Piratage sur Internet: les failles de la "riposte graduée"
On a beaucoup parlé du livre de Denis Olivennes : « La gratuité c’est le vol, quand le piratage tue la culture », paru chez Grasset l’an passé. On a sans doute oublié qu’en 1994, il publiait, avec Nicolas Baverez, chez Calmann Levy, un livre intitulé « L'impuissance publique ». En 2008, voilà qu’il prête son nom à une loi. On peut craindre que celle-ci ne constitue un exercice d’application du message délivré dans ce livre publié il y a déjà 14 ans.
Cette loi s’inscrit dans la lignée du rapport qu’avait demandé Christine Albanel à Denis Olivennes, alors président de la Fnac. Le rapport avait donné lieu à la signature d’un accord, sous les lambris de l’Elysée, entre les fournisseurs d’accès et les professionnels de l’audiovisuel, du cinéma et de la musique. L’accord prévoyait une riposte graduée pour endiguer le piratage.
Un dispositif simple...
Le dispositif semble simple et plutôt clément. Le fournisseur d’accès s’engage à mettre en garde les internautes qui téléchargent illégalement, par une série de mails de plus en plus menaçants, s’il s’avérait que l’internaute persiste alors qu’il a déjà été repéré et mis en garde. Une Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi), est chargée de superviser le dispositif et de définir les sanctions qui peuvent aller jusqu’à la suspension de l’abonnement Internet pendant une durée d’un an, voire jusqu’à sa résiliation.
Comme avec la loi précédente dite DAVSI (Droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information, loi française issue de la transposition en droit français d’une directive européenne datant de 2001, et adoptée dans la douleur en juin 2006), les détracteurs du dispositif fourbissent leurs armes, forts du fait qu’un amendement favorable à leur point de vue a été adopté à une large majorité (586 contre 36), tout récemment, au Parlement européen.
Deux députés étaient à son origine : les Français Guy Bono et Michel Rocard. L’amendement critique des mesures « en contradiction avec les libertés civiques ainsi qu'avec les principes de proportionnalité, d'efficacité et de dissuasion ». Le rapport Bono insiste sur la nécessité de faire la part entre la piraterie de masse et les consommateurs qui n'agissent pas dans un but mercantile.
Bono, membre de la Commission parlementaire de la culture, déclare surtout :
« Les mesures répressives sont des mesures dictées par des industries qui n'ont pas été capables de changer leurs modèles économiques face aux nécessités imposées par la société de l'information. L'enjeu central est ici de trouver un équilibre entre les possibilités d'accès aux activités et contenus culturels, la diversité culturelle et une véritable rémunération aux titulaires de droits. »
Des problèmes pratiques
Plus généralement, la coupure pose maintes questions concernant ses modalités d’application. Quid de celui qui utile la Wifi du voisin ? Quid de la Wifi de l’université ? Devra-t-on priver tout le monde du fait du comportement de quelques-uns ? Notons que la riposte graduée a été rejetée par le gouvernement suédois. En France à présent, s’il ne faut pas nécessairement se rallier au point de vue des associations de consommateurs, sans doute peu sensibles à la question de la rémunération des artistes, on ne saurait ignorer les pétitions et les protestations. Un exemple parmi d’autres : l’association des Audionautes, présidée par Aziz Ridouan, défend les internautes téléchargeurs, et dénonce le caractère « obsolète, dépassé, et finalement inutile » du projet.
Ces protestations témoignent, une fois encore, de la tension qui se joue entre le droit d’auteur comme moyen de rémunération et pivot d’un modèle économique qui a jusque là prévalu, et le droit d’auteur comme frein à la diffusion des œuvres sur le Net.
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« Le dispositif semble simple et plutôt clément. »
Simple oui, puisque le système est expurgé de tout débat contradictoire, de toute défense possible pour l’internaute.
Clément pas vraiment, quand c’est votre seule source de revenue ou votre seul moyen d’expression.
Tout à fait considérer comme clément un système qui après les radars automatique fonctionne selon la règle du « présumé coupable » c’est un peu fort.
Après c’est vrai que c’est simple…
Jojo1er, …
« Le dispositif semble simple et plutôt clément. »
Se voir couper l’accès à internet (source d’information, lien social, outil de travail,…) pour avoir voulu se cultiver, je vois mal où est la clémence, à moins de menacer au préalable les « pirates » (oui oui,je me promène souvent avec un patch sur l’oeil et un perroquet sur l’épaule) de les mettre en prison, comme ici:
http://www.numerama.com/magazine/9704-88-des-P2Pistes-francais-sensibles…
Sur ce sujet:
http://www.numerama.com/magazine/9898-L-ISOC-demande-le-retrait-du-proje…
http://www.numerama.com/magazine/9854-10-bonnes-raisons-de-dire-NON-a-la…
1. Elle ne vise pas les pirates !
2. Elle crée une présomption irréfragable de culpabilité
3. Elle est déjà obsolète.
4. Elle interdit même le P2P légal.
5. Elle nécessite un fichage contraire à la jurisprudence de la CNIL
6. Elle crée une justice à deux vitesses, selon que vous serez puissant ou misérable.
7. Elle encourage la politique de l’autruche.
8. Elle a été jugée contraire aux droits de l’Homme par le Parlement Européen
9. Elle ne sera pas plus efficace que la loi DADVSI votée il y a trois ans.
10. Elle coûtera extrêmement cher à mettre en oeuvre pour l’Etat
http://www.numerama.com/magazine/9826-Expliquons-le-P2P-a-Pascal-Negre.h…
où l’on voit que le lobbying est exercé par/sur des incapables.
DERNIERS HOQUETS
Cette loi anti-piraterie ressemble aux derniers hoquets de ces multinationales qui se voient peu à peu privées de la manne financière dont ils ont abondamment profité.
Fermer les accès internet à ceux qui échangent des fichiers ? Trop drôle ! Cela témoigne d’une méconnaissance crasse de la situation. Il faudrait fermer au moins la moitié des accès internet mondiaux ! Et tous ceux, par exemple, de tous les établissements scolaires de France.
« Piraterie », disent-ils en mettant en avant leurs artistes prétendûment spoliés. Mais ça, c’est leurs règles à eux. Celles de l’argent-roi et dominateur. Et leurs artistes spoliés, parlons-en. Tous ceux qui s’offusquent avec véhémence paient toujours (quand ils ne se sont pas réfugiés en Suisse) l’impôt sur les grandes fortunes, téléchargement ou non. S’ils ne veulent pas qu’on échange leurs œuvres, qu’ils arrêtent d’en faire.
Les autres artistes, ceux dont précisément les multinationales ne veulent pas, n’ont rien de plus pressé que de mettre leurs œuvres à disposition gratuite sur Myspace, DailyMotion, YouTube… La culture ne s’arrête peut-être pas forcément en dehors des murs de la FNAC, agitateur d’idées de plus en plus tubard.
Ce que les grosses multinationales n’ont pas encore bien compris, c’est qu’Internet est en train de révolutionner les échanges économiques. En se passant du moyen suprême d’échange qui faisait la force et la domination de ces grandes officines arrogantes : le fric.
Regardez la multiplication des logiciels libres, certains pour faire du son ou de l’image (comme disent les pros) sans débourser un fifrelin. Regardez tous ces profs qui fabriquent et échangent leurs outils pédagogiques au nez et à la barbe des éditeurs scolaires qui roulaient jusqu’alors sur l’or. Regardez ces encyclopédies gratos qui rivent le clou aux Larousse et autres Quid. Regardez tous ce blogs et ces sites d’infos qui font la nique aux médias officiels, souvent avec plus de déontologie qu’eux… Un scandale n’est-ce pas ?
Couper les accès internet de ceux qui échangent ? Ah non, vraiment trop pliant. À peu près aussi dérisoire que le combat des compagnies de diligences contre l’avènement du chemin de fer.
Salut LeYéti.Tu permets mais « Internet est en train de révolutionner les échanges économiques (…) en se passant du fric »,ça me fait doucement rigoler…Sharewares, logiciels libres et autres échanges « gratuits » de données ne sont disponibles que pour une MINORITE d’ internautes (ceux qui prennent le temps d’ apprendre à s’ en servir),laquelle ne constitue qu’ une MINORITE (de riches) sur les 7 milliards d’ humains…L’ autre énorme MAJORITE d’ internautes s’ abreuve déjà de pubs bien ciblées et use allègrement de sa carte bleue sur le net.
Mieux vaut accroître les réseaux de contributeurs et informer le grand public des possibilités « gratuites » du numérique que de proclamer stérilement la fin du « fric »,toi qui a investi entre 1 à 2 SMIC de matériel informatique…
Pour une vraie promotion d’ un système d’ échange et une critique fondée du système (comme le fait ici miss Benhamou) plutôt qu’ une caricature par de faibles métaphores style diligence v.s chemin de fer…Soyons exigeant pour la cause!
Salut RomeHein
Pour info, les académies, notamment dans ma région, ont donné instructions à tous les établissements scolaires d’utiliser des logiciels libres (OpenOffice mais aussi des logiciels plus spécialisés comme les logiciels de géométrie etc.)
Dans les établissements scolaires, la première source d’informations des profs est désormais, et de loin, Internet. Gratuitement, cela va de soi. Les profs de SVT n’utilisent quasiment plus les manuels de classe.
Dans toutes les matières, les profs échangent désormais cours et documents sur des sites spécialisés et gratuits (exemple pour les profs de Lettres, weblettres).
De plus en plus de départements équipent désormais les élèves d’ordinateurs dont je te parie qu’ils seront truffés de logiciels libres (exemple : le département de l’Oise qui va prochainement équiper tous les élèves de 5e).
Va enfin dans n’importe quel collège, n’importe quel lycée et demande à CHAQUE élève s’il connaît emule ou non ; puis demande-lui la provenance des musiques sur son baladeur.
La pub ? On arrive parfaitement à la squeezer. Les navigateurs comme Firefox bloquent facilement la majeure partie des pop-up publicitaires.
La carte bleue ? Plutôt que d’aller dans des magasins, les gens s’en servent effectivement de plus en plus pour se procurer des produits matériels. Mais NE PAIENT PRATIQUEMENT JAMAIS pour un accès à un site ou pour télécharger des fichiers.
Marginal, tu es sûr, la gratuité sur Internet ?
Rebonjour Yéti,
Tu as effectivement raison sur tous ces points: les logiciels libres équipent de plus en plus l’ administration française,fait tourner ses serveurs sous Linux,fait passer le C2i sous OpenOffice,etc.Les élèves connaissent bien sûr emule.Quant à la pub,les pop-up sont facilement évitables mais je parlais d’ une autre forme de pub: exemple Google et ses liens commerciaux selon l’ internaute grâce au traçage fait.Concernant la gratuité de l’ accès à un site,je compare cela à la gratuité d’ accès à un grand magasin…en exagérant un peu.
En effet lors d’ une session internet,de clic en clic on tombe inévitablement sur des liens commerciaux d’ achats,et sur Weblettres la page d’ accueil offre en ce moment une jolie pub pour s’ abonner à NRP,sans compter les liens commerciaux présent dans la rubrique « le répertoire de liens ».De même si l’ Oise équipe tous les 5ème d’ ordinateurs,préviens-moi s’ ils tournent sous Linux cela m’ étonnerait fort.Microsoft et Google seront sûrement ainsi très proches du 5ème fraîchement équipé,qui sera tout aussi sûrement un bon consommateur (approcher le jeune public, tout un programme pour les firmes).
Tu as donc mal saisi mon propos:certes la gratuité existe et tend à se développer,MAIS elle est sous-tendue par tout le système économique.Un peu comme des échantillons gratuits d’ un produit.La gratuité augmente, mais c’ est surtout et parce que le profit augmente (+25% du e-commerce en France en 2007 avec 11,7 milliards d’ euros).
Pour finir,il faut certes encourager toute démarche d’ échange,qui est pour moi par définition gratuit,MAIS il ne faut pas être dupe d’ une organisation économique complexe NI des disparités énormes dans notre société (dans un collège ZEP de Strasbourg où j’ ai fait un stage,j’ évaluearais à la va-vite 1/4 seulement d’ équipés).
C’ est pourquoi je réaffirme la nécessité d’ être vigilant face aux trop faciles raccourcis positivistes car mon constat est bien différent du tien:pour moi, le net devient de plus en plus mercantile et contrôlé,faisons en sorte de débusquer l’ imposture!
ciao collègue
Dans la très grande société qui m’emploie, coté au CAC 40 et tout et tout, je peux te dire qu’ils ne pensent pas DU TOUT comme toi, concernant cette gratuité « sous-tendue [dis-tu] par tout le système économique ».
Va faire un tour dans les salles d’Europe 1, de RTL, de France Info et tu verras qu’eux non plus ne pensent pas DU TOUT comme toi.
Nécessité d’être vigilant, d’accord avec toi, mais pas trop paranoïant non plus.
Salut à toi.
Salut Yéti,
Content d’ apprendre que tu as accès aux cerveaux de l’ Industrie et du Journalisme français (moi c’ est plutôt EducationNationale et MondeDiplomatique)…mais je ne sais si cela te donne quelconque légitimité!Décidément on ne se comprend guère: je disais juste que la gratuité n’ est tolérée (et engendrée aussi) par le système que parce qu’ elle ne le menace pas trop (et qu’ elle le sert).
Constat et analyse valent mieux que reprise des idées dans l’ air.
Pour la parano,c’ est généralement ce dont on taxe les réalistes lucides…mais minoritaires.Dans un monde submergé d’ informations contradictoires,parfois intox ou langue de bois,je pense que la méfiance et la critique logique sont de mise.Appelle-la parano si tu veux,mais quand tu te réveilleras dans un univers fortement vérouillé ça te fera mal.
A part ça ton blog est pas mal,tu as déjà réussi ton coup de pub en m’ y amenant,bravo (bon ok,je suis un peu cynique là).
ciao
Pourquoi s’ennuyer à télécharger illégalement de la musique ? Il existe des sites d’écoutes gratuits , genre juke-box mondiaux , ou on trouve 90% de ce qu’on veux .
Ces sites sont légaux,financés par la pub et les majors ont passé des accords avec eux..
Je ne comprend pas très bien ..
Un exemple simple : lorsqu’on achete un CD protege contre la copie, et qu’on n’a pas la possibilite d’en extraire les pistes pour les ecouter sur son baladeur mp3 favori.
affirmatif ou pour se mettre 10 albums sur un CD (clé ou carte) dans l’autoradio et ne pas avoir à changer de disque sur le trajet ce qui sera toujours mieux pour la sécurité routière.
Jojo1er, …
Le plus choquant dans tout ça, c’est que de nouveau, on fait appel a notre porte monnaie, une amende si l’on télécharge de la musique ou des films sur internet ???
Alors a quoi servent les taxes sensées aider les majors du disque ?
Je fais un rappel vite fait :
- Votre abonnement chez le FAI.
- Les CD et DVD vierges.
- Les disques durs externes.
- Les cartes flash.
Et tout autre support de mémoire …
Bref encore et toujours pour ceux qui veulent se cultiver mais n’en on pas les moyens, et pour ceux qui téléchargent en mp3 leurs vieux vinyles, comme c’est mon cas , on fait comment ???
exactement…et dire que je paye les majors pour avoir le droit sous ubuntu de graver des archives de mes photos, que j’ai fait moi même avec mes petits doigts, mon sens artistique et en utilisant comme logiciel uniquement GIMP…c’est très fort !
Jojo1er, vache à lait.
Je suis un peu désolé pour les artistes. Faites des concerts, envoyez chier votre maison de disque…25 euros
pour 1 CD. 10 euros la place de cinéma. Il faudrait peut-être arrêter de planer. Les mesures mises en places changeront rien. Croyez vous vraiment que les gens qui galèrent iront acheter des disques une fois leur accès web coupé? Or, la culture ne devrait-elle pas être accessible à tous?
Concernant le cinéma, il est en grande forme, surtout les entrées en salles. C’est le Dvd, source de revenu pour les productions moyennnes, peu rentables en salles, mais suffisamment importantes pour être éditées en Dvd qui est en cause. Et à cela s’ajoute une dépréciation générale de ces contenus, donc des baisses de prix dans les ventes avec les chaînes de TV.
Pour les artistes, on devrait plutôt parler d’auteurs (c’est ce qui est indiqué dans la loi, il n’y est pas fait mention « d’artistes »). Certains auteurs ne font pas de concerts car ce sont avant tout des paroliers, des compositeurs qui travaillent pour les autres. Or le droit d’auteur pour ces personnes là est un revenu important.
Rassurez-vous cependant, ils sont en faible nombre. Le chiffres de la Sacem à ce propos sont éloquant. Sur 110 000 sociétaires, seuls 36 000 touchent quelque chose. Et sur ces 36 000, seulement 3000 touchent plus de 10 000 euros par an (source : chiffres Sacem 2006).
Ce système de rente à vie, que sont les droits d’auteur qui permettent à un artiste de créer un « tube » puis d’abandonner la musique pour vivre de cette rente à vie est sur le point de se cantonner, très justement, aux diffusions médiatiques (tv, radios, sites promotionnels). L’industrie devrait mieux réfléchir à ces enjeux, plutôt que de lutter contre un vieux serpent de mer. Où ne serai-ce qu’un leurre pour mieux imposer ses revendications ? L’allongement du droit d’auteur par example est une vieille rengaine en passe d’être adoptée par la Grande Bretagne, puis bientôt par l’UE…
D’ailleurs de plus en plus d’artistes choisissent la licence créative commons, ils font l’économie de l’enregistrement à la SACEM (qui file tout droit dans les poches de Cabrel) et sont assurés de gagner autant puisque la SACEM ne paye que les gros qui ont déjà touché tout plein.
Jojo1er, artistes tuez la SACEM vous sauverez la création.
Le problème dans tout ça est complexe. Je cite en exemple un artiste parmi tant d’autres, Tom Waits. Il viens au mois de Juillet ici, à Barcelona. J’ai vu presque tous ces spectacles depuis 1980. C’est pas un type qui fait des tubes qui rapportent des millions, loin de la. Par contre, aujourd’hui, il ne gagne son blé qu’en faisant des concerts, et en ecrivants pour des films. Le dernier concert que j’avais vu, m’a couté environ l’equivalent de 25 euros. A Barcelone, c’est 125 euros. Quand j’ai vu les prix, j’ai ecrit a son manager pour savoir pourquoi cette hausse. Les ventes de CD ne suffisent plus a rentrer dans les frais, et bien sur a payer l’infrastructure qui accompagne un artiste. Dans son cas, il ne s’agit pas de beaucoup de gens, c’est relativement petit comme organisation, et ils ne roulent pas en Mercedes non plus.
Bien sur, tous les billets sont vendus, et je suis bien content pour Tom Waits. Mais moi j’ai pas les moyens de payer 125 euros. Et encore Tom Waits, c’est pas cher si on compare a Madonna ( non, c’est pas ma tasse de thé) et aux autres . Heureusement que des types comme Dweezil Zappa ne charge que 35 euros l’entrée, mais dans son cas il n’a pas a payer de droits sur la musique, c’est son père qui est l’auteur.
« Quid de celui qui utile la Wifi du voisin? Quid de la Wifi de l’université? Devra-t-on priver tout le monde du fait du comportement de quelques-uns? »
Lisez la DADVSI (publié au J.O en aout 2006), vous trouverez vos réponses => Coupable si on n’est pas capable de fournir l’identité de la personne ayant commis l’infraction (comme tout FAI).
Derrière le piratage et la pédopornographie, c’est surtout la restriction des libertés qui est en jeu, mais les deux thèmes cités sont bien plus vendeurs… Bientôt nous aurons un joli internet à l’image de TF1, pleins de pubs, d’€€€, de discours officiels et de pensée vide !
Pas grave, les alternatives cryptées (interdites par la DADVSI, sauf à des fins de recherche) existent…
> Pas grave, les alternatives cryptées (interdites par la
> DADVSI, sauf à des fins de recherche) existent…
source svp
DADVSI
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT0000002663…
Article 21
Après l’article L. 335-2 du code de la propriété intellectuelle, il est inséré un article L. 335-2-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 335-2-1. - Est puni de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 EUR d’amende le fait :
« 1° D’éditer, de mettre à la disposition du public ou de communiquer au public, sciemment et sous quelque forme que ce soit, un logiciel manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d’oeuvres ou d’objets protégés ;
« 2° D’inciter sciemment, y compris à travers une annonce publicitaire, à l’usage d’un logiciel mentionné au 1°.
[Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par la décision du Conseil constitutionnel n° 2006-540 DC du 27 juillet 2006.]
Article 27
« Art. L. 336-1. - Lorsqu’un logiciel est principalement utilisé pour la mise à disposition illicite d’oeuvres ou d’objets protégés par un droit de propriété littéraire et artistique, le président du tribunal de grande instance, statuant en référé, peut ordonner sous astreinte toutes mesures nécessaires à la protection de ce droit et conformes à l’état de l’art.
« Les mesures ainsi ordonnées ne peuvent avoir pour effet de dénaturer les caractéristiques essentielles ou la destination initiale du logiciel.
Loi LCEN (2004)
« La fourniture, le transfert depuis un Etat membre de la Communauté européenne ou l’importation d’un moyen de cryptologie n’assurant pas exclusivement des fonctions d’authentification ou de contrôle d’intégrité sont soumis à une déclaration préalable auprès du Premier ministre […] Le fournisseur ou la personne procédant au transfert ou à l’importation tiennent à la disposition du Premier ministre une description des caractéristiques techniques de ce moyen de cryptologie, ainsi que le code source des logiciels utilisés. »
Lorsqu’un moyen de cryptologie […] a été utilisé pour préparer ou commettre un crime ou un délit, ou pour en faciliter la préparation ou la commission, le maximum de la peine privative de liberté encourue […] est porté à la réclusion criminelle à perpétuité lorsque l’infraction est punie de trente ans de réclusion criminelle, […] est porté à trente ans de réclusion criminelle lorsque l’infraction est punie de vingt ans de réclusion criminelle, […] est porté à vingt ans de réclusion criminelle lorsque l’infraction est punie de quinze ans de réclusion criminelle, […] est porté à quinze ans de réclusion criminelle lorsque l’infraction est punie de dix ans d’emprisonnement, […] est porté à dix ans d’emprisonnement lorsque l’infraction est punie de sept ans d’emprisonnement, […] est porté à sept ans d’emprisonnement lorsque l’infraction est punie de cinq ans d’emprisonnement, […] est porté au double lorsque l’infraction est punie de trois ans d’emprisonnement au plus. »
Voila…
Question…
Je télécharge illégalement ET légalement, j’achète encore des disques, CD & vinyles (eh oui j’adore les notes de pochette, l’artwork, savoir quel label a pressé le disque etc…), j’achète des places de concerts… Mon budget annuel musique avoisine les 2000€ je pense. Et j’adore le P2P, ma bécane tourne non-stop. Suis-je un pirate ou un consommateur de rêve pour les industriels du secteur ?
Toi tu tue la création…si y a pas de StarAc 23 tu y sera pour quelquechose !
Jojo1er, …coupez lui l’électricité !
je pense qu’on est nombreux comme moi. On est objectivement allié de l’industrie musicale puisqu’on adore la musique et qu’on y met de l’argent mais on télécharge aussi bien sûr.
Je propose qu’on fasse un mouvement genre « nous sommes tous des pirates et nous faisons vivre l’industrie musicale » et qu’on inonde les ministères d’autodénonciations.
C’est pure folie de vouloir interdire le P2P qui est une révolution fabuleuse. L’industrie doit faire avec et se remettre en question au lieu de criminaliser ses propres clients.
Effectivement, on a pas inventé de moyen plus efficace pour partager la culture pour tous, c’est actuellement le mode diffusion le plus efficace.
Il a cependant deux gros défauts pour nos gouvernants : il rapporte pas ou peu mais surtout il est incontrôlable.
Comment gérer les modes et influencer les population si l’état n’a plus de contrôle sur le contenu de la création artistique qui atteindra le grand public ?
Jojo1er, …
Au lieu du slogan
« le piratage tue la création » ou
« le piratage tue la culture »,
je pencherais plutôt pour :
« le piratage nuit gravement aux énormes profits des producteurs »
« les restrictions budgétaires sabordent la culture »
Un détail :
avez vous remarqué que le divx et le peer to peer n’ont pas empêché Danny Boon d’attirer 20 millions de personnes dans les salles obscures…
Le P2P tue la censure !
Jojo1er, libre-penseur apprenti.
je ne suis pas d’accord sur les « énormes profits des producteurs ». Pour avoir un peu fréquenté ce milieu, l’industrie musicale est un bizness difficile, peu rémunérateur à quelques exceptions près, qu’on pratique aussi par passion et je peux te dire qu’un jeune loup HEC ou ESSEC qui veut « faire de l’argent » n’ira certainement pas bosser dans le disque.
Et sur le budget de la culture, je crois vraiment que les acteurs du secteur culturel (artistes, producteurs etc) savent très bien que la viabilité économique des projets est le seul moyen de garantir une vraie libertté d’expression. C’est comme un journal qui compterait sur les subsides de l’Etat pour survivre, comment pourrait-il garantir son indépendance vis-à-vis de la main qui le nourrit ?
Pour revenir à la musique et au P2P, la seule solution est un système de P2P légal, qui permettrait l’accès de tous à la culture en garantissant des rémunérations justes pour tous ceux qui s’investissent dans la création. Il y a du boulot !!!
En effet c’est pas tous les producteurs qui se font plein de fric, ça serai même l’exception.
Par contre, j’ai toujours cru que l’industrie , en général, n’a pas su sauté dans le train qui passait. Je m’explique : il y a plusieurs années, quand Napster est apparu sur internet, il y eu un moment ou il y avait au dessus de 80 million d’utilisateurs. C’est énorme. Et il n’y avait aucune publicité sur Napster. Quand je vois ce que payent les agences pour passer une annonce qui touche a peine 5 ou 6 million d’usagers, je me dis que s’ils avaient été malin, ils auraient exploité le filon. Au lieu de ça ils ont tué la poule aux oeufs d’or et ont fait fermé Napster, ce qui a provoqué une soudaine multiplication des sites d’échange, et éparpillé tous ces gens. Ils auraient pu au moins minimiser leurs pertes en gardant Napster.
Du reste, si j’en juge par mon utilisation, je télécharge souvent des trucs que j’ai acheté plus d’une fois, par flemme d’aller fouiller dans mon stock de disque et de CD.
Et puis il faut aussi faire la difference entre télécharger de la musique pour soi, et ceux qui en font un commerce et revendent dans la rue.
A part quelques très grosses boites de production il n’y a que les gros éditeurs et les gros distributeurs qui connaissent la réussite financière…la question est : dans quelle mesure participent-ils à la création musicale…?
Quand on compare la créativité des indés et des major’s sponsorised on a déjà la réponse.
L’idée de regrouper les auteurs-compositeurs avec les éditeurs est sans doute ce qui s’est fait de pire pour les auteurs compositeurs.
Posez-vous la question : dans les secteurs ou le même syndicat défend les employés et les patrons…pour qui bosse-t-il ?
Jojo1er, …
Je viens de lire cet article dans le Times. Comme quoi le telechargement illegal profite a quelqu’un…
http://technology.timesonline.co.uk/tol/news/tech_and_web/personal_tech/…
COQUILLE : Quid de celui qui UTILE la Wifi du voisin?
Malheureusement, c’est le voisin qui trinque ! Selon le projet de loi, c’est au voisin de rendre son réseau inviolable ! Et que ceux qui se pensent à l’abri derrière la clé WEP de leur box tremblent, car sur le net circulent déjà des vidéos qui (dé)montrent que ces protections peuvent être déjouées en une poignée de secondes par un internaute aguerri…
Quand on vous dit que cette loi est un déni absolu des droits les plus élémentaires !
Bonjour a tous!
Je suis violoniste depuis plus de 20 ans (malgres mon jeune age hé oui :p ) et nombre de mes amis d enfance on continué la musique, composent, font des spectacles ou des scènes à paris ou ailleurs…
Ils n’ont pas tous les moyens de vivre de leur musique ou compositions, et enchainent aussi les petits boulots… ce qui leur ouvre d’autres inspirations pour leurs créations. Un vrai compositeur ou musicien, ou auteur de textes écrits ou chantés ne cherche pas d’en vivre, mais il cherche à partager sa passion avec le public et les autres artistes.
Si on étudie l’histoire de la musique, à part quelques chouchoux des « grands » ou des « masses », la musique n’as jamais payé autant qu’aujourd’hui.
Libérons l’art de l’argent, arrêtons de vouloir vivre uniquement de notre passion, mais vivons pour elle. Je travaille en charpente, informatique, usine… et alors? Je continue de jouer, de composer. Qu’une formation, réunissant des techniciens, des compositeurs, des auteurs et autres touche de l’argent pour des concerts, c’est parfaitement normal. Ne serait il pas plus judicieux d’utiliser l’argent public pour le transport de ces artistes et de ces technicien, de leur demander en échange de former des jeunes ou ils passent à leurs techniques et styles musicaux?
Au lieu de ca, on fais des lois qui détruisent la culture et favorisent les grosses entreprises du disque, payées avec l’argent public et celui des ammendes qui ne manqueront pas d’être importantes en prix comme en nombre…
Une solution pour changer cela : promouvoir la musique libre, ne plus acheter la musique commercialisée, même si on aime bien ces artistes et les version cd. Il faut faire pression sur le monde artistique pour exiger plus de qualité et moins de politique financière.
Voila, c’est un peu utopique, mais c est mon avis :)
P.S. : La musique libre est libre de droit et aucune sanction ne peut donc être appliquée à ceux qui la télécharge. EN plus, il y as au moins autant de qualité, tous styles de musique confondus. Alors n’hésitez pas, renseignez vous et parlez en.