Allégée, la glace Magnum a fait un gros bide
Avec Magnum Light, Unilever pensait viser juste. Il a manqué sa cible. Ses glaces allégées ont fait un bide. D'ailleurs, elles n'existent plus. Sur leur caveau, une inscription : 2004-2007. Le groupe anglo-néerlandais, leader mondial sur le marché des crèmes glacées, s'est planté, comme le confirme Sophie Jayet, directrice de la communication :
« On a arrêté de les commercialiser il y a environ deux ans. La version allégée ne correspondait pas aux attentes des consommateurs. Le light était bon, mais ce n'était pas la même sensation en bouche qu'un Magnum normal. »
Presque le même goût
Pour « normal », comprenez Classic, l'original. Un bâtonnet à la vanille recouvert d'une coque en chocolat qui a été décliné sous toutes les formes. Sur l'étiquette, du lourd : 300 calories, 29 grammes de glucides et 19 grammes de lipides pour 100 grammes.
En 2004, l'idée de lancer une gamme avec 35 % de matières grasses et 30 % de sucres en moins voit le jour. Et Unilever y croit. D'abord en lançant trois saveurs light : Classic, chocolat blanc et café. Puis, deux ans plus tard, une autre à la menthe. Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste, détaille la recette :
« Cette diminution en graisses est possible grâce à l'ajout de certaines fibres et à un processus de malaxage particulier, les deux rendant la crème glacée light presque aussi onctueuse que son homologue non light. La différence de goût est minime. »
Mais les premiers parfums ont disparu des bacs dès 2005. Un flop qu'Unilever tient à relativiser en précisant que les ventes de Magnum Classic light ont apporté en 2004 « 2% de parts de marché additionnel, donc en plus des 8% du Magnum Classic », chiffres que le Syndicat des fabricants industriels de glaces n'a pas pu confirmer.
Sur la durée, l'allégé n'a pas marché malgré les efforts du géant de l'agro-alimentaire, qui avait mis les formes.
Unilever a mis le paquet
La première campagne de pub : deux affiches plus alléchantes l'une que l'autre. La première avec trois bâtonnets en paire de fesses, la seconde avec un Magnum aux hanches croquées, inspirée du Violon d'Ingres de Man Ray. Un jeu d'enfants pour David Leliard, le directeur artistique aux commandes du projet, qui s'est régalé en associant light et plaisir :
« C'était simple au niveau de la conception, il n'y avait qu'un message à faire passer. Pour les fesses : “Faites-vous un beau cul avec de la glace light”. Cette affiche-là a été interdite par Unilever Italie, qui l'a trouvée osée. Mais en France, le client y tenait. Alors on l'a sortie en cartes postales. »
Difficile de savoir combien Unilever a posé sur la table. Guy Lepel-Cointet, directeur marketing, se contente de dire que « cela représentait une bonne partie du budget annuel de Magnum ». David Leliard se souvient que « l'enveloppe était conséquente ».
Il fallait bien ça. La glace reste le dessert préféré des Français qui, avec 5,5 litres engloutis par an, en ingurgitent pourtant moins que les Scandinaves (12,5 L) et surtout les Américains (25 L). Mais alors, où était le problème ?
Le plaisir avant tout
Dans l'inconscient collectif de ses adeptes, Magnum = goût = plaisir. Et selon une étude de KRC Research (2004), 83 % des 600 nutritionnistes et diététiciens interrogés estiment que les glaces aident les consommateurs à « maintenir un équilibre alimentaire durable ». En clair : en manger avec modération n'est pas un drame.
Magnum l'a vite compris et a lancé sa gamme Mini. Cette fois, le succès est au rendez-vous. Pour son vingtième anniversaire, en 2009, la marque prévoit la sortie de nouveaux modèles. Eva Longoria est déjà fan, elle en redemande même (voir la vidéo).
Au menu du mini-bâtonnet : des calories, bien sûr. Guy Lepel-Cointet a retenu la leçon :
«
Je ne passe pas mon temps à chercher pourquoi un produit ne fonctionne
pas, on en sort environ trente nouveaux par an. Pour le light, il y
avait un frein à l'achat car dans la glace, seul le plaisir compte. Et
puis franchement, les gens qui veulent faire attention à leur ligne ne
mangent pas de glaces. »
Dans le panier

Redbull

Red Bull Sugar Free : la boisson qui coupe les ailes Sans le sucre, la « boisson énergisante » ne l'est plus !

Biscuits apéros

Faut-il inviter les chips allégées à l'apéro ? Vous chassez les calories, mais n'en dégoutez pas les autres...

Ketchup

Le ketchup light d'Amora qui veut gaver les gosses Ils peuvent s'en goinfrer, dit la réclame. Avec légèreté...

Chocolat

Le chocolat Poulain sans sucre qui nous engraisse Moins de sucre, plus de matières grasses. En bouche : bof.

Cigarettes

Fumer light tue aussi Le fumeur compense en tirant plus fort ! Mais c'était bon pour les affaires

Croquettes

Les croquettes light, au poil pour Médor et son maître Avec ça, même plus besoin de le faire gambader

Sucrettes

Se sentir belle en sucrette Pour mieux la vendre, on en fait un accessoire de mode, ou une pilule miracle

Confitures

La confiture ne passe plus l'hiver C'est le sucre qui assure la conservation. Alors si on l'enlève…

Coca

Guerre des sexes chez Coca Light pour les filles, Zéro pour les mecs : Coca sait ce qui est bon pour chaque genre

Lait

Candia Silhouette active : pas un lait mais un « coupe-faim », grâce à son « principe actif » ! ?

Thé

Lipton Linéa, un thé bidon Lipton en fait des tonnes avec son thé allégé. En quoi, au fait ?

Chewing-gum

Chewing-gum : sans sucre mais pas sans selles Son édulcorant fait aller... A haute dose, forcément, ça fait maigrir

Glaces

Allégée, la glace Magnum fait un gros bide C'est comme ça : le client l'aime riche, sa glace

Yaourt

Le yaourt 0% ne perd pas le porc Onctueuse, la gélatine vient du porc. Certains n'apprécient pas la surprise

Eau

L'eau Taillefine se noie dans l'absurdité L'eau allégée, il fallait le faire. Ils vont devoir la remballer

Champagne

Du champagne sans sucre ajouté, ça vous la coupe ? C'est possible. Et sans insulter le palais, semble-t-il

Cuisine de chefs

Deux chefs allègent leur partition, ma non troppo Ils tentent de faire plaisir à tout le monde

Accueil

▲ Cliquez sur les produits ci-dessus ▲
▲ Cliquez sur les produits ci-dessus ▲
- Sur e-marketing.frUnilever et Nestlé : "Il faut sauver le marché de la glace !"
- Sur e-marketing.frNestlé Glaces - Miko : l'été sera chaud
- 11869 visites
- 1 réactions




















Je me souviens d'en avoir un une fois. point de vue du goût ça m'a pas choqué. Par contre la glace était plus petite qu'un magnum normal.
Pour le même prix qu'un normal je me suis senti arnaqué. Du coup plus jamais repris.




Partager