Yahoo, Microsoft et Google, entre raison et déraison

Sur le Web, la vie n’est pas tout à fait un long fleuve tranquille

Patatras, c’est la rupture. Il faut dire que c’était un mariage arrangé, un mariage sans amour. Et qu’une seule des deux parties voulait s’engager.

Pauvre Steve Ballmer, le PDG de Microsoft Il faut le voir entamer une danse complètement déglinguée sur Youtube lors de la présentation des résultats de Microsoft pour prendre la mesure (ou plutôt la démesure) de ce personnage et de son ego. Sur Youtube, le titre est éloquent: "Steve Ballmer going crazy".


Fou, Steve Ballmer? Pas tout à fait: Microsoft voulait acquérir Yahoo, site web le plus visité et numéro 2 mondial de la publicité en ligne, afin de contrer l’avance de Google dans le domaine de la publicité liée aux recherches sur l'internet. Les enchères ont monté, et Microsoft a fini par abandonner la partie.

Une impasse stratégique pour Microsoft et Yahoo

La rupture laisse des traces. On voit mal quelle stratégie alternative Microsoft entend mener sur Internet; faudra-t-il qu’à la prochaine présentation de ses résultats le roi Ballmer cesse de danser et se mette à chanter? Quant à l’autre fiancé, Yahoo, il dégringolait en Bourse après l’annonce de la rupture, au grand dam de ses actionnaires qui voient ce qu’ils ont perdu et pas ce qu’ils pourraient gagner à l’affaire.

L’offre de Microsoft sur Yahoo était montée à 33 dollars par action, alors que les dirigeants de Yahoo en réclamaient 37. L’action ne vaut à présent que quelques 24 dollars. Bill Miller, gérant chez Legg Mason, deuxième actionnaire de Yahoo, avec 7% du capital, a souligné que "s'il y avait eu une offre ferme de 34 ou 35 dollars, nous l'aurions regardée". Les actionnaires sont déçus à présent, et la direction est menacée.

Quant à Google, le roi de la publicité en ligne, il sort renforcé de cette guerre de tranchées, et continue, tel un ogre qui dévore tout ce qu’il trouve sur son chemin, de consolider ses parts de marché des recherches sur l'internet. Comme le note le New-York Times, c’est la croissance phénoménale de Google qui a poussé Microsoft, qui domina durant plus de deux décennies les technologies numériques, à courtiser Yahoo. Et c’est aussi le succès de Google qui a affaibli Yahoo et donné le sentiment aux dirigeants de Microsoft qu’il était possible d’acheter la firme à un prix pas trop élevé.

Le triomphe de Google

Google fut donc un acteur tout à la fois souterrain et déclaré de la rupture entre Yahoo et Microsoft. Le groupe avait menacé d’attaquer la fusion devant les autorités en charge de surveiller la concurrence. Il avait de surcroît proposé à Yahoo d’utiliser sa technologie publicitaire, poussant ainsi Yahoo à faire grimper les enchères et à décourager son acheteur: à chaque recherche d’un internaute, des publicités ciblées s’affichent. Les annonceurs payent quand les utilisateurs cliquent sur le message publicitaire. C’est un système aussi simple que profitable. Aussi machiavélique qu’efficace.

Google continue un chemin entamé depuis quelques années: il a racheté DoubleClick, pionnier des outils de gestion de bannières publicitaires, ainsi que YouTube, la plate-forme communautaire de partage de vidéos sur Internet. Google s’est lancé dans la production de contenus pour téléphones mobiles.
De son côté, Microsoft a acheté une partie du capital de Facebook en octobre dernier, tandis que MySpace rejoignait News Corp. Encore des paris sur le futur du Web. Des paris sur son potentiel publicitaire.

Philippe Collombel, associé chez Partech International, déclarait récemment au Monde Informatique, à propos du web 2.0:

"Par définition, nous exerçons un métier qui consiste à prendre des risques, mais le Web 2.0 nous semble être un secteur sain, rationnel et viable... ce qui ne nous empêche pas de garder notre discernement et de rester prudent."

La prudence et le risque. Cela doit s’appeler… le maniement des paradoxes.


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Numerosix | Prisonnier dans le village global
20H07 12/05/2008

-Gougle ! Gougle ! Gougle !
-C'est quoi , ce bruit ?
-C'est Microsoft qui pédale dans le Yahoo ..

 
20H22 12/05/2008

Je trouve cette compétition étonnante vue de ma fenêtre d'ordinateur, car je n'utilise pratiquement plus de moteur de recherches. Les 2 donnent des résultats approximatifs et les deux renvoient sur wikipedia pour des recherches ciblées, donc merci bien.

En plus, je hais les pubs.

 
Lohiel | lohiel.over-blog.net
20H46 12/05/2008

Si c'est là l'effet que produit l'excès d'argent... ôô

Il va falloir ouvrir des asiles de fou pour milliardaires... avec des camisoles solides !

(merci pour ce film :))

 
cosmicludovic | guitariste ultra rock pop trash
20H57 12/05/2008

Trops de coke chez microsoft?

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
23H05 12/05/2008

C'est sidérant d'imaginer qu'on puisse devenir roi en ayant trouvé la recette magique qui permet de parsemer nos écrans de pubs à cliquer. Presqu'autant ahurissant que si l'on arrivait à vendre l'air qui se respire et trouver des gogos.

Ce qui me sidère également c'est d'imaginer que des internautes cliquent sur ces liens que personnellement j'évite en slalomant, que je fuis tellement que j'ai peur en le proclamant ici haut et fort sur Rue89, de provoquer le début de désescalade, le signal de la descente aux enfers, le premier pas de la défaite de Gougueule.

Comment pouvez-vous amis internautes cliquer sur ces liens qui font bling-bling, le bruit du tiroir-caisse ? Slalomez, évitez, contournez, snobez et coulez ce Titanic !

Tout cela dépasse l'entendement du pauvre bougre qui, toute la journée, vient de faire commerce sa force de travail en payant de sa sueur, de sa fatigue physique ou intellectuelle ……

 
stephanemot | Auteur à Séoul
07H55 13/05/2008

La grande force de Google, c'est d'avoir des adversaires plus que faiblards : Yahoo! est en vente depuis pres de 10 ans et Microsoft a perdu toute dynamique depuis que son Architecte en Chef fait dans le caritatif.

Steve Balmer s'est couvert de ridicule et ce n'est pas lui qui fera faire un bon a MSFT. Autant demander a Dick Cheney de realiser une campagne de pub creative :
http://mot-bile.blogspot.com/2008/02/social-networking-for-social-networ...

 
Jaycib | Entre l'arbre et l'écorce
09H48 13/05/2008

Je ne conçois pas que Microsoft puisse abandonner la partie si facilement. Je prédis une nouvelle tentative de rachat de Yahoo, à un prix plus avantageux qu'aujourd'hui, probablement.

 
Jean-Baptiste | Projets entre marketing, éditorial et te...
09H48 14/05/2008

+1 avec le commentaires sur coté faiblard de Yahoo.

Le commentaires précédents me semblent un peu trop idéologiques pour analyser le fond de l'histoire.

 
ex-riverain | x
23H00 16/05/2008

salut, pour effectuer vos recherches, plus discret que google :
http://www.ixquick.com/fra/