01/05/2011 à 20h10

Ferro : « C'est vous qui dites que je suis un historien engagé ! »



« Mes histoires parallèles », entretiens de Marc Ferro avec Isabelle Veyrat-Masson (éd. Carnets nord).

L’historien Marc Ferro a publié il y a quelques jours un ouvrage intitulé « Mes histoires parallèles » aux éditions Carnets nord. Issu d’entretiens menés par l’universitaire Isabelle Veyrat-Masson, ce livre revient sur le parcours d’un homme souvent cité en parangon de ce que peut être l’engagement en Histoire.

Pour Rue89, cet héritier de Braudel et de l’Ecole des Annales explicite cette étiquette souvent mal comprise et revendique justement une démarche à l’opposée du militantisme. Amitiés à l’extrême-droite et refus des lois mémorielles inclus. Entretien.

Rue89 : Vous avez combattu dans le Vercors durant la guerre, étudié en Khâgne à Grenoble en zone libre où vous étiez réfugié tandis que votre mère, restée à Paris malgré la traque des juifs, était faite prisonnière et déportée.

Même résistant, vous évoquez ces années comme celles d’une certaine indigence politique. D’une immaturité. Puis, vous dites que « tout change » avec l’Algérie, où vous restez huit années...

Marc Ferro : Je suis parti en Algérie en 1948. Après la guerre et jusqu’à partir en Algérie, j’étais un citoyen simple, de gauche, mais... stop : je passais mon agreg, j’attendais maman, je n’avais pas de logement, pas de pratique politique du tout.

Pourquoi « de gauche » ?



Marc Ferro (Chloé Leprince/Rue89).

« De gauche » parce qu’après tout ce qui s’était passé, c’était quand même la droite qui avait incarné et l’antisémitisme dont je venais d’apprendre que ma mère était morte, et les Allemands qui étaient d’extrême-droite. J’étais donc de gauche de façon tout à fait naturelle, d’autant que la Résistance intérieure était de gauche.

Mais j’étais de gauche sans attributs particuliers si ce n’est que je n’étais pas gaulliste du fait de ce ressentiment contre le général de Gaulle qui n’avait jamais reconnu la Résistance intérieure. Il a visité Grenoble, pourtant une des principales villes de la Résistance, très tardivement, alors qu’il pouvait aller à Dax (Landes) décorer des généraux.

Votre refus du gaullisme tient-il aussi à un regard de classe ?

Pas du tout. C’est un regard de patriote mystifié. Il nous méprisait. Mais je n’étais pas non plus communiste parce que je n’avais aucune raison de l’être.

Il fallait une bonne raison pour être communiste au début des années 50 ?

Non. Ils étaient simplement les plus ardents à défendre la cause des malheureux et l’Union soviétique incarnait avec ses victoires le succès d’une organisation nouvelle, paradis des hommes, mais je n’étais pas communiste pour autant.

Vous dites dans votre livre que vous étiez mal à l’aise d’être reconnu comme résistant mais pas plus gêné que cela qu’on vous taxe de communiste...

Arrivé en Algérie, je vois tout de suite que je suis sur une terre à problèmes. Quatre cinquièmes des pères de mes élèves étaient pieds-noirs, et j’ai vu immédiatement que les Arabes ne comptaient pas à leurs yeux. Je préssens qu’il va y avoir un drame. C’est là qu’on dit que je suis communiste. Parce que le seul fait de critiquer la situation me faisait qualifier de communiste.

En réalité, j’étais surtout anti-Américains : voyant les Américains réarmer l’Allemagne et la guerre froide se profiler, je militais à côté des communistes, au Mouvement de la paix.

La question de l’engagement partisan ne s’est jamais posée davantage ?

J’ai failli créer le PSU [Parti socialiste unifié, ndlr] à Oran, ce à quoi nous avons renoncé car une loi a interdit la création de nouveaux partis. Mais pourquoi me serais-je engagé dans un parti ?

En 1948, l’appartenance à un parti n’était pas devenue une norme comme elle l’a été depuis. On pouvait être de gauche, progressiste, sans adhérer au Parti communiste. C’est devenu une norme dix ou quinze ans après.

« Un historien ne doit pas appartenir à un parti »

Vous en parlez comme d’un temps décisif de votre maturation intellectuelle...

Jusque-là, j’étais un passionné d’Histoire. J’avais une grande connaissance de l’Histoire parce que j’avais déjà préparé quatre ou cinq fois l’agreg [il échouera huit fois mais s’en trouvera encensé par l’historien Fernand Braudel des années plus tard, ndlr]. Je faisais des cours passionnants, sans période de prédilection particulière.

Mais j’étais comme un collectionneur de faits historiques. Un conteur. Mes élèves revivaient la Révolution française avec Marat posant son revolver sur la table... Mais ça n’est pas être historien : je contais de façon très loyale, citant toujours le livre laïc, le Mallet-Isaac et le livre catholique. Je ne faisais pas de critique du discours que je tenais.

Puis j’ai eu plusieurs déclics, et notamment ce collègue communiste qui m’a dit un jour : « Même ma Mauresque comprendrait. » Cet homme était raciste, opinions politiques et mentalité étaient deux choses différentes. Tout propos politique devenait pour moi objet de critique. C’est le debut de l’Histoire plurielle, de la critique de la vision de la révolution russe, et de la critique du texte par l’image, etc. C’est alors que je deviens historien, car historien critique.

Vous entamez alors votre travail sur la révolution russe... Vous sentez-vous isolé ?

J’ai toujours été autonome. Dans ma religion d’historien, un historien ne doit pas appartenir à un parti. Ce qui était pour moi évident mais tous mes amis étaient communistes, dominaient la scène publique entre 1950 et 60. Il ne fallait pas parler de ceci ou cela pour ne pas faire pleurer Billancourt.

Ce type de retenue me semblait mortelle pour autant que je me voulais historien, même si je pouvais être de gauche dans ma vie publique. Or, ne pas être engagé sur la révolution russe... bonne chance ! Les communistes, les trotskistes, les anticommunistes... tous dénigraient mon travail. Là, j’étais vraiment seul contre tous, et j’ai mis très longtemps à être reconnu.

On arrive à Braudel...

Il m’avait mis aux Annales car j’étais le seul à tenir sur l’Algérie un langage qu’il n’avait jamais entendu. Du fait de ma très bonne connaissance du problème algérien : le parrain de ma fille était avocat de Ben Bella, nationaliste, mais sa marraine était plutôt du côté de l’OAS à l’époque. Je connaissais toute la palette des opinions. A ma table mangeaient des gens de toutes opinions.

« C’est un OAS qui m’a sauvé en Algérie »

Cette variété d’amitiés est-elle restée ?

Oui, j’ai beaucoup d’amis de droite, d’extrême-droite, de gauche... ça ne me gêne en rien du tout, au contraire ! C’est un collègue OAS qui m’a sauvé en Algérie alors que j’étais sur la liste des militants de Fraternité algérienne à abattre.

Vos amitiés d’extrême-droite pourront en étonner plus d’un...

Mais ça ne me gêne pas a priori : je n’ai pas un a priori sur les gens d’extrême-gauche ou d’extrême-droite. Le contact humain prime, et ce que j’apprends de leurs positions.

« Rester tapi me rappelle Vichy »

Vous avez 86 ans. Avez-vous le sentiment que les historiens sont plus sclérosés aujourd’hui ?

Oui, mais ce n’est pas forcément une question de génération.

Est-ce aussi lié à la conscience d’elle-même qu’a pu gagner la classe intellectuelle ?


Marc Ferro et son vieil atlas, reçu à 9 ans pour son brevet de natation. Il travaille toujours avec (Chloé Leprince/Rue89).

Il y a de cela en effet. Mais c’est aussi lié à la prise de position. Je suis ainsi devenu très ami avec un autre ancien d’Algérie, Raoul Girardet, avec qui je partageais le même directeur de thèse, au retour de la guerre d’Algérie.

Cette amitié était possible alors qu’il était OAS parce que nous nous sommes dits, lui comme moi : « Il a pris position. » Alors que la plupart des gens étaient restés tapis pour ne pas révéler leur choix politique en Algérie.

Rester tapi me rappelle Vichy. Pétain au fond a nourri cette lâcheté : sa formule de Verdun, « Restez dans votre trou », est au fond devenu sa morale en 1940.

Si l’Algérie est le moment saillant de votre engagement, celui-ci a-t-il décliné ensuite ?

Non, pas décliné mais il a pris d’autres formes. Un engagement pour l’Histoire qui est devenue mon combat. Comme Braudel.

Braudel a fait une Histoire « dé-idéologisée »

Pouvez-vous résumer quelle vision de l’Histoire Fernand Braudel a fécondé chez vous ?

Jusqu’à Braudel, l’Histoire était au service d’une cause, à la défense du roi, du prince, du parti... Ernest Lavisse écrit « L’Histoire de France » en donnait toujours raison à la France ; les communistes, à Lénine. Il y avait toujours un militant derrière l’historien. C’était une prise de position plus ou moins subtile, plus ou moins profonde, plus ou moins juste. Jamais scientifique.

L’Ecole des Annales, avec Marc Bloch et Lucien Fèvre, a tout changé en ne voulant plus d’une Histoire patriotique, au service de l’Eglise, ou autre... Le stade ultime de cette « dé-idéologisation » de l’Histoire, c’est à Braudel qu’on le doit : il a fait une Histoire qui n’était plus une Histoire de personnages historiques (la France, Louis XIV, Staline...) mais une Histoire naturelle des conflits dans les sociétés. Pure de toute idéologie partisane.

« Apprendre aux citoyens à penser l’Histoire »

Si vous êtes une figure de l’historien engagé, ça signifie qu’on confond aujourd’hui militantisme et engagement ?

Non : le militantisme est un engagement et l’engagement est un militantisme. C’est vous qui dites que je suis un historien engagé, pas moi !

Le qualificatif vous semble aberrant ?

Je me définis comme engagé mais pas engagé idéologiquement. Mon engagement tient au fait d’être clair sur un problème que me poserait par exemple une période par rapport à mon passé, mes opinions.

Si c’est le cas, je le dis au début du livre : vu mon passé, la guerre et la perte de ma mère qui est le drame de ma vie [la voix de Marc Ferro s’étrangle, ému], j’écris au début de mon livre sur Pétain que j’essaierai de mener à bien ce travail, tout en mettant du sel sur mes plaies. Voilà mon engagement.

C’est donc un engagement éthique : dire « je » en préambule vous libère ?

On ne peut pas me soupçonner de garder des cartes pour la fin. Il s’agit d’un engagement tout à fait moral. Par ailleurs, je suis de gauche : j’ai voté pour Mitterrand même si je le regrette, pour Ségolène Royal même si je ne le regrette pas.

Ça, c’est ma vie sociale, mais comme les gens le savent ou pourraient le savoir, je le dis pour qu’on ne me fasse pas le reproche d’avoir gardé un drapeau dans ma poche. C’est ce que je critique chez les philosophes ou les sociologues : ils ont toujours un drapeau dans leur poche. Leur drapeau peut être le mien mais eux sont guidés par le drapeau. Moi, c’est d’apprendre aux citoyens à comprendre ; leur apprendre à penser l’Histoire.

« Je ne peux qu’être contre les lois mémorielles »

Avez-vous été beaucoup sollicité récemment, alors qu’on reparle, à tort ou à raison, de désobéissance civile ?

Non, mais j’ai été beaucoup sollicité sur la question des lois mémorielles, sur le musée de l’histoire de France, et l’identité française. Un historien ne peut être que contre les lois mémorielles : elles entachent sa liberté de recherche. On l’a vu avec le génocide arménien, avec la traite et l’esclavage, mais aussi avec les bienfaits de la colonisation, la loi Gayssot sur les juifs...

Je me suis dressé contre ces lois car ce sont des secteurs de l’Histoire qu’on ne peut plus approcher. Et la tâche s’étend, à la manière d’une peau de panthère. Bientôt on ne pourra plus parler des Albigeois si c’est atteindre le psychisme des descendants des Albigeois près de Béziers. Ou à Nice de l’OAS.

On a accusé à tort les historiens de s’approprier l’Histoire, c’est faux ! L’Assemblée nationale a un droit sur l’histoire du pays puisqu’elle représente la nation ; mais elle n’a pas à faire des lois sur le passé. Elle peut décider d’une fête des harkis... mais je ne suis pas obligé d’y aller !

J’aime infiniment cette anecdote de votre mère, couturière, conseillant la femme du président de la République Lebrun. Elle aimait les imprimés à grosses fleurs tout à fait déconseillés avec son embonpoint, votre mère lui répond :

« Il ne faut pas choisir une robe qui vous plaise mais une robe qui vous aille. »

Dans ce livre, vous faites le parallèle avec les sujets de recherche. Qu’est-ce qu’un sujet qui vous va, Marc Ferro ?

Je ne sais pas si un sujet me va mais je sais tout de suite ce qu’est un sujet qui ne me va pas. Je le sens. J’ai par exemple écrit un livre sur « Les Tabous de l’Histoire ». C’était une idée à moi, mais pas une bonne idée parce que ça ne me correspondait pas. C’est une suite de tabous, parfois très neufs et parfois tout à fait quelconques. Il n’est pas déshonorant mais ce sont au fond de petites études, de petites chroniques accumulés. Je me suis dit : « Marco, ce n’était pas une robe pour toi, ça. »

Ecrivant plus tard sur le ressentiment, j’ai repensé aux tabous. Mais j’ai pu faire le livre, car j’avais de la profondeur : j’avais lu Nietzsche, Max Scheler, Dostoïevski... je savais de quoi je parlais. Les livres de philosophie politique ne sont pas ma robe.

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  • Calife Hourchon-
    Calife Hourchon-
    penseur reconnu dans son village
    • Posté à 20h48 le 01/05/2011
    • Internaute 75861
      penseur reconnu dans son village

    Je ne connais pas M. Ferro plus que cela mais je trouve remarquable qu’un tel homme soit capable de conserver des amitiés, et de les défendre, au-delà des clivages partisans et de ses engagements personnels.

    N’avons-nous pas besoin de cet humanisme, en cette période traversée par les replis, le retour des idéologies et les fractures ?

    • Lionel06
      Lionel06 répond à Calife Hourchon-
      Dessoucheur
      • Posté à 11h22 le 02/05/2011
      • Internaute 30683
        Dessoucheur

      « On mesure l’humanité d’un homme au chemin qu’il est capable de faire vers les autres » - Julian Bellanna

  • hgnaton
    hgnaton
    Gratteur de terre
    • Posté à 21h15 le 01/05/2011
    • Internaute 18814
      Gratteur de terre

    Quelles leçons d’humanité... Merci Monsieur Ferro...

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 21h20 le 01/05/2011
    • Internaute 25491
      difficile

    Magnifique leçon, de vie et d’histoire.

    On comprend pourquoi à la fin de l’entretien :

    « Ecrivant plus tard sur le ressentiment, j’ai repensé aux tabous. Mais j’ai pu faire le livre, car j’avais de la profondeur : j’avais lu Nietzsche, Max Scheler, Dostoïevski… »

    C’est bien la le problème.

    De nos jours, nos demi-habiles ont lu Foucault, Deleuze, Bourdieu, Derrida et les pitreries des gender-studies et autres clown-studies...

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à Bardamu
      VALLSS89
      • Posté à 21h49 le 01/05/2011
      • Internaute 50571
        VALLSS89

      toute la profondeur que vous n’êtes pas à même de mettre en œuvre face à votre propre ressentiment apparemment, un respect et une admiration bien placés donc.

    • pablico
      pablico répond à Bardamu
      Co-NOBEL de la Paix
      • Posté à 22h17 le 01/05/2011
      • Internaute 14278
        Co-NOBEL de la Paix

      c’est la phrase de sa mère qui m’a plu :

      « Il ne faut pas choisir une robe qui vous plaise mais une robe qui vous aille. »

      c’est comme pour voter.. il faut choisir quelqu’un qui nous aille.. pas qui nous plaise...

    • jolithorax
      jolithorax répond à Bardamu
      terrien
      • Posté à 22h24 le 01/05/2011
      • Internaute 98560
        terrien

      Salut Ferdinand !

      Où en es-tu de ton voyage ?

      Bientôt l’aube ?

    • Artenam
      Artenam répond à Bardamu
      Ecrire avec des sabots c'est (...)
      • Posté à 23h18 le 01/05/2011
      • Internaute 85103
        Ecrire avec des sabots c'est (...)

      Bien entendu, vos qualifications irréprochables et votre vie consacrée à la recherche vous permettent de traiter ces gens-là de « pitres »... ?

      • Bardamu
        Bardamu répond à Artenam
        difficile
        • Posté à 09h39 le 02/05/2011
        • Internaute 25491
          difficile

        Tiens, c’est amsuant, vous illustrez parfaitement mon propos !

        Comme s’il fallait des « qualifications » pour être « habilité » à donner son avis ! C’est bien ce qu’on reprochait à Camus : oser faire de la philosophie sans être du sérail...

        Ma seule qualification, c’est de savoir lire, c’est amplement suffisant.

        Quant à la « vie de recherche », c’est encore plus grotesque. On peut consacrer sa vie à rechercher la pierre philosophale. Ca ne donne aucune scientificité à l’alchimie.

         
        • khemas
          khemas répond à Bardamu
          étudiant
          • Posté à 15h13 le 03/05/2011
          • Internaute 149810
            étudiant

          Vous pouvez donner votre avis, personne ne peut vous en empêcher et c’est bien normal !

          Par contre parler sans « savoir » fait de vous un interlocuteur en général peu convaincant pour un professionnel. En Histoire ça se remarque encore plus facilement qu’en Philosophie.

          Vous ne pouvez pas non plus nier que la recherche fait avancer la science, qu’elle soit humaine ou dure. Ces gens passent plus de temps que les amateurs à réfléchir à leur sujet d’étude : ceux-là sont donc bien plus « qualifiés » que ceux-ci quand il s’agit de produire de la science, ce qui me semble plutôt logique.

          Je ne dis pas qu’un amateur est forcément moins bon qu’un chercheur :) je dis que celui-ci de par sa formation est en général meilleur que celui-là.

          Camus par exemple, est un philosophe moins convaincant (à mon sens) que Sartre, ou Aron.

          • Bardamu
            Bardamu répond à khemas
            difficile
            • Posté à 11h34 le 04/05/2011
            • Internaute 25491
              difficile

            Ce que vous défendez, en somme, c’est l’argument d’autorité.

            Un peu comme les médiévaux, qui truffaient leurs textes de références bibliques ou d’« Aristoteles dixit » pour leur transmettre le poids de ces « autorités »...

            Aucune caution scientifique ni parole d’expert, ni quelconque peau d’âne n’a de valeur en soi. Seul compte l’examen rationnel.

            Les médecins de Molière étaient des « professionnels de la profession ». Lyssenko était un professionnel.

            C’est terrible d’être étudiant et d’avoir déjà cette révérence vis-à-vis des formes institutionnalisées du savoir !

        2 autres commentaires
    • jackofalltrade
      jackofalltrade répond à Bardamu
      enseignant
      • Posté à 00h44 le 02/05/2011
      • Expert 139776
        enseignant

      Et bien expliquez moi ce que vous reprochez concrètement à Foucault car je trouve que c’est l’un des philosophes les plus brillants qu’il m’ait été donné de lire.
      Au nom de quel principe l’ancienneté primerait sur la qualité intellectuelle ?

      • Bardamu
        Bardamu répond à jackofalltrade
        difficile
        • Posté à 09h43 le 02/05/2011
        • Internaute 25491
          difficile

        Oh, mais je ne fais aucune difficulté pour reconnaître que Michel Foucault était un esprit très brillant.

        C’est un plaisir de le lire.

        Mais c’est un esprit brillant et faux, brassant en permanence de pseudo-concepts (dont l’inénarrable « épistémé » !) et se livrant à des découpages historiques aberrants, contredits par les faits.

        On ne peut pas, sur un fil de discussion, évidemment, entrer dans le détail...

        Tiens, vous n’avez qu’à lire « Longévité d’une imposture : Michel Foucault, suivi de Foucaulltphiles et foucaulâtres » de Jean-Marc Mandosio, aux éditions de l’encyclopédie des nuisances.

        Petit livre à la fois marrant et salubre.

        Je ne dis pas non plus que l’ancienneté prime sur la qualité. je dis que ces penseurs à la mode des années 70 font « écran ».

        Deleuze et Foucault ne sont que la petite monnaie de Nietzsche. Il vaut mieux lire Nietzsche directement.

         
        • jackofalltrade
          jackofalltrade répond à Bardamu
          enseignant
          • Posté à 09h55 le 02/05/2011
          • Expert 139776
            enseignant

          Dès que je le pourrai je lirais ce que vous me conseillez. Mais j’avoue que je risque d’être difficile à convaincre, un livre bien sûr très subjectif (et Foucault n’ayant pas l’occasion d’y répondre bien sûr).

          Effectivement j’ai aussi du mal avec le concept d’« épistémé », mais ses travaux sur la folie, sur la raison et sur le pouvoir ne me semblent pas si « faux ».

          Ps : j’ai du mal à comprendre pourquoi j’ai été nazé, alors que je ne demandais que des informations, mais bon, on reste sur un forum ^^.

        1 autres commentaires
    • Gibert Because-Youno
      Gibert Because-Youno répond à Bardamu
      Kaléïdoscopique
      • Posté à 01h07 le 02/05/2011
      • Internaute 68955
        Kaléïdoscopique

      Parce que l’un empêche l’autre ?

    • Jacques Bolo
      Jacques Bolo répond à Bardamu
      Auteur-Editeur-Libraire
      • Posté à 17h40 le 03/05/2011
      • Internaute 37329
        Auteur-Editeur-Libraire

      Si vous avez lu Scheler, vous devez savoir que son livre, L’homme du ressentiment, est une parodie risible de Nietzsche. Converti au catholicisme, Scheler voulait justifier que sa nouvelle religion n’avait pas comme caractéristique le ressentiment que Nietzsche lui attribue en en accusant les socialistes, les chrétiens de gauche, et il exalte le féodalisme où chacun restait à la place que Dieu lui avait attribuée. Heureusement qu’il est mort avant la montée du nazisme qu’il a contribué à créer par ses continuateurs.

      Lien

      La notion de « demi-habile » est aussi un classique facho, cf. les réflexions de Barrés dans le contexte antidreyfusard :

      « Peut-être lisez-vous une double liste que publie chaque jour l’Aurore ; quelques centaines de personnages y affirment en termes détournés leurs sympathies pour le capitaine Dreyfus. Ne trouvez-vous pas que Clémenceau a trouvé un mot excellent ? Ce serait la “protestation des intellectuels” ! [...] Rien n’est pire que ces bandes de demi-intellectuels. Une demi-culture détruit l’instinct sans lui substituer une conscience. Tous ces aristocrates de la pensée tiennent à affirmer qu’ils ne pensent pas comme la vile foule. On le voit trop bien. Ils ne se sentent plus spontanément d’accord avec leur groupe naturel et ils ne s’élèvent pas jusqu’à la clairvoyance qui leur restitue l’accord réfléchi avec la masse. Pauvres nigauds qui seraient honteux de penser comme de simples Français et qui veulent que les deux grands Scandinaves Lugné-Poë et Bjornstern-Bjornson les approuvent ! » (Maurice Barrés).

      • Bardamu
        Bardamu répond à Jacques Bolo
        difficile
        • Posté à 09h40 le 05/05/2011
        • Internaute 25491
          difficile

        Votre lecture de Scheler est, disons, pour rester poli, sommaire.

        Scheler tente de retourner la doctrine du ressentiment, comme affect réactif lié à l’impuissance, en montrant qu’elle est elle-même une forme de ressentiment.

        Je ne crois pas que sa critique soit pertinente. Mais on ne peut ni l’ignorer, ni l’écarter d’un simple revers de main.

        J’oubliais : ne vous rendez pas ridicule en écrivant : « La notion de “demi-habile” est aussi un classique facho ».

        Toute personne ayant poursuivi des études au-delà de la 3ème sait que cette expression est de Pascal...

  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 21h37 le 01/05/2011
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    Un homme de gauche qui adresse la parole à des gens d’extrême-droite ? Qui a des relations de respects et d’amitié avec cette engeance ?

    Mais ça ne va pas du tout ça, vite, un bûcher et un bon briquet !

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à Hulk
      VALLSS89
      • Posté à 21h43 le 01/05/2011
      • Internaute 50571
        VALLSS89

      on te cause bien à toi, de quoi tu te plains ?

    • Casimir0117-
      Casimir0117- répond à Hulk
      situation bonne...
      • Posté à 08h03 le 02/05/2011
      • Internaute 153009
        situation bonne...

      « Mais ça ne va pas du tout ça, vite, un bûcher et un bon briquet “
       ? ? ! !
      ça vous arrive de vous relire et de vous censurer pour éviter que votre mauvais fonds apparaisse au grand jour ...

      un bûcher et un bon briquet ?
      vous êtes tombé ... bien bas ...
      pathétique...

      • Trospov
        Trospov répond à Casimir0117-
        indéfini
        • Posté à 08h47 le 02/05/2011
        • Internaute 144301
          indéfini

        Visiblement, la notion du second degré vous est totalement étrangère...

         
        • Casimir0117-
          Casimir0117- répond à Trospov
          situation bonne...
          • Posté à 08h54 le 02/05/2011
          • Internaute 153009
            situation bonne...

          vous plaisantez ?
          on vous menace de mort et après on vous dit que c’est du second degrès ?
          soyons sérieux camarade ...cet UMPiste grossier mérite d’être recadré ...

        2 autres commentaires
  • Lairderien
    • Posté à 21h40 le 01/05/2011
    • Internaute 22751

    Je ne connaissais pas cet historien, dont la démarche me parait intéressante.

    Mais juste une petite remarque sur cette phrase qui m’a bien fait rigoler :
    « Mais j’étais comme un collectionneur de faits historiques. Un conteur. Mes élèves revivaient la Révolution française avec Marat posant son revolver sur la table… »

    Marat avec un revolver ! ....un pistolet je veux bien, mais un revolver qui n’a pas encore été inventé au moment de la révolution...
    Comme quoi même un historien peut commettre de beaux anachronisme.

    • decodeur
      decodeur répond à Lairderien
      libéral
      • Posté à 22h38 le 01/05/2011
      • Internaute 100449
        libéral

      Dans tout mon cursus scolaire, j’ai eu un seul prof un peu comme lui.Qui nous récitait pas que le bréviaire et révisionniste de Michelet. Il vivait son histoire parce qu’il la connaissait et l’aimait .Ce grand humaniste a essayé de la faire vivre a ces enfant sans la tordre et ne pas lui faire dire le contraire de ce qui c’est passé. Que le pistolet soit inventé ou pas qu’elle importance !
      Merci pour les enfants . Vous êtes un grand Monsieur avec une grande Ame ,merci encore Monsieur Ferro

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Lairderien
      In enculo cum vibro
      • Posté à 03h23 le 02/05/2011
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Louis XIII possédait des « pistolets-revolvers » à mèche (conservés au musée de l’Armée).

      Lien

  • alangaja
    alangaja
    éthiopique
    • Posté à 21h54 le 01/05/2011
    • Internaute 93690
      éthiopique

    j’ai son bouquin sur la révolution russe ; sur Pétain aussi, que je n’ai pas encore lu... qui l’a parcouru .

  • pemmore
    pemmore
    geek
    • Posté à 22h24 le 01/05/2011
    • Internaute 121073
      geek

    J’ai suivi pendant des années histoire paralelle émission exceptionnelle animée par un historien hors-pair ,je ne remercierais jamais assez mr Ferro pour tout,mes parents étaient résistants et leur histoire se mélangeait avec , puis j’avais rencontré plein de monde de la résistance en Bourgogne ,le bois clair la bataille d’Azé, le meilleur sans contexte de tous les historiens de cette guerre, L’objectivité ,la guerre vue des deux côtés bravo !
    le historiens sont devenus des carpettes et les enfants n’aprennent pas grand-chose en histoire ,moi qui me passionnais pour duguesclin, olivier de Clisson ,jeanne d’arc(pas mélanger avec le fn) guerres si fondamentales pour la création de notre pays, ça n’est même pa effleuré.
    Comment se sentir Français si on n’en connait pas l’histoire.
    merci aux vrais historiens comme marc ferro.

    • Irfan
      Irfan répond à pemmore
      • Posté à 00h30 le 02/05/2011
      • Internaute 30779

      « Les historiens sont devenus des carpettes »
      Ah bon ? Lesquels ? Quelles universités/écoles fréquentez-vous ?

    • khemas
      khemas répond à pemmore
      étudiant
      • Posté à 08h28 le 02/05/2011
      • Internaute 149810
        étudiant

      Les historiens actuels ne sont pas tous des carpettes. Loin de là.

      Je doute que vous ayez suivi des études historiques et que vous soyez en mesure de définir non pas ce que les enfants apprennent mais surtout ce qu’ils DOIVENT APPRENDRE (nuance).

      De plus si vous considérez que l’histoire se limite à ce que les enfants apprennent, en considérant que l’enfance se termine avec le Bac, il serait temps de comprendre que les cours d’histoire de primaire/collège/lycée ne sont pas sensés aboutir aux même résultats que les cours de fac. Ils sont sensés limiter la casse, avant tout, ce qui est déjà pas mal.

      • pemmore
        pemmore répond à khemas
        geek
        • Posté à 00h03 le 03/05/2011
        • Internaute 121073
          geek

        Aller à la fac ne fait pas de vous un bon historien, mais la majorité influente est politiquement orientée et de mauvaise foi,faut bien suivre les diktats du gouvernement, mr Ferro a fait un travail formidable concernant cette guerre en s’interessant aux 2 côtés , et si j’ai rencontré plein de monde lié à la résistance ,j’ai rencontré aussi par hasard des résistants Allemands à hitler et tout se rejoignait,
        La surprise de ce rendre compte qu’il y avait autant de gens opposés à Hitler ,et si peu à Pétain en France.
        Son analyse avec l’Algérie correspond à ce que je pense mais il est trop tôt encore d’en parler objectivement.
        Reste une guerre barbare de cette époque ou la même analyse manque c’est l’Indochine .
        Moi j’ai mon certif ,1er du département,puis lycée +bts.
        J’ai eu un prof d’histoire formidable c’était mon instit ,après que des débiles en train d’anonner leur cours,ils ne m’ont rien appris ,heureusement il y a des livres des magasines les rencontres, un certain Mesrine se faisait passer pour un prof d’histoire c’est dire.

         
        • khemas
          khemas répond à pemmore
          étudiant
          • Posté à 14h58 le 03/05/2011
          • Internaute 149810
            étudiant

          Et personne n’a prétendu le contraire, y’a toujours des chèvres, même à la fac. Il n’empêche que sans cours d’histoire à la fac, vous ne pouvez pas prétendre à l’être puisqu’est réputée historien une personne qui a obtenu un diplôme universitaire en ce sens (Master pour commencer)
          Vous pouvez avoir le pedigree que vous voulez, sans cours de méthodologie, sans grosse base de connaissances historiques générales, vous ne pourrez pas vous targuer d’être un historien, même si vous maîtrisez la seconde guerre mondiale et la guerre d’Algérie (auquel cas vous serez loin d’être le seul et alors je vous souhaite bonne chance pour faire avancer la recherche !).
          Moi aussi j’ai des profs merdiques, il n’empêche que faire de votre petite expérience un jugement de fait d’ordre général, ce n’est pas ce que j’appelle un raisonnement digne d’un historien. Je continue donc de douter de votre réelle capacité à juger de la chose.
          Le gros souci de l’enseignement à la fac ne résulte pas des « diktat » du gouvernement, mais de problèmes de voisinages entre des écoles/méthodologies historiques différentes. Ce sont les collègues les pires : un dit blanc, l’autre noir et ça se crêpe le chignon. Les dindons dans tout ça sont les étudiants. Quand une partie est politisée (inutile de dire de quel côté) et l’autre moins ou pas de la même façon, c’est encore pire.

          • pemmore
            pemmore répond à khemas
            geek
            • Posté à 18h36 le 03/05/2011
            • Internaute 121073
              geek

            Entièrement d’accord pour dire que la méthodogie usitée par des historiens orientés à gauche comme la plupart ou extrême droite ,(il y en a) ne mène nulle part.
            Vous êtes un doux rêveur de croire que tout s’apprend à l’école et n’ont de valeur que les diplômes donnés généreusement par l’état.
            J’ai eu un conducteur de ligne (un os ) qui avait une licence d’histoire et trop pauvre pour le master,er content d’avoir un travail ,ses connaissances en histoire ne volaient pas bien haut. Sans doute une voie de garage.
            J’ai un beau frère prof d’histoire qui sévit à l’université ,je lui ai appris des choses faisant partie de l’histoire de son département qu’il ignorait alors que je vis bien loin de la.
            Je vous souhaite d’aquérir toute la richesse et le savoir de mr Ferro et son objectivité ,et savoir dire ce qui vexe puisque c’est la réalité ,contre le refus de voir la réalité en face.
            Comme admettre que s’il a eu des résistants dans ma famille ,il y a eu aussi de sinistres collabos toute honte bue.

            • khemas
              khemas répond à pemmore
              étudiant
              • Posté à 19h12 le 03/05/2011
              • Internaute 149810
                étudiant

              Je serais bien incapable de dire que tout s’apprend à l’école puisque je fais actuellement la différence avec la montagne de livres d’histoire que j’ai lu depuis que j’ai 9-10 ans (j’avoue volontiers qu’au début je ne devais pas comprendre grand chose)

              Ce que je dis c’est que l’utilisation légitime du titre d’historien est intrinsèquement liée à l’obtention de diplômes universitaires. Peut être certains n’en sont pas (intellectuellement parlant) et ne publieront jamais rien pour X raisons, il n’empêche que c’est comme ça.

              De même je vous répète que pour des raisons d’honnêteté intellectuelle, vous ne pouvez pas utiliser votre expérience particulière pour illustrer un jugement de valeur d’ordre général. Vous devriez donc douter de votre jugement puisque vous n’avez aucune manière de le prouver.

              Quand j’avais 13 ans, j’ai débattu pendant plus d’une demi-heure avec ma prof d’histoire-géo de 4ème (Mme Calcatelli...la pauvre) qui affirmait qu’il n’y avait pas eu de combats autour de la ligne Maginot et moi le contraire. Cette prof se basait sur son diplôme pour me faire taire tandis que je lui répondait que j’avais visité avec des amis le bunker du coin (j’habitais en moselle) et qu’il était éventré sur tout un côté, lui demandant comment elle l’expliquait. Alors comme vous je pourrais utiliser mon expérience personnelle pour dire que les profs de collège/lycée sont des brêles, mais non, je relativise. ELLE était nulle sur la WW2, mais je ne ferai pas de mauvais procès aux autres que je ne connais même pas.

              • pemmore
                pemmore répond à khemas
                geek
                • Posté à 22h15 le 03/05/2011
                • Internaute 121073
                  geek

                la vous aviez totalement raison pour ce fait car mon père y était, et c’est bien la première fois que j’en entend parler ,et ont été malheureusement tués des gars du 104ème c’est pas utile d’en dire plus c’est moche pour la France.
                Je suis passionné d’histoire mes héros étaient dumnac,charles Martel,duguesclin, François 1er.
                Je n’écrirais pas de livre sur la guerre de 40 ni de these sur aucune partie d’histoire car chacun en possède des bribes et non l’ensemble le bon historien compile le tout. Et la ça court pas les rues, heureusement maintenant il y a Vikipedia et le travail de milliers de passionnés et c’est un bonheur de s’y perdre.

        4 autres commentaires
  • observeur
    observeur
    Libre penseur chez les ch'tis
    • Posté à 23h11 le 01/05/2011
    • Internaute 37812
      Libre penseur chez les ch'tis

    « J’ai toujours été autonome. Dans ma religion d’historien, un historien ne doit pas appartenir à un parti. “

    Voila aujourd’hui le grand problème des historiens diplômés et autres autoproclamés tel, le parti pris est vite mis en avant et vite repérer !

  • SAIMIRI
    SAIMIRI
    chasseur de moustiques
    • Posté à 23h15 le 01/05/2011
    • Internaute 147116
      chasseur de moustiques

    j aimaie bien son emission sur Arte avec les actualités allemande francaise ou autre sur la periode de la seconde guerre mondiale

  • Ruski
    Ruski
    Gracchus
    • Posté à 23h30 le 01/05/2011
    • Internaute 50606
      Gracchus

    « Il serait temps que l’histoire entra dans la voie des aveux. »
    Victor Hugo.
    Merci Mr Ferro.

  • Irfan
    • Posté à 00h09 le 02/05/2011
    • Internaute 30779

    Merci de transmettre ce genre de propos, et de faire connaitre (même si Ferro est connu) ce genre de personnes à un public plus large : -).
    Je suis fier d’avoir eu des cours avec Mme Veyrat-Masson et M. Ferro, qui hélas se porte de plus en plus mal - et on sent qu’il en profite pour vite livrer ce qu’il veut transmettre.
    Tant d’historiens sont des gens d’une intelligence, d’une finesse, d’une générosité rares, ils vivent sans luxe et avec des revenus relativement modeste, ils ont parfois poussé le militantisme jusqu’à prendre de grands risques... mais on les voit beaucoup moins à la télévision, ou dans les médias, que des téléconomistes stupides et dangereux, veules et vils, que des chroniqueurs qui n’ont qu’une compétence, celle du carnet d’adresses, que des éditocrates qui n’ont rien à dire.
    Je crois que notre société en souffre beaucoup.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 00h22 le 02/05/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Très bel article sur la différentiation entre l’analyse et la prise de position. C’est particulièrement pénible de constater que des riverains censurent certaines contributions parce que l’auteur tente d’analyser, de décrypter certains faits dont ils ne partagent pas le fond. L’historien de par ses connaissances et sa méthodologie est à même de décrire l’histoire de l’extrême droite ou celle de l’extrême gauche sans pour autant partager leurs idées. Merci M. Ferro de rappeler que de décrire un évènement sans avoir le moindre à priori est le B.A BA de la recherche scientifique.

  • jackofalltrade
    jackofalltrade
    enseignant
    • Posté à 00h56 le 02/05/2011
    • Expert 139776
      enseignant

    Un petit bémol tout de même à cet article : j’ai beau apprécier l’homme, Ferro, lors de mes études (d’histoire, je précise au cas ou...) m’est tout de même apparu comme un des historiens qui approfondissait le moins ses sujets d’étude. Des dizaines et des dizaines d’ouvrages, pas tous du meilleur gout (il le reconnait lui-même à demi mot avec les tabous), sur des sujets très et trop diversifiés (évidemment il a ses sujets de prédilection comme la guerre d’Algérie sur laquelle il est incollable).
    L’Histoire et l’historiographie ont progressé, mais peu grâce à lui (accordons lui « histoires parallèles », pour la médiatisation + les multiples facettes d’un évènement) et c’est pourquoi il restera dans les annales plus comme un historien médiatique qu’un spécialiste de la réflexion sur l’Histoire et sa fonction sociale.

    Marc Ferro, donc, personnage sympathique, mais pour le genre qu’on veut lui prêter dans cet article (penseur de l’Histoire) on repassera, d’autres font cela bien mieux que lui.

  • khemas
    khemas
    étudiant
    • Posté à 08h47 le 02/05/2011
    • Internaute 149810
      étudiant

    Très bonne initiative cette petite interview !

    La méthodologie historique de l’école des Annales est en effet l’une des plus saines existantes et rien que pour ses histoires parallèles, qui ont suscité chez moi une vocation, je respecte énormément ce monsieur, même si effectivement, d’autres historiens sont sans doute de plus fin analystes. En même temps il ne nie pas avoir de nombreux centres d’intérêts et je ne doute pas un seul instant de l’énorme utilité qu’un historien à mi-chemin entre vulgarisation et recherche puisse avoir pour le grand public, lorsqu’il est intéressé par l’histoire sans avoir suivi d’études en ce sens.

    Je suis d’accord avec certains ici, je trouve très frustrant de ne pas pouvoir parler de certains sujets parce que la simple description de faits suffit à faire jaillir une pluie de remarques sans fondement de la part de personnes qui n’ont au final, même pas compris ce que tente de faire l’historien.

    Exemple : lorsqu’on va décrire le totalitarisme communiste et ses abus (c’est un fait historique sans conteste) il se trouvera toujours une personne d’extrême gauche qui, n’ayant pas compris que ce n’est qu’une tentative d’explication, prendra celle-ci pour un affront à l’essence du communisme. Hors ce n’est pas l’idéal communiste qui est critiqué, puisqu’il ne l’est pas, mais le moyen. Si je veux critiquer l’idéal communiste, j’utiliserai R. Aron qui dans l’opium des intellectuels oppose un certain nombres d’idées assez recevables mais là, en utilisant la philosophie politique je m’engage, je ne suis plus dans une démarche complètement historique. Comme le fond est idéologique, il est du ressort de la philosophie.

    Voilà, il faut savoir discerner et connaître les méthodes propres à chaque science sociale, même si je le concède, certaines écoles historiques sont engagées, ce que je déplore pour ma part. Un bon historien est à mon avis un historien qui laisse ses convictions politiques dans son vestiaire, mais qui sait se mettre en danger, décrire même ce qui met en porte-à-faux ses principes, finalement respecter une démarche scientifique et honnête. Dans le cas du totalitarisme communiste, en imaginant une utilisation de Aron, il faudrait compenser par l’utilisation de Merleau-Ponty ou de Sartre. Bref, un bon historien est un homme qui ne se limite pas à une culture de parti, mais qui continue d’apprendre, et de douter. Surtout de douter.

  • Casimir0117-
    Casimir0117-
    situation bonne...
    • Posté à 08h59 le 02/05/2011
    • Internaute 153009
      situation bonne...

    tiens tiens ...cette information
    « “ C’est un OAS qui m’a sauvé en Algérie ”
    Bizarre que personne ne l’ai relevée ....
    mais non, en définitive tout comme la phrase célèbre de Roland Moreno sur France 3 un 26 mars 2011, émission censurée sur le net ,je crois ... on feint de l’ignorer ....

    • khemas
      khemas répond à Casimir0117-
      étudiant
      • Posté à 09h38 le 02/05/2011
      • Internaute 149810
        étudiant

      Peut être parce que le message de M. Ferro n’est pas celui là en particulier ?

      Peut être parce que c’est l’exception qui confirme la règle, laquelle reste que l’OAS était une organisation raciste et anachronique dès sa création ?

      Peut être parce que son message c’est que l’histoire est ce qu’elle est et qu’il ne convient pas de l’instrumentaliser à des fins politiques. ?

      Enfin peut être parce que M. Ferro ne partage pas vos convictions, bien qu’il ait été sauvé par un OAS, ce que son honnêteté le force à révéler.

      • Casimir0117-
        Casimir0117- répond à khemas
        situation bonne...
        • Posté à 10h15 le 02/05/2011
        • Internaute 153009
          situation bonne...

        « Peut être parce que c’est l’exception qui confirme la règle, laquelle reste que l’OAS était une organisation raciste et anachronique dès sa création ?
         ? ?
        encore un qui écrit sans savoir , dans l’OAS il avait des harkis ...
        mais bon...

        Un bon historien ..on ne peut pas deviner quand il parle s’il est à gauche ou à droite ...
        Mais souvent ceux de gauche , évitent ou minimisent les sujets qui fachent et Dieu sait qu’il y en a beaucoup ...et notamment des responsables de la défaite de 39..., des saboteurs des arsenaux français en 39... etc ...

         
        • khemas
          khemas répond à Casimir0117-
          étudiant
          • Posté à 12h04 le 02/05/2011
          • Internaute 149810
            étudiant

          Les harkis devaient sauver leur peau, ce n’est pas une réponse valable en soi.

          Par exemple : il y avait aussi des russes blancs dans l’armée allemande alors que Hitler vomissait les slaves. Pourquoi sont ils morts pour l’Allemagne ? Parce qu’ils étaient compromis d’une manière ou d’une autre, et qu’ils n’avaient plus que ça à faire.

          Vos messages sont à côté de la plaque, pour ne pas dire hors-sujet, arrêtez de vous enfoncer.

          • Casimir0117-
            Casimir0117- répond à khemas
            situation bonne...
            • Posté à 12h12 le 02/05/2011
            • Internaute 153009
              situation bonne...

            remarque citoyenne ..
            ça a été une honte immense de la façon dont le gouvernement de l’époque a abandonné nos amis harkis ...mais c’est partie remise.
            je ne m’intéresse principalement qu’à l’histoire de mon pays et c’est déjà beaucoup trop à assimiler ...
            Quant à la Russie ... plus de 200 projets de constructions d’églises ..qui l’aurait cru il y a 30 ans ...

        • FuTUrisT
          FuTUrisT répond à Casimir0117-
          Anonymous
          • Posté à 14h41 le 02/05/2011
          • Internaute 153372
            Anonymous

          « Mais souvent ceux de gauche , évitent ou minimisent les sujets qui fâchent et Dieu sait qu’il y en a beaucoup ...et notamment des responsables de la défaite de 39..., des saboteurs des arsenaux français en 39... etc ... »

          Et ceux de droite extrême minimisent les sujets qui fâchent : camps de la mort, collaboration, génocides...etc

        3 autres commentaires
  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 09h57 le 02/05/2011
    • Internaute 61755

    je me souviens de son récit de résistance du vercors sur france inter : un grand moment de radio.

  • jenesuispaspaulricoeur
    jenesuispaspaulricoeur
    fils d'arabes et d'ouvrier
    • Posté à 09h59 le 02/05/2011
    • Internaute 107795
      fils d'arabes et d'ouvrier

    Un grand monsieur qui nous fait comprendre et aimer l’histoire.

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