Deux économistes inventent le régime "File moi ton fric"


Des salariés d'Ubifrance dans leur salle de sports (Philippe Lopparelli/Tendance floue).

Et si l’ultime méthode pour maigrir, c’était de se condamner à payer quand on n’arrive pas à perdre du poids ? C’est l’idée de Dean Karlan, prof d’économie à Yale. Il a promis à un de ses amis de lui donner 1 000 dollars chaque semaine où il n’avait pas perdu 500 grammes (une livre, pour respecter ceux qui perdent du poids hors du système métrique). Il a réussi à perdre cinq kilos sans rien avoir à payer.

Un autre prof de Yale, Ian Ayres, lui expert en droit, a testé la méthode et dit avoir évité de payer 21 000 dollars de pénalités. Il explique au Washington Post que la peur de perdre de l’argent est un meilleur moteur que l’envie d’en gagner.

Un don à une association caritative si les objectifs ne sont pas tenus

Et les deux hommes ont décidé d’en faire une entreprise : StickK. Le site émettra des contrats dans lesquels des souscripteurs s’engageront à verser de l’argent s’ils n’arrivent pas à accomplir leur objectif -arrêter de fumer ou de lire Rue89 tous les jours, par exemple- en un temps donné.

Ceux que cela intéresse devront donner leur numéro de carte de crédit au site. Ils signeront un contrat dans lequel ils s’engageront à ce qu’une somme définie soit versée chaque semaine à une association caritative (attention, on ne choisit pas, c’est StickK qui décide) s’ils n’atteignent pas leur but. La question de l'arbitrage est encore floue : le suivi des résultats pourrait être authentifié par des amis ou en salle de sport dans le cas des régimes.

Sur les blogs, le concept est diversement accueilli

Le site compte se rémunérer avec de la pub et en vendant des produits de régime. Il doit ouvrir fin décembre, juste à temps pour l’ouverture de saison des résolutions de début d’année. En attendant, l’idée fait déjà l’objet de discussions sur des blogs économiques.

Sur son blog, The Undercover Economist, Tim Harford se pique d'être le premier client de StickK. Il a bloqué 1 000 dollars et s’engage à en donner 100 à une œuvre chaque semaine où il n’a pas fait ses pompes et ses abdos.

Un autre bloggeur économiste est convaincu que l’entreprise n’aura jamais beaucoup de clients. A l’en croire, si les gens ne tiennent pas leurs bonnes résolutions, c’est parce qu’ils ne tiennent pas réellement à leurs objectifs… Ils ne seront donc pas prêts à miser de l’argent pour les accomplir.


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jazzmataz
22H35 28/11/2007

« Les plus mal nourris étant souvent les plus pauvres »
Heu, j’ai peur de ne pas être d’accord… Les pauvres n’auraient pas assez d’argent pour avoir une alimentation equilibrée et adaptée à leurs besoins ?
Je suis étudiant et je vous assure qu’une alimentation équilibrée est justement ce qui coute le moins cher. (par rapport aux pizzas, macdos, kebabs and cie)
J’aimerais bien que vous expliquiez ce que vous appelez « être mal nourri », car pour moi c’est simplement acheter de la nourriture rapide.

 
marabbeh
11H35 29/11/2007

Vous énoncez malheureusement une contre-vérité. Il est bien connu que les plus pauvres sont les plus mal nourris. Il n’y a qu’à voir les SDF obèses. Ce qui coûte le moins cher : le pain, les patates, la charcuterie (cad le porc), les boîtes de conserve… Les plus riches peuvent s’acheter des produits bios, des produits cuisinés allégés, manger dans de vrais restos. Les étudiants ont la chance de pouvoir manger dans des restos-U. Les pauvres peuvent aller dans les macdos, kebabs, pizzérias et autres sandwicheries…

 
destribat | anti-corruption
16H08 29/11/2007

Si manger bio c’est manger équilibré selon vous alors les plus pauvres mangent vraiment équilibré car en Afrique tout le vivrier est cultivé de manière naturelle donc bio. Je ne parle pas des ananas et des bananes réservés à l’exportation.

De plus dans les villages en Afrique, tomates, patates douces, maïs, haricot, igname, manioc, aubergine, …. sont cultivé sans apport d’engrais et de produits phytopharmaceutiques.

Chaque villageois réserve des graines pour la culture des prochaines années.

Manger équilibré n’est donc pas une question de riches .

 
Xtophe
11H56 29/11/2007

Mais ils n’ont rien inventé ces économistes, n’est-ce pas notre trè cher président qui depuis six mois nous fais suivre son régime « File moi ton fric » ???

 
jazzmataz
22H50 28/11/2007

Il y a un problème dans votre lien vers l’article du washington post : il faut enlever « . » à la fin du lien hypertexte.
 Amicalement

 
Guillemette Faure | Rue89
00H51 29/11/2007

Merci Jazzmataz, c’est réparé. Heureusement que vous êtes là.

 
Guillemette Faure | Rue89
07H42 29/11/2007

Non, ça fait surtout cher du gramme de gras gardé.

 
skalpa | actif et militant ?
09H46 29/11/2007

Money, money need your money blues…

Payez payez payez si vous ne perdez pas du poids, vous inquiétez pas, vous grossirez des comptes bancaires et votre bonne conscience en faisant maigrir le vôtre et votre mauvaise conscience…

Ah dure loi de l’économie

http://kprodukt.blogspot.com

 
all
12H56 29/11/2007

Des contrats de ce type existent déjà. Clémentine Célarié (que j’aimais bien rondelette) a signé avec Weight Watcher un contrat publicitaire qui contient une clause « poids ». Corrélé certainement avec des pénalités financières, pesées par huissier en présence de l’avocat et tout… le cow-boy Marlboro s’était engagé également à fumer et cela c’est mal fini - mais c’est une autre histoire.
Pour notre économiste, si son idée est bonne il gagnera du fric et sera copié ; je sais des banques américaines qui sont prêtes à commercialiser des produits dérivés de ses contrats. Si l’affaire ne prend pas, il gagnera aussi du fric en écrivant un nouveau livre, « Pourquoi ça n’a Pas Marché ».

 
facelster
15H00 29/11/2007

nous aussi on sait faire
“Il faut dégraisser le mammouth”. Claude Allègre. 24 juin 1997

 
Schtroumpf perplexe | chercheur en physique
18H27 29/11/2007

Certains commentateurs de Rue 89 sont de sacrés raleurs. J’ai même l’impression que c’est le principal motif d’intervention sur vos forum : se défouler en protestant. Du coup, on tourne un peu en rond. Par exemple, dans le présent article, il n’est pas question d’un certain Nicolas, ni d’Allègre. Mais comme c’est agréable de protester après ces deux grandes gueules, on s’y réfère dans les commentaires, sans qu’il y ait le moindre rapport avec l’article commenté.

Bon à part ça, je le trouve intéressant cet article. L’idée ne manque pas d’intérêt. Ca me rappelle un truc plus général que j’avais entendu dire : l’être humain souffre plus de l’échec qu’il ne jouit de ses succès. D’un point de vue « chasseur-ceuilleur » que nous sommes tous (en dépit de la sur-couche « civilisation » et « vie urbaine ») c’est normal. Dans la savane, un échec, c’est se faire bouffer par un prédateur. C’est mortel. Un succès, c’est d’attapper et de bouffer une proie (exploit symétrique du précédent échec), et ca ne permet de tenir que quelques jours (le bénéfice est asymétrique par rapport à la perte qu’est de se faire manger). Bref, cette disymétrie entre le gain et la perte est quelque chose qui provient sans doute de loin.

Et c’est drôle que la méthode présentée dans cet article, se fondant sur la disymétrie gain/perte d’argent, porte précisément sur la bouffe.