15/05/2010 à 16h50

« La guerre d'Algérie n'est plus taboue dans le cinéma français »


Alors que le nouveau film de Bouchareb fait débat, l’historien Christian Delage analyse le rapport entre cinéma français et Histoire.


Peut-on dire, au vu de la polémique qui a accueilli le film de Rachid Bouchareb [accusé d’invraisemblance et de relents anti-français], que la guerre d’Algérie est toujours une guerre impossible à filmer ?

Pas du tout. Depuis quelques années, une nouvelle génération de cinéastes qui n’ont pas vécu cette guerre la met en images. C’est le cas de Rachid Bouchareb [né en 1953 à Paris, un an avant la guerre d’Algérie, ndlr] mais aussi de Florent Emilio Siri, le réalisateur de « L’Ennemi intime ».

On peut observer la même chose chez les acteurs : on voit émerger une génération d’acteurs qui sont nés en France, comme ceux qui tenaient l’affiche d’« Indigènes » ou, cette fois, de « Hors la loi ». Certains ont une grand notoriété, comme Jamel Debbouze, et ils décident, en tant que Beurs ayant accédé à un statut de visibilité, de s’emparer de la question. Ils sont la génération d’après d’après, ils sont insérés.

Y a-t-il seulement des cinéastes d’origine étrangère à s’en emparer ?

Il est assez récent que d’autres s’en emparent. C’est le cas de Patrick Rotman chez les réalisateurs. Ou de Benoît Magimel. Il tenait par exemple à faire « L’Ennemi intime ». Pas pour des raisons familiales ou personnelles, mais parce qu’il tenait au sujet. Il a décidé d’investir sa notoriété dans le film, jouant pour beaucoup dans le fait que ça se fasse.

C’est une affaire générationnelle ?

On a d’abord observé une première vague de films contemporains qui traitaient de la guerre d’Algérie. C’était Godard dans une version plus politique, ou Demy de façon plus extérieure. Très récemment, on a vu émerger une nouvelle génération de films.

C’est aussi une question de hasard si Patrick Rotman ou Florent Emilio Siri ont sorti des films dans une période très proche.

N’y a-t-il pas un faux débat autour du film de Rachid Bouchareb, « Hors la loi » ?

Attention, je crois en effet que le débat est largement enflé. Le député en question [Lionnel Luca, UMP, ndlr] qui attaque le film ne l’a pas vu. On peut s’interroger sur la pertinence des critiques.

Lionel Luca, justement, accuse ce film d’être « anti-français ». Ce qualificatif est-il réservé aux films sur la guerre d’Algérie ?

Il n’y a pas de véritable tabou. Nombre de choses ont été publiées, et de films ou de séries réalisés sur le sujet. Pas seulement dans la communauté scientifique mais aussi à l’écran. Il y a, bien sûr, des rejeux des mémoires de temps en temps, mais on ne peut plus du tout parler de tabou.

« Indigènes » a notamment dédramatisé ces questions, même si les historiens spécialistes de la période n’aiment pas beaucoup ce film. En réalité, je crois que ce n’est pas tant un film sur la guerre qu’un film sur un groupe de copains. Je n’ai pas encore vu « Hors la loi », mais il semble que ce soit la même chose.

C’est-à-dire ?

D’après ce que j’ai lu, « Hors la loi » serait davantage un film sur trois frères aux trajectoires différentes, qu’un film strictement historique. Il semblerait aussi que le film de Bouchareb évoque d’ailleurs davantage les conflits internes au FLN que le rapport entre l’Algérie et la France. En ce sens, il ferait bouger les lignes sur un tabou algérien qui fut longtemps caché.

Les services historiques du ministère de la Défense et les adversaires de Rachid Bouchareb dénoncent des invraisemblances graves au plan de l’Histoire. Est-ce là encore un faux procès ?

L’argument des erreurs historiques vise à démontrer, de manière implicite, que ce film adopte un point de vue idéologique. C’est davantage cet enjeu qu’un véritable problème scientifique. Or, il me semble qu’on a quand même dépassé cette question de la vraisemblance depuis les années 90. A cette époque-là, des historiens et des spécialistes du cinéma ont déplacé la question du vrai et du faux vers une autre question, plus intéressante à mes yeux : comment met-on en récit au sens de Paul Ricœur, comment figure-t-on les choses ?

La France qui ressasse les questions de vraisemblance serait à la traîne ?

Aux Etats-Unis, on peut faire un film ou une série sur un président en activité sans que ce soit caricatural. Ici, on ne peut pas le faire. On ne sait pas travailler la narration et la figuration sur l’Histoire immédiate. On ne sait pas la mettre en fiction. Alors qu’aux Etats-Unis, c’est une tradition, on s’est toujours emparé des grandes questions. La guerre en Irak, la politique de George W. Bush, ont déjà fait l’objet de grands films, par exemple.

Pourquoi cette résistance en France ?

Nous avons tendance à être dans un front contre front idéologique au lieu de réfléchir à une question. En France, il existe une tradition historique très forte et la bataille des mémoires a été très sévère. Ajoutons à cela une tradition de films politiques à la Yves Boisset, qu’on peut juger caricaturaux.

Le procès en vraisemblance enfle aussi à mesure que l’Education nationale s’empare des films qui sortent comme supports pédagogiques...

Il faut éduquer les enseignants si le film devient une nouvelle source d’enseignement. De plus en plus l’utilisent, et c’est plutôt bien puisque la culture des jeunes se fait sur le Net, et notamment avec le cinéma. Mais certains enseignants rechignent et beaucoup n’ont pas de discours articulé. Il faut prendre de la distance par rapport au film en tant que tel.

Aux Etats-Unis, la question de la vraisemblance est-elle moins saillante ?

Quand j’ai défendu « Inglorious Bastards » de Quentin Tarantino, personne n’est venu me faire le procès de la crédibilité sous prétexte qu’Hitler mourrait dans le film. Car il n’y avait pas d’ambiguïté. Il faut aussi comprendre le travail de Tarantino comme une manière de se distancier par rapport au devoir de mémoire. Ce n’est pas le musée de l’Holocauste.

Si Tarantino montre des juifs plutôt dans l’action que dans le fait de subir, ce n’est pas anodin non plus. Il exprime la fin d’une vision uniquement victimaire.

A vos yeux, c’est un propos délibéré chez Tarantino ?

Attention, il n’est pas forcément au courant : il a sans doute absorbé ces dimensions avec sa culture populaire forgée au magasin de vidéos du coin. Il a regardé des films allemands des années 30 mais pas forcément lu les travaux de la communauté scientifique. Mais il prend une liberté intéressante avec l’Histoire, de ce fait. Il a son propre système de références.

Si la France se distingue des Etats-Unis, quid de ses voisins européens ?

Les films allemands sont largement nourris d’Histoire récente. De même pour le cinéma italien, qui a une longue tradition de narration de l’Histoire de l’Italie du XXe siècle.

Jusqu’à présent, la France bloquait. Mais Cannes 2010 montre que ça change : Tavernier revisite avec de jeunes acteurs l’histoire de la Princesse de Montpensier, Godard revient sur le socialisme, Xavier Beauvois embrasse l’histoire des moines de Tibéhirine en Algérie et Olivier Assayas sort « Carlos », qui puise pour une fois dans l’histoire assez chaude et récente. Ca change : les réalisateurs s’emparent de ces sujets.

Si la guerre d’Algérie n’est plus un tabou selon vous, quels tabous restent prégnants dans le cinéma français ?

Aujourd’hui, je crois que les historiens ont bien montré qu’il n’y a plus de tabous. Ce qui intéresse davantage, c’est plutôt comment Xavier Beauvois, par exemple, va s’y prendre pour représenter Tibéhirine. Cette histoire n’est pas un scénario dont il est l’auteur, la question est donc comment il la représente de manière crédible.

Ce qu’il y avait de frappant dans le film « Le Prophète », par exemple, c’est que tous les seconds rôles, côté corse comme côté arabe, étaient crédibles. On sortait des stéréotypes des films historiques caricaturaux qu’on fait traditionnellement en France, avec des notaires de province aux noms pas possibles.

Y a-t-il toujours un appétit pour les films à caractère historique en France ?

Quand on voit le succès de « Apocalypse now » sur France Télévisions en prime-time, on voit que l’appétence est très grande. Mais le gros des téléspectateurs, ce sont les 15-30 ans. La question, c’est de savoir les embarquer. Si des acteurs venus de la télévision, et notamment de Canal+, sont capables de mobiliser ce public sur leur réputation, alors ils feront coïncider leur succès et leur identité. Et ils fédéreront des publics différents, y compris des jeunes issus de l’immigration.

Ces films sur l’Histoire récente, y compris coloniale, ont-ils des difficultés de financement ?

Non, il n’y a pas de blocage sur le financement en France. Pour Rachid Bouchareb, cela a été plus compliqué côté algérien mais ont peut justement s’honorer de financer depuis très longtemps des films dans des pays qui n’ont pas les moyens de faire ce cinéma. Ou encore où le cinéma est très fragile pour des raisons politiques.

  • 22443 visites
  • 282 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • Tofraziel
    Tofraziel
    Orwellien
    • Posté à 17h05 le 15/05/2010
    • Internaute 42678
      Orwellien

    Intéressant.

    Il faut évidemment faire des films sur ces sujets. Mais qu’ils soient considérés comme des films, pas comme des manuels d’Histoire, et qu’on puisse s’offusquer quand un Bouchareb (dans El Watan de juin 2009) affirme vouloir « rétablir la vérité historique » et « tout déballer avec ce film », ce que ne semble pas avoir lu M. Delage.

    C’est aussi intéressant de noter qu’effectivement « Indigènes » (qui n’est pas un film sur la guerre d’Algérie) est peu apprécié des spécialistes. Intéressant car beaucoup de gens qui l’ont vu l’ont pris pour effectivement « historique »...

    Alors oui pour ces films, mais avec un débat.

    Lien

    • La mouche du coche-
      La mouche du coche- répond à Tofraziel
      diptère
      • Posté à 17h23 le 15/05/2010
      • Internaute 45466
        diptère

      z
      z
      Tant que les réalisateurs maghrébins filment la guerre d’Algérie, ils restent dociles et ne parlent pas aux maghrébins de leurs vrais problèmes d’aujourd’hui. C’est pratique pour nous français. Ils sont très utiles.
      z
      z

      • Valdo Lydeker
        Valdo Lydeker répond à La mouche du coche-
        journaliste, auteur
        • Posté à 23h49 le 16/05/2010
        • Journaliste 7922
          journaliste, auteur

        parce que , c’est bien connu, tous les films français parlent aux Français de leurs vrais problèmes d’aujourd’hui, ne se permettent aucune incursion historique et ne revisitent pas le guerres passées...

         
        • La mouche du coche-
          La mouche du coche- répond à Valdo Lydeker
          diptère
          • Posté à 08h41 le 17/05/2010
          • Internaute 45466
            diptère

          z
          z
          C’est pas faux, mais parler de la guerre d’Algérie comporte un piège. Il y a des enjeux qui dépassent ces réalisateurs.
          z
          z

        1 autres commentaires
    • thierry reboud
      • Posté à 19h51 le 15/05/2010
      • Internaute 20923

      D’une certaine manière, on peut considérer que le seul fait qu’une histoire des massacres de Sétif, Guelma et du Constantinois soit portée à l’écran rétablit la vérité historique parce que, au moins du point de vue de sa représentation cinématographique, cet épisode de l’histoire coloniale était tout simplement ignoré au cinéma, même par les réalisateurs militants comme Pontecorvo ou Vautier. Sur ce sujet, je n’ai souvenir que d’un ou deux documentaires produits par la télévision et diffusés à pas d’heure. Sauf erreur, sur cet épisode-là, je crois bien que Bouchareb est le premier qui ait tourné un film. Donc oui, d’une certaine manière, Bouchareb rétablit la vérité historique à l’écran parce que tout simplement il l’y établit en en montrant l’un des points de vue possibles.

      Maintenant, votre remarque vaut autant qu’elle vaudrait pour des travaux historiques, y compris universitaires : ce que remarque Delage dans son entretien, à savoir qu’en France nous avons tendance à aborder la guerre d’Algérie front contre front est juste, et j’ajouterais que je trouve ça assez légitime. Il reste qu’on ne peut pas espérer aujourd’hui que des travaux sur la guerre d’Algérie et ses différents aspects (y compris ses origines, ce que me semblent être les massacres du Constantinois) ne soient pas tributaires d’enjeux mémoriels et/ou idéologiques.

      • orangevox-
        orangevox- répond à thierry reboud
        Licencieuse
        • Posté à 23h11 le 15/05/2010
        • Internaute 114473
          Licencieuse

        Réaliser le cinéma de la seconde et après guerre mondiale non pas si passée, si cette mouvance cinématographique a existé en Allemagne, sa rareté a certainement été assurée. Le cinéma français va plus loin dans ses années.

        Faut il voire un film pour juger de l’histoire d’un pays ? Mais cette histoire est-elle celle des français d’Algérie d’un certain passé ou celle des parents algériens de ces français immigrés ? Toute l’ambiguïté est là où l’effort à dépasser serait d’entendre votre histoire est notre histoire et réciproquement se voir.

        Le tabou est peut être levé car les rescapés de cette méditerranée déchainée quel que soit leur camp sont morts ou des âmes oubliées. Si c’est de l’histoire ancienne alors on peut s’en souvenir, mais des doutes subsistes sur les effets à venir.

        Certains iront d’une compassion appropriée et c’est la magie du cinéma que de réussir à sensibiliser sur des déchirures dont les cicatrices sont à peine refermées. Espérons que Monsieur Bouchareb saura tous nous réconcilier.

         
        • thierry reboud
          • Posté à 23h30 le 15/05/2010
          • Internaute 20923

          Je ne connais pas assez le cinéma allemand pour vous répondre sur les sujets qu’il a traités ou pas. Pour le reste, je ne suis pas certain de comprendre où vous voulez en venir.

          Faut il voire un film pour juger de l’histoire d’un pays, sans doute pas. Sans aucun doute, un film (si excellent soit-il) ne remplacera jamais le travail des historiens, mais il n’en reste pas moins que cet événement-là précisément a longtemps été littéralement occulté de la mémoire historique française. Je trouve que c’est une bonne chose que cet événement-là soit montré et simplement porté à la connaissance : ni plus, ni moins. Comme d’ailleurs je trouverais que ce serait une bonne chose qu’un film mette sur le devant de la scène les massacres de 1947 à Madagascar.

          Quant à l’appréciation qu’on peut avoir de ce film, c’est encore un autre débat, et comme je ne l’ai pas vu...

        1 autres commentaires
      • CAUSTICUM
        CAUSTICUM répond à thierry reboud
        désabusé de plus en plus ...
        • Posté à 21h44 le 15/05/2010
        • Internaute 29966
          désabusé de plus en plus ...

        « ...il rétablit la vérité historique... »
        - - - - - -
        Voudriez vous dire que l’histoire avait trop fait pencher la balance du côté des massacres commis par le FLN comme celui du 05 juillet 1962 à Oran (consultable sur plusieurs sites et blogs via gougueule) et que donc en quelque sorte, il fallait rétablir l’équilibre ?

         
        • thierry reboud
          • Posté à 23h35 le 15/05/2010
          • Internaute 20923

          Non, je veux dire ce que j’ai dit : je crois que la réponse que je pourrais vous faire se trouve dans celle que j’ai faite à Orangevox.

          D’autre part, je n’aurais rien contre un film sur les massacres que vous évoquez. On en discuterait aussi, notamment de la manière dont serait traité le rôle de la France qui a abandonné les harkis derrière elle.

          • CAUSTICUM
            CAUSTICUM répond à thierry reboud
            désabusé de plus en plus ...
            • Posté à 16h17 le 16/05/2010
            • Internaute 29966
              désabusé de plus en plus ...

            Un film sur la boucherie innommable du 05 juillet 1962 à Oran !

            A mon avis, ce serait indispensable ; mais vu l’ampleur de l’horreur, je crains qu’il faille attendre encore une bonne cinquantaine d’années, avant que de pouvoir l’envisager sans risques pour la paix civile actuelle.

            • thierry reboud
              • Posté à 16h34 le 16/05/2010
              • Internaute 20923

              Mais produisez-le, pétitionnez, je n’en sais rien, moi... Faites comme Bouchareb : trouvez des financements, estimez l’intérêt qu’il présenterait, écrivez un scénario. En attendant, ce film hypothétique serait sans doute très très bien, très très irréprochable et tout et tout, je veux bien vous accorder tout ce que vous voulez : en quoi cela rend-il le film de Bouchareb moins utile le cas échéant ?

              • cepes
                cepes répond à thierry reboud
                Si vis pacem para bellum
                • Posté à 21h25 le 16/05/2010
                • Internaute 84716
                  Si vis pacem para bellum

                On attend tous simplement la fin de la classification secret défense...

                Après on attendra les excuses du FLN qui se sera caché...
                Plus haut vous parler des harkis...
                Bien triste en effet...

                Les meilleurs sont resté malheureusement...
                Enfin bon heureusement certains ont pu venir quand même...

                A tous les Français du Nord...
                A annaba bone le cimetière l’envie de mourir il te donne...
                Heureusement qu’il reste l’humour...

              • bzit
                bzit répond à thierry reboud
                • Posté à 01h31 le 17/05/2010
                • Internaute 25011

                Un film sur ça « Lien “ serait tout simplement le plus horrible des films d’horreurs qui n’ait jamais été tourné...

        5 autres commentaires
      • Pior
        Pior répond à thierry reboud
        (ce n'est pas moi, me (...)
        • Posté à 23h55 le 15/05/2010
        • Internaute 32439
          (ce n'est pas moi, me (...)

        « la vérité historique à l’écran »... Vous avez beau essayer de défendre cette idée de vérité (en disant qu’elle est car le réalisateur est un des premiers à aborder l’histoire de la guerre sous un angle nouveau) disons le, c’est pleinement absurde de dire une telle phrase pour un cinéaste.
        La seule vérité que Bouchareb peut trouver c’est la sienne, et si le film est réussi nous trouverons la notre, celle qui nous est propre et non pas celle qui est absolue.

         
        • thierry reboud
          thierry reboud répond à Pior
          • Posté à 00h02 le 16/05/2010
          • Internaute 20923

          Sauf qu’on ne peut pas faire comme si le projet même du film n’était pas de montrer quelque chose qui ne l’était pas : c’est donc bien une façon, pour Bouchareb, d’établir la vérité historique (ne serait-ce que des faits)... et comme il est cinéaste, il le fait à l’écran.

          C’était déjà son projet avec Indigènes, comme le rappelle très opportunément Sylvain A lOmbra juste en-dessous.

          • Pior
            Pior répond à thierry reboud
            (ce n'est pas moi, me (...)
            • Posté à 00h23 le 16/05/2010
            • Internaute 32439
              (ce n'est pas moi, me (...)

            Oui absolument, ce qui me fait dire qu’en somme le film de Bouchareb n’a aucun intérêt d’une part parce qu’exposer des faits à l’image en prétendant la vérité historique ne laisse aucune part de création au réalisateur (et je vais m’endormir au bout de 5 minutes).
            Mais connaissant le phénomène de ce type de réalisations (et la mise en scène obligatoire qu’elles entrainent) et ne croyant ni au coté véridique ni au coté vrai de l’image, si le but premier et d’établir une vérité, faire de tels films est tout simplement dangereux. (cf. la rafle ou La vie est belle de Begnini).
            On se doit de se placer en tant qu’être humain, et la subjectivité d’un regard, même en ayant lu tous les livres d’histoire sur le sujet, doit être centrale au film. Qui plus est ça donne souvent de bien meilleurs films, où l’on approche d’ailleurs bien plus d’une vérité quand ils sont personnels et avoués comme tels.

            • thierry reboud
              thierry reboud répond à Pior
              • Posté à 12h32 le 16/05/2010
              • Internaute 20923

              Bien, vous faites comme vous voulez. Moi, je préfère attendre de l’avoir vu pour juger si un film a ou non un intérêt... sans compter qu’il peut susciter plusieurs types d’intérêts (ou de désintérêts).

              • Pior
                Pior répond à thierry reboud
                (ce n'est pas moi, me (...)
                • Posté à 12h49 le 16/05/2010
                • Internaute 32439
                  (ce n'est pas moi, me (...)

                Soit !

        4 autres commentaires
    • Sylvain A lOmbra
      Sylvain A lOmbra répond à Tofraziel
      Animateur radio
      • Posté à 19h35 le 15/05/2010
      • Internaute 113131
        Animateur radio

      A la sortie de Indigènes, il y avait bel et bien eu un débat sur la réhabilitation des anciens combattants des colonies. Vous ne vous souvenez pas le ramdam avec intervention de Bernadette Chirac en prime ? (Il faudrait d’ailleurs s’interroger aujourd’hui sur l’effectivité de la revalorisation des pensions de ces soldats africains !) Enfin, ça c’est pour le côté politique uniquement...

      La « polémique » à propos du nouveau film de Bouchareb a le mérite de suscité des articles comme celui-ci.

      Lien

      • Anonyme répond à Sylvain A lOmbra

        Quand le film « indigènes » est sorti j’ai été estomaqué de constater que le France découvrait cet épisode glorieux de son histoire.

        Ma jeunesse ayant été bercée par ces ignobles agissements de l’armée Française envers les « frères africains » .

        Mon père était engagé volontaire et a fait cette campagne des Ardennes. Quand je lui demandais comment c’était la guerre, il ne me racontait pas les coups de fusils ni les batailles, il ne me parlait que du sort abominable réservé aux indigènes.
        Tout mon enfance il ne parla que de ça.

        Quand le film est sorti, nous sommes allés le voir.

        Il m’a dit « ils ont oublié plein de trucs, c’était pire que ça »., et il m’a redit pour la énième fois tout ce qui n’est pas dans le film et qui vaut son pesant de honte.

        Je pense que ces films ne sont pas assez nombreux et tant pis si le Gaulois se sent le nez morveux, qu’il se mouche le pauvre !

    • contrelapenseeunique
      • Posté à 02h52 le 18/05/2010
      • Internaute 97410

      Dans un pays devenu analphabète, pas étonnant qu’on prenne un film pour de l’Histoire (avec un H majuscule), c’est plus simple que d’ouvrir un livre ou que faire des recherches.
      Un film, c’est une histoire (avec un h minuscule).
      Les cinéastes qui se prennent pour des redresseurs de tort nous les cassent. Qu’ils fassent de bons films, même avec des parti-pris.
      Et qu’ils lassent les historiens écrire et décrire l’Histoire. On lira leurs livres. On se documentera et on en tirera les leçons qu’on veut.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 17h06 le 15/05/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    ► Pourvu que le témoignage soit une propagande pro fellagha et anti française... ça passe, ce sera grassement subventionné et bénéficiera du soutien des médias.

    • TH.
      TH. répond à Pierrrrre
      multicontractuel flexisécurisé
      • Posté à 17h09 le 15/05/2010
      • Internaute 34927
        multicontractuel flexisécurisé

      Ben alors, on a mal à sa p’tite identité française ? Pauvre chou !

      • contrelapenseeunique
        • Posté à 02h56 le 18/05/2010
        • Internaute 97410

        Réponse inepte a postulat indéniable.
        PLus on s’auto flagelle, dans ce pays, plus on est dans le mainstream, avec accès aux médias etc etc
        Une idée, essayez donc defaire un film anti algérien en Algérie...

        Ceci dit, je me fous pas mal que des mecs fassent un film sur la guerre d’Algérie, quelle que soit leur point de vue.
        Parce que je sais une chose : ce n’est pas un documentaire, c’est une fiction. Donc aucune ’vérité historique’ (concept déjà douteux) ne peut y être cherchée.

         
        • TH.
          TH. répond à contrelapenseeunique
          multicontractuel flexisécurisé
          • Posté à 06h51 le 18/05/2010
          • Internaute 34927
            multicontractuel flexisécurisé

          Désolé que vous n’ayez pas compris cette boutade, il est vrai proche de la private joke. Pierrrre nous ressasse ses vieilles lubies de façon lancinante et, de par mon expérience, il n’accepte aucun débat : il fuit quand il en a marre... Donc « j’anathème »
          Je ne pense pas pour ma part, de ce que j’ai pu en voir, que le film soit anti-français, mais anti-colonialiste.
          Le fait qu’il ne soit pas possible de faire un film « anti-algérie » (ce qui n’est pas le problème, je le rappelle) ou en tout cas anti-histoire de l’algérie (épisode FLN ou épisode GIA) est un fait indiscutable. Mais si on réfléchit comme cela, il n’y a plus de critique de notre démocratie possible, parce qu’en Corée du nord ou en Birmanie, etc.

        1 autres commentaires
    • nilocas Zarkosy
      nilocas Zarkosy répond à Pierrrrre
      Âne à la retraite
      • Posté à 19h24 le 15/05/2010
      • Internaute 13422
        Âne à la retraite

      Le 7 mai 1945 à Sétif , l’état français s’est comporté de la même manière que les nazi se sont comportés pendant l’occupation .
      La milice et nos collabos ne voulaient pas perdre la main.....

      • CAUSTICUM
        CAUSTICUM répond à nilocas Zarkosy
        désabusé de plus en plus ...
        • Posté à 21h32 le 15/05/2010
        • Internaute 29966
          désabusé de plus en plus ...

        Juste histoire de rétablir un semblant d’équilibre dans l’épouvante, allez jeter un oeil sur : Oran le 05 juillet 1962.

        On attend le film, mais c’est sûrement encore trop frais, car il y a vraiment de quoi vomir, même 48 ans après ...

         
        • 101.7
          101.7 répond à CAUSTICUM
          Promeneur
          • Posté à 21h53 le 15/05/2010
          • Internaute 59121
            Promeneur

          Sans Sétif il n’y aurait certainement pas eu Oran...

          • CAUSTICUM
            CAUSTICUM répond à 101.7
            désabusé de plus en plus ...
            • Posté à 22h16 le 15/05/2010
            • Internaute 29966
              désabusé de plus en plus ...

            On peut remonter loin comme ça ; si vous voulez ...

            • thierry reboud
              • Posté à 23h17 le 15/05/2010
              • Internaute 20923

              Oh oui, on pourrait remonter à Bugeaud aussi, ou même à l’épisode du bey d’Alger, prétexte parfaitement fabriqué pour justifier la conquête de l’Algérie.

              • CAUSTICUM
                CAUSTICUM répond à thierry reboud
                désabusé de plus en plus ...
                • Posté à 17h03 le 16/05/2010
                • Internaute 29966
                  désabusé de plus en plus ...

                Je ne vais pas évoquer les siècles de piraterie et d’enlèvements en méditerranée et jusque profondément sur nos côtes, qui ont nécessité le bombardement d’Alger en 1816 (juste après les guerres napoléoniennes) pour libérer les esclaves et n’ont véritablement pris fin qu’en 1824 (bataille de Navarin contre la flotte Turque), c’est pas si vieux, tout comme 1830.

                Vous allez je n’en doute pas me rétorquer les Croisades ; mais c’est de l’histoire ancienne et si l’on remonte si haut, je vous concède que les Francs devaient être aussi sauvages - quoi que peut-être moins raffinés - que les guerriers Maures ; alors à quoi bon.

          • nilocas Zarkosy
            nilocas Zarkosy répond à 101.7
            Âne à la retraite
            • Posté à 11h44 le 16/05/2010
            • Internaute 13422
              Âne à la retraite

            exact !

          • bzit
            bzit répond à 101.7
            • Posté à 02h00 le 17/05/2010
            • Internaute 25011

            Si on me dit qu’Oran est la conséquence de Sétif, je ne vois qu’une seule raison : c’est un incroyable amalgame entre des groupes sociaux sous prétexte qu’ils soient d’une même « race ». Ce n’est pas les même personnes qui ont vécu les massacres et guérillas de Sétif en 45 et ceux qui ont vécus l’enfer d’Oran en 62.

            De plus, à Sétif et dans la région alentour, c’était une série de réponses d’un camp à l’autre avec des horreurs des deux côtés avec chacun des groupes qui utilisaient le maximum de force en présence... Alors qu’à Oran ce fut un massacre indescriptible et inhumains d’un groupe ethnique enragé sur un autre en infériorité numérique qui le rendait sans défense ou presque.

        • Tokani
          Tokani répond à CAUSTICUM
          Oldmole
          • Posté à 22h59 le 15/05/2010
          • Internaute 71184
            Oldmole

          Dans cette région du monde l’égorgement a toujours été le mode de reglement naturel des conflits.....
          Parions effectivement qu’on nous décrira la répression des massacres d’européens comme l’oeuvre univoque des « méchants blancs “ mais que ce cinéma ‘sans Tabou’ ne parlera jamais des chasses à l’homme d’Oran en juillet 62....

        • kestucroa
          kestucroa répond à CAUSTICUM
          • Posté à 08h58 le 16/05/2010
          • Internaute 111844

          La toile est pleine de comptes rendus des massacres d’Oran où la surenchère sur le nombre de victimes va de 300 à 3000. A propos d’équilibre, on a déjà eu droit à toutes sortes de reportages TV là-dessus.

          Vous attendez ce genre de films pour vomir, vous ?

          Moi j’en attends surtout des témoignages destinés à s’approcher de la manifestation d’une vérité, de la Vérité.

          Comme vous a répondu un autre intervenant, y aurait-il eu Oran sans Sétif et Guelma ?

          Pas question de s’autoflageller, juste d’oser se regarder en face.

        8 autres commentaires
      • LienRag
        • Posté à 00h57 le 16/05/2010
        • Internaute 34767

        Malheureusement, les massacres de Sétif ont largement impliqués les milices du PCA persuadées de réprimer des « nazis » à une époque où le nationalisme, même social, n’avait pas vraiment bonne presse, pour des raisons relativement compréhensibles...
        Si le monde était divisé entre gentils et méchants, ce serait plus simple, je le reconnais.

      • contrelapenseeunique
        • Posté à 02h59 le 18/05/2010
        • Internaute 97410

        A quoi ça rime de tout mettre dans le même sac.
        C’est d’autant plus stupide que les collabos et la milice étaient en métropole, pas en Algérie !

    • Haloufpremier-
      Haloufpremier- répond à Pierrrrre
      simplex
      • Posté à 19h39 le 15/05/2010
      • Internaute 113291
        simplex

      groing groing ...
      encore un qui se tait au lieu d’essayer de rétablir les vérités historiques ...et ça se prend pour un homme...
      vous pourriez nous parler du contingent efficace Sénégalais qui a rétabli l’ordre à Sétif, suite aux massacres de civils par le FLN...
      vous n’êtes pas dans l’Enseignement avec autant d’heures disponibles pour internet ...

      groing groing

  • TH.
    TH.
    multicontractuel flexisécurisé
    • Posté à 17h07 le 15/05/2010
    • Internaute 34927
      multicontractuel flexisécurisé

    @ Chloé Leprince :
    « Lionel Luca » = Lionnel Luca

    entretien très intéressant par ailleurs.

    • jabier
      jabier répond à TH.
      consultant dans les Landes
      • Posté à 18h19 le 15/05/2010
      • Internaute 31087
        consultant dans les Landes

      Effroyable Lionel Luca - Chroniques du racisme ordinaire

      Lien

    • jabier
      jabier répond à TH.
      consultant dans les Landes
      • Posté à 18h23 le 15/05/2010
      • Internaute 31087
        consultant dans les Landes

      Putain de pub invasive ! ! !

      • TH.
        TH. répond à jabier
        multicontractuel flexisécurisé
        • Posté à 18h41 le 15/05/2010
        • Internaute 34927
          multicontractuel flexisécurisé

        Tout à fait d’accord avec vous, tout pour se faire mousser, le Luca... Quel tocard !

         
        • jabier
          jabier répond à TH.
          consultant dans les Landes
          • Posté à 11h17 le 16/05/2010
          • Internaute 31087
            consultant dans les Landes

          Curieux ce département qui engendre des hommes politiques aux mœurs étranges. Telle la lignée des Médecin père et fils, Christian Estrosi, Philippe Luca, Éric Ciotti, Muriel Marland-Militello, Jean-Claude Guibal, Jean Leonetti, Bernard Brochand, Michèle Tabarot et rajoutons Rudy Salles qui ne dépare pas dans cette brochette de démocrates authentiques qui vont si bien avec Lionel Lucas.
          Si vous y résidez, bon courage, tenez bon.

          • TH.
            TH. répond à jabier
            multicontractuel flexisécurisé
            • Posté à 11h25 le 16/05/2010
            • Internaute 34927
              multicontractuel flexisécurisé

            Oh non ! et grand bien m’en fasse ! Toute ma compassion aux maralpines et maralpins (je n’invente rien : Lien)...

        2 autres commentaires
  • Nadia Aouassi
    Nadia Aouassi
    Employée
    • Posté à 17h37 le 15/05/2010
    • Internaute 68357
      Employée

    Nous allons peut-être enfin connaître notre histoire ,celle qu’on nous à suprimé ,interdite , caché... ! ! !
    En parler c’est aussi mettre des « mots » sur nos « maux » trop longtemps garder par nos anciens .
    Nous portons cette soufrance et le racisme nous rapelle affreusement les symptômes de la colonisation.
    En tant que citoyenne française ,j’ai l’impression que rien n’a changer depuis la colonisation ,nous sommes toujours considérés comme des faibles d’esprit ,des sous -citoyens......
    En parler va peut-être va crever l’abcés, même si toute vérité n’est pas bonne à dire.
    Le devoir de mémoire est un devoir,ne rien dire c’est se rendre coupable du passé.
    Les horreurs de la guerre d’algérie ne doivent plus se reproduire, même sournoisement ! !

    • jolithorax
      jolithorax répond à Nadia Aouassi
      terrien
      • Posté à 18h32 le 15/05/2010
      • Internaute 98560
        terrien

      « En tant que citoyenne française ,j’ai l’impression que rien n’a changer depuis la colonisation ,nous sommes toujours considérés comme des faibles d’esprit ,des sous -citoyens...... »

      Et c’est reparti pour la rengaine victimaire.

      Arrêtez vos jérémiades et prenez-vous en main, vous verrez que la société française vous offre de nombreuses opportunités.

      • citoyen du monde
        • Posté à 19h28 le 15/05/2010
        • Internaute 40648

        ah oui ? ! !
        j’aimerais bien savoir lesquelles...
        ( je suis francais)

         
        • jolithorax
          jolithorax répond à citoyen du monde
          terrien
          • Posté à 21h41 le 16/05/2010
          • Internaute 98560
            terrien

          Je ne sais pas moi ... heu ! Ah oui ! L’école par exemple qui forme gratuitement tous les enfants jusqu’à l’âge de 16 ans ou plus si affinité.

          Et ensuite les études supérieures qui permettent d’être infirmière ou professeur ou architecte.

          Sinon les concours administratifs à partir du bac.

          Ou alors acteur ; pourquoi pas ?

          Non, vraiment vous ne saviez pas ?

          Ou alors gémir à longueur de journée en disant que personne ne nous aime, que les vilains Blancs anciens colonisateurs ne sont que des gros vilains ! NA !

        1 autres commentaires
      • Pyie
        Pyie répond à jolithorax
        Etudiant
        • Posté à 20h02 le 15/05/2010
        • Internaute 110708
          Etudiant

        Mort de rire, vous savez que les français « de couleur » travaille mile fois plus pour obtenir cent fois moins ?

         
        • juju24-
          juju24- répond à Pyie
          Branleur
          • Posté à 10h17 le 16/05/2010
          • Internaute 111538
            Branleur

          Pardon ? Si tel était le cas, ils ne nous coûteraient pas 35 milliards € chaque année, les « français de couleur ».
          Revisez vos sources.

        1 autres commentaires
  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 6
Verbes thématiques