17/01/2010 à 17h25

Barouk Salamé : « Il faut sortir l'islam de son isolement »

David Servenay | Ex-Rue89

L’auteur du thriller « Le Testament syriaque » raconte sa redécouverte des racines de la religion musulmane. Grand entretien.


La Grande Mosquée de Paris (Muratc3/Flickr)

Je ne suis pas un grand fan de thriller. Mais quand un ami m’a glissé : « Lis donc “Le Testament syriaque”, et tu sauras tout de la lutte contre l’islamisme par les services secrets », je n’ai pas résisté à l’appel. Cinq cent pages plus tard, le mystère s’est levé...

En toile de fond, une intrigue complexe : un journaliste revient de Tombouctou avec un manuscrit du VIIe siècle qui serait le testament du prophète Mahomet, texte tellement subversif que les espions du monde entier partent à sa recherche.

L’histoire permet à l’auteur de poser habilement la question de la place de l’islam en Occident. Sous différents angles :

  • Est-ce une religion violente ?
  • Quelle est la part de sa filiation chrétienne ?
  • Pourquoi Jésus est-il si abondamment cité dans le Coran ?
  • Les états arabo-musulmans ont-ils intérêt à voir émerger un islam européen ?
  • Quelle place les musulmans de France ont-ils dans l’imaginaire collectif ?

Autant de questions à poser à son auteur, Barouk Salamé, un pseudonyme qui masque une véritable érudition. Entretien sous couvert d’anonymat dans un café du Xe arrondissement de Paris.

« L’islam, intrinsèquement violent ? Non »


Pourquoi avoir publié « Le Testament syriaque » sous pseudonyme ?

D’abord, plusieurs grands éditeurs l’ont refusé, en disant : « C’est dangereux. » Au début, ils trouvaient ça génial et puis ils disaient : « Vous connaissez des Anglo-Saxons qui ont fait ça ? Non, bon alors... »

Ensuite, des proches m’ont déconseillé de le publier sous mon nom, simplement par sécurité. Aujourd’hui, tout va bien. Il est même édité en Tunisie, en Algérie et au Maroc.

Quelle est la genèse de votre roman ?

J’ai grandi dans un pays arabe, avec les appels du muezzin, à une époque la conception de l’islam n’était pas violente, disons... des années 60 jusqu’aux années 80. Ça m’a profondément imprégné. Et puis un jour, des proches ont été menacés de mort parce que chrétiens dans un pays arabe.

Je me suis alors posé la question : est-ce que l’islam ne serait pas violent, par son messianisme ? Sa volonté de conquête ?

J’ai alors eu envie d’aller aux sources du Coran, des philosophes arabes, de regarder la Bible pour comparer, car la Bible (notamment l’Ancien Testament) est très violente.

En faisant ces recherches pendant quatre à cinq ans, je me suis rendu compte que l’islam est dans la même position que le judaïsme et le christianisme : violence et message d’amour y cohabitent, comme dans toute bonne religion universelle qui a su traverser les âges. C’est une auberge espagnole, il faut de tout pour que chacun puisse s’y reconnaître.

Le problème de l’islam n’est donc pas religieux, mais social, géopolitique... Il n’y a pas une violence intrinsèque, tapie au fond de l’islam qui ressurgirait aujourd’hui.

En fait, je voulais faire bouger l’imaginaire contemporain sur l’islam, comme une sorte d’initiation, de mode d’emploi pour construire un imaginaire de cette religion qui ne soit pas négatif. Sans être béni oui-oui, mais en montrant sa richesse, sa complexité. Il faut lire les textes religieux : en la matière, la barbarie s’allie souvent avec l’ignorance.

Pourquoi nous avoir donné rendez-vous dans un café du Xe arrondissement, qui est aussi l’univers dans lequel se déroule votre roman ?

C’est le quartier du livre. Un quartier cosmopolite, avec des Chinois, des Maghrébins, la mosquée fondamentaliste juste à côté. Pendant la période du ramadan, on se croirait... même le Caire, c’est faible, on se croirait dans les émirats !

« L’Etat devrait financer les imams »

Ces lieux, vous les fréquentez aussi à titre personnel ?

Les librairies musulmanes, oui. Mais je ne suis pas musulman, donc je ne vais pas dans les mosquées comme pratiquant. Par curiosité, cela m’intéresse de savoir qui dirige et qui finance ces lieux de culte...

En France, on a fait une erreur fondamentale de laisser des états étrangers financer l’islam. En la matière, je suis spinoziste : l’Etat devrait financer les Imams, ce n’est pas normal de laisser cela à d’autres états, car ces états arabo-musulmans n’ont pas intérêt à l’émergence d’un islam européen, libéral et tolérant qui ferait front face au leur.

Or, ce qu’on voit de l’islam en France, par le prisme des médias, c’est une minorité d’une minorité qui fout le bordel et emmerde tout le monde. C’est quoi ? 5% du total ? D’après les Renseignements généraux, seuls 1 500 personnes de confession musulmane sont favorables à la lutte armée, dont la moitié sont des convertis.

Le gros des musulmans sont des gens qui pratiquent peu en dehors du ramadan et sont plutôt cools. Pourquoi ? Parce que le contexte déteint sur eux, c’est normal. Ici, la religion est une affaire privée, pas publique. Le nombre de mariages mixtes aussi est un indice, et il y en a beaucoup. Comme les médias zooment sur la minorité, ça inquiète.

Enfin, il n’y a pas vraiment de porte-parole des musulmans. Ce n’est pas normal que Tariq Ramadan soit identifié comme tel, alors qu’il est assez retors et pas très représentatif de cet islam européen.

Le discours de certains intellectuels sur l’islam vous inquiète ?

Oui, lorsque c’est un spécialiste qui parle et écrit l’arabe et explique que, philosophiquement, la christianisme est la meilleure religion. Ces gens-là font des livres érudits et savent qu’ils ont de l’influence sur les élites. Sur le long terme, ils peuvent faire du mal.

Les attaques d’un Finkelkraut, qui n’est pas un spécialiste de la religion ou de la philosophie arabe, qui ne lit pas l’arabe, me gênent moins. Il a plus d’audience, mais à long terme son discours n’a pas d’influence.

« L’islam a longtemps été une secte chrétienne »

Votre propos est quand même subversif, car vous désacralisez le caractère divin de la parole du Coran...

Dans un roman, on espère avoir plusieurs entrées. J’espère que cette ambiguité existe. Je m’explique : il y a d’abord l’idée de sortir l’islam de son isolement.

Aujourd’hui, nous avons tous les éléments pour affirmer que l’islam a été pendant cent à cent cinquante ans une secte chrétienne, anti-trinitaire (elle refuse le dogme de la Trinité, tout en acceptant Jésus comme prophète).

C’est exactement ce qui s’est passé pour le christianisme par rapport au judaïsme. Au départ, il n’était pas question de fonder une nouvelle religion. C’est fascinant, cette filiation, ce parallèle entre les deux histoires.

Du coup, cela nous rapproche, en jetant un éclairage curieux sur le christianisme. Beaucoup de gens ont crû que Jésus était un prophète violent. Certains historiens -certes minoritaires- affirment que Jésus était entouré de zélotes et qu’il était violent pour porter le message de Dieu. Le chistianisme, cette religion d’amour, cache aussi beaucoup de violence.

D’où le parallèle avec Mahomet ?

Et sans doute aussi avec Moïse... Il y a aussi eu un protojudaïsme que l’on ignore. Le Déluge, par exemple, est entièrement décrit dans « Gilgamesh » [récit mythologique mésopotamien, ndlr]. La bible a beaucoup puisé dans cette histoire.

« Mahomet voulait rédiger son testament »

Du point de vue d’un croyant, votre propos peut sembler blasphématoire...

Oui. Cela ramène l’islam sur terre, cela l’historicise alors qu’il a tout fait pour se construire une légende. Mais c’est aussi l’idée très forte de la continuité des religions.

Par exemple, le Coran cite les psaumes de David, la torah, les évangiles... Or, un mythe recouvre tout cela : c’est l’ange Gabriel qui vient révéler à Mahomet les sourates du coran, mais bien plus tardivement, quand l’islam veut couper avec ses racines chrétiennes, au IXe siècle, période de rédaction de la sunna [ensemble de règles élaborées par les prophètes postérieurs à Mahomet, ndlr].

Cela correspond à l’arabisation de l’islam : on abandonne le grec pour l’Arabe, on créé un code juridique à part.

Ce « testament » de Mahomet, il existe ou non ?

Dans la sunna, il est dit que Mahomet voulait le rédiger, mais qu’on l’en a empêché. Pour moi, cette tradition n’est jamais neutre : c’est une légende qui indique des pistes.

Que sait-on de la vie de Mahomet ?

Comme Jésus, on ne sait rien de fiable. Rien de rien. Leurs traces historiques sont inversement proportionnelles à leur importance symbolique. Pour Mahomet, on a une tradition tardive, écrite deux siècles après sa vie.

Que dit cette « tradition » ?

Elle dit qu’il a été orphelin très tôt, de mère et de père, à 6 ou 7 ans. Issu d’une famille de commerçants, mais qui le réduit en esclave car il est pauvre. Il est né à la Mecque, mais a vécu à Gaza. Tout cela ressemble à un roman.

Dans le Coran, il est cité quatre fois, dont deux fois où ce n’est sans doute pas de lui qu’il est question, car Mahomet veut dire « le loué » ou « le désiré ». Dans le Coran, les figures importantes sont Abraham, Moïse, Marie et son fils Issa (Jésus). Des figures bibliques.

« La diplomatie a toujours été liée aux services secrets »

Votre roman explore aussi la lutte anti-terroriste et vous dites que, depuis le 11 Septembre, tous les diplomates des pays arabo-musulmans sont fichés par les services occidentaux, car soupçonnés de menées subversives...

C’est évident. La diplomatie a toujours été très liée aux services secrets. La meilleure couverture, c’est quoi quand vous êtes un agent ? Attaché militaire ou attaché culturel en ambassade. Cela va de soi. Dans l’islamisme, il y a plein de cas où les diplomates sont dans les coups tordus.

Récemment, dans la revue de la Défense nationale, ils ont trouvé que je faisais de la stratégie de fiction. La fin de l’histoire avec Paris à feu et à sang, ils ont trouvé que c’est une excellente simulation.

« Le discours type “Indigènes de la République” creuse la distance »

Vous croyez que ça pourrait arriver un tel scénario ?

Avec une histoire comme les caricatures danoises en plus grave, couplée à un fait divers où des jeunes se font tuer de manière accidentelle par la police qui est tenue pour responsable de leur mort, le tout sur fond d’incompréhension générale, alors oui, on peut arriver à des choses comme cela. Mais toutes ces conditions ne seront jamais réunies.

Ce qui me fait peur, ce sont plutôt les discours type Indigènes de la République qui creusent la distance au lieu d’essayer tous ensemble de la résorber.

Parce que vous avez des gens radicaux -pas du tout croyants- qui sont capables de suivre sur le mot d’ordre « là, au moins, on nous respecte ». Souvent, ce sont des gens qui règlent des problèmes personnels (d’ascension sociale, de couple ou autre) et qui utilisent la religion pour régler ces problèmes.

Que pensez-vous du débat sur l’identité nationale ?

Je dois avouer que je ne l’ai pas vraiment suivi. Je trouve intéressant de parler de la place de la République, de la place des nouveaux arrivants, de la transmission des valeurs. Car qui s’occupe de la transmission aux enfants ? L’art ? Le cinéma ? La télévision ?

Imaginez des gens qui ne sont pas cultivés, pas scolarisés, qui ont des problèmes économiques... comment font-ils ? L’école parvient-elle encore à assurer cette transmission ? Maintenant l’expression n’est pas bonne (identité nationale, ça rappelle de mauvais souvenirs) et puis on est en période d’élections, non ?

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  • Tofraziel
    Tofraziel
    Orwellien
    • Posté à 17h45 le 17/01/2010
    • Internaute 42678
      Orwellien

    Si la Bible est certes violente, quand on dit que l’Islam est violent ce n’est pas seulement par son texte, le Coran (qui n’a rien à envier avec la Bible de ce côté en effet), mais l’histoire même de l’Islam dès ses débuts : Mahomet a été un chef de guerre, et l’Islam a été de suite conquérant et pensé comme tel, ce qui n’est pas le cas du christianisme (qui n’est devenu « impérialiste » qu’avec...les empereurs romains), ni même du judaïsme (à un degré moindre). Jesus et Mahomet, que leur existence soit avérée ou non, ont eu un discours et surtout des méthodes bien différentes, ce qui obligatoirement donne une « identité » à leur religion...

    L’Etat ne doit pas financer les imams, nous sommes une République laïque.

    L’Islam a longtemps été considéré comme une « secte chrétienne », c’est d’ailleurs pour ça qu’il a été plutôt bien accueilli par une partie des chrétiens d’Orient lors de la conquête. Mais on sait cela depuis longtemps...Quant au parallèle entre christianisme et islam dans leur histoire, voir plus haut : Mahomet a été un guerrier, pas Jésus. L’expansion de l’Islam dans la péninsule Arabique (et au-delà) n’a rien à voir avec celle du christianisme au sein de l’Empire romain...

    Même racines effectivement, avec Abraham par exemple. Mais importance centrale de l’arabe, « Dieu est arabe » (Ibn Khaldun). L’Islam est bien plus marqué par sa culture d’origine que le christianisme.
    Pour l’existence ou non de Mahomet, les historiens musulmans du IXè (type al-Tabari) se fiaient quand même à une tradition, l’isnad, qui avait des codes très rigoureux. La qualifier de « roman », c’est un peu léger...

    Il y a des gens radicaux croyants, et en particulier au sein des Indigènes de la République, fondés au départ par des proches de Tariq Ramadan, comme le Collectif des Musulmans de France.

  • gavroche...
    gavroche... répond à ruffryders
    • Posté à 18h47 le 17/01/2010
    • Internaute 36688

    Bonjour Ruffryders,

    je prends prétexte de votre commentaire pour répondre également aux commentaires précédents, qui disent, en substance, « l’islam est une religion violente, mais pas le catholicisme ».

    Concernant spécifiquement votre argument sur la peur de publier un livre sous son propre nom, je ne pense pas m’éloigner beaucoup de la vérité si j’affirme qu’il en a été de même pour la religion catholique (autodafé, inquisition, etc.). Certes, ce fut à une autre époque, mais les textes étaient les mêmes et la violence a été utilisée par « les catholiques » pour défendre leur religion, voire l’imposer aux autres.

    Et c’est exactement la thèse de l’auteur à ce sujet, l’islam, au même titre que le catholicisme, est une religion dont les textes peuvent être utilisées pour justifier la violence. L’islam et ses textes contiennent ce que l’on a envie d’y trouver et s’il ressort dans l’image courante que l’islam est une religion violente, c’est, selon l’auteur (et je l’approuve), qu’il y a une stigmatisation de cette religion : sous couvert d’information, l’amalgame entre intégriste et croyant conduit à penser que l’islam est violent parce qu’il y a des violences par des musulmans au nom de la religion. Pour ma part, c’est un raccourci que je trouve choquant.

    Pour finir, je pense qu’il conviendrait intrinsèquement d’éviter de parler de religion ; malheureusement, en se taisant, d’autres parlent pour nous et le débat passionné qui a lieu actuellement nécessite un peu de recul et beaucoup de précaution de langage pour éviter d’aggraver les poncifs dont on nous assaille. Alors d’informer sans déformer ne peut pas faire de mal...

    cordialement,
    gavroche...

  • Edouard Chastagnier
    Edouard Chastagnier
    Bogue la galère
    • Posté à 19h14 le 17/01/2010
    • Internaute 101113
      Bogue la galère

    La filiation directe entre Chrétienté et l’Islam est le plus beau fruit du travail des historiens de ces dernières décennies ; il est fondamental, tout autant que l’étude de l’origine de toutes les religions de pouvoir.

    Il sera de plus en plus difficile dans le futur proche aux intégristes de toutes obédiences, de justifier les crimes et les méfaits qu’ils commettent au nom de doctrines qu’ils connaissent si mal et interprètent à leur guise.

    Merci David Servenay pour la transcription de cette rencontre passionnante. Vous contribuez activement à l’enrichissement de notre libraire et à l’amaigrissement de notre compte en banque.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 19h26 le 17/01/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    La seule solution, c’est la laïcité stricte.

    Aujourd’hui, elle ne l’est pas.

    La secte catholique est outrageusement reconnue dans diverses institutions.
    Ses enseignants sont salariés (ainsi que les curés d’alsace-moselle).
    Ses propriétés sont exonérées d’impôts fonciers (1er propriétaire des france) et elle bénéficie d’un bail gratuit sur les églises entretenues par le pot commun.

    Sans compter, toutes les assos non-cultelles tenues par des curés laïcs (et non-laïques) qui ont rafflé le marché de la subvention, et les cadeaux fiscaux et autres exonérations de charges qui profitent à des patrons qui font de gros chèque à l’Eglise.

    Croire que les croisés torquemadistes vont partager le butin avec de vulgaires bougnats, c’est se fourrer le doigt dans l’oeil jusqu’à l’omoplate, et compromettre tout espoir de laïcité stricte, c’est-à-dire de débat démocratique.

    Sans les subventions, la question catho ne se poserait plus, et la question musulmane ne se serait jamais posée.

    Les arabes ne sont pas représentés en france, les musulmans le sont, tous les arabes redeviennent musulmans. Au moins le temps de la conversation...
    Normal.

    Si on disait que y’a que les supporters de foot qu’on le droit de retourner la ville jusqu’à 4h du matin, et ben je parie que plein de gens kifferaient le foot....

  • Ishtar
    Ishtar
     ? ?
    • Posté à 10h16 le 18/01/2010
    • Internaute 26226
       ? ?

    Barouk Salamé met en évidence la violence qui émane des trois religions du Livre ou celles qu’on reconnait comme telles.
    L’Islam arrive dans un contexte historique où la violence entre les disciples de Mahomet et les idolâtres de la Mecque était un fait qui n’est pas intrinsèque à la religion musulmane.Le contrôle de la région ne se faisait pas de façon pacifique loin de là.Par la suite aucune autre religion ne s’est répandue à cette vitesse et cela s’est fait bien sûr par des conquêtes militaires.C’est même ce qui est le plus souvent commenté quand on parle de l’expansion de l’islam.Toutefois,comme dans nombre de conquêtes certaines villes se rendaient sans combattre.

    L’Exode des Hébreux bénéficie quant à lui d’une toute autre approche.L’évocation du départ massif des Juifs d’Egypte est associée à la persécution dont ils ont été victimes.On parle moins souvent de la violence des guerres qui ont opposé les Hébreux avec les différentes populations de l’actuelle Jordanie et de Palestine pour le contrôle des terres.
    Il est probable que le doute qu’ont les historiens sur la véritable histoire de l’Exode,l’absence de découvertes archéologiques sur cette période comme celle de textes non bibliques traitant du sujet,tout ceci ne favorise pas une approche historique et donc fiable.

    Pour la violence émanant de la religion chrétienne,elle se retrouve aussi dans les textes mais à l’instar de l’islam c’est dans l’évangélisation des populations qu’elle se manifestera le plus.
    La Rome devenue chrétienne n’a pas rompu avec ses pratiques et les paiens remplaceront les chrétiens dans les geôles romaines quand Constantin décidera d’adopter la croyance chrétienne.Les peuples du Nord pour certains ne seront pas christianisés de manière non violente.A ceci on peut malheureusement ajouter les différentes croisades y compris celle anti-chrétiens tristement restée dans la mémoire des occitans comme croisade des Albigeois,et la terrible Inquisition.

    Les trois religions monothéistes ont fait preuve de violence plus dans leur volonté d’imposer leur croyance et au cours de leurs conquêtes que dans leurs livres sacrés.

    Ceci dit j’ai lu le bouquin : c’est un vrai plaisir,bon thriller et on y apprend aussi pas mal de choses même pour quelqu’un qui est déjà au fait du sujet,donc très bonne érudition.

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 10h45 le 18/01/2010
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    Et bravo : encore une tribune offerte à tous les islamophobes qui traînent dans la rue .... A croire qu’ils pensent plus à l’Islam que les musulmans eux-mêmes...

    Quand un débat ne peut pas être abordé sereinement c’est de la démagogie de le lancer ...

    Du coup, la majorité des commentaires n’ont aucun intérêt et sont carrément hors sujet entre celui qui prétend connâitre l’auteur du Coran (mais alors là je me poile ! ! !) et ceux qui attaquent gratuitement les musulmans en faisant toujours et encore les mêmes amalgames foireux entre les terroristes et l’épicier du coin de la rue...

    Franchement la Rue croyez vous rattrapez le fait que vous stigmatisiez constamment les musulmans en publiant un article en leur faveur ?
    Trop tard la majorité des riverains est contaminée par le discours de Bush et les dérapages de ses gouvernants ! ! !
    A force de répéter des conneries il y en a qui y croient et ce ne sont pas ceux qui osent le moins ....

    Je suis gavée et pourtant je suis athée !

  • beel
    beel
    « la police partout, la justice (...)
    • Posté à 14h08 le 18/01/2010
    • Internaute 82262
      « la police partout, la justice (...)

    @ Et vlan
    Pas mal la démarche de l’auteur, bon après il faut voir le contenu du livre.
    Si tous les chroniqueurs, journalistes ou hommes politiques entreprenaient ce genre de recherches avant de baver des bêtises.

    Dans le Coran, je ne vois aucun mépris des autres religions du Livre mais un grand respect pour ces dernières et les gens du Livre qui sont considérés comme plus intelligent que les contemporains de Mohamed.

    Ensuite il est recommandé de s’interroger sans cesse sur le Coran parce que Dieu te met au défi de faire mieux que son Livre.
    Il est recommandé à un musulman de faire des recherches, après il est interdit de faire des innovations.

    Après y a genre Mohamed a été violent, déjà il a passé un bon moment à fuir. Ensuite quand il faisait la guerre c’est lorsque l’on empêchait de transmettre son message ou lorsqu’on attaquait ses compagnons.
    Il ne se battait que contre des soldats pas contre le peuple, de plus j’ai lu qu’il devait respecter l’environnement.

    Il y a trop d’amalgames...

    Il y a un film intéressant the traitor (ou trahison) réalisé par Jeffrey Nachmanoff

  • Ce que Jacques a oublié de dire
    • Posté à 22h12 le 18/01/2010
    • Internaute 63548

    La filiation de l’Islam avec le Christianisme, ou devrais-je dire avec certaines communautés chrétiennes, est un des principaux sujets des recherches actuelles dans le domaine. Auparavant des spécialistes avaient déjà notés les similitudes entre certains apocryphes chrétiens et des passages Coraniques sur Jésus, mais aujourd’hui les recherchent avancent et nous permettent petit à petit d’aller plus loin et de comprendre un peu mieux comment est né l’Islam, c’est à dire ses origines premières (les judéo-chrétiens/nazaréens d’Arabie entre autre).

    L’étude la plus complète à l’heure actuelle est sans doute celle-ci, publiée en 2 tomes : Lien

    A lire pour ceux que ce sujet intéresse, c’est vraiment intéressant.

    Une autre thèse, dans un autre domaine, qui est mérite aussi une attention est celle de Christoph Luxenberg. Il a d’ailleurs écrit un ouvrage (malheureusement pas encore traduit en Français) dans lequel il en parle, lui propose une lecture Syriaque (langue importante dans le Christianisme ancien) de certains passages du Coran, en fait « Il s’agit d’une étude philologique dans laquelle un certain nombre d’hypothèses sont étudiées, dont il ressort que les sources du Coran proviendraient de l’adoption de lectionnaires syriaques destinés à évangéliser l’Arabie. »
    Lien

    Un texte au sujet de ce fameux ouvrage :
    Lien