25/09/2010 à 11h05

Odon Vallet : « Je n'avais pas le temps de dépenser cet argent »

David Servenay | Ex-Rue89

Historien, il a renoncé à son héritage pour monter une fondation aidant les étudiants. Entretien avec un érudit bien tranquille.


Odon Vallet (Audrey Cerdan/Rue89)

A 63 ans, Odon Vallet, spécialiste de l’histoire des religions et des civilisations, est aussi l’un des plus généreux mécènes d’Europe. Chaque année, sa fondation offre des milliers de bourses d’études à de jeunes Français, Béninois et Vietnamiens. Pour mener cette aventure, cet ancien élève de l’ENA a choisi de faire don de son héritage, près de 100 millions d’euros.

D’où vient votre si rare prénom ?

D’un père abbé de l’abbaye de Cluny, en Bourgogne, qui a vécu vers l’an 1000. Il était très misogyne, comme beaucoup d’abbés à l’époque...

Mon père venait de Château, un petit village proche. Un village pauvre, parce qu’orienté du mauvais côté, celui de la forêt vers le nord, pas celui des vignes, côté sud. Il était catholique et fils d’ouvrier, très doué et travailleur. C’est un prêtre qui lui a donné des cours, gratuitement, qui l’ont sorti de sa condition. D’où le prénom.

A contrario, votre mère était une aristocrate...

Oui, mais déchue : sa famille a perdu toute sa fortune, en passant petit à petit d’un hôtel particulier à Paris à un trois-pièces. D’un côté, il y a l’ascenseur social de mon père, de l’autre le « descendeur social » de ma mère : c’est comme ça qu’ils se sont rencontrés en 1943.

Votre père a fait fortune dans les assurances et vous étiez programmé pour le pouvoir en faisant de brillantes études : Sciences-Po, droit, ENA... pourquoi avoir choisi l’enseignement ?

D’abord, je ne suis pas bon partout. Je fais deux colonnes, comme Sherlock Holmes : celle où je suis bon, celle où je ne suis pas bon. Durant mes études, j’étais nul en maths, en physique et en arts appliqués. Toutes les matières que je soutiens aujourd’hui à travers ma fondation. A contrario, j’ai toujours été bon en français, en histoire, en anglais.

Et la politique...

A l’ENA, j’ai tout de suite compris que la politique n’était pas mon truc. Il faut savoir mentir en politique. De Gaulle a sans doute été le plus grand menteur de tous les temps : le « Je vous ai compris » est extraordinaire.

S’il n’avait pas menti, il aurait été renversé le lendemain ! En 1981, le slogan « Changez la vie » de Mitterrand, c’est pareil, c’était optimiste, mais on a vite vu que ce ne serait pas possible.

Je ne suis pas assez dissimulateur. Dans « Le Fil de l’épée », De Gaulle écrit : « Le prestige ne va pas sans mystère... »

Quel est pour vous le plus gros mensonge politique d’aujourd’hui ?

C’est de ne pas reconnaître quelques dures réalités. La France, c’est 1% du monde en terme démographique, 3% sur le plan économique. La régression de la France dans le monde est incroyable, par rapport à ce qu’elle a été. A contrario, songez à l’évolution du Brésil qui est passé d’un état pauvre à une vraie puissance.

Reconnaître ce déclin, c’est politiquement suicidaire. Et puis le pire n’est jamais sûr, le déclin n’est pas infini. Quand vous demandez à des gens où ils veulent habiter, ils disent tous l’Europe.


Odon Vallet (Audrey Cerdan/Rue89)

Pourquoi vous êtes-vous tourné vers l’histoire des religions ?

Au début, à Sciences Po, je me suis beaucoup occupé de culture générale pour la préparation à l’ENA. A Paris-I, je suis à cheval sur les civilisations et la religion.

Enseigner est à peu près la seule chose que je sais faire. Pourquoi ? Mon père adorait apprendre des choses à ses enfants. Ma mère aussi lisait beaucoup et nous intéressait à ses lectures. J’ai continué.

Le problème de l’enseignement est simple : quand vous commencez, les étudiants ont votre âge, vous êtes leur grand frère. Puis vous devenez leur père, puis leur grand-père. Je le sais, j’en suis à ma trente-huitième rentrée. L’écart se creuse chaque année, où vos interlocuteurs vous renvoient quelque chose de plus jeune.

En 2010, eux c’est l’écran, moi c’est l’écrit. Eux, Microsoft, moi Gutemberg. A Porto Novo, au Bénin, j’ai fait construire une bibliothèque et, en face, un cyber-café. C’est très complémentaire.

Vous connaissez bien les milieux du pouvoir, que pensez-vous des riches et du rapport des Français à l’argent ?

Il faut que les riches prennent conscience que dans le monde entier, les écarts sociaux se sont creusés, parce qu’il n’y a plus de guerre. L’égalité sociale, c’était la guerre au XXe siècle.

On l’a oublié, mais l’impôt sur le revenu a été créé en 1917. La Sécurité sociale, par Pierre Laroque en 1945, vient du plan Beveridge de 1942. Les deux guerres mondiales ont poussé à un rapprochement des conditions. Or, depuis 60 ans, il n’y a plus de guerre.

L’augmentation des richesses pendant cette période n’a pas été suivie d’une répartition des richesses équivalente. Partout les écarts sociaux se creusent, en Europe, aux Etats-Unis, en Chine, en Russie...

Dans l’avenir, je pense que les choses vont s’inverser. Pas à cause d’un grand soir, mais parce que ces écarts économiques ont les mêmes effets que l’égalitarisme absolu prêché par le communisme. Cela affaiblit les classes moyennes, crée de la pauvreté et réduit les possibilités de croissance.

En France, il est nécessaire d’avoir une certaine réindustrialisation pour réduire le chômage. Au marché, vous trouvez des chemises à 10 euros, des chaussures à 15 euros, fabriquées en Chine. Mais avec les coûts de transport, la hausse des salaires dans les pays émergents, il n’est pas impossible de produire en France de manière compétitive. Cela va faire des opportunités en Europe.

Les grandes fortunes françaises sont-elles capables de léguer, comme Bill Gates, Warren Buffet et leurs amis l’ont annoncé, la moitié de leur fortune à des causes humanitaires ?

En France, ce n’est pas possible, à cause du principe de l’héritier réservataire : il y a toujours une part minimale de l’héritage qui va aux héritiers. Bill Gates a proposé l’idée aux Chinois, mais ils ont refusé car dans la tradition confucéenne, la transmission aux héritiers est importante.

Ce n’est pas seulement juridique, c’est aussi culturel. Dans le droit romain, priver ses héritiers de patrimoine est inconcevable. Les Français et leurs voisins européens sont très attachés à la transmission d’un patrimoine.

Que pensez-vous de la répartition capital/travail dans l’économie ?

Une bonne partie des parlementaires de droite pensent qu’il y a un problème de répartition des richesses. La question est de savoir comment réduire les inégalités.

Avec les paradis fiscaux, les états ne sont plus complètement souverains. Il faudra en venir à une harmonisation fiscale européenne.

Une société avec 10% de chômeurs officiels (plus en réalité) ne peut pas fonctionner sur le long terme. Quand vous avez des cités avec beaucoup de chômeurs, vous avez de la pauvreté et de l’assistance, du pain et des jeux, des allocations et des paris en ligne.

Cela nécessiterait un acte politique fort ?

Le temps politique est court, cinq ans en gros. On pourrait dire qu’en 2012, la gauche va gagner, elle aurait toutes les raisons de le faire. Est-ce que ce sera le cas ?

Quel qu’il soit, le prochain gouvernement n’évitera pas une action en faveur de l’emploi et de la correction de certaines inégalités. Il faut remettre le travail au coeur des préoccupations.

La télé n’aide pas : les modèles qu’elle propose sont hors du monde du travail. Regardez L’Ile de la tentation, Secret Story... Pfff, ça n’aide pas.

Venons-en à votre fondation qui existe depuis dix ans en offrant des bourses à des milliers de lycéens et étudiants. Pourquoi fonctionne-t-elle aussi bien ?

Il faut une main de fer dans un gant de velours : être à la fois diplomate, homme de fer et enseignant. Il faut connaître le système scolaire d’un pays et être dans le renseignement. Pas la DGSE ou la CIA, mais le renseignement scolaire.

Les deux personnes qui connaissent le mieux le Bénin, c’est l’ambassadeur de France, pour la politique, et moi, pour le scolaire et le social. Chaque année, je me promène dans le pays, dans les villages. Je comprends les besoins.

Faire cette fondation, en se débarrassant de votre fortune, c’était une manière d’échapper au poids de l’argent ?

Non. Je me suis simplement dit : « Si j’attends trop longtemps, je vais être trop vieux ». Je travaille beaucoup, je n’aurais pas le temps de faire autre chose, de dépenser tout cet argent [l’équivalent de 100 millions d’euros, ndlr]. Je ne me plains pas, je suis bien au-dessus du revenu moyen des Français [il gagne environ 5 000 euros par mois, en comptant son salaire de professeur et ses droits d’auteur, ndlr]. Si la fondation ne marchait pas, là, je serais malheureux.

Est-ce que vous comptez vous intéresser à la banlieue ?

Jamais je ne quitterai l’Académie de Paris. C’est déjà tellement compliqué. Je resterai dans ce secteur, que je connais mieux que les proviseurs.

Et puis, il y a autant de pauvreté à Paris qu’en banlieue. On parle toujours des grands lycées parisiens, Louis-le-Grand, etc. Mais les plus bas résultats, par lycée, sont aussi à Paris. Le XIXe, ce n’est pas mieux que le 9-3.

Que pensez-vous de l’initiative autour des filières ZEP lancée par Richard Descoings, le patron de Sciences Po ?

C’était utile, intéressant avec globalement de bons résultats. Aujourd’hui, c’est plus difficile depuis qu’ils ont intégré de nouveaux lycées dans le dispositif. Le vrai problème pour Sciences Po, c’est le Français moyen qui ne peut plus se payer ce genre d’études. Sciences Po fait beaucoup de choses, dans un peu trop de directions.

Le problème numéro 1, c’est la classe moyenne, celle qui structure le plus la société. Même les bons élèves d’un bon lycée d’une ville moyenne de province ont peu de chance d’accéder à Sciences Po, à l’Essec ou à Polytechnique.

Vous avez d’autres projets avec la fondation Odon-Vallet ?

Le seul projet, c’est de durer. C’est difficile. J’ai remis 25 000 bourses en dix ans. On peut améliorer ça, le seul projet, c’est de ne pas faire moins bien. Au Vietnam, nous avons 100% de réussite aux examens, 93% au Bénin et 93% dans les écoles d’art.

Un groupe sur Facebook milite en faveur de votre entrée à l’Académie française... qu’en pensez-vous ?

Je ne sais pas. Un de mes meilleurs souvenirs est un dîner avec Pierre Messmer où il a raconté sa guerre d’Indochine, dès 1945. Il a été fait prisonnier et il a compris que ce conflit était perdu. Mais de Gaulle n’a rien voulu savoir.

C’était extraordinaire ce récit, comme tout a basculé dans la guerre à cause d’une énorme erreur d’appréciation des Français. Je garde un excellent souvenir de cette conversation, mais je ne suis pas candidat. L’éthique sans l’esthétique, ça ne suffit pas : il faut que ce soit bon et beau à la fois.

Photos : Audrey Cerdan/Rue89

Aller plus loin
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  • Kurtz
    Kurtz
    Juriste médisant mais pas (...)
    • Posté à 12h34 le 25/09/2010
    • Expert 56691
      Juriste médisant mais pas (...)

    « Le problème numéro 1, c’est la classe moyenne, celle qui structure le plus la société. Même les bons élèves d’un bon lycée d’une ville moyenne de province ont peu de chance d’accéder à Sciences Po, à l’Essec ou à Polytechnique. »

    Je voudrais rebondir là dessus, par expérience personnelle. Je ne remet pas, et en remettrait jamais, en cause le principe selon le quel il y a des populations fragiles qui doivent être aidées. mais la façon dont le dispositif est conçu en France est profondément injuste et se fait au détriment des classes moyennes, d’où le sentiment de « payer pour tous et de n’avoir droit à rien ».

    Au collège j’ai passé 4 années en ZEP, un vraie ZEP du genre de celles qu’on vous montre sur TF1 pour vous faire peur (en 5 ème le psychologue vient parler de viols et d’IVG, de racket et de suicides...) J’ai toujours réussi à être premier de la classe, à respecter les gens (tous, enseignants et camarades), la seule chose à la quelle ceci m’a donné droit c’est de rester dans cet environnement. Un élève « en grande difficultés » DOIT être aidé, s’il plante ses petits camarades avec un tournevis il faut le soigner, mais quand on voit cet élève se faire offrir une scolarité dans un collège à la montagne, avec un équipement neuf et 2 profs par élève alors qu’on s’entasse à 37 dans des salles qui puent la pisse ça a de quoi énerver.

    A la fin du secondaire , l’enfant des classes moyennes va à l’université, il travaille l’été et les week ends en parallèle de ses études, parce que même si la maison appartient encore à la banque, comme papa et maman bossent, il n’a droit à aucune bourse pour payer ses études. Et comme il était bon élève on ne lui offre pas une prépa pour une grande école ou des facilités aux concours. En master une de mes profs voulait m’envoyer pour 6 mois dans un labo (d’une université TRES prestigieuse) aux Etats Unis, si j’avais accepté j’aurais du (mes parents ou moi même) contracter un emprunt pour payer le billet d’avion et le logement sur place. L’université française est dans un tel délabrement qu’elle ne peut pas financer ses programmes d’échanges (comme le fait sciences po par exemple). Les enfants des classes moyennes n’ont pas les moyens de se payer un logement sans aide, des stages à l’étranger ou même une année de scolarité à HEC ou Sciences po... C’est réservés aux riches et aux élèves les plus difficiles que l’Etat décide de prendre en main.

    Les riches restent riches grâce au bouclier fiscal, la France s’achète une bonne conscience en sauvant quelques jeunes défavorisés (mais abandonne les cités dont les immeubles pourrissent littéralement sur leurs fondations) et sacrifie tout le reste.

  • Lavengeancedelapelouse-
    • Posté à 13h26 le 25/09/2010
    • Internaute 114476
      chômeur

    « Une société avec 10% de chômeurs officiels (plus en réalité) ne peut pas fonctionner sur le long terme. Quand vous avez des cités avec beaucoup de chômeurs, vous avez de la pauvreté et de l’assistance, du pain et des jeux, des allocations et des paris en ligne. “

    Consternant.....

    ‘Dans l’avenir, je pense que les choses vont s’inverser. Pas à cause d’un grand soir, mais parce que ces écarts économiques ont les mêmes effets que l’égalitarisme absolu prêché par le communisme. Cela affaiblit les classes moyennes, crée de la pauvreté et réduit les possibilités de croissance.

    Sans commentaire : dès que les classes moyennes et moyenne/sup iront mieux, on pourra continuer comme avant, avec 3 ou 4 millions de chômeur, de la pauvreté, mais tout ira bien selon ce cher monsieur.
    Découvrir que les classes moyennes (avec le système de consommation dont ce mécène ne pipe mot) servent à ce que le statuquo perdure, ce n’est guère une nouveauté.
    Bref, une classe moyenne riche, quelques millions de chômeurs, quelques millions d’ouvriers en france, et hop, les petits bourgeois seront rassurés.

  • fdrebin
    fdrebin
    Dilettante doué
    • Posté à 13h45 le 25/09/2010
    • Internaute 78377
      Dilettante doué

    L’université de tous les savoirs a donné plusieurs fois l’occasion à Odon Vallet de donner des conférences. Que l’on soit d’accord ou non avec lui, ses intervention sont toujours stimulantes intellectuellement.

    D’excellents podcats :

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  • Why Not
    Why Not
    Lama
    • Posté à 14h32 le 25/09/2010
    • Internaute 107558
      Lama

    Ma dernière lecture d’Odon Vallet :

    Petit lexique des idées fausses sur les religions

    Indispensable et j’en garde un très bon souvenir. Un style simple qui évite d’être ampoulé, des argumentations claires, pertinentes et cohérentes.
    Bref, de quoi s’instruire tout en passant un moment agréable.

  • Madmaxx
    Madmaxx
    Finances
    • Posté à 14h57 le 25/09/2010
    • Internaute 125092
      Finances

    Article interessant qui m’améne vers deux reflexions.

    C’est quand même plus facile de venir en aide à autrui quand on a les moyens, d’où une necessité de gens fortunés tout de même.

    On est dans un pays de libertés, notamment de faire ce qu’on veut de son fric, de le claquer aux putes, au casino, chez Bentley, ou ailleurs.

    Pour les mauvaises langues vous pouvez aller faire un tour sur le site de la fondation Bettencourt.
    Je ne la vois pas céder son heritage, vu l’intérêt que porte sa fille à ce magot.

    Félicitations Mr Vallet.

  • Papayuf
    • Posté à 15h12 le 25/09/2010
    • Internaute 50618

    Une intelligence et une générosité qui apportent une bouffée d’optimisme en ces temps ou l’ignorance et l’égoïsme sont devenus tellement omniprésents, presqu’un système, voire un argument électoral !
    SVP, pour notre équilibre mental, il nous faut d’avantage d’interviews de personnes intelligentes comme Mr Vallet ! Entre la télévision et la démagogie des politicards, on a les neurones qui vacillent entre l’anesthésie et l’implosion !

  • didrew-
    didrew-
    nc
    • Posté à 15h19 le 25/09/2010
    • Internaute 119096
      nc

    Il a bien raison d’y avoir renoncé, l’argent est partout et pourris notre monde.
    Plus on en a, plus on a du sang sur les mains.

  • miha
    miha
    citoyenne qui veut croire à l' (...)
    • Posté à 12h38 le 26/09/2010
    • Internaute 10207
      citoyenne qui veut croire à l' (...)

    Article très intéressant.

    Cependant, monsieur Vallet ne va pas assez loin : il ne remet pas en question le système actuel.

    Et il insiste :
    « Il faut remettre le travail au coeur des préoccupations. “

    Mais, il l’est déjà et trop !
    Demandez aux chômeurs, aux travailleurs précaires si trouver un emploi n’est pas leur première préoccupation.

    Demandez-vous pourquoi on encourage le travail le dimanche.
    Demandez-vous pourquoi la réforme des retraites qu’on veut nous imposer pour plaire ‘aux marchés’ passe d’abord par l’allongement du nombre des années de cotisation et un départ à la retraite retardé.

    Sauf si on est riche par héritage ou par la spéculation, le travail-emploi est la seule façon de vivre décemment, c’est donc la préoccupation première de la grande majorité.

    Monsieur Vallet, intéressez-vous au Revenu Minimum d’Existence, aux observations des objecteurs de croissance.
    Essayez de penser autrement qu’à travers un système où il faut ‘travailler pour vivre’ et qui a tendance à devenir ‘vivre pour travailler’.

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