas dans le cas de ces personnes la alors puis je vraiment critiquer ou aduler ca…
Je pense que ma réaction aurait sans doute été plutôt négative sans le commentaire de LARRY ABER, chercheur à NYU.
En effet, si assimiler ces versement à des primes, à des os donnés à des chiens obéissant, en l’occurrence ça n’est pas le cas. Il s’agit effectivement de « compensations pour les coûts d’investissement dans des décisions qui ne payeront qu’à long terme ».
Il est assez aisé pour des gens qui ne sont pas confrontés à ce genre de situation de prendre position contre une telle mesure. Il n’empêche qu’elle prend en compte une réalité ; qu’elle est un moyen de remettre tout le monde plus ou moins au même niveau au moment de prendre certaines décisions.
La bonne nouvelle c’est que les américains vont le tester pour nous… Si ca marche : pourquoi pas !
Le problème c’est que parfois même quand ca ne fonctionne pas ca arrive quand même en France : exemple Nicolas Sarkozy, notre Georges W. Bush à nous, 10 ans après…
Boah, sans doute une dizaine de mecs payes 200k$/an…
comme aux Massachusetts, ou les employes de l’organisation chargee de mettre en place la « assurance maladie obligatoire » (je rigole) se sont d’abord couverts eux meme (par cooptation bien sur), menacant et pourrissant l’equilibre budgetaire, degoutant les sponsors, etc.
le plus bizarre est de realiser qu’il existe encore des pauvres a NY… vu le fric necessaire pour vivre dans cette ville (augmentation des loyers en fleche depuis 5 ans, qui ne se ralentie pas)
Par contre, le jour ou on ecoutera et mettra en application les idees d’un sociologue voire d’un chercheur en France… a l’encontre de la pensee premachee des omnipresents philosophes de comptoirs ou de l’ideologie formatee de bon nombre d’enarques… il y a peut etre une idee a creuser, la ;-)!!
« encouragent les comportements qui profitent à l’entreprise: travailler dur, atteindre des objectifs de vente, trouver plus de clients »… et ce qui profite à la société en général… plus de richesse, plus de produits. Produisez, usinez, créez des emplois, cling!, bang!, tong!, cling! la Terre produit, produit, produit…
une petite pensée pour la « décroissance » ? et si on relisait le Droit à la Paresse de Lafargue et ceci :
http://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=306
De toute façon, c’est peine perdue : certains sont affligés du gène de la pauvreté, comme de celui de la paresse. D’autres ont même le gène du ‘loser’ !
» » Il ne faut pas améliorer
la condition des pauvres ;
il faut la supprimer.
Je n’induirai pas les riches en aumône,
parce que leur aumône est empoisonnée,
parce que l’aumône fait du bien
à celui qui donne
et du mal à celui qui reçoit,
et parce qu’enfin, la richesse étant
par elle-même dure et cruelle,
il ne faut pas qu’elle revête
l’apparence trompeuse de la douceur.
Puisque vous voulez
que je fasse un conte pour les riches,
je leur dirai :
«Vos pauvres sont vos chiens,
que vous nourrissez pour mordre.
Les assistés font aux possédants
une meute qui aboie aux prolétaires.
Les riches ne donnent
qu’à ceux qui demandent.
Les travailleurs ne demandent rien.
Et ils ne reçoivent rien.» Anatole France, Edmée ou la Charité bien placée.
Pendant ce temps, nous, on va bientôt attaquer le rmi, puis le smic… et puis on verra émerger de « bons donateurs » (sur projets) qui eux sauront nous dire ce « qui est bien », « ce qui est mal », « ce qui est beau », « ce qui est laid »… et puis quand on aura fini de remonter le temps (au lieu d’améliorer notre système), on se dira : tiens?, mais aux siècles derniers y’avait un système de protection sociale avec quelques idées pas mal du tout, mais pas mal du tout!… Entre temps, on se sera tapé sur la gueule.
Ridicule, ils vont faire ça aussi pour les gentils chiens? ;)
Proposition assez intéressante. Il n’y a pas vraiment de risques dans ce genre de projet, car seul des institutions privées financent « la pauvreté ». L’argent ne provient donc pas de l’état — atout majeur. En tous les cas, est-ce-que ceci pourra marcher? Ceci a surement des contraintes, car la pauvreté existe à NYC et la file d’attente sera longue pour avoir son chèque! Toutefois, pour réduire la pauvreté, peut-être ceci est une très bonne solution. A voir, et à tester…
J’ai une idée pour diminuer le nombre de pauvres, la délinquance, les incivilité, etc :
1) respecter tous les gens, quelles que soient leurs origines
2) ne pas faire de discrimination à l’embauche et traiter tout le monde équitablement
3) donner un travail à tout le monde
4) payer les gens au juste prix et pas au prix le plus juste
Pourtant jai pas fait l’Ena et je ne suis candidat à aucune élection, mais je suis sûr que cela fonctionnerait :-)
Bravo pour la chute, qui permet de terminer l’article sur un sourire =)
et les riches qui se tiennent mal,on va les punir.mdr
comment ne pas y avoir pensé plus tôt, ça doit de toute façon coûter moins cher que de les maintenir en taule puisque c’est là qu’une bonne partie d’entre eux aboutissent au cours de leur pénible exitence.