Kintzler : « La gauche de Jaurès, je la cherche toujours »
Il y a au moins trois raisons de trouver Catherine Kintzler pertinente en cette période de confusion conceptuelle :
- philosophe proche de la gauche, elle a aussi tâté de la politique ;
- républicaine jusqu’au bout des concepts, elle défend ardemment la liberté individuelle dans les « espaces civils » ;
- passionnée de musique, elle adore le rugby, le « sport des contraires ».
J’aurais pu ajouter qu’elle s’adresse aux riverains dans des tribunes éclairantes et qu’elle tient un blog éclectique.
Besancenot doit savoir que « le citoyen n’est pas un consommateur »
Premier sujet de réflexion, le débat ouvert par Ilham Moussaïd, cette candidate du NPA vauclusien qui se présente voilée aux prochaines élections régionales. Une nouveauté qui divise jusque dans les rangs de son parti et bien au-delà à gauche.
Pour Catherine Kintzler, ancienne candidate PS (en 1978), féministe et laïque, le NPA s’est enfermé dans une impasse, car « le citoyen n’est pas un consommateur ». (Voir la vidéo)
Deuxième polémique, la fin de la séquence « identité nationale » bouclée lundi 8 février lors d’un séminaire gouvernemental à Matignon. Là aussi, la confusion règne, même si la philosophe reconnaît ne pas avoir participé à un débat « imposé » par le gouvernement, mais sans les « cadres conceptuels » qui aurait dû l’accompagner.
Un mot d’ordre : le français comme langue étrangère
L’échec d’Eric Besson repose d’ailleurs sûrement sur l’incapacité du ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale à embarquer des intellectuels dans les discussions. Or, des « choses à dire sur l’identité », Catherine Kintzler en a lorsqu’elle parle de la langue française apprise à l’école par son père, immigré italien. (Voir la vidéo)
Et de suggérer au passage que le gouvernement aurait mieux fait d’intituler son débat « communauté nationale », même si « le terme ne [lui] plaît pas trop ».
« La gauche de Jaurès, je la cherche toujours »
Le dernier thème de notre entretien est celui qui la touche de plus près. L’ex-professeure d’université en veut beaucoup à la gauche de pouvoir, en particulier celle emmenée par Lionel Jospin. Sans le nommer, elle le désigne comme l’un des grands fossoyeurs de la pensée socialiste.
Ses torts ? N’avoir pas assumé une véritable refondation idéologique que le PS continue à chercher. Dans le même temps, Catherine Kintzler a le mérite de reconnaître que son œuvre de philosophe s’est (quantitativement) beaucoup plus attardée sur des préoccupations esthétiques que politiques. D’où la nécessité d’un véritable travail d’inventaire intellectuel. Alors, la faute à qui l’effondrement de la gauche ? (Voir la vidéo)
- Sur Rue89Le Lab du PS : vraie boîte à idées ou moulin à vent ?
- Sur Rue89Schmid : « Il y a deux PS : un électoraliste et un qui travaille »
- Sur mezetulle.netLe blog de Catherine Kintzler
- Sur marianne2.frSarkozy menace-t-il la laïcité ? (Marianne2)
- Sur communautarisme.netUn autre entretien de Catherine Kintzler sur la laïcité
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Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
Et bien bravo pour cette analyse sur le Jospinisme que je considère aussi comme étant le fossoyeur de la pensée socialiste !
Mais la reconquête républicaine du socialiste est entamée grâce à Ségolène Royal qui n’a pas hésité à réconcilier le socialisme et la république en se réappropriant les symboles que sont le drapeau, la marseillaise. Ce qui lui a beaucoup été reproché. Aussi lorsqu’elle disait que la gauche n’est pas un mouvement de l’assistanat ou bien lorsqu’elle disait qu’il fallait défendre l’émancipation individuelle. Pour une gauche très dogmatique se fût inacceptable.
Maintenant depuis la nouvelle doxa socialiste s’est adaptée et le socialisme républicain est rentré dans les mœurs même si il est encore combattu en interne.
Ségolène Royal remet donc le socialisme dans les traces de Jaurés et on peut lui en être gré :
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